Hello la compagnie! Je suis de retour ^^
Voilà le chapitre onze, j'espère qu'il vous plaira autant que les précédents (si vous les avez aimés, bien sûr), encore plein d'action et de stress dans ce chapitre, et je croise les doigts pour réussir à vous transmettre les émotions des persos. Et comme toujours je m'excuse de mon retard. Comme je ne suis toujours pas informaticienne, le hacking n'est probablement pas toujours réaliste dans ce chapitre aussi.
Bon, avant de commencer le chapitre, les réponses aux reviews !
Lulujuju: Danke sehr ! Je suis très contente (que dis-je ? Je saute de joie) que l'histoire te plaise toujours autant. Et ta réponse en allemand m'a bien fait rire ^^ par contre je ne connais pas le gars de l'animé que tu décris mais j'irai jeter un coup d'œil un jour ou l'autre ^^
Mag-chan: Merci du compliment. Je t'assure que je réfléchis très sérieusement à la manière dont je vais faire disparaître Erwin (c'est con mais tout le monde a déjà capté qu'il allait crever). C'est en cours de peaufinage pour l'instant ^^
Mr Suzuki: Je n'y avais pas pensé, mais maintenant que tu le dis, c'est vrai que ça ressemble un peu (beaucoup en fait) j'avais pas vraiment tilter mais c'est pas faux. Mais si tu aimes quand même, c'est tout ce qui compte ^^
Sayuri Ashihei: A vrai dire, je crois qu'en temps normal, Levi se branle totalement des excès de vitesse, mais faut dire que finir au poste pour ça, ce serait plus que débilement stupide. C'est vrai que la scène Policier suicidaire vs yakuza Ackerman aurait été drôle, mais je n'avais pas envie de causer la mort d'un policier innocent par écrit interposé. Je suis navré pour tes abdos, mes plus sincères condoléances à tes muscles ventraux ^^ et pour le temple qui me serrait dédié ça me ferrait très plaisir et il parait que les allumettes sont d'excellent matériaux de construction, faut juste faire attention au feu (et puis, je te comprends, moi aussi j'ai zéro aptitude en construction, faut me voir sur la plage en vacances totalement incapable de faire des châteaux de sable) '-_- sinon, je suis ravie de réussir à te transmettre les émotions des personnages et de donner cette impression d'être dans l'univers. Je suis trop contente de recevoir ce genre de commentaire xD
Linotte-biscotte: Merci beaucoup de lire et commenter mes chapitres c'est trop sympa et je croise les doigts pour que celui-là te plaise aussi ^^
Emie Mery: Tchin tchin ! C'est un grand jour, enfin le chapitre dix je ne pensais jamais y arriver ! Mais merci beaucoup en tout cas pour tous tes compliments, ils me font trop plaisir et m'encouragent à fond ! Et ne t'inquiète pas, je réponds toujours aux reviews que l'on m'envoie (c'est l'une des choses que je préfère) ^^
xxtremflenoxx : Voila la suite. Par contre désolée si ça à pris un peu de temps. Mais j'avais pas trop d'inspiration ces derniers temps.
claachan: T'es trop gentille merci ^^ la suite est là en espérant qu'elle te plaira aussi.
Aamy : Merci pour tes « commentaires story », je me marre bien grâce à ça ^^ Au fait, tu vas mieux maintenant ou t'es toujours cloué dans ta piaule ? Si c'est le cas bon courage, je suis avec toi ! ^^
Bonne lecture tout le monde et merci encore pour tous vos commentaires et avis, ça fait chaud au cœur (j'suis un peu gnangnan là, non ?).
Lorsqu'Eren se réveilla, il était seul dans le grand l'immense lit qu'il partageait depuis peu avec un certain yakuza, porté disparu depuis 30 secondes. Où était-il passé celui-là ?
Encore un peu vaseux à cause des événements pour le moins tragique de la veille, Eren mit quelques minutes avant de sortir du lit. Il se blottit dans les draps encore chauds et dans l'odeur musquée du yakuza disparu et s'imaginant que c'était une super-carapace ultra solide qui le protégeait du monde extérieur et de l'horreur qui y régnait dans l'ombre, et qu'il avait pu lui-même expérimenter. En repensant à cela, il sentit tous les souvenirs atroces qu'il refoulait depuis hier refaire soudainement surface. Il se recroquevilla un peu plus sur lui-même et se mit à pleurer sans chercher à se retenir ou à être discret. Maintenant qu'il était en sécurité, il comptait bien en profiter.
Il tremblait de tout son corps, et ses larmes redoublèrent en songeant au fait qu'il avait bel et bien tué deux personnes. Il sentit ses mains trembler encore plus fort à ce souvenir. Il les fixa avec une expression horrifiée et la sensation d'avoir l'estomac tordu, tel un torchon que l'on essore. Tous ces souvenirs étaient trop vifs, trop brûlants, trop présents dans son esprit. Ils tournaient en boucle en une ronde infernale derrière ses prunelles vertes remplies de larmes et de désespoir. Au bout d'un moment se fut trop et il laissa toute sa peine, sa peur et son traumatisme s'exprimer en un long hurlant déchirant.
Il cria longtemps, longtemps. Tellement que sa gorge le brûlait et que ses poumons étaient en feu sous le manque d'oxygène qui commençait à se faire clairement ressentir. Mais Eren s'en moquait royalement et continua de crier jusqu'à ce qu'il n'y ait plus un gramme d'air dans ses voies respiratoires. Il fallait que ça sorte une bonne fois pour toute ! Et il hurla, hurla et hurla encore, et quand enfin il s'arrêta, un lourd silence s'abattit sur la pièce.
Quand sa crise cessa, il était haletant, la gorge et les poumons en feu. Il avait roulé sur le dos et cachait ses larmes en se réfugiant sous son avant-bras. Son cœur battait la chamade et seul ses légers sanglots perturbaient le silence de la chambre. Et puis, doucement, il laissa les souvenirs affluer dans son esprit. Car même si c'était difficile, il devait surmonter cette épreuve. S'il se contenait et gardait tout cela au fond de lui en tentant de l'oublier, les horreurs qu'il avait vécues n'en deviendraient que pire encore, et lui rongeraient l'esprit de l'intérieur à chaque instant de son existence, jusqu'à ce qu'il en devienne fou. De plus, il était intimement convaincu que c'était exactement ce qu'Erwin voulait faire en l'enlevant. Le briser. Le détruire totalement tout en le regardant se débattre vainement en tentant de lui résister. Et tout cela, pour finalement l'abandonner comme une vieille chaussette dans un caniveau. Et qu'ensuite son traumatisme le ronge petit à petit en faisant de sa vie un véritable enfer. Un cauchemar éveillé où sa propre mémoire serait son bourreau.
Erwin.
Rien qu'à la pensée de cet homme infâme, Eren sentit tout son corps se raidir, sa mâchoire se contracter avec force et ses poings se serrer, tandis qu'une puissante envie de meurtre montait en lui à une vitesse fulgurante. Erwin. Qu'il aille crever au plus profond de l'Enfer ! Qu'il souffre lentement et longtemps avant de périr le plus lamentablement possible. Comme il aurait voulu que cela soit le cas pour lui ! Et il était également persuadé que c'était exactement ce qu'il avait tenté de faire avec Levi quelques années plus tôt. Mais il avait échoué. Ce dernier n'avait pas cédé et s'était relevé pour mieux revenir à la charge. A cette constatation et de part ses propres (et douloureuses) expériences, Eren comprit ce que pouvait ressentir le yakuza tous les matins en se levant. Cette rage folle et indomptable qui vous prend aux tripes et qui vous consume du plus profond de votre être. Qui vous donne envie de vous battre et de tout sacrifier pour atteindre votre objectif.
Oui. En cet instant, Eren comprenait et ressentait tout cela. Et finalement, l'idée de tuer quelqu'un ne lui semblait plus aussi inhumain. Après tout, la loi dans ce monde où il avait été entrainer malgré lui, était celle du plus fort. Manger ou être mangé. Tuer ou se faire tuer. Ecraser ou se faire écraser. Eren comprenait tout cela, et aussi les raisons qui avaient poussé Levi à le capturer pour le forcer à l'aider dans sa quête de vengeance. S'il avait été dans la même situation, il aurait peut-être agi pareil, qui sait. En prenant tout cela en compte, Eren réalisa très vite que dans ce monde cruel où vivait Levi, la seule façon de survivre et de sauver ce qu'on a de plus précieux, est de se battre, de vaincre et même de tuer s'il le faut. Après cette constatation vint la suivante, lui aussi avait des choses, des êtres chers à protéger ! Les visages heureux et souriants de ses amis lui revinrent subitement en mémoire.
Armin, son meilleur ami. Mikasa, sa grande-sœur protectrice. Sasha et Connie, les deux imbéciles inséparables. Reiner, Berthold et Annie, le trio de toujours, et même cet abruti de tête de cheval de Jean. Toutes ses personnes qui comptaient tellement à ses yeux et qui étaient peut-être déjà en danger ! Erwin pouvait s'en prendre à eux quand bon lui semblait. Il ne pouvait imaginer Armin à sa place, attaché sur ce lit à se faire torturer par ce fou furieux psychopathe. Rien qu'à cette idée son sang se glaça. Et puis, Mikasa et lui avait passé leur enfance et même leur adolescence à le couver et à le protéger. Il n'était pas prêt à subir ça. Et c'était pareil pour tous les autres. Sauf peut-être Annie à la rigueur. Cette fille semblait être immunisé contre n'importe quelle épreuve de la vie. Mais ce n'était pas la question !
L'important était que ses amis, la seule famille qui lui restait, étaient en grave danger et qu'il devait les protéger de ce danger qu'ils n'étaient même pas conscients de courir.
Eren se mit à réfléchir à toute vitesse. Seul, il était évident qu'il n'avait aucune chance de vaincre Erwin. Il était seul et démuni et à part quelques connaissances en informatique, il n'était pas vraiment bien équipé pour l'affronter. Mais il y avait Levi ! Lui aussi voulait se venger d'Erwin et le voir périr dans d'atroces souffrances. Et lui, contrairement à Eren, avait des armes, des hommes, et une solide réputation. Bref, il avait ce qu'il fallait pour réduire le Clan des Titans à l'état de cendre. Et Erwin et Zackly avec ! Rien qu'à cette idée, Eren sentit une joie malsaine qu'il n'aurait jamais cru ressentir monter en lui. Il se redressa vivement et sortit du lit d'un bond. Il traversa l'appartement impeccable du yakuza au pas de course et constatant qu'il ne s'y trouvait pas, en sortit pour se diriger vers le bureau de ce dernier.
Il s'arrêta devant la porte de la pièce et préféra toquer pour éviter de mourir bêtement pour avoir fait irruption sans prévenir dans le QG du big boss. Mais il n'eut aucune réponse. Rien, même pas un « dégage morveux, je suis occupé ». Intrigué et curieux, Eren prit son courage à deux mains, ouvrit lentement et craintivement la porte et tomba nez-à-nez avec…
Personne.
Le bureau était vide. Mais…où était-donc passé Levi ?
Complètement perdu, Eren se souvint du téléphone que lui avait offert Hanji (et qui lui avait accessoirement sauvé la vie) et qui contenait le numéro du yakuza qui pouvait sauver ses amis. Il se précipita dans l'appartement en faisant le chemin en sens inverse et retourna toute la chambre du yakuza pour finalement mettre la main sur l'objet de sa convoitise.
Il l'alluma fébrilement et sélectionna le numéro. Deux sonneries plus tard, Levi décrocha :
- Gamin, tu es réveillé ?
- Ouais c'est moi. Ecoute, faut absolument que tu pètes la gueule de ce connard d'Erwin. T'es où là, dis-moi et je te rejoins, juste le temps de m'habiller et…
- Eren, le coupa Levi à l'autre bout du fil. Sa voix était grave et son ton très sérieux. Par instinct et aussi par un mauvais pressentiment, l'estomac d'Eren se tordit légèrement sous l'angoisse naissante.
- Oui ? demanda-t-il d'une voix qui avait nettement perdu de son aplombs précédent. Qu'est-ce qu'il y a Levi, un problème ?
- Eren…
- Qu'est-ce qui se passe ? T'es où bon sang ! s'exclama Eren sentant son angoisse grandir dans son ventre sans trop savoir pourquoi.
- Eren, je suis devant la planque d'Erwin.
Pendant un instant, Eren en était certain, son cœur s'arrêta. Même pas une seconde, juste le temps d'une respiration. Ou d'un battement de cils peut-être. Mais il le fit. Et quand il repartit, il cogna tellement fort dans la poitrine d'Eren qu'il manqua de se plier en deux sous la douleur que ce tambour interne provoqua. Une fois le choc et la surprise passés, Eren articula d'une voix tremblante :
- Qu…quoi ?
- Je vais le tuer Eren.
Nouveau choc. Encore plus violent que le précédent. Eren sentit son cœur battre encore plus fort et son angoisse se changer lentement en panique. Il ne comprenait pas l'origine de cette peur. Il était lui-même prêt à égorger cette enflure avec les dents s'il le fallait, il y a quelques minutes. Alors que Levi lui annonce qu'il n'allait bientôt plus faire partie de ce monde devrait le faire sauter de joie. Alors pourquoi est-ce qu'il tremblait comme ça ? La réponse lui vint presque immédiatement. Il avait peur pour Levi. Tout simplement.
Car sous ses airs de guerrier froid et invincible, Levi restait un humain ordinaire (quoique « ordinaire » ne soit pas vraiment le terme le plus approprié) qui pouvait parfaitement mourir si on lui tirait une balle dans le crâne. Et rien que cette idée suffisait à faire monter les larmes aux yeux d'Eren.
- Je voulais te dire, si jamais je ne revenais pas…
Eren sentit une boule de plomb se former dans son estomac et le perforer lentement et douloureusement, pour finalement lui donner l'impression qu'un trou béant aérait son ventre. Son cœur battait sourdement et résonnait de plus en plus fort à ses oreilles. La panique se répandit dans tout son corps qui lui donnait soudainement l'impression de peser une tonne. Non. Levi ne pouvait pas l'abandonner maintenant. Il avait besoin de lui. Il ne pouvait pas dire qu'il en était tomber éperdument amoureux après qu'il l'ait sauvé, loin de là même (Eren avait horreur des clichés). Mais le yakuza était devenu son seul soutient depuis son entrée forcée dans le monde de la pègre. Il était le seul pilier sur lequel il pouvait s'appuyer. Il était le seul à pouvoir le comprendre et le seul à qui il pouvait se confier. C'était vrai, quoi ! Il ne pouvait pas expliquer à ses amis qu'il était un hacker de génie au service du gouvernement qui traquait les plus dangereux malfaiteurs depuis un ordinateur dans sa chambre secrète et qu'il s'était fait enlever (deux fois) par des yakuzas plus au moins sains d'esprit qui avaient tenté d'abuser de lui (et l'un d'eux avait réussi en plus ! Quant à l'autre, c'était vraiment pas passé loin !). Il n'avait vraiment plus personne à qui se confier en toute liberté à part Levi.
- Eren…sur mon bureau, il y a une enveloppe, continua Levi qui n'avait pas conscience du malaise qui montait en Eren. Elle contient assez d'argent pour que tu puisses refaire tranquillement ta vie loin de ce monde. Je suis désolé de t'y avoir entrainé, mais maintenant c'est fini tu peux partir. Ne t'en fais pas pour Erwin, je vais lui régler son compte une bonne fois pour toute et tu pourras vivre libre.
Le jeune homme aux yeux verts avait posé sa main sur sa bouche pour étouffer ses sanglots et s'empêcher de crier. Au fur et à mesure que Levi parlait, il sentait un grand sentiment de vide s'installer en lui et prendre de plus en plus de place. Ça n'avait aucun sens. Quelques jours avant, il aurait donné n'importe quoi pour entendre ces mots et être libéré. Mais là, à cause de ce qu'il avait vécu et par le fait que Levi était devenu sa seule échappatoire, il ressentait une grande sensation d'abandon et de solitude. Si Levi mourait, il serait tout seul avec ses démons et il ne voulait surtout pas ça. Mais il avait beau essayer de parler pour dissuader Levi de mettre son projet à exécution, les mots restaient coincés dans sa gorge, tandis que ses sanglots étouffés se poursuivaient. Et puis de toute façon, ça ne servirait à rien. Le yakuza était beaucoup trop entêté pour se stopper maintenant et puis, il avait attendu tellement longtemps pour se venger, qu'il n'y avait plus aucune chance pour qu'il s'arrête.
Et encore une fois, Eren comprenait ça. S'il était dans la même situation que Levi, lui aussi sauterait sur l'occasion de coller une balle entre les deux sourcils broussailleux de ce pervers. Rien que l'idée lui collait des frissons d'excitation malsains et il sentait ses mains et même tout son corps le démanger furieusement. L'image d'un Erwin agonisant s'imposa dans son esprit et un sourire que l'on pourrait qualifier d'extatique naquit sur son visage. Gonflé par le regain d'énergie et de force que lui procurait le fantasme de la mort du blond, Eren se redressa et dit d'une voix calme et claire :
- Alors laisse-moi t'aider.
- Quoi ? demanda Levi visiblement surpris de la répartie et surtout du ton employé par Eren.
- Laisse-moi t'aider. Moi aussi j'ai un compte à régler avec ce connard, alors si je peux t'aider à le flinguer à distance je le ferais.
- Non Eren, c'est trop dangereux et…
- T'as écouté c'que j't'ai dit ? J'ai parlé d'aide « à distance ».
- Et comment comptes-tu faire ça ? demanda Levi qui semblait un peu perdu.
Eren sourit bien que Levi ne puisse pas le voir et répondit d'une voix assurée :
- Eh oh ! Tu parles au meilleurs informateur et hackeur du pays quand même ! Le graaaaand Sonyx !
- T'es sûr ? demanda Levi pas très convaincu.
- Mais oui, répondit le garçon un peu vexé voir exaspéré par le manque de confiance du yakuza. Et puis, c'est bien pour que je t'aide que tu m'as enlevé pas vrai ?
Il sut qu'il avait frappé pile au bon endroit lorsqu'il entendit une sorte de croisement entre le marmonnement énervé et le grognement de capitulation à l'autre bout du fil qui devait s'apparenter à « foutugamindemerdetufaischieravectatêtebrûléeàlacon » et encore il n'était pas très sûr de la fin. Mais bon, ce n'était surement pas important de toute façon. Eren devait aussi avouer que c'était le seul moyen qu'il avait trouvé pour surveiller (et pourquoi pas protéger) Levi un minimum tout en restant à distance. Entendons-nous bien, ce n'était pas que ça lui faisait peur d'aller affronter Erwin en face (bon d'accord… un peu quand même) mais il ne ferait que gêner voire mettre en danger le yakuza en allant directement sur place.
- Et tu comptes t'y prendre comment ? demanda le yakuza grincheux qui avait fini de râler après lui à l'autre bout de la ligne.
Eren eut un sourire vainqueur en se dirigeant vers sa nouvelle pièce d'informatique, il sauta sur la chaise à roulettes pour se placer devant un ordinateur dernier cri qu'il brancha puis connecta rapidement. Pendant que l'appareil achevait de se réveiller et de mettre en marche son programme, il demanda :
- T'as un plan ?
Il y eut un blanc et Levi répondit :
- Pas forcément.
A vrai dire, Eren n'était presque pas surpris. C'était complètement le truc des yakuzas (et donc de Levi) de foncer tête baissée dans le tas, de tirer sur tout et n'importe quoi et de réfléchir après. Quand ils avaient un pistolet d'un ennemi braqué sur leur front. Leur genre de plan où on est sûr de revenir en vie, quoi. Eren poussa un gros soupire avant de dire tout en pianotant rapidement sur le clavier de son appareil :
- Bon écoute, voilà ce que je te propose…
Levi se tenait debout devant la porte de service à l'arrière du bâtiment en compagnie d'Hanji et de sa « Titans team » comme il lui arrivait de les appeler. Cette femme était définitivement folle à lier.
Il repensa au plan que lui avait proposé Eren. Il ne pouvait nier que sur le coup et dans le feu de sa décision, il n'avait pas fait très attention au fait qu'il y aurait probablement beaucoup plus d'ennemi que quand ils étaient partis sauver Eren. C'était quand même l'une des planques principales d'Erwin. Rien que la tête qu'avait le bâtiment aurait dû suffire à lui faire ravaler son orgueil et sa fougue. C'était une gigantesque montagne de verre opaque et de poutre d'acier. Et en y repensant, il avait vraiment été inconscient d'entraîner ses hommes dans une mission suicide sans aucune préparation. Mais il avait tellement envie de péter la gueule de ce salaud qu'il s'était laissé emporter. L'enlèvement d'Eren avait été la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase, et ses subordonnés étaient passé à un cheveu de subir les conséquences de son imbécilité.
Heureusement qu'Eren l'avait arrêté juste à temps pour lui soumettre un plan un peu moins risqué que simplement foncer dans le tas et tiré sur tout ce qui bouge. D'ailleurs, ce gamin était un véritable stratège. Un petit génie de la ruse. Où est-ce qu'il avait bien pu apprendre tout ça ? Est-ce que dans la liste des compétences requises pour être pirate informatique professionnel, il y avait la mention « être un surdoué en matière de coups (vraiment très) bas et de plan d'attaques ultra-fourbes » ? Levi n'en savait rien et s'en foutait pas mal en ce moment. Il jeta un coup d'œil à sa montre. 8h59. L'opération « cassage de gueule » d'Erwin était censée commencer à neuf heures pile, mais Levi n'en pouvait plus d'attendre. Il trépignait carrément sur place en serrant son flingue de toute ses forces, tellement fort qu'il menaçait de briser la crosse de celui-ci. Ou bien ses propres doigts.
Pourtant, ce n'était pas comme s'il pouvait faire autrement. Et pour cause, la porte devant laquelle il poireautait était fermé par carte d'accès. Comme toutes les autres ouvertures de l'immeuble, tout le bâtiment étant surveillé par un système de surveillance i-tech de dernière génération. Le top du top de la protection informatique.
Mais (parce qu'il y a toujours un « mais ») c'était bien connu. Même l'anti-virus le plus perfectionné de la plante ne pouvait résister très longtemps au « Roi du Piratage » comme certain l'appelait. Peu importe lesquelles, les technologies (que se soit du plus banal des anti-virus, au plus perfectionné des logiciels) finissaient toutes par céder sous les attaques virtuelles de Sonyx. Levi sourit en songeant qu'il était très content d'avoir pu mettre la main sur le gamin en premier. Et dire qu'en ce moment même, ce morveux était en train de mener une guerre sans-merci (mais complètement silencieuse) contre l'anti-virus du système de sécurité de l'immeuble, pour leur permettre d'entrer en toute discrétion et déclencher la fin du Clan des Titans de l'intérieur, tout en butant Erwin et Zackly au passage.
Levi eut un sourire carnassier en pensant à toute les manières dont il pourrait faire crever Erwin en le faisant souffrir un maximum. Ses doigts le picotaient et des frissons de d'excitation et de joie malsaines lui remontait le long de la colonne vertébrale rien qu'à l'idée de longues heures de torture et de fantasmes des hurlements de douleur de Smith. Un éclair de haine animale traversa son regard acier, et son masque de glace prit place sur ses traits fins quand l'aiguille de sa montre arriva sur le douze et que le cadran indiqua enfin 9h00. Une grande coulée d'adrénaline se répandit dans ses veines quand Hanji lui dit d'un air ravi en brandissant ses petits chéris :
- C'est ouvert ! On y va !
Elle avait l'air d'une gamine surexcitée à Noël devant le cadeau de ses rêves. Le contexte donnait un petit côté malsain à cette vision. Encore une fois, Levi bénit le ciel de lui avoir permis de rencontrer cette femme en premier. Si elle avait été du côté d'Erwin, sa vengeance aurait été beaucoup plus difficile que prévu. Enfin bref, ce n'était pas le moment de perdre du temps. Le plan d'Eren était minuté et en théorie devrait marcher (parce que c'était bien connu, en théorie tout va bien et pour le mieux). Levi prit son flingue et s'engagea avec Hanji dans le couloir sombre qui s'étalait devant eux. Ils marchèrent en silence pendant environ cinq minutes jusqu'à ce-que le téléphone de Levi bipe légèrement pour lui signaler un appel. Il décrocha et la voix sérieuse d'Eren résonna dans le micro de l'appareil accompagné d'un tap-tap rapide et saccadé d'un clavier d'ordinateur.
- Un problème ? demanda Levi.
- Ouais. A dix mètres de votre position, il y a un garde.
- Seul ?
- Ouais.
- On en fait quoi ?
- Tu peux le neutraliser sans risque, mais pas de bruit, ni de sang, d'accord ?
La voix inquiète et quelque peu suppliante d'Eren, radoucit l'envie de meurtre de Levi. Il poussa un gros soupir, fit un léger signe du menton à Hanji et ils reprirent leur progression avec encore plus de discrétion. Arrivés à l'angle du couloir, ils purent voir l'épaule ainsi que tout le côté droit d'un homme adossé au mur derrière lui. Entre temps, Eren avait raccroché pour guider Auruo, Petra et Moblit dans leur progression à un autre étage. Levi constata qu'il était en train de fumer, et de répandre des cendres partout sur le sol, ce qui inévitablement fit se crisper le maniaque de l'hygiène qu'il était. Il sentit l'intense envie de faire souffrir le gars jusqu'à ce qu'il en pleure de douleur pour ensuite lui faire nettoyer le sol avec ses larmes, mais il se contient. Tout d'abord, parce qu'il avait promis à Eren, et aussi parce que ce ne serait pas très discret et qu'ils perdraient beaucoup du temps. Et il réservait son imagination de pur de sadique pour Erwin et Zackly.
Il jeta un coup d'œil circulaire et repéra une caméra qui faisait face à l'homme qui lui, leur tournait le dos. Mais à la façon dont elle piquait du nez, Levi devina qu'Eren l'avait probablement désactivée momentanément en même temps que l'alarme. Il sourit d'un air qui n'annonçait rien de bon (pour le garde en particulier). Il s'approcha doucement tel un fauve de sa proie et quand il ne fut plus qu'à une distance de bras de l'homme (qui ne les avait toujours pas remarqués, lui et le danger qu'il courait), il s'immobilisa.
Puis il bondit.
L'homme qui ne s'y attendait pas du tout, perdit l'équilibre et s'écroula au sol sur le dos. Sans lui laisser le temps de saisir la situation, Levi lui empoigna fermement les cheveux, soulevant la tête qu'il tenait dans ses mains à la manière d'un ballon et d'un geste brusque fit violement heurter sa boite crânienne contre le lino (dégeu) du sol. L'homme s'évanouit sans même comprendre ce qui lui était arrivé. Levi se redressa sans un regard pour sa victime et reprit sa route. Pas besoin de perdre son temps à attacher l'homme. Avec le coup qu'il s'était pris, il y avait peu de chance qu'il se réveille avant demain. Hanji, qui s'était contenté de rester spectatrice, pouffa doucement tout le long du couloir, et ce malgré les regards glacials et meurtriers que lui lança Levi par-dessus son épaule. Rire alors qu'il cassait la gueule d'un salaud, y avait vraiment qu'elle pour faire un truc aussi déplacé.
Ils arrivèrent bien vite à un croisement de couloir et prirent celui de droite, ils grimpèrent les escaliers qui étaient apparu devant eux et montèrent les marches le plus silencieusement possible. Chaque caméra qu'ils croisaient piquait toutes du nez comme la première. Eren était vraiment diablement efficace et précis et n'avait pas volé sa réputation lui non plus. Arrivé à ce qui devait être l'étage numéro trois, Levi sortit son téléphone et contacta Eren :
- Alors ? demanda le yakuza qui commençait sérieusement à s'impatienter.
- Tout le monde est en place. On peut commencer.
Dès que le mafieux eut compris tout le sens de cette phrase, un sourire de carnassier de tigre qui s'apprête à bouffer une innocente petite gazelle brisa quelques secondes son masque facial habituel normalement immuable. Même Hanji eut un petit frisson en le voyant.
Alors que Levi s'élançait dans le couloir, Eren eut l'air d'avoir relayé le message à tout le monde car un coup de feu retentit à l'étage supérieur, et un bruit de lutte résonna dans la cage d'escalier de l'étage inférieur. Levi sourit (très légèrement) en songeant que ses hommes de faisaient pas parti de son gang pour rien. Ils allaient en chier les « Titans ». Mais il cessa d'y penser en voyant un groupe d'hommes armés déboucher du coin d'un couloir. Le mafieux ne leur laissa pas le temps de comprendre qu'il était un ennemi et se jeta sur eux, les maitrisant au bout de quelques secondes seulement en vidant la moitié de son chargeur sur les pauvres gars qui n'avaient toujours rien compris. Dès qu'il eut fini, il se détourna de ses victimes qui pour certaines achevaient de se vider de leur sang sur le sol et de rendre leur dernier soupire. D'autre gémissaient encore faiblement en regardant s'éloigner ce démon en noir avec des yeux où se mélangeaient horreur et fascination. Levi pour sa part de leur accorda pas plus d'attention et poursuivi sa route vers sa propre vengeance qui semblait si proche à présent, qu'il avait l'impression qu'il pourrait la toucher rien qu'en tendant la main.
Alerté par le bruit des coups de feu, un petit groupe de sept hommes arrivèrent en renfort et braquèrent à leur tour leurs armes sur lui. Devant ce spectacle, galvanisé par l'ambiance de guerre qui s'installait et survolté par l'adrénaline qui courrait dans ses veines, Levi laissa pour la première fois depuis si longtemps sa rage prendre le contrôle de ses actes. Il braqua son regard sanguinaire sur le groupe d'hommes, qui sentirent leurs estomacs faire le grand saut sous l'effet de la terreur que la simple vision de cet homme provoqua chez eux. Il ne semblait même plus humain. Entièrement vêtu de cuir noir, de ses bottes de motards à ses mèches corbeau rasé vers l'arrière, son regard meurtrier, gris comme une lame de poignard qui semblait capable de les tuer à distance, le visage taché par le liquide écarlate de ses précédentes victimes et entouré d'une aura noire maléfique, on aurait dit un démon.
Leurs mitraillettes leur parurent soudainement totalement inutiles face lui et semblaient peser des tonnes dans leurs mains tremblantes. L'un d'eux eut un sursaut d'assurance (ou d'idiotie), pointa la sienne sur lui et tira. La balle fila, mortelle, silencieuse… L'inconnu en noir l'évita d'un simple pas sur le côté que l'on aurait pu qualifier ce geste de blasé.
Puis, d'un geste si rapide qu'il leur paru flou, il pointa sa propre arme sur le petit groupe encore ébahi et tira à son tour. Et son tir ne manqua pas sa cible, lui. L'homme qui avait eu l'audace de le défier s'écroula, une balle en plein front tandis qu'une tâche de sang commençait à s'élargir autour de sa tête. Le choc produit par sa mort eut tout de même l'effet de réveiller les survivants, mais avec une seconde de retard. C'était amplement suffisant pour un membre de la terrible famille Ackerman pour décimer six adversaires rien qu'avec un mouvement du doigt sur la gâchette. Les hommes s'écroulèrent mollement, aux côtés de leur collègue déjà froid, un trou décorant leur front. Toujours sans un regard pour ses victimes, Levi continua sa route, songeant à la façon dont il allait tuer Erwin. Il allait enfin payer pour toutes les souffrances qu'avaient endurés Eren, Isabel, Farlan et lui-même ! L'idée de son cadavre bleuissant à ses pieds l'excitait et ne faisait qu'exacerber sa soif de sang. Foi d'Ackerman, ce jour restera gravé dans les annales du monde des yakuzas.
De loin, Hanji poussa un petit sifflement admiratif. Elle savait que son patron était fort (peut-être même le meilleur) et qu'il avait vraiment la rage, mais à ce point-là…son imagination n'était pas allé aussi loin. Il n'avait même pas eu à se mettre à couvert et commencer une fusillade interminable au coin de couloir, c'était vraiment impressionnant. Bien sûr, elle avait entendu plusieurs rumeurs au sujet du « Démon Ackerman » avant de travailler pour lui. Mais elle n'aurait jamais imaginé qu'elles étaient à ce point véridiques. Dire qu'il était fort était clairement minimisé la chose, il n'était même pas humain ! Et cette idée, loin de l'inquiéter ne fit que la réjouir davantage. Qu'est-ce que ça allait être palpitant cette histoire !
Elle se précipita à la suite de Levi pour voir encore plus de ses prouesses. Elle ne voulait surtout pas rater une miette de ce spectacle, prouvant une énième fois qu'il lui manquait sérieusement une case et peut-être même pas qu'une. Cette femme non plus n'était pas humaine, mais pas dans le même sens que son patron.
De son côté, Eren se rongeait tout ce qu'il pouvait. Les sangs, les ongles et si ça continuait ainsi il n'allait pas tarder à s'attaquer à ses premières phalanges. Il était tellement stressé qu'il en devenait hyperactif (enfin plus que d'habitude). Soit il était assis sur sa chaise en remuait sur elle comme s'il était pris d'une envie très pressante, soit il se levait pour faire les cent pas dans sa pièce sans pour autant quitté des yeux l'écran de son ordinateur qui montrait tout ce qui se passait, puis il se rasseyait pour recommencer à se trémousser sur sa chaise pour ensuite se relever et refaire les cent pas et ainsi de suite…
Sa seule source réconfort était que pour l'instant, tout se passait comme prévu. Il avait conseillé à Levi de placer ses hommes à des étages bien précis car stratégiques. En effet, après un petit piratage, il avait pu constater que l'immeuble n'appartenait pas entièrement aux yakuzas. Les dix premiers étages étaient constitués de bureau qui en ce dimanche matin étaient bien heureusement vides (Eren avait cru devenir croyant en voyant ce miracle). Puisque l'immeuble en question ne comptait qu'une vingtaine d'étage, cela faisait la moitié du bâtiment à ne pas devoir investir. Ce qui était diablement pratique au vu du peu d'effectif dont disposait Levi pour le moment. Il avait séparé le gang en plusieurs groupes réparti stratégiquement. Pour un maximum de discrétion et d'effet de surprise, il avait désactivé l'alarme pour leur ouvrir les portes pour ensuite les réactiver tout de suite après leurs passages pour s'assurer que personne ne remarque rien avant l'instant fatidique. Il en avait fait de même pour les caméras, en faisant très attention à ce qu'ils passent tous inaperçu. Et puis, quand ils furent tous en place, il avait sonné le début de l'assaut.
Comme il l'avait prévu, personne ne se doutait de leurs présences et tous les gardes avaient été pris par surprise. Chaque groupe avançait de manière régulière sans rencontrer d'obstacle majeur. Au contraire, ils accomplissaient de véritables prouesses avec seulement quelques armes à feu, tout en faisant preuve d'un sang-froid exemplaire. Eren ne pensait pas qu'une telle scène digne des plus grands films d'action se déroulerait un jour devant ses yeux, ni qu'il la regarderait avec autant de fascination. En parlant de ça, Eren ne s'était toujours pas remis de la vision de Levi en mode chasse. C'était tout bonnement hallucinant ! Et il lui avait fallu cinq bonnes minutes avant que son cerveau ne lui signale qu'il devrait peut-être fermer la bouche maintenant. Il devenait peut-être de plus en plus tordu au contact d'Hanji, mais il n'avait pas pu s'empêcher de penser que Levi était beau. Et même vachement sexy, avec cette impressionnante aura de puissance qui l'entourait et ses incroyables yeux acier qui semblaient étinceler tel deux magnifiques joyaux. Et puis la tenue qu'il portait le mettait vraiment très bien en valeur. Et puis…
Eren déglutit difficilement en songeant que son traumatisme était beaucoup plus grave que prévu. Il était en train de devenir complètement dingue. Pour oublier le genre de pensées gênantes qu'il avait eu précédemment, il décida de chercher leur cible principale. Personnellement, il attachait peu d'importance à Zackly, ce dernier ne lui ayant rien fait directement. En fait, Eren soupçonnait même qu'il ne soit même pas au courant de son existence. Cela devait également être le cas de Levi, l'éclat dans ses prunelles et dans voix pendant les rares fois où il avait mentionné les deux lascars n'était pas la même pour les deux. Il semblait haïr Erwin beaucoup plus que Zackly. Eren parti donc à la recherche de Smith par caméra interposé.
Il le trouva assez rapidement au vingtième étage de la tour, dans ce qui devait être son bureau, penché sur l'écran de son ordinateur, il regardait lui aussi, ses hommes en train de se faire massacrer par ceux de Levi. Il ne semblait pas ressentir de sentiment particulier pour tous ses êtres vivants qui mourrait pour protéger l'ordure qu'il était. Ça ne lui faisait donc rien que des gens meurent pour le sauver ? Ou bien passait-il que c'était parfaitement normal qu'on le protège ? Eren sentit sa haine envers cet homme redoubler. Il comprit aussi qu'il existait yakuza et yakuza. Bien qu'il aille menacer ses amis de nombreuses fois, Levi ne semblait pas vouloir réellement les tuer. Et pour qu'il accepte son plan, qui était clairement moins risqué pour lui et ses hommes, il devait respecter un minimum la vie humaine et détester les morts inutiles. Alors que l'autre pervers blond semblait s'en branler totalement. Du moment que lui restait en vie, le reste lui importait peu.
Eren le foudroya de ses yeux verts à travers son écran et pour l'énerver coupa la caméra qui lui fournissait les images qu'il regardait. C'était un geste vraiment puéril et qui validait totalement la théorie de Levi comme quoi il était encore un gamin, mais Eren n'en avait strictement rien à foutre. De un parce que Levi n'était pas là et qu'il ne pouvait pas lui casser les pieds jusqu'à la fin des temps avec ce geste (enfantin, faut arrêter de se le cacher) et de deux, il était Sonyx le graaaaand pirate informatique et pour le moment c'était lui qui menait la dance. Alors le monde fermait sa gueule et se contentait de regarder, pigé ?
Et puis, le froncement de sourcils mi- agacé, mi- surpris d'Erwin à la vue de son écran soudainement devenu noir valait toute la puérilité du monde.
Satisfait du tour qu'il venait de jouer à celui qu'il considérait comme l'homme le plus méprisable de cette planète, Eren saisit son téléphone et contacta Levi. Dès qu'il décrocha, le garçon lui signala d'entrée de jeu :
- J'ai localisé Erwin. Il est au vingtième étage dans un bureau apparemment.
- Ok gamin, merci, fit Levi avant de raccrocher.
Eren hésita. Est-ce qu'il devait se sentir énervé parce que le yakuza venait une énième fois de l'appeler par ce surnom détestable ou bien sauter de joie car pour la première fois depuis qu'il se connaissait, Levi venait de le remercier. C'était tellement beau (et beaucoup trop surréaliste) pour qu'Eren imagine ce miracle de lui-même, mais c'était vraiment arrivé ! Le jeune pirate en était quasi persuadé maintenant, Dieu existait !
Mais sa joie retomba au fond de son estomac en voyant une voiture noire se garer devant l'immeuble et une foule d'hommes lourdement armés en sortir et pénétrer dans le bâtiment. Il envoya un message collectif pour leur signaler la venue de leurs invités surprise. Une fois le scoop envoyé, les engrenages du cerveau d'Eren se mirent à tourner à toute vitesse pour comprendre cette arrivée imprévue. L'explication qui lui semblait la plus probable était que c'était Zackly qui leur avait envoyé ce sympathique cadeau. Erwin avait dû le prévenir. Merde ! Il n'avait pas prévu ça (comme quoi, il n'y a vraiment qu'en théorie que tout va bien). Eren fit travailler ses méninges comme jamais pour trouver une solution rapide et efficace et si possible qui permettrait de faire un minimum de blessés dans leur camp. Il avait tellement la pression qu'il commençait à se ronger les ongles survivants. Il avait également la désagréable impression d'avoir avalé une pastèque. Pourtant ce fut quand ces neurones arrivèrent à deux doigts de la surchauffe qu'il trouva la solution idéale.
S'il se souvenait bien, avant d'être capturé par Levi, sa mission était de le retrouver et de le livrer à la police. Bon, mais d'après les recherches qu'il avait fait pour le yakuza en question, le Clan des Titans (et par extension, Smith et Zackly) était également recherché par les autorités du pays. Donc, si jamais ils recevaient un message éclair de Sonyx qui leur signalait que par le bief de ses recherches sur l'Ackerman, il avait découvert la planque du plus gros clan de yakuzas de Sina et qu'il était en ce moment vulnérable, aucun doute qu'ils sauteraient sur l'occasion. Bien sûr, c'était très risqué pour Levi et les autres. Il y avait même un risque pour qu'ils se fassent accidentellement tirer dessus par un policier. Mais il n'avait pas de meilleure option que celle-là. Contre cette nouvelle offensive en alerte et prête à la contre-attaque, Levi et ses hommes n'avaient pas l'ombre du chance (en même temps, au vu des prouesses du yakuza le doute subsistait). Bref, à contre-cœur et avec l'impression persistante de faire la plus grosse erreur de sa vie, Eren écrit rapidement un long mail très détaillé, qu'il envoya à une adresse spécialement créer pour lui et ses infos le plus souvent capitales. Il savait que le contenu de son mail serait immédiatement transmis aux plus hauts dirigeants de l'armée. Mais il espérait vraiment très fort que son message ne serait pas intercepté par une personne liée de près ou de loin à Erwin, dans le genre de ce fameux Ernzo Timis par exemple. Il croisait les doigts. Il se ressaisit de son téléphone et composa une nouvelle fois le numéro de Levi. Le yakuza décrocha avant la deuxième sonnerie et demanda d'une voix pressante :
- Gamin, qu'est-ce que c'est que ce délire ? Pourquoi y'en a d'autre qui débarque d'un coup ?
- C'est Erwin qui a dû demander du renfort à Zackly, expliqua rapidement Eren. Levi, je voulais te prévenir, j'ai envoyé les coordonnés de cette planque à la police !
- QUOI ? Pourquoi t'as fait ça ?
- Mais réfléchis enfin ! Vingt gugusses armés jusqu'au dent et probablement beaucoup plus coriaces que ceux que vous avez affronté jusqu'à maintenant, viennent de débarquer ! Vous êtes moins nombreux, moins équipé et trois fois plus fatigué ! Tu crois que j'avais une autre solution ?
Levi ne dit rien. Non évidement que le gamin ne pouvait rien faire d'autre. Et puis, même si lui était en pleine forme et prêt à continuer comme ça encore un sacré bout de temps, ce n'était surement pas le cas de ses hommes. Certes, ils étaient redoutables et très bien formé, mais pas invincibles et avaient des limites bien en dessous des siennes. Il soupira et demanda :
- Autre chose ?
- Non pas vraiment, dit Eren d'une voix mal assurée (il n'arrivait pas à croire qu'il venait d'engueuler Levi Ackerman).
- Erwin a changé de place ?
Il entendit Eren tapoter son clavier et puis répondre :
- Non, il est toujours dans son bureau. Il a pas l'air pressé d'aller filer un coup de main à ses subalternes.
- M'étonne pas de lui, marmonna Levi plus pour lui-même qu'autre chose. Préviens les autres de ce qui va leur tomber dessus, ok ?
- Ça marche. Levi ?
- Oui ?
- Soit prudent, d'accord ?
Levi n'eut pas le temps de répondre, ni même d'être étonné par la demande d'Eren que déjà celui-ci avait raccroché. Il empocha son téléphone et reprit sa route, un curieux sentiment de chaleur blotti au fond de sa poitrine.
Une fois le message envoyé et Levi et son équipe renseignés, Eren recommença à tourner en rond comme un lion en cage. Il n'en pouvait plus, cette attente était insoutenable. Il n'avait plus d'ongles à ronger et rien à faire pour se calmer. Il ne voulait pas rester ici à ne rien faire en spectateur impuissant. Et puis, sa haine envers Erwin ayant triplé depuis le début de l'attaque, il mourrait d'envie de pouvoir apporter sa contribution à sa souffrance post-décès. Il mordillait son doigt, debout devant son écran, (il n'arrivait plus à rester assis) tout en songeant au mail qu'il avait envoyé. Il aurait tellement voulu supprimer ce message, mais à l'heure actuelle ça ne servirait plus à rien. Quelqu'un devait forcément l'avoir déjà lu ou en avoir fait une copie ou plus. Mais surtout, Eren n'avait jamais ressenti un si grand sentiment d'impuissance de toute sa vie (sauf peut-être quand il avait compris que Levi l'avait complètement piégé). Peut-être qu'Erd ou Gunther avaient été mortellement blessé ? Ou bien Moblit ce serait pris une balle en pleine tête et serait mort sur le coup ? Toutes ses questions sans réponse, lui tournaient en boucle dans la tête et étaient à deux doigts de le rendre complètement fou. Non vraiment, Eren ne pouvait plus rester là, impuissant à regarder des gens mourir, bien qu'il n'en connaisse pas la moitié.
Il prit alors une décision, probablement la plus débile qu'il ait jamais eu de toute sa courte vie. Il y avait même des chances pour que se soit la dernière qu'il prenne de son vivant, mais là, il s'en fichait royalement. Après tout, il était connu pour être une tête brûlée suicidaire, c'était le moment d'être fidèle à cette image et montrer qu'il n'avait pas volé cette réputation non plus. il courut jusqu'à dressing de Levi où avait entreposé ses propres affaires et enfila à toute vitesse un jeans passe-partout et un t-shirt banal, le tout complété par un sweat-shirt noir à capuche pour lutter contre le froid de dehors.
Avec une boule au ventre, il prit une arme ainsi que quelques chargeurs dans le bureau (cela pourrait paraître surréaliste, mais le yakuza avait un tiroir rempli de ce genre de gadgets), qu'il glissa dans la poche avant de son sweat. Ça la déformait légèrement, mais rien qui pourrait paraître louche ou suspect. Il prit également son téléphone, les clés de l'appart et sortit de l'immeuble en courant. Il leva la tête vers un ciel gris qui lui rappela le regard de son yakuza quand il était dans un bon jour. Il sentit une bouffée d'adrénaline et de peur monter en lui à l'idée de ce qu'il allait faire, mais ce n'était pas le moment de flancher. Il devait aller aider les autres.
« Attends-moi Levi, j'arrive », pensa-t-il
Comme quoi, le surnom d'idiot suicidaire te va parfaitement Eren ^^
J'espère que ce chapitre vous a plu même si j'ai eu beaucoup de mal à l'écrire et qu'il ait pris du temps. J'ai eu pas mal de contre-temps et puis un sérieux manque d'inspiration. Mais je suis ravie d'avoir finalement réussi à le finir. Je croise les doigts pour qu'il vous plaise autant que les précédents ont semblé l'être. Est-ce que ça va le début, le cheminement philosophique et psychologique d'Eren n'est pas trop lourd ou chiant à lire ? Je me suis dit qu'il fallait qu'il se lamente un peu après ce qu'il avait vécu pour mieux repartir à l'attaque, donc j'espère ne pas en avoir trop fait sur ce point-là. Ou bien que ce n'est pas non plus allé trop vite, mais si c'est le cas je suis désolée. Mais j'avoue que les personnages qui pleure des heures sur leur sort, ça m'énerve un peu. Ça me donne envie de les secouer par le col et de leur hurler « debout ! C'est pas le moment de chialer ! ». Bref n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez dans les commentaires.
Et puis sinon le chapitre en général, ça va ? Pas trop de faute d'orthographe ? S'il y en a comme d'habitude je m'excuse, et je vous fais plein de gros bisous sur le nez et les joues. Je vous adore vous êtes tous de vrais petits anges, vos commentaires me font trop plaisir et m'encourage beaucoup. Alors merci, merci énormément à vous (je fais pas un peu trop nunuche là ?) ^^
Énormes bisous tout doux, les p'tits anges et à bientôt ^^
