Chapitre 11 :

Bien, je suis dans le regret de vous annoncer la fin de cette excellente soirée passée entre votre compagnie. Passez une bonne nuit ! Profitez pour faire la grasse matinée !

C'est ainsi que sous les applaudissements, Harry entraina Hermione vers les cuisines. Les couverts et plats du dîner volaient dans ce bal interminable, les elfes se préparaient à aller danser avec les autres.

Harry ! Toi être beau ce soir ! s'exclama Dobby.

T'es pas mal non plus.

En effet, il portait un bonnet bleu laissant sortir ses oreilles; une veste multicolore; un short de boxe, et des chaussettes bleues marine. Il sourit de toutes ses dents à ce compliment. Sa cavalière le rejoignit. C'était Winky, vêtue d'une sorte de robe orangée à bretelles.

Harry et Hermione s'assirent à une table, en attendant les elfes retardatères. Ils ne purent s'empêcher de s'embrasser langoureusement, les doigts entrelacés.

Ooops ! s'exclama un homme.

Hermione se détacha d'Harry, et rougit comme une pivoine. Harry sembla exaspéré.

Severus, t'as pas assez mangé ou quoi ?

Bah...je...je venais prendre un pack de bières-au-beurre. Désolé de vous avoir dérangé, je, je suis confus.

Et celà se voyait. Hermione aurait pû le comparer à un jambon fumé qui aurait attrapé la rougeole. La jeune fille avait habituellement peur de lui, mais elle sourit devant son embarras. Severus, esquissa un sourire timide, comme pour s'excuser de nouveau.

Pas grave, on y allait, dit finalement Harry.

Suivis d'un prof encombré d'un paquet plus lourd que lui, et d'une horde d'elfes de maison, ils se dirigèrent vers la fôret interdite. Ils empreintèrent un passage sombre éclairé de quelques lucioles. Ils débouchèrent dans une clairière introuvable en temps normal. S'y trouvaient déjà des fantômes, des professeurs, des centaures. La musique était bien plus entrainante que celle du bal de la Grande Salle, et on vit ainsi Mme Pomfresh se déhancher sur une chanson au rythme latino. Harry salua tout le monde, et entraina Hermione vers la "piste".

Tu sais danser ? demanda la jeune fille.

Non mais on s'en fout pas mal !

Elle était stupéfaite, mais se laissa entrainer par la musique. Harry ne dansait pas, il bougeait au rythme de la musique. Et celà faisait son effet. Rogue se prenait pour John Travolta dans La fièvre du samedi soir. Jamais la jeune femme ne s'était autant amusée dans une fête sorcière. Harry la laissa quelques instants pour aller chercher des boissons. Hermione s'étaonna que tout le monde boive autant d'alcool. Ils étaient tous si sobres habituellement, surtout Harry, qui était quasiment ivre. Pour tout dire, il était ivre. Il s'approcha d'Hermione en la tenant par la taille. Il respira son parfum dans son cou, où il déposa quelques baisers.

Dis, ça t'arrive souvent de te saoûler ?

Une fois par an ma belle, j'en profite pour pas le faire à moitié.

Ca j'ai remarqué, plaisenta-t-elle en lui caressant les cheveux.

Tu sais que je t'aime ? Je t'aime, je t'aime, je t'aime mon amour, lui murmurat-il au creux de l'oreille. Ca te vas si on passe la nuit ensemble ?

Quoi ?

Ouai, mais juste pour des câlins t'inquiète.

Je m'inquiète pas, mais juste des câlins t'es sûr !

Voui que j'suis sûr, j'veux pas aller plus loin...

Elle l'entraina alors vers un coin calme d'un dortoir libre, mais lui, qui avait un peu déssaoûlé, l'emmena dans une pièce secrète, pleine de coussins, de draps.

C'est pas mieux ?

Si, chuchotat-elle.

Sa main se logea dans la sienne. Son souffle s'accéléra. Elle se serra contre son torse brûlant. Il s'assit sur un des innombrables coussins. Elle l'y suivit. Son souffle tel une caresse contre sa peau. Des baisers à n'en plus finir. Elle ne voulait pas en finir. Leurs corps qui s'emmèlent, se démèlent. La douceur de sa voix rauque. La tendresse de ses étreintes puissantes. Les yeux qui se ferment doucement. Des corps qui s'entrelacent une dernière fois. Et le noir. Total. Uniforme, mais toujours différent.

Le lendemain matin, Hermione s'attendait en se réveillant à être seule. Erreur. Deux yeux d'un vert profond la fixaient. Elle sourit. Nul besoin de mots, le regard fit tout. Il l'enlaça, il avait totalement déssaoulé. Quelques baisers plus tard, ils concentirent à ouvrir la bouche.

Salut.

Salut.

Bien dormi ?

Evidemment. Toi ?

Aussi, quelle question.

Tu bosses aujourd'hui ?

Ouai, fini la récré pour moi !

Tu fais quoi ce soir ?

Je joue de la flûte sur le balcon.

Ca te dirais d'avoir une auditrice de plus ?

Pour toute réponse, le jeune homme l'embrassa délicatement.

Je dois y aller, désolé, chuchotat-il.

Un dernier baiser, et il disparu de sa vue. Hermione s'étala sur le dos, en expirant bruyament. Un sourire sur les lèvres, elle se dit qu'elle n'avait jamais été si heureuse.

Un scène assez atypique se déroula l'après-midi même à la sortie de la Grande Salle, et Hermione y assista de loin. Pas si loin tout compte fait. Malefoy sortait, et croisa Harry. Cet abruti jetta sa pelure de banane à terre, ainsi que le trognon de pomme qu'il prit de la main de Crabbe.

Aller, l'esclave, fais ton boulot.

Pardon ? J'ai dû mal comprendre.

T'as très bien compris le chien, aller, nettoie ça.

Une foule d'élèves s'était formée autour d'eux, et attendais avec passion la suite des évènements, prenants paris sur qui viendrait à bout de l'autre.

Aaaahh. Malfoy. Ton cerveau rétrécit avec les années à ce que je vois, affirma Harry.

Quoi ?

Tiens, voilà ton dût, maintenant, tu vas mettre tout ça dans le truc rectangulaire là-bas, qui s'appelle poubelle, dit calmement Harry en lui tendant ses déchets.

Jamais ! C'est le travail des chiens dans ton genre.

Ah vraiment ? Bien. Dans ce cas, tu vas être punis pour injure à un membre du personnel.

Tu parles d'un membre du personnel !

De mieux en mieux, tu agraves ton cas. La première semaine des prochaines vacances, tu la passeras avec moi, à m'aider dans tous les travaux que je fais, à mon propre rythme, compris Malefoy ?

Qu'est-ce qui se passe ici ?

Rémus Lupin venait de faire son apparition. Harry lui expliqua la situation, et Lupin le réprimenda. Il trouvait la punition trop dure, bien trop dure.

Aucune personne de ce château ne peut tenir ton rythme ! C'est tout juste si les fantômes sont aussi endurants que toi ! Il sera mort avant la fin de la semaine, Harry.

Tant pis pour lui, je pense pouvoir faire son deuil sans aucun problème. C'est juste pour les 6 années d'enfer qu'il m'a fait passer. Qu'il crève, j'en ai rien à faire personellement.

Bon, comme il te semble juste. Je vais dire à Dumbledor ce qui c'est passé. Je pense que lui aussi acceptera ton point de vue et te donnera entièrement raison...

Sur ce, il partit. Malefoy s'enfuit en courant, furieux de l'humiliation qu'il venait de subir. De l'autre côté du couloir, Hermione n'avait rien manqué. Harry vint vers elle et s'excusa de ne pas pouvoir être disponible durant ladite semaine.

C'est dommage. La deuxième semaine je serais chez mes parents, Harry.

Ah, ok. Je m'arrangerais pour te voir pendant qu'il dormira. Dieu sait que ça arrivera souvent, plaisentat-il.

Espèrons-le.

Au deuxième jour il aura tant de cernes qu'on le croira revenu d'un match de boxe. J'en suis déjà mort de rire.

Mais c'est vrai qu'il ne tiendra pas, Lupin a raison.

Peut-être, mais j'en ai absolument rien à faire, c'est son problème à ce sale bourge. Dis-moi si il t'insulte, et je me charge de son cas pendant deux semaines, pas une. Un mois, c'est pas mieux ?

Roooh, arrête ! Il sera à la morgue que tu ressentiras à peine une once de fatigue, rit la jeune femme.

P'têtre bien...

En fait t'es un monstre de violence, toi, s'exclama-t-elle en se serrant contre son amant.

Si tu le dis. C'est vrai que j'suis pas tendre, ni gentil, mais je fais des efforts non ?

Est-ce que je t'enlacerais et t'embrasserais comme je le fais si tu étais un monstre sanguinaire ?

Je sais pas, y'a bien des filles qui tombent amoureuses de l'homme qui les a violées.

Hermione lui fit savoir que ce n'était pas son cas en l'embrassant de plus belle.

Ils passèrent la journée ensemble, et rendirent visite à Rubéus à la tombée du jour. La cabane du géant dégagait un filet de fumée blanche, et l'on pouvait sentire la douce odeur qui se dégagait du dîner.

Prends garde, c'est pas parce que ça sent bon que c'est bon, crois-en un connaisseur, chuchota Harry à l'oreille de sa dulcinée qui pouffa de rire.

Ils toquèrent à la porte, et ce fut un Hagrid en tablier rose bonbon qui les accueillis avec grand bruit. Il les installa à table, et sortit du feu une cocotte minute remplie d'une sorte de bouillon de viande aux légumes. Du moins, celà y ressemblait vaguement. Hagrid s'assit, et entrepris de les servir, dans des bols trois fois plus larges que leurs mains réunies.

Alors, les tourtereaux, ça va ?

Oui oui, t'inquiète, moi ça va.

Moi aussi, merci, et vous ?

Quand est-ce que tu vas te décider à me tutoyer, ma belle ?

Euhhh, je...

Bah, c'est pas grave. Fin bref, j'vais bien aussi, merci bien. Harry, tu me passes le pain ?

Ca va ton dos ? interrogea le jeune homme.

Ouai, ça peut aller, toujours des douleurs quand j'me penche mais à part ça.

Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il a votre dos ?

Le tronc que j'me suis reçu au Népal. Toi Harry ça va tes abdos ? rit le géant.

Je, hum. C'est juste qu'elle était pas au courant, tu vois...

Tes abdos ? Qu'est-ce qui t'es encore arrivé ? s'exaspéra la jeune femme.

Haha, t'as bien raison va ! Encore est un bien petit mot pour les coups et blessures reçus par ce gars-là. Ton chéri est une sorte de type indestructible, mais le problème c'est que la plupart des cicatrices restent. Ca a bien dû l'amocher celle-là, non ? demanda-t-il à Hermione.

Euhhh, y'a un bout de temps que je l'ai pas vu torse nu à vrai dire, donc je sais pas...

Ouai, ça fait un grand truc, bien en relief. Comme si j'en avais besoin, tiens ! Pour répondre à ta question, Hermione, un imbécile qui se reconnaitra m'a balancé une branche d'accacia dans le ventre. Or, une branche d'accacia c'est flexible et indestructible. Donc ça m'a bien ouvert le ventre. Et ça reste, hein, ça j'peux te le dire, mon cher Rubéus. Quelle délicatesse !

Hagrid était littéralement explosé de rire, et Hermione se retenait de l'imiter. Harry hocha la tête avec consternation, puis se mit à rire joyeusement. C'est ainsi qu'ils passèrent la plus grande partie du diner à commenter leurs "exploits" de maladresse, le tout dans une humeur bon enfant. Profitant d'un instant durant lequelle sa petite amie s'était levée, le Violeur en fit de même, et posa un doigt sur ses lèvres en regardant Hagrid. Celui-çi observa l'approche animale et silencieuse de son ami. Ses pas étaient inaudibles à l'oreille humaine, et feutrés. Il suivait Hermione dans tous ses moindres déplacements, comme une ombre. Et quand il fut à moins d'un centimètre d'elle, il eut une sorte de sourire en coin, malveillant, ou pervers, on ne voyait pas la différence. D'un coup, d'un seul, il s'empara de ses hanches, tout en posant ses lèvres dans son cou à demi-dénudé. Il sentit le ventre de sa dulcinée se contracter au toucher de ses doigts, elle se redressa de tout son corps en se cambrant légèrement. Sa tête bascula en arrière et se posa sur l'épaule d'Harry, elle avait fermé ses yeux, entrouvert ses lèvres. Ses mains allèrent se loger sur celles de son agresseur. Le sourire d'Harry se fit tendre, et leur étreinte plus douce.

Rubéus était fasciné par les différentes facettes de ce couple. Ils étaient liés par une sorte d'instinct animal, charnel, et à la fois par un amour d'une douceur infinie. Il avait les yeux rivés sur eux, les sourcils froncés, l'air concentré, comme essayant de découvrir leur secret. C'est à ce moment précis que Dumbledor choisis d'entrer dans la cabane du demi-géant. Devant la vue qu'il avait devant les yeux, il resta immobile, pétrifié. Un bras en l'air, l'autre sur la poignée, les jambes dans une position sûrement incomfortable. Mais c'était là le cadet de ses soucis. Hagrid, le regarda et lui fit une sorte de grimace qui voulait tout dire. Un baiser tendre dans une étreinte animale et puissante. Une flèche traversant un filet d'eau; un éclair devant la pleine lune; un couple dans un champ de bataille.

Harry et Hermione s'interrompirent, retrouvant une position un peu plus décente. Harry regarda son supérieur en souriant doucement, les yeux encore pleins d'étoiles, tandis qu'Hermione n'osa pas regarder le directeur, et rougit. La jeune fille regarda sa montre et prétexta un besoin urgent de someil, pendant que Dumbledor entrait enfin dans la pièce unique de la cabane. Elle se retourna vers Harry, et après un baiser plus lèger qu'une plume, elle s'enfuit. Quelques instants avant qu'elle ne franchisse la porte, Albus croisa son regard et lui fit un clin d'oeil bienveillant. Ce qui n'empêcha pas la belle de sortir d'un pas pressé. Harry n'avait pas bougé d'un poil, mais il avait levé la tête vers le plafond, les yeux clos, un air serain sur le visage. De dehors, Hermione vit les trois hommes s'attabler lentement, après avoir salué Dumbledor. Elle courut vers le château, puis vers son lit, qu'elle gagna avec joie. Elle se déshabillait quand Parvati tira les rideaux de son baldaquin.

C'est maintenant que t'arrives ?

J'étais avec mon copain.

Oooooh, il a du s'en passer des choses pour que t'ais les lèvres aussi rouges, dis-moi, ma p'tite Hermione.

Ca te regardes ?

Roooh, m'agresses pas ! Toi faut vraiment te laisser tranquille à onze heures du soir...

Bonne nuit, Parvati.

Dès que la colocataire de la chambre fut partie, ce fut Ginny qui l'acosta pendant qu'elle mettait un t-shirt. Elle décida que vu qu'elle avait chaud, elle se contenterais de ce petit haut et de ses sous-vêtement.

Tu vas attrapper la crève, ma grande ! affirma la rousse.

Mais non, en hiver, à Salem il fait la même température dehors que dans les chambres. C'est dire.

Si tu le dis. T'étais avec ton copain, hein ? Comment se fait-il que je l'ais jamais vu ?

Toi, occupes-toi de calmer les ardeurs de ton frère à me "protéger", et après on verra ce que je te dis, ok ?

Ouai, ouai, bonne nuit.

Sur ce, elle referma les rideaux. Hermione avait la tête ailleurs. Loin. Dans un lieu sans guerres. Sans mal. Loin. Un lieu perdu. A la mercie des éléments. Un lieu sauvage. Où sa passion serait révélée au grand jour, sans personne pour remettre en question la personalité de son petit ami. Elle s'allongea avec bonheur, et repensa à leur étreinte brûlante. Ses joues prirent feu instantanément. Le clin d'oeil de Dumbledor avait été assez suggéstif. Il approuvait entièrement leur passion, et se réjouissait qu'ils soient passés à l'étape suivante. S'il lui avait parlé, elle était certaine qu'elle aurait entendu une sorte de compliment pour le "rentre-dedans" comme il se plaisait à appeller cette délicate technique de drague. Il en était tout autre, mais Hermione trovait la formule assez appropriée, sauf que c'était Harry qui lui faisait perdre la tête, et non le contraire. Elle se dit que tout compte fait, elle appréciait cette approche lente et cahotique, que la précipitation des choses durant ses anciennes relations n'avait été qu'une suite d'inachevés, de frustrations. C'est sur ces douces pensées envers son compagnon qu'elle s'endormit, sans savoir que quatres yeux étonnés l'avaient observée rougir, puis devenir pensive, et finir par un drôle de sourire, entre la coquetterie et la perversité. Ces deux paires d'yeux se regardèrent, et en conclurent visuellement que leur amie Hermione n'allait vraiment pas bien.