J'ai écris ça en deux jours ... Pressée de commencer ma nouvelle fic :x

Kisous : Ca va finir ... bien ? Ou mal ? Je ne sais pas encore ^^

KuroNeko : Ah ! Et tu savais pour celui là ^^ Plus tellement de rebondissements possibles ? PLUS TELLEMENT DE REBONDISSEMENTS POSSIBLES ? TU ME SOUS-ESTIMES ! Hum, soyons sérieux .. Si, j'ai encore beaucoup d'idées. Beaucoup tout plein. Et meme pour une suite. alors hein ! Garde Tobirama sous le bras. Il reviendra ^^

CherryCrunchMe : Merci :)


Les deux mois que Kagami s'était donnés pour décider ce qu'elle allait faire, entre rester avec Madara et fuir définitivement chez les Senju allaient s'achever. Dans quelques jours, sa décision serait prise et elle ne reviendrait jamais dessus. C'était la promesse qu'elle s'était faite, en acceptant de donner une chance à son mariage, à son mari et elle la tiendrait. Pour son bien, et celui de son fils.

Et depuis ce soir là, cette rencontre avec Madara, là où pour la première fois, il lui avait dit qu'il l'aimait, les choses avaient bien changées.

Loin de son attitude froide et son air indifférent, Madara était revenu, avec Kazuki, vivre chez lui. En revoyant son fils, Kagami s'était sentie soulagée. Il ne pleurait plus pour rien, ne semblait même plus aussi capricieux qu'avant et si Kagami soupçonna son mari de l'avoir hypnotisé, ou quelque chose du style, celui ci lui expliqua simplement que le garçon avait besoin qu'on reste calme, à ses côtés, mais surtout de règles qu'il n'avait pas hésité à lui imposer de force.

Ainsi, à l'heure de la sieste, quand le bébé se réveillait sans raison pour pleurer, Madara empêchait sa femme d'accourir vers lui, la tenant parfois dans ses bras en la laissant le supplier, jusqu'à ce que Kazuki se calme tout seul et qu'il se rendorme. Ça n'était pas simple, pour la jeune femme, d'écouter son bébé pleurer sans penser qu'il allait peut être s'étouffer pendant sa crise, ou quoique ce soit d'autre mais à force, et voyant que Madara n'avait aucun doute à ce propos, elle avait réussi à passer l'après midi avec lui sans s'en sentir stressée, même si Kazuki avait pleuré en réclamant sa mère simplement parce qu'il avait entendu un bruit venant de l'extérieur.

Le plus difficile, quand même, était la nuit. Kagami se réveillait toutes les heures, persuadée que son fils l'appelait et se levait automatiquement pour aller le voir, seulement pour s'apercevoir que Kazuki dormait profondément, qu'il ne réclamait même plus de repas au milieu de la nuit. Le seul moment où il appelait réellement était quand il devait être changé et Madara, sans jamais se montrer grognon, se levait à chaque fois en disant à sa femme qu'elle l'avait fait pendant les trois premiers mois, qu'à présent, c'était son tour.

Mais Kagami le savait, cette attitude n'avait rien à voir avec l'aide qu'elle lui avait demandé. Parfois, au petit matin, elle retrouvait Madara allongé sur un futon qu'il avait laissé dans la chambre de Kazuki, le bébé installé à côté de lui. Une des mains de l'homme parfois posé sur le petit ventre du garçon, comme s'il avait peur qu'il ne s'envole et Kagami s'était souvent demandé ce qui s'était passé pour que Madara semble aussi protecteur.

Bien sûr, elle savait qu'il aimait son fils, et qu'il voulait le protéger, mais depuis qu'ils avaient mis les choses à plat, Madara avait changé d'attitude et Kagami voulait vraiment savoir ce qui avait pu se passer pour qu'il se transforme de cette façon.

En tous cas, la vie était beaucoup plus agréable, pour elle. Loin du stress d'être une mauvaise mère, elle semblait revivre et même si elle ne sortait toujours pas de la maison, elle n'avait plus l'impression d'y être en prison. Elle s'occupait de son fils avec légèreté et ses journées, même si elles étaient parfois monotones, ne ressemblaient plus à l'enfer qu'elle avait connu jusque là.

Ce matin là, Kagami se réveilla au chaud, dans les bras de son mari. La chaleur intense de ce début d'été les avait gardé séparés depuis quelques temps, les températures étaient difficiles à supporter mais un orage, arrivé dans la nuit menaçait la région et l'atmosphère s'était rapidement rafraichie.

Durant la nuit, Madara été allé voir son fils, pour s'assurer qu'il n'aurait pas froid, avait longuement caressé Aiji qui, fidèle au poste, surveillait toujours le bébé avec beaucoup d'attention et en retournant auprès de sa femme, Madara s'était arrêté pour la regarder dormir.

À vrai dire, la voir dans ce kimono de nuit, qu'il lui avait offert pour leur mariage était particulier. Elle ne l'avait pas remis depuis son retour au village, parce qu'elle n'arrêtait pas de dire que son corps n'était plus aussi agréable qu'avant, à cause des vergetures et du poids qu'elle avait pris. Et à part leur câlin, le jour de leur retour, Madara avait eu l'interdiction de la toucher. Il ne l'avait vue nue qu'une seule fois, dans l'obscurité, et ça ne lui plaisait pas vraiment.

Mais, à cause des chaleurs de ces derniers temps, Kagami, ayant beaucoup trop chaud, avait porté des tenues de plus en plus légères, jusqu'à enfin se résigner à porter ce kimono bien trop court à son goût, mais Madara devait l'avouer, ça ne le dérangeait pas plus que ça, de voir sa femme à moitié nue dans son lit.

Éclairée par les rayons de la lune, qui filtraient par les fenêtres, entrouvertes pour récupérer un peu de fraicheur, la jeune femme lui avait semblé particulièrement belle, et s'il ne savait pas vraiment comment le lui dire, ces mois d'abstinence lui avaient rapidement rappelé que ça faisait cinq mois qu'il ne l'avait touchée.

Ainsi, quand elle se réveilla enfin contre lui, Madara n'avait qu'une idée en tête. Lui faire l'amour, là, immédiatement et faire en sorte de ne pas la laisser se lever de la journée. Et même si la rancoeur de savoir qu'elle avait failli partager le lit d'un autre homme était toujours présente, le remède à cela était simple. Il allait la marquer sienne, une nouvelle fois, et tout irait pour le mieux.

Kagami était dans un brouillard épais, ce matin là. Sa nuit avait été beaucoup trop courte à son goût, et elle aurait aimé la rallonger de quelques heures. À vrai dire, elle avait eu du mal à s'endormir, la veille, n'arrêtant pas de penser à la fin de cette période d'essai qu'elle s'était imposé et à la décision qu'elle allait devoir prendre.

Cependant, en sentant la main de Madara sur sa hanche, glisser jusqu'à ses fesses alors qu'elle souriait contre son torse, les choses lui semblaient beaucoup moins compliquées. Quand son mari la désirait de cette façon, après tout ce qui s'était passé, Kagami ne pensait plus vraiment au reste. Seulement à ce frisson qui remontait le long de son dos et à ses lèvres traçant sa clavicule.

Avec retenue, Madara allongea sa femme sur le dos, pour se placer au dessus d'elle, entre ses cuisses qu'elle n'hésita pas à écarter mais elle posa une main sur son torse. Au début, Madara pensa qu'elle tentait de le repousser, qu'elle allait refuser de continuer et il fronça les sourcils en la regardant dans les yeux mais Kagami n'ouvrit pas la bouche. Elle ne lui demanda même pas de s'arrêter, comme il l'avait craint mais elle caressa son visage. Avec douceur et tendresse, son regard exprimant tout l'amour qu'elle ressentait pour lui et, les mains dans ses cheveux, elle l'attira vers lui dans un baiser fiévreux.

Madara arriva même à sourire en pensant qu'elle en avait certainement autant envie de lui et, son désir prenant le dessus, il agrippa sa poitrine d'une main, écarta le kimono de l'autre pour embrasser son second sein, très sensible depuis sa grossesse et ils sursautèrent au même moment quand le tonnerre résonna autour d'eux.

Kagami frissonnait de tout son corps sous les caresses de son mari. Elle avait oublié le pouvoir qu'avait Madara sur elle, la façon toujours subtile qu'il avait de lui donner envie mais, soudainement, tout s'arrêta.

Un pleur, intense, s'éleva de la seconde chambre et, leur instinct parental reprenant le dessus, Madara et Kagami se détournèrent pour regarder en direction de la chambre de leur fils. C'était évident, il avait eu peur de l'orage mais il allait finir par se calmer, non ? Il ne pouvait pas venir gâcher ce moment, quand même .. Si ?

Kazuki redoubla de pleurs quand l'orage gronda de nouveau et Madara, frustré mais sachant que ça allait durer pendant un moment se leva, enfila un pantalon et quitta la chambre sous le regard fatigué de sa femme. Honnêtement, Kagami espérait que Madara allait rapidement calmer leur fils, pour qu'ils puissent reprendre, mais en le voyant revenir, quelques minutes plus tard, avec le bébé dans les bras, elle comprit qu'ils allaient devoir reporter ça.

Sans un mot, et Kazuki pleurant contre lui, Madara reprit place dans le lit, son fils confortablement allongé sur son torse. De gestes doux, il caressait son dos pour tenter de le rassurer, alors que l'orage ne semblait pas se calmer et Kagami soupira longuement en se laissant tomber dans ses oreillers, posa un regard déçu sur son fils avant de se rapprocher de son mari, poser la tête sur son épaule et murmurer, en donnant son index à téter au bébé :

- Ton père a besoin de câlins, lui aussi, tu sais … ?
- Ne lui dis pas ça, grogna Madara en cachant les oreilles de Kazuki. Il n'a pas besoin de savoir !
- Il ne s'en souviendra pas …

Le tonnerre grogna au dessus d'eux, ravivant les pleurs de Kazuki et Kagami se redressa pour le prendre contre elle, l'embrassa doucement sur la tempe en regardant Madara qui passa les mains dans ses cheveux :

- Nous .. devrions prendre des vacances …
- Des vacances .. ?
- Je connais un onsen, à quelques kilomètres d'ici. Très discret et la nourriture y est bonne.
- Ils .. accepteraient Kazuki .. ?
- Kaga, grogna Madara en secouant la tête, le but est de le laisser ici et que nous soyons tranquilles ..
- L-le .. Tu ne penses quand même pas laisser Kazu ici alors que … ?
- Izu le surveillera, assura Madara.
- Izuna baise à longueur de journée ! Il ne prendrait même pas la peine d'aller le voir s'il entendait pleurer.

Grognon, Madara allait lui assurer que son petit frère serait tout à fait capable de s'occuper d'un bébé, mais son séjour de courte durée chez lui lui prouvait qu'elle avait raison sur le premier point.

Maintenant qu'il avait trouvé une femme qui lui convenait, Izuna passait beaucoup, beaucoup de temps au lit avec elle, comme pour rattraper les années. Katsuki n'était pourtant pas réputée pour être ce genre de femme, mais Madara les avait entendus, plusieurs fois, alors qu'il dormait au rez de chaussée avec son fils et il devait bien avouer que s'il ne connaissait pas Izuna mieux que ça, il aurait certainement pensé que son frère n'avait tout simplement plus de limite.

Mais la vérité était toute autre. Plongé dans l'ombre de son ainé pendant des années, Izuna n'avait jamais eu autant de succès que lui, malgré que son charme rivalise avec celui de son frère. Mais, les filles préféraient Madara, en général, parce qu'il était chef de clan, qu'il possédait ce charisme effrayant, et que, sous sa froideur, il était toujours très joueur quand une femme l'abordait. Izuna n'avait jamais eu cette facilité avec les femmes mais depuis qu'il avait rencontré Katsuki, les choses avaient changé.

Et, une fois alors qu'il avait peut être un peu bu, le cadet avait avoué à son frère que ça lui plairait bien d'épouser sa petite amie, mais qu'il attendrait, pour être certain de son choix.

En tous cas, il devait être honnête avec lui même. Laisser Kazuki à Izuna pour quelques jours était hors de question, et il ne voyait qu'une personne à qui confier son fils. Mais il n'était pas certain que cette personne accepterait. Ni que Kagami soit d'accord.

Pensant qu'en parler au dernier moment ne serait pas une mauvaise chose, Madara croisa les bras derrière sa tête pour regarder sa femme rassurer leur fils avec beaucoup de douceur. Elle avait tellement changé, en deux mois. Loin du stress et de la fatigue, elle avait muri, elle avait grandi en s'occupant de lui et elle n'en devenait que plus belle. Elle ne se laissait plus aller, comme ça avait été le cas au début, elle ne passait même plus une journée sans mettre un kimono. Madara adorait la voir en kimono.

Et, même si elle ne sortait pas, elle semblait en paix.

Avec douceur, Kagami prit appui sur les jambes de Madara pour avoir un bon dossier et enleva une manche de son kimono de nuit afin de nourrir Kazuki au sein. Celui ci s'agitait depuis quelques secondes déjà, pleurant plus de faim qu'à cause de l'orage et, même si elle tentait de varier son alimentation depuis quelques jours, le lait maternel restait quand même ce qu'il préférait.

Madara observait la scène avec attention. Voir sa femme sourire en nourrissant leur fils de cette façon, le lien évident qui s'était crée entre eux, même s'il avait été tardif, la main de Kagami qui vint caresser la joue du bébé .. Tout ça le comblait de bonheur. Jamais, quand Kagami lui avait annoncé sa grossesse, il n'aurait imaginé voir sa femme se comporter de cette façon, et il devait l'avouer.

Il s'était bien trompé, à ce propos, et il espérait vaguement lui faire un nouvel enfant avant la fin de l'année.

Les minutes passèrent et l'orage sembla se calmer lentement à l'extérieur, si bien que Madara, quand Kagami se redressa pour se rhabiller, tout en tenant Kazuki contre elle, annonça :

- Habille le et mets un kimono. Nous allons marcher un peu.
- J-je ne suis pas sûre que …
- Je serais là, Kaga, souffla-t-il en douceur. Personne ne te fera de mal.

Sur ce point, il avait raison, et Kagami le savait. Personne ne viendrait se frotter à son mari.

Alors, la jeune femme se rendit dans la chambre de son fils pour lui mettre ce qui ressemblait étrangement aux vêtements habituels de Madara, en version bébé, avec même l'emblème des Uchiha dans le dos et sur la poitrine, prépara un haori épais ainsi que des chaussettes et alla mettre son fils dans les bras de son mari le temps qu'elle se débatte, avec l'aide de deux clones, pour enfiler un kimono et l'attacher avec attention.

Quand elle rejoignit ses hommes dans la chambre, Kagami sourit en voyant Madara en train de s'habiller, Kazuki calé entre deux oreillers, en train de jouer avec ses pieds et Madara attrapa un drap propre dans l'armoire, qu'il accrocha autour de son cou avant d'y installer Kazuki, contre son torse.

Plusieurs fois, Kagami avait vu cette femme, chez les Senju, promener son bébé de la sorte mais elle n'avait jamais osé le faire, de peur qu'il tombe. Pourtant, voir Madara ne montrer aucune crainte à ce propos était rassurant. Et Madara devait l'avouer, pouvoir garder son fils contre lui, dans ce hamac confortable, mais en ayant toujours les mains libres lui plaisait. Peut être pourrait-il, certains jours, même l'emmener avec lui pendant ses permanences au bureau ?

À cette pensée, Madara secoua discrètement la tête en pensant qu'il avait là de drôles de pensées et il prit Kagami par la main pour l'entrainer au rez de chaussée où Ume, prête à leur servir le petit déjeuner, sortit de la cuisine, théière à la main. Cependant, elle se figea en voyant son chef de clan, Kagami et le petit Kazu-chan prêts à sortir et, même si Kagami sembla mal à l'aise quand elle enfila ses chaussures, Ume en était heureuse.

Ces trois là ressemblaient de plus en plus à une petite famille.

- M-Madara-sama ! Appela-t-elle en s'approchant. Voulez-vous que je vous installe le petit déjeuner dehors .. ?

Pris de cours, Madara allait répondre qu'ils allaient revenir rapidement, mais un repas de famille en extérieur n'était pas une si mauvaise idée, alors il hocha la tête et indiqua, avec ce qui ressemblait à un sourire :

- Demande de l'aide à Hotaru, si tu veux.

Avec un sourire, la jeune fille acquiesça et Madara reporta son attention sur sa femme qui déglutit bruyamment avant de se remémorer ses entrainements avec Toka Senju. Ça faisait des mois qu'elle avait pas pratiqué et à présent, son corps manquait peut être un peu de tonicité, mais elle savait se défendre, la Senju s'en était toujours assurée, sous les ordres, et Kagami en était parfaitement consciente, d'Hashirama.

Alors, rassurée et en se demandant si Madara avait la moindre idée sur ces capacités, Kagami sortit la première de la maison et tendit la main vers Madara qui l'attrapa en douceur, utilisant l'autre pour cacher les yeux de Kazuki du soleil qui perçait entre les nuages épais.

L'atmosphère était à présent humide, le sol un peu boueux mais il faisait beaucoup moins chaud et ça serait parfait pour une balade. Madara avait parfaitement calculé son coup parce que le village était encore vide, ce qui rassurerait Kagami et, d'un pas lent, ne se séparant pas vraiment, ils firent le tour du village.

Et ils se sentaient bien. Outre Kazuki qui gazouillait, heureux de prendre l'air, les parents ne parlaient pas. Ils échangeaient parfois un regard tantôt tendre, tantôt amusé et, s'ils s'arrêtaient parfois pour apprécier un baiser doux, ignorant même certains regards sur eux, ils partageaient les mêmes sentiments à propos de leur sortie. Ils auraient dû faire ça depuis longtemps déjà.

Les curieux se faisaient d'ailleurs de plus en plus nombreux, et les rumeurs à propos de ce bébé étaient chassées, les unes après les autres. La plus insultante d'entre elles disait que Kazuki n'était pas le fils de Madara, mais d'un Senju. Lequel ? Personne ne savait mais vu que la grossesse de Kagami datait, à peu près, de la période à laquelle les Senju étaient venus vivre sur les terrains d'entrainement, certains pensaient que la jeune femme avait fauté avec l'un d'eux, d'où sa fuite chez, et tout le monde le savait, les Senju en question.

Mais, et c'était à présent évident, ce bébé était bien le fils de Madara. Maintenant que ses traits s'étaient affirmés, que ses yeux arboraient leur couleur définitive, il n'y avait plus de doute à avoir. Cet enfant était un Uchiha, et il ressemblait tellement à Madara qu'il était difficile de le nier.

Madara ne pouvait plus ignorer l'attroupement de femmes, surtout, qui, en entendant dire que le chef de clan et sa femme étaient en balade autour du village, accompagnés par le bébé qui alimentait les rumeurs depuis des mois déjà, avaient accouru pour seulement voir l'enfant en question. Il savait que ça arriverait, son clan n'était pas satisfait de n'avoir pu voir leur futur dirigeant qu'une poignet de secondes au retour de Kagami et, après avoir échangé un regard avec sa femme, il soupira longuement mais céda.

Après tout, Kazuki était son héritier, et le présenter à son clan faisait partie de ses obligations.

Ainsi, de gestes précautionneux, il sortit l'enfant de son hamac, pour le tenir contre lui en se tournant vers les curieux. Assis sur le bras de son père, Kazuki se retenait à ses cheveux pour garder un certain équilibre, et, alors qu'il semblait sur le point de pleurer d'avoir été sorti ainsi de son cocon, et qu'il se sentait menacé par tous ces inconnus qui s'approchaient de lui, Madara l'embrassa sur la tempe en murmurant quelques mots rassurants contre sa peau et cette scène resterait longuement gravée dans la mémoire des Uchiha.

Parce que, avant de rencontrer sa femme, Madara ne s'était jamais comporté comme cela. Il ne pensait qu'à la guerre, à gagner, à élever son clan par tous les moyens. Il ne montrait aucune pitié, ni de compassion. Et il avait tellement changé au contact de Kagami. Il avait ouvert son coeur, son esprit, avait accepté certaines perspectives, comme celle de devenir père à cet âge, alors que ça n'était pas du tout prémédité, et là dessus encore, les rumeurs étaient nombreuses.

Plusieurs personnes disaient même que Kagami avait fait en sorte de tomber enceinte de lui, en ne prenant pas sa tisane contraceptive. Qu'elle savait que Madara changerait, qu'elle l'avait fait pour le clan. Mais pour être honnête, seules quelques femmes le pensaient. Les autres n'avaient toujours pas digéré le fait qu'elle ait fuit chez les Senju, qu'elle ait disparu pendant des mois.

Au bras de son mari, Kagami sentait son égo remonter un peu. Parce qu'elle avait mis au monde, dans une douleur atroce, ce bébé et qu'on lui disait qu'il était magnifique, et qu'il avait hérité de son sourire. D'ailleurs, Kazuki, une fois la surprise passée, s'était mis à sourire en regardant chaque nouveau visage, en agitant les bras, riant parfois quand son père le chatouillait, son regard attentif ne lâchant jamais son fils.

Parce que peu importe ce qu'il avait pu dire à Kagami .. Si n'importe qui faisait du mal à son fils, il en subirait les conséquences, et sur ce point, Madara le savait. Il serait sans pitié.

Et tout le monde alla de son petit commentaire, certains disant même que Kazuki posséderait une chevelure semblable à son père, la touffe noire qu'il avait sur la tête ne faisant que le prouver, et même si Kagami boudait un peu qu'on lui dise que son fils ressemblait beaucoup à son père, elle le trouvait quand même magnifique.

Finalement, après une bonne heure de curiosité, la foule se dispersa et Madara, voyant que sa femme en avait envie, lui donna Kazuki et le bébé adressa un sourire à sa mère quand il la reconnut, en agitant les bras tandis qu'elle l'embrassait sur le front.

Puis, se rappelant qu'ils étaient attendus, Madara glissa un bras dans le dos de sa femme et la mena lentement jusqu'à l'endroit où il sentait la signature de chakra de Ume. Consciencieuse, la jeune fille les avaient installés près de l'eau, à l'ombre d'un arbre. Une table était prête pour eux, composée de plusieurs brioches salées, les préférées de Kagami, du thé froid et, des fruits, des légumes cuits. Deux chaises en bois avaient été apportées et en les voyant arriver, Ume leur servit une tasse de thé avant de se poster en retrait pour leur laisser une certaine intimité.

Kazuki installé sur ses cuisses, Kagami gouta immédiatement son thé, sous le regard amusé de son mari.

- Il adore la foule, affirma-t-il. C'est important pour un futur dirigeant.
- Tu crois pas qu'il est encore un peu jeune, pour ça .. ?
- Je pense déjà le prendre avec moi au bureau, de temps en temps. Que les hommes s'habituent à lui.

D'un air désabusé, Kagami leva les yeux au ciel, surtout devant l'air sérieux que lui servait son mari et elle grogna, pour essayer de le tourner au ridicule :

- Et tu l'emmèneras sur les champs de bataille, aussi ? Qu'il s'habitue à voir des hommes mourir .. ?
- Ne sois pas stupide, siffla Madara en relevant les yeux. Pas avant ses six ans.
- À six ans, il sera encore un bébé, répondit Kagami. Et il pourra bien attendre …
- Kaga … Mon fils sera un shinobi. Tu sais ce que ça veut dire, n'est ce pas ?

La jeune femme se détourna mais, bien entendu, elle savait exactement ce qu'il voulait dire. Quand il en aurait l'âge, Kazuki serait entrainé, au maniement des armes, aux techniques shinobis et à présent qu'elle avait eu un aperçu de la rigueur que ça impliquait, de l'effort physique à fournir, elle ne voulait pas vraiment que son fils subisse ce genre d'entrainement. Mais elle le savait, elle n'aurait pas vraiment son mot à dire, à ce propos.

Mais au final, si ça assurait la sécurité de son fils, si Madara lui assurait qu'il serait capable de se défendre après ça, pourquoi pas ?

Elle n'osa quand même pas répondre à son mari et celui ci, conscient du malaise, approcha sa chaise d'elle pour caresser doucement son épaule.

- Ne t'en fais pas, Kaga, murmura-t-il à son oreille. Tout ira bien.
- Tu me le jures .. ? Tu me promets qu'il ne …
- Je te promets de toujours tout faire pour qu'il ne lui arrive rien.

Elle força un sourire, mais Kagami n'avait pas le coeur à ça. Au contraire, elle aurait aimé poser la tête contre l'épaule de Madara, pour qu'il la rassure mais avant qu'il n'ait le temps de la prendre contre lui, un raclement de gorge s'éleva derrière eux et Madara se leva rapidement.

Kagami pensa, au début, qu'il s'était senti menacé par cette présence, et après tout, elle non plus ne l'avait sentie arriver mais l'attitude de Madara n'avait rien à voir avec de la défense. Son regard sembla empli de culpabilité, Kagami en fut surprise mais elle tourna la tête pour voir leur visiteur, mais elle ne s'était clairement pas attendue à ce qu'une femme lui fasse un effet pareil. Une femme qui ne semblait d'ailleurs pas menaçante pour un sou, et avec un sourire, celle ci s'approcha de la maitresse de clan pour lui serrer la main.

- Kagami-sama, sourit-elle poliment, permettez moi de me présenter officiellement. Je suis Chieko. La marraine de Madara.

Marraine ? Elle venait de dire marraine ? N'est ce pas ? Et Madara ne lui en avait jamais parlé ?

- Oh, je vois qu'il ne vous a rien dit …
- A-a quel propos ? Questionna Kagami, le regard posé sur Madara.

Mais Chieko ne répondit pas. À la place, elle s'agenouilla à côté de la maitresse de clan pour se mettre à la hauteur du bébé, dont elle caressa doucement la joue :

- Voici donc mon petit neveu … Elles avaient raison, il est adorable .. Madara .. As-tu seulement dit à ta femme à quel point il ressemble à Asami .. ?

Pris au piège par sa marraine, Madara soupira en détournant le regard et grogna :

- Qu'est ce que tu fais là, Chieko ?
- N'est-ce pas évident ?

Curieuse, Kagami pensait que la femme allait répondre après avoir posé la question mais rien arriva, et elle se sentit mal à l'aise. Elle n'avait rencontré cette femme qu'une fois, vaguement, et seulement parce qu'elle était venue la féliciter pour son travail au tout début de son mariage avec Madara. Ce qu'elle n'avait pas compris, sur le moment. De quel travail avait-elle parlé ? C'était pendant la première absence de Madara, le tout premier jour où Kagami avait pris sa place et Chieko avait été la première personne à venir lui parler. Et elle ne lui avait dit que ça. Rien d'autre.

Et là, elle venait de dire que son fils ressemblait à Asami .. ? La mère de Madara ? C'était à n'en rien comprendre.

- Bien, s'exclama-t-elle en se redressant. Vu que tu ne sembles pas vouloir éclairer ta femme, je vais le faire moi même. Kagami-sama, sourit-elle en se tournant vers la maitresse de clan. Je suis la marraine de Madara, et sa tante, officiellement. Et, à l'époque, la meilleure amie de sa mère. Oh, je vous l'assure, Asami vous aurait adorée .. Et la Princesse du Pays de la Pluie ! Jamais elle n'aurait imaginé ça pour son Mada-chou …

Les joues écarlates mais les sharingans activés, Madara tenta de croiser le regard de sa marraine pour lui faire comprendre qu'elle dépassait les bornes mais Chieko se contenta de sourire, alors que Kagami se retenait de rire. Ume, de son côté, s'était éloignée, les mains sur la bouche pour ravaler ses rires.

- Vous a-t-il dit qu'il était venu me demander conseils ? Reprit Chieko. Je suppose que non ..

Voyant Kazuki agiter les bras vers elle, Chieko demanda l'autorisation à Kagami de le porter dans ses bras, d'un regard suppliant mais Madara intervint, en la repoussant d'une main brusque :

- Chieko, tu dépasses les bornes.
- Vraiment .. ?

Cependant, son ton n'avait plus rien d'amical et Madara s'interposa entre elle et le bébé.

- Je .. viendrais te parler, plus tard. Pour l'instant, laisse nous donc profiter de notre petit déjeuner.

La doyenne n'apprécia pas le ton avec lequel son filleul la menaça, mais en remarquant le regard presque apeuré de la maitresse de clan, elle comprit qu'elle en avait peut être fait un peu trop. Cette mère craignait pour la vie de son enfant, et d'après ce qu'elle avait entendu, dans le village, elle avait raison, mais si Madara avait avoué devoir lui parler, il devait avoir une bonne raison pour cela. Alors, elle attendrait.

Ainsi, dans un nuage de fumée, elle disparut et Madara reprit sa place près de sa femme, reporta son attention sur son fils qui gazouillait allégrement en regardant les feuilles au dessus de lui.

- Madara, appela Kagami après un temps, Tu ne m'avais jamais dit que tu avais toujours de la famille en vie …
- Chieko … a coupé les liens en apprenant ce que mon père avait fait à ma mère. Elle ne voulait plus être reliée à lui. Pas après qu'il ait tué sa meilleure amie.
- E-et tu lui as demandé conseils pour … ?
- Parce que je voulais savoir si ta relation avec Kazuki était normale. Si je pouvais faire quelque chose pour aider … Chieko a eu cinq enfants, elle s'y connait assez bien.

Surprise qu'il soit allé demander de l'aide auprès d'une femme aux allures si particulières, Kagami baissa un instant la tête avant de lui jeter un regard en coin.

- A-alors tu as .. des cousins, en vie .. ?
- Oui, bien sûr. La petite Sayuki est ma nièce.
- P-pardon .. ?
- Sa mère était la fille ainée de Chieko. C'est sa seconde fille qui élève Sayuki maintenant.
- L-la tante de Sayuki a aussi deux garçons .. souffla Kagami, n'en croyant pas ses oreilles.
- Et les trois garçons de Chieko sont tombés au combat.
- Donc, tu as une cousine, toujours en vie, une nièce et deux neveux …
- C'est ça, sourit Madara en jouant du doigt avec Kazuki.
- Pourquoi est-ce que tu ne m'as jamais rien dit .. ?

En entendant le ton désemparé de sa femme, Madara releva la tête en fronçant les sourcils.

- Tu n'as jamais demandé, dit-il comme si c'était l'évidence même.

Kagami était sur le cul. Elle n'avait pas attendu une telle réponse, mais le naturel avec lequel Madara lui avait répondu lui avait coupé toute réplique. Que pouvait-elle y répondre ? Non, elle ne lui avait jamais posé la question, c'était la réalité. Mais quand même, il aurait pu lui en parler, à un moment ou à un autre. Ça ne l'aurait pas tué, quand même, si ?

Mais, en posant le regard sur son mari, Kagami secoua la tête. Après tout, ça n'avait rien d'étonnant, venant de sa part. Madara n'était pas connu pour être la personne la plus normale au monde, et encore moins pour son attachement aux gens, sauf quand on parlait d'Izuna. Pourtant, elle aurait quand même aimé savoir qu'il lui restait de la famille.

Avec douceur, et sans montrer de gêne par rapport à la conversation qu'ils venaient d'avoir, Madara prit son fils dans ses bras pour l'installer sur ses cuisses, et ainsi lui faire gouter le kiwi qu'il avait toujours dans son assiette, s'amusant de Kazuki grimacer au goût du fruit et Kagami demanda, mal à l'aise :

- Tu .. as vraiment l'intention de le laisser ici, le temps que nous allions profiter d'un onsen ?
- Il sera en sécurité, affirma Madara.
- Comment peux-tu en être certain ?
- Il .. y a beaucoup de choses que tu ne sais pas, et que je compte garder secrètes. Si effectivement nous partons et que nous laissons Kazuki ici, il sera en sécurité. C'est tout ce qui doit t'importer. Mais tu dois me dire si tu as vraiment envie qu'on aille aux onsen. Si ça peut vraiment te faire du bien.
- J-je crois .. Mais j'ai peur de laisser Kazu seul …
- Je comprends, sourit Madara en se redressant. Mais je m'occupe de ça, tu dois me faire confiance.

Devant le ton assuré de son mari, Kagami sourit légèrement en pensant qu'il avait raison, sur ce point, et qu'il ne laisserait jamais Kazuki entre de mauvaises mains, et, le coeur plus léger, elle avala un nouveau thé avant de se lever pour caresser Aiji alors que celui ci venait de les rejoindre.

Finalement, le couple passa la journée dehors, ensemble, comme si tout ce qui avait pu se passer depuis des mois s'était envolé. Malgré l'orage, à leur réveil, la journée avait été chaude, agréable, et même si Kagami se demandait ce qui était arrivé à son mari pour qu'il soit aussi gâteux avec leur fils, elle était heureuse de ne plus se sentir abandonnée dans sa maternité.

Madara était un père grandiose, finalement.

Pourtant, quand celui ci s'excusa en fin de journée, en disant qu'il devait aller parler avec Chieko, que Kagami se retrouva avec son bébé dans ses bras, elle se demanda vaguement pourquoi il devait la voir, et surtout, pourquoi il n'avait pas accepté qu'elle prenne le bébé. Était-elle une menace ?

Mais, quand Madara arriva chez sa tante, qu'il vit qu'elle l'attendait impatiemment, il baissa immédiatement la tête. Il savait déjà exactement ce qu'elle allait dire et ça ne rata pas.

- Je ne suis pas ton père, siffla-t-elle, venimeuse. Je sais que je lui ressemble beaucoup mais …
- Ne le prends pas mal, Chieko.
- Tu as vu à quel point il est mignon ? Je ne pourrais jamais lui faire de mal !
- Je sais …
- Alors ne m'empêche pas de le voir simplement parce que tu ..
- J'aimerais que tu le gardes, sourit Madara en relevant les yeux.

Chieko, surprise, sentit son coeur s'arrêter dans sa poitrine en entendant les mots de son neveu. Était-il sérieux ? Voulait-il réellement qu'elle s'occupe de son fils .. ?

- Juste .. deux ou trois jours, précisa le chef de clan. Kagami a besoin de se détendre un peu, moi aussi et nous irions seulement aux sources chaudes.
- Madara …
- Je sais que tu as passé l'âge, je l'entends souvent, mais ….
- Mada-chou, j'en serais .. honoré.
- Ne m'appelle pas comme ça, grogna Madara, les joues rouges.

Chieko eut un sourire en coin en voyant la réaction de son filleul, et, d'un geste théâtral, elle l'attrapa par le cou pour ébouriffer ses cheveux.

- Tu adorais quand ta mère t'appelait comme ça !
- J'en ai aucun souvenir, siffla-t-il en tentant de se libérer.
- Je suis sûre que si ! Je sais que tu penses toujours à elle. Surtout depuis que tu es père, non ?

Madara détourna les yeux, faisant comme s'il ne savait pas de quoi elle pouvait bien parler et Chieko le lâcha pour reprendre un air naturel, voire même effrayant.

- Je suppose que .. je vais devoir le protéger, fit-elle.
- Je ne sais pas qui pourrait s'attaquer à lui mais ..
- Je sais exactement qui le ferait.
- Mais, reprit Madara en tentant d'ignorer ce qu'elle venait de dire, … Izuna est trop insouciant depuis qu'il est avec Katsuki. Et Kagami n'aura confiance en personne d'autre.
- Tu peux me le confier. Tu sais qu'il sera en sécurité avec moi.

Madara acquiesça, satisfait par l'air déterminé de sa marraine et rentra chez lui, avec dans l'idée de préparer un sac pour lui et sa femme en cachette et partir le plus tôt possible, le lendemain matin.

Le lendemain en question, Kagami ne voulait pas se réveiller. Ça faisait plus d'une heure que Madara la secouait pour qu'elle se lève, en lui disant qu'ils avaient de la route, qu'ils ne devait pas trainer mais la jeune femme était désespérément accrochée à son lit et refusait simplement d'ouvrir les yeux.

Alors, employant les grands moyens, Madara remonta sur le lit pour se placer à quatre pattes au dessus d'elle, son torse appuyant contre le dos de sa femme et il l'embrassa dans le cou en la tenant dans ses bras. Kagami frissonna, glissa ses mains dans celles de son mari qui murmura contre son oreille :

- Kagami …
- Pourquoi est-ce que je dois me lever ? Grogna-t-elle. Il est encore tôt ! Et je suis bien là ..
- Nous allons juste prendre quelques vacances …
- Je ne veux pas laisser Kazu ..
- Il sera en sécurité.
- Non ! S'écria-t-elle en se tournant dans ses bras. C'est mon fils ! Mon enfant ! Et tu as déjà essayé de me l'enlever une fois ! Je te laisserais pas faire !

Face au visage rouge de colère de sa femme, Madara se trouva bête, sur le moment. Kagami pensait-elle réellement qu'il ferait du mal à leur enfant ? Était-elle sérieuse à ce propos ?

Mais, en voyant les larmes perler aux yeux de Kagami, il comprit qu'elle était réellement touchée par cette séparation. Plus qu'il n'aurait pu l'imaginer et, en douceur, il caressa son visage, tenta de l'embrasser mais Kagami se détourna en reniflant.

- J-je ne sais pas ce que tu as prévu p-pour lui … M-mais je ne te laisserais pas lui faire du mal ..T-tu n'as pas le droit …
- Je ne ferais jamais ça, Kaga ..
- Ne dis pas que tu ne le ferais pas, je sais que tu en es capable … Tu n'es pas un agneau, Madara. Tu es un loup, et je t'aime comme tu es mais … Je suis prête à me battre contre toi si tu penses faire du mal à Kazuki ..

Au début, Madara pensa que sa femme était en train de craquer devant lui, pour d'obscures raisons mais quand elle croisa de nouveau son regard, qu'il y remarqua une lueur qu'il ne lui connaissait pas, il se surprit à serrer les poings. Devant sa femme, et instinctivement, ses réflexes de shinobis reprenaient le dessus et il ne le comprenait pas. Kagami n'était pas une menace. Elle maniait le sabre comme un enfant, n'avait aucune compétence militaire et, il le savait, elle faisait toujours des cauchemars à propos de cet homme qu'elle avait tué, des mois auparavant.

Alors pourquoi, face à elle, était-il prêt à riposter ?

Pourtant, et ça en était ridicule, leur position initiale était certainement la plus intime qu'il ait jamais partagée avec une personne qui le faisait réagir de cette façon. Kagami était sur le dos, les jambes ouvertes, simplement parce qu'elle aimait s'allonger dans cette position.

Et même quand Kagami posa une main sur son dos, caressa ses reins en douceur, descendant le long de ses fesses, qu'il se sentit raidir à son contact mais qu'elle accepta un baiser tendre, son regard ne changea pas.

Il le savait, il avait raté un détail, quelque chose de très important à propos de sa femme, mais quoi ?

Cependant, quand elle rouvrit les yeux, la jeune femme retrouva son air habituel et Madara la serra contre lui en se détendant lentement. Peut être avait-il rêvé ? Ou le manque de mission le rendait tellement sensible qu'il s'imaginait des choses ? Il ne voulait pas vraiment se poser la question, pour le moment. Leur but était de trouver une solution, pour qu'ils puissent se détendre, tous les deux, et il devait commencer par mettre les choses au clair avec elle.

- Kaga … Je ne le nie pas, je ne voulais pas qu'on ait un enfant aussi tôt. Et tu as failli en mourir ! Mais .. Mais j'aime Kazuki. Je l'aime, tu comprends … ?

Oui, Kagami comprenait. Madara ouvrait son coeur, comme il le faisait rarement et même si elle ne pouvait le regarder dans les yeux pour s'assurer de son honnêteté, le ton doux de son mari et le pincement qu'elle eut au coeur l'apaisèrent. Elle n'aurait jamais pensé que Madara soit aussi gêné par ce genre de choses et il semblait cacher son malaise contre sa peau, son visage planqué dans son cou pour l'y embrasser, comme s'il essayait de faire passer ce qu'il venait de dire pour rien.

Mais ça comptait, pour la maitresse de clan. Autant que de l'avoir vu faire tous ces efforts, depuis deux mois et le doute quittait peu à peu son esprit. Elle le savait pourtant. Madara avait seulement besoin qu'on mette les choses au clair avec lui. Pour qu'il comprenne les limites des autres.

Mais, et elle devait l'avouer, deux jours au onsen lui ferait un bien fou. Malgré qu'elle puisse se reposer, depuis deux mois, qu'elle puisse faire des nuits complètes, la fatigue était toujours présente. Quand il ne dormait pas, Kazuki avait besoin d'une attention constante, qu'on s'occupe de lui et c'était crevant, même si Kagami trouvait ses journées beaucoup plus agréable.

La seule chose qui la retenait encore était de savoir qui allait s'occuper de son fils mais, en sentant une main se glisser sur ses fesses, elle pensa que ça pourrait attendre un peu. Les lèvres de Madara trouvèrent les siennes, ses doigts se serrèrent sur sa peau, l'envie était intense mais deux coups furent toqués à la porte et Madara releva les yeux, sharingans activés, l'air sombre.

- Madara, appela la voix d'Izuna, tu as reçu un message étrange …

Le chef de clan grommela, frustré mais il se redressa en disant, à l'attention de sa femme :

- Prépare notre sac, et celui de Kazuki. Je reviens rapidement.
- Mais .. si c'est important .. ? Et qui va ..
- Je m'occupe de tout.

Le ton bourru de son mari obligea Kagami à acquiescer. Il n'était plus vraiment de bonne humeur, c'était évident, et elle ne voulait pas s'attirer ses foudres. En tous cas, elle ne prit pas le risque de le contrarier et le regarda sortir de la chambre tandis qu'Izuna, d'un regard en biais, lui adressait un sourire désolé.

Faire leur sac ne prit que quelques secondes à Kagami, qui y fourra rapidement les premiers vêtements qu'elle trouva dans l'armoire. Elle ne prit même pas la peine d'ajouter un kimono à la besace, malgré l'adoration de Madara pour ce genre de vêtements. Il devenait parfois trop impatient quand il devait les enlever, dans certaines circonstances, et il en avait déjà simplement déchiré deux. Et Kagami ne le lui avait toujours pas pardonné.

Kazuki s'agitait déjà dans son lit quand elle entra dans sa chambre mais il était aussi sage qu'à son habitude. Il accueillit sa mère d'un sourire et elle le prit dans ses bras pour le changer, rejoindre le rez de chaussée, lui préparer son biberon tandis que Ume s'occupait de leur petit déjeuner et, comme à son habitude quand Madara n'était pas là, la jeune fille se pencha vers le bébé pour lui dire bonjour, en l'appelant « Kazu-chan ».

Kagami ne savait toujours pas comment remercier Ume. Sans elle, les choses seraient toujours aussi infernales.

Quand Kazuki eut avalé son biberon, la maitresse de clan rejoignit l'étage où elle prépara un sac pour son fils, avec ses couches, des vêtements propres pour au moins une semaine, ses peluches préférées, des vêtements d'hiver, au cas où, et elle retourna en bas pour attendre Madara à table, Aiji à côté d'elle alors qu'il s'amusait avec le bébé, à lécher ses mains et les mordiller sans faire mal quand Kazuki les agitait autour de sa tête.

Madara revint quelques minutes plus tard, seulement, de son air toujours aussi sombre mais un sourire le prit quand il vit son fils jouer avec Aiji. Cette scène lui faisait toujours un petit quelque chose, et il devait bien se l'avouer, à part quand il avait surpris Kagami en train de dormir dans leur lit avec Kazuki contre elle, sur sa poitrine nue, c'était une des choses les plus belles qu'il avait vues.

Un regard lui suffit à comprendre que Kagami avait fait ce qu'il lui avait demandé et, rapidement, il alla chercher les deux sacs ainsi que deux capes, pour sa femme et lui même. Avec douceur, il aida Kagami à se lever, lui laissa le bébé, sachant que c'était mieux comme ça et prit soin de fixer la cape sur les épaules de sa femme avant d'aller prévenir Ume de leur absence et, une main dans le dos de sa femme, il la fit sortir de la maison.

Kagami ne résista d'ailleurs pas longtemps à la curiosité et lui adressa un sourire :

- C'était quoi, ce message .. ?
- Rien d'important, sourit Madara. Ne pense pas à ça, ni au clan. Nous partons pour nous détendre.

Rassurée, Kagami se détourna pour embrasser son fils sur le front, mais elle ne pouvait le nier. Il allait lui manquer. Horriblement.

Ils arrivèrent bientôt devant une maison mais Madara n'eut pas le temps de toquer à la porte que celle ci s'ouvrit, révélant une Chieko en kimono de travail. Cela faisait longtemps que Madara ne l'avait pas vue dans cette tenue, mais en remarquant que Kagami se détendait, à côté d'elle, en reconnaissant la femme, il sut qu'il avait eu là une bonne idée.

Cependant, Madara n'eut rien besoin de dire. Malgré ses doutes et que ça lui brise le coeur de le faire, Kagami s'approcha de Chieko pour lui tendre le bébé, poser le sac dans la maison et l'ainée, un sourire maternel aux lèvres, posa une main douce sur son bras.

- C'est toujours difficile, la première fois, murmura-t-elle pour que seule Kagami puisse l'entendre. Mais je prendrais soin de lui, je le protégerai.
- Comme vous avez protégé vos fils ? Grogna Kagami en retour, ne pouvant retenir ses propres paroles.
- Mon coeur s'est brisé, quand mes fils sont tombés au combat, et je meurs à petit feu depuis que c'est arrivé. Alors, si je peux l'épargner à …
- J-je ne laisserais jamais mon fils …
- Je ne parlais pas de vous, Kagami.

La gorge nouée, Kagami posa un instant le regard sur Madara, qui observait son garçon agiter les bras vers lui. Ce regard tendre qu'il avait sur le bébé, cette attitude qu'elle ne lui aurait jamais imaginée ne faisait que confirmer ce qu'il avait dit à Kagami, un peu plus tôt. Il aimait leur enfant, ça ne faisait aucun doute.

Puis, se rendant compte du silence qui l'entourait, Madara releva les yeux, fronça les sourcils en voyant sa tante et sa femme le regarder avant de grogner, pour cacher sa gêne :

- Allez, Kaga .. Nous avons un long voyage. Dis au revoir à Kazu.

Le coeur lourd, Kagami embrassa son fils sur le front, en caressant ses joues rondes et Madara en fit de même, avant de lancer un regard en biais à Chieko qui frissonna en les regardant s'éloigner.

C'était évident, pour elle. S'il arrivait quelque chose au bébé pendant leur absence, Madara ne se contenterait pas de la tuer. Non, il la torturerait, pendant des heures, des années, jusqu'à ce que sa peine s'atténue, qu'il se calme. Famille ou pas, il n'aurait aucune pitié.


Bonne année à tout le monde :)