Je rappelle que cette histoire appartient à KATIE MCGARRY, et que les personnages sont de STEPHENIE MEYER. Je ne fais que réécrire l'histoire à ma sauce en modifiant des éléments, avec Bella et Edward !


Merci merci merci merci ... x 1 000 000 000 à tous ceux qui prennent le temps de me laisser une petite review, qui suivent cette histoire ou qui l'ajoutent dans leurs favoris. Merci également à tous ceux qui se tapissent dans l'ombre, lecteur anonymes ou avec compte, merci même si vous vous cachez ;)

Pour ceux sans compte, un énorme merci à : FLOPY69 ; Guest (Tatiana) ; Lili 11 (Un grand merci pour tous ces jolis compliments dis donc ^^ Je te rappelle que cette histoire n'est pas de moi mais de Katie McGarry !)


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CHAPITRE ONZE : SE DÉVOILER

I'm Calling You - Bagdad Cafe

EDWARD

Bella n'a pas prononcé un mot du trajet. Quand elle ne remontait pas ses gants, elle tirait sur ses manches. Un vrai paquet de nerfs. Elle essayait sans doute de se remettre de mon entrevue instructive avec son père et sa belle-doche. Moi, je me sentais plutôt bien. Mon groupe rock préféré passait à la radio et je battais la mesure du bout des doigts, sur le volant. J'avais toujours du mal à croire qu'Isabella Swan était assise dans ma voiture, avec moi et de son plein gré. Maman, l'aurait adorée, c'était sûr.

Des voitures, plus déglinguées les unes que les autres, étaient garées le long de la rue. J'avais intégré l'équipe du soir au Malt & Burger depuis si longtemps que j'en avais presque oublié ce qu'était une soirée avec mes potes. Même s'ils étaient toujours là quand je rentrais du boulot, ils étaient généralement trop stone à cette heure-là pour que je m'éclate vraiment avec eux. Je me suis garé derrière la bagnole rouge feu d'Eric, un genre d'engins qu'on ne voit que dans les films de gangsters. Bella a jeté un coup d'œil perplexe à la modeste maison de Heidi et Alistair.

« Où sommes-nous ?

- Chez mes parents nourriciers. Ils passent le week-end dans leur caravane, sur le bord du lac. »

Elle a étudié l'endroit en battant du pied sur le plancher de ma voiture. Bon d'accord, l'endroit pouvait paraître un peu lugubre. Le revêtement de la façade avait besoin d'un bon coup de peinture, pour le moins. S'il n'avait tenu qu'à moi, je l'aurais carrément remplacé. Jasper et moi avions découvert par accident qu'à l'origine il était jaune paille, pas gris sale, comme c'était devenu le cas. Pour le reste, la maison ne dérapait pas dans ce quartier minable. Rien que des cages à poules, plus délabrées les unes que les autres, leurs jardins exigus laissés à l'abandon et dépourvus du moindre buisson.

Dans la véranda, trois silhouettes massives fumaient des cigarettes en riant bruyamment. Je suis descendu de la voiture et me suis dépêché d'aller ouvrir la portière de Bella. Elle est sortie à son tour, sans quitter la maison des yeux.

« Combien de personnes as-tu invitées ?

- Une dizaine, il me semble. »

Le mois de mars approchant, il faisait nettement moins froid même la nuit. Pourtant, Bella a enfoncé les mains dans son blouson comme si elle était gelée. Je tenais à ce qu'elle soit à l'aise, bon Dieu, pas qu'elle soit quasiment terrifiée. Mon but était de passer une bonne soirée à la fois avec mes copains et ma petite amie. Ce n'était pas trop demander, si ? Maintenant, savoir si c'était vraiment possible, c'était une autre paire de manches. J'ai doucement poussé Bella vers l'aile de ma voiture.

« Il y aura Jasper et Alice.

- Alice ? A-t-elle relevé, un sourcil en l'air. Tu sais bien qu'elle me déteste, non ? »

J'ai pouffé de rire. Encore une chose que j'adorais, chez Bella : sa franchise. Je lui ai encadré le visage des deux mains, me délectant au passage de la douceur de sa peau sous mes doigts.

« Et toi, tu es le centre de mon univers. Ça compense, tu ne crois pas ? »

Bella a pâli. Quand je l'ai vue écarquiller les yeux, je me suis demandé ce que j'avais pu dire pour provoquer une telle réaction. Je me suis rejoué la scène que nous venions de vivre … et je me suis figé en me souvenant des mots que je venais de prononcer. Cela faisait si longtemps que je ne m'étais pas autorisé à craquer pour qui que ce soit … J'ai soutenu son regard, et je l'ai sentie s'apaiser. Le petit sourire qui est apparu aux commissures de ses lèvres m'est allé droit au cœur.

J'étais en train de tomber amoureux de Bella. Je le sentais, je le savais et, j'étais sûr et certain que je ne pourrai éviter cet évènement d'arriver. Bella a posé ses mains gantées sur mon visage pour m'attirer à elle. Savourant la chaleur qui émanait de son cœur souple, j'ai approché mes lèvres des siennes avant d'approfondir notre baiser. C'était tellement bon et tout bonnement incroyable de sentir ses lèvres contre les miennes. Sa langue avait un goût délicieux, plus délectable que n'importe quel mets. J'aurais pu me perdre, me noyer dans cet amour … et pour toujours.

« Putain, mec ! On ne t'a jamais appris les bonnes manières ? A hurlé Éric, de la véranda. Fais entrer ta meuf et sers-lui une bière, avant de lui rouler des pelles !

- Quel langage de charretier ! T'as pas honte, Yorkie ? » Ai-je lancé.

Bella a fait un bon en arrière et s'est mise à rougir. Je me suis juré qu'Éric me paierait ça, un jour ou l'autre. La lumière de la terrasse s'est allumée, et j'ai entendu Éric jurer entre ses dents en nous voyant approcher.

« Désolé, vato. Je ne savais pas que tu étais avec Bella.

- Pourquoi ? C'est une habitude, chez Edward, de coincer les filles contre sa voiture pour les embrasser ? » A demandé Bella, d'un ton un peu pincé.

J'ai ouvert la bouche sans qu'il en sorte aucun son. Éric et ses cousins étaient morts de rire. Je devais vraiment avoir l'air idiot. Et puis, sans prévenir, Bella m'a fait un clin d'œil, et mon moral est immédiatement remonté en flèche. J'adorais quand elle me cherchait des noises ainsi. J'allais poser un bras protecteur autour de ses épaules mais elle m'a coupé l'herbe sous le pied en courant se jeter au cou d'un nouveau venu.

« Isabella Swan ! Par pitié, dis-moi que tu n'es pas avec ce loser ! S'est écrié Mike Newton, un des meilleurs amis d'Éric.

- Mike ! Tu es là, toi aussi ? Je n'en reviens pas. Ça me fait vraiment plaisir, de te voir !

- Tu es toujours aussi belle, dis-moi ! »

Il l'a prise par la taille pour la faire virevolter. J'ai failli en crever de jalousie. Décidément, je ne comprendrais jamais cette fille. Si Mike ne faisait pas partie d'un des gangs de la ville, c'est parce qu'il avait échoué à un des rites initiatiques. Je ne voyais pas d'autres explications. En clair, c'était un mec peu fréquentable. Belle ne m'avait pas adressé un regard du premier trimestre, et voilà qu'elle se jetait dans les bras de ce …

« Alors ? A demandé Bella, une fois au sol, et surexcitée. Comment c'est ?

- Incroyable, a répondu Mike, le sourire aux lèvres. Le profs, les étudiants, les salles, le matos, tout est … Complètement dingue. C'est vraiment dommage que tu ne sois pas là.

- L'important, c'est que l'un de nous deux soit allé à l'école Hoffman. Ils auraient pu prospecter dans un autre lycée, quand mon père a décliné en mon nom. »

Hoffman … ça a fait tilt. Je comprenais enfin la situation. Mike étudiait à Hoffman, la seule école de beaux-arts du compté, réputée dans tout Washington et peut-être même de toute la côte Ouest. Le nombre d'artistes connus qui l'avaient fréquentée ne se comptait plus. Les places étaient chères, la concurrence féroce. N'empêche que j'étais toujours jaloux. Je devais m'assurer que ma théorie était exacte, avant de faire une bêtise.

« Tu as fréquenté le lycée de Forks, toi aussi ? Ai-je demandé à l'ami d'Éric.

- Oui. Bella et moi, on avait cours d'arts plastiques ensemble, les deux premières années. L'école Hoffman m'a proposé la place de Bella quand … quand elle a dû y renoncer. Hey, au fait, Alice n'arrête pas de chercher des noises à Angela. Tu ne peux pas lui demander de la mettre en veilleuse ? »

J'étais si soulagé d'apprendre qu'il était venu avec sa petite amie, lui aussi, que je lui ai serré la main qu'il me tendait avec chaleur. Chose rare, chez moi.

« Tu connais Alice … À priori, elle n'aime personne. Si je lui demande de laisser ta copine tranquille, je risque d'aggraver les choses.

- T'as raison. Tant pis, je vais me débrouiller autrement. Dis-moi, mec, comment tu as réussi à convaincre une fille avec une classe telle que Bella de sortir avec un looser comme toi ? »

Jusqu'à présent, Mike ne s'était encore jamais préoccupé de savoir qui je ramenais ou non. Il n'avait peut-être pas l'intention de me piquer Bella, mais il s'intéressait suffisamment à elle pour détester l'idée qu'elle sorte avec moi. Quand il m'a vu refermer mes doigts sur ceux de ma copine, il a haussé les sourcils d'un air étonné. Éric lui a donné une grande tape dans l'épaule.

« Edward s'est acheté une conduite, vieux ! Il est même allé au bal du lycée, c'est te dire !

- Sans blague ? A répondu Mike, en se détendant légèrement. Bientôt, on va me dire que tu comptes assister à la soirée de fin d'année … Qu'est-ce que je ne donnerais pas, pour te voir habillé en pingouin !

- Très drôle, les mecs, qu'est-ce qu'on se marre ! Bon, les couillons, à plus. »

Sur ces mots, j'ai planté là Éric, ses cousins et Mike Newton pour faire entrer Bella dans mon palace. Le salon, qui n'était déjà pas bien grand, paraissait encore plus petit, avec tous ces ados vautrés sur le canapé ou par terre. Alice était assise à la table de la cuisine, une bière en main, avec une cigarette. Debout devant elle, Jasper faisait des grimaces ridicules et souriait bêtement quand Alice partait de son rire tonitruant. Le bruit d'une course de voiture montait de la télévision. Quelques personnes nous ont vaguement salués avant de nous demander de nous pousser. Nous leur bloquions la vue, apparemment.

« Ça gaze, mec ? M'a demandé Jasper en me donnant l'accolade.

- Bonjour, Jasper, a parlé ma douce.

- Salut, Bella.

- Salut, Alice. Comment vas-tu ? » A demandé Bella, un peu plus timidement.

Alice a longuement tiré sur sa cigarette en fusillant Bella du regard. Ma sirène ne s'est pas démontée pour autant : elle a retourné son regard furibond à Alice, une manière comme une autre de lui faire savoir qu'elle pouvait bien penser ce qu'elle voulait. Je n'étais pas peu fier, et je l'ai été encore davantage en voyant Alice baisser les yeux la première.

« Je suis allée acheter de la colle, tout à l'heure, Edward. La plus forte, celle qui rend dingue. »

Bella a frémi de tous ses membres. Je n'ai pas été le seul à m'en apercevoir, car Jasper a murmuré quelques paroles à l'oreille d'Alice. Heureusement qu'il était là, c'était bien le seul qui pouvait réussir à la calmer.

« Viens, je vais te faire visiter la maison. » Ai-je proposé à Bella, en désespoir de cause.

Comme si je pouvais sauver la situation en lui faisant faire le tour du propriétaire ! Cela dit, je n'avais pas eu d'autre idée, dans l'immédiat. Alors j'ai doucement poussé Bella vers le couloir.

« Amuse-toi bien, princesse, a crié Alice. Tu verras, c'est un véritable palace !

- Tu vas la boucler, oui ? Ai-je lancé à mi-voix, dès que Bella a été hors de portée d'oreille. Arrête tes conneries, Alice. »

Pour toute réponse, elle a haussé les épaules et a repris une gorgée de bière. Manque de bol, il n'y avait pas grand-chose à voir, dans cette maison. Nous n'avions pas fait quatre pas que nous nous trouvions déjà devant la salle de bains, avec son hideux carrelage vert et rose. Bella a levé le nez vers le plafond craquelé. Elle n'a fait aucun commentaire. Elle devait chercher un prétexte pour sortir d'ici au plus vite.

« Là, c'est la chambre d'Alice, et l'autre, en face, celle de Heidi et Alistair. Bella tu sais, il faut comprendre Alice, ai-je dit, voyant que ma beauté restait dans son mutisme. Elle est convaincue que tu finiras par me plaquer, et qu'elle devra réparer les dégâts. D'où son allusion à la colle. Ce n'est pas ce que tu crois … Elle craint par-dessus tout qu'on nous fasse du mal, à Jasper ou moi. Et réciproquement. C'est un peu notre petite sœur, tu sais.

- Ne t'inquiètes pas, Edward. Elle n'est pas obligée de m'apprécier, et vice-versa. Tu te débrouilles comment, à la Xbox ? »

Je devais rêver. Ça ne pouvait pas être aussi facile ! Généralement, quand Alice s'en prenait à mes conquêtes, je passais plus de temps à les convaincre de passer l'éponge qu'à les persuader de passer un moment dans mon lit.

« Pas mal, pourquoi ?

- Voyons un peu ça, alors ! » A-t-elle lancé, une lueur de défi dans les yeux et en me tirant par la manche pour m'entraîner dans le salon.

Ça devait être un test. Belle s'attendait sans doute à ce que je proteste, à ce que je lui propose de l'emmener ailleurs, loin des sarcasmes d'Alice … En tout cas, c'est ce qu'avaient voulu les filles que j'avais connues avant elle. D'un autre côté, je mourais d'envie de jouer à la console. J'ai tergiversé deux minutes, et j'ai fini par m'asseoir sur un bout de canapé libre, Bella sur mes genoux.

« Éric ? Passe-moi une manette, STP.

- Ouais, laisse jouer les grands, a raillé Jasper qui a été suivi de sifflements et de rires moqueurs.

- Tu jouerais mieux si je n'étais pas sur tes genoux, m'a soufflé Bella à l'oreille.

- Penses-tu. Je suis imbattable, je te dis. Et puis si tu te lèves, je ne pourra pas te faire de bisous ! »

Je me suis mis sur la file d'attente du jeu, gonflé à bloc. Profitant des quelques secondes où les autres choisissaient leurs joueurs, j'ai embrassé ma nymphe dans le cou. Elle s'est blottie contre moi, les yeux fermés. Cependant, au bout d'une demi-heure, elle a fini par se lasser du jargon d'Éric – sans doute un peu trop technique à son goût –, et elle est allée faire un tour dans la cuisine. Ma première intention avait été de la rejoindre dès la partie finie, mais quand je l'ai vue retirer ses gants, attraper un crayon et se mêler aux autres, j'ai renoncé. J'avais voulu qu'elle sit à l'aise parmi mes copains, j'étais servi.

Quand il a été éliminé, Mike est allé s'asseoir face à Bella, sa petite amie sur les genoux. De temps en temps, il marmonnait quelques mots inaudibles. Bella, elle, dessinait inlassablement. Alice est soudainement remontée du sous-sol, le sachet d'herbe dans une main, la papier à rouler dans l'autre. J'ai laissé tomber la manette sur le canapé.

« J'arrête.

- Hey, connard ! M'a lancé Jasper. Reste avec nous ! Éric est trop nul. Tu ne vas pas nous laisser en plan ! »

D'autres commentaires, moins innocents, ont suivi. Je n'en ai tenu aucun compte. Dans la cuisine, Bella continuait de faire courir sa main sur le papier. Je me suis glissé derrière elle pour passer une main dans ses cheveux. Je tirais sur ses petites boucles qui rebondissaient légèrement dès que je les lâchais. C'était très plaisant comme activité. J'ai reporté mon attention sur ce que Bella effectuait. Elle était un véritable prodige. Elle avait dessiné Mike et Angela, dans les bras l'un de l'autre. Le résultat était si réussi que les deux amoureux avaient l'air vivants, comme sur une photo … J'étais sidéré. Comment avait-elle fait pour obtenir un résultat pareil en un laps de temps si court ? Je lui ai planté un bisou sur la joue avant de détourner la tête Alice commençait à rouler un joint, et je me suis dit qu'il était temps d'éloigner Bella.

« Je ne t'ai pas encore montré l'endroit où nous vivons, Jasper et moi !

- Une petite seconde, s'il te plaît, il me reste juste une ombre à modifier … »

Bella était perdue dans son monde. Elle ne m'entendait plus. Et Alice qui n'avait jamais roulé aussi vite … elle m'a battu à plate couture. Elle a allumé le joint et l'odeur de l'herbe, reconnaissable entre toutes, s'est diffusée dans la cuisine et dans le salon. Tout le monde a levé le nez, y compris Bella. Elle a regardé Alice qui a mis un point d'honneur à tirer comme une folle sur son pétard. Tout juste si elle n'a pas fait des ronds de fumée en se vidant les poumons.

Depuis que je vivais dans cette maison, je n'avais encore jamais refusé une taffe. Seulement, il était hors de question que je fume devant Bella. D'autant que j'avais sérieusement dans l'idée d'arrêter. Sauf que c'est à Bella qu'Alice à tendu le joint, un sourire légèrement pervers aux lèvres.

« T'en veux ? »

Tout le monde nous regardait, chacun attendant patiemment son tour, de sorte que Bella était au centre de toutes les attentions. Son pied s'est mis à battre la cadence, elle a déposé son carnet à croquis sur la table et l'a poussé vers Mike et Angela.

« Non merci, a-t-elle répondu. Mais surtout, Edward, ne te gêne pas pour moi. »

Putain ! Exactement ce que j'avais tenté d'éviter. Je lui ai tendu la main.

« Suis-moi. »

BELLA

J'ai pris la main d'Edward et, au moment où nous sortions, je me suis retournée pour gratifier Alice d'un clin d'œil revanchard. Ça ne m'avait menée à rien d'être gentille avec elle, alors pour une fois, j'avais bien le droit de riposter, moi aussi. Devant sa mine déconfite, j'ai compris que j'avais fait mouche. Et tant pis si je devais payer ma mesquinerie dans une vie prochaine.

Edward a ouvert la porte menant au sous-sol et m'a fait signe de passer devant lui. Il ne faisait pas chaud, dans cette pièce. Sans doute à cause du sol en ciment. Un sommier et un matelas étaient disposés contre un mur, face à un vieux canapé couvert d'un plaid. Entre les deux, un écran de télévision et – bizarrement – deux paniers à linge remplis de jeans et d'une pile de T-shirts soigneusement repassés. J'ai entendu la porte se refermer derrière nous, puis les marches de bois craquer sous le poids d'Edward. J'ai croisé les bras et levé le nez vers le plafond. Il devait y avoir des milliers d'araignées, là-haut.

« Qu'est-ce qu tu en penses ? M'a demandé Edward.

- C'est … euh … bien arrangé. » Ai-je bredouillé.

Un vrai paradis pour les insectes, y compris ces bestioles étranges qui se roulent en boule au moindre contact. Edward a glissé une main dans mes cheveux – décidément, il avait l'air d'aimer ça – avant de me gratifier d'un délicieux baiser dans la nuque.

« Menteuse. » M'a-t-il chuchoté à l'oreille.

Où allions-nous nous installer ? Sur le canapé ou sur le lit ? Cruel dilemme … Edward a décidé pour nous. Glissant un doigt dans les passants de mon jean, il m'a attirée vers le lit, puis il m'a prise par la taille pour que je m'allonge auprès de lui.

« Tu as une idée du nombre de fois où j'ai rêvé de te voir sur ce lit, un jour ? M'a-t-il demandé, prenant appui sur un coude.

- Aucune. »

Mon pull-over était remonté jusqu'au dessus de mon nombril. Du bout des doigts, Edward s'est mis à tracer des cercles sur mon ventre. Ça me chatouillait un peu, mais c'était exquis. Les battements de mon cœur se sont encore accélérés et j'ai dû faire un effort de concentration pour respirer normalement. La rumeur de mentait pas, du moins en ce qui concernait les talents d'Edward Masen. Ses baisers m'avaient toujours mise en émoi, mais ce n'était rien, par comparaison avec l'effet que me faisait cette caresse, pourtant bien innocente.

« Edward ? Ai-je demandé afin de dissimuler mon trouble.

- Oui ? A-t-il répondu, sans lever les yeux de ses doigts qui couraient toujours autour de mon nombril.

- Quand as-tu commencé à fumer de l'herbe ?

- Euh … je vois. Tu n'as pas l'intention de me faciliter la tâche. »

J'ai secoué la tête. Si j'avais répondu, ça aurait été d'une voix rauque, proche du cri d'une bête traquée. Les choses allaient beaucoup trop vite pour une fille comme moi. Edward s'est redressé pour se déchausser.

« À ton tour. » A-t-il soufflé.

D'une main mal assurée, j'ai retiré mes bottines que j'ai pris le temps d'aligner à côté de ses chaussures de combat. Pourquoi étais-je si tendue ? J'étais avec Edward. Le même Edward avec qui je révisais entre deux baisers, avec qui je complotais pour récupérer mon dossier. Quand je suis retournée près de lui, sur le lit, la tête s'est mise à me tourner. Ce garçon était beau comme un dieu et j'étais près de lui … J'ai pris appui contre le mur et j'ai ramené mes genoux sur ma poitrine. Il était allongé, moi assise … Tout ça manquait singulièrement de naturel.

« Ne fais pas ça, Bella, a supplié Edward, le sourire disparu de son visage.

- Quoi ?

- J'ai la désagréable impression que je te fais peur, a-t-il expliqué.

- Je n'ai pas peur de toi Edward. » Ai-je affirmé en posant ma tête sur son épaule.

Peur de l'effet que tu me fais, peut-être, mais pas de toi, Edward. Il a passé un bras autour de mon épaule et m'a attirée contre lui. J'ai eu l'impression d'être dans une petite bulle, à l'abri de tout danger. Loin de la fureur du monde.

« Qu'est-ce que tu crains, au juste ? M'a-t-il demandé.

- Je te le dirai quand tu auras répondu à ma question.

- Je … À mon arrivée au lycée, je ressemblais beaucoup aux mecs genre Jacob Black. J'avais du succès, tout le monde m'aimait, j'étais doué en tout … Bref. J'ai essayé de continuer après la mort de mes parents, mais je n'y arrivais plus. J'ai eu beau faire tous les efforts du monde, je n'y suis pas arrivé. Là-dessus tout est parti à vau-l'eau. J'ai dû renoncer aux sports, faute d'équipement ou parce que mes parents nourriciers de l'époque m'empêchaient d'aller à l'entraînement. Bref, j'ai fini par me lasser, et j'ai baissé les bras. Un jour, un autre orphelin aussi largué que moi m'a proposé une taffe de son joint et … »

Il n'a pas achevé sa phrase. Ce n'était pas nécessaire, je connaissais la suite. Je sais que je ne fumerai jamais d'herbe. Je ne voulais pas m'abîmer le cerveau. Enfin, j'étais surtout terrifiée à l'idée que la marijuana soit le détonateur qui me ferait devenir comme ma mère. D'après un certain nombre d'études, il y avait entre sept et vingt pour cent de risques pour que j'aie hérité de sa maladie bipolaire. Or, j'avais bien compris que la drogue pouvait déclencher des bouffées délirantes et plus grave encore.

« Dis … Tu n'as pas peur que le juge ordonne un test de toxicomanie, quand tu demanderas la garde de tes frères ?

- Tu as raison. Bon sang, je n'avais pas pensé à ça.

- Tu sais, je ne te juge pas, Edward, ai-je dit en le regardant droit dans les yeux. Comme tu le sais, je ne te suivrai pas sur ce terrain et je préférerais pour toi que tu sois clean mais je n'ai aucune intention de te changer. Je tiens à ce que tu le saches.

- T'es mignonne ma chérie, a-t-il dit en m'agrippant dans ses bras. Dis … Pourquoi tu n'es pas allée à Hoffman, comme prévu ?

- Parce que mon père se méfie de l'art comme de la peste. »

Et qu'il redoutait par-dessus tout que je suive le chemin de ma mère, si on me laissait exercer mes talents de peintre. Que je devienne folle et dangereuse, moi aussi.

« C'est n'importe quoi …

- Je sais. Mais ma mère était artiste. Papa associe son talent à sa folie.

- Tu n'es pas folle, Bella. »

J'ai essayé de sourire, sans grand succès.

« Si ma mère a arrêté de prendre ses médicaments c'est parce qu'ils l'endormaient et l'empêchaient de créer. Je peux te dire à quelle crise aiguë correspond le moindre de ses tableaux. Par exemple, pour mes neuf ans, au lieu de me chanter " joyeux anniversaire " devant un gâteau, elle a peint le Parthénon sur le mur du salon. Alors, je ne peux pas reprocher à mon père son besoin de me protéger, voir surprotéger. Quel père voudrait que sa fille devienne une mère susceptible de faire une chose pareille ? » Ai-je demandé, brandissant mes deux bras pour bien me faire comprendre.

Edward a voulu les attraper mais je me suis dérobée. Il a serré les dents puis, contre toute attendre, il a retiré sa chemise. J'ai eu une pensée émue pour Rosalie : elle avait deviné juste. Il était tout bonnement magnifique. Toutefois, ce n'étaient pas ses abdos qu'il voulait me montrer. Je l'ai compris lorsqu'il m'a mis son biceps sous le nez. Un vilain cercle rougeâtre saillait sur son bras. Une cicatrice de la taille de … J'ai senti mon estomac se nouer. C'était exactement la circonférence de l'extrémité d'un cigare. J'ai tendu la main, puis me suis rétractée.

« Mon Dieu, Edward !

- Tu peux y aller. Ça ne me fait plus mal depuis belle lurette et ça ne te mordra pas. Ce n'est qu'une banale cicatrice, pas bien belle non plus, comme tu peux le constater.

- Qu'est-ce qui t'es arrivé ? Ai-je demandé, au bord de la nausée.

- Souvenir d'un des gentils papas nourriciers à qui j'ai été confié. Il ne voulait pas que je l'oublie, j'imagine … C'est ma faute aussi. Je m'étais mis en tête de l'empêcher de tabasser son propre fils. J'ai voulu jouer les héros, si tu préfères, a-t-il annoncé d'un ton tout à fait dégagé. Et cette cicatrice-là, a-t-il poursuivi, désignant le haut de son tatouage, cela provient du jour où j'ai récupéré Benjamin et Mikaël dans l'incendie. »

La balafre, large de deux bons centimètres, courait sur tout la longueur de son tatouage et faisait le tour de son bras. Je me suis concentrée sur le tatouage en lui-même. Une croix celtique, autour de laquelle s'enroulait une simple rose. À chaque extrémité de la croix, un nom était inscrit : Elizabeth, Edward, Mikaël, Benjamin. J'ai passé mon index sur la croix, en évitant la cicatrice. Ça devait être insupportable, de tout perdre ainsi, et j'ai compris que j'avais de la chance, dans mon malheur : il me restait au moins mon père. Je serais sans doute toujours obligée de me plier en quatre pour lui faire plaisir, mais j'avais conservé son amour … Du moins, je l'espérais. Edward m'a déposé un baiser sur la main.

« C'est un bel hommage que tu leur as rendu, Edward.

- Oui. Mes parents seraient fiers de ces deux cicatrices.

- Je ne parlais pas de … de tes cicatrices. Je parlais de ton tatouage.

- Je sais. Bien. À présent que je t'ai montré mes petits bobos, à ton tour.

- Ce n'est pas pareil. Tu es fort, toi. Tu as attrapé ces " petits bobos ", comme tu dis, en te portant au secours de tes proches. Dans mon cas, c'est différent. Non contente d'avoir fait confiance à la mauvaise personne, je passe mon temps à m'apitoyer sur mon sort, sous prétexte que je ne me souviens de rien. Bref, je suis pitoyable. Et puis, tu es un garçon … Une cicatrice, chez vous, c'est presque un trophée de guerre, alors que chez une fille, c'est tout simplement … moche. »

Et voilà c'était dit. Et je n'avais pas trop bafouillé. Edward a resserré son emprise sur ma main. Ses yeux ont pris la couleur sombre de la campagne à l'approche d'un ouragan.

« Arrête, Bella. Je ne vois pas pourquoi tu aurais honte d'avoir fait confiance à ta mère. Quant à t'apitoyer sur ton sort … Tu n'as rien de pitoyable, bien au contraire. La preuve : tu as eu suffisamment de cran pour revenir au lycée. Tu as réussi à faire comme s'il ne s'était rien passé. Alors que moi, j'ai perdu la boule et j'ai foutu en l'air le peu qui me restait. C'est ça, être pitoyable. »

Il m'a lâché la main et s'est avancé vers moi comme un lion affamé vers sa proie. Avant que j'aie eu le temps de réagir, il m'a étendue sur le lit, auprès de lui. Mon cœur s'est mis à battre à une vitesse folle.

« Personne n'a intérêt à mettre les mots " moche " et " Bella " dans la même phrase, a-t-il grondé. Du moins, si je suis dans les parages. Tout est beau, chez toi, a-t-il continué en repoussant mes cheveux en arrière, du bout de ses doigts brûlants. Et tu es la fille la plus sexy que j'aie jamais rencontrée. Tu es belle, Bella. Je tiens à ce que tu le saches.

- Ce … ce n'est pas tout. »

Parce que ce n'est jamais tout, dans la vie. Il y a toujours autre chose. Ma mère avait fait tout ce qu'il fallait pour m'en convaincre. J'ai posé les mains sur l'ourlet de mon pull-over et, sans me donner le temps de revenir sur ma décision, je l'ai fait passer au-dessus de ma tête. Puis je me suis retournée, non pour faire admirer à Edward mon soutien-gorge de dentelle noire, mais pour lui montrer une autre cicatrice, dont seuls mes parents – mon père et ma mère – connaissaient l'existence. Il a effleuré la boursouflure qui courait sous mon omoplate gauche, avant de murmurer, à voix basse :

« Oh ! Bella … Je suis désolé.

- Personne n'est au courant, Edward. Même pas Rosalie. Je … je te fais confiance.

- Je te promets de ne rien dire, Bella.

- Je te fais confiance, Edward, ai-je répété.

- Et tu ne le regretteras pas, je te l'assure. Tu es si belle. » M'a-t-il chuchoté à l'oreille.

Sur ces mots, et sans me quitter des yeux, il a déposé une longue série de baisers sur mes bras. C'était du désir à l'état brut, que je lisais dans ces yeux, à présent.

« Embrasse-moi. » A-t-il soufflé.

Je me suis sentie submergée par une émotion telle que j'ai eu besoin – oui, besoin – de serrer Edward contre moi. Je le désirais, moi aussi. De tout mon corps, de tout mon être. C'est sans aucune hésitation que je me suis blottie contre lui pour presser mes lèvres contre les siennes. Les mains d'Edward étaient partout : dans mes cheveux, sur mon visage, sur mon dos et … merveille des merveilles, sur mes seins. Il effectuait de légères caresses sur ma poitrine, et je pouvais sentir mes tétons se durcirent sous ses doigts. Je caressais son corps somptueux avec la même véracité. Quand il a terminé de m'embrasser, je ne savais plus où j'étais. S'il s'en est rendu compte, il n'en a rien laissé paraître. Sa bouche brûlante est descendue le long de ma gorge, jusqu'à mes seins, et je me suis arc-boutée pour m'offrir à lui. Edward passait sa langue sur le dessus de ma poitrine, en allant tout doucement et en effectuant de divines caresses. Mon soutien-gorge était toujours présent et, à ma grande surprise, Edward ne tenta rien pour me l'enlever.

Il se trouvait au-dessus de moi, et je n'avais aucun mal à sentir son érection puissante dans son jean noir. Soit son jean était beaucoup trop serré pour lui, soit Edward Masen avait la réputation qu'il avait grâce à son membre, qui me semblait largement supérieur à la moyenne. Sans le vouloir, je me suis mise à gémir et à murmurer son nom. Ses mains effleuraient mes cuisses, à présent. Il m'a repositionné, de manière à ce que je sois entièrement allongée sur le lit, et a soigneusement disposé mes cheveux en couronne autour de ma tête.

« J'adore ton odeur, m'a-t-il dit. J'adore ta beauté. J'adore ces petites rougeurs qui apparaissent sur tes joues. Et bon dieu, Bella, tu me rends complètement dingue.

- Je t'aime. » Ai-je murmuré entre deux baisers.

Et c'était vrai. En dépit de tout, je l'aimais vraiment. Soudain, je me suis figée. Edward avait cessé de m'embrasser. À présent, il me dévisageait d'un air fiévreux.

« Fais-moi l'amour, Bella. Je n'ai jamais fait l'amour.

- Je croyais …

- J'ai couché avec un certain nombre de filles, mais je n'ai jamais fait l'amour. Les filles qui ont accepté de passer la nuit avec moi ne signifiaient rien, à mes yeux. Tandis que toi … Toi tu es tout, a-t-il poursuivi en passant sa langue sur mes lèvres. J'ai fait un test HIV, pendant les vacances de Noël, et tout va bien. Et puis, j'ai des préservatifs. »

Il s'est penché pour regarder sous le lit et en a tiré un petit emballage orange. De nouveau, je me suis figée. Conscient de ma réticence, Edward s'est remis à m'embrasser, avec une tendresse insoutenable.

« Et depuis les vacances ? Ai-je demandé, sans doute pour gagner un peu de temps.

- Il n'y a eu personne … Pas depuis que je t'ai rencontré, à la rentrée. »

Je l'aimais et nous étions ensemble. J'ai attiré son visage vers le mien … et puis, j'ai senti sa main sur le haut de mon jean, et j'ai pris peur. Je n'avais pas vraiment le choix. Il fallait que je lui avoue la vérité.

« Edward, attends … je … je suis vierge.

- Tu es vierge ? A-t-il répété, ahuri. Mais … tu étais avec l'autre imbécile …

- C'est la raison pour laquelle nous avons rompu, figure-toi. Je ne me sentais pas prête. »

Edward a roulé sur le flanc et m'a serrée très fort contre son corps fébrile. J'ai posé ma tête sur son torse pour écouter le son rassurant des battements de son cœur.

« Tu es vierge … C'est génial, Bella. T'imagines même pas comment ça me fait plaisir de savoir ça. Et tu m'as laissé faire beaucoup plus que je ne l'espérais, avec toi … Je veux que tu sois prête. Que tu te sentes parfaitement à l'aise, le moment où nous le ferons. Et je suis prêt à attendre aussi longtemps qu'il le faudra, parce que tu comptes énormément pour moi, Bella. »


Et voici donc le chapitre 11 ! Nos héros se dévoilent de plus en plus ... (ça commence à devenir chaud chaud chaud ^^). Un chapitre qui était beaucoup porté sur les sentiments, comme vous pouvez le voir. On se retrouve au prochain chapitre où Edward fera tout pour récupérer ses frères, où Bella avancera dans son amnésie et on saura enfin ce qui s'est passé le soir de la mort des parents d'Edward ... Si vous voulez un petit aperçu, suffit de demander ! ;)

Merci à tous de m'avoir lu. À très bientôt !

Sushaki