Salut à tous et à toutes ! Donc voilà, Thalia s'est tapée Sandor o_O Honnêtement quand j'ai commencé à écrire cette fic je m'y attendais pas du tout ! Elle a échappé à mon contrôle x) M'enfin, c'est pas plus mal, il a besoin d'affection le Limier...

Salut Mizumiii ! Oui, je suis Satan x) Et j'en suis fière ! Quel plaisir de couper juste là et de savoir que les lecteurs allaient faire des bonds, tu peux pas savoir... MWAHAHAHA ! Enfin bref, sinon, j'espère que la suite te plaira autant, même si les choses vont se corser pour ces deux tarés... x)

Enjoy !

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Chapitre 11

La Fraternité Sans Bannière

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Thalia sifflotait joyeusement sur l'air de la Belle et l'Ours. Vol-de-Nuit et Etranger n'avaient pas l'air de détester sa chanson mais, chevauchant à côté d'elle, le Limier soupira d'un air exaspéré. Cependant, il ne dit rien. Ils étaient tous les deux de bonne humeur depuis la veille. On se demandait bien pourquoi…

– Je me demandais, lâcha-t-elle brusquement. Quand on a fui Port-Réal, pourquoi ne pas avoir emmené la petite Stark avec nous ?

Le visage de Sandor s'assombrit. Mais Thalia le regardait avec curiosité alors, au bout d'un moment, il répondit d'un grognement.

– Elle n'a pas voulu venir.

– Tu lui as demandé si elle voulait s'enfuir et elle a dit non ? s'ébahit Thalia.

Le Limier émit un rire bas et rauque, dépourvu de joie.

– Je suis allé dans sa chambre. Jamais été aussi ivre. Lui ai posé un couteau sous la gorge et ordonné de chanter… Tu m'étonnes qu'elle voulait pas venir.

– Mais elle déteste Port-Réal !

– Elle a peur de moi. Même pas capable de me regarder en face.

Thalia et Sandor se regardèrent dans les yeux, soutenant le regard l'un de l'autre sans ciller. Finalement, la jeune femme poussa un long soupir, sa bonne humeur un peu ternie par ces souvenirs.

– Ce n'est qu'une enfant. Un petit oiseau qui ne connaît rien du monde hors de sa cage.

Le Limier hocha la tête en silence. Pour changer de sujet, Thalia proposa de consulter leur carte afin de savoir quel itinéraire serait le meilleur pour éviter d'éventuels soldats.

Niveau changement de sujet, c'était bien, niveau changement d'humeur, ça n'était pas brillant. Ils allaient passer près de Harrendal, où se trouvaient la Montagne et ses hommes. A en juger par l'expression meurtrière du Limier quand ses yeux se posaient sur ce point de la carte, on devinait facilement les pensées qui l'habitaient.

– C'est pas une bonne idée, marmonna Thalia en repliant la carte. On devrait reprendre la Route Royale pour contourner cette zone.

Clegane lui jeta un regard en biais, l'air mauvais.

– Je ne t'ai pas demandé ton avis.

– Ça fait des semaines qu'on voyage ensemble, j'estime avoir le droit de donner mon opinion, rétorqua Thalia en croisant les bras. Et ce que tu projettes de faire n'est pas une bonne idée.

– Et qu'est-ce que je projette de faire ? gronda le Limier.

Thalia ne se dégonfla pas devant son regard noir. C'était étrange à quel point elle était devenue immunisée contre ses expressions menaçantes…

– Tuer ton frère.

Sandor renifla, amusé :

– Rien que ça.

– Ose nier !

Il ne nia pas, et resta silencieux. Thalia poussa un long soupir. Tuer un membre de sa famille était un crime horrible devant les Sept. Mais elle ne croyait pas au Sept. Oh, elle blasphémait joyeusement en leur nom, mais elle n'y croyait pas. Si elle devait choisir un dieu, elle aurait choisi le Dieu Multiface, celui qui représente toutes les religions et qu'on vénère à Braavos. Il y avait moins de risque d'erreur… Et le Dieu Multiface n'était absolument pas hostile au fait de tuer. Au contraire.

– Tu n'as aucune chance.

– Qu'est-ce que tu en sais ?

– Je ne suis pas stupide, fit Thalia d'un ton sec. Ton frère a une armée avec lui, une place qu'il peut défendre. Toi, tu as deux chevaux et une archère. Pas très équilibré.

Il y eut un silence durant lequel ils s'affrontèrent tous les deux du regard, puis le Limier lâcha d'une voix basse et râpeuse aux accents meurtriers :

– Je veux le tuer. Tu le sais.

– Je comprends ça, fit Thalia simplement. J'aurais tué Iléo si j'en avais eu l'occasion.

Mais elle ne l'avait pas fait. Elle avait été furieuse et haineuse, frappant dès qu'elle en avait l'occasion, rongée par la colère et le chagrin. Mais elle ne s'était pas vengée. Elle avait une autre priorité à l'époque : Anguy. Et une fois qu'elle avait quitté Dorne deux ans plus tard, et bien, Iléo s'était retrouvé hors d'atteinte, alors… Sa vengeance était partie en fumée.

Le Limier, lui, avait eu beaucoup plus de deux ans pour ruminer sa haine. Et surtout, il n'y avait aucune raison qui pouvait l'empêcher d'aller tuer Gregor. Sauf peut-être l'instinct de survie.

– Tu n'as aucune chance de pénétrer dans Harrendal.

– J'en ai pas l'intention. Gregor est toujours dehors, à piller ou à torturer.

– Très bien. Mais tu n'as aucune chance si tu l'affrontes.

– Ça c'est à moi d'en juger, gronda Sandor.

– Tu. N'as. Aucune. Chance. Je vous ai vu vous battre au tournoi de la Main. Il fait un pied et demi de plus que toi, son armure est meilleure, et il est beaucoup plus fort !

Mais le Limier se contenta de plisser les yeux d'un air menaçant, et Thalia comprit qu'aucun argument logique ne pourrait le dissuader d'aller se jeter dans la gueule du loup. Enfin, de la Montagne.

Thalia soupira, et leva les mains comme pour se rendre, mécontente :

– Comme tu veux ! Mais ne compte pas sur moi pour m'embarquer dans cette folie.

– J'avais pas l'intention de te le demander, fit Sandor d'un air moqueur.

– Tu m'en vois rassurée, grommela Thalia.

Le Limier émit un reniflement méprisant, puis se dirigea vers son cheval et l'enfourcha, avant de se tourner vers la direction d'Harrendal. Thalia hésita une seconde, puis déplia la carte à nouveau. Après un bref coup d'œil au papier, elle leva le regard vers Sandor et déclara d'un ton définitif :

– Creux-chêne. On se retrouve à Creux-chêne dans une semaine, si tu as réussi à abattre l'autre monstre. J'y suis déjà allée, et l'auberge du Chat Mouillé vend de la bonne bière.

Le Limier le regarda d'un air indéchiffrable une seconde, puis esquissa un sourire que son visage brûlé rendait effrayant :

– Ça me va.

– Je ne te laisse pas le choix, fit la jeune femme d'un ton moqueur.

Elle replia sa carte et enfourcha sa propre monture, avant de se tourner vers le Nord-Est, vers la route qui contournait de très loin Harrendal. Vol-de-Nuit broncha, visiblement mécontente de se séparer de son compagnon de voyage, et Thalia jeta un dernier coup d'œil au Limier par-dessus son épaule.

– Bonne chance.

Elle n'y croyait pas, et ça devait se voir. Elle songea à la bataille de la Néra, quand elle lui avait souhaité bonne chance. Cette fois-ci, les probabilités qu'il s'en sorte étaient bien plus faibles. Pourtant, Thalia ne pouvait pas l'aider, et elle s'en sentit soudainement déprimé.

Ce n'était pas la première fois qu'un de ses amis, ou amant, ou connaissance, partait au combat pour ne pas revenir. Elle avait appris à prendre de la distance, à serrer les dents et à passer outre. Mais ça lui faisait toujours mal, au fond.

Elle soupira, et sursauta soudain quand Clegane éclata d'un rire sonore, féroce, qui effraya les oiseaux perchés sur un arbre proche.

– Je ne vais pas mourir, gamine.

La jeune femme eut envie de le croire. Mais elle se contenta de faire une grimace boudeuse :

– J'espère. Et pour la dernière fois, mon nom est Thalia.

Le Limier émit un grognement amusé, puis talonna son cheval. Etranger partit au petit galop en direction de la forteresse maudite d'Harrendal. Thalia le suivit des yeux un moment puis, doucement, elle talonna Vol-de-Nuit, et sa jument noir se mit à trotter en direction de la route royale.

Au bout de quelques minutes, Thalia essaya de siffloter l'air de la Belle et l'Ours, mais le cœur n'y était pas. Merde, quel abruti ce Limier. Aller se jeter tête baissée dans les ennuis… D'accord, elle aurait sans doute fait la même chose s'il s'était agi d'Iléo, le patron du bordel de sa mère. Mais ça ne rendait pas la conduite de Sandor excusable. Il allait se faire tuer et elle aurait de la peine. Ah, les hommes, quels cons.

Thalia rumina ses sombres pensées toute la journée. Au soir, elle abattit une perdrix d'une flèche, et fut étrangement déçue de ne pas avoir à la partager avec son compagnon de voyage. Elle s'était habituée à sa présence, à la sécurité qu'il lui apportait.

Bon, elle ne l'appréciait pas autant qu'elle appréciait Bronn, c'était vrai. Bronn était charmeur, drôle, même s'il n'avait aucune parole et que c'était un vrai bandit, Thalia l'avait beaucoup aimé. Et puis, Bronn était séduisant. Sandor était tout ce qu'on voulait, mais pas séduisant.

C'était étrange de comparer Bronn et Sandor. Au fond, ils n'auraient pas pu être plus différents. Bronn était attiré par l'argent, n'avait pas d'honneur, était égoïste, mais aussi chanceux, badin et optimiste. Sandor était sombre, toujours en colère ou triste, pessimiste et grognon, mais il était bien plus loyal et digne de confiance que Bronn. Ils étaient peut-être semblables en apparence, dangereux et dévoués, mais ça n'était que la surface.

Enfin, c'était cette surface qui l'avait attirée. C'était toujours ce genre d'homme qui avait attiré Thalia, alors ce n'était guère étonnant. Quoique, elle s'était beaucoup plus attachée à Bronn et à Sandor qu'à n'importe laquelle de ses aventures passées. Sans doute parce qu'elle était seule, maintenant.

– Pauvre de moi, soupira-t-elle en regardant les flammes. J'ai vraiment un goût horrible en matière d'hommes. Un bandit et un tueur… Je devrais me faire soigner.

Vol-de-Nuit s'ébroua comme approuver, et Thalia esquissa un sourire en observant sa jument. Elle nettoya consciencieusement les os de sa perdrix, puis éteignit son feu avant de se coucher. L'absence du Limier lui donnait un étrange sentiment de nostalgie.

Cette nuit encore, Thalia rêva des rues de Dorne. Mais cette fois, elle ne courait pas pour échapper à quelqu'un. Elle courait pour rattraper quelqu'un, loin devant elle, qui allait disparaitre de sa vue et qu'elle ne voulait pas perdre.

Au matin, elle n'avait aucune idée de qui cette personne pouvait bien être. Elle n'avait pas pu la rattraper.

Elle chevaucha toute la journée, sans siffloter cette fois. Il se mit à pleuvoir à la mi-journée et c'est sous une abondance de jurons que, dans l'après-midi, elle aperçut une auberge isolée sur la route. Elle sauta du dos de Vol-de-Nuit dans la cour, et mena sa jument à la bride jusqu'à l'écurie. Un palefrenier s'occupait déjà de quatre chevaux. Elle lui confia sa monture en lui ordonnant de bien la nourrir, et se dirigea d'un pas vif vers l'auberge en elle-même. Avec cette pluie, elle tuerait pour un repas chaud.

En entrant, elle marqua un temps d'arrêt, cependant. L'auberge était à demi-pleine. Et visiblement, les clients étaient une bande de bandits : les épées, heaumes et brigandines abondaient. Thalia pesta et hésitait à rebrousser chemin lorsqu'un visage familier attira son attention.

– Thoros ?

Il était barbu, chevelu, portait une cotte de mailles par-dessus son ample tunique rouge désormais un peu décolorée, mais c'était bien lui. D'ailleurs, il se retourna vers elle à l'appel de son nom. Thalia rabattit sa capuche vers l'arrière, et les yeux du prêtre rouge s'agrandirent :

– Thalia ?

Plusieurs regards curieux se portèrent sur la jeune femme, et les conversations se turent pour la plupart, tandis qu'un large sourire illuminait le visage de Thoros et qu'il se levait de son banc. Thalia cilla, ne sachant comment réagir –ce type était aussi l'ami de Galien–, mais déjà le prêtre rouge éclatait d'un grand rire et la serrait dans ses bras :

– Thalia l'archère ! Putain, ça faisait longtemps !

La jeune femme lâcha un rire et lui retourna son étreinte, lui assénant une grande claque dans le dos à la façon d'un homme heureux de retrouver un frère d'armes :

– Et toi, espèce de prêtre rouge défroqué ! Qu'est-ce que tu fous ici ?

– Je pourrais te retourner la question !

Thoros entraîna la jeune femme à sa table, riant fort et la présentant comme une vieille amie. Il était apparemment heureux de retrouver un visage connu, et s'il connaissait sa participation au meurtre de Galien, il n'en montra aucun signe.

– T'as pas brûlé à Port-Réal ? s'esclaffa grassement Thoros. Eh, une coupe de bière pour la demoiselle !

– J'ai l'air d'une demoiselle ? Du vin !

Son ordre fut salué par des rires et des acclamations joyeuses. La bonne humeur de Thoros semblait contagieuse… Il devait être le chef de ces bandits.

Tandis qu'une servante remplissait les verres de Thoros et Thalia, ainsi que ceux des autres hommes à leur table, le prêtre rouge se pencha vers la jeune femme, plissant les yeux d'un air matois :

– Alors, tu t'es tirée de Port-Réal ?

– Le jour de la bataille de la Néra, confirma Thalia.

– Avec toutes les portes fermées ? s'exclama un homme avec incrédulité.

Thalia hésita sur la version de l'histoire à donner. Cela ne dura qu'un instant, avant qu'elle ne sourit et ne dise avec aisance :

– Le Limier s'est enfui ce jour-là, et j'ai profité de son sillage.

Thoros cracha par terre :

– Ce chien ! Il s'est enfui la queue entre les jambes, alors, les rumeurs étaient vraies !

– Oh, c'est pas moi qui vais m'en plaindre ! se moqua Thalia.

Elle allait porter son verre à ses lèvres quand quelqu'un approcha, derrière elle, et d'une voix presque timide demanda :

– T-Thalia ? C'est bien toi ?

La jeune femme se figea en plein mouvement. Cette voix…

C'était lui. Oh, par les Sept, c'était lui. Il était en vie. Pendant une seconde, tout ce qu'elle ressentit fut un soulagement écrasant.

Puis elle se leva d'un bond, renversant son verre dans la foulée, et envoya un crochet du gauche en plein dans la mâchoire d'Anguy. Son petit frère bascula en arrière avec un glapissement étranglé. Quelques hommes, dans l'auberge, firent mine de se lever ou de porter la main à leurs armes, mais Thalia avait déjà attrapé le jeune homme par le col, le clouant contre le mur le plus proche par sa poigne de fer, et se mit à le secouer avec hargne :

– Espèce de damné fils de pute, tu sais combien de temps j'ai attendu de tes nouvelles ?! Des mois ! Je ne savais même pas si tu étais vivant ou mort ! Je te pensais MORT !

Elle lui envoya un nouveau coup de poing, dans le ventre, cette fois. Anguy se plia en deux, et fut redressé aussi vite par un coup de coude au visage. Sa barbe avait poussé, remarqua absurdement sa sœur.

– Espèce de sinistre connard ! Regarde-moi quand je te parle !

– Arrête de me frapper ! glapit Anguy en cherchant à se défaire de son emprise.

Avec une certaine surprise, Thalia constata qu'il était devenu plus musclé. Il réussit à se défaire de sa prise… Mais pas pour très longtemps. Thalia lui sauta dessus et se mit à le rouer de coups. Contrairement à elle, son petit frère commit l'erreur de la sous-estimer, et chercha seulement à la repousser… Grosse erreur.

Un coup de genou dans les parties, un autre dans les côtes, une avalanche de coups de poings au visage et à la poitrine… Sonné mais progressivement enragé, Anguy se mit à rendre les coups, et le frère et la sœur roulèrent sur le sol crasseux de l'auberge en se frappant et en s'agonisant d'injures. Autour d'eux, les bandits s'étaient levés, frappant sur les tables et hurlant des encouragements.

Thalia avait rarement été aussi aveuglée par la rage. Pas un instant l'idée ne lui vint d'utiliser l'une de ses lames : elle frappait, griffait, rugissait, mordait, cognait. Elle avait tout fait pour lui, et il l'avait abandonnée. Il n'était pas mort, oh, ça non : il était parti, l'avait laissée croire à sa disparition, et l'avait oubliée… Et il avait le culot de revenir, là, comme ça, comme une fleur ? Il aurait été mieux mort ! Elle aurait eu moins mal s'il était mort ! Et c'était à son tour d'avoir mal !

– Assez, beugla Thoros. J'ai dit ASSEZ !

Deux types musclés se dévouèrent pour séparer les deux enragés. Thalia réussit à arracher une dernière poignée de cheveux à son petit frère, avant de se retrouver solidement retenue par les bras musclés d'un des bandits. Anguy et elle se firent face, leurs yeux se lançant des éclairs.

– Et si on reprenait notre conversation, Thalia ? suggéra Thoros en se plaçant devant elle.

– Je… commença Anguy.

– Dehors, l'archer !

Anguy se raidit et pinça les lèvres, mais quand l'homme qui le tenait le poussa vers la sortie, il ne résista pas et quitta l'auberge sous la pluie battante. La plupart des bandits se rassirent, bruissant de commentaires sur ce qu'ils venaient de voir. D'un geste sec, Thalia se dégagea de la prise de celui qui la tenait, et retourna s'asseoir.

Thoros se glissa sur le banc en face d'elle, et lui servit un nouveau verre de vin. Il le poussa vers elle sans la quitter des yeux, le regard scrutateur :

– Le fameux frangin…

Thalia émit un grognement et avala son verre d'une traite. Ses côtes commençaient à la faire souffrir, de même que le côté droit de son visage. Son torse avait été protégé par son plastron. Elle était sûre d'avoir fait plus mal à Anguy : il ne portait pas sa brigandine, simplement une tunique et un manteau.

– Lui comme moi faisons partie des rares survivants des hommes envoyés contre la Montagne, fit Thoros en se servant lui-même un verre. Nous sommes les membres de la…

– … Fraternité Sans Bannière, je sais, termina Thalia.

– Dirigée par Béric Dondarrion, exact ! confirma Thoros. Je suis ravie de voir que notre réputation a porté jusqu'à la capitale.

Thalia dissimula un ricanement en portant son verre à ses lèvres. Bronn aimait bien se tenir informé et donc, par extension, elle l'était aussi.

– Seules les raclures parlent de vous.

– Serais-tu donc devenue une « raclure » ? se moqua le prêtre rouge.

La jeune femme esquissa un sourire tordu, et répondit avec franchise :

– Tu n'imagines même pas à quel point.

Elle embrassa du regard la taverne pleine, puis reporta son regard sur son ancien ami :

– Est-ce que ta bande de lourdauds à l'intention de me dévaliser ou de me tuer, ou est-ce qu'il s'agit seulement pour toi de boire un verre avec une vieille amie avant qu'elle ne reprenne sa route ?

Thoros resta silencieux un instant, sans doute un peu surpris. Il la resservit, avant de lâcher d'un ton songeur :

– Il ne te sera fait aucun mal. Mange, bois, paie ton repas, et ensuite tu pourras repartir. Et je te dois des excuses pour le comportement de ton frère.

Thalia adressa un geste à l'aubergiste, qui avait entendu, et la grosse femme se dirigea vers les cuisines pour lui préparer une assiette. Puis la jeune femme se tourna à nouveau vers le prêtre rouge, et croisa les bras.

– Je me demande si Anguy est bien toujours mon frère.

Thoros posa sur elle un regard scrutateur. L'aubergiste revint, posant devant Thalia une assiette remplie d'un ragoût de ce qui devait être du mouton. La jeune femme fila quelques pièces à la patronne, puis se jeta sur son repas tandis que Thoros déclarait d'un ton sentencieux :

– Tu as changé, jeune fille.

Thalia lui jeta un regard peu amène par-dessus son assiette :

– Depuis que j'ai six ans, mes yeux sont restés river sur Anguy. Ma vie a tourné autour de lui parce que j'étais persuadée qu'il ne me laisserait jamais tomber, au nom des liens du sang qui nous unissent. La désillusion a été amère.

– Il est parti sur les ordres de Stark…

Thalia planta rageusement son couteau dans sa viande, fusillant son ragoût du regard :

– Il s'est enfui. Je lui ai voué ma vie et il m'a laissée tomber. Puis la nouvelle de sa mort est arrivée, et j'ai été persuadée que je ne le reverrais plus… Bien sûr, il n'a pas jugé bon de m'informer de sa survie.

– Nous devions nous cacher, tenta Thoros. Anguy a…

– Oh je t'en prie, le coupa Thalia. Les hommes qui te suivent et qui ont une famille se sont arrangés pour mettre les leurs en sécurité, non ? Ou du moins leur dire ce qu'ils faisaient ?

Thoros n'avait rien à répondre à ça, et Thalia mangea en silence. Elle finit par repousser son assiette vide, et les servit tous les deux en vin. Comme au bon vieux temps. Au bout d'un moment, le prêtre rouge laissa échapper un soupir :

– J'aimerais que tu te réconcilies avec Anguy… Il est ton frère…

– Et tu rêves de m'engager dans la Fraternité ? compléta Thalia.

– Aussi, avoua son ancien ami.

Thalia se renversa en arrière sur son siège. Elle était réticente à l'idée de les rejoindre. D'abord, parce que rejoindre une troupe de bandits ne l'avait jamais tentée : elle préférait fréquenter des gens ayant un minimum de code d'honneur. Sandor, par exemple, ou Bronn qui était loyal au Nain (pour l'argent mais aussi par amitié, Thalia l'avait bien remarqué). Ensuite… Ensuite, elle n'était pas prête à pardonner à son cher frère sa trahison.

– Aubergiste ! Apporte-moi des provisions. Pain, viande séchée, vin.

Elle fit sauter une pièce dans sa main pour prouver qu'elle pouvait payer, et la patronne se hâta d'obéir. Thalia reporta son regard sur le prêtre rouge :

– Parle-moi de cette Fraternité.

– Tu es tentée ? sourit Thoros.

– Non, le détrompa la jeune femme. Mais je ne refuse jamais une offre sans l'avoir examinée au préalable. Tu me jures que même si je t'envoie sur les roses, tes hommes me laisseront partir ?

Thoros inclina la tête :

– Parole.

– Alors je t'écoute.

Le prêtre rouge prit ses aises, posant ses coudes à tables et appuyant sa tête sur sa main. Thalia retint un sourire amusé. A Port-Réal, avant de raconter ses exploits, Thoros prenait la même pose entre deux coupes de vin.

– Par où commencer ? Eh bien… En bref, en très bref même, nous nous battons pour Robert Baratheon et Ned Stark.

– Ils sont morts tous les deux, fit remarquer Thalia. J'ignorais que ce détail vous avait échappé…

Thoros éclata d'un rire bruyant, puis se resservit largement en vin :

– On sait, on sait. On se bat en leur mémoire, parce qu'ils étaient des hommes bien, et que leurs ennemis doivent périr. On se bat contre les Lannister, à priori. Mais si un autre prétendant au trône passe dans le coin, même si c'est le Jeune Loup, on ne va pas se joindre à son armée ! On fait les choses à notre manière. Puis de toute façon, on ne reconnait pas d'autre chef que Béric Dondarrion.

Thalia fronça les sourcils, se souvenant vaguement des échos de Gué-Cabot que le soldat Lannister lui avait raconté avant qu'elle ne le tue :

– Au fait, Dondarrion, il n'est pas mort ?

Un sourire rusé passa sur le visage de Thoros :

– Si, il l'a été. Cinq fois.

Thalia cligna des yeux avec incompréhension :

– Cinq fois ?

– La première fois, la Montagne l'a transpercé de sa lance. La deuxième, il a pris une épée dans le ventre. Puis il y a eu la hache dans le flanc. Plus tard, la flèche dans le dos. Et pour finir, les Lannister l'ont capturé, lui ont planté une dague dans le dos et l'ont pendu. Mais à chaque fois, le Maître de la Lumière l'a ramené parmi nous.

– Tu te fous de moi ?

– Je te jure que non. C'est d'ailleurs en voyant ce miracle pour la première fois que les survivants du massacre de Gué-Cabot ont décidé de suivre la voie du seul vrai Dieu.

– Tu as ressuscité un homme ? fit Thalia avec incrédulité.

– Cinq fois.

– C'est impossible !

– Joins-toi à la Fraternité et tu verras Béric en chair et en os. Et toutes ses cicatrices.

Thalia fut un instant tentée. Ne serait-ce que pour pouvoir traiter Thoros de menteur… Mais, à regret, elle secoua la tête :

– Je ne peux pas faire ça. Ça me ferait mal de devenir un bandit crasseux…

– Nous ne sommes pas des bandits, s'insurgea un homme qui portait une cape jaune citron toute usée. Nous sommes tous chevaliers !

Une grande clameur accompagna ces mots, et Thalia secoua la tête avec perplexité :

– Vous ? Chevaliers ?

– Béric est chevalier, expliqua Thoros. Et il a adoubé chacun d'entre nous.

Alors voilà quel était l'explication. Thalia haussa les épaules :

– Bah, pourquoi pas. Vous êtes donc des bandits adoubés.

– Nous ne sommes pas des bandits, gronda l'homme à la cape jaune. Nous sommes des honnêtes hommes, nous !

– Du calme, Lem, tempéra Thoros. La demoiselle ignore tout de la fraternité, et j'avoue qu'à première vue, nous sommes bien puants pour des chevaliers.

Il y eu quelques rires gras, et Thalia reposa son verre avec un calme olympien :

– L'odeur n'a rien à voir là-dedans. Vous n'êtes pas de vrais chevaliers.

D'une certaine façon, c'était comique : Sandor aurait dit exactement la même chose qu'elle. Sur un ton très différent, néanmoins… Il était beaucoup moins patient. Et il avait beaucoup moins de talent qu'elle avec les mots. Fréquenter les pires serpents de Port-Réal, couplé avec son arrogance naturelle, avait donné à Thalia un solide sens de la répartie.

– Vous êtes des maçons, des bergers, des paysans, que sais-je encore, mais certainement pas des chevaliers. Il vous manque trop de choses pour ça.

– Le cheval, l'armure ? s'exclama Lem. Ce n'est pas ça qui fait un vrai chevalier. C'est ce qu'il y a en nous. La foi ! Le courage !

– La sincérité ! beugla un arbalétrier.

– L'honnêteté ! cria un autre.

– L'honneur ! renchérit Lem.

Il y eut à nouveau des clameurs, mais Thalia ne se départit pas de son calme, même si elle avait très envie de leur rire au nez. Tant qu'elle restait de marbre, elle dominait la situation.

– Vraiment ? fit-elle lentement après avoir bu une gorgée de vin.

Thoros grimaça, sentant venir l'orage, mais Thalia posa furtivement sa main sur son bras pour lui intimer de ne pas interférer. A sa grande surprise, le prêtre rouge poussa un long soupir, mais obéit.

Thalia reporta son regard sur l'assemblée, et lâcha d'un ton toujours aussi détaché :

– Ce sont ces qualités qui vous font défaut. Le courage ? Aucun d'entre vous n'aurait les couilles de se sacrifier pour un civil, un innocent, un inconnu. La sincérité ? Oh, aller, la seule chose qui est sincère ici c'est le cri de vos gorges assoiffées !

Il y eut quelques rires, mais beaucoup ne semblaient pas très amusés. Imperturbable, Thalia prenait un malin plaisir à ridiculiser leurs principes de chevalerie. Elle avait décidé dès l'âge de quatorze ans que la chevalerie était pure hypocrisie, et voir ce tas de bandit se proclamer honnêtes hommes sur la foi d'un adoubement sans valeur, ça ne faisait que la conforter dans cette idée…

– L'honnêteté, maintenant. Eh, aubergiste ! Ils te paient, au moins ?

La patronne de l'établissement, près du comptoir, lança un regard triomphant à Thoros –qui soupira– avant de lâcher avec férocité :

– Même pas une piécette !

– Ah, fit Thalia en se retournant vers Lem. Déjà, nous voilà fixé : on ne peut pas compter l'honnêteté à votre actif…

– On les remboursera après la guerre ! protesta ce dernier, l'air clairement insulté.

– Aucun d'entre vous n'a l'intention de tenir parole, déclara fermement Thalia. Sitôt la guerre finie, vous retournerez dans vos foyers, si vous en avez un, laissant les dettes là où elles sont. Vous êtes des maçons, des bergers, des paysans, des aubergistes, des marchands… Des bandits. Le fait qu'une épée ait été posée sur votre épaule ne signifie rien. Gregor Clegane est chevalier, et pourtant il est à peine humain. Jaime Lannister est chevalier, et pourtant il a tué son roi et baisé sa propre sœur. Meryn Trant est chevalier, pourtant il prend un certain plaisir à frapper les petites filles ou à les déshabiller. Jorah Mormont est chevalier, et pourtant tout le monde sait qu'il a vendu des esclaves. Béric Dondarrion est chevalier, et pourtant…

– Fais très attention à ce que tu vas dire, dit paisiblement Thoros.

Mais son regard était dur, et dans l'auberge, personne ne souriait à présent. Certains avaient la main posée sur le pommeau de leur arme.

Thalia haussa poliment un sourcil, et acheva :

– … Et pourtant, il a participé à une mascarade pour vous aider à vous persuader que vous étiez des chevaliers.

Il y eut un lourd silence. Thalia reprit son verre et but quelques gorgées, comme si elle était parfaitement tranquille. Pourtant, ses épaules étaient tendues et elle se demandait vaguement lequel serait le premier à frapper.

Puis elle reposa son verre, et esquissa un léger sourire :

– Oh, ne me regardez pas comme ça. Je suis probablement pire que vous tous. Enfin, peut-être pas pire que toi, Lem : tu as une tête de violeur, et moi je n'ai jamais violé personne.

Il y eut quelques rires gras. Thalia leva son verre en direction de Lem, moqueuse, comme pour lui porter ironiquement un toast, puis lança :

– Et mêmes si vous étiez les pires fils de putes de Westeros, tant que vous truciderez du Lannister, vous aurez une ligne de conduite plus valeureuse que pas mal de chevaliers !

Cette fois, Thalia fut acclamée, à sa grande satisfaction… Et à son grand soulagement. Ils auraient pu la tabasser pour un mot de travers à propos de Béric Dondarrion. Heureusement, il était facile de renverser l'opinion d'un tas de bourrins ivres.

Thoros tourna vers elle un regard amusé :

– Donc c'est non ?

– Donc c'est non, confirma Thalia. J'ai des goûts déplorables en matière d'homme, je le concède, mais pas à ce point.

– Et pour ton frère ? N'as-tu rien à lui dire ?

Le visage de Thalia se ferma, et elle reposa son verre.

– Je n'ai rien à lui dire.

Thoros ouvrit la bouche pour parler, mais Thalia leva la main pour l'arrêter, et le prêtre rouge se tut. La jeune femme laissa échapper un grognement et se resservit.

– Il est vivant. C'est tout ce qui importe.

– Te connaissant, j'aurais cru que tu exigerais une bonne explication de lui…

Thalia haussa les épaules, évitant le regard scrutateur du prêtre rouge. Elle avait envie qu'Anguy se justifie, c'était vrai. Elle voulait comprendre comment il avait pu rejeter, oublier, ces dix-huit années d'amour et de protection. Mais elle suspectait de déjà connaître l'explication. De l'avoir toujours su.

Elle poussa un long soupir, puis serra les dents et cracha les mots qu'elle retenait depuis des années.

– Anguy n'a pas pensé à moi quand il est parti ni quand il m'a oubliée. Son monde tourne autour de son estomac et de sa queue, et j'ai eu tort de croire que j'avais une quelconque importance.

– Tu es en colère, dit doucement Thoros. Ça te passera, un jour.

– Ce crétin se sera fait tuer depuis longtemps, riposta Thalia avec véhémence.

Thoros rit, et avala son vin d'une traite, avant de reposer bruyamment son gobelet. Thalia but lentement son propre vin, tandis que le prêtre rouge se redressait :

– Je lui ferai la leçon sur la façon dont on traite sa famille.

– Ça ne le fera pas grandir plus vite, objecta Thalia en se levant à son tour.

Thoros haussa les épaules, et la raccompagna galamment à la sortie de la taverne :

– Ça ne coûte rien d'essayer.

Thalia récupéra son cheval, constatant avec satisfaction que la jument avait été bien traitée. Alors qu'elle enfourchait Vol-de-Nuit, cependant, un homme d'une cinquantaine d'année fit irruption dans l'écurie :

– Thoros ! Le Veneur Dingue a trouvé la piste du Limier !

Thalia faillit tomber de sa selle. Sandor ?! Mais qu'est-ce qu'il faisait dans le coin ? Il était censé être loin d'ici, près d'Harrendal !

– Où est-il ? demanda Thoros en fronçant les sourcils.

– Il se dirige vers l'Est, l'informa l'homme. Il vient d'entrer dans la zone quadrillée par la Montagne et ses brutes. Si on envoie les chiens et le Veneur, on peut le capturer et en apprendre plus sur les plans de son frère !

Thoros lança un bref coup d'œil à Thalia :

– Tu t'es échappée de Port-Réal en même temps que lui. Tu l'as croisé ?

Thalia secoua la tête et mentit avec aplomb :

– Non. J'ai voyagé par les bois la plupart du temps, je n'ai rejoint la route royale que pour m'écarter d'Harrendal. Le Limier a dû faire l'inverse.

– Tu penses qu'il rejoint son frère ?

– Mais qu'est-ce que j'en sais ? se récria la jeune femme. Je l'ai peut-être suivi le jour de la bataille de la Néra, mais ça s'arrête là.

Thoros poussa un long soupir, l'air tourmenté. Ça se comprenait : le Limier était un fameux adversaire. Devait-il prendre le risque de le capturer ? Le tuer ? Ou le laisser passer ?

Thalia inspira un grand coup. Si la Fraternité était persuadée que Sandor était de mèche avec Gregor, ils lui tireraient une flèche dans le dos. Elle ne voulait pas ça. La jeune femme se racla la gorge, et risqua :

– D'après ce que je sais, ce n'est pas l'amour fraternel qui étouffe les Clegane. Tu n'as pas vu comment ils voulaient s'étriper le jour du Tournoi de la Main ? Le Limier est un déserteur, maintenant : son frère n'a aucune raison de l'aider.

Thoros hocha la tête, semblant soulagé. Puis il se tourna vers l'homme qui l'avait averti, et ordonna :

– Dis au Veneur et à ses chiens de pister Clegane et de le capturer. Il doit au moins répondre de ses crimes. Dès que cette foutue pluie aura cessé, mes hommes et moi irons sécuriser le périmètre. On devrait être de retour à l'auberge en même temps.

Thalia se retint de pester. Elle aurait plutôt espéré que Thoros ne fasse rien… Elle se recomposa un visage impassible juste avant que ce dernier ne se retourne vers elle et ne dise :

– Je te conseille de filer, et vite. Je crois que tu n'as pas très envie de revoir cette affreuse face brûlée, non ?

L'archère envisagea de rester avec la Fraternité, de faire ce qu'elle pouvait pour aider Sandor… Mais elle renonça. Cette volte-face paraîtrait suspecte. Anguy ne la laisserait pas en paix. Et si on l'associait au Limier, elle se retrouverait dans les ennuis sans pouvoir l'en sortir.

Merde.

– J'ai une dette envers lui pour cette porte ouverte lors de la bataille, déclara simplement Thalia.

Elle laissa l'idée faire son chemin dans l'esprit de Thoros, avant de faire faire volte-face à son cheval, tournant le dos à l'auberge. Cette petite phrase innocente était tout ce qu'elle pouvait faire. Peut-être que ça inciterait Thoros à faire preuve d'indulgence…

La pluie tombait toujours, mais plus fine et plus légère. L'averse n'allait pas tarder à finir. La jeune femme rabattit sa capuche sur sa tête, et sortit sous le crachin.

– Bonne chance avec tes coupe-jarrets, Thoros ! lança-t-elle par-dessus son épaule.

– Bonne chance à toi, répliqua sentencieusement le prêtre rouge.

La jeune femme esquissa un sourire. En silence, elle souhaita également bonne chance à Sandor, pour ses futurs démêlées avec la Fraternité.

Pour les bandits, elle ne savait pas, mais Thoros avait de l'honneur et Sandor n'était pas son ennemi. Tout ce qu'elle pouvait faire, c'était compter là-dessus.

Et suivre la Fraternité à distance.

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A suivre...

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