Chapitre dix: Un court moment de répit tu auras.

Side of Sasuke.

- On a le droit à aucun contact avec elle, tu en es certain ? répétai-je pour la énième fois.
- D'après ce que me disent mes parents, non. Seulement si elle prend du poids. Et encore.
- Ta sœur, ça ne l'atteint pas ce genre de menace.
- Je sais. Je sais à quel point elle veut maigrir.
- Elle est prête à tout, conclus-je.
- Oui, souffla Sasori. Mais c'est que tu la connais pas mal, dis-moi.
- Et oui, souris-je en repensant aux fois où l'on se confiait avec Sakura.
- Est ce qu'il y a quelque chose que je ne sais pas Sasuke ?

Son ton était rempli de tristesse et son regard paraissait être vide. Je ne pouvais pas briser la confiance que Sakura avait en moi. Elle m'avait fait promettre de toujours tout garder pour moi, quoiqu'il puisse arriver. Mais Sasori souffrait tellement que je ne voulais pas lui mentir. Il tenait à sa sœur comme à la prunelle de ses yeux et la savoir aussi mal le détruisait. Je le voyais. Alors, que devais-je faire ? Personne n'était présent pour m'aider, me conseiller. La seule personne qui savait tellement bien le faire était à plusieurs kilomètres de moi. Elle me manquait.

- Je ne comprends pas, me ramena à la réalité Sasori, elle ne se plaignait jamais de ses formes. Je pensais qu'elle les assumait amplement.
- C'était une face cachée. Chacun en a une dans le fond.
- Tu en as une, toi ?
- Oui.
- Mais ce n'est pas la solution de se détruire, s'emporta t-il. Elle pense aux gens qui l'aiment et qui sont là pour elle ?
- Tu sais, ta sœur m'a beaucoup parlé. Et de ce que je sais, bien que je ne veux pas porter de jugements, vous étiez durs avec elle et son surpoids.
- Mais..c'était pas pour lui faire du mal. Je riais toujours avec elle de ces surnoms, c'était un jeu entre nous.
- Un jeu, rallai-je, tu appelles ça un jeu Sasori ? Vous l'enfonciez chaque jour un peu plus avec ce genre de paroles. La partie est terminée depuis longtemps, vois où le jeu, fis-je en faisant des guillemets avec mes doigts, l'a emmenée et a fait d'elle ce qu'elle est aujourd'hui. Ne vous étonnez pas qu'elle se déteste autant. Mais quel parent dirait à sa fille qu'elle a un peu trop de rondeurs et qu'il faut qu'elle fasse attention à son alimentation pour qu'elle perde un peu de poids, sérieux !
- Dis-moi juste ce que je ne sais pas Sasuke. Juste ça, me suppliait-il du regard.

Je me demandais s'il m'avait écouté. Je l'espérais fortement. Ses yeux le trahissaient. Il essayait de paraître humble à toute cette histoire mais, dans le fond, il n'y arrivait pas. J'avais raison et il le savait.

-Sakura se faisait vomir.

Je décidais de parler de l'auto-vomissement mais me promis de toujours cacher l'histoire de la mutilation. Je tenais, moi aussi, à Sakura et je ne voulais pas qu'elle m'en veuille. Elle comptait sur moi. Pourtant, je savais très bien que mes intentions n'étaient pas négatives mais pour son bien.

- Pardon ? haussa t-il la voix. Mais, quand ça ? Comment ? Et..pourquoi ?
- Vous l'abandonnez à chaque repas. Elle se retrouve tout le temps seule face à son assiette à table.
- Tu veux dire que, enfin, qu'elle le faisait devant nos yeux ? Devant mes propres yeux ?
- Proprement parlé, non. Mais vous étiez dans la maison lorsqu'elle le faisait.
- Donc, on aurait pu l'entendre, on aurait pu l'arrêter.
- L'entendre oui mais l'arrêter, je doute. Je n'ai pas réussi.
- Comment ça ?
- Mon premier soir chez vous. Vous étiez tous sortis de table et nous étions seuls. Elle ne le supportait plus et à commencé une crise. J'ai tenté de l'en dissuader mais ça n'a pas marché. Elle est partie aux toilettes sous mes cris et l'a fait. Elle n'écoute personne.
- J'ai-je-je dois sortir, me changer les idées. Si mes parents demandent dit que je suis chez un de mes amis, ils sauront, dit-il en bégayant.
- Attends, Saso ! essayai-je de le retenir.
-Merci Sasuke.

Il me fit de la peine. Énormément de peine. Peut-être que je l'avais surpris voir même choqué. Il n'avait même pas eu le temps de souffler que je rebondis sur une nouvelle des plus alarmantes. Je n'aurais peut-être pas dû. J'avais l'impression de faire tout de travers, c'était horrible. Je ne savais plus comment me comporter ni comment réagir. Loger chez Sakura sans sa présence était des plus difficiles. J'avais attendu tellement de temps pour la voir, j'avais tout mis de côté pour que tout se déroule bien et je ne l'avais eu que très peu près de moi. Je n'étais pas égoïste, loin de là même. Sa guérison restait la chose la plus importante à mes yeux ainsi qu'aux yeux de tous.

Je ne savais que faire de ma journée. Si je sortais, je m'en voudrais. Sakura était à l'hôpital. Je n'avais pas le droit de m'amuser alors qu'elle souffrait. Je fis abstraction de toutes pensées et appela Naruto.

« - Ouaip ? fit-il en riant.
- Je dérange ?
demandai-je presque sur la défensive.
- Jamais, tu l'sais très bien. Tu vas mieux ?
- Pas vraiment.
- Elle est à l'hôpital depuis combien de temps maintenant?
- Deux semaines et c'est long, très long.
- Je peux comprendre. Tu n'as aucune nouvelle d'elle ?
- Moi non, ses parents oui. Enfin, il me semble mais je n'ose pas leur demander.
- Tu as le droit, tu sais, pourquoi tu te mets en arrière ?
- Parce que je ne fais pas parti de la famille et je n'ai pas mal place ici. Il y a deux semaines, sa mère m'avait bien fait comprendre que je pouvais rentrer puisque Sakura n'était plus là.
- Mais c'est des foutaises ça Saskey ! Elle est désemparée et ne sait même plus l'impact que ses mots ont.
- Je ne sais pas.

Je me laissai tomber en arrière sur le lit et passai un bras derrière ma tête.

- Tu lui as déjà parlée ?
- Vite fait,
répondis-je, je n'ose pas.
- Mais où est passé le Sasuke qui n'avait peur de rien et qui fonçait à la moindre occasion ? Ce serait le moment parfait pour qu'il débarque.
- Tu sais bien que devant les parents d'une fille je me dégonfle,
ris-je.
- L'excuse !
cria t-il.
- Et toi, sinon, tu vas bien ?
ajoutai-je en changeant de sujet.
- Très bien.
- Dis-moi, avec Minami, ça a donné quoi ? Je n'ai plus eu de nouvelles !
- Et bien, ça va plutôt pas mal. On a passé une très bonne soirée et je lui ai en quelque sorte fait comprendre qu'elle me plaisait beaucoup. Elle m'a dit qu'elle voulait pas se précipiter et être sûre de ses sentiments donc on prend notre temps.
- Et, c'est en bonne voie ?
- A la fin de la semaine, on est ensemble. On agit comme un couple juste sans les baisers. J'en peux plus moi !
- Arg, j'aimerais tellement vous voir !
- Je peux t'envoyer une photo si tu veux. On s'est juste embrassés une fois et Kiba est arrivé à ce moment et nous a pris en photo. J'ai pas osé la supprimer eheh.
- Oui. Histoire que je reste bien informé même si j'suis pas là.
Répondis-je, un sourire au lèvres.
- Tu m'manque quand même !
- Hn. Toi aussi. J'suis sage là, c'est un truc de malade. Pressé de retrouver toutes nos conneries ou plutôt les tiennes.

Je l'entendis grogner au téléphone quelque chose que je n'ai pas réussi à comprendre. Bon, c'est Naruto on s'y fait. Il changea bien vite de sujet.

- Fête à ton retour poto.
- J'en demandais pas tant !
Je réponds le sourire aux lèvres.
- Au faaaaait ! Tu sais pas la meilleure ?
- Non, mais tu vas me le dire.
- Kiba et Haruka. Inséparables. A croire que c'était écrit à l'avance.
- Sérieusement ? Haruka lui a pardonné ?
- Disons que quand Kiba veut se faire pardonner. Il met toutes ses chances de son côté.
- Il a bien raison. Je suis content pour lui.
- J'vais devoir te laisser. J'ai rendez-vous avec Minami, j'pense conclure, enfin j'espère.
- Grosse merde à toi ! Et passe lui le bonjour. Passe le à toute la bande.
- Et toi, passe le mien à Sakura et dis-lui que je suis de tout cœur avec elle.
- Si encore je pouvais le lui transmettre,
soufflai-je.
- Tu le feras. »

Je raccrochai quelques instants après. Je décidais d'envoyer aussitôt un message à Kiba. Il me manquait aussi et cette situation devenait pesante à la longue. Ils étaient mes frères, et ne plus les voir engendrait quand même un petit manque.

Sms à Kiba.
J'ai appris pour toi et Haruka, je suis content que ça se soit arrangé. Tes conneries manques frère.

Sms de Kiba.
Et moi pour Sakura...tu sais que j'suis là pour toi même si tu es loin, d'accord ? Dis le clairement Uchiwa ! Tu manques aussi

On qualifiait souvent les hommes de nature plutôt forte et non « faible ». On disait d'eux qu'ils étaient courageux, battants et non peureux. Un homme ne devait pas pleurer sous peine d'être critiqué de chochotte, une tapette. Il ravalait sa fierté. Ne montrait pas ses sentiments. Les préjugés restaient trompeurs parce que si l'on suivait tout ce qui précède cette phrase, je n'étais pas un homme. Je crois que j'étais ce qu'on appelle une tapette de première.

Side of Sakura.

Deux semaines que j'étais à l'hôpital. Je n'en pouvais tout simplement plus. Les médecins n'étaient pas compatissants à tel point que je me demandais parfois s'ils avaient un quelconque cœur. Ils m'obligeaient à participer à leurs rassemblements alors que je voulais constamment rester seule. Mes repas se faisaient dorénavant avec tous les malades et non plus qu'avec Elyssa. J'arrivais quelque fois à cacher de la nourriture dans ma serviette mais les infirmières n'étaient pas dupes et me reprenaient à l'ordre très souvent. Je souffrais intérieurement et seul mon journal en payait les frais. Je préférais écrire dedans, ça me soulageait puisque je n'arrivais pas à parler avec ma psychologue. Je ne savais pas pourquoi mais rien ne sortait de ma bouche et mes thérapies me terrifiaient plus qu'autre chose. La guérison était loin, très loin. Ma famille me manquaient ainsi que Sasuke. M'attendaient-ils ? Je devais bientôt sortir. La psychologue ainsi que mon médecin acceptèrent de me laisser rentrer à la maison suite à ma prise de poids qui me donnait envie de frapper partout. Personne ne voyait mon stratagème mais j'avais bien compris. Pour sortir, il fallait manger et prendre du poids. Ce que je fis. Mais une fois à la maison, rien de cela ne restera dans ma tête et mes démons referont surface. C'était un risque à prendre mais je ne me sentais pas à ma place ici. Je ne tiendrais pas longtemps. Abbie me fit sortir de mes pensées en entrant dans la chambre.

- Sakura, tu pourrais aller voir ta psychologue s'il te plaît ? Je voudrais parler seule à seule avec Elyssa.
- Euh, oui, fis-je étonnée.

Le cas d'Elyssa était des plus alarmants. Elle ne voulait strictement plus rien avaler et refusait de participer à tous rassemblements. Ses journées ne rimaient plus à rien. Elle ne pouvait plus tenir sur ses jambes ce qui l'obligeait à passer tout son temps dans son lit. Je ne savais pas moi-même comment elle pouvait tenir dans ces conditions. Les médecins ont préféré la placer sous perfusion et la nourrissaient à l'aide d'une sonde bien qu'elle y soit contre. Elyssa avait perdu tout espoir de guérir et ne faisait plus aucun effort. Selon elle, et c'était une vérité, la mort l'attendait et la guérison était à présent loin. Elle ressemblait à un véritable légume.

- Sakura ? m'interpella une voix féminine.

Je me retournais et trouvai Suzuka en face de moi. Elle était internée depuis presque un mois et était dans une phase délicate. Elle n'avait que 15 ans et la savoir déjà aussi mal me mettait hors de moi. Ses cheveux blonds étaient d'une couleur plutôt terne, je les imaginaient d'un joli doré auparavant, son visage était creusé, son corps était caché par ses vêtements mais on pouvait facilement deviner les ravages que l'anorexie avait fait à son corps. Sur les autres, je trouvais cela... étrange, laid. Tandis que sur moi, j'avais l'impression que ça m'allait à merveille, que j'étais mince mais tout en ayant un beau corps. Foutaise. En effet, il me fallait encore perdre, mais c'était impossible tant que j'étais dans cette forteresse.

Contrairement à moi, Suzuka n'était pas anorexique-boulimique mais souffrait totalement d'anorexie. Je faisais tout ce que je pouvais pour l'aider mais je n'avais aucun conseil bon à prendre ce qui m'énervait. Je voulais qu'elle aille bien et non qu'elle se retrouve comme moi ou comme Elyssa. Quand elle voulait se confier, ou avait besoin d'aide concernant sa maladie, je lui sortais toujours tout ce que mon entourage, ou les médecins me répétait en boucle. Je n'y croyais pas moi même, à ces solutions qu'ils nous donnaient, mais je voulais qu'elle s'en sorte, qu'elle gagne sa propre bataille.

- Oui? dis-je d'une voix enfantine. Tout va bien Suzu ?
- J'ai pris 400g depuis deux semaines.
- C'est super ça !
- Oui, si on veut, déclara t-elle en boudant.
- Comment ça si on veut ? On peut aller dans ta chambre pour parler ?
- Suis-moi.

Suzuka s'est retrouvée seule dans sa chambre contrairement à moi. Elle a pris du mieux qu'elle pouvait ses marques et faisait tout pour ne pas s'enfermer. Elle me conduit jusque dans son havre de paix et nous nous assîmes sur le lit.

- Tu veux guérir ? lui balançai-je.
- J'ai peur de grossir en guérissant.
- Mais tout le monde te répète que c'est faux ça. Tu manges équilibré et tu ne prendras pas de poids.
- J'ai bien pris 400 grammes là ! s'emporta t-elle.
- Mais tu auras une activité physique si ton état te l'autorise et tu te dépenseras. Je te promets que tu ne prendras pas de poids.
- Pourquoi tu manges pas dans ce cas, toi ?
- Je mange, assurai-je.
- Je te vois parfois cacher la nourriture, Saku. Et je ne suis pas dupe non plus, tu fausses le résultat en buvant beaucoup avant la pesée, non ?
- Je ne suis pas un exemple à suivre et je te l'ai déjà dit. C'est compliqué pour moi.
- Pour moi aussi ça l'est, alors. Et d'ailleurs, comment tu arrives à t'en sortir comme ça alors qu'on est censés être a jeun avant la pesée ?
- Tu ne veux pas le savoir au fond, lui avouai-je.
- Démasquée.
- Ne boude pas et crois-moi, il vaut mieux pas que tu saches parce que je ne veux pas que tu suives mes pas.
- Tu mérites de t'en sortir tu sais.

Je fus touchée par ses paroles. Elle était une personne qui ne montrait que très rarement ses émotions et avait horreur qu'on la chouchoute ou s'occupe d'elle. En arrivant ici, elle m'avait avouée qu'un grand travail sur elle-même s'était opéré et l'avait en quelque sorte changé. Je la pris automatiquement dans mes bras et la serrai du plus fort que je pus. Cette fille serait gravée en moi pour toujours.

- Tu le mérites beaucoup plus que moi.
- Personne ne mérite plus qu'un autre de guérir.
- Tu as raison.

Elle me sourit une nouvelle fois. Nous nous couchâmes sur le lit et je posai ma tête sur son épaule. Un silence régnait mais il n'était pas pesant. Je finis par fermer les yeux et m'assoupis.

- Sakura !

Je me réveillai en sursaut. Alexandra était debout devant moi, le regard assez colérique mais aussi pris d'une tristesse.

- Cela fait une heure que je t'attends dans mon bureau ! hurla t-elle. Depuis quand tu ne viens pas à une séance ?
- Je me suis endormie, ce n'est quand même pas de ma faute ! me défendis-je.
- C'est moi, je n'allais pas bien et elle est venue me voir, ajouta Suzuka.
- Je m'en fiche, dit-elle froidement, si tu ne vas pas bien les infirmières sont là pour toi.
- Et peut-être qu'elle préférait me parler !
- Sakura. Tu es ici pour guérir et non pour te faire des amis.
- Ils m'aident à garder le cap.
- J'ai quelque chose à t'annoncer, viens dans mon bureau maintenant s'il te plaît.

Sa voix s'était adoucie momentanément. Je saluai du regard mon amie et suivis Alexandra.

- Ce que j'ai à t'annoncer n'est pas des plus évident.
- Allez-y.
- Ton..ton amie, Elyssa, nous a quittés.

Sa tête venait de s'abaisser. Je compris qu'elle ne rigolait pas avec moi et que je n'allais plus jamais revoir ma camarade de chambre. Que celle qui m'aidait à tenir bon venait de s'envoler et de m'abandonner dans la maladie. Je ne passerais plus mes nuits à parler ou rire. Je n'aurai plus mon acolyte avec moi pour me protéger ou me camoufler. Je n'aurai plus mon soutien. Des larmes se mirent à couler sans que je ne puisse contrôler quelque chose. La vérité me frappait de plein fouet : l'anorexie avait pris le dessus sur elle et l'avait emportée. Cette maladie avait réduit ce petit corps en fumée. Je ne portais aucun regard à ma psychologue et accourrai dans ma chambre. Elle n'y était plus. Son lit était vide. Je découvris un mot sur le mien.

"Bats-toi jusqu'au bout, je t'en supplie. Tu peux encore t'en sortir. Je ne t'oublierai jamais Sakura. Tu as été mon rayon de soleil durant deux semaines et je ne te remercierai jamais assez. Ne te laisse pas bouffer comme j'ai pu le faire. Je t'aime et tu seras toujours dans mon cœur. Elyssa."

J'éclatai définitivement en sanglots et, prise d'une rage soudaine, balayai tout ce qui passait sur mon chemin. Objets, lits, armoires. Elle n'avait pas le droit de partir comme ça ! Elle n'avait pas le droit de me laisser seule ! Elle était devenue mon pilier et sans elle, m'en sortirai-je ? Deux mains vinrent prendre mes bras et m'arrêter.

- Calme toi Sakura ! hurla Abbie. Ce n'est pas en faisant ça qu'elle reviendra.
- Elle n'avait pas le droit de mourir, hurlai-je à mon tour.
- Ne remue pas le couteau dans la plaie, cela ne sert à rien.

Je me calmai au bout de cinq minutes de lutte et me laissai tomber sur mon lit. J'étais assise, le regard baissé. Abbie s'agenouilla en face de moi et prit mes mains dans les siennes.

- Regarde ce que la maladie a fait d'elle, dit-elle d'une douce voix, tu ne veux quand même pas finir comme ça, rassure moi ? Il faut que tu comprennes que tu mets ta vie en danger et pas qu'un peu. Ne te laisse pas couler après cette tragédie Sakura, c'est un conseil et prends le très à cœur. Tu es une personne des plus attachantes et tu as toute une vie à vivre. Le poids n'est qu'une option. Je t'autorise à passer une semaine auprès de ta famille car tu as eu une montée de poids. Certes pas comme l'on voudrait. Je te préviens qu'au premier faux pas, tu reviens ici.

Je ne fis rien et ne dis rien. Abbie comprit et me laissa digérer la nouvelle. Je n'en croyais toujours pas mes oreilles. Elyssa, ma Elyssa était décédée. La vie est cruelle.

Le lendemain matin, je m'étais réveillée assez tôt et j'attendais déjà depuis plusieurs heures qu'on vienne me chercher. Mon sac était prêt et ma chambre remise en ordre. Mes parents arrivaient d'ici vingt minutes et j'en étais vraiment excitée. Cependant, une pensée me revint en tête, je ne voulais pas laisser cette chambre ou Elyssa et moi avions eu de bons moments. Et surtout Suzuka.

- Suzu ? dis-je en entrant dans sa chambre.
- Ou..oui.

Sa voix était brisée et des sanglots me parvenaient aux oreilles.

- Mais enfin ! Pourquoi tu pleures ?
- Tu vas me manquer, c'est tout.

Je m'approchai d'elle et la serrai dans mes bras. Ce petit bout allait aussi me manquer.

- Tu es en bonne voie de guérison. Je te promets que quoiqu'il arrive, on restera en contact.
- Promis ?
- Puis, hésitai-je, je n'ai le droit qu'à une semaine chez moi.
- Je ne serai peut-être plus là à ton retour.
- Qu'importe. On se retrouvera.
- Je peux te dire quelque chose qui me tient vraiment à cœur ?
- Bien sûr.
- Je t'aime.
- Je t'aime aussi, répondis-je en souriant.
- Sakura, tes parents sont là.
- Prends soin de toi ma p'tite Suzu, fis-je en passant ma main dans ses cheveux.
- Eh ! Je ne suis pas petite ! râla t-elle.

Je ris une nouvelle fois et sortis de la chambre. Au milieu du couloir : ma mère, mon père, mon frère et Sasuke. Il était resté. Un sourire timide naissait sur mes lèvres rien qu'à cette pensée. Je m'approchais rapidement d'eux jusqu'à finir dans les bras protecteurs de ma mère. Elle me caressa les cheveux et me murmura sans cesse qu'elle m'aimait. Je me détachai et lui fis un tendre sourire à travers mes larmes. Je serrai par la suite mon père qui m'avait terriblement manquée. Il ne cessait de me faire des bisous sur la joue en me disant que j'étais la plus belle. Je souris une nouvelle fois. Vint le tour de mon frère. Il était en retrait avec Sasuke. Je lui sautai littéralement dessus, l'émotion étant bien trop grande pour la retenir. Les larmes ne tenaient plus. Ni chez moi, ni chez lui. L'amour fraternel était vraiment ce qu'il y avait de plus beau et plus fort. Il me fit un tendre baiser sur le front. Je l'aimais.

- Je crois qu'il y a quelqu'un qui a vraiment envie de te voir, murmura t-il dans mon oreille.

Je ris nerveusement et regardai derrière lui. Sasuke me souriait.

- Tu es resté, chuchotai-je.
- Tu croyais quand même pas que tu allais te débarrasser de moi aussi facilement ?

J'enroulai aussitôt mes bras autour de son cou. Il passa ses mains sur ma taille et resserra davantage notre étreinte. Tout cela m'avait manquée.

- Je peux juste vous voir quelques minutes avant de laisser Sakura partir ? demanda Alexandra.

Elle ne me laissera définitivement jamais tranquille !

- Bien sûr, répondit ma mère.
- Sasori et Sasuke, prenez les affaires de Sakura et allez déjà dans la voiture, rajouta mon père.

Je suivis le pas vers le bureau d'Alexandra et m'installai entre mes parents.

- Sakura a fait quelques efforts néanmoins il reste du travail. Je sais que tout ne sera pas rose pour les jours à venir étant donné qu'elle a subi un choc la veille. Je vous demanderez de la ménager et de tout de même faire attention à ce qu'elle mange.
- Vous voulez dire quoi par choc ? S'inquiéta ma mère. Sakura a fait une bêtise ?

Pourquoi ça ne m'étonne pas qu'elle pense que j'ai pus faire quelque chose de mal?

- Elle vous en parlera si elle le souhaite. Comment tu te sens ?

Elle s'adressa à moi. Je me sentais mal. Contente mais mal.

_- Je vais bien.

Le mensonge ferait toujours parti de moi.

- Tu comptes t'alimenter ?
- J'ai le choix ?
- Toujours aussi têtue.

Elle souffla et continua de s'adresser à mes parents. Je souhaitais partir de cet endroit et définitivement ! Je voulais pouvoir contrôler mes faits et gestes sans qu'on ne me dicte ma conduite. Je n'allais enfin plus avoir toutes ces personnes derrière moi et j'allais pouvoir souffler. Enfin, je l'espérais sincèrement. Nous nous levâmes et saluâmes ma psychologue. Nous voilà enfin partis. Il était temps. Je jetai un coup d'œil aux fenêtres et découvris Suzuka. Elle me fit un simple geste de la main en guise d'au revoir que je lui rendis. Elle était bien la seule personne qui allait me manquer durant cette semaine loin de cette prison.

- C'est parti, ajouta mon père.

Je m'installai du côté de la fenêtre et Sasuke prit place à mes côtés suivi de Sasori. Je n'étais pas tranquille et jouais avec mes doigts. Sasuke le vit et me prit la main qu'il serra pour me montrer qu'il était là. Je fermai les yeux et déposai ma tête sur son épaule. Tout se chamboulait dans mon esprit. Je ne savais plus ce que je voulais ou ce que je ne voulais pas. Il allait falloir que je fasse des efforts mais à quel prix ? Grossir était hors de question. Maigrir, en soit, restait dans mon objectif. Je n'étais pas guérie. Oh ça non. Je ne sais pas si je le serai un jour. Après tout, je n'aime pas trahir mes plus proches amis.

« Tu es revenue dans le droit chemin, Ana est contente. Je ne te laisserai pas partir, parce que le jeu continue et qu'Ana est toujours gagnante.»


Tadaaaaam! Et voilà pour un dixième chapitre, dernier chapitre avant plus d'une semaine! Comme je vous l'avais déjà dit, j'ai de plus en plus de mal à trouver du temps pour écrire, je suis pleine de devoirs jusqu'à début décembre, merci la L et ses dissertations en toutes les langues T_T

Aaaaah grande, GRANDE question. Ce chapitre, et un de ceux qui suivront je pense, vont être assez rapides. C'est à dire que je ne vais pas tellement m'attarder sur le quotidien de l'hopital, et quelques petites choses qui suivront.

DONC, est ce que ça intéresserait des gens que je fasse un Hors série là dessus? (j'en ai jamais fais mamaaa) Si ça ne vous intéresse pas vous pouvez aussi le dire, je l'avais justement pas mis car je pensais que ça n'allait soit pas vous intéresser, soit vous """"choquer"""" parce que ce n'est pas vraiment facile là bas comme vous vous en doutez.

Bref donnez moi vos avis!

Réponses aux commentaires:

poppy-cherry: Eeeeh oui, il ne faut pas se bercer d'illusions, ça peut être vraiment difficile là bas. Les anorexiques ont beaucoup de mal, mais les anorexiques-boulimiques, c'est un cas vraiment à part, leur règlement est plus stricte, beaucoup plus surveillé (comme par exemple les toilettes) Ah, la mère de Sakura, un mystère à elle seule. En tout cas merci de ton commentaire et de ton avis!

Isabella-57: Tu as bien raison, elle se met en danger, et elle aime ça, c'est pas très saint, une chose est sûre. Tout le monde espère qu'il puisse réussir à l'aider, et malheureusement pour Elyssa, il était trop tard. Merci de ton commentaire et de ton avis!

ombrelune: Hellooooo! Eh bien moi non plus je ne suis pas fan, mais il m'arrive d'en lire (et d'en écrire pour le coup) Et bien, je suis contente que tu sois tombée ici alors! xD Si cette histoire te surprend, j'en suis heureuse!
Oh que oui cet univers est loin, pour moi c'est à peu près le caractère qu'aurait eu Sasuke sans le massacre de son clan, j'essaye de m'y référer au plus mais j'ai un peu de mal je te l'avoue xD
C'était mon but premier, d'informer et sensibiliser des gens à l'anorexie. Ca sent le vécu, oui, en tant qu'amie d'anorexique boulimique, je retranscris son histoire sur papier on va dire, même si c'est difficile, j'aime écrire, et écrire sur mon amie... je sais pas je voudrais lui faire passer le message que je la soutiens aussi avec son histoire!
En tout cas, un grand merci à ton commentaire et pour ton avis!

Prochain chapitre: Ma voix tu écouteras.

Des idées sur la suite des événements? Petit indice, Sasuke va être au centre d'un événement.

Je vous dis à la prochaine, bisous!