Bonjour à tous,

Merci encore de nous suivre. La Guerre continue et se fait sur tous les fronts. J'espère que cela vous plaira toujours autant et je vous donne rendez-vous le 1er novembre. Bonne lecture Craft.


Chapitre 10 : Triche silencieuse et bataille achevée.

A quelques kilomètres de là, Trafalgar Law était confronté à un autre problème.

Cela faisait seulement une journée que son seigneur était parti en mer et il avait réussi à tout perdre.

Il s'était installé comme à son habitude à l'intérieur de son cabinet quand un homme recouvert de sang était entré avec fracas dans la pièce. Il s'était précipité vers ce soldat pour lui prodiguer des soins mais au lieu de ça, son vêtement avait été agrippé par les mains ensanglantées de l'homme et des mots avaient été soufflés.

« Des intrus…, il y a des intrus. …Ils se sont infiltrés durant le changement de garde. …Ils sont nombreux. »

Peu après ça, l'homme s'était évanoui, laissant à Law la responsabilité de repousser l'ennemi et de protéger les hommes restants.

Sorti en trombe, il avait accouru vers les soldats des étages supérieurs et donnants rapidement des ordres et la menace qui pesait sur eux, Law avait agrippé son sabre et était redescendu.

Il ne laisserait personne prendre ce que son seigneur avait mis si longtemps à bâtir. Il ne laisserait personne détruire ne serait-ce qu'une partie de cette demeure et ne laisserait en aucun cas plus d'hommes mourir. Il les protégerait…, tous s'il le fallait mais, il ne voulait pas voir le sang de ses hommes repeindre les murs !

Exécutant un adversaire de sang-froid, il ne connaissait pas l'auteur de cette action mais il ne tarderait pas à le découvrir et une fois cela fait, il le lui ferait payer. …Il lui ferait regretter et le donnerait en pâture à son seigneur.


Il pleuvait, encore et toujours. C'était une sorte de ritournelle ou d'image perpétuelle.

Il faisait nuit noire et ce pauvre croissant de lune n'éclairait rien si ce n'était les épais nuages qui traversaient l'île de part en part.

Ils avaient beau avoir quelques minutes de répit entre chaque adversaire, l'épuisement était là. Il était chiant et en même temps normal mais il n'était pas le bienvenu.

Posant pied à terre, Shun et ses hommes devaient combattre leurs adversaires qui les avaient fait tourner en bourrique sur l'eau.

Pendant une bonne partie de la nuit, le seigneur de Tortuga avait été éloigné de l'île et maintenant sur celle-ci, il transformait un peu plus les bâtiments en scène d'horreur.

Il avait ordonné à cinq de ses six bateaux de rester en mer pour prévenir d'une éventuelle menace et à son dernier, d'accoster et d'éliminer les ennemis restants.

Esquivant le coup, Shun recula d'un pas ou deux et percutant le dos de quelqu'un, un bref coup d'œil lui suffit à reconnaitre l'homme derrière lui.

Souriant légèrement, les deux alliés blessèrent leur cible en même temps et revenant dos à dos, c'était une sensation étrange mais bonne qui se jouait en eux.

Ils avaient beau être aux prises avec des assassins, savoir que l'autre protégeait ses arrières était rassurant –voir même apaisant-.

Deux autres hommes tombèrent et relâchant un instant la pression sur ses épaules, Shun se permit de s'appuyer sur son vis-à-vis, histoire de reprendre son souffle.

Sentant cela, Dracule ne bougea pas. Il laissa la pluie abîmer un peu plus ses vêtements –autant que le sang- et prit le temps de respirer.

- Ne prenez pas de risque inutile, Shun. Murmura d'une voix plus grave qu'à l'ordinaire l'homme à la large épée.

- Je vous retourne le conseil, seigneur Dracule. …Avez-vous des informations sur l'emplacement de Crocodile !?

- Malheureusement, rien.

- Il se cache comme les rats. Pesta Shun en resserrant le pommeau de son épée.

- Il ne peut être que là informa Dracule en pointant de sa lame, le seul bateau flottant près des rochers qui bordaient son île.

- Ce bateau n'était pas là tout à l'heure !

- Je dois le reconnaitre, Sir Crocodile a étudié mon île avec minutie et il a dû découvrir certaines grottes méconnues des étrangers pour pouvoir se mettre à l'abri d'une quelconque attaque.

- …Nous l'aurons. Ordonna Shun en repartant à l'attaque.

Les mots furent acquiescés et retournant lui aussi à la charge, Mihawk était sûr de s'être allié avec un homme extraordinaire.

Rien ne pouvait entraver sa volonté de victoire et c'est ce qu'il aimait. Se protégeant mutuellement des éventuels assauts, les deux seigneurs se complétaient étrangement bien et approuvant cela, Zoro non loin de là, se permit de s'éloigner un peu plus et de tuer le moindre adversaire en fuite.

Certes, les éléments ne lui facilitaient pas la tâche pour trouver son chemin mais qu'importe la pluie ou le vent, il ramènerait à son seigneur celui à l'origine de tout !

Et il allait se faire une joie de le combattre avant de le lui livrer… .


Appuyé contre une colonne pour reprendre son souffle, Law écoutait les voix qui arpentaient les couloirs et les recoins de cette demeure.

Sur ces adversaires, il n'y avait aucun signe distinctif, rien qui les rattachaient à un quelconque seigneur et pourtant, ils devaient bien être dirigé par quelqu'un et il espérait se tromper en pensant au seigneur Doflamingo.

Son maitre l'avait bien averti de son mauvais pressentiment mais, il ne pouvait y croire. Donquixote Doflamingo n'était pas un lâche qui s'attaquait à une île quand celle-ci était affaiblie par un manque d'effectif et de seigneur, n'est-ce pas !? …Non, c'était impossible, la menace devait être tout autre.

Voyant des ombres voyager ici et là à l'étage, l'ébène remonta de justesse sa lame et arrêtant un assaut qui aurait pu lui trancher les entrailles, il se lança de nouveau dans la bataille.

Il tiendrait le temps qu'il faudrait. Peu importe son endurance traitresse ou sa fatigue dissimulée, il devait tenir. ….Jusqu'à ce que son seigneur revienne ou jusqu'à ce que ses ennemis soient tous anéantis.

De nouveau à découvert, il aida l'un de ses alliés à se mettre à l'abri.

Recouvert de sang, Trafalgar était vêtu d'un manteau rouge et son visage d'éclaboussures ennemies. C'était un joli tableau pour ceux qui aimait cette vision de lutte acharnée et de combattivité à toute épreuve.

Néanmoins, les opposants continuaient d'affluer en masse et le noiraud n'en voyait pas le bout.

Encerclé d'un tas d'hommes différents, Law commençait le nettoyage à l'aide de son sabre affuté et habitué au gout du sang.

Ce qu'il n'entendait pas par contre, c'était ce bruit de pas régulier et chantant. Ce bruit qui pesait étrangement dans ces couloirs. …Une sorte de démarche pleine d'assurance mais aussi pourvue d'une incroyable noirceur.

Protégeant par instinct un autre des gardes, Law se retrouva acculé dans un coin et agitant le fourreau de son Nodachi qui lui servait aussi d'arme, un soupir se montra, signe qu'il voulait en terminer au plus vite.

- Je ne pensais pas qu'à toi seul, tu montrerais autant de résistance.

La voix résonna et un silence se montra. Un silence lourd et respectueux.

Fronçant les sourcils et toujours en garde, Law posa son regard plus loin dans la pièce et apercevant un manteau rose, ses mains se resserrèrent sur ses armes.

La voici enfin, la cause de tout. Pinçant sa lèvre, il aurait dû prendre plus au sérieux les réflexions de son seigneur… maintenant il était trop tard.

Se redressant légèrement, Law mit un homme de Doflamingo en joue et fixant ce blond, il éleva la voix à son tour.

- Je ne pensais pas qu'un seigneur de votre envergure attaquerait en traitre.

- …C'était l'occasion rêvée, non !? Ton seigneur disparu avec une partie de ses troupes, qui pourrait m'empêcher de m'emparer de cette terre. Sourit Doflamingo en continuant d'approcher.

- Je ne vous laisserais pas faire. Siffla Law.

- Cela va de soi et tu es plutôt bon sabreur mais mes projets sont un peu différent vois-tu. Certes je pourrais accéder au trône de cette façon mais, tuer ton seigneur une fois de retour serait nettement plus difficile, il aurait un avantage certain sur moi. Alors que dirais-tu de me suivre gentiment !? Proposa le blond en épiant la réaction du plus petit.

- Jamais de la vie.

- Tu vas pourtant le faire. …Tu es médecin n'est-ce pas et tu n'aimerais pas que ces hommes perdent la vie simplement parce que tu refuses de faire ce petit sacrifice de ta personne. Chantonna Doflamingo en claquant des doigts pour faire apparaitre des hommes en mauvais état, pris en otages par ses propres subordonnés.

Une dizaine d'hommes se retrouvèrent à genoux, blessés et attachés.

Serrant la mâchoire et ses armes, Law ne pouvait se permettre plus de perte. Ce n'était pas quelque chose qu'il envisageait mais… le suivre n'était pas non plus une solution. …Ce n'était pas- ou peut-être que si finalement.

- Si je vous suis, vous ne tuerez plus personne !? Grinça des dents ce chirurgien en proie à une intense réflexion.

- Evidemment. Je n'ai besoin que de toi.

- Monsieur Law, ne faites pas ça ! Ne le laissez pas faire, il- argh ! Un coup au niveau de la nuque et l'homme qui se rebellait et donnait son opinion s'évanouit.

- Alors que choisis-tu !? L'exécution pour ces hommes ou ta capture !?

Détournant le regard, Trafalgar manqua de vigilance et un premier coup dans ses côtes se fit sentir. Ensuite se fut son estomac, son ventre puis son crâne.

L'arcade ouverte de ce coup et plié en deux, un dernier homme le poussa à terre et le bloqua sur le sol.

Gémissant, le noiraud entendait des pas approcher et quand ses paupières se levèrent, il tomba nez à nez avec ce blond qui lui agrippait les cheveux et le contorsionnait dans une position impossible.

- On va s'amuser maintenant, très cher docteur. Attachez-le et embarquez-le, on s'en va.

Les dernières consignes de Doflamingo entendues, Law sentit un coup sur sa nuque et perdant connaissance, sa dernière pensée fut pour son seigneur.

Il regrettait. Il ne s'était pas montré à la hauteur de son maitre et maintenant, il se faisait trainer vers une destination inconnue. Il était faible. Faible et incapable de protéger quiconque. Incapable et apportant des problèmes à son maitre.


A l'horizon, un mince filet de lumière se montrait.

L'aube se levait et les combattants pataugeaient toujours dans le sang et la pluie. Maintenant débarrassé des sbires de Crocodile, Mihawk faisait face au bras droit de celui-ci.

Daz était un homme fort et féroce. Un homme qui ne se laissait pas abattre facilement. Et pendant que l'homme aux yeux de faucon faisait face à son ennemi, Shun et Zoro cherchaient désespérément ce seigneur fuyard.

Les épées s'entrechoquaient et les rires se montraient du côté de Daz. C'était amusant de se battre contre un seigneur ignorant. Amusant et divertissant.

Alors pour voir une réaction encore plus risible, le bras droit de Crocodile dévoila une information essentielle. Une information qui changeait la donne.

- Seigneur Mihawk, pensez-vous vraiment pouvoir mettre la main sur mon maitre !? Demanda tout à fait sérieusement l'homme au crâne rasé.

- Sans aucun doute et une fois cela fait, il paiera.

- Alors sachez cela, Seigneur Crocodile ne se trouve pas ici. Pensez-vous réellement qu'il allait mettre en danger la vie de sa fille aussi pleurnicharde soit-elle !? …Il se trouve déjà loin.

A cette information, un tic nerveux se montra sur le visage de Dracule qui asséna un coup plus puissant que les autres à son adversaire. Il ne pouvait y croire mais si tel était le cas alors il le traquerait !

Frappant fortement son adversaire, il fit reculer Daz plus loin qu'il ne l'aurait voulu et approchant le futur cadavre, une dernière question se fait.

- Pourquoi me dire cela !? Gronda Mihawk.

- Parce que vous voir vous débattre pour rien est amusant.

Chargeant son attaque, le seigneur de Lugubria ne rata pas sa cible et s'il le projetta et le blessa mortellement –de ce qu'il crut-, un froncement de sourcil continua de se faire.

Posant une main sur son ventre entaillé de part en part, Daz crachait du sang mais apercevant son échappatoire non loin de là, un sourire naquit.

Accourant vers le dernier bateau resté à quai qui amorçait son départ, le bras droit de Crocodile fut récupéré par ses alliés.

- Je suis persuadé qu'on se reverra très bientôt Seigneur Mihawk !

Saluant le noiraud d'un bref signe de main, il fit rager Dracule qui décapita un muret en mauvais état. Pestant et maudissant les ordures qui avaient osé l'attaquer, il se reprit et planta son épée à même le sol.

La pluie continuait de ruisseler sur lui et serrant les poings, il leva les yeux au ciel pour fixer celui-ci. C'était sans doute une bonne chose –la fuite de l'autre- mais, il aurait aimé le frapper, le démembrer et lui faire payer.

La seule chose de positive dans tout ça, c'est que le crochet avait eu la jugeote d'éloigner sa fille de ce massacre, de ne pas la confronter à une horreur qu'il avait créé.

Puis attrapant son poignard, il termine un homme venu l'attaquer par derrière.

- Shukun !

- Ah Zoro… soupira Dracule en se tournant d'un quart pour faire face à son second.

- Il n'y a aucune trace du seigneur Crocodile. J'ai fouillé les alentours et chaque bateau mais je n'ai rien trouvé. Informa le Roronoa en abrégeant les souffrances d'un homme à terre.

- Il s'est enfui. Cela fait un moment qu'il a déserté la bataille… .

- Tout s'explique donc. Je trouvais cela étrange qu'un homme aussi m'as-tu-vu que lui ne se montre pas une seule seconde pour se vanter ou provoquer. Intervint Shun qui marchait doucement vers ses amis.

Fronçant les sourcils et ébloui par le soleil qui s'échappait des nuages sombres, Dracule pestait.

L'histoire ne pouvait pas se terminer ainsi, il ne pouvait pas le laisser s'en tirer si facilement même s'il avait pris de nombreuses vies. Même s'il avait réduit son effectif de trois quart… il ne pouvait tout simplement pas en rester là !

- Seigneur Mihawk, ne devrions-nous pas inspecter la ville à la recherche des derniers hommes de main de Crocodile. Proposa Shun pour faire réagir son ainé.

- Nous devrions effectivement. Zoro ratisse la ville, fait prisonnier ceux que tu trouves et aide les villageois en difficulté que tu peux croiser.

- Bien, Shukun. Le vert disparu rapidement après un léger salut et laissa les deux hommes seuls.

La pluie avait cessée. Les flaques d'eau se mélangeaient aux sangs et si tout s'écoulait dans les égouts de la ville, l'odeur âcre et le gout amer en bouche ne partait pas.

Rangeant son épée après avoir essuyé sa lame, Dracule se tourna vers son cadet et le fixa longuement. Il était heureux de l'avoir eu à ses côtés, heureux de se battre avec lui et d'avoir pu voir à quel point il était talentueux –pas autant que lui- mais son agilité était sa force.

- Vous êtes blessé, Shun. Constata l'ébène en s'approchant de l'autre et en effleurant cette joue.

- Une simple égratignure, rien de plus. Et vous !? Est-ce que tout ce sang vous appartient !?

- Non. …Nous devons porter secours aux habitants et neutraliser les derniers hommes de Crocodile. …Voulez-vous bien m'aider dans cette tâche, Shun !?

- Evidemment, Seigneur Mihawk. S'exclama Shun en retirant des saletés dans les mèches de jais de Dracule. Une chose inutile et idiote mais qui faisait plaisir à l'un comme à l'autre.

- Merci pour tout. Sans vous et vos hommes cette île aurait été perdue.

- Je ne crois pas… vous autres, habitants de Lugubria êtes remplis de ressources, vous auriez réussi à les repousser.

- …Nous ne le saurons jamais.

Regardant les alentours avec empathie, Dracule remercia une dernière fois ce seigneur à ses côtés en s'inclinant légèrement et regardant le soleil s'élever dans le ciel…, il était maintenant tant de remettre de l'ordre dans cette ville.

Des jours et des jours seraient nécessaires pour reconstruire ce qui avait été détruit, mais pour l'heure, ils devaient tous faire de leur mieux pour aider les blessés de ce carnage qui aurait pu être évité.


L'ayant trainé derrière lui sur de longs mètres et durant des minutes entières, Bellamy avait ensuite jeté son paquet à l'intérieur d'une pièce. L'avait attaché de façon à ce qu'il soit contre un mur et avait ri de son colis.

Les mains dans le dos –tenu par des menottes qui elles-mêmes étaient agrippées au mur- et les pieds ligotés, Trafalgar Law aurait eu du mal à s'échapper à son réveil.

Le visage couvert de sang séché, des ecchymoses se dessinaient doucement sur son corps et appelant son seigneur, Doflamingo se montra et frappa ce corps.

Son petit prisonnier devait se réveiller maintenant, il avait des questions à poser, des choses à connaitre et peut-être qu'un peu de torture serait nécessaire et cette possibilité l'enchantait –pas trop, il ne voulait pas se mettre à dos le seigneur Shun- juste ce qu'il fallait pour que les mensonges ne soient pas de la partie.

Derrière lui, une jeune femme se montra. Ecœurée par les actions de son père, elle plaignait le prisonnier. …Son père était prêt à tout pour obtenir ce qu'il voulait et personne ne lui tenait jamais tête assez longtemps.