Bonjour tout le monde ! C'était la reprise des cours pour moi aujourd'hui et je pète la forme, en même temps quand je suis revenue chez moi plusieurs Yaoi m'attendaient. Je vais me régaler ce soir !

Merci à Kaita-chan et "Guest" pour leur review sur le chapitre précédent, ça me touche vraiment ! J'espère que vous apprécierez ce chapitre comme les précédents.


Pour mon pays et lui

Chapitre 11 – Information trafiquée


A plusieurs kilomètres de l'immeuble délabré où s'activait toujours le reste de l'équipe d'Akaito, comptant dans ses rangs dix morts en plus de Karasu, Eiichi faisait face maintenant depuis de nombreuses heures à sa fenêtre, les bras croisés contre son torse et ses yeux gris fixant un point imaginaire droit devant lui. C'était normal qu'il ne reçoive aucun rapport de la part d'Akaito ou encore de ses collègues envoyés sur le terrain, mais le patron des forces spéciales ne pouvait pas s'empêcher de se poser des questions à leur propos. Étaient-ils encore tous en vie ? Akaito allait-il réussir la mission ? Reviendra-t-il avec ce qu'il souhaite ? L'esprit d'Eiichi était occupé par une tonne d'interrogations, quelques souvenirs de son passé de soldat en profitant pour resurgir et lui faire penser à des choses sous de nouveaux angles.

« Monsieur, vous allez bien ? » Ne put s'empêcher de demander Sora en vue de l'attitude de son supérieur depuis de longues heures maintenant.

Eiichi ne se retourna même pas dans sa direction après sa question, le blondinet se demandant alors si celui-ci l'avait entendu. Cela faisait un moment maintenant qu'Eiichi n'avait pas bougé, n'avait pas parlé, statique à sa position devant la fenêtre donnant sur la cour où parfois s'entraînaient quelques soldats ou nouvelles recrues, des voitures militaires circulant de temps à autre.

« Sora, tu sais tenir un secret ? »

Entendre la voix soudaine de son patron fit sursauter le concerné qui lâcha les copies qu'il était en train de trier, celles-ci s'éparpillant alors sur son bureau. Sora porta ensuite ses yeux océans sur le dos du brun qui ne s'était pas retourné, fixant toujours l'horizon. Ouvrant la bouche pour répondre, Sora se fit pourtant couper l'herbe sous le pied.

« Bien sûr, je ne parle pas d'un secret type j'ai couché avec une employée et que je regretterais maintenant, non. Je veux dire, un secret professionnel qui pourrait te faire perdre ta place ainsi que ta vie si tu le fais s'ébruiter. »

A ce moment-là Eiichi se retourna pour le toiser du regard, ses yeux d'un gris perçant semblant pouvoir lire en lui comme dans un livre ouvert et ainsi savoir s'il pouvait lui faire confiance. Sora prit le temps pour déglutir et réfléchir à la question. Ce n'était pas comme si son patron allait l'abattre s'il répondait négativement, il se tairait juste et cette histoire sera juste enterrée quelque part… n'est-ce pas ?

Seulement, son patron venait d'éveiller en lui sa curiosité. Maintenant il voulait découvrir de quoi Eiichi voulait bien lui confier à lui, un pauvre secrétaire.

« Oui, je saurais tenir ma langue. »

Sa réponse en plus du sérieux qu'avait adopté son visage sembla plaire à Eiichi puisque un sourire vint naître au coin de ses lèvres. Le maître des lieux se retourna pourtant pour à nouveau observer l'extérieur et revoir ses souvenirs se jouer dans son esprit. Il faisait un froid glacial en vue de la période de l'année hibernal, des rires d'enfants remplissaient les ruelles et pourtant parmi tout ça, les pleures d'une petite fille surpassait le tout et qui était ignorée de tous.

Faiblement, penchant sa tête vers l'arrière, Eiichi soupira tout en fermant ses yeux.

« Je ne suis qu'un lâche. »

La confidence à peine chuchotée arriva pourtant vers Sora qui fut frappé par celle-ci. Son supérieur lui avait ordonné subtilement le silence pour lui faire part de sa lâcheté ? Mais pourquoi ?

De son côté, Eiichi pensa au fait que si la machine à remonter le temps existait à leur époque, il donnerait tout ce qu'il pourrait avoir sous la main, tout son argent, ses maisons, ses biens, sa dignité d'homme, pour revenir à cette époque-là. Pour changer le cours des choses. Mais malheureusement, la machine à remonter le temps n'existant pas, Eiichi ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même. Sa stupidité humaine l'ayant fait se retourner, ignorant les pleurs de cette fillette comme tous ces passants ce soir de Noël.

oOoOo

« Le savez-vous Luki, les ennemis que nous combattons ne sont pas toujours ceux qu'on croit être. »

Forçant la lame imposante de sa machette contre ses deux poignards, Merlot l'obligea à reculer pour éviter de céder et permettre une ouverture qui pourrait lui être fatale. Luki prit ensuite soin d'analyser les paroles de cet homme, pourquoi lui disait-il cela d'un seul coup ? Ça faisait bien un moment qu'ils n'avaient pas échangé une discussion, ayant préférés se combattre et tester la force de l'autre pour enfin y mettre vraiment toute leur force.

Merlot porta sa machette tranchante des deux côtés à son visage, ses yeux se reflétant sur la lame obscure. Un fin sourire s'était étiré sur ses lèvres alors qu'il attendait la réponse de son adversaire. Cette même réponse qui ne vint pas, Luki ne comprenant cette fois-ci par où il voulait en venir. Merlot en ricana alors brièvement, reportant son attention sur Luki qu'il pointa avec le bout de son arme, le regard tout à coup redevenu sérieux.

« Vous l'aurez remarqué, mais je raisonne de façon logique. Je n'agis pas avant d'avoir mûrement réfléchi à la situation et aux conséquences de mes actes. Je maîtrise tous mes faits et gestes sans la moindre exception, je suis un calculateur doublé d'un manipulateur.

— Pourquoi me dites-vous cela ? L'interrogea Luki en posture défensive, prêt à encaisser la future attaque de son opposant.

— Je suis quelqu'un qui analyse et calcule tout son environnement, pourtant j'aime les jeux de hasard, continua Merlot sans prendre en compte la question de Luki. Je ne peux pas prévoir sur quelle couleur la boulle va tomber, quelle carte va sortir du paquet ou encore quel chiffre gagnant va se montrer à l'écran. Le jeu est quelque chose d'intéressant. »

Luki ne répliqua rien, ne voulant pas parler pour ne rien dire et n'appréciant pas le fait d'être ignoré. Ses yeux limpides virent alors le large sourire se dessiner sur le visage Merlot qui venait sûrement de penser à une chose drôle ou encore risible pour ricaner de la sorte alors que le silence les avait envahi après qu'il ait terminé son aveu pour aimer jouer. Luki fronça donc les sourcils, restant aux aguets de la moindre attaque. Pour l'instant il s'en tirait avec quelques égratignures ou encore quelques entailles peu profondes à l'inverse de Merlot qui s'en tirait sans aucune blessure mais juste quelques hématomes après avoir reçu quelques-uns de ses coups.

« Voyez-vous où je veux en venir ?

— Nan là vraiment… vous êtes trop tordus pour moi. » Confia Luki du tact au tact.

Sa réponse franche fit ricaner Merlot qui passa sa main libre dans ses cheveux bleuâtres.

« Ce que je veux dire c'est que ne vous méprenez pas. Une partie n'est jamais jouée d'avance, il y a toujours un revirement de situation… ou un tricheur ! »

L'accentuation à la fin de sa phrase fit un peu plus froncer les sourcils de Luki, essayant de voir où il voulait en venir. Sa première question avait été s'il savait que les ennemis qu'il pouvait combattre n'étaient pas ce qu'il croie être, qu'est-ce que cela signifiait déjà ? Est-ce s'il répond à cette question il trouvera ensuite la réponse aux autres et surtout pourra donner une fin à ce combat ?

Une énième fois, Luki para l'assaut de Merlot en arrêtant la lame grâce à ses poignards et commença pour eux un nouveau round.

oOoOo

A deux étages au-dessus de celui de Merlot, Ppoiyo continuait à recevoir les coups de Shinji sans pouvoir produire la moindre riposte et n'ayant même plus la force de gémir alors que les coups déferlaient sur son corps sans pitié. Devant lui, derrière le dos de Shinji qui riait aux éclats, Ron essayait vainement de tendre son bras droit pour récupérer l'arme à feu qui lui avait échappé lors de sa rencontre avec Shinji. Il savait l'effort inutile, le criminel allait encore sûrement éviter les balles mais au moins Ron pouvait espérer que ce dernier s'éloignerait de Ppoiyo pour s'en prendre à lui. Malheureusement, les coups que lui avaient fait subir Shinji en plus de ses anciennes blessures causées par son combat avec Rook le rendirent incapable d'attraper son arme à juste quelques centimètres de lui. Ron pesta contre sa personne, s'insultant de tous les noms.

Ses yeux turquoise s'écarquillèrent brutalement lorsqu'il vit une main se saisir de son arme, relevant au possible son menton pour voir l'identité de cette personne et s'assurer que ce n'était pas un ennemi venu aider Shinji pour les abattre. Son cœur loupa de longs battements avant de prendre une allure folle et il bénit tous les divinités existantes pour avoir emmené sur leur route leur supérieur.

Sans plus tarder, voyant l'impuissance de ses deux collègues en piteux état, Akaito n'hésita pas à tirer tout en sachant parfaitement qui se trouvait en face de lui à marteler de coups Ppoiyo qui tenait encore grâce à ses coudes posés contre le sol et le buste relevé. Les coups de feu arrivèrent jusqu'aux oreilles de Shinji qui cessa ses coups pour se retourner et les éviter. Maintenant tourné vers lui, Akaito prit une grande bouffée d'oxygène pour amoindrir cette peur naissante dans son estomac et surtout donner ses prochaines directives.

« Ppoiyo si tu es capable de te lever, fais-le et emmène Ron loin d'ici ! »

Le rouquin vit le visage de son coéquipier se relever légèrement et faire apparaître l'un de ses yeux sanglant, son sang s'écoulait de son front pour flouter légèrement sa vision des choses. Néanmoins, Ppoiyo reconnut sans difficulté la voix excessivement grave de son supérieur et posa alors ses mains contre le sol pour y mettre ensuite toutes ses forces.

« Héhé qu'est-ce que t'essaie d'faire minus ? » Se moqua Shinji en se retournant vers Ppoiyo et décalant son bras pour prendre de l'élan.

Cependant, Shinji ne put administrer comme il l'aurait souhaité son coup de poing en vue du nouveau tir qui venait de faire vibrer ses tympans et lui indiquer de se décaler pour ne pas se prendre la balle. Le brun se recula alors de plusieurs pas, la balle allant s'encastrer dans le mur à sa gauche. Aussitôt, Shinji se tourna vers cet individu qui commençait sérieusement à les lui briser. Tout sourire carnassier avait quitté ses lèvres et même les yeux bandés, Akaito sut que cet homme le fusillait sur place.

Vacillant sur ses jambes, Ppoiyo avait néanmoins réussi à se relever et s'appuyait contre le mur pour avancer jusqu'à Ron. Ses jambes lui faisaient un mal de chien, manquant de le faire tomber en avant au moindre pas de plus, respirer le brûlait effroyablement. Plusieurs de ses côtes devaient être brisées en mille morceau, Ppoiyo ne vit que ça alors que lentement il se rapprochait d'Akaito qui le regardait du coin de l'œil, toujours attentif aux faits et gestes de Shinji resté à sa place.

« Trouvez un endroit où vous cachez et restez y. Nous viendrons vous chercher quand tout sera terminé. » Lui confia-t-il suavement.

Ppoiyo ne répondit rien, n'en ayant pas les capacités, mais il inclina juste faiblement son visage alors que ses yeux sanglants observaient maintenant le profil d'Akaito qui fixait Shinji. De son côté, Ppoiyo arriva finalement à Ron et s'accroupit non sans douleur, quelques grognement lui échappant, aux côtés de son collègue le visage recouvert d'hématomes et de sang séché. Rien de bien joli à voir. Sans demander quoique ce soit, et surtout pas l'avis de Ron, Ppoiyo mit le bras droit de celui-ci contre ses épaules et commença à nouveau à se redresser. A son tour debout, Ron manqua toutefois de tomber en avant et d'entraîner avec lui Ppoiyo si toutefois il ne s'était pas rattrapé contre le mur à sa droite, entraînant néanmoins le bleuté avec lui. Le cognement de leur corps l'un à l'autre les fit pester alors que Ppoiyo le fusilla du regard pour être si peu dégourdi.

A l'entente des injures de ses collègues maintenant derrière lui, Akaito ne put s'empêcher et se retourna pour voir ce qu'ils pouvaient bien traficoter. Ce fut sa première erreur avec Shinji comme adversaire. Ce dernier profita de sa dissipation pour se mettre à courir dans sa direction, poings contractés et prêts à servir. Akaito n'était pas si éloigné que ça de Shinji donc celui-ci ne mit pas très longtemps avant de le rejoindre et lancer son premier coup qu'évita de justesse le rouquin en se laissant tomber sur le côté et se relevant aussitôt, son arme tira déjà sur Shinji qui d'un énième mouvement de jambe virevolta tout simplement sur lui-même tout en se décalant légèrement pour éviter le projectile.

Ainsi, pendant que Ppoiyo et Ron s'éloignaient comme ils le pouvaient du nouveau combat, Akaito de son côté évita tant bien que mal les coups vifs et bestiaux que désiraient lui infliger Shinji dont le rire démoniaque avait repris. Le terroriste fut tout de même surpris que cette personne qu'il ne pouvait voir à cause de ses yeux bandés puisse parvenir à éviter ses coups, que ce soit par ses poings ou encore ses jambes. Ce n'était pas tous les jours qu'une telle chose se réalisait et surtout pas à répétition, montrant bien que son adversaire savait ce qu'il faisait et que ce n'était pas la chance de débutant.

Après s'être assuré que ses collègues avaient bien quitté l'étage, Akaito jeta en arrière l'arme qu'il avait récupérée et qui ne servait à rien avec Shinji dont la réputation ne faisait pas défaut. Eiichi n'avait pas menti et par un fait inexplicable, ce criminel extrêmement dangereux parvenait à éviter les balles. Cependant, Akaito ne se posa pas la question, ayant autre chose à faire et sachant pertinemment que pour son combat sa totale concentration était requise pour ne pas permettre à Shinji d'avoir le dessus sur lui et ainsi avoir une opportunité de le tuer. Une seule, aussi minime soit-elle, était suffisante. Akaito devait rester concentré et agile. De la sorte, il pouvait espérer gagner ce combat.

Alors à son tour, Akaito se permit d'attaquer, n'étant pas en reste sur ses capacités au corps à corps. Cela impressionna un peu plus Shinji qui dut bien vite se défendre ou en tout cas arrêter les attaques de ce rouquin par ses mains qui attrapaient les poings de celui-ci ou encore son pied. Un large sourire se dessina sur les lèvres de Shinji. Ce combat allait être l'un de ses meilleurs.

oOoOo

« On n'aurait pas dû… laisser Akaito le combattre seul… »

La plainte émise difficilement par Ron poussa Ppoiyo à l'insulter intérieurement d'idiot. Que croyait-il franchement ? Ils n'auraient été que des poids pour lui, rien d'autres ! Ils tenaient à peine debout, comment Ron voulait-il qu'ils soient d'une quelconque aide pour Akaito ? Servir de bouclier humain ? Hors de question ! En plus, ce n'était pas le genre de leur supérieur.

Cette fois-ci, Ppoiyo avait pris l'ascenseur, n'ayant pas la force de descendre les escaliers et encore moins de parcourir en large et en travers chaque étage de cet immeuble pour trouver une cachette digne de ce nom. Au moindre ennemi qui leur tomberait dessus, ils seront morts. Ppoiyo appuya alors sur le bouton de rez-de-chaussée alors que Ron s'appuyait contre la barre métallique à mi-hauteur pour tenir seul debout. L'élastique qui maintenait ses cheveux en natte s'était échappé, laissant maintenant libre ses cheveux ébène. Ppoiyo ne put s'empêcher de se faire la réflexion qu'avec une coiffure pareille, éparpillée dans tous les sens, et en plus la silhouette androgyne de Ron, on aurait pu le penser être une femme sans problème. Mais pendant que l'ascenseur continuait à descendre à son rythme, leur montrant à quel point ils étaient quand même allés loin dans cet immeuble, Ppoiyo jeta un coup d'œil aux portes métalliques qui les encouraient et qui projetaient leur reflet. Il put ainsi voir facilement son état déplorable ; son visage était boursouflé à cause des coups reçus, du sang s'écoulait de son front pour flouter la vision de son œil droit et son uniforme était complètement dépareillé, déchiré et surtout tâché de sang.

Dans un bouquant sonore, les portes s'ouvrirent pour leur signaler leur destination atteinte et les deux agents se soutinrent et continuèrent à avancer. Ppoiyo ne savait pas pourquoi il avait revu cette chambre en mémoire. Peut-être espérait-il y trouver ce garçon aux cheveux turquoise et lui demander de soigner Ron. Oui, Ppoiyo souhaitait faire face à lui et pouvoir lui faire sa requête. Ce garçon semblait si gentil et surtout il se trouvait être la seule personne pouvant leur être utile.

Ppoiyo marcha alors sur les brisures de la porte éclatée bien plus tôt par Shinji alors que Mikuo cachait encore Akaito, regardant autour de lui avec attention pour essayer de trouver le jeune homme.

« Tu attendais à ce qu'un ennemi nous accueille les bras ouverts ? » Demanda Ron avant de ricaner, ce qu'il lui valut une forte toux et un mal aux côtes effroyable.

Ppoiyo ne répondit rien et préféra l'ignorer, n'étant pas au mieux de sa forme pour sortir un de ses habituels sarcasmes. Il les traîna ainsi jusqu'au lit où auparavant il avait été allongé et soigné. Tout en lâchant Ron qui tomba allongé de tout son long sur le matelas, Ppoiyo se laissa à son tour tomber à ses côtés.

Le silence les enveloppa, seule leur respiration laborieuse remplit les lieux alors que tous deux fixaient le plafond au-dessus de leur tête. Aucuns ne savaient combien de temps encore cette mission allait durer ni quelle heure il était exactement, peut-être cela faisait-il des jours qu'ils étaient ici, la nuit était peut-être tombée dehors, ils n'en savaient strictement rien. Cet endroit était reculé de tout, ce n'était donc pas étonnant que des criminels tels que Tsubame, Shinji ou encore Merlot puissent se trouver entre ces murs. La police locale ne devait pas faire des rondes ici très souvent.

« Ron, appela faiblement Ppoiyo tout en continuant à regarder le plafond.

— Hm ?

— Je t'interdis d'aller crever quelque part. »

Ron qui à l'inverse de son ami avait pivoté son visage pour pouvoir voir son profil, écarquilla brièvement ses yeux sous la surprise. Il se souvint alors au tout début de leur mission, après la bombe qui avait explosé à cause de ce type cinglé, Ppoiyo lui avait crié dessus de mourir quelque part. Un léger sourire se dessina sur les lèvres du brun alors qu'il se remit à fixer le plafond à son tour. De façon innocente, presque naturellement, Ron chercha à tâtons la main droite de Ppoiyo pour la lui attraper et la serrer fermement dans la sienne. Cela conduit à ce que le bleuté l'observe d'un regard intrigué sans que pour autant il n'exécute un mouvement pour se dégager.

« Je peux faire une requête dans ce cas ? Au cas où je n'y parviendrai pas ? Demanda faiblement Ron.

— Tu ne mourras pas, rectifia Ppoiyo fermement.

— Oui, oui. Alors, je peux ? »

Les yeux sanglants se dirigèrent alors dans sa direction, les sourcils surélevés alors que Ppoiyo devait se demander ce que pouvait bien être sa requête. Mais Ron ne répondit rien, ne formula aucune question à proprement parlé et se décala doucement et prudemment sur le côté pour se faire le moins de mal possible, Ppoiyo sentant alors le bras du brun se poser au-dessus de sa tête pour prendre appui sur ce dernier et dorénavant le surplomber. Ppoiyo ne put que retenir son souffle quand il sentit l'infime petite pression sur ses lèvres, les yeux écarquillés alors que Ron l'embrassait le plus tendrement possible. N'ayant pas la force de s'échapper du baiser et encore moins de repousser Ron, Ppoiyo ne put que rester scandalisé par la requête de son collègue qu'il avait toujours vu comme tel et certainement pas comme… comme quoi d'ailleurs ? Pourquoi Ron l'embrassait ?

« Je peux mourir heureux maintenant… »

Se laissant tomber vers l'avant, Ron vint lui recouvrir toute la partie supérieure de son corps par son poids. Souffrant de la position de Ron sur lui, Ppoiyo gigota vivement et ce malgré les douleurs intérieures de son corps qui eurent pourtant raison de lui qui ne put s'empêcher de grincer des dents pour retenir un gémissement de douleur alors qu'il s'arquait légèrement vers le plafond, sa tête s'enfonçant un peu plus contre l'oreiller.

« Ron ! » Grogna-t-il pour faire dégager cet idiot de son corps.

Aussitôt, le brun se releva en voyant bien le mal qu'il faisait à son camarade de boulot et se rallongea bien qu'à contre cœur à ses côtés. Il vit ensuite les yeux vermeils le fusiller énormément, Ppoiyo devant certainement se retenir pour ne pas lui sauter à la gorge et l'abattre.

« Quand on sera sorti, attends-toi à des représailles ! » Menaça-t-il.

Ppoiyo dégagea immédiatement sa main de celle de Ron et la reporta contre son torse, détournant son regard et espérant qu'Akaito et le reste de leur équipe en arrivent rapidement à bout et qu'ils puissent tous sortir d'ici le plus vite possible.

Pour la suite des évènements entre Ppoiyo et Ron, le bleuté ignora toutes les questions ou encore sujets de conversations qu'essayait de lancer Ron qui au bout de quelques minutes s'était laissé tomber de sommeil et reposait maintenant à ses côtés. En remarquant l'expression presque paisible du brun malgré son visage tout aussi blessé que le sien et ses autres dégâts, Ppoiyo se dit que le pays des songes n'était pas une si mauvaise idée. Il ferma alors à son tour les yeux, espérant qu'aucuns ennemis ne trouvent leur position pour en finir avec leur vie. De toute façon, dans leur état actuel ils ne pouvaient rien faire d'autres que récupérer un peu.

oOoOo

A l'intérieur d'une pièce obscure seulement illuminée par la luminosité de ses ordinateurs qui montraient en temps réel ce qui pouvait se dérouler dans les couloirs de son immeuble délabré, grâce aux caméras accrochées dans chaque recoin et ça même dans les cages à escalier. Tsubame voyait ainsi les multiples cadavres dans les allées, s'entassant les uns contre les autres et la moquette remplie de ce liquide rougeâtre qui l'imbibait dorénavant. Il voyait par ses yeux d'un noir obscur ces personnes qui combattaient, autant ses hommes que ceux de ce rouquin qu'il voyait bien pour la première fois. Shinji était facilement reconnaissable, ses coups ne s'arrêtant jamais et frappant toujours de plus en plus fort ce pauvre garçon qui était venu pour sauver son ami allongé quelques mètres plus loin. Tsubame n'entendait pas le rire de Shinji, ni encore les cris que devait pousser ce bleuté, et quelque part il en fut soulagé. Shinji lui avait toujours fait peur. Le seul que Tsubame ne pouvait voir était Merlot dont la chambre ne disposait pas de caméra. Merlot avait refusé catégoriquement qu'on l'espionne dans son intimité et avait menacé de les tuer ou en tout cas de les quitter s'ils n'acceptaient pas de laisser sa chambre hors d'atteinte de ces horreurs. Tsubame avait néanmoins vu son employé se diriger vers ses quartiers en compagnie de cet agent aux cheveux roses tape à l'œil. L'avait-il tué ?

« Je vous ressers un verre, maître ? » Lui demanda gentiment sa chère Luna.

La jeune fille âgée d'à peine dix-huit portait avec élégance la petite robe blanche qu'il lui avait achetée pour s'harmoniser avec sa longue chevelure d'un blond doré qui descendait jusqu'à sa taille et dansait autour d'elle à chacun de ses pas, ses yeux d'un bleu malicieux allait parfaitement avec ses petits sourires en coin. Depuis ce jour où il l'avait croisé au coin d'une rue, profitant de l'air frais de la nuit tombée, Tsubame n'avait pas su s'en séparer.

« Oui je veux bien, s'il te plaît, ma petite Luna chérie ! »

Le sourire sur les lèvres de la jeune fille s'étira un plus alors qu'elle sautait de son siège, la bouteille de vin en main et se rapprochant alors du bureau de Tsubame où résidait son verre vide. Elle remarqua bien entendu le regard lubrique du brun sur sa fine silhouette, les pieds nus elle marchait avec légèreté.

Une fois le verre remplit, la jeune fille se pencha respectueusement vers l'avant, voire même un peu trop, et virevolta sur elle-même pour retourner à sa place. De retour à sa place, replaçant la bouteille de vin à moitié vide sur la table à côté d'elle, la jeune Luna plissa un peu plus ses yeux et adopta un air hautain en voyant toutes ces forces spéciales hors d'état de nuire, Shinji ne pouvait pas perdre face à un type pareil et Merlot était bien trop manipulateur et calculateur pour perdre un combat. Avec ces deux atouts dans sa manche, tout était gagné d'avance.