Bonjour à tous et à toutes les McGregors !

Et oui, me revoilà enfin ! Alors déjà, je m'excuse d'avoir pris un peu de retard sur la publication des chapitres, mais entre les fêtes, la grippe, et le travail… j'avoue que j'ai eu du mal !

Mais n'y pensons plus, me revoilà, et j'amène avec moi le chapitre 11 ! C'est pas chouette ça ? Enfin, j'espère que ça l'est !

Bon comme d'habitude, je vais commencer par répondre à vos Reviews, et après je vous laisserai retrouver Ana, Marie, Drago, et tout ce beau monde !

- Aywen : Bonjour, et enchantée, car il ne me semble pas qu'on ait déjà discuté ! Je suis donc ravie de faire ta connaissance, et encore plus de lire cette Review trop mignonne. J'ai hâte de te lire à nouveau ! Bisous.

- Maellys : Et une super Review, comme toujours ! Bisous.

- Florent1 : Hâte de lire également ta prochaine Review, et heureuse que ça te plaise toujours autant ! Bisous

- Ju : Tu ne parles jamais trop, et j'adore toujours autant lire tes Reviews ! J'ai même déjà hâte de lire la prochaine, alors qu'au moment où j'écris ces mots, je ne me suis même pas encore connectée à ce site… enfin bref, là c'est moi qui parle trop ! lol. Bisous.

- Koaprod : je vais répondre à tes 2 Reviews en un seul message, j'espère que tu ne m'en voudrais pas… Malheureusement, je ne peux pas trop répondre à tes questions, au risque de vous spoiler ! Mais j'espère que tu pourras très vite y répondre en lisant la suite :D bisous.

- Charliflex : Bonjour, et enchantée ! Car il me semble que c'est ta première Review… ce qui me touche beaucoup beaucoup ! Tout autant que ton super compliment, je suis vraiment touchée… Bisous et à très très vite j'espère.

Je vais maintenant vous laisser retrouver vos personnages préférés ! J'ai hâte de vous lire à nouveau !

Bonne lecture,

Blii =)


Chapitre 11

Très tôt le dimanche matin, Ana se réveilla en sursaut, le cœur palpitant dans sa poitrine. Il faisait encore nuit noire, et le dortoir était obscur et silencieux. La lueur de la lune perçant par les hautes fenêtres éclairait à peine le vaste dortoir de la tour de la maison au lion. Toutes les Gryffondors étaient encore profondément endormie. Mais la demi-vélane sentait une présence bien éveillée dans la pièce assombrie, une présence qui n'avait rien de normale à cette heure si matinale. L'inquiétude s'emparât de la jeune fille, et son cœur commença à battre à la chamade, comme s'il avait soudain décidé de quitter sa cage thoracique. Ana se redressa lentement sur ses coudes, en plissant les yeux pour tentait d'améliorer sa vision dans le noir. A ses coté, Moon était assise, ses oreilles noires dressées et la queue battant vigoureusement l'air. Soudain, une petite main grise attrapa les bords de l'épais rideau du baldaquin, et l'écarta vivement en faisant sursauter Ana et Moon.

- Ne craignez rien, Miss McGregor. Je ne vous veux aucun mal, murmura une petite voix pointue.

- Qui es-tu ? murmura Ana d'une voix tremblotante en se cachant dans ses couvertures, apeurée.

- Dobby, Miss. Dobby, l'elfe de maison.

- Et qu'est-ce que tu viens faire ici en pleine nuit, Dobby ?

- Je voulais faire votre connaissance, Miss. J'ai tellement entendu parler de vous et de vos talents.

La peur qui s'était emparée d'Ana commençait à se dissiper lentement. Devant elle se tenait un petit être aux grandes oreilles et à la peau grise. D'immenses yeux couvraient une grande partie de son petit visage pointue, et un large sourire couvrait ses fines lèvres grises. Un elfe de maison s'était introduit dans sa chambre au beau milieu de la nuit, sans y être invité. Cela n'avait rien d'anormal aux premiers abords, le château abritant un grand nombre de ces créatures charger de l'entretien des nombreuses pièces. Mais il leur était cependant interdit d'entrer en contact avec les étudiants sans y avoir été invité. Un tel comportement n'était pas normal.

Ana s'assit en tailleur sur son lit, écartant les épaisses couvertures de laine avec lesquelles elle s'était protégée. Elle fit face à Dobby, et lui lança un regard interrogateur. Elle ne comprenait pas ce que ce petit être magique venait faire dans sa chambre ni pourquoi il l'avait réveillée en pleine nuit. D'autant plus qu'il lui semblait totalement absurde que cet elfe connaisse son identité, et qu'il ait réellement entendu parler d'elle auparavant. Mais surtout, elle n'avait jamais vu cet elfe dans les cuisines du château, alors qu'elle y avait passé beaucoup de temps avant de commencer ses études à Poudlard.

- Dobby… Je ne t'ai jamais vu ici. Tu es nouvellement arrivé à Poudlard ? demanda doucement Ana en espérant attirer les confidences de l'elfe.

- Oh non, répondit Dobby en souriant encore davantage. Je ne travaille pas à Poudlard Miss.

- Alors, que fais-tu ici ?

- Je ne peux pas vous le dire, Miss, répondit Dobby, le visage soudainement crispé et l'air anxieux.

Ana sourit à la petite créature d'un air attendrie. Elle avait comprit que Dobby ne pouvait pas trop en dire sans trahir ces maitres. Et même si sa curiosité était piquée à vif, elle savait qu'il ne servait à rien d'insister. Elle n'y récolterait qu'une horrible crise nerveuse qui réveillerait certainement tout le dortoir. Elle devait donc attirer discrètement les confidences de l'elfe si elle espérait pouvoir comprendre les raisons de sa présence ici.

- Je comprends tout à fait Dobby, murmura Ana en tendant la main pour caresser le crâne de la créature. C'est tout à ton honneur de ne pas vouloir trahir les secrets qui t'ont été confiés.

- Merci Miss, sourit Dobby. On ne m'avait donc pas mentit. Vous êtes non seulement talentueuse, mais aussi très gentille… en plus d'être très jolie.

- Je vois que quelqu'un t'a vanté mes louanges, rit Ana. Pourtant, il me semble que tout cela est très exagéré. Qui donc pense d'aussi belles choses à mon sujet Dobby ?

- Je ne peux pas le dire ! s'exclama Dobby d'une voix aiguë en se couvrant la bouche de sa petite main. J'ai promis à mon maitre de ne rien vous dire, Miss.

- D'accord, d'accord, murmura Ana en espérant calmer l'elfe avant qu'il ne réveille tout le dortoir. Excuse-moi de t'avoir posé cette question.

- Vous vous excusez, Miss ? murmura Dobby en écarquillant les yeux, les rendant encore plus ronds et gros.

Ana sourit à Dobby en le regardant avec compassion. Ses grands yeux étaient soudain emplis de larme, et il semblait très ému d'être traité comme un être humain. Cette créature était tellement attendrissante avec ses grandes oreilles et ses grands yeux sombres. La demi-vélane savait que de nombreux elfes étaient maltraités par leur famille d'accueil. Celui-ci semblait en faire partie, en raison des nombreuses marques de coups qu'il présentait sur son petit corps squelettique.

Ana était perdue dans ses pensées, soudain envahie de pitié et de sympathie pour la petite créature assise sur son lit. Moon s'approcha lentement de Dobby, le regardant de ses grands yeux jaunes, la queue battante. Arrivée à sa hauteur, la chatte se redressa, et renifla la créature d'un air interrogateur. Puis elle commença doucement à jouer avec les immenses oreilles de l'elfe en ronronnant.

- Arrête, petit animal poilu, rit Dobby en essayant de s'éloigner de Moon, l'air amusé.

- Moon, laisse notre ami Dobby tranquille, sourit Ana, en attrapant son chat dans ses bras. Excuse la Dobby, elle n'a jamais rencontré d'elfe de maison jusqu'à maintenant. Elle n'a pas le droit de se promener dans le château.

- Vous vous excusez encore, Miss…

- Arrête de t'inquiéter pour ça, Dobby, murmura Ana d'une voix douce. Tu ne peux donc pas me dire ce que tu fais ici en pleine nuit ?

- Je voulais vous rencontrer, Miss.

- Et je suis ravie de faire ta connaissance, Dobby. Mais je t'avoue que j'ai du mal à comprendre pourquoi tu t'es déplacé jusqu'ici. Tu es venu spécialement pour moi ?

- Oh non Miss. Ne le prenais pas mal bien-sur, mais j'avais autre chose à faire à Poudlard. Mais j'en ai profité pour venir vous voir.

- C'est vraiment très gentil de ta part, sourit Ana. Et qui est ton maître ?

- Je ne peux pas le dire… marmonna Dobby en se crispant à nouveau.

- Je comprends… est-ce lui qui t'a parlé de moi aussi gentiment ? C'est lui qui t'a dit tous ces compliments à mon sujet ?

- Oui, Miss, murmura Dobby en rougissant. C'est mon petit maître qui m'a parlé de vous.

- Ton petit maître ? demanda Ana.

- Oui, Miss. Je dois y aller maintenant. Il faut que je retourne auprès de mes maîtres. Ils ne vont pas tarder à se réveiller, et le petit déjeuner doit être prêt.

- Alors files ! s'exclama Ana. Et si tu repasses par ici, n'hésite pas à venir me rendre visite à nouveau.

- Merci à vous, Miss McGregor. Je vous souhaite une bonne nuit.

Aussitôt, Dobby écarta les épais rideaux du lit, et s'en alla, sans ajouter un mot ni un regard à la jeune sorcière. Ana se rallongea, ravie d'avoir enfin retrouvé sa tranquillité et de pouvoir se rendormir. Et même si l'identité du maître de Dobby restait une énigme pour elle, tout comme la réelle raison de sa présence ici, elle se rendormie presque aussitôt, avec une facilité déconcertante suite à de pareil événement. Le lendemain matin, en ouvrant les yeux, elle se souvint de cet étrange rêve, et se demanda ce qu'il pouvait signifier.

oOoOo

Après un petit-déjeuner copieux, Ana et Marie marchaient dans les couloirs en direction de leur Salle Commune, le ventre plein et de bonne humeur. Elles étaient seules, Ron et Hermione étant retournés à la préparation de leur potion très tôt dans la matinée. Elles comptaient donc profiter de ce moment de calme et de répit pour se reposer auprès du feu de cheminée, en bouquinant quelque chose qui n'avait rien à voir avec la sorcellerie et leurs études. Elles n'avaient plus de devoirs à terminer et avait donc tout leur dimanche de libre pour se détendre et savourer leur weekend. La pluie avait cessé de tomber, mais la température était descendue en flèche. Il faisait maintenant un froid presque glacial et l'herbe du parc était couverte d'une fine couche de givre blanc, malgré un soleil étincelant qui régnait dans le ciel bleu.

- Ana, Marie, les interpella une voix essoufflée derrière elles. Est-ce que vous auriez vu Ron et Hermione ?

Harry courrait vers elle, le visage rouge et les yeux écarquillés et sombres. Son bras semblait maintenant totalement remit de sa chute et du sort de Lockhart. Les os avaient repoussés et n'étaient plus cassés. Cependant, le garçon à lunette avait l'air grave, et il semblait tracassé et fatigué, ce qui inquiéta Ana. Une nuit à l'infirmerie était toujours reposante et ressourçant. Il avait donc du se passer quelque chose de grave pour que son ami soit dans cet état.

- Salut Harry ! Ils doivent être dans votre cachette, répondit Marie en souriant de toutes ses dents. Comment va ton bras ?

- Bien, très bien, répondit précipitamment Harry d'un air détaché. Vous feriez mieux de me suivre toutes les deux, j'ai quelque chose à annoncer. Allons les retrouver.

A contrecœur, Ana et Marie changèrent de direction pour suivre leur ami, qui partait déjà en courant vers les toilettes des filles du deuxième étage. Elles auraient aimé pouvoir profiter de la chaleur des flammes de la cheminée, tranquillement installée dans un fauteuil moelleux, un bon roman dans les mains. Mais elles sentaient qu'Harry avait quelque chose d'important à leur annoncer, et aucune d'elles ne voulaient rater ça. Elles auraient tout le loisir de se reposer plus tard dans la journée.

Le visage d'Harry était fermé et sombre, signe que l'annonce qu'il allait faire était importante et grave. Ana espérait secrètement qu'il avait enfin réussi à percer le mystère de la Chambre des Secrets et du descendant de Serpentard. Non seulement cela aurait permit de retrouver un calme et une sérénité dans le château, mais aussi d'innocenter définitivement Drago – ce qui aurait été un véritable soulagement pour la demi-vélane. Le savoir ainsi accablé de soupçons aussi abominable la rendait malheureuse et angoissée. Elle qui était persuadée de son innocence n'arrivait pas à le faire entendre à ses meilleurs amis.

Les toilettes du deuxième étage étaient vétustes et très sales. Les murs étaient recouverts de trace d'humidité et de moisissure. Le carrelage était à plusieurs endroits fêlé et recouvert d'une épaisse couche de crasse noirâtre. La pièce était maintenant fuit de tous, à cause de la présence permanente de Mimi Geignarde, un fantôme pleurnichard qui passait le plus clair de son temps à se lamenter et à se plaindre. Même les elfes de maison refusaient d'y faire le ménage, ce qui expliquer l'état lamentable de l'endroit. Une odeur d'humidité régnait, couverte par des effluves de plantes magiques qui mijotaient dans un chaudron posé sur l'une des cuvettes, devant une Hermione concentrée et studieuse. Ron se tenait debout derrière elle, les mains dans les poches de son pantalon, la regardant ajouter les ingrédients un à un d'un air admiratif.

- « Harry ! Tu nous as fichu une de ces frousses… » s'exclama Hermione en voyant ses amis entrer précipitamment dans la pièce. Salut Ana, salut Marie. « Comment va ton bras ? »

- « A merveille » répondit simplement Harry, le souffle court.

- « On voulait venir te voir, mais on a décidé de commencer tout de suite la fabrication du Polynectar, expliqua Ron. »

- Ne vous en faites pas, répondit Harry en essayant de reprendre sa respiration. J'ai quelque chose à vous dire. C'est aussi pour ça que j'ai demandé à Ana et à Marie de venir avec moi. Nous allons avoir besoin de votre aide, à toutes les deux. Il faut absolument que nous restions unis, et que nous mettions toutes nos connaissances et nos aptitudes en commun. Quelque chose de grave s'est passé cette nuit, dans le château. Colin Crivey a été pétrifié, lui aussi. Il a été emmené à l'infirmerie très tôt ce matin, j'ai tout entendu. Il y a eu une nouvelle agression dans le chateau.

- « On est déjà au courant » répondit Hermione en soupirant d'un air triste. « On a entendu le professeur McGonagall le raconter au professeur Flitwick ce matin. C'est pour ça qu'on a voulu se dépêcher…

- Plus vite on obtiendra une confession de Malefoy, mieux ça vaudra, grogna Ron. Tu sais ce que je pense ? Il était tellement furieux après le match de Quidditch qu'il s'est vengé sur Colin. »

- Arrête de dire n'importe quoi, Ron, répliqua sèchement Ana, les dents serrés.

Ana sentit la colère montait lentement en elle, incontrôlable et puissante. Elle savait que Son Serpentard était détesté de ses amis, cependant, elle avait beaucoup de mal à se contrôler quand elle les entendait dire des méchancetés à son sujet. Et cette histoire de Chambre des Secrets l'exaspérait totalement. Cependant, elle devait absolument essayer de maintenir sa colère pour ne pas mettre en danger le secret de la Prophétie. Personne ne devait savoir qu'un lien l'unissait au détestable Serpentard.

- Et toi arrête de le défendre à tout bout de champs, répondit froidement Harry en lançant un regard noir à la demi-vélane.

- Je ne le défends pas, répondit Ana, sur le même ton. Vous ne vous rendez même pas compte de la gravité de vos accusations. Vous n'avez aucune preuve de ce que vous avancez. Ce que vous dites est grave et intolérable. Je ne peux pas vous laissez faire ça les bras croisé, que ce soit avec Drago, ou avec qui que ce soit !

- Cette fouine est parfaitement capable de pétrifier les gens par vengeance, ajouta Ron avec colère.

- C'est de la magie noire, répliqua Ana, les joues rougissants sous l'effet de la colère. Et aucun élève de deuxième année n'en est capable, vous le savez très bien. Même Dumbledore le dit, alors pourquoi vous obstiner à ce point ?

Ana avait perdu le contrôle de ses nerfs. Elle ne cherchait même plus à se contenir, et faisait face à ses deux amis, qui la regardaient d'un regard dur et froid. Marie et Hermione étaient en retrait, le regard inquiet et le visage crispé. Ce que les deux jeunes filles tentaient d'éviter depuis le début d'année était en train de se dérouler devant leurs yeux, sans qu'elles ne puissent l'empêcher. Leurs amis étaient en train de se déchirer devant leurs yeux.

- Il peut le faire, s'il a la clé pour ouvrir la Chambre des Secrets ! s'énerva Harry en faisant face à Ana. Il peut lâcher son monstre pour pétrifier les gens à sa place.

- Ça, ça reste à prouver, déclara soudain Hermione en s'avançant vers eux, la voix douce en espérant calmer les tensions. Regardez cette corne de licorne ! Vous ne trouvez pas les motifs magnifiques ? On dirait qu'elle a été gravée à la main…

- Mais c'est sur que c'est lui ! rugit Ron sans se préoccuper de ce que disait Hermione. Il était en colère après avoir perdu le match de Quidditch d'hier, et il a lâché son horrible monstre meurtrier dans les couloirs pour se venger de sa défaite. C'est aussi simple que ça, et je ne vois pas pourquoi tu t'obstine à nier l'évidence !

- Calmez-vous ! s'interposa Marie en retenant sa meilleure amie par le bras. Comme le dit Hermione, tout cela reste à prouver. Et comme le dit Ana, nous n'avons aucune preuve pour l'instant. Donc tout le monde se calme maintenant, vous n'allez quand même pas vous disputer pour Malefoy !

- Il n'y a que cette fouine capable de faire une telle chose dans le château ! Arrêtez de vous voiler la face pour faire plaisir à Ana toutes les deux ! rugit Ron, maintenant fou de rage.

- Vous ne le connaissez même pas ! répliqua Ana en élevant encore davantage la voix. Comment pouvez-vous dire des choses pareilles à son sujet sans même lui avoir parlé plus de dix minutes ? Certes, c'est loin d'être la personne la plus agréable et amicale de cette école je vous l'accorde. Mais de là à l'accuser de pétrifier les gens par pure méchanceté et vengeance, vous allez trop loin ! Beaucoup trop loin. Au final, là, vous ne valez pas mieux que lui ! Vous êtes même pire…

- Tu verras, quand nous obtiendrons ses aveux, tu te sentiras tellement bête, Ana, grogna Harry, les joues rouges et le regard mauvais.

- C'est ce qu'on verra, répliqua Ana, en se tournant vers la porte pour ne pas exploser de rage. En attendant, débrouillez-vous tout seul. Ne comptait pas sur moi. Je refuse de prendre part à vos idées absurdes et dangereuses. Si vous êtes assez idiots pour juger les gens sans même prendre la peine de les connaitre nous n'avons vraiment rien à faire ensemble.

Ana sortit de la pièce en claquant la porte derrière elle, folle de rage. Pour qui se prenaient-ils, ces trois là ? Ne se rendaient-ils pas compte de l'absurdité de leurs paroles, et de la gravité de leurs accusations ? Et puis, s'ils étaient tellement persuadés de la culpabilité de Malefoy, pourquoi n'allaient-ils pas en parler au directeur ou à un des professeurs, plutôt que d'enfreindre l'ensemble du règlement de l'école en fabriquant une potion interdite et dangereuse ? A peine avait-elle fait trois pas dans le couloir que la porte des toilettes se rouvrit à la volée derrière elle, laissant passer Harry, les joues rouges et les dents serrés, suivi de près par Marie.

Harry semblait très en colère. Ses yeux lançaient des éclairs menaçants, et l'ensemble de ses muscles étaient crispés par la tension et l'énervement. Il s'élança sur Ana à grands pas, en pointant son index en avant. Il s'arrêta à seulement quelques centimètres d'elle, sans que la demi-vélane ne bouge. L'atmosphère était lourde, et tous deux semblaient près d'exploser de colère et de rage. Un duel de regard s'engagea entre les deux amis.

- Et bien soit, nous n'avons pas besoin d'une traitre dans ton genre, lança Harry en hurlant après un court silence. Tu n'as qu'à rester avec ton cher Malefoy si ça peut te faire plaisir, puisqu'il semble tellement mieux que les autres à tes yeux. C'est vrai quoi, il est tellement merveilleux et parfait, ton cher Drago Malefoy. Et tu sais quoi ? Quand tu te retrouveras pétrifiée par son horrible monstre, ne compte pas sur nous pour venir te rendre visite à l'infirmerie. Toi aussi, tu n'auras qu'à te débrouiller toute seule.

Le garçon à lunettes retourna dans les toilettes sans ajouter un mot, les yeux noirs de colère et les joues rougies. Il claqua la porte derrière lui, faisant sursauter Ana et Marie. Le couloir redevint brutalement silencieux. Pourtant, Ana n'arrivait pas à retrouver son calme. La colère ne la quittait plus, et elle ne voyait même plus ce qui l'entourait. C'était à peine si elle avait remarqué la présence de sa meilleure amie devant elle.

Cette dernière avait les yeux emplis larmes, et semblait réellement inquiète et triste. Elle qui détestait plus que tout les conflits se retrouvait maintenant prise entre deux feux : sa meilleure amie, qu'elle ne quittait plus depuis deux ans, et les membres du trio, qu'elle adorait également. Cette situation était pour elle un véritable supplice dont elle ne voyait pas le bout, et qui lui faisait très peur. Ana continuerait de défendre bête et ongle Son Serpentard, et le trio continuerait de le haïr. Et ce, jusqu'à la fin de leurs vies. Il n'y avait pas de solution, et il n'y en aurait jamais. Rien ne pourrait arranger cela. C'était l'ordre des choses. C'était la Prophétie.

Ana sembla soudain reprendre conscience, et s'empressa de prendre son amie dans les bras pour la réconforter. Elle s'en voulait tellement de lui faire endurer cela. Marie n'avait pas à subir les conséquences de la Prophétie de sa famille. C'était injuste pour elle. Cependant, elle n'avait pas le choix. Elle se devait de défendre l'honneur et l'intégrité de Son Serpentard. C'était son devoir, son rôle. Tout cela lui était dicté par la Prophétie, et elle ne pouvait pas aller à son encontre. Même si elle ne voulait pas se disputer avec ses amis à cause de lui, elle ne pouvait pas contrôler sa colère et ses réactions. La Prophétie était beaucoup trop forte pour qu'elle puisse rester maitresse d'elle-même quand elle sentait que Son Serpentard était attaqué. Elle n'avait pas d'autre choix que de réagir aussi violemment pour le défendre.

Pourtant, elle savait que cette réaction faisait souffrir ses amis. Mis à part Marie, personne n'avait connaissance de la Prophétie, et Malefoy était l'être le plus détesté du château. Les disputes entre Ana et ses camarades étaient donc fréquentes. Marie était la seule à prendre la défense de la demi-vélane, et vivait parfois mal de se retrouver au centre des conflits qu'elle ne maitrisait pas. Et c'était encore une fois le cas aujourd'hui.

Ana serra fort son amie contre elle, à la fois reconnaissante de son soutien, et triste de la voir aussi malheureuse. Elle s'en voulait atrocement. Elle ne savait plus quoi faire pour se faire pardonner, pour redonner le sourire à sa meilleure amie. Elle qui était d'un naturel enjoué et amical semblait maintenant au bord du gouffre. De lourdes larmes coulaient sur ses joues roses, et des gémissements s'échappaient de sa gorge.

Après un long câlin réconfortant, Marie se calma et reprit contenance. Elle s'éloigna doucement de son amie, et sécha ses larmes du revers de sa manche. Ana la prit alors par la main, décidée à retourner dans leur Salle Commune, retrouver le calme et la sérénité qu'elles avaient programmés au réveil. Pourtant, son regard fut attiré par une silhouette immobile au fond du couloir de pierre. Appuyé contre un des murs de pierre, Drago la regardait, le regard noir de colère et les dents serrés. Le jeune sorcier transpirait la haine.

oOoOoO

- Malefoy, attend ! s'écria-t-elle en voyant Son Serpentard partir à grands pas dans la direction opposée.

Drago ne se retourna pas. Il était bouillant de rage et de colère. Elle lui avait une nouvelle fois désobéît. Il venait tout juste de la voir encore une fois avec ce bon à rien de Potter. N'avait-elle pas comprit son avertissement ? N'avait-elle pas comprit qu'elle courrait un danger en restant avec le balafré et ses petits copains insignifiants ? Etait-elle vraiment si bête que cela ? Il était hors de question qu'il lui pardonne encore une fois. Il lui avait laissé beaucoup trop de chance. Lui qui n'avait jamais pardonné de sa vie s'était montré beaucoup trop faible, beaucoup trop indulgent devant cette Gryffondor absurde et tout aussi insignifiante que les autres. Mais maintenant, c'était terminé. Il ne voulait plus la voir. Il ne voulait même pas lui accorder un seul regard. Il ne voulait même plus l'approcher. Elle venait encore une fois de lui prouver qu'elle n'en valait pas la peine.

- Malefoy ! interpela à nouveau la demi-vélane en courant derrière lui.

Il entendait des pas derrière lui, se rapprochant peu à peu. Une main invisible attrapa un des pans de sa robe noire de sorcier, l'empêchant d'avancer et le tirant doucement en arrière. Derrière lui, Ana tendait sa petite main blanche grande ouverte devant elle, lançant un sort pour retenir le Serpentard dans sa fuite. Ses yeux étaient emplis de larmes, et ses cheveux – pourtant toujours parfaitement coiffés – étaient en bataille autours de son visage rond. Elle semblait très triste et catastrophée par la réaction du garçon. Pourtant, Drago n'arrivait à calmer sa colère, malgré la rassurante chaleur qui avait retrouvée sa place dans le creux de son ventre. Il lui en voulait tellement que même cela n'arrivait pas à le calmer.

- Qu'est-ce que tu veux ? lança-t-il d'une voix dure et mauvaise en essayant de se défaire de son sort.

- Savoir ce que j'ai fais de mal… murmura la demi-vélane en retenant difficilement ses larmes.

- Tu le sais très bien, McGregor.

- C'est parce que tu m'as vu avec Harry ? C'est ça ?

Drago détourna les yeux de la jeune fille pour fuir son grand regard vert envoutant. Dit comme cela, sa réaction semblait effectivement absurde et disproportionnée. Oui, il était en colère parce qu'il avait vu la demi-vélane avec ce débile de Potter. Mais s'il était énervé contre elle, c'est parce qu'il savait qu'elle prenait un énorme risque en le fréquentant. La colère grondait dans son ventre, sans que la chaleur ne puisse l'apaiser. Son sang battait dans ses veines à une vitesse folle, faisant rougir la peau de ses joues. L'ensemble des muscles de son corps semblaient contractés, lui faisant presque mal. Il avait envie de hurler, de lui faire comprendre sa bêtise. Mais aucun son ne sortait de sa gorge.

- Il me semble que je t'avais demandé de prendre tes distances avec ce trio répugnant, s'écria soudain Drago en s'avançant vers la jeune fille à grand pas, l'index pointé vers elle.

Ana ne bougea pas et le laissa approcher sans dire un mot. Pour la deuxième fois de la journée, la jeune fille était agressée et pointée du doigt, accusée des pires tords. Elle était une nouvelle fois jugée coupable, alors qu'elle n'avait fait que son possible pour le défendre. La demi-vélane se sentait tellement incomprise, tellement seule. Elle avait de plus en plus de mal à contenir ses larmes, et une énorme boule douloureuse oppressait sa gorge, l'empêchant de déglutir. Un froid immense avait prit place dans son ventre, à l'endroit exact où se trouver normalement la rassurante chaleur. Elle se sentait tellement mal, tellement triste.

- Et je l'ai fais ! répondit Ana d'une voix aigue et déchirante.

- Et c'est pour ça que je te vois avec Potter ici, alors que ta fichue Salle Commune est à l'opposé du château ?

- Je ne faisais rien de mal, Drago, je te le jure. Il m'a demandé de venir avec lui ici… et j'étais avec Marie… et…

- Arrête de te chercher de fausses excuses McGregor, ça ne changera rien ! s'agaça Drago en levant les yeux au ciel, exaspéré. Tu ne m'as pas écouté, une fois de plus. Tu ne m'écoutes absolument jamais de toute façon. Potter est bien trop important pour cela, après tout. Pourquoi m'écouter quand le grand héro te demande quelque chose ?

Une lourde larme s'échappa de l'œil droit de la demi-vélane, coula lentement sur sa joue. La colère s'empara soudain d'elle, sans qu'elle ne puisse la contrôler. Pour la deuxième fois en moins d'une heure, elle perdait contrôle d'elle-même. Mais cette fois, sa colère était dirigée vers Drago. Elle en avait soudain assez de ne pas être comprise, d'être jugée, et d'être traitée comme la pire des criminelles. Elle en avait soudain assez de cette querelle absurde entre Potter et Malefoy. Aujourd'hui, elle avait été la victime de cette rivalité dévastatrice. Aujourd'hui, elle s'était disputée avec son ami et avec Son Serpentard à cause de leur égo surdimensionné. Et elle en avait assez. Elle ne voulait plus vivre cela.

- Tu es injuste, Malefoy ! explosa-t-elle soudain, en faisant un pas vers lui. Je fais tout ce que je peux pour que ça se passe bien entre nous Drago, tout. Là, je n'ai réellement rien fais de mal, et tu t'en prends à moi sans même savoir ce qu'il s'est passé. Et si tu veux tout savoir, ce que tu as surpris, c'est une dispute entre Harry et moi.

- Qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ? ricana méchamment Drago, dévoilant ses dents blanches. Si tu crois que vos querelles de filles m'intéressent…

- Je me suis disputée avec mon ami parce qu'il disait des choses méchantes et injustes sur toi. Je me suis disputée avec Harry parce que je t'ai défendu bête et ongle, et qu'il ne l'a pas comprit. Je me suis disputée avec le balafré – comme tu aime l'appeler – à cause de toi.

Drago marqua un temps d'arrêt, et regarda la Gryffondor d'un regard stupéfait. La colère sembla diminuer légèrement en entendant ces mots. Elle vivait donc la même chose que lui. Elle aussi ressentait un besoin incontrôlable de le défendre quand elle le sentait attaqué. Elle aussi ne supportait pas d'entendre quelqu'un parlait méchamment de lui. Il n'était donc pas le seul à perdre le contrôle de lui-même, à ne plus se reconnaitre. Elle aussi avait du mal à maitriser ses émotions quand il était question de lui. D'un certain coté, cette constatation le rassurait, mais le paniquait également. Etait-ce possible de ressentir exactement la même chose ? Il n'avait jamais connu de chose semblable, ni jamais entendu dire qu'une telle chose était possible.

Les larmes coulaient maintenant abondamment sur les joues blanches d'Ana. Elle semblait réellement dans tous ses états et tremblait de tous ses membres, comme si elle était soudain frigorifiée. Elle semblait tellement fragile que la colère de Drago disparut totalement. La chaleur reprit sa place dans le creux de son ventre, et le poussa à tendre une main réconfortante vers la Gryffondor. Il voulait lui montrer qu'il était désolé de son excès d'humeur, de sa colère absurde. Il voulait lui dire qu'il était là pour elle, et qu'elle ne devait pas être triste, surtout pas à cause de lui. Ana se recula brutalement pour fuir ce contact, et le regarda avec colère et rancœur.

- Donc maintenant, tu n'as plus rien à craindre, tu ne me verras plus avec Harry. Ni avec Ron d'ailleurs. Puisque je suis en froid avec eux. A cause de toi. Tu peux être fier de toi.

- McGregor…

- Laisse-moi parler, s'il te plait ! Pour une fois, laisse-moi m'exprimer. Tu sais, je ne suis pas obligée de t'obéir en toutes circonstances Malefoy. Ce n'est pas quelque chose que je te dois, ni quelque chose que tu mérites d'ailleurs. Si j'ai pris mes distances avec Harry, Ron et Hermione, c'était uniquement pour te faire plaisir, et pour que tu prennes enfin conscience que je t'apprécie vraiment, et que je suis prête à faire quelque chose pour toi. Mais toi, qu'est-ce que tu fais pour moi, hein ? A part me crier dessus, et me faire des reproches à longueur de journée. Rien n'est jamais assez bien pour toi, Monsieur Malefoy, et quand je fais des efforts, tu ne le remarque même pas !

- C'est faux !

- Je n'ai pas terminé ! J'en ai marre Drago, marre de me fatiguer pour rien. Marre de faire des efforts que tu ne remarques même pas – et que tu trouve normal de toute façon, puisque tout t'est dû. Marre que tout soit toujours à sens unique. Je ne te demande rien, à part de me respecter, et même ça tu en es totalement incapable. Ce n'est pas faute de te l'avoir demandé pourtant. Tu sais, le monde ne tourne pas autours de toi et de ta famille, Malefoy. Tout ne t'est pas dû contrairement à ce que tu pense, et tu te dois d'être au moins aimable avec moi, parce que j'estime que je le mérite, vu tout ce que je fais pour toi. Mais non, toi, tu préfère largement me faire pleurer et me faire de la peine.

- Ce n'est pas ce que je voulais…

- Le problème Drago, c'est que tu ne sais même pas ce que tu veux.

Ana essuya ses larmes avec la manche de sa cape. Le contact de l'épais tissu en laine provoqua un léger rougissement de ses joues. Elle n'était pas vraiment en colère. Non, elle semblait juste lassée et épuisée. Lassée du comportement de Son Serpentard. Lassée de ne pas être comprise. Lassée d'être seule. A cet instant, Malefoy s'en voulu. Il s'en voulait de faire couler ses larmes. Il ne voulait pas la rendre malheureuse. C'était comme une évidence, tout ce qu'il voulait, c'était la voir rire, la voir aussi joyeuse que le jour où il l'avait aperçue pour la première fois, dans la foule de première année. Elle lui avait semblée si petite, si frêle, si timide. Il avait même cru qu'elle n'était pas une étudiante, tellement elle avait l'air jeune et perdue. Mais elle avait l'air tellement heureuse et bien dans sa peau qu'il l'avait immédiatement trouvé attachante – même s'il avait beaucoup de mal à admettre ces mots.

En la voyant pour la toute première fois, il n'avait pas pu détacher son regard de cette petite jeune fille. De ce petit bout de sorcière tellement différente des autres étudiantes. La chaleur avait prit place dans son ventre, rassurante, apaisante. Et pour la toute première fois de sa vie, il s'était senti entier. Il s'était senti digne, digne de porter ce nom qui lui était si cher. Ce nom qui était signe de prestance et de pouvoir. Et cette sensation avait été la meilleure chose qui lui soit arrivé dans sa courte vie.

Depuis qu'il la fréquentait, il ressentait souvent cela. Mais c'était uniquement quand elle était près de lui. Le regard qu'elle portait sur lui, sa bonne humeur permanente, la chaleur. Tout cela lui permettait de se sentir bien, de se sentir mieux. D'être fier de celui qu'il était. D'avoir l'impression d'avoir de l'importance, de l'intérêt, d'être digne. Et tout cela, il ne pouvait plus le nier, c'était grâce à elle.

- McGregor… tu sais comment je suis… tu sais que je ne sais pas faire, avec les gens. Tu sais que je suis froid, hautain, et prétentieux. Mais ça, c'est moi.

- Je le sais, pleura Ana en essayant de cacher son visage au garçon, soudain honteuse d'être dans cet état face à lui.

- Et… je sais que je ne suis pas toujours agréable avec toi, mais ça aussi c'est moi. Je ne suis pas comme toi. Je n'aime pas les gens. Je n'aime personne, à part moi-même et ma famille. Et je ne sais pas comment faire autrement. Je n'ai jamais eu à faire autrement à vrai dire.

- Je ne te demande pas de changer pour moi, Malefoy.

- Je le sais. J'essayais juste de t'expliquer ma façon d'être. Pour que tu comprennes que tout ça, ce n'est pas contre toi.

Ana soupira en essayant de retenir les dernières larmes qui restaient dans ses grands yeux verts. Drago la regarda, les yeux tristes – du moins c'est ce qu'elle semblait y voir. Le Serpentard se pencha vers elle pour lui faire face. Ana détourna le regard.

- Je vais essayer, d'accord ? Je ne te promets rien, mais je vais au moins essayer. Et toi, tiens-toi loin de Potter, d'accord ?

- D'accord, soupira Ana en regardant Son Serpentard dans les yeux.

Les deux sorciers restèrent face à face pendant plusieurs secondes, sans dire un mot. Ils s'étaient perdus dans leurs regards. Derrière eux, Marie les regardait en souriant. Elle les trouvait tellement mignons, tous les deux – et pourtant, il était difficile de trouver Malefoy mignon. Malgré leurs nombreuses disputes, ils finissaient toujours par se retrouver. Et quoi qu'il arrive, il se retrouverait. Ils étaient liés, et ce pour toujours.

Marie comprit alors que toutes les disputes avec ses amis en valaient la peine. Ana en valait la peine. Son histoire en valait la peine. Et même Drago en valait la peine. Elle avait sous les yeux un tout nouveau Malefoy. Un Malefoy qu'elle n'avait jamais réellement rencontré, mais qu'Ana lui avait tant de fois décrit. Un Malefoy presque sympathique, presque gentil. Un Malefoy qui valait la peine d'être aimé.

Soudain, son regard fut attiré par une silhouette trapue qui avançait à grands pas dans la direction des tourtereaux. Marie la reconnu immédiatement, et courut vers elle, sa fine baguette de bois pointée en avant.

- PETRIFICUS TOTALO !

La silhouette tomba au sol lourdement, en provoquant un bruit sourd dans le couloir de pierre. Drago et Ana se retournèrent en sursautant, surpris et inquiet. Au pied de Marie, Pansy Parkinson était immobile, prisonnière du sort de pétrification. C'était la première fois qu'Ana ne la voyait pas avec un sourire narquois sur le visage. Non, cette fois ces yeux étaient écarquillés par la surprise, et son visage reflétait la peur.

- Je viens de vous éviter de nouveaux problèmes, déclara Marie en souriant avec fierté. Maintenant, j'aimerai retrouver mon fauteuil au coin du feu et mon livre de Norbert Dragonneau !

Ana sourit à son amie et se jeta dans ses bras en riant. Elle lança un dernier regard entendu à Malefoy, avant de partir de direction de sa Salle Commune. Il était temps de prendre un repos bien mérité, et tellement attendu. Drago partit en courant vers les cachots, retrouvé ses camarades.

En arrivant au bout du couloir, Marie pointa sa baguette vers Pansy, toujours allongée au sol. Immédiatement, cette dernière se redressa, cherchant des yeux son agresseur, qui avait déjà disparut.