Bonjour,
J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes de fin d'année. Je vous souhaite à l'occasion de ce chapitre une heureuse année accompagnée de tous mes vœux. J'ai pris du retard pour la publication et je m'en excuse.
Bienvenue pour ce chapitre 11, premier de 2019. Réflexion faites, vous ne trouvez pas que le dernier chapitre aurait pu être une fin ? Oui une Sad End mais ça encore ça passe, le problème c'était l'inachevé surtout. Après toutes les pistes que j'ai lancées à droite à gauche ça aurait été In Character mais moche de finir comme ça.
Bref, j'ai finalement décidé que Kisara serait plus heureuse avec Yugi parce que Seto est trop méchant et ne la mérite pas donc… Non non ne partez pas, je plaisante, je fais dans le drama certes mais ça reste du BlueShipping.
J'allais vous écrire que je suis plus gentille que dans le précédent chapitre mais ça ne s'est, encore une fois, pas passer comme prévu, vous verrez vite.
Merci KuroRainy-Chan et ChristopherRus pour votre soutien sans faille, vos reviews ainsi que vos compliments, je suis extrêmement touchée et heureuse d'avoir pu vous transmettre l'émotion que je voulais dans le dernier chapitre.
J'aime beaucoup moins ce chapitre que le 10ème mais il faut bien que je fasse avancer l'histoire là où elle doit aller.
Disclaimer again : Yu-Gi-Oh n'est pas à moi, aucun de ses personnages, je les emprunte juste pour me divertir et divertir les lecteurs.
Les pas de Seto résonnèrent bruyamment sur le sol de béton. De tous les endroits sur Terre où son mystérieux interlocuteur aurait pu lui donner rendez-vous, il avait fallu que ce soit une vieille usine désaffecté.
Quel cliché. Il détestait cela. Ne pouvait-il pas aller dans un restaurant chic ou encore prendre directement rendez-vous auprès de sa secrétaire ?
Il était cependant vrai, qu'au vu de la nature de l'appel, l'interlocuteur ne tenait certainement pas à pénétrer dans le bâtiment ultra sécurisé de la KaibaCorp.
Surtout au vu des menaces qu'il proférait car le coup de téléphone ne souffrait d'aucune équivoque dans ce domaine. Il menaçait clairement le PDG avec sa voix électroniquement déformée. L'inconnu avait déclaré que s'il ne venait pas au rendez-vous, Kaiba le regretterait amèrement et qu'il le ferait souffrir.
Seto était assez doué en affaire pour reconnaître lorsque quelqu'un bluffait ou pas et il pouvait affirmer que ce n'était pas le cas de son interlocuteur.
Suite à cet appel, il avait tenté de joindre Makuba mais cela avait été vain. Il espérait du fond du cœur que son cadet se contente de le bouder et n'avait pas une fois de plus été la victime d'un nouvel enlèvement. C'était dans le but de s'en assurer que le duelliste avait accepté de venir au rendez-vous seul.
Ce gamin allait rendre fou Kaiba. Il s'inquiétait pour lui, pour sa sécurité, de façon permanente. Quand allait-il comprendre que leurs vies n'étaient pas faites que de luxe et paillettes ? Il créait des envieux, se faisait des ennemis et comme il était connu pour être un roc sans cœur, le seul moyen de le faire tomber a toujours été son jeune frère.
C'est ainsi que le jeune duelliste se retrouvait seul au milieu de ce bâtiment en espérant avoir à faire à un simple malade mental extrêmement sûr de lui.
Il remarqua une enveloppe déposé au centre de la pièce qui lui semblait toute destinée.
« À découvert » pensa le jeune homme aux yeux bleus
Il s'aventura prudemment en observant son environnement, après avoir vérifié l'absence de piège visible dans les airs et autour du document.
Lorsque ce fut fait, il s'en saisit et en sortit une lettre ne portant que quelques mots.
« Sans Yugi, ton frère et toi seriez encore enfermés pour toujours en mon pouvoir et la KaibaCorp serait à moi. Aujourd'hui il n'est pas là et tu vas payer »
Un préambule mélodramatique à souhait qui aurait pût être terrifiant mais qui n'eut pour résultat que de rassurer le jeune homme car le savoir c'est le pouvoir et il savait désormais qui se cachait derrière ses messages mystérieux. L'homme qui avait comploté pour s'emparer de sa société il y a de nombreuses années, qui avait tenté de l'assassiner, d'enlever Makuba, qui avait séquestré leurs âmes dans des cartes de jeu.
« Je sais qui tu es, alors ne me fais pas perdre plus de temps et sors donc de l'ombre » déclara l'homme d'affaires
Il eut un rapide regard circulaire avant qu'il ne rajoute « Pegasus »
Sitôt le nom prononcé qu'un rire grave s'éleva dans le bâtiment. Un homme se dégagea légèrement d'un des épais piliers de l'infrastructure.
Malgré l'obscurité, Kaiba n'eut aucun mal à voir son costume rouge foncé, fermé avec ses boutons d'or. Mais ne s'attendait cependant pas aux restes.
« Surprit mon garçon ? » questionna l'autre
Cela ne se pouvait. Ce n'était pas l'homme aux longs cheveux blancs qu'il observait mais un cinquantenaire, ses cheveux autrefois noir tirant maintenant vers le gris. Il arborait toujours sa moustache ainsi que son regard glaciale dont avait hérité son fils adoptif.
« Gozaburo » chuchota Kaiba
Un nouveau rire glacial s'échappa des lèvres de l'homme, ravi que le PDG actuel de la KaibaCorp ait eu l'air si surprit de son retour.
« Tu te demandes sans doute comment j'ai pu revenir ? »
Ce fut au tour de Kaiba de rire devant son beau-père.
« En fait, je m'en moque totalement. À chaque fois que vous m'avez affronté, je vous ai vaincu parce que je vous suis supérieur. Il n'y a aucune raison pour que votre retour en ce monde change quoi que ce soit » se moqua le duelliste
Le jeune homme était confiant. Il possédait la KaibaCorp et jamais l'autre homme ne la lui reprendrait.
« Je ne suis pas là pour la KaibaCorp » déclara l'ancien président comme s'il avait lu dans les pensées de Seto.
Kaiba ne connaissait que trop bien l'homme qui l'avait élevé. S'il ne venait pas pour reprendre la Corp, il voulait se venger de lui, l'homme qu'il considérait comme responsable de sa déchéance et à juste titre.
« La vengeance alors ? » proposa presque ironiquement Seto avant de poursuivre « Vous vouliez me faire, comment avez-vous dit déjà, payer et souffrir ? »
Le sourire de Gozaburo s'agrandit.
« N'oublie pas, c'est moi qui t'ai appris tout ce que tu sais Seto, qui ai contribué à faire ce que tu es. Je connais également tes faiblesses »
Pendant un instant Kaiba eut peur de voir apparaître Makuba prisonnier mais il n'en fut rien. Il choisit donc de répliquer avec force.
« Vous ne savez plus rien de moi, vous appartenez au passé »
« Ma simple présence ici constitue la preuve que contrairement à ce que tu croyais, tu n'as pas réussi à enterrer ton passé aussi profondément que cela Seto » rétorqua l'ex magnat des armes.
Sans plus attendre et comme pour apporter encore plus de poids à ses propos, le beau-père de Kaiba sortit totalement de l'ombre en tirant vers lui le corps affaibli d'une jeune femme aux cheveux blancs
« Kisara » hurla instinctivement Seto en faisant un mouvement vers l'avant
Comme pour répondre à l'avancée du maître des dragons, une lame que le jeune duelliste ne se souvenait pas avoir vu auparavant se souleva de la main de Gozaburo jusqu'à la gorge de la jeune femme, elle-même maintenu fermement contre la poitrine de son ravisseur.
Sans qu'il ne puisse s'en empêcher, la même frayeur et rage qu'il ressentait pour Makuba l'envahit. Il regretta son manque de maitrise de lui-même car par cet acte, il avait montré à son beau-père que cela le touchait. Il aurait dû montrer de l'indifférence. Son visage devait pourtant trahir une autre émotion.
« Je me souvenais de toi comme bien plus confiant lors de notre dernière rencontre » signifia Gozaburo
Oui, même lorsque son beau-père pensait gagner le duel de monstre les opposants dans le monde virtuel avec son Necross Exodia, Kaiba avait toujours gardé confiance en lui. Il savait qu'il était meilleur et avait foi dans son jeu, foi dans son dragon blanc aux yeux bleus qui lui avait assuré la victoire.
Cette fois, ce n'était pas qu'une question de compétence ou encore de talent. Il gagnerait toujours sur ces points-là. Non, aujourd'hui Gozaburo trichait, encore et tentait de le prendre par les sentiments. Comment avait-il pu savoir que son passé égyptien l'unissait à Kisara ? Lui-même ne venait-il pas il y a peu de rompre tout lien avec la jeune femme ?
Il observa la jeune fille aux yeux bleus. Elle n'avait pas perdu le regard triste qu'arborait son beau visage la dernière fois qu'ils s'étaient vus. Cela rappela à Kaiba la douleur qu'il lui avait infligée. Il ne voulait cependant pas se la remémorer. Le jeune duelliste avait besoin d'avoir l'esprit au clair s'il voulait s'en sortir tous les deux. Seto avait peut-être décidé de la faire sortir de sa vie mais il ne souhaitait pas pour autant sa mort. Par son beau-père encore moins.
« Tu hésites sur l'attitude à adopter ? Il me semblait t'avoir enseigné que face à un adversaire, l'hésitation était une forme de faiblesse mon garçon »
« Cessez de m'appeler comme ça Gozaburo, je ne suis plus votre garçon depuis bien longtemps » ragea le jeune Kaiba
Le rire grave de l'homme le plus âgé retentit de nouveau. Cela agaçait fortement le duelliste.
« Bien sûr que si, tu es ce que tu as toujours été. Un petit garçon qui joue à être un homme »
Seto allait répondre lorsqu'il vit la lame, sans doute bien plus acéré que sa langue, de son beau-père se presser un peu plus durement contre la gorge de Kisara, faisant luire quelques gouttes de sang. Il devait réagir.
« Je la connais à peine. Qu'est-ce qui vous fait penser que cette fille compte à mes yeux ? » Questionna indifféremment Seto
Un gémissement de douleur s'échappa des lèvres de Kisara. C'était le premier son qu'il l'entendit émettre et son regard se reporta de nouveau sur elle. Il y avait toujours la même souffrance qui semblait indélébile mais également de la force, la force de caractère qu'il avait déjà vu briller en elle. Malgré la situation qui aurait dû la pousser au silence, la jeune femme s'adressa avec courage au duelliste en face d'elle.
« Seto… Sauve-toi »
L'estomac de Kaiba se tordit. La façon dont elle avait prononcé son prénom, ce qu'il voyait dans ses yeux, elle lui demandait de sauver sa propre vie quitte à l'abandonner à son sort. Elle était prête à mourir, pour lui, malgré ce qu'elle avait entendu, ce qu'il avait dit d'elle.
Cette interruption, bien que bouleversante pour Seto, n'eut aucun effet sur son beau-père qui poursuivit sa discussion avec son fils adoptif comme si de rien n'était.
« Donc si je lui tranche la gorge, tu ne ressentiras rien ? »
L'idée horrifia Kaiba au fond de lui. Il était cependant sûr d'une chose. Peu importe ce que Gozaburo voulait obtenir de lui, il ne l'obtiendrait pas en sacrifiant son unique monnaie d'échange. Il bluffait. Le duelliste ne cédait pas au chantage de toute façon, puis il se le répétait, son beau-père bluffait et il allait le prouver.
« Absolument rien. Qu'elle meure » déclara froidement Kaiba en fermant pendant une seconde les yeux. Cela lui permettait de réfléchir et surtout de ne pas voir le visage de Kisara face aux propos qu'il tenait encore une fois. Il poursuivit en faisant une analogie avec les échecs tout en fixant le quinquagénaire.
« Alors allez-y. Sacrifiez votre reine. Mettez-moi au défi. Allez-y. Vous savez que je n'ai jamais refusé un de vos défis. Je vous ai écrasé lors du dernier. » Brava Seto
Le sadisme de Gozaburo se dessina clairement sur son visage. Kisara ? Une reine ? Ceci n'était pas une stratégie mais juste une petite leçon dont « son » garçon avait besoin mais s'il tenait à voir cela comme une partie d'échec, alors qu'il en soit ainsi.
« La dernière fois tu m'as vaincu en utilisant ton dragon blanc aux yeux bleus, ce n'est que justice que je te l'enlève aujourd'hui »
Avant que Kaiba n'ait eu le temps de faire le moindre geste, la lame que tenait l'ex directeur s'éloigna de la jeune femme, s'éleva dans les airs pour s'abattre brutalement au milieu de sa poitrine. Le visage de Kisara se contracta sous l'effet du choc, de la douleur. Le kidnappeur qui tenait fermement le couteau fit pivoter la lame à l'intérieur de la poitrine de sa victime avant qu'elle ne ferme les yeux.
Sans qu'il ne puisse rien faire, Kaiba resta figé devant cette scène d'horreur. Aucun son ne put s'échapper de ses lèvres.
« Echec et mat Seto»
Gozaburo retira la lame du corps de Kisara avant de le pousser vers son fils adoptif. C'est à cet instant que les jambes de Kaiba décidèrent de se remettre à fonctionner et s'élancèrent en avant pour la rattraper.
Malgré les dangers que cela représentait, le PDG ne voyait plus rien autour de lui. Pendant un instant il avait oublié le monde, Gozaburo ainsi que son couteau tranchant.
Il avait le sentiment de courir au ralenti tandis qu'elle chutait. Malgré toute sa rapidité, il n'y arriverait pas et il le savait.
Elle s'effondra sur le côté et Kaiba qui venait de l'atteindre la poussa immédiatement sur le dos pour presser ses deux mains contre la blessure. Le sang jaillissait en quantité. Il était inutile d'être médecin pour savoir qu'une grosse artère était touchée. Vu l'endroit, il était certain qu'il s'agissait de l'aorte. Elle devait être en lambeau vu comme Gozaburo avait fait pivoter la lame en elle. La jeune femme était déjà inconsciente avant même de toucher le sol. Il ne pouvait rien faire pour contenir l'hémorragie, elle était trop importante.
Après une durée indéterminée qui ne parut que quelques secondes pour le jeune homme, le sang cessa de tout inonder. Seto savait que ce n'était pas signe d'une quelconque amélioration. Devant le manque de liquide, la pompe cardiaque de la jeune femme s'était tout simplement désamorcée. C'était fini.
Alors, avec une lenteur qui ne lui ressemblait pas, Kaiba ôta ses mains du torse de la fille aux cheveux blanc. Il ne voyait que du rouge sang. Autour de lui, sur ses vêtements, sur Kisara. Elle était morte et c'était de sa faute, il avait son sang sur les mains. Kisara. Ce n'est pas ce qu'il voulait. Tout était de sa faute.
« Seto » chuchota une voix qui le sortit de ses pensées morbides tout en saisissant son épaule
Malgré le choc, Kaiba se reprit, ne voulant pas subir par son beau-père le même sort que la femme devant lui, il se retourna.
Un moment, la lumière sembla l'éblouir avant qu'il ne distingue un homme qui n'était pas celui à qui il s'attendait.
« Yugi ? »
Un mince sourire étira les lèvres de son vis-à-vis
« Pas vraiment »
L'expression du PDG changea du tout au tout, comprenant qui se tenait devant lui tout en sachant que cela était impossible.
« Atem »
Le sourire du pharaon s'agrandit légèrement avant de disparaître quand son regard se porta sur le corps ensanglanté de la jeune femme. Ceci n'échappa pas à Kaiba.
« Tu es revenu pour la sauver ? »
La tête du souverain se secoua pour réfuter les propos de son ami.
« Je ne peux rien pour elle. Je suis là pour toi Seto. Pour te mettre en garde. Le passé est destiné à se reproduire. Tu dois l'empêcher cette fois, toi seul peut la sauver, vous sauvez »
Kaiba avait tellement souhaité au cours de ses derniers mois pouvoir discuter avec Atem, le revoir, juste une fois. Il avait eu tant de questions qui lui paraissaient maintenant tellement insignifiante dans cette situation.
Il cligna des yeux plusieurs fois en voyant déjà disparaitre la silhouette du roi d'Égypte dans le même halo de lumière d'où il était apparu. Seto ne voulait pas qu'il parte. Il n'avait pas compris un traître mot de ce qu'il venait de lui dire. Quel sens cela avait-il alors que lui-même trempait dans le sang de la jeune femme qui était morte à cause de lui.
Mokuba avait retrouvé le puzzle, il devait le confier au souverain pour qu'il puisse utiliser ses pouvoirs. Il n'y avait qu'Atem pour sauver Kisara de la mort vu que Kaiba avait déjà échoué dans cette entreprise.
Pourtant, il partait, encore, il le laissait de nouveau seul.
En se regardant couvert de sang, Kaiba hurla un « non » déchirant qui ne lui ressemblait pas tout en fermant les yeux.
Lorsqu'il les rouvrit, il ne vit rien à cause de l'obscurité de la pièce dans laquelle il se trouvait. Il était assis. Par réflexe, il tendit la main sur le côté pour allumer la lampe sur sa table de nuit qui éclaira la pièce.
Il était dans sa chambre, assis dans son lit, le cœur battant et le souffle court.
Tout ceci n'était donc qu'un rêve ?
Un cauchemar oui pensa le jeune PDG. Un horrible et monstrueux cauchemar.
« Elle est vivante, elle est bien vivante, tu n'as pas son sang sur les mains » se répéta Kaiba en fixant désormais ses mains parfaitement blanche, comme s'il essayait de faire entrer lui-même cette vérité dans son esprit
Se le répéter n'était cependant pas assez ce soir, il devait le constater.
Il se leva donc de son lit et se dirigea vers la chambre d'ami d'une démarche qu'il aurait souhaité plus sûr et plus détaché également mais il n'en était rien. Son pas était légèrement pressé. Cette attitude lui déplaisait à lui-même mais il en avait besoin.
Kaiba pénétra sans frapper, il était chez lui de toute façon, dans la pièce de nuit réservé aux invités et alluma la lumière.
Il put observer la profusion de paquets dans la pièce ainsi que les draps du lit, non défait, simplement froissés mais surtout vide.
Tout lui revint en mémoire d'un seul coup, une mémoire qu'il avait occulté visiblement pendant ses deux premières minutes post-réveil. Elle était partie. Ils avaient passé la soirée ensemble, bu. Seto avait ressenti des émotions nouvelles, une douleur avait saisie Kisara. S'en était suivi la révélation d'une date clé de son histoire, de leurs histoires, la colère, Yugi, la destruction du rouleau antique après avoir cru mourir de douleur, Kisara. Il avait hurlé des choses qu'il savait blessante et elle était partie, le détestant sûrement.
Après cela, il avait fini de dévaster le salon, rejeter le puzzle du millénium qu'il avait tant convoité, repousser Makuba, confirmer sa décision de ne plus jamais la revoir et finit par aller se coucher lorsqu'il n'eut plus rien à briser pour se défouler.
Seto n'observa pas plus l'ensemble des paquets que Kisara ne récupérait jamais et se dirigea vers la chambre de Makuba qu'il fut surprit de trouver totalement vide. Le lit était parfaitement fait ce qui témoignait de l'aptitude de son frère à découcher sans le moindre préavis. Au vu de la nature sanglante du rêve qu'il venait de faire, même s'il savait que ce n'était pas rationnel, il s'inquiéta immédiatement.
Kaiba retourna dans sa propre chambre et saisit son téléphone portable sur la table de nuit pour appeler son cadet.
Après une seule sonnerie, il bascula tout de suite sur messagerie signe que son appel avait été rejeté.
Seto savait que son frère était en sécurité. S'il avait été agressé, le téléphone aurait été détruit ou coupé, là son cadet l'avait simplement envoyé balader sans même se soucier que Kaiba le saurait parfaitement. Cette information confirma au jeune PDG la ténacité de la rancune que le plus jeune nourrissait contre lui.
Le jeune homme choisit d'aller se passer un peu d'eau sur le visage pour chasser les horribles souvenirs de la soirée et de cette nuit.
Alors qu'il se regardait dans le miroir de la salle de bain, Seto ne put s'empêcher de repenser à son rêve et Kisara.
Malgré sa décision de la chasser de sa vie afin de préserver sa santé mentale, son subconscient continuant de le hanter avec cette fille. De façon extrêmement déstabilisante et cruelle de surcroît.
Il avait beau se répéter que ce n'était qu'un cauchemar, il ne parvenait pas à l'effacer, tout semblait si réel. Gozaburo, pourquoi pensait-il à cet homme ? Il en avait fini avec lui, définitivement. Alors pourquoi faire de son beau-père le monstre de ses nuits ? Et pourquoi le faire tuer Kisara ?
« La dernière fois tu m'as vaincu en utilisant ton dragon blanc aux yeux bleus, ce n'est que justice que je te l'enlève aujourd'hui » avait dit le magnat des armes
Son esprit faisait sans doute une allusion à sa propre puissance, son pouvoir. Kisara n'était qu'une métaphore de cela tenta de rationaliser Kaiba.
Son cauchemar lui avait paru si réel. Il n'avait pas vu disparaître sa force mais il avait senti son cœur se fendre. Il l'avait vu mourir une fois déjà dans le monde de la mémoire du pharaon. À ce moment il s'était convaincu que le pincement qu'il avait ressenti n'était que dans son imagination mais là, c'était bien une émotion, même lui ne pouvait pas le nier.
Même s'il dormait, le PDG ne pouvait pas nier ce qu'il avait clairement ressenti lorsque son beau-père l'a lui avait arraché. Il l'avait bel et bien fait souffrir. Tout comme il avait été bouleversé que quelqu'un tienne assez à lui pour offrir sa propre vie.
« Mais elle ne l'a pas fait, ce n'était qu'un rêve » hurla Kaiba devant son miroir pour répondre à ses propres pensées qui le contrariait
Il aurait eu besoin d'en parler avec quelqu'un pour y voir plus clair mais c'était trop intime pour qu'il révèle de telles choses. Seto Kaiba n'était pas un faible, il pouvait gérer, il n'avait pas besoin de se confier à qui que ce soit.
Il y a encore quelques jours, le duelliste aurait voulu parler au pharaon mais sa nouvelle résolution de renoncer à tout ce qui le liait à l'Égypte et son passé antique l'empêchait désormais de le souhaiter.
« Atem » chuchota malgré tout Kaiba comme un appel, en fixant son propre reflet
Tout dans son cauchemar pouvait s'expliquer rationnellement, à coup de métaphore sur son pouvoir, de frayeur quant à la douleur provoquée par le passé, tout. Son cerveau même endormi était capable d'une grande créativité visiblement. Tout s'expliquait, sauf les propos de l'ancien souverain d'Égypte.
« Je ne peux rien pour elle. Je suis là pour toi Seto. Pour te mettre en garde. Le passé est destiné à se reproduire. Tu dois l'empêcher cette fois, toi seul peut la sauver, vous sauvez »
Qu'est-ce que son propre cerveau essayait de lui dire ? Cela n'avait pas de sens. Ni dans son rêve, ni dans la réalité.
Seto ferma les yeux, décrétant qu'il ne fallait pas toujours chercher un sens à chaque fois. Après tout ce n'était qu'un rêve, juste un rêve.
Kaiba savait qu'il ne trouverait plus le sommeil et il n'en avait plus envie de toute façon. Le jeune homme décida qu'après une bonne douche, il allait aller à la KaibaCorp pour reprendre son travail là où il l'avait laissé la veille comme si de rien ne s'était passé.
Yugi franchit la porte de sa maison et guida Kisara jusqu'à l'intérieur. Son grand-père devait dormir depuis bien longtemps mais il était inutile de dire à la jeune femme de ne pas faire de bruit. Aucun d'eux n'avait prononcé le moindre mot depuis qu'ils avaient quitté la demeure de Kaiba.
Le duelliste s'aperçut qu'il n'avait pas lâché la main de sa jeune amie. Elle n'avait pas fait le moindre mouvement pour se séparer de lui non plus. C'est comme s'ils se cramponnaient l'un à l'autre comme à une bouée au milieu de l'océan.
Rapidement, malgré l'heure tardive, de sa main libre, Yugi envoya discrètement un message à son meilleur ami Joey en lui demandant de passer d'urgence. Il en avait besoin.
Il regarda Kisara. Elle était belle mais il ne doutait pas qu'elle l'était encore plus avant que ses yeux ne soient rougis par le flot de larmes silencieuses qu'il l'avait vu versées. Ses traits étaient tirés. Elle avait indéniablement besoin de repos.
N'ayant pas de chambre d'ami, le maître des jeux conduisit la jeune femme jusqu'à sa propre chambre. Lorsqu'il l'eut atteint, Kisara se détacha de lui pour fixer l'environnement puis le lit une place de Yugi. Sans le quitter des yeux, elle parla pour la première fois :
« C'est à ce moment-là que tu me proposes de partager ton lit et de me consoler c'est ça ? »
La question fut froide. Elle surprit Yugi tant par le ton que le sujet. Sans plus réfléchir, il s'approcha de Kisara, la retourna vers lui et releva son menton pour la regarder dans les yeux.
Elle n'avait vraiment pas changé, même si elle ne s'en souvenait pas, Kisara avait toujours la même douleur et force dans le regard qu'en Égypte.
« Tu ne penses pas que tu as déjà assez souffert ce soir pour que je n'essaye pas de profiter de toi ? »
La question du jeune homme eut l'effet d'un barrage qui lâche pour la fille aux cheveux blancs qui s'effondra dans les bras de Yugi en sanglotant
« Pourquoi ? Pourquoi a-t-il fait ça ? »
Le duelliste savait qu'elle parlait des mots durs de Kaiba et non du rouleau pourtant les deux événements étaient dramatiques. Il ne savait quoi dire pour apaiser sa peine. Son rival venait de lui briser le cœur.
« Je ne sais pas » répondit sincèrement le maître des jeux avant de poursuivre « Je suis sûr qu'il ne le pensait pas »
« Pourquoi ? »
Alors qu'elle posait sa question, l'image du prêtre Seth revint en tête à Yugi, s'agenouillant devant le bas-relief du dragon blanc, priant la créature de garder en vie la jeune femme jusqu'à ce qu'il ait vaincu Zork. Il avait surpris un geste de tendresse lorsque son cousin lui avait caressé la joue avant de se relever. Seth avait chéri Kisara et Seto chérissait ses dragons, la part d'elle qui était venu jusqu'à la réincarnation du prêtre.
Non, il était évident pour Yugi qu'il ne pouvait pas le penser sans qu'il ne puisse pour autant dévoiler tous les détails à Kisara.
« J'en suis sûr, c'est tout »
La fille aux cheveux blancs redressa le visage pour le fixer un moment avant de se renfoncer dans son épaule.
« Tu me caches quelque chose n'est-ce pas ? » demanda t'elle, saisie de perspicacité
Le duelliste aurait pu lui mentir, nier mais ce n'était pas les valeurs qui l'habitaient. Ce ne serait pas faire honneur au noble pharaon avec qui il avait partagé son corps et aujourd'hui sa mémoire.
« Oui »
« Pourquoi ? »
« Parce que ce n'est pas à moi de te révéler certaines choses. C'est à Kaiba »
À l'évocation du nom du PDG, elle chercha en elle la force de l'éloigner de ses pensées en espérant que cela aurait le même effet sur sa douleur.
« Non, avec ce qu'il a osé dire, je ne veux plus jamais lui adressé la parole » lâcha-t-elle dans un élan de colère mélangé à des sanglots.
C'était trop d'émotion pour elle ce soir. Le jeune duelliste tricolore le comprit fort bien et décida de lui laisser un peu d'espace.
« Repose-toi ici ce soir. Demain sera un autre jour »
Il s'avança vers son placard pour saisir les draps qui lui seraient nécessaire afin de préparer le canapé lit du salon.
Alors qu'il allait sortir de la pièce, main sur la poignée, elle lui parla de nouveau
« Yugi, merci »
Il se retourna une dernière fois pour la regarder. Le jeune homme se demanda pourquoi elle le remerciait. Pour l'avoir emmener loin de la fureur de Kaiba ? Lui offrir un endroit calme et sécurisé où se reposer ? Pour ne pas profiter de sa fragilité ? Pour avoir refusé de lui mentir ?
« Je te dois bien ça » répondit sombrement le duelliste en sortant de sa chambre avant qu'elle ne puisse poser plus de questions
Il soupira de l'autre côté de la porte. Le maître des jeux n'avait pas menti, il, du moins Atem, lui devait bien ça. Elle était morte la première fois au cours de l'ultime jeu des ombres en protégeant Seth. Même quand Aknadin avait pris le contrôle de son pouvoir à travers Seth, elle avait réussi, le souverain antique lui-même n'avait pas su comment, à s'empêcher d'attaquer le pharaon sans défense après la défaite de Mahad. Si elle n'avait pas choisi de continuer à se battre pour eux, l'issue du dernier jeu des ombres aurait pu être bien différente et tragique.
Yugi redescendit dans son salon lorsqu'il entendit frapper à la porte.
Joey.
Il posa les draps sur le canapé avant de se diriger vers la porte. Il l'ouvrit et fut surprit de l'identité de son visiteur tardif.
« Bonsoir Yugi »
« Qu'est-ce que tu veux ? » demanda le champion de duel sans rendre son salut au jeune homme devant lui.
La colère commençait à monter en Yugi à la vue d'un Kaiba à sa porte même s'il tenta de se calmer en se souvenant que le plus jeune n'était en rien responsable des actes de son aîné. C'était à Seto qu'il en voulait, non Makuba. Le remord le saisit aussitôt quand il vit le visage du plus jeune empli d'une culpabilité qui n'aurait pas dû appartenir au cadet. Le maître des lieux soupira.
« Entre » invita t'il
Timidement le jeune vice-président de la KaibaCorp pénétra à l'intérieur sous le regard encore un peu dur de son hôte.
Le champion du monde s'avança vers son salon et cela lui rappela une scène qu'il avait vécue quelques jours plus tôt avec l'aîné des Kaiba. Il n'allait cependant pas offrir d'alcool à Makuba. Bien qu'il ait grandi et ait l'air nettement moins enfantin, Yugi doutait d'arriver un jour à le voir autrement que comme le jeune garçon perdu au royaume des duellistes à qui il avait un jour demander de lui faire confiance, à qui Atem avait fait le serment de les réunir lui et son frère. Un serment qu'il avait honoré.
Le jeune homme était-il là pour s'excuser au nom de son ainé ? Il était sûr que jamais Kaiba ne pourrait prononcer ces mots lui-même. Ça ne serait pas la première fois que le chef d'entreprise enverrait son jeune frère parler en son nom, il se souvenait encore de « l'invitation » à participer au tournoi ultime.
Dans tous les cas, Yugi n'était pas d'humeur. Le choc passé, il était plus en colère qu'autre chose contre son rival mais surtout honteux de ne pas avoir écouté son grand père concernant le rouleau.
Makuba posa sur la table de Yugi son épaisse valise et attendit. Tous les deux se regardèrent, connaissant déjà la suite logique de la conversation après cet acte du plus jeune.
« Qu'est-ce que c'est ? » questionna enfin le maître des jeux
« Le prix de la vérité »
Yugi regarda interrogativement le jeune Makuba en se questionnant sur la signification de sa phrase énigmatique. Le vice-président de KaibaCorp soupira avant de reprendre.
« Seto est devenu incompréhensible pour moi, il dit qu'il ne veut que récupérer son titre de champion du monde mais je sais qu'il y a plus que ça. Il me cache quelque chose, je veux comprendre quoi. Alors vois cela comme tu veux. Un cadeau, un rameau d'olivier, une excuse, un pot de vin. Je dois comprendre Yugi. Je veux donc parler avec Kisara et toi »
La dernière phrase jeta un léger froid dans la pièce au point de faire oublier au jeune homme le non-sens du début de la phrase de son invité. Le duelliste comprit au léger coup d'œil vers l'escalier que le brun savait que la jeune femme se trouvait sous son toit. Il était étrange de voir de l'inquiétude dans les yeux de Makuba malgré sa tentative de rester de marbre.
Il ne maîtrisait pas cet art aussi bien que son aîné.
Alors que Seto avait blessé Kisara, il savait au fond de son cœur que le cadet ne lui ferait pas de mal.
« Ne réveille pas grand-père. Deuxième porte sur la droite » indiqua finalement Yugi
Un sourire illumina le visage de Makuba, il allait se diriger vers l'escalier quand il se retourna et actionna l'ouverture du verrou de la valise avec son empreinte digitale. Un accord est un accord.
Lorsqu'elle fut débloquée, il fila relativement rapidement non sans quelques mots légèrement effrayant pour le duelliste numéro 1 :
« Ne sois pas en colère, je t'expliquerais tout après avoir parlé avec Kisara. Nous allons avoir une longue conversation toi et moi je le sens »
Puis il s'éclipsa.
Soudain nerveux face à la déclaration du jeune homme, l'ancien hôte du pharaon s'approcha de la valise en question et commença précautionneusement à soulever le couvercle. Sans savoir pourquoi, son cœur battit plus fort puis il eut le souffle coupé en reconnaissant l'objet qui lui avait appartenu, désormais partiellement reconstitué.
« Le puzzle du Millénium »
En arrivant devant la porte indiquée par Yugi, Makuba se demanda s'il devait frapper. En temps normal, si ça avait été en pleine journée, il aurait immédiatement su que la réponse était oui. Mais au vu de la présence du grand-père endormi dans la chambre d'à côté, il préféra s'en abstenir. Il pénétra silencieusement dans la pièce et la vit, dos à lui, allongée.
Lorsqu'il eut refermé la porte derrière lui, le jeune brun se racla la gorge pour signaler sa présence. La jeune femme se retourna immédiatement.
La surprise put se lire dans ses yeux et Makuba fut attristé d'y trouver encore la trace de quelques larmes.
Sans rien dire, il s'avança et s'assit à côté d'elle. Instinctivement il lui saisit la main.
« Je suis désolé »
« Ce n'est pas de ta faute, c'est la sienne » répondit-elle, incriminant l'aîné des frères
Le cadet des Kaiba secoua la tête.
« Si, je vous ai piégés tous les deux. J'ai été idiot. Je pensais qu'il y avait quelque chose entre vous. Qu'il fallait juste aider un peu le destin »
Kisara ne sut quoi répondre. Il y avait eu quelque chose entre eux, elle l'avait senti. Cet instant sur le canapé avant que son cœur ne la fasse souffrir, c'était magique. Tout avait été si parfait. Puis il avait tout gâché. Cette colère dans ses yeux, les hurlements, les propos haineux qu'il avait tenus. Elle revenait sur ce qu'elle avait pensé de lui.
« Les choses qu'il a dit… Il n'a pas de cœur » déclara la fille aux yeux bleus plus en colère qu'autre chose
Une part du cadet des Kaiba aurait voulu défendre son frère comme il l'a toujours fait mais d'un autre côté, il n'arrivait vraiment pas à le comprendre. Seto avait toujours été sa seule famille mais également son meilleur ami. En tant que tel, il ne comprenait pas les cachotteries que lui faisait son ainé depuis maintenant plusieurs mois.
Il allait répondre lorsque son téléphone se mit à sonner, il s'en saisit rapidement, décidé à vite couper la sonnerie, se souvenant qu'un certain grand père dormait dans la pièce à côté. Lorsqu'il vit qui l'appelait, il décida de simplement rejeter l'appel. Seto avait déjà assez fait de dégâts pour ce soir. Il tentait de les réparer et l'avoir au téléphone ne simplifierait certainement pas ses échanges avec Kisara.
Malgré sa légère rancune dû à l'attitude de Kaiba, le cadet choisit cependant de dire ce qu'il pensait réellement de son frère.
« Il a un cœur mais il a dû apprendre à se protéger, à nous protéger et s'est endurci au point de ne plus laisser personne le voir tel qu'il est réellement »
La jeune femme plongea son regard dans celui de Makuba. Elle voyait de la sincérité. Mais les regards pouvaient mentir se dit-elle ou alors elle n'était pas douée pour les interpréter.
« Je pensais qu'il portait un masque, comme toi. Une obligation dans le monde des affaires pour cacher bien plus de bonté » Après un temps d'arrêt, elle poursuivit « J'avais tort »
Elle essayait de s'en convaincre. Seulement, si elle avait réellement été persuadée par ce qu'elle racontait depuis tout à l'heure au sujet de Kaiba, la jeune femme n'en souffrirait pas autant. Il y avait eu quelque chose entre eux et il y avait ce qu'elle ressentait, ce qu'elle aurait préféré oublier. Cela avait été rapide mais c'était là
De nouveau, l'émotion qu'elle tentait de contenir lui revint, toujours aussi douloureuse.
« Kisara, raconte-moi tout »
Il était extrêmement étrange de se confier au frère de l'homme qui l'avait fait souffrir mais elle avait confiance dans le plus jeune. Elle se mit à tout lui raconter en omettant les émotions qu'elle avait ressenti toute la soirée, tentant de les oublier sans y parvenir jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus nier.
« Ça fait si mal Makuba » craqua Kisara
« Quoi ? » Questionna le jeune homme comme si la réponse ne lui apparaissait pas comme évidente
Ce fut les larmes aux bords des yeux et des sanglots dans la voix que la jeune femme lui répondit la triste vérité qui la hantait, ce qu'elle aurait préféré ne jamais éprouver :
« De l'aimer »
Trop stupéfait, sous le choc, il fallut un moment à Yugi pour reprendre contenance et saisir les pièces du puzzle.
Instinctivement il commença à les assembler. La dernière fois qu'il avait dû le reconstituer c'était dans l'urgence. Il allait être la proie des flammes après que Bandit Keith, contrôlé par Marek, l'ait brisé et se soit enfui. À ce moment, le jeune homme pensait que s'il pouvait le reconstituer, l'esprit du puzzle pourrait s'en sortir.
Sans cette pression, de vie ou de mort, le jeune homme allait encore plus vite, d'autant plus que les ordinateurs de KaibaCorp lui avaient partiellement mâchés le travail. Ce n'était pas tout cependant. Il voyait désormais les pièces d'un œil nouveau, comme si elles lui criaient l'endroit où il devait les placer.
« Atem » chuchota Yugi
Pendant son montage, bien qu'absorbé par sa tâche, le duelliste tricolore réfléchissait. Il comprit soudain les propos de Makuba sur le fait de se mettre en colère.
Kaiba avait sans doute profané le tombeau où avait eu lieu l'ultime duel entre le pharaon et lui. Entreprit des fouilles là où résidait la pierre du Millénium. Cela n'était pas respectueux.
Malgré cela, Yugi comprit de suite les raisons qui l'avaient poussé à faire cela. Il voulait ramener le pharaon du monde des esprits, pensant que le puzzle était la clé. Le jeune duelliste ne pouvait pas vraiment lui en tenir rigueur. Lui-même avait eu cette envie et cet espoir en découvrant l'objet quelques minutes plus tôt.
Il tenait à présent la dernière pièce entre ses doigts, celle représentant l'œil d'Oudjat. Il allait l'insérer lorsque quelqu'un frappa avec peu de subtilité à la porte.
« Joey »
Du moins c'est ce que le jeune homme espérait. Il n'était pas impossible que ce soit Kaiba lui-même cette fois, qui voulait ramener chez lui par la peau des fesses son cadet ainsi que l'artefact antique de son frère avait dû lui subtiliser.
L'ancien hôte du pharaon reposa le puzzle et son ultime pièce pour le compléter dans la valise de Makuba et la referma sans pour autant actionner le verrouillage.
Il se dirigea ensuite vers la porte qui une fois ouverte lui offrit une nouvelle surprise.
« Quoi ? Tu as dit « urgent » et je sais que tu ne m'aurais jamais demandé de venir en pleine nuit si ça ne l'étais pas vraiment, alors j'ai pensé que j'allais emmener des renforts » déclara Joey
Yugi put constater que Tristan et Téa avaient tous les deux des têtes de déterrés mais ils avaient quand même le sourire qu'ils n'arboraient que pour l'un d'eux quatre. Il fut touché. Ses amis avaient toujours été là pour lui et continuaient à l'être.
« Entrez les amis »
Les trois compères ne se firent pas prier. Il faisait relativement frais à l'extérieur à présent.
Ils se dirigèrent par habitude vers le salon des Muto où ils commencèrent à installer leurs affaires lorsque Téa remarqua la présence des draps sur le canapé. Elle regarda Yugi puis les draps avant de revenir à lui. Une question silencieuse qui n'échappa pas au jeune homme.
« Mon lit n'est plus disponible » se contenta-t-il dire en guise s'explication
À quelque part, il avait le mince espoir qu'il n'aurait pas à en dire plus. Cela aurait peut-être été le cas s'il n'y avait eu que Téa, mais c'était sans compter sur Joey et Tristan
« Comment ça ? Il y a quelqu'un d'autre dans ton lit ? Yugi ? Raconte »
Le maître des jeux se demanda s'il y avait une bonne façon de présenter les choses. Il allait devoir tout leur dire, simplement. Il commença par répondre à la question posé.
« Vous vous souvenez de la fille aux cheveux blancs au restaurant de l'autre jour ? »
Au vu du visage de ses amis, il sut à l'instant où il finit sa phrase que cette dernière avait été mal interprétée. Saleté d'hormones en ébullition de Joey et Tristan.
« Je comprends mieux pourquoi tu nous a subitement abandonnés à Burger World l'autre jour » déclara Tristan
« Sérieusement, si cette fille est dans ton lit, pourquoi tu n'es pas avec elle là ? » questionna Joey
Un « aie » se fit entendre de la part des deux compères. Téa n'avait rien dit mais était passée derrière eux pour leur mettre à chacun une énorme claque derrière la tête.
« C'est fini vous deux, bande d'obsédés »
Yugi se demanda si son amie n'avait pas parlé trop fort. Heureusement que le sommeil de grand-père était profond. Il se sentait bien trop honteux pour vouloir affronter les questions de son aïeul pour l'instant.
« Ce n'est pas ce que vous croyez, elle est avec Makuba et non je n'aide pas deux jeunes gens à faire des choses dans mon lit » dit-il en coupant d'avance Joey et Tristan
« Nous n'aurions jamais eu ce genre de pensées »
« Non jamais » confirma Joey avec le même air innocent que son ami.
Yugi soupira et croisa le regard de Téa. Il allait dire la vérité, toute la vérité et notamment celle qu'il cachait à ses meilleurs amis depuis des mois.
« Pour tout vous raconter depuis le début, cela commence le jour de mon duel ultime contre la pharaon »
L'attention de tous ses amis lui était acquise. Le sérieux était également revenu. C'est ainsi que Yugi commença à tout révéler. Il leur parla d'Atem, de la fusion mémorielle et du pourquoi, pour Kaiba.
Joey s'indigna bien sûr qu'Atem veuille continuer à aider Kaiba car, et bien c'était Kaiba après tout.
Il continua en racontant ses multiples tentatives infructueuses de contacter le PDG de KaibaCorp puis sa rencontre au Burger World avec Kisara. Il dut leur expliquer qu'il l'avait reconnu comme la fille qu'ils avaient vu dans la mémoire du pharaon, l'âme abritant le dragon blanc aux yeux mais aussi le grand amour du « faux Kaiba » comme l'avait qualifié Joey à l'époque.
« Elle n'est plus la même. Plus de mémoire. J'en ai donc déduis qu'elle était la réincarnation de Kisara, une réincarnation de Kaiba a trouvée et reconnue »
Yugi a poursuivi en racontant absolument tout ce qu'il savait, que ce soit sur Kaiba, Kisara, le rouleau antique trouvé dans la tombe de l'ancien prêtre ainsi que le destin qu'il avait subi lors de la dispute avec Kaiba qui l'avait mené à ramener Kisara chez lui.
« Je n'y crois pas ! Kaiba, cet arrogant prétentieux a osé te violenter et détruire un document historique qui appartenait au professeur Hawkins. Et dire que j'ai cru pendant un instant que le pharaon l'avait aidé à changer » ragea Joey en tirant sur ses propres cheveux
La déclaration fit mal au maître des jeux mais il n'eut pas le temps de s'appesantir là-dessus que Téa reprenait la parole :
« Pourquoi ne nous a tu pas parler de tout cela avant Yugi ? Nous pouvons aider »
Même s'il avait ses raisons, il était assez gêné de ne rien avoir dit à ses meilleurs amis.
« C'était si intime, c'est la mission que le pharaon m'a confiée avant son départ, je dois me débrouiller seul »
« Mais tu ne l'as jamais été Yugi, nous avons toujours été auprès de toi et nous le resterons. C'est ça l'amitié » expliqua solennellement son meilleur ami
Il vit Joey tendre une main, suivit de Téa qui plaça la sienne à coté puis Tristan. Le jeune homme savait ce que cela signifiait. C'était leur promesse. Le symbole de leur amitié qu'ils renouvelaient une fois de plus. Il savait ce qu'il lui restait à faire.
Yugi tendit également sa propre main de façon à former ce carré parfait. Il revoyait encore l'encre sur leurs doigts ce jour-là. Ce jour-là ? Ce fameux jour oui. C'est à ce moment que le pharaon avait rencontré Kaiba, ce jour où il lui avait ouvert les yeux, ce jour que tout s'était mis en place. Pegasus, les âmes, le roi des jeux, BatailleVille, l'Égypte, tout découlaient de ce jour précisément.
Le jeune homme aux cheveux tricolores se leva subitement et se dirigea vers le coffret abandonné par Makuba. Il ne désirait plus rien cacher à ses amis.
Il déposa le coffret au centre du quatuor qu'il était et souleva d'un geste le couvercle dévoilant l'objet plus que reconnaissable
« Oh mon dieu » jura Téa
« Est-ce que c'est vraiment ? » questionna Tristan
« Je n'arrive pas à y croire » s'exclama Joey
Bien que ce ne soit pas les mêmes déclarations, les émotions des trois amis de Yugi étaient identiques. La surprise ainsi que le choc. L'ancien possesseur du puzzle les avait lui-même ressenti en découvrant l'artefact.
« Kaiba » commença-t-il pour expliquer la présence du puzzle chez lui dans une boite estampillé d'un reconnaissable KC « Il a retrouvé le puzzle. Il voulait ramener le pharaon en ce monde pour obtenir l'ultime duel qui lui a été refusé »
Le dire à haute voix aidait le jeune duelliste à comprendre intégralement tous les propos de Makuba plus tôt. Comme le jeune vice-président, Yugi savait qu'il y avait plus dans les actes de Kaiba qu'un simple titre même s'il était vrai que l'ego de Seto aurait pu être une justification suffisante pour vouloir ramener Atem. Ses actions étaient, comme à son habitude, dans la démesure. Seulement, il y avait eu ce regard que le pharaon avait perçu avant de franchir les portes. Kaiba avait besoin d'aide, une aide qu'il ne s'abaisserait jamais à demander.
Muni d'une certitude, Yugi saisit sous le regard ébahi des trois autres la chaîne du puzzle pour le glisser autour de son cou. Le jeune duelliste s'empara de la dernière pièce et sut plus que jamais ce qu'il avait à faire.
« Maintenant il est temps » déclara-t-il simplement
Puis le maître des jeux replaça la dernière pièce de l'artefact pour le rendre à nouveau complet.
Fin du chapitre 11
Il ne me plait pas, je le trouve ultra plat et je n'arrive pas à l'améliorer comme je le veux. Je le poste donc en l'état mais je ne suis pas satisfaite de moi pour celui-là, surtout après le 10ème, peut-être justement à cause du 10ème. J'en étais probablement un peu trop fière, c'est dur d'être le 11ème après ça.
Voilà en tout cas, une Kisara qui elle a conscience de ce qu'elle ressent, ça en fait au moins une sur les deux.
Oui je l'ai tué (en rêve certes) pour la 2ème fois dans cette fanfic (la 1ère techniquement c'est pas vraiment moi puis c'était la Kisara antique) pourtant j'aime le personnage je vous assure mais j'avais besoin de ce rêve pour la suite.
Ah oui, la question, Atem's return or not ? Un avis ?
En tout cas merci d'avoir lu ce chapitre en rendez-vous pour le 12 qui arrivera plus vite que le 11. A bientôt.
Zarryn
