Parce que vous êtes gentils (gentilles) et aussi parce qu'on ne pourra pas vous mettre, Clem et moi, de chaps avant longtemps (cause vacances !!), voici un autre chapitre.
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Le jardin et sa pelouse bien douce, je connaît, ça va ! Mais pour la première fois de ma vie, je vais passer le portail. Le flot de la foule de petits Hobbits s'est calmé. Ceux qui passent courent en grommelant quelque chose comme « En retard dès le premier jour ! Ca commence bien ! » et ne font pas attention à moi.
Je respire un grand coup, et pense au but de ma quête pour me donner du courage : retrouver mes sœurs et ma mère et leur éviter une mort certaine ! Et sur les genoux et les mains, je fait mon premier pas dans la rue !
Les pierres me blessent affreusement les mains et les genoux et mon pantalon doit s'abîmer mais coûte que coûte, j'avance héroïquement sur le chemin qu' ont pris mes sœurs et ma mère.
Ainsi, j'ai déjà bien du faire deux cents mètres sans que personne ne me voie. Quand soudain un bruit affreux arrive derrière moi. Je me retourne pétrifié et découvre avec horreur une immense charrette qui fonce à toute vitesse vers moi ! Enfin pour l'instant, c'est plutôt le cheval qui courre vers moi . . .
J'accélère comme je peux, terrifié, mais la charrette va beaucoup trop vite pour moi. Et la limitation de vitesse en ville, alors ? Chauffard, va ! C'est avec des gens comme toi qu'on tue les bébés Hobbits qui se promènent bien tranquillement sur la route !
Je décide donc de me précipiter sur le bas-coté de la route, le cœur battant, la panique au ventre. Mais là, il arrive quelque chose qui ne m'était jamais encore arrivé, et il faut que ça arrive maintenant ! Sous l'effet de la peur, sûrement, je m'emmêle les mains et m'étale de tout mon long sur la route ! Tomber quand on marche à quatre pattes ! Quelle honte !
Trop tard, maintenant, je n'ai plus le temps de me relever ! Je n'ai plus qu'à attendre la mort, au milieu de la route, le museau dans la poussière ! Les sabots du cheval puis les roues de la charrette, que va-t' on retrouver de moi ? Et dire que je voulais sauver de la mort ma famille et que c'est moi-même qui vais mourir ! Je le savait bien que Papa n'aurait pas été d'accord pour que je sorte du jardin ! Ma Maman, mes sœurs, là , c'est sûr, je ne les reverrais plus !
Est-ce que ma famille sera triste ? En tout cas, moi, je suis triste de mourir ! Je me suis fait mal en tombant et en plus le bruit me fait peur. Alors je me met à pleurer aussi fort que je le peux ! Mais ça ne changera rien, personne ne m'entend à cause du bruit.
J'aurais vécu à peine à un an, c'est ridicule à coté de l'éternité ! Comment voulez-vous qu'on se souvienne de moi, ainsi ? Je regretterais ma famille, mon nounours, mon jeu, mes copains Sam, Meriadoc et Frodon. Je regretterais mon lit chaud et mes bouillies ! Mais pour l'instant je regrette surtout d'être sorti de chez moi !
Je veux voir la mort en face, je me roule sur le dos et j'attend que le cheval lancé à pleine vitesse me piétine ! Il est tout près, maintenant ! Le cocher ne me voit-il donc pas ? Ou peut-être fait-il exprès d'accélérer ? Le bruit est affreux et sous moi, le sol tremble, comment est-ce que je fais pour ne pas mourir d'une crise cardiaque ? Je ferme les yeux . . . adieu !
!
« Attentiooooooooon ! Gandalllllllllllllllllf ! »
Le hurlement me fait rouvrir les yeux . Qu'est-ce que c'est que ça ? On ne peut plus mourir écrasé tranquillement, maintenant ? Le cheval est brusquement arrêté. Trop brusquement : il rue violemment et retombe . . . sur moi ! Misérable forme recroquevillée par terre. Bon, cette fois-ci je meurs vraiment. Je hurle de peur plus que je ne pleure et les deux pattes du cheval retombent . . . de chaque coté de moi !
Je ne suis pas mort ? Je ne suis pas mort !! Peuh, j'ai toujours su que je mourrais pas maintenant ! Ce n'est pas un cheval au galop qui va faire peur à Peregrïn Touque ! J'ai d'ailleurs trouvé ça assez amusant ! Les cris et les larmes, c'était de la comédie, pour faire bonne impression ! Vous avez vraiment cru que j'avais eu peur ? Hin hin ! . . . euh . . . moi aussi . . .
D'entre les pattes du cheval, j'entend une voix grave et dure :
« Qu'est-ce que c'était que ça ? Vous croyez que je l'ai écrasé, Bilbon ? »
Bilbon ? Il y a Bilbon dans charrette ? Mais oui ! Maintenant que j'y pense, c'est sa voix qui a hurlé. Mais à qui appartient l'autre voix, dure et grave ? Je n'en sais rien, au chauffard, sûrement ! En attendant, je reste silencieux de peur d'effrayer le cheval au dessus de moi et la voix de Bilbon reprend : blanche et tremblotante à en faire peur :
« Je . . . je sais pas si vous l'avez écrasé . . . mais . . . je peux vous dire . . . ce que c'était . . . . C'était . . . c'était Peregrïn . . . le . . . le fils du Touque . . . ! »
« Le fils du Touque ! Seigneur ! » s'écrit le conducteur au moment même où une troisième voix pousse un cri :
« Pippin ?! C'était Pippin ? Oh non, oh non ! »
Quelqu'un saute de l'arrière de la charrette et se précipite. Je ne vois que des pieds poilus. Le Hobbit attrape le licol du cheval et se penche. Frodon !!!!Mon ami, mon sauveur ! Tire-moi des pattes de cette immense bestiole ! Il me prend effectivement dans ses bras et me tire de dessous le cheval ! Encore un des rare à me comprendre !
« Alors, Frodon, mon gars ? » fait la voix de Bilbon qui reflète sa peur et son appréhension.
« Il va bien ! Il n'a rien ! C'est un miracle . . . »
Je me serre contre mon Frodon-préféré et je me met à pleurer doucement à cause de la peur rétrospective. Il me secoue doucement en me murmurant :
« Chuuuut, Pippin, chuuut ! Ca va aller ! N'aie pas peur, tu es sauvé ! Je suis là ! »
Je vois bien que je suis sauvé, Frodon, mais je ne peux pas m'arrêter de pleurer, j'ai eu trop peur ! Il m'amène au niveau du cocher et de Bilbon. Bilbon a un faible sourire en me voyant et me caresse la joue d'une main plus que tremblante !
« Et bien, Pippin, on peut dire que tu nous as fait une sacré frayeur ! Qu'est-ce que tu fais, si loin de chez toi, tout seul ? »
C'est une longue histoire ! En fait, je me suis réveillé comme d'habitude ce matin et . . . euh . . . enfin, pas grave ! Tu n'aurais pas une pipe en sucre sur toi ?
Soudain, j'aperçois le personnage qui tient les rennes ! « Personnage » est un mot assez gentil ! Je devrais plutôt dire « créature » ! Il est tout en gris avec un immense chapeau et une très grande pipe. Il a des cheveux lisses, très blancs, très longs, et il en a même sur les joues et sur le menton. Et il est im-men-se. Il est assis, mais je suis sûr qu'il fait deux fois la taille de Frodon. C'est pas un Hobbit, ça je peux vous le garantir ! Qu'est-ce que c'est que cette horreur ? C'est ça, un gobelin ?
Les yeux écarquillés et la bouche ouverte, je le contemple avec un mélange de peur et de curiosité. Il sourit et son visage devient brusquement beaucoup plus sympathique. Il tend la main vers moi. J'ai un mouvement de recul, mais c'est sans compter la longueur de son bras ! Il m'ébouriffe et me fait d'une voix douce :
« Alors, comme ça, c'est toi, le petit dernier de la grande famille des Touques ? Enchanté de faire ta connaissance, moi je suis Gandalf le Gris ! N'aie pas peur ! Je ne vais pas te manger ! Mais c'est la première fois que tu vois quelqu'un plus grand qu'un Hobbit, pas vrai ? Moi, j'ai bien failli ne pas te voir, tu sais, tu peux remercier Bilbon ! Ha ha ! Petit crétin de Touque ! »
C'est dit gentiment, mais je retiens l'insulte ! Enfin, pas grave, c'est vrai que sur ce coup-là, je n'ai pas été très fin, je n'aurais pas du sortir ! Mais devais-je accepter d'abandonner ma Maman et mes sœurs à une mort certaine ? Question trop philosophique pour moi ! Tout comme celle de savoir si je dois considérer ce Gandalf le Gris comme un ami parce qu'il est l'ami de mes amis !
« Frodon, mon gars ! Tu le ramènes chez lui ? Nous, on rentre à Cul-de-Sac! » fait Bilbon.
« Ha ? Bon d'accord ! Je rentrerais à pieds, alors ! » fait Frodon.
« On doit parler de quelque chose avec Gandalf ! » ajoute-t' il d'une drôle de voix.
Frodon acquiesce mais ne voit pas quelque chose qui m'intrigue : quand Bilbon a dit « quelque chose » il a mis la main sur la poche de son veston et l'a tripoté avec une sorte de fébrilité mêlée à de l'excitation. Je suis prêt à parier qu'il y a encore un mystère là-dessus . . . ou plutôt dans la poche . . .
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Voilà ! Je vous laisse deviner ce qu'il y a dans la poche de Bilbon ( question qui a toujours terriblement tourmenté Gollum !). Mais Pippin ne le saura que bien plus tard . . . !
Désolée pour les fans de Gandalf mais en lisant bien le livre, on s'apperçoit qu'entre Pippin et Gandalf, ce n'est pas le grand amour ! Le magicien ne perd pas une occasion de rabaisser ou de gronder Pippin !Au gout de Gandalf, le Hobbit est trop gaffeur et inconscient du danger ainsi que de la portée de ses actes! Mais rassurez-vous, ils sont ne sont tout de même pas ennemis, loin de là !
Des reviews ! Des reviews ! Des reviews ! Des reviews !
