Date : 11 octobre 2018

Nombre de mots : 1248 mots

Thème : "Cruel"

Pairing : Aomine x Kise

Rating : T

Genre : Hurt/Confort, Romance


~ JOUR 11 - CRUEL ~


Avant, tu te cachais derrière des grandes lunettes et de belles casquette, pour ne pas qu'on te reconnaisse, quand tu marchais dans la rue.

Aujourd'hui, tu le fais toujours, mais plus pour les mêmes raisons.

Avant, tu souriais doucement lorsqu'on te reconnaissait, malgré l'attirail, et tu t'arrêtais pour signer un autographe ou prendre une photo.

Aujourd'hui, tu fuis lorsque tu entends ton nom au loin dans la rue, en espérant qu'on ne te courra pas après.

Avant, les contrats pleuvaient à foison… Aujourd'hui, tu n'espère même plus recevoir un coup de fil de ton manager pour une aide quelconque.

Avant, tu étais très actif sur tous tes réseaux, tu étais l'influenceur de beaucoup de personnes, qui t'auraient suivi aveuglément et sans concession.

Aujourd'hui, tu ouvres parfois la page de tes différents profils, pour admirer la haine de ce monde contre toi, et parfois, tu ne peux t'empecher de fondre en larmes en lisant des mots immondes à ton égard.

Avant tu souriais, Ryota. Tu souriais d'un air si naïf, tant que le bonheur pouvait se personnifier sur tes lèvres.

Aujourd'hui, tes sourires te rendent si fragile, si tant est qu'on te voit encore sourire.

Le soleil que tu es s'éclipse doucement, et ça fait tellement de mal de te voir comme ça.

Là où le rouge colorait doucement tes pommettes avant, il est maintenant parfois obscurci par une couleur noirâtre, signe que tu n'as peut-être pas couru assez vite, où que tu as tenté de te défendre.

Et tu es fatigué, Ryota. Fatigué de n'être plus que l'ombre de toi même.

Tu n'en peux plus de rester enfermer chez toi, à attendre ton amant toute la journée, pour un peu de réconfort.

Les gens sont cruels, injustes et cupides. Ils iront parfois très loin pour blesser quelqu'un, juste pour se sentir mieux. Pour se donner l'impression que leur vie vaut tellement mieux que la tienne. Que tu es dans l'erreur, dans le vice, dans ce qui n'est pas correct…

Pourtant, tu n'as rien à te reprocher. Aimer n'a jamais été un crime.

Tu étais un battant, Ryota. Tu savais ce que tu voulais, et tu faisais tout pour l'avoir.

A n'en croire tout le mal que tu t'es donné pour faire succomber ton amant à tes charmes, jamais tu n'abandonnais.

Aujourd'hui, tu attends presque un miracle. Quelque chose qui t'empêchera de bâtir un quatrième mur, pour t'ensevelir sous ton mal-être.

Toute ta vie a changé. Tu sens bien que ton amant te fuit tout en faisant son possible pour te soutenir. Tu as bien remarqué que tout votre couple est en chute libre, sur tous les plans… Tu as l'impression de ne pas mériter son attention, tu ne te sens plus légitime au plaisir, laissant votre vie sexuelle en déclin… Vous ne sortez plus, vous ne discutez plus d'avenir… Tu restes juste enfermé dans ta bulle, alors que ton amant tente de t'aider à te reconstruire. Et tu n'en peux plus de faire subir ça à ton homme...

Ton téléphone vibre près de toi, et tu hésites avant de le prendre et avant d'ouvrir le message que tu a reçu. La petite enveloppe dans ta boite mail clignote sans cesse et tu te mords la lèvre avant de prendre ton courage à deux mains, et tu lis l'intitulé d'un air surpris.

Les mots défilent, tu sens les larmes te monter aux yeux sans que tu ne puisses rien faire. Tu te laisses le temps d'encaisser, de lire et relire ce message en boucle.

Puis pris d'une nouvelle volonté, tu te lèves de ton canapé, et laisses tomber le plaide de tes épaules. Tu vas prendre une douche, pour te remettre les idées en place. Et soudainement, il te prend l'envie de prendre soin de toi. De prendre soin de ta peau, de tes cheveux, que tu coupes toi même pour les raccourcir. Ca te fait une nouvelle tête, tes yeux sont désormais dégagé de tes mèches rebelles et… Tu croises ton regard déterminé, qui change totalement la luminosité de ton visage.

… Tu prends un temps pour toi. Un vrai temps pour toi. Comme à l'époque.

Tu te diriges ensuite vers la chambre que tu partages avec ton amant et réfléchis aux vêtements que tu vas porter. Tu essayes et changes plusieurs fois de tenues, retrouvant ton côté perfectionniste. Tu veux être parfait. Tu veux que ton style soit l'écho de ta renaissance, de ton envie de te battre.

Tu ranges votre appartement, tu fais du ménage, tu jettes le superflu, et remets en ordre ta vie.

Et lorsque ton amant rentre de sa journée, il tombe des nus en te voyant fier et droit dans votre salon. Tu lui souris, un vrai sourire pleins de sous-entendu, comme lorsque tu le défiais à la bonne époque.

Tu t'approches de lui, et le serre dans tes bras pour l'embrasser passionnément,, alors que ton amant te répond comme un assoiffé en te plaquant contre un mur.

Tu t'excuses pour ces derniers mois, ces dernières semaines, pour tout ce que tu lui as fait subir. Tu lui implores à genoux de te pardonner du mal que tu as pu lui faire, et te laisses entraîner par ton désir, en descendant son pantalon sur ses chevilles.

Tu redécouvres la peau et le corps de ton homme, en te rendant compte à quel point il t'a manqué et en te sentant stupide d'avoir vécu si longtemps dans un coin de ta tête. Tu en avais oublié les choses réellement importantes, les raisons de ton coming-out et ce que pour quoi tu avais envie de te battre. Il est tout pour toi, et tu fais en sorte qu'il ressente à quel point tu t'en veux de l'avoir mis de côté.

Et après des heures d'amour et de retrouvailles, vous vous retrouvez tous les deux allongés dans votre lit, aussi nu qu'au premier jour. Ton homme prend ton visage en coupe, et te regarde, avec une tendresse infinie, heureux de te voir à nouveau à ses côtés.

- T'es de retour..

- Ouais… Et je laisserais plus les choses se passer comme ça…


"Bonjour, Kise-san,
J'ai longtemps hésité avant de vous envoyer un message, mais c'était très important pour moi de le faire, même si je me doute que vous ne les lisez peut-être pas.
Je suis un de vos plus grand fan depuis vos débuts… On avait le même âge quand vous avez commencé la photo et je ne sais pas pourquoi, je n'ai jamais réussi à lâcher votre carrière. Peut-être parce que j'avais l'impression que j'étais comme vous et qu'enfin, quelqu'un représentait ma vie. Je me sentais soutenu, et c'était encore plus le cas lorsque la nouvelle est tombée sur votre homosexualité. Je n'ai juste jamais compris… Pourquoi ? Pourquoi cette haine ? Et aujourd'hui, j'ai peur… Quand je vois la cruauté contre vous, je me dis que je ne pourrais jamais vivre comme je l'entends non plus… Et je trouve d'un coup la vie tellement horrible à vivre.
Je me disais… Je me demandais pourquoi vous aviez disparu, d'un coup ? J'imagine que vous avez voulu vous éloigner de tout ça, mais j'espère sincèrement vous revoir rapidement sur nos écrans, nos magazines… N'importe où. Quelque part.
Parce que vous avez été pour moi l'influenceur de beaucoup de mes prises de conscience, de l'acceptation de qui j'étais et… Je pense qu'il y a d'autres personnes comme moi, qui n'attendent qu'une lumière pour les éclairer, comme vous l'avez été pour moi.

Courage à vous"