Salut à tous, désoler pour le retard (encore) !

Ce chapitre m'a vraiment donné du mal mais il est là et comme toujours avec un bonus.

Je remercie tous ceux qui me laissent une review et ceux qui me lisent, c'est a dire vous ! Un grand merci !


Chapitre 10 : Différences.

Ventus : j'eus vraiment du mal à me faire au fait que ces gosses de riches étaient là pour bosser avec nous. Encore nos cousins on le sait et on s'en fiche pas mal, parce que quand ils viennent ici ça se voit pas qu'ils sont riches. Pareil pour l'arrivage de cette année. Mais là, je comprends qu'il y a vraiment un fossé entre eux et nous. J'échange souvent des regards avec Cloud et je sais que l'on pense la même chose. Mais le pire c'est quand je regarde Vanitas.

Merde, je l'aime à en crever et ne pourrais jamais être plus qu'un amour de vacances. Il va rentrer chez lui bientôt, il va reprendre sa vie de riche et moi je ne serais qu'un agréable souvenir et rien de plus.

- Aïe !

- Ven ça va ?!

- Ouais, juste une écharde, j'vais soigner ça d'suite.

Je retourne à la maison la mort dans l'âme. J'y retrouve Roxas, lui aussi a tout vu, le bruit de ces bolides l'ont réveillé. Il a le museau bas alors qu'il s'occupe de ma main, il est le seul à pouvoir nous soigner sans problème. Lui aussi il pense comme nous.

- J'ai l'impression qu'on nous a volé quelque chose, me dit Roxas.

- Ici ?

Je regarde tout autour et pourtant rien n'a changé de place.

- Non, dans notre vie. Si … si papa et maman n'étaient pas morts Cloud aussi aurait une belle voiture comme ça.

Je ne dis rien parce que j'y ai aussi pensé, si nos parents n'étaient pas... Mes yeux me piquent quand je prends enfin la mesure de tout ce qu'on n'aura jamais, à commencer par des supers parents.

- Eh Ven, faut pas pleurer. Nous on a mieux que les voitures.

- Ah ouais ? Moi j'vois pas !

- Ven...

- Merde ! On a une maison pourrie qui tombe en ruine dès qu'on la reconstruit, on n'a pas d'parents, on n'a rien ici !

- Si ! On a un Cloud ! Il a toujours été là pour nous, il nous aime ! On est une famille et on a une maison, c'est pas parfait mais c'est mieux qu'un foyer social.

- Je sais, t'as raison Rox' mais … merde !

Je fonds en larmes comme une loque et serre fort mon petit frère contre moi, d'un coup je veux Naminé, je veux serrer ma sœur dans mes bras, sentir sa poitrine contre ma joue et sa voix douce qui me fait penser que tout va toujours bien aller. Mon souhait est exaucé quand je l'entends sortir de la cuisine. Je fonds sur elle, je me sens stupide mais là, allongé sur elle, le nez dans sa petite poitrine de petite femme je me sens bien.

- Qu'est ce qu'il y a mon Ven ? me murmure ma fée.

Je ne dis rien, parfois je n'ai besoin de rien dire, Naminé sens ce dont j'ai besoin et le reste vient tout seul. Comme maintenant, elle passe juste ses mains dans ma nuque et sur mes épaules, ses mains sont si douces et fraîches, elle me calme en un tour de main. Je lui rends les caresses en embrassant sa joue et en respirant ses cheveux puis me lève remonté à bloc pour finir la journée.

Naminé : Je souris en voyant mon jumeau retourner aux champs. On est tous un peu chamboulés par les nouveaux venus. Je regarde Roxas qui fixe Axel de loin. Nous pensons tout les quatre à la même chose. Je regrette d'avoir rejeté Saïx, étrangement je l'aimais, mais je ne veux pas vivre de séparations. Mes frères vont se retrouver avec des choix à faire, eux ou nous. Ça fait mal de les voir penser au déchirement futur, j'en veux soudain à ces hommes qui se jouent du cœur de mes frères.

- Naminé, tu veux de l'aide pour le dîner ?

- Non Roxas, ça va aller.

Roxas : Je regarde ma sœur partir vers la cuisine et je vais aux champs. Mes muscles me tirent et je vais très lentement mais ne change pas d'idée. Une fois sur la colline ou se trouvent les plantations

j'ai l'impression d'avoir une tige de fer fauché à blanc qui court dans mes jambes et me laisse tomber dans la terre meuble. Cloud me regarde mais Axel est à mes côtés plus vite.

- Roxas ?

- Je suis juste fatigué, mens-je avec toute la conviction du monde.

- Mais bien sûr, Roxas ne me mens pas !

Sa voix sort comme un ordre et je me sens vexé, normalement ça marche. De plus je n'aime pas qu'on me donne des ordres, on me demande mais je ne suis pas un toutou obéissant. Vexé et blessé, fou d'une douleur que je n'arrive plus à identifier je lance une poignée de terre et d'argile à la figure de mon amant.

- Ne parle plus jamais ainsi !

Pour le coup c'est moi qui donne l'ordre. Mais je n'ai pas le temps d'y penser, je suis figé dans les bras d'Axel qui me porte comme une princesse jusqu'au hangar. Et puis quoi encore ?!

- Lâche-moi ! Pervers ! Obsédé !

- Vas-y chéri, j'aime tant tes mots d'amour, ironise mon roux en avançant toujours.

Il claque la porte et la bloque de l'intérieur, une petite partie de moi à peur de ce qui peut m'arriver, l'autre est folle de rage. Je me débats alors qu'il ne fait rien de plus que me serrer dans ses bras. Je ne me reconnais plus, jamais je n'ai eu de crise de colère comme ça, on dirait un sale gosse et la part de moi qui a peur a aussi honte. Je griffe sa peau, je lui cris les pires choses au monde, et pourtant je pleure, dans le lot de mes insultes il y a des sanglots et des pardons. J'ai la sensation de devenir fou.

- Calme toi mon amour, susurre Axel dans mon oreille. Je ne vais rien te faire, je veux juste te parler, te rassurer. Non, je ne vais pas t'abandonner comme une merde dans ta campagne. Et même si je le pouvais je ne le ferais pas, jamais je ne te forcerais à coucher avec moi, jamais je ne te traiterais comme de la merde. Cesse ces pensées futiles mon amour. Je ne t'abandonne pas.

Pour le coup j'ai la nette impression que ce serait mieux pour lui. J'ai craqué, la dernière fois c'était de larme, là c'est de rage et j'ai si honte de moi. Il ne voit que mes mauvais côtés, comment peut il m'aimer alors que je lui en fais voir de toutes les couleurs. Il serait mieux avec Saïx. Ces pensées échappent à ma bouche et je me sens si mal dans ses bras, le quitter serait mourir mais rester avec lui serait le contraindre à une vie aux antipodes de sa personnalité.

- Roxas regarde moi … s'il te plait.

Je lève les yeux vers lui, il est flou pourtant ses yeux sont plus verts que jamais. Je le fixe lentement, dans ma tête son image s'imprime à tout jamais.

- Roxas, je t'aime, je ne l'explique pas, c'est la première fois que c'est aussi fort. La seule pensée de vivre loin de toi me terrifie...

Je sais qu'il y a un mais, il y a toujours un mais et détourne les yeux, je ne veux plus ni voir, ni entendre. Pourtant il ne dit rien. Alors je le regarde, curieux, et il me sourit.

- Tu sais ce que j'aime chez toi ?

Je fais non de la tête et le fixe un peu plus alors qu'il me garde penché en arrière, de telle sorte que mon équilibre repose sur ses seul bras.

- J'aime d'abord ta voix qui change comme le temps, puis ta gorge, quand je la vois c'est comme si elle me criait de l'embrasser. Ta peau si douce, ton odeur d'abricot, tes cheveux qui te font ressembler_

- A Ventus, je le coupe parce que je sais que je suis le sosie de mon frère.

- Je pensais plus à un ange. Mais j'aime aussi ta manie de réclamer des caresses, de baisser la tête quand tu es punis ou quand tu sais que tu as tord. J'aime te voir dormir, rire, te blottir tout contre moi...

Peut-on aimer autant de choses chez quelqu'un ? La liste ne finit pas et moi je suis comme une tomate trop mure. Je le regarde qui parle, j'entends mais les mots ne s'impriment pas dans ma tête, c'est comme être emprisonné dans un nuage. La seule chose qui devient une certitude c'est qu'il ne va pas m'abandonner, qu'il m'aime. Alors je m'accroche à lui, j'ai envie de l'embrasser, de lui montrer toute l'étendue de mon amour pour lui. Il me laisse l'embrasser puis je sens sa langue se glisser dans ma bouche et je me laisse porter par lui.

Mais très vite il délaisse mes lèvres pour mon cou. Il l'embrasse, le lèche, je ne comprends pas comment il peut autant aimer ma gorge. Et surtout comment il fait pour que chaque souffle, chaque pression de ses lèvres sur cette partie de mon corps, me déclenche un long frisson dans le dos et me donne la chair de poule. Je deviens coton dans ses bras et gémit doucement alors qu'il imprime la marque de ses dents sur ma gorge.

Il se relève et je ne vois que ses yeux verts, parfaits, comme un océan émeraude sans fin.

Soudain notre bulle est brisée par Cloud, difficilement retenu par Zack.

- Touche encore à mon frère et tu vas voir espèce de _

- Ça va aller Cloud on va les laisser cinq minutes le temps que Roxas se rhabille, tempera Zack.

Mon frère ne l'entendit pas de cette oreille, il me prit dans ses bras, me colla contre son torse et partit vivement vers sa chambre. Mon grand frère est très protecteur, depuis toujours et Zack et Axel ne pourrons rien y changer. Moi je m'en fiche un peu, mon frère ne veut que mon bien, il est juste un peu maladroit avec les sentiments. Mais on l'est tous dans la famille.

Je me retrouve donc dans sa chambre, avec lui sur le futon, nos jambes se sont emmêlées, comme un vieux réflexe, et je respire son odeur à plein poumon, lui fait de même et je le sens caresser ma nuque du bout des doigts. Qu'est ce qu'ils ont tous avec cette partie de mon corps ?! Petit à petit je me sens comme anesthésier par son étreinte. Ses doigts se font plus tendre encore son étreinte et moins lourde, il me laisse un peu plus d'espace et je me glus à lui en réponse. Il se pense exigent quand il agit comme ça mais moi je n'y vois que son amour pour nous, que sa façon maladroite de nous dire qu'il nous aime, alors je lui pardonne tout.

- Roxas … parle-moi.

Sa voix sonne presque comme une supplique, je le sens qui presse ma nuque et sans avoir mal j'éprouve comme une gêne dans ce geste. Je me colle un peu plus à lui et passe mes mains sur son cœur comme une caresse pour le rassurer. Je sens pulser sous mes doigts la chose qui est à nous depuis toujours, cette chose que nous a volé Zack. Mais pourtant je n'en éprouve aucune haine pour le brun, Cloud l'aime et a besoin de lui. Nous on a longtemps eut Cloud pour nous.

- Mes jambes me font mal quand je marche, ma voix est faible, je ne veux pas briser ce moment entre lui et moi, il y en a si peu de ces instants ou je peux tout lui dire. Quand j'ai vu le monde d'où vient Axel j'ai eu peur et je lui ai crié dessus, je lui ai dit des choses horribles et pourtant il continue de m'aimer, alors que je ne lui montre que le pire de moi.

Je sens mes larmes qui brûlent mes joues, et ne peux rien faire pour les arrêter. Je sens alors Cloud qui fredonne une musique qu'il jouait avant au piano. C'est très doux et les vibrations de sa cage thoracique m'apaise, peu à peu je sens toutes les choses qui me faisaient de la peine glisser hors de moi. Je me sens mieux et respire calmement alors qu'il me rassure de sa voix vibrante de douceur. On resta longtemps comme ça, juste lui et moi dans une bulle à nous. Je ne voulais pas en sortir, je savais qu'Axel m'attendait mais une partie de moi était redevenue un enfant et cet enfant ne voulait rien d'autre que la douceur et le réconfort de mon substitut de père.

Plus tard quand nous redescendons Axel me prend dans ses bras et me serre fort contre lui. J'étouffe un peu mais reste dans ses bras, rassuré qu'il veuille encore de moi.

Naminé (pendant que Cloud et Roxas sont en haut) : Je regarde Zack qui fulmine dans un coin alors qu'Axel est retenu par Reno pour qu'il ne monte pas. Moi, je reste dans mon coin à gribouiller tranquillement, je suis morose, je savais que ça allait arriver, et personne n'en est heureux.

Aqua, la compagne de Terra, vient alors s'asseoir près de moi. On a vraiment été surpris d'apprendre que Terra avait une si jolie fiancée. Si mes frères n'étaient pas en crise j'aurais fait un gâteau, mais la leur tristesse me fais mal, j'ai une boule dans la gorge et j'ai envie que tous ces gens disparaissent, qu'ils ne soient jamais venu troubler l'équilibre de la maison.

- J'espère que tous ces troubles ne sont pas dus à notre venue.

J'avais oublié la présence d'Aqua, sa voix est si douce et calme, elle est comme le son d'un ruisseau qui court dans les rochers. Pourtant je la regarde à peine et retourne à mes craies de couleurs.

- Mes frères sont fous d'amour pour leurs compagnons, mais …

J'hésite à continuer, elle semble si gentille, je ne veux pas qu'elle culpabilise pour une chose qui n'est pas de son fait. Elle presse un peu mon épaule et je regarde mon gribouillage, il y a six cœurs dont trois qui se fissurent. Sans y penser j'ai dessiné mes frères. On est tous les quatre fissurés de partout, nos cœurs ont été mis en miettes si souvent et pourtant on continue à s'accrocher. Sommes-nous trop lâche pour accepter notre sort et mourir ? Aimons-nous tant souffrir que ça pour à chaque fois s'attacher plus que de raison à ces gens qui passent dans notre vie ? Ces gens qui finissent invariablement par tout détruire, par piétiner nos cœurs et ne laisser rien de plus que des larmes amers … J'en oublie toutes les bonnes nouvelles récentes, de toute façon Roxas ne pourra jamais avoir des jambes comme tout le monde, c'est juste impossible. J'étouffe un sanglot, penser ainsi ne mène à rien et pourtant … j'ai l'impression de sombrer.

- Chut … ça va aller.

Sans savoir comment je me trouve dans le giron d'Aqua à sangloter comme une enfant. J'ai si souvent eu envie d'avoir une maman comme mes copines, pas une femme parfaite comme dans les livres mais une maman qui nous prenne dans ses bras quand ça va mal, qui nous écoute et nous gronde gentiment, qui nous embrasse sur le front pour nous prouver qu'au fond on est toujours des enfants en besoin d'affection.

A ce moment Aqua incarne parfaitement cette figure maternelle dont j'ai tant besoin, j'en oublie les gens autour de nous et alors j'ai à nouveau quatre ans. Je cris. Je pleure. Je laisse tout sortir, d'un coup, et me perds sous le flot de toutes ces petites choses qui ont fait de ma vie un enfer, ou je me complaisais en me disant que ça aurait put être pire. Je sens mon frère jumeau qui se colle à moi et Aqua qui nous serre contre elle en promettant que tout ira bien.

Le flot de me larmes ne se calme pas de suite, j'ai besoin d'un moment avant d'aller mieux, ou au moins le faire croire. Elle reste avec moi et subit mes hoquets et mes perles salés qui tachent son beau chemisier bleu. Quand ça finit enfin je sens sa main qui caresse encore mes cheveux, ses bras qui m'entourent et me protègent du monde, sa douceur et sa chaleur qui font que je me sens bien. Elle a une légère odeur de vanille et de caramel qui cachent un soupçon de rose sucré. Je respire lentement sa peau et pose ma main sur la sienne. Je sens son sourire contre ma tempe et me redresse pour lui rendre une pâle copie de son sourire lumineux.

Je sens alors les lèvres douces de mon jumeau sur ma joue et le regarde avec surprise. Ça fait des années qu'il a abandonné ce geste qu'il dit puéril. Je le vois d'ailleurs qui rougit un peu. Je comprends, il n'aime pas me voir triste et il me fait donc un bisou, une chose puérile mais qui me fait du bien. Je lui souris tendrement alors que je lui rends le baiser avec toute la douceur et l'amour que j'ai pour lui. Quand je le fixe à nouveau ce n'est plus mon frère mais une tomate trop mure qui me fait face. Je pouffe et le prends dans mes bras, on n'a pas besoin de mots, on sait, sans savoir comment, on sais de quoi a besoin l'autre.

Ventus : Voir Naminé pleurer m'a fait comme un coup au cœur, comme si j'arrêtais de vivre à cette simple vue. Vanitas a alors fait une chose impossible pour lui, il m'a prit doucement dans ses bras et m'a bercer, je pleurais, sans m'en rendre compte. Je me suis sentis horrible d'avoir privilégier mon bonheur à ma sœur, elle qui est et sera toujours là. Je glisse alors ses mots à l'oreille de mon amant.

- Suis je donc si bête pour ne pas voir que celle que j'aime tant souffre ?

- Non Ven, me murmure mon amour avec toute la conviction du monde.

- Je suis un monstre, je l'ai abandonné …

- Non, et si tu es un monstre moi qu'est-ce que je suis ? Par ma faute la fée de cette maison est en larme et mon seul et unique amour n'est pas mieux.

Wouah ! Mon Vanitas a vraiment dit ça ?! Je me tourne pour le regarder et Angeal me fait un signe comme quoi ce n'est pas la peine, je devine qu'il doit être gêné. Alors je lui rends son étreinte par une pression sur ses bras.

Non Naminé, nous ne sommes plus seuls. Tous ces gens venus nous aider vont tenir leurs promesses et plus encore. Dans le regard de chacun je peux voir qu'ils sont un bout de notre famille, même les derniers arrivants ont l'air prêt à devenir cette chose qui fait que notre vie est bancale, un soutient indestructible. Cloud n'est pas indestructible, moi non plus et Naminé … je vois enfin sa limite, j'ai dû la voir il y a longtemps mais je n'ai d'elle que l'image souriante de la reine de la maison. Roxas, seul Cloud connaît sa limite, Axel aussi, du moins je crois.

Je me défais de l'étreinte de Vanitas, j'ai les jambes en coton mais en même temps je veux rendre à ma sœur son sourire. Alors comme Roxas l'a toujours fait je rampe à quatre pattes. Ses larmes me fendent le cœur alors que je remarque la figure d'Aqua, on dirait vraiment maman, du moins le peu de souvenir que j'en ai. Une femme douce et attentionnée, un soutient qui sent bon et à qui on peut tout dire. Je rampe jusqu'à elle, je serre ma sœur, pose ma tête contre son ventre, ça ne la calme pas. Au contraire elle redouble de larme et je me sens comme un monstre.

Je veux pleurer moi aussi, je veux redevenir un enfant et faire un caprice.

Mais je comprends alors que ce n'est pas ce qu'il faut faire, je me détache d'elle, plus cotonneux encore. Seul les bras de Terra me retiennent. Il me dit qu'il a envoyé les autres arroser les tomates et qu'il fallait que je me calme. Je vois alors Aqua qui me regarde inquiète, et personne d'autre, je devine des gens dans la cuisine mais c'est tout.

Je sombre alors dans la tristesse et pleure comme un bébé dans les bras de mon cousin, mon frère de substitution qui reste fort pour nous. Sora sait-il la chance qu'il a ? Sans doute pas. Je sais que je ne dois pas pleurer mais en cinq minutes mon cerveau se vide de tout. Je sens alors les bras forts de Terra qui m'étouffent un peu pour mon bien. Je me reprends lentement et l'écoute me rassurer, sa voix profonde et vibrante résonne en moi et quand je me sens mieux je sais ce que j'ai à faire.

Avant de comprendre mon geste j'embrasse la joue salée de ma jumelle, comme quand on était petits et qu'elle avait peur du noir. Je me sens stupide de faire ça mais en même temps je vois qu'elle va mieux, elle me sourit et alors mon cœur s'envole. Je vais à nouveau bien et la prend dans mes bras, comme avant.

Quelques instants plus tard Cloud et Roxas descendent de la chambre, tout le monde est à nouveau là et je sens Axel plus jaloux que jamais. Je commence à penser que Zack c'est une raison, et c'est tant mieux. Cloud a hérité de maman son côté ultra protecteur qui va jusqu'à étouffer Roxas. Je plains presque mon frère mais il m'arrive d'être pire avec Naminé, alors je ne dis rien et étouffe ma sœur sont mes attentions maladroite.

Cloud : La nuit tombe très vite et j'ai à peine le temps de faire mes prévisions que Sephiroth est à côté de moi et me propose de me conduire jusqu'à la ville. Il suppose que je n'ai pas de voiture mais j'ai mieux. J'ai le joujou de maman !

- Merci Sephiroth mais je peux aller en ville par mes propres moyens.

Je vois alors la suspicion dans le regard de nos invités, même mes cousins ne sont pas au courant du vice de maman. Les jumeaux encore moins et Roxas est à des années-lumière d'imaginer ce que je cache depuis si longtemps. Je sors avec le sourire vers un petit hangar à côté de celui ou ils copulent à tout va. Et en sort mon bébé.

Roxas : Cloud pousse quelque chose vers nous. J'ai déjà vu cette bâche une fois mais j'ai jamais eu le droit de voir en dessous. Cloud dit qu'il peut aller en ville sans la Lamborghini et je le crois, on a le bus. Mais j'étais vraiment loin de m'imaginer ce qu'il y avait sous cette bâche.

Pour la première fois je vois une moto plus belle que toutes celles que j'ai vue. Énorme bolide noir qui brille d'une lueur dangereuse. Je vois nos invités qui bavent d'envie alors que Cloud nous présente Fenrir, la moto de maman.

Les plus surpris sont Zack et Terra qui bavent sur le monstre de maman, Sephiroth réplique qu'une moto sans permis ça sert à rien et mon frère agite une drôle de carte que je devine être le permis en question. J'ai des fourmis dans les jambes et la furieuse envie de monter sur ce bolide.

C'est alors que Cloud est cruel et méchant, il remet la bâche sur le bijou qui va vite et range Fenrir sans qu'on ait pu entendre le bruit du moteur.

Cloud : la nuit passe très vite et sans m'en rendre compte j'ai crée une grande frustration dans la maison. Fenrir fait souvent cet effet la première fois. Je me fiche de l'avis général et le douche après avoir petit déjeuner. Quand tout le monde est devant son bol de café je sors de la salle de bain avec la tenue que portait papa plus jeune pour faire de la moto. Un pull à col et zip moulant noir, sans manche, avec un pantalon noir qui ressemble à un pantalon militaire avec une paire de chaussures noires, une paire de grand de cuir et une boucle d'oreille avec une tête de loup finissent ma tenue. Ma peau naturellement blanche semble encore plus pâle et je m'estime heureux d'avoir un peu de muscles pour ne pas avoir l'air ridicule ainsi.

Il semble même que je fasse mon petit effet, habillé comme ça. Zack a oublié son petit déjeuner. Roxas est le moins long à la détente et me demande s'il peut monter avec moi sur Fenrir. La réponse est non, il est trop jeune et trop léger. Je le vois qui boude alors que Naminé me complimente sur la tenue. Je la remercie et annonce mon départ. Zack tient à venir alors je lui donne cinq minutes. Il lui en faut trois pour revenir avec un look proche du mien sauf que lui porte des bottes militaire ou il a rentré son pantalon, il est beau comme ça et je me lèche les lèvres discrètement.

Pourtant je demande à Sephiroth s'il peut venir, ou du moins transporter Zack. Non pas que je ne le veuille pas sur Fenrir mais il n'y a pas de casque. Moi ça me va, mais je ne veux pas que Zack risque quoi que ce soit. Quand on finit par partir je vois Roxas qui boude toujours, figé dans les bras d'Axel. Ça me rend triste de le laisser alors qu'il boude mais je ne peux pas le faire monter sur Fenrir c'est trop dangereux. Je lui caresse les cheveux une dernière fois, il ne me regarde pas et ça me fais mal.

Le voyage dure un moment et quand on arrive en ville j'ai eu le temps de penser à l'entretien avec Cid. Comme la dernière fois, je le rencontre dans ses bureaux, tout en haut d'un gratte ciel. Le bâtiment en verre ne m'impressionne pas vraiment et j'entre comme chez moi.

Zack : Je n'aurais jamais cru voir Cloud si alaise hors de chez lui. On dirait qu'il est comme nous un gosse de riche venu pour une formalité quelconque. Sephiroth et moi sommes surpris d'aller dans le meilleur cabinet d'avocat du continent, doubler de la banque nationale. Il m'a caché des trucs mon blond.

- Zack, j'aurais des choses à t'expliquer plus tard, me rassure Cloud.

Malgré le lieu et la circonstance sa voix reste douce et chantante. Il en est de même lorsqu'il s'adresse à la réceptionniste qui semble fondre face à mon amant. Ok, là, je suis jaloux. Je connais des gens ici et sais ce que l'on peut faire ou pas alors je me glisse contre le fessier de Cloud et pose mes mains bien à plat sur ses hanches.

- Puis-je voir Cid Hearts ? Demanda Cloud qui semblait connaître les règles des mondains aussi bien que moi.

- Monsieur Hearts est occupé, bredouilla la jeune femme qui comprenait que mon amant était chasse gardé.

- Dites lui que Strife est là et croyez-moi, il va se libérer, insista mon blond avec du velours dans sa voix.

Miam !

La réceptionniste n'a d'autre choix que d'obéir. Je connais oncle Cid, il n'est pas facile à vivre pour ses employés. Pourtant l'échange téléphonique est court et synthétique enfin une qui a compris comment il faut parler à notre oncle. Trois minutes plus tard Cid est face à nous dans un trois pièces bleu nuit.

- Cloud ! Mon grand, comment va le fils de ma petite sœur d'amour ?

Merde, il exulte de bonheur le con.

- Bien Cid, merci.

- Comment vont tes frères ?

- Bien, ils t'embrassent.

- Je me souviens que la dernière fois Naminé était venue dans une magnifique robe blanche, elle avait fait de vraies douceurs !

Acheter son avocat avec des gâteaux ?! C'est diabolique, mais génial.

- Tiens Zack, comment vas-tu mon garçon ?

- Bien Cid, mes frères vont bien aussi et Xion est ravie de son stage ici la semaine dernière.

- Ta sœur est charmante, m'assura mon oncle.

Quelle idée a piqué ma tante quand elle a épousé cet homme ? Il est trop bien pour elle. En un rien de temps nous sommes dans son bureau autour des papiers qui permettront à Cloud de garder ses frères. Je regarde mon amour signer les documents puis enchaîner sur l'argent que lui doit sa tante. Le côté de son père est vraiment pourri ! Entre l'oncle qui les utilise pour faire les nounous et la tante qui invente des dettes, ils ont été gâtés.

- Bon, on voit clairement les versements qui se sont fait au court des années. Cela n'a pas touché l'argent que tes parents ont mis dans le compte spécial mais tu as été sérieusement spolié, assure Cid. J'ai eu une discussion avec ta tante et elle refuse de te rendre l'argent. J'ai donc travailler avec le père de Zack qui fut le banquier de tes parents, tu as du le voir trois fois dans ta vie.

- Grand, costaud, qui ne cède rien à la famille de mon père depuis le début et même avant ? Compte spécial ? Depuis quand on a ça ?!

- Tout juste ! Répondit Cid qui oubliait la seconde question, très certainement à dessin.

- C'est bon je m'en souviens, dit alors Cloud qui fixait l'avocat qui ne répondait pas à toutes ses questions, mais mon amour ne se répète jamais.

Ils continuent à discuter un moment et je reste près de mon amant, debout, dans une position proche de celle d'un garde du corps. Au final Cloud cède à Cid et accepte de faire un procès à sa tante. Puis change de sujet pour la maladie du fer. Je vois alors le regard de l'oncle se faire très triste et Cloud décide d'enfoncer le clou. Sadique !

- Que nous as-tu encore caché ? Attaque direct mon blond.

- Ceci, et Cid sortit une lettre de son bureau qui était adressée à Cloud.

Mon cher et tendre se leva et lut contre la baie vitrée. Cid le regardait avec beaucoup d'attention. Il semblait ne pas connaître le contenu de l'enveloppe mais il craignait une chose qui m'échappait. Quand il eut fini la lettre Cloud ne dit rien, il ne regarda même pas Cid et quitta le bureau. Alors que j'allais le suivre Cid me retient.

- Fiston, il … Cloud a besoin d'être seul...

- Pourquoi ?

- C'était une lettre de ses parents, elle m'avait été confié peu avant leur mort, au cas où … j'ai eu le même type de lettre et …

- C'est si horrible ?!

- Non, c'est un message d'amour de ses parents mais en même temps beaucoup d'explication, et … je suppose … qu'il y a la raison pour laquelle Roxas n'a pas été soigné dès sa naissance.

Je décidais de ne rien dire de plus et laissais mon oncle qui se levait pour se servir un verre de scotch ou un autre alcool fort. En bas, je retrouvais Sephiroth qui me reconduisit à la maison. Cloud ne nous avait pas devancés, et je ne peux rien dire à Roxas quand il demanda ou était son grand-frère. Je me sentais vide et j'avais besoin de chaleur, celle de Cloud, mon Cloud qui n'était pas là...


Rappel : Cloud est le fils de la soeur de Cid et Zack et le neveu de l'épouse de Cid.


Bonus :

Sasha : Je me tends encore un peu, j'y suis presque ! Je peux sentir sous mes doigts la douceur de ses poils, je remonte ma main puis l'empoigne fermement avant de le brandir au dessus de ma tête tel un trophée, avec un grand « TA-DAM ! » digne de moi. J'entends alors des petites mains qui m'applaudissent et remarque mon public composé de trois têtes blondes. Mon petit Cloud chéri qui, du haut de ses six ans, me regarde émerveillé et mes jumeaux d'amour, Ven-Ven et Nami-chérie qui ont à peine quatre ans, me fixent comme si j'étais une héroïne de Disney.

Derrière eux, mon tendre époux nous regarde moi et ma peluche de lapin avec un sourire amusé. Thomas, mon mari depuis sept ans et mon compagnon de vie depuis une vingtaine d'années. Je le connais depuis toujours et l'aime plus que de raison, mon médecin miracle. Mon amour tend dans ses bras la cause de ma recherche intempestive de peluche, la raison de mon sourire qui s'agrandit. Ma plus grande joie et mon angoisse la plus profonde, mon dernier bébé, mon petit Roxas.

Je m'approche d'eux, le doudou dans les mains et observe mon tout petit. Oh oui, Roxas est vraiment minuscule et tout maigrichon, je m'en veux tellement d'avoir donné naissance à un bébé aussi faible. A sa naissance je me souviens avoir crié sur mon mari pour qu'il ne quitte pas mon bébé des yeux sans quoi je le quittais. Thomas me sais capable de tout.

- Regarde mon petit Roxas, c'est ton doudou, murmurais-je à mon bébé, revenant à l'instant présent.

Je collais un peu la peluche de lapin contre le torse de Thomas et observais émerveillée les petites mains de mon bébé prendre la peluche. Si tous mes enfants sont mes amours et que je vendrais père et mère pour les garder, Roxas est particulier à mes yeux. Parce qu'en le mettant au monde j'ai commis le crime que je redoutais tant.

Dans ma famille on a la maladie du fer d'une génération à l'autre et ce depuis la création de la machine à vapeur. Ma mère, ma grand-mère et même mon arrière grand-mère l'ont eu, je ne fais pas exception à la règle, à quinze ans mes jambes se sont peu à peu couvertes de ces étoiles noires. Magnifique annonce de mort. Ce jour là je me souviens avoir crié, pleuré, maudit la terre entière. Mais le pire ce fut quand j'appris pour la première fois que j'étais enceinte.

J'ai prié pour que mes bébés soient tous en bonne santé et si pour Cloud et les jumeaux ça a marché, pour mon petit dernier ce fut vain. À la naissance de Roxas la première chose que j'ai vu c'est cette petite tâche grise sur sa cuise gauche, cette tâche que je connais si bien pour en être orner. La maladie du fer. Ma dernière grossesse s'est très mal passée, j'étais faible, souvent malade, jamais tranquille. On m'a même amenée vers des climats plus doux pour que ça se passe mieux mais rien à faire j'ai donné naissance à un être bleu, tremblant et atteint de la pire des abominations.

- Sasha, si tu veux bien on va rentrer.

- Hum, oui, il faut faire le repas.

- Maman, on peut avoir un cadeau nous aussi ?

Je regardais alors mes enfants avec étonnement, comment ces petites crapules avaient pu être aussi sages dans un magasin de jouets. Cloud me fixait avec ses prunelles azures, digne héritage de son père, et sa frimousse irrésistible annonçant qu'il a une idée précise en tête et que le contredire mènerait à une scène mémorable en plein magasin de jouets.

- Bien sûr mon chéri, mais un seul joujou, d'acc ?

- D'acc !

Oui je sais, je suis une faible femme face à mes enfants, mais Cloud m'a déjà fait les pires bêtises du monde. On dirait pas en voyant sa bouille d'ange mais mon fils aîné est un vrai diablotin, un adorable diablotin, mais un diablotin quand même. Thomas cale un peu mieux Roxas dans ses grands bras et passe une de ses mains dans le creux de mon dos pour me coller contre eux. J'ai toujours eu peur que mon amour de toujours ne m'aime plus à cause de ma maladie. Pourtant cela nous a soudés. Il a toujours voulus faire médecine et mécanique avec moi il peut faire les deux. D'ailleurs si je marche normalement aujourd'hui c'est grâce à une de ses créations. Des tiges métalliques articulées qui me permettent de marcher plus longtemps sans éprouver de fatigue et donc sans avoir mal. Il a élaboré des centaines de théorie sur la maladie du fer et je me suis retrouver, sans le savoir, cobaille attitrée.

- Mon amour ?

- Oui ma chérie ?

- Tu pourras soigner Roxas ? Il pourra marcher normalement ?

- …

J'ai peur de sa réponse en même temps que je l'attends. Je prends mon petit bébé dans mes bras et regarde mon époux. Je vois alors une grande tristesse mêlé de résignation dans les yeux si bleus de l'homme que j'aime.

- Même si un jour je peux te rendre tes jambes, je crains ne jamais pouvoir offrir cela à notre enfant. La maladie est imprimée dans son corps et la lui retirer peut être plus dangereux que de la lui laisser en contrôlant son avancé.

Le regard grave de Thomas, sa voir profonde qui vibre d'une émotion mal contenue, tout cela m'achève et je manque de m'écrouler. Il me retient contre lui et comme à chaque fois me promet de tout faire pour que notre fils ai la vie la plus normale possible. A mon avis, pour qu'il ai une vie normale faudrait déjà qu'il ai une famille normale.

- Maman !

Cloud et Ventus arrivent chacun avec un camion de pompier rouge. Je soupire et ne regarde pas le prix. Un peu plus loin je vois ma petite Naminé avec une jolie poupée blonde et une robe à fleurs. Elle me fixe avec les yeux de son père et je craque. Pourquoi aucun de mes bébés n'a mes yeux ?! C'est joli pourtant les yeux noisettes ! Même leurs cheveux blonds tirent plus vers le blond de leurs père plutôt que le mien ? Je suis jalouse, ce sont mes bébés !

- Ils ont ton caractère, me chuchote Thomas le télépathe qui devine tout de mon cœur.

- Je ne pense pas que ce soit une bonne chose butée comme je suis.

Mon mari m'embrasse le sommet du crane, crétin de 1,90 m, je me sens ridicule avec mon 1,60 m. A la caisse, la vendeuse me prend encore une fois pour la petite sœur de mon mari et en profite pour le draguer. Alors se passe une chose inhabituelle, mes enfants si turbulents, sont d'un coup au tour de nous très sages. Ils fixent tous les trois la vendeuse de leurs yeux trop bleu et elle arrête de draguer mon Thomas.

- Maman, on peut avoir nos cadeaux ? Me demande alors Ventus.

Je répondais du tac au tac :

- Demande à ton père.

- Papa ? Demanda Naminé avec sa petite voix de souris.

La vendeuse blêmit alors que Thomas distribuait les jouets avec à chaque fois un geste très tendre et plein d'amour pour mes enfants.

Ils sont ma fierté et même si c'est sans doute impossible je les protégerais toute ma vie !


Voilà merci d'avoir lu !

A bientôt pour la suite. Laissez-moi un petit mot, s'il vous plait, en bien ou en mal ça me fait toujours plaisir !