Coucou tout le monde !
Merci à vous quatre : Ingrid, Amazing-Destiny, Rosa020 et Coralie91 de vos reviews !!!
Initialement, j'avais prévu de mettre le chapitre 9 en entier en ligne ce soir. Sauf que j'ai eu quelques contretemps durant le week-end, ce qui fait que je n'ai pu corriger qu'une partie du chapitre ce soir. Néanmoins, j'ai décidé quand même de la mettre en ligne pour ne pas vous faire attendre plus longtemps. J'essaierais de mettre la fin demain dans la soirée, si j'ai le temps de la corriger. Voilà ! Et rassurez-vous, les ennuis ne vont plus tarder à arriver !
Bonne lecture !!!
Chapitre 9.1
Rose, les doigts entrelacés à ceux de son compagnon le Docteur, secouait ses jolies boucles blondes en écoutant les chamailleries des deux hommes. Ce qu'elle avait craint pour Jack était arrivé. On ne touchait pas au fruit préféré du gallifréen sans son autorisation. Il ne pardonnait pas un tel acte. Plus particulièrement de manger la dernière banane qui restait sans avoir déguster celle -la plus importante de sa journée- de son petit-déjeuner. Elle avait observé un Jack, la banane du crime entamée dans sa main, se ratatiner sur sa chaine face à un Docteur qui le foudroyait du regard. Celui-ci s'était alors précipité hors de la cuisine vers la salle de contrôle pour matérialiser le Tardis dans un endroit bien spécifique. Et ce sans prendre le temps d'avaler son thé, au plus grand désespoir de la jeune femme.
Et de cause à conséquence, le vaisseau avait fait son apparition dans un endroit très cher à son compagnon. En ce lieu qui était vivement réputé dans tout l'Univers pour sa... bananeraie ! Villengard ! Rien que ça ! Hé oui, Môssieur était venu refaire ses stocks de son petit pêché mignon ! C'est ainsi qu'après quelques bananes englouties, Jack -cédant jusque-là à tous les caprices du gallifréen- se retrouvait à porter une pile de caissettes dans les bras tellement haute et branlante qu'elle menaçait de tomber à chacune de ses respirations. La jeune femme n'avait pu qu'assister amusée à ce spectacle que donnait les deux hommes, soupçonnant fortement son compagnon d'avoir pris ce prétexte au pied levé pour faire une pause, une parenthèse, avoir un moment de paix après l'orage qu'elle avait déclenché.
- Jack, grimaça le Docteur alors que la pile si précieuse à ses yeux venait de tressaillir. Faites plus attention...
En réponse, le Capitaine poussa un juron qui se perdit dans sa barbe. Rose soupira. Ils n'avaient cessé de se quereller sur tout le long du chemin. Et inutile de préciser que tous ceux qui les croisaient les dévisageaient comme s'ils assistaient à un spectacle de foire. Le seul moment à peu près calme entre eux fut quand le Docteur avait eu son attention portée sur autre chose que Jack, car entouré par toutes les variétés de bananes cultivées, il n'avait su où donner de la tête. Le Capitaine ne voyant pas où il mettait les pieds, buta sur un caillou et la pile en trembla d'effroi.
- Jack ! Tonna une énième fois le gallifréen.
- Vous n'avez qu'à les porter vous-même vos maudites bananes, Docteur ! Grogna Jack. D'ailleurs ne dit-on pas que l'on est jamais mieux servit que par soi-même !
Il s'arrêta et déposa le précieux chargement du gallifréen sur le sol.
- C'est votre châtiment pour m'avoir fait une telle offense ! Répliqua le Docteur.
Rose leva les yeux au ciel alors que les deux hommes recommençaient de plus belle à se chicaner tel deux frères. Et c'était reparti pour un tour ! Deux gamins ! Bientôt, elle devrait les séparer et les punir en les mettant chacun dans leur coin pour qu'il se calme l'un et l'autre.
- Ce n'est pas bientôt finit votre manège ! S'exclama la jeune femme en coupant net leurs chamailleries.
- Mais...
Elle lança un regard intimant à son compagnon de ne pas rajouter un mot de plus et croisa les bras sur sa poitrine. Jack eut un sourire complice, heureux qu'elle prenne son parti. Sauf qu'elle lui jeta le même regard furibond qu'au Docteur. Les deux hommes se retrouvèrent soudainement bien penaud, la tête baissée, les mains derrière le dos, fixant obstinément le bout de leurs chaussures comme des gosses pris en faute.
- Votre petit cirque ne m'amuse plus du tout !
- Mais Rose, tenta Jack de se défendre avec un regard presque larmoyant qui était bien entendu de la comédie, c'est lui qui a...
- Cela n'est complètement égale de savoir qui de vous deux a bien pu commencer !
Le Docteur lança à Jack un regard goguenard. Rose leva une nouvelle fois les yeux au ciel, désespérée par leur comportement. Elle savait qu'il s'était retenu à grande peine de tirer la langue au Capitaine. Mais ils avaient quel âge à la fin ?
- Vous allez tous les deux prendre chacun la moitié des caisses pour aller les ranger dans le Tardis ! Fit-elle d'un ton sans réplique. Et sans protestations bien entendu !
Les deux hommes grimacèrent devant une Rose intransigeante.
- Et tout de suite ! Leur ordonna t-elle.
Ils soupirèrent en même temps. Et ils obéirent aux ordres. Comme toujours. Ils se partagèrent et soulevèrent chacun leur moitié de la pile dans les bras avant de prendre la direction du Tardis en trainant les pieds et grognant chacun à leur tour sur la punition qu'ils venaient de récolter. Ils s'échangèrent un regard complice lorsque Rose, satisfaite d'avoir réglé le problème, leur tourna les talons.
- Notre Rose Tyler est bien de retour ! Déclara Jack en souriant de toutes ses dents.
*** ***
La jeune femme assise sur un des petits murets bordant la place principal de Villengard offrait son visage aux doux et caressants rayons du soleil. Une légère brise faisait chanter les feuilles de l'énorme cerisier -millénaire- en fleurs qui selon la légende avait été planté par une louve dorée étincelante de lumière donnant un nouveau souffle de vie à cette terre. Depuis les habitants considéraient la vie comme une beauté éphémère qui était magnifique mais tellement fragile et si courte à la fois un peu comme la fleur de cerisier. Pourtant si l'arbre millénaire tenait une place importante, représentant toute la philosophie, l'état d'esprit de tout un peuple, les bananiers leur étaient tout aussi précieux.
Villengard n'était pas une ville à proprement parlé, ni une grande cité, mais était constituée d'un ensemble de petits villages disséminés de part et d'autres prés d'un océan, tous reliés les uns aux autres par des chemins tordus. Les champs tout autour se paraient d'une multitudes de couleurs chatoyantes embaumant l'air de parfums sucrés. Un peu plus plus haut, sur un massif montagneux se trouvait un dôme de verre courant sur plusieurs kilomètres étincelant sous l'éclat du soleil. Il accueillait en son sein une immense forêt de bananiers dont le tout premier plant avait été mis en terre par le Docteur, après la destruction de l'usine d'armes qu'avait abrité Villengard autrefois. Ce que Rose avait toujours dû mal à croire face à l'émerveillement qu'elle éprouvait à chaque fois qu'elle sortait du Tardis pour découvrir les beautés de ce monde qui avait tant à offrir que ce soit à la vue, à l'ouïe, au toucher, ou bien à l'odorat. Et tout cela grâce à un passage remarqué du Docteur, pensa t-elle amusée. Depuis les bananiers avaient poussés devenant ainsi les témoins muets d'un histoire, veillant les générations successives d'un peuple à la diversité et alliance raciale extraordinaire.
La jeune femme adorait venir ici passer la journée en compagnie de son compagnon. Une certaine fièvre habitait Villengard. Celui lui rappelait les premiers jours du printemps sur Terre chassant ce sentiment de mélancolie, de déroute et de tristesse qui accompagnait toujours l'hiver. Elle avait toujours aimé les premiers signes qui marquaient la fin de l'hiver : les pépiements des oiseaux, l'apparition des bourgeons de verdure et les rayons du soleil qui enfin chassaient les nuages gris réchauffant ainsi son cœur d'une douce chaleur.
Rose chassa de sa main une de ses mèches que la brise faisait danser devant ses yeux alors qu'un nuage de fines pétales d'un blanc presque pur teinté d'un rose très pâle la chatouilla en passant près d'elle.
- Cet endroit est devenu magnifique... cela faisait bien longtemps que je n'y avais pas mis les pieds...
La jeune femme se retourna pour constater que c'était Jack. Elle lui sourit alors qu'il s'asseyait à ses côtés sur le muret.
- Où est mon Docteur ?
Jack rit légèrement à l'entente de ce « mon Docteur » qui le surprenait toujours, puis lui fit signe de regarder vers l'énorme cerisier. Un air plein de tendresse se dessina sur le visage de la jeune femme en apercevant la scène. Son compagnon était encerclé de pas moins d'une bonne vingtaine d'enfants tous assis en tailleur captivés par l'histoire qu'il racontait avec un ensemble de mimiques qui lui était si caractéristique. À chacune de leur visite, c'était la même chose.
- On venait te rejoindre lorsque les gamins l'ont encerclé avant de l'entraîner sous l'arbre.
- C'est un rituel, expliqua t-elle. Entre les enfants et lui.
Un rendez-vous que le gallifréen ne manquerait en aucun cas. Il n'attendait même que ça dès qu'il sortait du Tardis, que les gosses viennent le chercher, l'entraîner sous le cerisier et le prier de leur raconter une de ses nombreuses histoires farfelues. D'ailleurs, la plupart du temps, assise parmi les enfants, elle était elle-même comme eux suspendue aux lèvres de son Docteur. Ce dernier adorait les enfants qui le lui rendaient si bien, l'illuminant de l'intérieur. Lui prouvant aussi qu'il n'apportait pas que la destruction, le mal sur son passage comme il le pensait trop souvent.
Et puis, il avait beau avoir plus de neuf cent ans, au fond de lui, ce n'était encore qu'un gamin. Un gamin qui avait dû grandir trop vite en rencontrant la brutalité de la réalité, du monde qui l'entourait. Malgré une mère qui l'avait chéri et choyé d'un amour et d'une tendresse sans nom, il avait dû s'armer d'une carapace pour se protéger des autres. Toujours si seul, si isolé des autres. Tout au long de sa vie, il avait dû se battre pour trouver sa place. Tout ça à cause de ses origines parce qu'il était notamment le fruit d'une union interdite et qu'il représentait aux yeux des siens une offense à la prétendue pureté de sang de leur race.
- Rose ?
- Jack ?
Rien qu'au ton hésitant du Capitaine, elle savait qu'il souhaitait lui demander quelque chose sur le Docteur et elle.
- Qu'est-ce que tu veux savoir ? L'interrogea t-elle.
- Qui de vous deux as provoqué l'étincelle ? Lança t-il après quelques secondes d'hésitation.
- Tu es soudainement bien curieux Jack, lui répliqua t-elle taquine.
- Oui, c'est vrai alors que cela ne me regarde pas vraiment. Je suis désolé...
La jeune femme sourit davantage devant l'air embarrassé de l'ancien agent du temps car il était difficile de le mettre et si rare de voir mal à l'aise. Néanmoins, elle décida de lui répondre, n'ayant nullement envie de laisser planer le mystère. Parce tout simplement, elle était fière que ce soit le Docteur qui ait fait ce fameux pas vers elle afin d'abattre ce mur qu'il avait érigé entre eux, derrière lequel ils étaient restés tant de temps à juste s'observer, faisant enfin disparaître la distance qu'il avait imposé. Fière qu'il lui ait chuchoté ces trois petits mots dans le creux de son oreille et d'être ainsi celle qui avait cette place si spéciale dans sa vie.
- Lui.
Jack Harkness en resta tout simplement bouche bée face à cette révélation. Il avait toujours cru que ce serait Rose qui aurait fait le premier pas, qui aurait lancé l'offensive sur le gallifréen. Mais au grand jamais que ce soit le Docteur qui se dévoile, saisissant cette seconde chance qu'il se voyait offrir. Et si Jack devrait être absolument sûr que d'une seule et unique chose sur ce dernier, c'est qu'il en mesurait toute l'ampleur et qu'il faisait tout et bien au-delà pour mériter le retour de sa compagne à ses côtés.
- Dis moi, Jack, avant que je vous rejoigne la veille, qu'est-ce que vous avez fait ?
- Il ne t'a rien dit ?
Rose secoua la tête négativement. Le gallifréen avait occulté sa question d'un baiser lorsqu'elle la lui avait posé cette nuit. Une chaleur trouble l'envahit en repensant à cette fameuse nuit. Il l'avait aimé comme il ne l'avait jamais fait jusque là, prenant tout son temps de lui faire l'amour, son regard plongé dans le sien, intense et douloureux, comme au bord des larmes. Cette étreinte avait été bien différente de toutes les autres. Un peu finalement comme s'ils avaient cherché l'un et l'autre à se prouver qu'ils s'aimaient et se désiraient. Leurs peaux en sueur, leurs souffles haletant, ils s'étaient lovés l'un contre l'autre. Son compagnon avait été aussi encore plus câlin que d'habitude, cherchant sans cesse à se blottir davantage contre elle et à la couvrir de baisers. Il lui avait paru aussi encore plus vulnérable et fragile, le visage niché dans son cou. Ils avaient parlé aussi. Énormément. De tout ce qui venait de se passer entre eux. De ce qui allait se passer très prochainement. D'eux principalement. Ils n'avaient personne d'autre que l'autre dans l'Univers. Cette nuit, ils avaient été submergés par le désir de se protéger, de se prouver qu'ils n'étaient pas seuls, qu'il y avait l'un pour aimer l'autre, qu'il avait besoin de l'autre et qu'il serait complètement perdu sans lui.
- Rose, je ne sais pas si... s'il ne te l'a pas dit, c'est qu'il a ses raisons. Je préférerais que ce soit lui qui...
- Jack, l'interrompit-elle avec douceur. Ça restera entre nous.
Harkness ne résista guère devant le sourire de Rose. De plus, il n'en avait pas vraiment l'envie. D'ailleurs comment ne pas succomber à son charme ensorcelant ? À se demander comment avait tenu si longtemps le gallifréen ?
- Nous t'avons suivi lors de ton voyage de Londres jusqu'à ce petit village en France.
Rose se tendit imperceptiblement.
- Il espérait quoi ? Trouver des réponses ?
Il haussa des épaules.
- Tu le connais mieux que moi Rose. Mais, peut-être que d'une certaine manière, il a voulu voir de ses propres yeux ce que tu as en partie traversé, vivre avec toi quitte à se faire du mal, ton voyage. Comprendre par là, ce que tu lui as confié.
- Vous êtes restés à l'écart ? Demanda t-elle soudainement comme si elle soupçonnait quelque chose.
Jack grimaça légèrement. Ils avaient tenté tant bien que de mal de ne pas interférer. Le gallifréen n'aurait jamais couru le risque de modifier la ligne de Rose, même si Jack savait qu'il se retenait de toutes ses forces, tant il avait pu observer la frustration illuminant ses yeux de ne pas pouvoir empêcher tout cela. En tant que Seigneur du Temps, il devait assumer cette responsabilité. Cruel fardeau surtout lorsque c'était l'être aimé qui en était meurtri. Sauf que Jack n'avait pas eu les mêmes scrupules.
- Quoi, Jack ?
- Il y avait deux matelots qui te cherchaient des problèmes, expliqua t-il.
La jeune femme chercha sa clef sur sa poitrine et la serra très fort entre ses doigts. Elle s'en souvenait de ces deux hommes qui travaillaient comme elle sur le bateau. Un frisson de dégoût glissa sur son dos. Ils avaient essayé une fois de la posséder, l'entrainant contre sa volonté avec eux dans un coin sombre et isolé du navire lorsque des bruits les avaient fait prendre la poudre d'escampette. Depuis, elle avait fait en sorte de ne plus jamais se retrouver toute seule jusqu'à ce que le bateau débarque enfin à Nantes. Elle avait eu de la chance, ce jour-là, à moins que...
- C'était toi ? Fit-elle en terminant le fil de sa pensée à voix haute.
Jack eut un petit sourire lui confirmant sa supposition. Il surveillait les deux matelots depuis quelques temps qui portaient une trop grande attention à Rose selon lui pour qu'elle soit sincère. Par la suite, il avait eu avec eux une petite discussion entre hommes. Il avait alors demandé au gallifréen de les laisser seuls. Lui qui habituellement abhorrait la violence et qui n'aurait jamais approuvé ce qu'il s'apprêtait à faire, avait au contraire rien tenté pour l'en empêcher. Il avait juste tourné les talons avant de refermer la porte derrière lui. Il y avait des limites à sa clémence. Et ce fut avec une certaine joie que Jack s'était sali les mains.
Rose resta silencieuse un long moment après cette révélation. Elle cherchait sans aucun doute dans sa mémoire, un indice, la moindre chose qui pourrait lui indiquer leur présence durant son voyage. Jack savait qu'elle ne trouverait rien d'autre. À part le problème qu'ils avaient rencontré avec les deux marins, ils avaient fait en sorte de rester soigneusement dans l'ombre tout en veillant du mieux qu'ils leur était possible la jeune femme. Cependant, à la plus grande surprise de Jack, son visage s'illumina d'un léger sourire.
- Qu'est-ce qu'il y a Rose ?
- Rien. C'est juste que Louve avait eu tort.
- À propos de quoi ?
- De sa première fois qu'on lui offrait des fleurs.
Jack bien que curieux décida de ne pas insister. Apparemment, elle venait de se rappeler de quelque chose qui fut étrangement un beau souvenir. Et, il soupçonnait fortement que le gallifréen en soit la raison indirecte.
Rose regarda en direction de son compagnon. C'était lui tout craché ça. Un jour, elle avait retrouvé, alors que sa longue et pénible journée de labeur venait enfin de se terminer, une fleur sur sa couchette. Une fleur bien particulière pour elle. Une hémoralle bleue. Persévérance. Cette incroyable belle de jour sensée être éphémère mais qui ne s'était fanée que lorsque le bateau avait fini par débarquer à Nantes. Ce fut sa petite note de douceur dans ce monde brutal et hostile, gardant l'espoir que ce voyage qu'elle faisait sans réellement savoir où il la mènerait, aboutirait à un dénouement qui lui serait favorable. Et son preux chevalier était finalement arrivé à sa rescousse.
Le Capitaine observa attentivement la compagne du Docteur. Une jeune femme d'une vingtaine d'années qui avait vu bien plus que le commun des mortels connaîtrait et qui avait eu largement son lot de souffrances et de douleurs. Chacun avait ses cicatrices et ses blessures. Et Rose les portait avec une certaine fierté, luttant contre ses propres démons tout en essayant d'être forte pour deux. Si, il n'y avait pas eu ce qui la liait profondément avec le gallifréen, Jack aurait été tenté de la lui arracher. Cependant, il savait que le Docteur mesurait toute sa chance d'avoir à ses côtés la jeune femme. Il semblait à Jack que le cœur du Tardis n'avait finalement que ressortir la vraie nature de Rose, ce qu'elle était au plus profond d'elle-même tel un joyaux qu'il avait taillé, poli pour lui donner toute sa splendeur, sa beauté et son éclat. Harkness percevait la différence entre la Rose qu'il avait rencontré la toute première fois et celle qu'elle était aujourd'hui. Elle était devenue bien plus qu'une humaine. Il émanait d'elle une sorte d'aura sauvage, animale qui lui donnait une certaine autre forme d'existence. Et à bien des égards, sa Gwen lui ressemblait énormément.
Il sortit de ses pensées lorsque la jeune femme répondit au sourire de son compagnon par un petit signe de la main. Celui-ci était toujours entourés des gamins qui ne semblaient pas vouloir le lâcher de si tôt. Harkness décida de lancer l'offensive mine de rien.
- Il ferait un bon père, déclara t-il en lui donnant un léger coup d'épaule complice dans la sienne.
Rose fut quelque peu surprise d'une telle entrée dans la matière. Puis, elle sourit tendrement en comprenant où il voulait en venir. Elle le voyait arriver avec ses gros sabots.
- Jack, il a déjà eu tout cela...
- Eu quoi ? Lui répliqua l'ancien agent du temps.
- Une femme, des enfants, une maison et tout ce qui va avec...
Décidément, la journée apportait son lot de révélations sur le gallifréen. Pour être tout à fait honnête, il n'avait jamais pensé que le gallifréen s'était rangé. Il l'avait toujours imaginé en ce voyageur du temps, un vagabond dans l'âme. Il reconnaissait que s'il connaissait relativement bien l'homme, il ne savait pas grand-chose de son histoire et de son passé.
- Un chien aussi. Toute famille se doit d'avoir un chien.
- Jack...
Leurs regards se croisèrent et ils s'échangèrent un sourire amusé. Rose pensa alors que les Jack qu'elle connaissait se ressemblaient énormément.
- Oui, il a déjà eu tout cela, reprit le Capitaine. Et, alors qu'est-ce que cela change ? Pourquoi ne voudrait-il pas mener un tel projet avec toi ?
Elle entrouvrit les lèvres mais les referma après quelques secondes ne sachant pas quoi lui rétorquer. Comme elle se taisait, Jack continua sur sa lancée :
- Tu sais, j'ai eu une conversation d'homme à homme avec lui, la veille.
Une conversation d'homme à homme... La jeune femme se demanda à quoi cela pouvait bien ressembler entre son Docteur et Jack. Celui-ci, le torse bombé, en semblait assez fier. Sur quoi avaient-ils bien pu parler ? Cela tenait du mystère pour elle car elle n'aurait jamais imaginé qu'ils puissent avoir ce genre de conversation entre eux.
- Pourquoi ne réfléchirait-il pas à cette éventualité avec toi ?
Jack sentit aussitôt les muscles de la jeune femme se tendre.
- Et même si c'était le cas, fit-elle d'une voix sans émotions, il le sait très bien que...
Son visage auparavant radieux venait tout d'un coup de s'assombrir. Elle pencha la tête, enfonçant les ongles à travers le tissu de son pantalon dans ses genoux.
- Rose, s'inquiéta Jack, qu'est-ce qu'il y a ? Est-ce que...
- Pourquoi, il y réfléchirait, Jack ? Alors qu'il sait très bien que j'ai peu de chance de pouvoir un jour porter son enfant.
Elle se leva brusquement sous le regard quelque peu hébété du Capitaine. Se ressaisissant, il lui saisit le poignet pour la retenir de partir.
- Je suis désolé, Rose. Je ne voulais pas...
- Lâche-moi, fit-elle dans un souffle en contrôlant sa voix.
Il s'exécuta, ne voulant pas la bousculer ou la pousser dans ses retranchements. Et, elle fila sans demander son reste.
