Hey ! Je n'ai pas publié depuis presque deux mois, cela commençait à faire long. Néanmoins de nouveau un grand merci à tous ceux qui laissent des reviews, ca fait super plaisir ! J'espère que ce chapitre vous plaira, n'hésitez pas à me faire part de ce que vous en pensez ! Bonne lecture !
L'endroit était glauque. Ce fut la première pensée qui traversa mon esprit à l'instant où je posai le pied dans la cabane hurlante, après avoir traversé le passage sous le saule cogneur que Potter m'avait montré. Sombre et dépravée, la bâtisse semblait pouvoir s'effondrer d'un instant à l'autre. Je fus un instant tentée de faire demi-tour, mais en me souvenant des menaces de Potter si je m'avisais de ressortir avant d'avoir vu Remus, l'envie me passa rapidement. Frissonnant à cause de la température glaciale, je pris mon courage à deux mains et entrepris de monter pas à pas les escaliers, tout en me répétant à chaque marche que tout ceci relevait d'une très très mauvaise idée. Le bois grinçait sous mon poids, le vent faisait claquer une fenêtre un étage au-dessus de moi.
Charmant … Je meurs d'envie de rencontrer le décorateur !
- Mets-la en veilleuse, murmurai-je à moi-même, ce n'est pas le moment.
Trop rapidement à mon gout, je me retrouvai devant une unique porte entrouverte. A la place de la serrure se trouvait un large trou, et le bois était strié de marques de griffures ou de coups. Je levai une main tremblante et caressai le matériau au niveau de ses failles. La porte s'ouvrit largement sous ma pression dérisoire, accompagné d'un grincement on ne peut plus lugubre. Prenant une grande inspiration, j'entrai dans la pièce. La pièce était à l'image du reste de la maison, à l'exception d'un lit repoussé dans un coin, qui se détachait du reste dans le sens où il ne paraissait pas dater de la préhistoire. Dessus, emmitouflé dans des draps poussiéreux, était étendu Remus, presque totalement caché par ses couvertures, dans lesquels il s'était roulé en boule.
Bon, ok voilà, tu l'as vu, maintenant tu te casses illico presto, parce que ce n'est pas trop l'ambiance ici …
Je fus un instant tentée.
Non. Prouve-moi que tu es autre chose qu'une simple lâche.
Je m'avançai donc lentement vers le lit, sur lequel je m'assis précautionneusement, de manière à ne pas le réveiller. J'observai un instant son visage. Il n'était pas détendu. Une légère ridule entre ses sourcils traduisait la nature agitée de son sommeil. Il était pale. Des mèches châtain clair tombaient devant ses yeux clos. Serrant ses couvertures contre lui, il ressemblait presque à un enfant. Une vague de culpabilité m'envahit. Il ne m'avait jamais paru plus humain, plus vulnérable que maintenant.
Mon regard tomba sur un pan plus reculé du drap. Une large tache rouge vif contrastait la couleur clair du tissu.
Oh merde, non …
Retirant doucement la couverture de son poing serré, je dégageai son torse du tissu jusqu'au niveau des côtes. Il bougea dans son sommeil mais n'ouvrit pas les yeux. Passé le premier moment de rougeur, je découvris une large estafilade à peine cicatrisé barrant son torse. La blessure ne saignait plus, mais sa teinte sombre témoignait qu'elle était récente. Des marques de morsure se distinguaient aussi sur ses bras. S'était-il mordu lui-même ?
Alors voilà ce que c'était. Etre un loup garou. Subir tous les mois une transformation atroce, contre son gré. Devenir un monstre sans l'avoir choisi. De la douleur. L'image du petit garçon me revint à l'esprit.
- Mais qu'est-ce que j'ai été stupide … murmurai-je en saisissant ma nuque.
Mon regard retourna vers son visage.
- Je suis désolée, chuchotai-je de nouveau.
Ça ne suffit pas …
Non. C'est vrai. Ca ne suffisait pas. Mais que pouvais-je dire d'autre ? Poussant un grand soupir je me relevai pour partir.
Je sursautai. Sa main avait saisi mon poignet. Ses paupières s'ouvrirent. Il plongea ses yeux dans les miens. Un silence s'installa. Je n'osai lui demander depuis combien de temps il était réveillé. Son regard était méfiant mais une lueur de tendresse s'y cachait aussi. Il attendait visiblement que je parle.
- Je suis désolée, répétai-je, ne sachant que dire.
- J'ai entendu, répondit-il d'une voix égale.
Un ange passa de nouveau. Ses yeux scrutateurs tentaient de déterminer la part de vérité dans mes paroles. Son visage était impassible. La gêne commença à m'envahir. Son absence de réaction m'inquiétait et j'avais épuisé mon inspiration de paroles. J'évitai son regard.
- Ecoute …
Il s'interrompit. Surprise, je me tournai vers lui, et eus le temps d'apercevoir un éclat sombre dans ses prunelles. Du désir. Son regard balayait ma silhouette. Stupéfaite je baissai les yeux sur mon corps et rougis. Comme haut, je ne portai qu'un débardeur moulant, tenue décontractée qui me servait normalement de pyjama ou de vêtement de sport.
- Désolée je …
- Joli haut.
Nous avions parlé en même temps. Sa réflexion m'arracha un sourire.
- Je n'avais pas prévu l'expédition matinale dans la forêt, de toute évidence …
- Aucun problème, répliqua-t-il avec un sourire en coin.
La gêne et la méfiance s'étaient dissipées et une atmosphère plus détendue régnait maintenant dans la pièce.
- Quelle heure est-il ? s'enquit-il soudain, ne paraissant pas souhaiter revenir sur mes excuses pathétiques.
Je pris cela comme un signe que le sujet était clos.
Je jetai un coup d'œil vers la fenêtre. Le soleil n'était pas encore levé mais on y voyait clair.
- Je ne dirais pas plus de 5 heures, pourquoi ?
- Il ne va pas falloir tarder à aller se préparer pour les cours, expliqua-t-il avec une pointe de regret.
Je le regardai un instant, les yeux écarquillés.
- Tu ne vas quand même pas aller en cours ?
- Il le faut bien, répondit-il en haussant les épaules.
- Mais tu es blessé ! M'indignai-je.
Son regard glissa vers blessure au torse. Il grimaça.
- Ah ça.
- Oui ça, relevai-je. Et ça, continuai je en pointant son bras couvert de morsures.
- Je passerai par l'infirmerie, éluda-t-il en haussant les épaules.
Je l'observai de nouveau, estomaquée qu'il ne fasse pas plus attention que ça à son état. Une idée germa alors dans mon esprit.
-D'accord.
Ce fut à lui de m'observer avec étonnement, croyant surement que j'allais protester plus que ça.
-On a qu'à y aller maintenant alors, proposai-je en me relevant.
Il hocha la tête et repoussa ses couvertures, révélant son jean et ses pieds nus. Un sentiment de déception m'envahit brièvement, sentiment que je repoussai tout aussi rapidement.
Bienvenue à hormone-land …
-Toi tu la fermes, chuchotai-je pour moi-même.
Remus s'assit sur le lit en grimaçant de douleur et m'observa un moment, attendant visiblement que je lui vienne en aide pour se relever.
-Bah non, tu vas bien, lui lançai-je en croisant les bras.
-Sérieusement ? répondit-il après un silence, voyant très clair dans mon jeu.
Il ne put néanmoins réprimer un sourire, que je ne manquai pas de remarquer.
-Ok, soupira-t-il. Que veux-tu exactement ?
-Ou je t'aide à retourner au château, parce que sans aucun doute tu as besoin de mon aide, et tu restes à l'infirmerie jusqu'à ce que Pomfresh t'autorise à partir (il eut une moue boudeuse) ou tu décides quand même d'aller en cours et dans ce cas-là tu te débrouilles.
-James, Sirius et Peter ne sont pas aussi durs en affaires, grommela-t-il, vexé de voir qu'il était dans une impasse.
-Mon père est diplomate. Alors ? Verdict ?
-Parce que j'ai le choix ?
-Non, pas vraiment.
Il me lança un regard assassin tandis que je lui offrais mon plus beau sourire hypocrite.
-D'accord, d'accord, céda-t-il avec un soupir. Mais je te promets que je me vengerai de ce chantage inégal.
-Mais oui !
Il me tendit le bras, que je passai autour de mes épaules pour l'aider à se relever.
Je franchis la porte du dortoir vers 6h du matin. Les trois filles dormaient à poings fermés.
-C'est à cette heure-là que tu rentres ?
Rectification : Les deux filles dormaient à poings fermés. Catherine, tranquillement assise sur son lit, m'observait d'un air railleur.
-Non rendors toi, tu divagues. En vérité je rentre 1h après, grommelai-je en allongeant mon dos sur mon matelas.
-Hein ?
-Rien, c'est la fatigue. Comment ça se fait que tu sois réveillée d'ailleurs ? T'as mis un sort sur la porte pour te prévenir quand je rentrais ou quoi ?
Silence. Je me redressai. Catherine avait détourné les yeux, gênée.
-Je pense qu'il n'y a pas d'adjectif pour te définir, Cat, soupirai-je en posant de nouveau ma tête sur mon lit.
Ma meilleure amie sembla réfléchir un instant.
-Ça me va !
-Je n'en doute pas.
-Bon alors, tu vas me raconter ce que tu faisais ? s'enquit-elle en s'asseyant sur mon lit.
-Non.
-Donc tu es allée voir Remus.
-Non.
-Et tu as l'air plus heureuse. Vous vous êtes réconciliés ! se réjouit-elle en sautillant presque, comme une enfant.
-Tu vois ? Il n'y avait pas besoin de te raconter quoi que ce soit ! avançai-je en souriant.
-Moi je ne devine que les grandes lignes. Ce qui m'intéresse, c'est les détails, protesta-t-elle.
Je me redressai sur un coude.
-Très bien. Que veux-tu savoir alors ?
Son sourire s'élargit.
-Vous vous êtes embrassés ? demanda-t-elle, à l'affut du moindre potin.
-On vient de se réconcilier ! protestai-je.
-Et alors ? Il avait l'air plutôt complétement assoiffé la première fois, d'après ce que tu m'as raconté !
-Catherine !
-Quoi ? Je ne fais que reprendre tes paroles !
Je cherchai rapidement dans mes souvenirs. Mes paroles exactes avaient été : «il semblait plutôt en avoir envie, je crois ».
Chipote pas !
-A propos de réconciliation, éludai-je, refusant de m'engager dans une argumentation que j'allais sans aucun doute finir par perdre, et Black ?
-Quoi Black ? se renfrogna Catherine.
-Sincèrement ?
-Je n'ai pas envie d'en parler.
J'ignorai sa réflexion.
-Je pense qu'il t'aime vraiment beaucoup, tu sais ? Ne gâche pas ça pour un seul obstacle, quoique ce soit.
-Tu peux parler !
Touché !
-On s'est réconcilié ! me défendis-je.
-Après 3 semaines !
-2 semaines et 5 jours, en vérité. En plus ce n'est même pas le point …
-Sérieux ? s'exclama Catherine en se tournant vers moi. Est-ce que tu as compté le nombre de jours où tu ne parlais pas à Lupin ?
-Mais non pas du tout je …
-Tu dégoulines de niaiserie, ma pauvre enfant !
Comment ai-je perdu à ce point le contrôle de la conversation ?
-Je ne suis pas niaise ! En plus, en soit ce n'était pas le sujet, on parlait de …
-De mon point de vue, en tout cas ça l'est, niais … s'incrusta une voix non loin de nous.
Je me tournai vers Lily, qui s'était redressée sur son matelas, les cheveux en bataille et baillant aux corneilles.
-Rendors-toi ! soupirai-je, agacée.
-Vous m'avez réveillée avec votre conversation ultra discrète, nous informa-t-elle en faisant fi de mon irritation. Mais je suis intéressée, on parlait de Lupin ?
-Tu veux qu'on s'occupe du cas Potter ? souris-je hypocritement.
- Finalement, je vais aller prendre ma douche, décida-t-elle entre deux bâillements.
Décision plus sage …
Je l'observai tituber vers la salle de bain, se prendre la porte, comprendre qu'il fallait l'ouvrir pour rentrer dans la pièce adjacente et s'engouffrer dedans.
- Bon bah au moins, ça c'est f…
Une voix douce m'interrompit derrière moi :
- C'est quoi le truc avec Lupin ? tenta timidement Mary, bien réveillée elle aussi.
Catherine laissa échapper un ricanement foncièrement moqueur.
- Tu la fermes ou je te tue, grommelai-je à ma meilleure amie.
