Disclaimer : Hormis mes OCs, l'univers et les personnages de TIGER&BUNNY appartiennent aux studios Sunrise, Keichi Satô, et Masakazu Katsura (ça en fait du monde !)
Bêta-Lectrice : Sayuri-Geisha, que je ne remercierais jamais assez pour tout le travail qu'elle fournit !

Hey la compagnie ! Me revoici avec le chapitre 10 de La Triste Mascarade. Un chapitre qui va finaliser le "premier arc" de mon récit si je puis dire. J'espère ne pas vous décevoir !

Haruka : Tout d'abord, un grand merci pour ta review qui m'a fait énormément plaisir ! Pour te répondre, je ne compte en aucun cas impliquer une romance entre Barnaby et Kotetsu... Je n'apprécie pas spécialement ce couple en plus de le trouver "banal" (je veux dire ça dans le sens qu'il y a beaucoup trop de fanfiction sur eux) =S Par contre, il m'arrive de jouer -de temps en temps- sur les ambiguïtés au même titre que la série. Mais ça s'arrête là. Donc je suis désolée si tu t'attendais à voir du Barnaby/Kotetsu é_è"
Pour ce qui est du Kotetsu/Karina... Et bien je t'invite à lire ce chapitre dès que tu le pourras/voudras, histoire de ne pas spoiler xD

Kero : Désolée de t'avoir torturé à coup de suspense :p Voila enfin la suite ! Pour être honnête, moi aussi je trouvais le passage d'Ethan légèrement rapide. Cependant, j'avais peur de faire un chapitre trop long si je me décidais d'entamer un combat entre lui et Karina. De plus, j'ai énormément de mal à écrire les scènes d'actions et surtout les scènes de persuasion. C'est simple, je trouve ça extrêmement long et difficile d'arriver à faire changer d'avis un personnage (surtout s'il est de nature têtue XD). Voilà pourquoi je n'ai pas réussi à développer ce côté là.
C'est super sympa de lire tes théories en tout cas ! N'hésite pas à continuer si tu en as d'autres :D

Et sur ce, Bonne lecture !


Chapitre X : Le Symbolisme de la Rose Bleue

« Je t'aime Kotetsu ! »
Bien qu'elle soit désormais d'une banalité effrayante, cette phrase eut pourtant l'effet d'une bombe, et enveloppa Kotetsu dans une incompréhension chaotique. Le rythme rapide des battements de son cœur troublèrent le silence qui s'était jusque-là imposé en maître.
De nombreuses questions sans réponse s'infiltrèrent dans son subconscient, n'hésitant aucunement à en inviter d'autres. Rêvait-il ? Devenait-il fou ?
Il baissa le regard en direction de la cause à ce malaise : Karina affichait maintenant un voile pourpre sur son visage. Ses deux disques de bronzes hésitaient entre fixer le sol, ou l'homme à qui elle venait d'adresser cet aveu. Le silence, de plus en plus pesant, l'incita à se tourner vers le deuxième choix.
Néanmoins, rien ne changea. Ce mutisme demeurait toujours plus lourd avec son ambiance aux tons mélancoliques et désagréables, et Kotetsu restait abasourdi par cette révélation.
Que pensait-il en cet instant précis ? Lui-même n'aurait pu offrir une réponse valable, tant ses pensées ne cessaient de se mêler à la surprise, incapable de faire la part des choses.

- T-Tout va bien ?, bégaya Blue Rose.

L'intonation de la jeune femme le ramena sur terre. Dans un souffle bref, le vétéran tenta d'adopter une mine plus décontractée : peut-être avait-il mal compris. Les quiproquos le connaissaient bien, après tout.

- Je crois. Mais quand tu dis m'aimer, c'est dans le sens « amitié » ?

Karina baissa à demi ses paupières. Même si elle avait prédit cette question, elle ne s'était absolument pas doutée de la douleur qu'elle infligerait. Ses pupilles se relevèrent lentement, l'observant alors tristement. Jamais l'expression de Kotetsu ne lui aura paru si amère, emprunte d'une mélancolie indéchiffrable.

- Non, avoua-t-elle enfin.

Le cœur agité du vétéran s'arrêta brusquement en pleine course, l'espace d'une seconde. Que pouvait-il répondre à cela ? Comment garder sa lucidité après de telles révélations ? Il essaya de trouver une solution en dévisageant la Rose, puis renonça en n'y voyant que du malaise sur son visage.

- Je suis désolée si je te choque, dit-t-elle.
- Et je m'excuse d'être si silencieux... Mais... Enfin, oui, ça m'étonne d'entendre ça de ta part.

Karina ne détourna pas le regard, et attendit qu'il continue dans la lancée. Cependant, à la place, Kotetsu quitta le canapé et lâcha un soupir énigmatique.

- Depuis combien de temps ? demanda l'homme, sans pour autant la regarder.
- Bientôt trois ans..., déclara l'amoureuse, en fixant maintenant sa canette.
- Je vois.

Troublée par cette réponse inattendue, elle commença à regretter son acte : l'attitude de Kotetsu n'était pas la même que d'habitude. Pire, elle avait l'impression de se retrouver face à une vulgaire réplique sans âme. Où Diable se trouvait son éternel sourire benêt ? Pourquoi conservait-il cette allure si froide et inquiétante ? Et surtout... Pourquoi ne la regardait-il pas ? Pourquoi ne faisait-il rien ? Fuyait-il ?
Où donc errait le « vrai » Kotetsu, à présent ?

- Regarde-moi, murmura Karina.
- Hum ? Tu as dis qu...

Elle ne le laissa pas finir sa phrase. Avec une rapidité déroutante, la jeune femme se plaça devant Wild Tiger, et afficha une mine sérieuse, à la limite effrayante.

- Regarde-moi ! répéta-t-elle, avec plus d'assurance.

Involontairement, il obéit à cet ordre soudain.
Dans le regard qu'il adressait à Karina, brûlait une flamme de nostalgie et de rancœur. Il connaissait ce genre de scène : ce n'était pas la première fois qu'il entendait une jeune femme lui avouer ses sentiments. La dernière fois remontait à un peu plus d'une dizaine d'années, et c'est cette confession qui marqua le prologue de son histoire avec « elle ».
Tomoe.
Une magnifique histoire soudainement transformée en une affreuse tragédie.
« Comment réagirais-tu en voyant ça ? », pensa alors le Tigre, avec un petit sourire en coin.

- Je suis désolé Karina, murmura Kotetsu.

Il porta doucement ses mains sur les épaules de la concernée, avant de lui adresser un regard empli de tristesse. Dans les yeux de la Rose brillait une lueur d'appréhension, mêlée à un naïf espoir d'un retour positif.
Mais elle savait au fond.
Elle savait que la véritable réponse serait tout autre. Pourtant son cœur, têtu, tentait de la rassurer en lui offrant l'espérance d'une romance réciproque.
Les perles du Tigre la ramenèrent de force à la réalité : comment rester rêveuse à la vue d'une expression si durement mélancolique ? L'éternel habituel silence reprit sa place initiale, invitant par la même occasion Kotetsu à relever sa main gauche. Il dévoila alors à Karina sa bague de fiançailles.

- Tu vois cette bague... ? Elle continue de symboliser mon amour pour ma défunte épouse. Ce que tu m'as dis me touche énormément, et je te le dis en toute sincérité... Mais...

Au fil des mots que prononçait le vétéran, la jeune femme sentit son sang se glacer dans ses veines. Comment avait-elle pu oublier cette histoire d'alliance ? Un sentiment de honte blanchit sa peau, jusque là écarlate, et ses jambes, qu'elle ne sentait plus, semblèrent abandonner soudainement son corps.

- Mais je ne peux accepter tes sentiments. Je n'aimerais qu'une seule personne dans ma vie. Je suis désolé...

Les ultimes paroles sonnèrent comme les cloches d'une cathédrale annonçant l'apocalypse.
Karina attendit quelques secondes, pensant qu'il rajouterait autre chose, et releva la tête en constatant que non. Il acheva ses propos en retirant sa main droite de son épaule. Karina entrouvrit les lèvres... et les referma aussitôt.
Chercher à se justifier ne servait à rien, maintenant. Elle ne pouvait rivaliser face à l'amour puissant qu'éprouvait Kotetsu envers Tomoe.
Ne voulant pas insister davantage, elle lui adressa simplement un sourire.

- Je te remercie pour ta sincérité, formula-t-elle. J'espère juste que rien ne changera entre nous.
- Pas le moins du monde ! Je serais toujours là si tu en a besoin ! Et je continuerai à venir te rendre visite au bar !

Karina garda ses lèvres étirées, et lui adressa un faible « merci » en retour. Néanmoins, il ajouta :

- Mais ça ira toi ?

Le visage de la jeune femme afficha une mine surprise, puis afficha faiblement un nouveau sourire.

- Bien sûr que ça ira !, s'exclama-t-elle, tout en regardant ailleurs. De toute façon, c'était idiot de ma part de laisser ces sentiments se développer comme ça. Pour un homme bien plus âgé que moi en plus.

Elle étouffa un petit rire nerveux : elle se sentait idiote à se dévoiler ainsi devant l'homme qu'elle aimait.
L'homme qui ne partagerait jamais ses sentiments.

- Tu dois me prendre pour une gamine..., conclut-elle.
- Non, rétorqua Kotetsu.

Karina fronça tristement les sourcils, étonnée d'entendre une réponse si immédiate de sa part. Il la regarda sérieusement, la posture droite et assurée, et argumenta :

- Ça fait longtemps que je ne te vois plus comme une enfant, Karina. Mais comme une jeune femme.

Déconcertée par cette explication, la blonde porta une main à sa bouche sans savoir quelle attitude adopter. Bien qu'elle fût heureuse d'entendre ce genre de chose de sa part, elle ne parvenait pourtant pas à retenir la douleur qui s'emparait de son coeur.
« Tu es horrible de me faire subir ça, Kotetsu. », se dit-elle en retenant ses larmes, derrière un énième sourire hypocrite.
L'amour est un sentiment contradictoire : il arrive à nous émouvoir et à nous rendre heureux, tout en nous brisant le cœur. Angélique ou Démoniaque ? Personne ne pourra lui donner un juste titre matérialiste, car l'amour est une entité à la fois ni bonne, ni mauvaise.

- C'est gentil, merci.
- Je suis sincère !

« Et c'est pourquoi ça me fait aussi mal... », pensa la Rose, en conservant son masque joyeux. Rester ici ne tarderait cependant pas à briser son bouclier, elle devait donc partir au plus vite. Pleurer devant le vétéran s'avérerait trop humiliant pour elle.
Et surtout, cela ne changerait en rien les sentiments de ce dernier à son égard.

- Je vais y aller ! déclara Karina, en mettant les mains derrière le dos.
- D'accord. A bientôt alors ?
- O-Oui.

Dissimuler une voix qui tremble n'avait rien d'évident. Toutefois, Kotetsu ne le remarqua pas, et la raccompagna à l'entrée. De son côté, la jeune femme remit ses chaussures, puis, après un soupir discret, se tourna une dernière fois vers Wild Tiger.

- Au... Au revoir Kotetsu ! Et... Désolée de t'avoir importuné.
- Tu ne m'as pas importuné. Merci d'être passée, ce fut... un plaisir.

Elle lui adressa un ultime sourire trompeur, et quitta définitivement la demeure.
Kotetsu observa un long moment la porte qui s'était refermée sur lui, les pensées égarées dans le flux de souvenirs. Finalement il soupira, se gratta la nuque, et retourna au salon pour finir sa bière.
« Karina ne semblait pas déçue de ma réponse... », se dit-t-il, en avalant plusieurs gorgées de sa boisson. Il s'arrêta en repensant à cette révélation, et ses yeux se perdirent dans le vague,
En se remémorant ses souvenirs en compagnie de Karina, il comprit : ses étranges rougissements, l'agression dans certaines de ses phrases, son étrange comportement lorsqu'il se trouvait avec elle... Tout devenait évident aux yeux de l'homme, qui se sentait à présent stupide de n'avoir rien remarqué depuis « bientôt trois ans ».
Il baissa la tête, et son attention se porta sur la photo de Tomoe. L'éternel sourire qui reposait sur le visage de cette femme, partie trop tôt, le rassura légèrement, bien qu'il eût souhaité, à cet instant, pouvoir s'entretenir avec elle.


Karina marchait lentement, l'esprit errant dans des idées négatives. Si seulement il était possible de revenir en arrière, et éviter ainsi de refaire les mêmes erreurs... Jamais elle n'aurait pris le risque de se lancer dans des aveux niais et non réciproques. Non, si elle pouvait remonter le temps, elle changerait sa destinée pour ne jamais rencontrer Kotetsu, et ainsi l'aimer. Cependant, revenir en arrière était impossible, et par conséquent, effacer ce qu'elle considérait désormais comme des erreurs.
Sa gorge se noua, et les larmes montèrent considérablement. Pourquoi se retenir maintenant ? Même s'il ne la verrait pas dans cet état, elle s'y refusa. Pleurer ne mènerait à rien, et se laisser aller ainsi ne lui ressemblait pas.
Car elle voulait être forte. Porter en toutes circonstances le masque du courage.
Adieu beaux rêves, espérances enfantines, amour pur et sincère. L'image fantasmagorique à laquelle croyait la blonde, quelques heures auparavant, n'avait plus de sens. Quelle idiotie que de croire les dictons de notre cœur ! Plus jamais elle ne se laisserait hypnotiser par les belles paroles de Venus.
Plus jamais !

Elle longea les rues en sens inverse, accélérant peu à peu le rythme de ses pas. Refusant de l'admettre, la tristesse la poussait à se hâter de rentrer chez elle. S'enfermer dans sa chambre et attendre que la journée s'achève devint sa première préoccupation.

- Madame, j'aimerais un bouquet de roses bleues ! déclara une voix masculine, non loin de là.
- Des roses bleues ? Bien sûr ! C'est pour offrir ?

Karina ralentit sa course, et tourna la tête en direction de ces élocutions. A sa gauche se tenait un magnifique magasin de fleurs, orné de plusieurs plantes multicolores sur la façade. A l'entrée, un jeune homme discutait avec une femme plutôt âgée, qui portait un tablier où reposait le nom de l'enseigne.

- Oui, répondit le client, en saisissant son porte feuille.

La vendeuse fixa silencieusement l'homme, comme attristée par cette réponse.

- La personne à qui vous allez les offrir aime cette variété ?
- Hum ? Et bien, ma copine est fan de l'héroïne « Blue Rose ». Je crois qu'elle la considère comme un modèle à suivre. Du coup, elle adore les roses, et surtout les bleues, expliqua celui-ci en riant.

L'héroïne en question sourit à cette réponse. Après une journée aussi éprouvante, entendre un compliment lui mit du baume au cœur. Néanmoins, la mine attristée de la vendeuse ne lui inspira guère confiance. Cette dernière reprit la parole, tandis que Karina s'apprêta à repartir.

- Je vois... Mais... Connaît-elle le symbolisme de la rose bleue ?
- « Le symbolisme de la rose bleue » ? répéta le client, intrigué.

La femme âgée hocha la tête, et se tourna vers un panier qui contenait une bonne dizaine des fleurs en question. Quelques gouttes glissaient sur leurs pétales azurés, et certaines s'éclataient sur le sol, donnant alors l'impression que des larmes s'en échappaient.
Tout aussi curieuse que l'acheteur, Karina ne détourna pas le regard de la scène, et attendit les explications de la fleuriste.

- Oui. Dans le langage des fleurs, la rose bleue exprime le mystère et la patience. Mais c'est aussi une plante qui incarne l'espérance éternelle.

La vendeuse ferma les yeux, soupira, et continua enfin son récit.

- Et c'est avant tout une fleur qui symbolise la pureté d'un amour impossible. Offrir un bouquet de ces roses revient à dire : « Je vous aime, mais je sais que je n'ai aucune chance. Pourtant, je garde espoir. ».

Un silence traversa l'environnement, laissant le client assez étonné par cette révélation. Il regarda la fleuriste, pensif, et se massa nerveusement la nuque.

- Je vois... Alors, je vais en prendre des rouges.

Alors que l'homme payait pour de bon son achat définitif, une larme atterrit sur le trottoir. Cette fois-ci, elle n'appartenait pas aux fleurs bleues, mais à Karina.
Le masque était tombé.
Quelle affreuse ironie du sort, que de porter le nom d'une Rose qui nous sied à merveille.


Note de l'auteur : Et voilà... J'attends vos avis avec impatience sur ce coup (même si je suis un peu angoissée... XD) !
En toute honnêteté, je ne vois vraiment pas ce couple tenir la route, et j'ai essayé de retranscrire du mieux que possible mon point de vue dans ce chapitre. A mes yeux, Kotetsu n'aime et n'aimera que Tomoe, et ne peut songer à la "remplacer". J'espère ne pas décevoir les fans du Kotetsu/Karina, mais sachez que l'histoire n'est pas encore terminée, loin de là : ce n'est que le début !

Prochain chapitre le 11 Octobre ! A bientôt !