La belle des lanternes rouges
Auteur : laptite-guimauve
Disclaimer : J.K. Rowling possède tout sauf l'héroine de cette histoire
Genre : Aventure/romance
Rated : M pour les chapitres à venir, mais y a le temps !
Note de l'auteur : L'histoire se situe après le tome 6, mais comme le fin ne me plaisait pas (Dumby pourquoi !) j'ai fait un micmac très libre. Donc Dumbledore est vivant, Harry est toujours à Poudlard et mène la chasse aux horcruxes de front (oui en même temps que les cours, il est très fort). Rogue, toujours égal a lui-même est confronté dés le début à mon héroïne dans une scène que j'avais trop envie d'écrire pour le « fun ». Et c'est de la qu'est partie mon histoire (hé oui très étrange tous ça…). Ah oui, Sirius n'est pas mort, parce que moi je l'aime bien, Sirius. La vous vous dites « mais c'est quoi cette merde ! » et la je répond « mais enfin, c'est un beau foutoir que j'espère très marrant et agréable à lire, si si ! ».
Blabla de l'auteur : bon, ce chapitre est peu être un peu embrouillé mais j'avais terriblement envie de poster quelque chose. L'intrigue avance mes petits amis ! J'espère que mon histoire va rester crédible et intéressante ! Ah ! ça ce met en place tout ça ! Mais que les fans se rassurent (j'ai des fans ?) mon histoire n'en est même pas à la moitié. Comme je m'éclate en l'écrivant, je fais durer le plaisir. Et puis c'est un peu mon bébé cette fic…
Chapitre 11 :
-Gamakitchi !
Kyoko courait à travers le couloir, manquant de renverser des élèves sur son passage. Bon sang ! Où pouvait bien être cette foutue grenouille ? Cela faisait déjà une semaine qu'elle avait invoqué le yokai par erreur. Une semaine qui ressemblait, à s'y méprendre, à un siècle de torture. Kyoko devait supporter les fantaisies du yokai, toutes plus invraisemblables les unes que les autres. Gamakitchi rivalisait d'imagination, il aurait réussi à détrôner Peeve sur le plan des mauvais coups si Kyoko n'était pas là pour le surveiller. Entre les paris lancés aux élèves (l'enjeu préféré du batracien était de faire le tour du domaine sur les mains) et les parties de poker endiablées avec les habitants du château (qu'ils soient fantômes, professeurs ou élèves), Gamakitchi était infernal. Sans compter qu'il s'immisçait dans la vie privée de Kyoko, ne lui laissant que très peu de répit. Seul Rogue réussissait à calmer Gamakitchi. La menace de finir dans un bocal de formol faisait réfléchir le yokai à deux fois lorsque lui et le Professeur se croisaient.
La japonaise croisa Neville, ils se précipitèrent l'un vers l'autre.
-Tu n'aurais pas vu une grenouille, dirent-ils en cœur ?
-Non, firent-ils d'une même voix.
Le comique de la situation leur déclancha une crise de rire. Kyoko reprit difficilement son souffle.
-Neville, je crois qu'avoir une grenouille à charge et la pire chose qui nous soit arrivé à tous les deux, déclara Kyoko avec humour.
-Je suis parfaitement d'accord.
Ils repartirent tous deux de leurs côtés, reprenant leurs recherches.
Kyoko soupira en empruntant un escalier. Cette maudite grenouille ne lui laissait même plus le temps de se concentrer sur les rêves étranges qui ne cessaient de la harceler chaque nuit, depuis quelque temps déjà. C'étaient des rêves sombres et angoissants, comme si des yeux noirs la scrutaient et menaçaient de l'engloutir dans les ténèbres. La jeune femme voyait toujours les mêmes thèmes, les mêmes images revenir en boucle. Cela commençait toujours par des serpents, puis ça dérivait. Elle voyait les visages de Dumbledore, puis celui de Rogue. Mais il arborait une expression qu'elle me lui avait encore jamais vue dans la réalité, c'était la souffrance, la douleur, le remord. Elle ne doutait pas qu'il s'agissait des fantôme du passé de Rogue, un passé lourd, puisqu'il avait été mangemort. C'est alors qu'apparaissait le visage d'une femme, une belle femme rousse aux yeux verts. Kyoko n'avait jamais vu cette femme dans la vraie vie, mais ces yeux, elle était persuadée de les avoir déjà croisés. A ce moment là, elle s'éveillait en sursaut, comme si elle avait échappé de justesse à la noyade. Son instinct de miko la trompait rarement, elle savait que ses rêves étaient annonciateurs de malheurs, mais elle n'arrivait pas à comprendre leurs significations.
Perdue dans ses pensées, Kyoko tourna brutalement à l'angle d'un couloir. Dans sa course, elle percuta une grande silhouette noire. Rogue. Après un grommellement, il tendit la main à la jeune femme pour l'aider à se relever. Elle sentit les larmes lui monter. Ses nerfs menaçaient de lâcher.
-Professeur, dit-elle en lui serrant le bras. Par pitié, dites moi que vous avez vu Gamakitchi. Je lui cours après depuis ce matin… Je n'en peux plus !
-Il vous en fait voir de toutes les couleurs, n'est ce pas ?
Rogue avait abandonné son ton froid et cassant. Kyoko était tellement épuisée qu'elle ne le releva pas. Lui, qui devait supporter une bande de cornichons débiles, compatissait. Il savait qu'il était le seul à pouvoir l'aider dans le cas Gamakitchi, et cela lui prodiguait un sentiment de satisfaction immense.
-Je sais bien que Gamakitchi ne pense pas à mal, murmura Kyoko. Il veut s'amuser. Le problème, c'est que ses jeux tournent souvent à la catastrophe ! Si je ne l'en avais pas empêché, il aurait fait avaler cent aiguilles à des élèves qui lui avaient menti…
-Je vous aide à le chercher ?
-Onegai !
Un imperceptible sourire étira ses lèvres. Il aimait la compagnie de la japonaise, un peu trop peut être. Si bien qu'il songeait souvent à ce que lui avait dit McGonagall… Oui, il devait s'admettre que Kyoko ne le laissait pas indifférent, c'était certain.
C'est au bout d'un quart d'heure qu'ils découvrirent Gamakitchi, titubant dans le couloir menant à la tour de divination. Kyoko se précipita et le saisit d'une main. Un relent d'alcool lui fit froncer le nez.
-Gamakitchi ! Tu empestes le xérès ! Où as-tu encore été traîné ?
-Héhé…hips… J'ai rencontré le Professeur Trelaw…Trelaw…Trelala… heu…Prof qui fait de la divination, tu vois…
-Ce que je vois, c'est que tu es ivre !
-Ah ne cries pas ! J'ai bu quelques petits verres, tous petits, petits… hips…
Il rota bruyamment. Rogue leva sur lui un regard dégoûté.
-C'est répugnant, dit-il.
Kyoko était atterrée et désolée. S'il y avait eu un trou de souri, elle s'y serait engouffrée sans hésitation tant la honte lui brûlait les joues.
-Je vais me réveiller, se lamenta-t-elle. C'est un cauchemar…
-Hé ! Kyo-chan…hips, la prof Trelawtruc, elle m'a raconté des choses super intéressantes… C'est vrai que tu as deux amoureux ?
Le rouge grimpa aux joues de la jeune femme. Kyoko ne savait plus très bien s'il s'agissait de honte ou de colère. Elle explosa :
-Mais tu vas la fermer, grenouille débile !
-Tu es amoureuse ! Amoureuse ! D'un vilain crapaud et d'un prince charmant !
Gamakitchi planta ses yeux globuleux sur Rogue. Ce dernier fit une grimace écoeurée. De quoi parlait cette grenouille ? Pourquoi le dévisageait-il de la sorte ? La grenouille regarda alternativement Rogue puis Kyoko, Kyoko et encore Rogue. Et dans un croassement, il déclara :
-Tu es amoureuse d'un vilain crapaud, Kyo-chan ?
Cette fois-ci, la jeune femme n'y teint plus. Elle serra le poing, coupant la chique à la grenouille et dans un geste rageur, elle lança Gamakitchi par la première fenêtre venue.
-BAKA !
Rogue resta interloqué pendant de longues secondes, il observa Gamakitchi tournoyer dans les airs avant de chuter vers le lac. Sacré lancé de grenouille. Il songea avec humour, que, si la discipline avait été olympique, nul doute que Kyoko aurait remporté l'épreuve haut la main. Son regard se posa sur Kyoko, les mains appuyées sur le rebord de la fenêtre, la respiration saccadée. Il n'y croyait pas, elle avait balancé Gamakitchi par la fenêtre ! Bénie soit cette jolie jeune femme ! Severus Rogue, l'homme le plus antipathique de Poudlard, sentit quelque chose d'étrange dans sa george. Quelque chose qu'il n'avait pas ressentit ou fait depuis bien longtemps. Il ria. D'abord discrètement, puis il éclata littéralement de rire. Un rire chaud, qui venait du plus profond de sa george. Il n'avait pas ri de la sorte depuis le jour où une jolie rouquine avait remballé un arrogant à lunette.
Kyoko se figea en entendant ce rire. Jamais elle n'aurait cru Rogue capable d'émettre un son aussi chaud. Mais, s'il riait ainsi, c'était à cause de son comportement. Un sentiment de honte la submergea. Suivant ce que lui dictait son éducation toute japonaise, elle s'inclina profondément et s'excusa à de multiples reprises.
-Gomenasai. Gomenasai. Gomenasai.
La voyant s'induire en plates excuses, il lui saisit le visage.
-Calmez-vous !
-Je n'ai pas pour habitude d'avoir un tel comportement. Je vous prie de pardonner ma conduite.
Elle se précipita vers la fenêtre et en escalada le rebord.
-Il faut que j'aille chercher Gamakitchi.
Rogue lui saisit le bras et lui fit faire volte face. Il y avait dans les yeux noirs de l'homme, un étrange mélange qui oscillait entre la désapprobation et l'amusement.
-Ça suffit ! Suivez moi.
Il la traîna jusqu'aux cachots. Ils dévalaient les marches si vite que Kyoko manqua plusieurs fois de se prendre les pieds dans les plans de son kimono. Rogue poussa la porte de son bureau. Il montra une chaise à la jeune femme qui s'y assit, non sans se demander ce que lui réservait cet homme. Elle l'observa s'afférer dans ces étagères avec une appréhension non dissimulée. Il lui tendit une tasse d'un liquide fumant à la couleur ambrée. Il s'assit en face d'elle. Elle l'avala en une gorgée, sous le regard sévère de Rogue. La chaleur du breuvage l'apaisa.
-Merci, soupira-t-elle. C'était exactement ce qu'il me fallait… Qu'est-ce, au juste ?
-Darjeeling.
Elle se surprit elle-même de l'effet du thé. Mais peut être était-ce, simplement, le fait de le boire dans le calme qui la soulageait. Pas de batracien qui sautait dans tout les sens ou qui croassait à tout va, bref, le paradis. Rogue remplit de nouveau sa tasse et s'en servit une lui-même. Voilà qu'ils sirotaient un thé ensemble. Kyoko pouffa entre deux gorgées.
-Que vous arrives-t-il, Miss ?
-Vous.
-Mais encore…
-Vous avez ri, dit Kyoko dans un large sourire.
Rogue sentit une étrange vague de chaleur l'envahir. Il était le froid et tyrannique Severus Rogue, il devait se reprendre.
-Le sort que vous avez réservé à cette malheureuse créature, a été, je l'avoue, des plus comiques. Je n'aurais pas fait mieux, dit-il d'un ton un peu plus froid qu'il ne l'aurait voulu.
-Bien sûr. Chasser le naturel, il revient au galop, murmura-t-elle.
Kyoko joua avec sa tasse pendant plusieurs minutes, faisant tourner le liquide ou tinter la cuillère sur la porcelaine. Rogue l'observait. Elle jouait avec sa tasse comme une gamine. S'il n'y avait pas eu ses bestioles en formol derrière elle, il aurait trouvé cette scénette mignonne. Etrange fille, tantôt guerrière froide et cruelle, ne pensant qu'au devoir, tantôt vulnérable et douce. Comme une fleur que l'on aurait empêché de se développer à sa guise. Il se rendit compte qu'elle le fixait dans les yeux. Il ne silla pas. Le fait qu'il ne pouvait utiliser l'occulmancie contre elle lui déplaisait, il ne savait à quel saint se vouer avec elle.
-Parlez moi de vous, dit-elle…
-Pardon ?
-Parlez moi de vous. Je ne sais rien de vous… Sauf que vous êtes un membre de l'Ordre, un espion ex-mangemort en qui Dumbledore a une confiance aveugle…
-C'est déjà amplement suffisant, dit-il froidement.
Il se leva et fit les cent pas. Les bocaux de formol semblaient soudain le fasciner. Il entendit Kyoko soupirer.
-Pourquoi fuyez-vous la compagnie des gens ? Je ne souhaite que vous connaître, dit-elle doucement.
Il la fixa longuement, comme pour peser le pour et le contre. Puis, il céda devant la chaleur des yeux dorés.
-Que souhaitez-vous savoir ?
-Oh, je ne sais pas… Mais, il est évidement que je ne saurais que ce que vous voudrez bien que je sache.
-Cela va sans dire.
-Alors commençons par le début… Quel âge avez-vous ?
Rogue leva un sourcil intrigué. C'était bien la première fois qu'on lui demandait son âge. D'habitude, la première chose qu'on lui demande c'est ce qu'il avait fait sous les ordres de Voldemort. Etrange fille, décidément…
-Trent six ans.
-Hum, vous êtes plus jeune que vous n'en avez l'air. Si vous vous posiez la question, sachez que j'ai vingt quatre ans. Bien, et quand est votre anniversaire ?
Il était déconcerté par l'innocence et l'insipidité des questions de Kyoko.
-Le neuf janvier.
-Cela fait combien de temps que vous enseignez ici ?
-Seize ans.
-Vous êtes devenu Professeur à vingt ans ? C'est vraiment jeune !
-Je salue votre performance en arithmétique, dit-il avec ironie.
Kyoko soupira et posa sa tasse sur le bureau. Elle semblait agacée.
-Bien, puisque mes questions ont l'air de vous ennuyer, passons directement au vif du sujet… Pourquoi êtes vous devenu mangemort ? Pourquoi ne l'êtes vous plus ?
Bon sang ! Qu'est ce qui lui prenait de dire ça ? Elle ne le savait pas, mais elle décida de laisser son instinct la guider. Rogue lui lança un regard glacé. Voilà, il y était maintenant. Même Kyoko lui rabattait ses erreurs passées. Des erreurs qu'il voulait tenter d'oublier, tenter de réparer, bien qu'il sache que c'était parfaitement impossible.
-Cela ne vous regarde pas, dit-il sur la défensive.
-C'est vrai, mais j'ai envie de savoir. Je veux savoir ce que la vie vous a fait pour que vous soyez ce que vous êtes aujourd'hui.
Ils se fixèrent longuement.
-Vous savez, je pourrais très bien obtenir des réponses à mes questions en utilisant mes pouvoirs, mais je ne le veux pas. Ce ne serait pas très loyal envers vous.
-Vous avez peur de ce que vous pourriez découvrir, lança-t-il ?
-Non. Je veux l'entendre de votre bouche, c'est tout.
Il se tenait immobile et silencieux. Kyoko avait conscience qu'elle venait de briser le semblant de relation humaine qu'elle avait réussi à tisser avec lui et cela lui déchirait le coeur. Mais, le visage que lui montraient ces rêves, cette ombre qu'il avait au fonds des yeux, l'ombre d'un passé trop présent, elle voulait savoir ce que cela signifiait. Elle se leva et lui saisit la main.
-Vous avez toujours était attiré par les forces du mal, par le côté noir de la magie occidentale. Je le vois, je le lis au fond de vos yeux sombres.
Severus demeurait immobile. Elle l'enlaça, il ne protesta pas.
-Mes pouvoirs, mon instinct de miko me montrent beaucoup de choses, bien souvent malgré moi. Votre visage parle de lui-même. Votre passé est lourd, c'est ainsi. Je ne veux pas qu'il me soit révélé contre votre volonté. Tout se met en place, je le sens dans l'air, je l'entrevois dans mes rêves et vous y êtes présent.
Le prix de cette étreinte était des révélations sur un passé qui avait été le drame de sa vie. Drame qui le minait de remords. A son tour, il serra Kyoko dans ses bras, aussi fort que les remords lui enserraient le cœur. Elle le comprit, elle ne dit rien et attendit. Il sentait qu'il pouvait un peu relâcher ses défenses avec la jeune femme. Il ne s'était pas comporté comme ça depuis bien longtemps. Rogue se souvenait comme si c'était hier de ce triste soir d'octobre, il y a seize ans. Ce soir là, il s'était montré plus vulnérable que jamais, Dumbledore en avait été témoin. C'était également la dernière fois qu'il avait explosé de chagrin comme un humain digne de ce nom. Comme il s'était haï ce soir là, comme il aurait souhaité être mort. S'il avait à refaire, jamais il ne serait devenu mangemort. Il aurait renoncé à son attirance pour des actions aussi détestables, renoncé à la magie noire, renoncé au semblant de gloire qu'il croyait atteindre à l'époque. Il n'avait été qu'un jeune imbécile. Lily…
-Oui, j'ai été un mangemort. J'étais attiré par la magie noire et par la gloire que promettait le Seigneur des Ténèbres. Mais, mes actions ont condamné trop de gens. Je m'en suis rendu compte et j'ai quitté les mangemorts.
Ces phrases avaient franchies ses lèvres sans qu'il s'en rende compte.
-Vous vous êtes rendu compte de vos erreurs, mais trop tard.
Soudain, elle distingua l'ombre dans ses yeux très clairement. C'était celle de la femme rousse qu'elle voyait en rêve.
-Des gens… Des gens que vous connaissiez, n'est-ce pas ? Une femme que vous…
-Cela suffit !
Il se dégagea vivement de Kyoko. La rage s'empara de lui. Il s'appuya sur son bureau et lui lança un regard froid. Comment pouvait-elle savoir cela ? Etait-ce ses pouvoirs de miko ? Kyoko ne se laissa pas impressionner par la colère froide qui agitait le Professeur. Ils s'observèrent en silence.
-Je suis désolé, finit par dire Kyoko. Je sais ce qu'il vous en a coûté de me dire cela. Aussi je n'insisterais pas. J'espère que vous ne m'en voulez pas.
Elle tourna les talons.
-Merci pour le thé.
D'un mouvement il fut sur elle et lui attrapa violement le bras. La colère agitait ses trais. Il l'agrippa par les épaules et la secoua sans ménagement.
-Comment savez-vous ? Pour cette femme ! Comment savez-vous ?
-Vous me faites mal, cria-t-elle !
Il relâcha son emprise. Le cri de douleur la jeune femme semblait l'avoir fait revenir à lui. Il s'en voulait un peu d'avoir saisit Kyoko de la sorte. Son sursaut de colère se dissipa un peu. Si quelqu'un d'autre avait entrevu son secret, il l'aurait sans doute réduit en charpie, mais pas Kyoko. Elle, c'était différent.
-Un souvenir habite vos yeux, lui avoua Kyoko. Je l'ai vu là, et dans mes rêves aussi. Derrière l'ombre de vos yeux noirs, j'ai vu cette femme. Une belle femme rousse. Elle… ou quelque chose lié à elle… aura une importance capitale dans les évènements à venir…
Kyoko secoua frénétiquement la tête.
-Pardon. C'est trop tôt. Il faut que j'attende un peu avant de tirer des conclusions hâtives de mes rêves. Peut être est-ce juste la fatigue après tout…
Elle s'inclina.
-Désolé si je vous ai offensé.
Un silence s'installa entre eux. Rogue était retourné à son bureau, il était appuyé contre le bois du meuble. Kyoko le regarda un long moment avant d'oser :
-Cette femme… vous l'aimiez, n'est-ce pas ?
Il releva lentement la tête vers elle. Son visage était impassible, mais l'éclat au fond des yeux noirs le trahissait. Kyoko eut un faible sourire. Avait-il un passé plus lourd encore qu'elle ne l'avait cru ? Seul le temps et la patience lui donneraient des réponses, car elle refusait d'utiliser ses pouvoirs pour en savoir plus pour lui. Sans qu'elle puisse dire pourquoi, cela la gênait.
Quelqu'un frappa à la porte et entra. C'était Harry. Il fut très surpris de trouver Kyoko dans le bureau du Professeur de Potion, et c'était réciproque. La jeune femme le regardait, aussi surprise que lui.
-Harry ! Que fais-tu ici ?
-Potter est en retenue avec moi, Miss, dit la voix lente et froide de Rogue.
Kyoko se tourna vers lui. Il avait déjà repris contenance et ne laissait rien transparaître, comme si leur conversation n'avait jamais eu lieux. C'était comme si l'homme bouleversé qu'elle avait entrevu n'avait jamais existé. Rogue était décidément maître de ses émotions. Il n'y avait que lorsqu'il était seul avec elle qu'il acceptait de se dévoiler un peu. Ou peut être était-ce involontaire ? En tout cas, il était très fort à ce jeu là s'il réussissait à berner le Seigneur des Ténèbres. Quel homme surprenant, pensa Kyoko.
-Bien, je vous laisse alors… J'ai une grenouille à chercher.
Elle se dirigea vers la porte et s'approcha de Harry. Elle lui glissa un « bonne chance » à l'oreille. Avant qu'elle n'atteigne la sortie, le gryffondor la rattrapa.
-Kyoko, j'ai quelque chose pour toi, dit-il en fouillant dans sa poche.
Il en extirpa une grenouille trempée et ivre morte. Kyoko prit la créature dans les mains et l'observa. Elle fronça le nez avec dégoût. Gamakitchi sentait la vase et la vinasse. Elle adressa un regard reconnaissant et désolé à Harry.
-Merci de l'avoir retrouvé, Harry.
-Pas de problème. Mais, je l'ai retrouvé flottant sur le ventre, sur le lac… Il s'est passé quelque chose ?
-Miss Suméragi l'a jeté par la fenêtre, dit la voix froide et traînante de Rogue. Si vous avez terminé votre charmante petite entrevue, peut être pourrions nous passer à votre retenue, Monsieur Potter ?
Kyoko comprit qu'elle devait partir. Elle jeta un dernier regard à Rogue, ses trais étaient impénétrables. Elle referma la porte derrière elle. La jeune femme se perdit alors dans ses pensées, elle empruntait les escaliers et les couloirs sans vraiment regarder où elle allait. Elle était un peu perdue avec ses rêves et elle espérait ne pas s'être brouillée avec Rogue.
-Juste au moment où je l'entendait rire, soupira-t-elle appuyée sur le rebord d'une fenêtre.
-Tu as dit des choses méchantes au vilain crapaud, Kyo-chan, dit Gamakitchi qui se hissait sur son épaule ?
-Si tu parles de Rogue, commença Kyoko…
-Tu penses comme moi, dit Gamakitchi avec un sérieux inhabituel. Cet homme est étrange, tourmenté… Tu fais des rêves en ce moment n'est ce pas ? Je t'entends remuer dans ton sommeil. Moi, ce dont je suis sûr, c'est que Severus Rogue aura un grand rôle à jouer dans peu de temps… Aussi bien dans l'avenir du monde sorcier que dans ta vie, Kyo-chan. Si tu as des soucis avec tes rêves, parles en avec Dumbledore. Ce gaijin est de bon conseil…
-Mate ! Comment ça, Rogue va jouer un grand rôle dans ma vie ?
Mais Gamakitchi dormait déjà sur son épaule, cuvant son vin. Kyoko lui jeta un regard glacé. S'endormir dans un moment pareil, pour une fois qu'il ne racontait pas des bêtises plus grosses que lui.
-Baka gama, murmura Kyoko.
Elle regardait la neige tomber doucement sur le parc du château. Noël approchait à grand pas.
