Chapitre 11 : Enigmes?
Leurs pas résonnèrent parmi le silence sinistre de cette maison qui malgré sa super propreté par endroit semblait inhabitée. Tentant de ne pas faire de bruits malgré tout, ils s'approchèrent de la dernière porte non exploré du rez-de-chaussée. C'est alors que plusieurs grognements sourds arrivèrent à leurs oreilles. Ils se retournèrent et aperçurent quatre créatures qui semblaient avoir été des chiens. Ils n'avaient plus de peau. Des lambeaux de chairs détachés leur donnaient un aspect effrayant. Sans hésitation ils levèrent leurs armes, prêts à faire feu. Le premier des chiens grogna de façon plus sourde et se mit en position d'attaque. Il fut bientôt suivit par ses comparses. Soudain, il s'élança sur eux. Ryô tira et le chien se retrouva sur le carreau… Cependant il se releva. Les autres chiens se mirent en position d'attaque à leur tour. Cette fois Ryô et Kaori n'attendirent pas et ouvrirent le feu en même temps. Trois minutes après les chiens gisaient sur le sol dans une mare de sang coagulé.
Comme si de rien n'était (alors que ce n'était pas vrai) ils se retournèrent vers la porte et l'examinèrent. Elle était en bois massif mais laquée et finement sculptée. Le massif central était une rose rouge. Lentement Ryô tourna la poignée de la porte qui s'ouvrit dans un grincement strident.
Saisie d'horreur, Kaori porta sa main à sa bouche pour s'empêcher de crier. Ryô était autant choqué même s'il ne le montrait pas.
Devant eux se trouvait une montagne de cadavres dont certains étaient dans un état de décomposition bien avancée. L'odeur était pire que pestilentielle et Kaori avait bien du mal à rester debout sur ses jambes. Il devait y avoir là entre vingt et trente morts si ce n'était pas plus. Un essaim de mouches virevolté bruyamment dans ce qui avait dû être une salle de bal. Les murs devaient avoir été autant luxurieux que le plafond qui était une réplique, à échelle réduite, du plafond de la chapelle Sixtine. Sur le mur de gauche des tâches violentes de sang ornaient le mur de formes bizarre. Là aussi il s'était passé quelque chose de terrifiant. Des boyaux, des organes internes, des morceaux de bras et de jambes traînaient à gauche à droite.
Sur la droite Kaori remarqua une autre porte et une baie vitrée, enfin à première vue. Les corps étaient entassés les uns sur les autres formant un chemin mortuaire et sanguinolent vers une fontaine surmontait d'une statue de Diane chasseresse dont les yeux flamboyaient comme… vivant.
Soudain un scintillement devant la fontaine attira leurs regards. Tandis que Ryô faisait un pas vers cette lumière, il y eut une sorte de râle grave, étouffé. Ryô s'arrêta à l'affût du moindre mouvement. Kaori leva l'Uzi machinalement. Une certaine tension avait envahi la pièce. Deux minutes après tandis que le silence était de nouveau maître des lieux, Ryô se remit en marche.
Cette fois deux corps se mirent à bouger et à avancer vers eux en émettant une espèce de gargouillis. Kaori chancela, forçant sur ses jambes pour rester debout. Ryô se mit alors à tirer encore et encore. Les deux êtres s'approchaient toujours. Soudain Ryô entendit le bruit distinct de l'Uzi. Tournant alors la tête il remarqua que d'autres corps s'étaient mis à bouger à leur tour. Leur plainte s'éleva à l'unisson.
Kaori sentait les vibrations de son arme résonner dans sa clavicule blessée mais ne lâcha pas la détente.
— KAORI SORT DE LÀ ! Hurla Ryô tandis qu'il se mit à courir vers le point brillant ayant noté que ces corps difformes se mouvaient assez lentement.
Kaori ne prêta aucune attention à ce que lui avait dit Ryô et continua à tirer, couvrant Ryô du mieux qu'elle le pouvait…Le temps sembla suspendu. Au plus les tirs pleuvaient, au plus d'autres corps se levaient et tombaient en une vague continu de terreur…
Ryô frôla un corps de trop près tandis qu'il ramassait l'objet en question. Une main s'agrippa à lui. Au même instant une balle la fit exploser. Ryô retourna alors vers la sortie en grande enjambée mais un peu plus prudemment tout de même. Arrivant près de Kaori, il l'attrapa par le bras et la tira en arrière lui faisant lâcher un cri de douleur… C'était le mauvais bras. Sortant alors tout deux de la pièce, Ryô s'empressa de chercher s'il avait une clef pour verrouiller cette porte. Ce ne fut pas bien long à trouver. Il utilisa alors la clef au blason de rose tandis que Kaori soutenait la porte fermée comme elle le pouvait pendant que derrière les créatures tentaient désespérément de la pousser. Le clic du verrouillage fut un heureux bruit. Kaori se laissa tomber sur le sol. La douleur dans son épaule s'était réveillée. Certes la douleur pendant les tirs était limite mais le geste vif de Ryô avait été terrible.
Ryô regarda la porte un instant, vérifiant qu'elle tiendrait un moment sous la pression. Cinq minutes après la plainte se tut finalement faisant du silence un puissant ennemi. Kaori parvint à se relever malgré ses jambes encore tremblantes. Ryô la soutint tandis qu'ils s'approchaient des escaliers.
— Désolé pour ton épaule ! Finit par dire Ryô.
— Ne t'en fais pas… Qu'as-tu ramassé de beau ?
— Heu… Encore une clef ! Répondit Ryô en ouvrant sa main.
— Au fait Kaori merci.
— Je t'en prie. Dis ! Tu as vu qu'il y avait une porte dans la salle ?
— Non ! … Tu veux y retourner ? Demanda Ryô avec un air mesquin.
— Sans façon aucune.
— Kaori… essaie de ne pas trop tirer si tu peux. Les vibrations de l'arme doivent choquer la cassure.
— Oui. Mais tu sais c'est supportable. Et si nous ne trouvons pas un point faible rapidement, nous risquons de manquer de munitions.
— Un point pour toi partenaire. Bon on monte à l'étage ?
— Nous n'avons pas trop le choix. En bas il n'y a pas d'issues ! Répondit Kaori ironiquement.
De nouveau le silence pesant fut maître des lieux. Leurs pas étaient masqués par le tapis rouge ornementant l'escalier de marbre blanc. Arrivés à mi-étage avec bifurcation, un bruit sourd de porte qui cède les avertit de la libération de ce qui restait de zombies vivants. Ils se regardèrent subrepticement et accélérèrent leur course prenant l'escalier de droite. Sur le petit balcon, ils se camouflèrent derrière des armures de chevaliers et observèrent le hall. Les créatures semblaient inaptes à monter les escaliers. Toutefois il devait y en avoir au moins quinze si ce n'était pas vingt. Le cœur battant, Kaori se répétait que tout ça n'était qu'un mauvais rêve et qu'elle allait bientôt se réveiller.
Ryô l'observa un instant. Puis il se retourna vers la porte et tenta d'en abaisser la poignée… Elle était fermée. Fouillant dans ses poches, il en sortit le trousseau de clefs et le passe-partout. Après une rapide observation il rangea le trousseau de clef et utilisa le passe-partout. Le déclic fit tressaillir et frissonner Kaori qui ne s'y attendait pas. Prenant délicatement Kaori par la bonne épaule, Ryô la rassura.
Puis il poussa la porte qui s'ouvrit dans un grincement sinistre. La nouvelle pièce était immense, remplit de meubles luxurieux, eux-mêmes comblés par une quantité de livres étonnante. Par contre côté propreté (pour cette pièce en tout cas)… Une épaisse couche de poussière recouvrait les étagères et le sol. Une foule de toiles d'araignée décorait les livres de leurs fils divers. Kaori et Ryô se séparèrent, examinant la salle chacun de leur côté. Il y avait là des encyclopédies, des dictionnaires de traduction, des livres à thèmes médicales portant sur les bactéries, la bactériologie, la biochimie, la biologie, la biologie moléculaire, la cellule, le cerveau humain, la génétique, la génétique moléculaire, le génome viral, le caryotype humain, l'immunité et le système immunitaire, l'immunologie, la pathologie, la psychiatrie, la psychologie, etc…
Il y avait une quantité industrielle de chaque thème de dix à vingt livres par thème. Voir plus selon la catégorie. On ne pouvait douter du métier de l'habitant. Sans doute un haut scientifique. Parallèlement il y avait aussi beaucoup de livres littéraires aussi bien en anglais, japonais, français et d'autres langues… (Note de l'auteur : Heu ! Bon ! Je ne vais pas faire une énumération complète non plus… c'est une très grande bibliothèque)
De nouveau ensemble et à l'autre bout de la pièce :
— Tu as trouvé quelque chose Kaori ?
— Non rien mais…
— Mais ?
— J'ai l'impression qu'un livre a été déplacé récemment.
— Tu sais dans une bibliothèque c'est courant et …
— Ryô ! Je ne plaisante pas… Viens voir c'est à côté.
Tirant Ryô par la manche, Kaori l'emmena devant une étagère remplit de livres dont une toile d'araignée était brisée et dont la poussière n'était que peu visible sur dix bon centimètres de large. La marque était nette. C'était vraiment récent.
— Bravo Kaori. Je dois avouer que… De mon côté je n'ai presque pas trouvé mieux !
— Que veux-tu dire ?
— Viens voir !
Faisant de mi-tour, ce fut au tour de Ryô de tirer Kaori vers sa découverte. Et il faillit la tirer par le mauvais bras. De l'autre côté Ryô avait trouvé une plaque où il manquait trois pièces comme un puzzle à moitié fait.
— A ton avis Ryô… Quelle est l'utilité de cette plaque ?
— Alors là… Peut-être une sorte ce verrou !
— Et les plaques rondes manquantes en sont les clefs je présume.
— C'est probable… Bon vu que nous ne sommes pas plus avancés pour le moment, allons visiter le reste de l'étage.
— OK !
Ils retournèrent alors vers la porte d'entrée de la bibliothèque, épiant le moindre bruit suspect. Le râlement lugubre des zombies, ainsi que leur odeur typique se rappela alors à eux. Les créatures erraient au rez-de-chaussée. A priori ils ne savaient pas monter les escaliers. C'était un avantage pour Ryô et Kaori. Dans un pas de course, ils retournèrent au mi-étage pour prendre l'escalier qui menait à l'aile gauche du manoir.
