Chapitre 10: L'alliance du Serpent et de l'Aigle.
Janvier 1945.
- Mulciber, t'es vraiment un grand taré ! Hurla une Aradia rouge de colère.
Amusé, le jeune homme offrit à la blonde un sourire goguenard pour toute réponse. Celle-ci soupira une énième fois et sortit à grand pas la bibliothèque. Qu'avait-elle fait à Merlin pour subir ce genre de choses?!
- Attends !
Aradia n'en fit rien, tenant fermement ses livres contre sa poitrine en allongeant le pas. Le vert et argent la rattrapa en un instant et se tint devant elle pour la forcer à s'arrêter.
- Quoi ?! Abdiqua-t-elle.
Le garçon plongea ses yeux dans les siens, un horrible air charmeur sur le visage. Aradia sentait son petit coeur s'accélérer. Mais pourquoi lui faisait-il cet effet celui-là ?!
- Je voudrais que tu m'accompagnes au Bal de rentrée de Slug'.
Aradia se maîtrisa afin de ne pas passer pour une de ces gourdes qu'elle détestait tant. Mulciber était l'un des plus beaux partis de sa génération. Descendant d'une longue lignée de Sorciers de Sang-Purs et s'afficher à ses côtés ne pourraient que lui profiter... Si on passait sur son côté coureur de jupons.
- Alors ? Demanda-t-il l'air impatient.
La blonde esquissa un faible sourire avant d'accepter.
- D'accord.
- Bien, fit-il.
Alors qu'il allait tourner les talons, il lui demanda:
- Tu as de quoi te payer une belle robe ?
- Je te demande pardon ?! Fit-elle choquée qu'il soit aussi direct.
- Ma cavalière se doit d'avoir les meilleurs atouts, répondit-il amusé. br - Ne t'inquiète pas pour ça, dit-elle les joues rouge.
- Si tu as besoin...
- Qui te dit que...
- Tes livres d'occasion. J'imagine que tu ne dois pas rouler sur les Gallions. Enfin tes vêtements sont de bonne facture donc tu ne dois pas être à la rue non plus, pas vrai?
- Mulciber t'es un mufle!
- Bon en tout cas si tu as besoin tu sais où me trouver, rajouta le Serpentard avant de filer.
Il s'éclipsa, laissant la jeune Serdaigle toute penaude. Robe. Belle robe = Gallions. Aradia savait ses finances très justes. Ses dernières économies, elle se les réservaient t pour plus tard et il était hors de question de quémander à madame Peverell. Elle avait sa fierté. La bourse de Poudlard allouée aux pupilles n'était pas mirobolante, bien que suffisante pour garantir leurs scolarités. Cependant pour acheter une jolie robe... Elle serait vraiment honteuse Hors de devoir en prendre une d'occasiond'une collection passée. La honte ! Elle devait étinceler pour cette première apparition publique. Il lui fallait de l'aide. SOS SOS. Une seule solution : se faire aider. Pas par son cavalier! Encore moins Mulciber! Une amie. Oui, une amie. Une amie qui avait les moyens. Aradia trottina dans les couloirs en direction des cachots. Elle passa devant un groupe de Serpentards et les hêla.
- Hey !
- Tu veux quoi Grindelwald ? Grogna l'un deux.
Avery. Pourquoi avait-il fallut qu'elle tombe sur ce type?
- Je cherche Walburga !
- Et qu'est-ce que ça peut me faire petite Serdaigle ?
Aradia fronça les sourcils. Avery ne lui avait jamais manqué de respect jusqua'à maintenant. Au contraire. Etait-ce dût à la présence d'une des greluches qui se pendait à son bras? Sans doute. Il n'avait jamais jamais démontré une intelligence hors du commun.
- Dit-moi où elle est.
La greluche numéro 1 ricana.
- Je rêve ou elle te donne des ordres? Fit-elle de sa voix criarde.
Le garçon gonfla le torse en jouant de sa stature, tentant de reprendre les choses en main.
- Et j'ai quoi en échange ? Osa-t-il demander.
La jeune fille se tendit. Avery était plus âgé, plus fort physiquement et magiquement qu'elle. Cependant hors de question qu'Aradia Grindelwald se laisse marcher sur les pieds ainsi ! Il cherchait la confrontation? Il l'aurait!
- Conserver tes attributs masculins ça te va ?!
Nouveaux éclats de rire de la seconde pouffiasse.
- Tu...
- Avery !
La voix forte et autoritaire qui émanait de l'étudiant qui arrivait eu pour effet de couper court à toute réaction du groupe. Même les bécasses n'osaient plus rien faire. Un exploit. Quoique vu l'individu qui avait haussé le ton c'était ce qu'il y avait de mieux à faire.
- Jedusor, murmura un Avery immédiatement plus conciliant.
- Un problème ? Demanda-t-il d'un air inquisiteur en alternant son regard sur les deux belligérants.
- Je...
- Je cherche Walburga, dit Aradia qui ne se démonta pas le moins du monde.
- Black ? Elle se dirigeait vers la Grande Salle je crois.
- Merci. C'est tout ce que je voulaiiiis, hé !
Tom l'avait déjç attrapé par le bras pour la forcer à l'accompagner. La blonde tenta de faire bonne figure en essayant de rester à sa hauteur sans trébucher tout en se détachant de sa poigne.
- Tu devrais être plus concilante avec les gens, dit-il posément. Je ne serais pas toujours là.
- Faîtes ce que je dis, pas ce que je fais, maugréa-t-elle en le foudroyant du regard.
- Pardon ?
- Tu as très bien entendu Jedusor.
- Je suis conciliant.
- Tu es manipulateur. Pas conciliant.
- De simples présomptions, fit-il légèrement amusé par cette bleue qui n'avait décidément pas sa langue dans sa poche.
Tout du long de leur marche, ils croisèrent quelques élèves curieux de leur petit tandem. Principalement de la gent féminine. Aradia savait très bien pourquoi : malgré sa condition sociale, Tom était un des garçons les plus courtisés. Bon élève, travailleur et courtois, il attirait naturellement la sympathie à son égard. Ajouté à cela son physique de rêve et vous aviez tous les ingrédients pour faire battre le coeur de plus d'une étudiante.
- Pourquoi tu veux voir Walburga ? Interrogea subitement Jedusor.
Aradia le regarda de côté tout en montant les dernières marches menant à la Grande Salle.
- Trucs de filles.
- Des trucs liés au Bal peut-être?
La fille de Gellert maudit en silence la perspicacité du jeune homme. A croire qu'il lisait dans les pensées. Enfin oui, il savait le faire mais tout de même ! Et de toute manière l'oeil d'Horus la préservait de ces pouvoirs. Disons simplement qu'il avait un esprit de déduction hors du commun.
- On peut dire ça.
- Mulciber t'a fait sa demande ?
Aradia fput surprise de cette question.
- Comment tu peux le savoir ?
- Il m'en a parlé dans la Salle Commune hier soir.
- A toi ? Pourquoi ?
- Disons qu'il voulait s'assurer qu'il n'empiétait pas sur mes plates bandes.
- Tes... Plates bandes ? Tu veux dire que... Qu'il croyait que toi et moi ?
- Il semblerait. Ce qui n'est pas forcément illogique lorsque l'on y pense.
- Explique.
- Nous sommes souvent aperçus ensemble.
- Pour étudier, précisa Aradia.
- Certains ne l'ont pas comprit ainsi.
- Pff.
La blonde évita soigneusement les yeux du ténébreux, qui devait à coup sûr l'observer, en le quittant et rejoignit la table quasiment vide des Serpents aux côtés de la jeune Black qui semblait en grande conversation avec une de ses amies. Sitôt assise, la brune la dévisagea avec un étrange sourire.
- Oui ?
- Je... J'ai besoin d'aide!
Walburga passa une main dans ses si jolis cheveux tout en approchant son visage du sien. Cette fille était la classe incarnée. Aradia ne comptait plus le nombre de prétendants que cette dernière traînait derrière elle. Bien qu'agaçante par moment, les deux jeunes filles s'étaient très vite bien entendues pour devenir de véritables amies. Walburga aimait la spontanéité de sa camarade et son côté féministe. Ce genre de filles qui ne s'arrêtaient pas à sa condition de femme pour la dépasser et égaler celle des hommes. Aradia devait beaucoup à la fille Black qui n'hésitait pas à la présenter à ses amis et l'aider dans son apprentissage du monde magique et de la bonne société sorcière. Un duo complémentaire qui n'avait rien à voir avec la relation que l'héritière de Gellert entretenait avec Alicia ou même Kiria.
- Je t'écoute, dit-elle avec un air malicieux.
- Le... Bal, réussit à articuler la bleue. Robe, complèta-t-elle en étant sûre qu'elle comprendrait.
Black se redressa fièrement, aussi digne et radieuse qu'une fille de son rang exigeait, un étrange sourire aux lèvres.
- Je me doutais que tu viendrais.
- Tu crois que tu pourrais... M'aider ?
- Evidemment, déclara Walburga en claquant la langue. A quoi servirait les amies sinon?
- C'est un peu délicat... Tu sais que je n'ai pas... Enfin ma famille ne m'aidera pas. Si tu pouvais me prêter un peu de Gallions... Je te rembourserais bien sûr !
Elle secoua la tête comme si tout ça n'avait aucune importance. Il ne fallait pas oublier que Walburga n'avait jamais manqué de rien. L'argent, elle en usait sans limites.
- Ne t'inquiète pas. Par contre en échange je veux juste une chose.
- Quoi ?! S'enquit la Grindelwald intriguée.
Walburga désigna discrètement un garçon de sixième année qui sortait de la Grande Salle. Aradia suivit son regard et devint rouge pivoine en comprenant ce que celle qu'elle considérait comme sa meilleure amie avait derrière la tête.
- Tu voudrais...
- Mon frère te trouve à son goût, il me l'a dit. Si je t'arrangeais un petit rendez-vous ?
- Je croyais que Druella...
- Cette... Dinde ! Je ne peux pas la supporter ! Non mais franchement, tu l'as vu?
- Mais et tes parents ? Tu ne m'avais pas dit qu'ils allaient bientôt le fiancer ?
- Ils veulent un bon parti pour lui. Tu as un nom célèbre et tu te débrouilles pas trop mal malgré tes lacunes; Je ne te demande pas de te marier avec lui. Pas encore, finit-elle amusée. Juste d'échanger quelques paroles, voir l'accompagner à une sortie. Hé puis je sais que ça fera enragé Drudru!
- Oh, hé bien...
L'idée était tentante. Cygnus, bien qu'assez froid était assez plaisant à regarder. C'était un Black après tout.
- Il ne te plaît pas, c'est ça ?
- Pas du tout ! S'empressa de dénier la concernée. Il est... Plutôt pas mal, dit-elle avec un clin d'oeil complice.
- L'affaire est entendue ! On profitera de la sortie de demain pour t'acheter ce qu'il te faut pour égaler les plus belles sorcières de la Haute !
Aradia la remercia, heureuse et soulagée, avant de les quitter sous le regard attentif de Jedusor.
***** *****
Salle désaffectée, troisième étage, quelques heures plus tard.
Ariadia lisait tranquillement dans son coin, l'esprit concentré. Le grimoire qu'elle tenait dans les mains avait été écrit il y avait plus de cinq siècles, par un Sorcier dont le nom avait depuis longtemps sombré dans l'oubli. Ses amies l'avaient délaissé depuis plusieurs heures maintenant, trouvant la Serdaigle bien trop studieuse en cette fin d'après-midi ensoleillée, même pour une Serdaigle. Tant mieux, car la fille de Gellert détestait qu'on la distraie lorsqu'elle travaillait sur quelque chose. Hors ce quelque chose lui tenait vraiment à coeur, ce qui expliquait son abscence à la Grande Salle à une heure où les étudiants étaient généralement entrain de dîner. Sur le côté de son bureau se trouvait également un petit carnet où elle y notait tout ce qui pouvait avoir un lien avec son sujet de recherche. Ici : la Pierre de Résurrection. L'une des Reliques des Trois frères. Son engouement pour elle venait à la base d'une simple découverte concernant sa Baguette qu'elle avait subtilisé lors de l'attaque de Nurmengard. Grâce à sa mémoire parfaite, Aradia se souvenait avec précision les paroles de son père lors de son affrontement avec Dumbledore. En particulier ses déclarations sur l'arme absolue qu'il était censé détenir: la Baguette de Sureau ; La Baguette la plus puissante du Monde.
La Serdaigle n'avait pas mit longtemps à trouver des ouvrages la citant. Même si son nom divergeait selon les époques, toutes les légendes s'accordaient sur son origine : les Trois Frères. Les Frêres Peverell : les dépositaires des Trois Reliques de la Mort. Les ancêtres de sa protectrice. Aradia était septique par rapport à ce qui était raconté.Certes, sa Baguette faisait preuve d'une efficacité sans failles, mais de là être LA plus puissante ? Crée par la Mort elle-même ? Il ne fallait pas pousser. C'est grâce à ces recherches qu'elle avait découvert l'existence d'une autre des reliques, et non des moindres: la Pierre. Capable de faire revenir les morts. Tout du moins encore une fois selon les mythes comptés dans les livres. L'intérêt de la blonde pour celle-ci était évident si l'on connaissait son histoire. De simples histoires de culture générales, elle en était venue à se procurer des grimoires normalement interdits aux élèves sans autorisations. Hors elle ne disposait pas de ces fameuses autorisations. Dumbledore en aurait été sans doute avertit et ne manquerait pas de faire le lien avec leur première rencontre à Nurmengard. Il demanderait ensuite à étudier sa baguette magique et découvrirait son secret. Aradia se voyait donc obligée de le prendre en douce et de camoufler sa reliure par celle d'un autre manuscrit. Ainsi pas de trace surnaturelle: de manière générale les Sorciers se fiaient trop à la magie. Et c'est sur ce fait qu'elle avait espéré, pensant que si elle n'en usait pas pour couvrir ses petits écarts, ils passeraient inaperçus. Jusqu'à maintenant tout s'était plutôt bien passé.
Soudain, la porte se mit à grincer, signe que quelqu'un la poussait.
Relevant les yeux, elle dévisagea l'intrus, suspicieuse.
- Qu'est-ce que tu veux Jedusor ?
Le jeune homme en question arborait le même masque de froideur habituel si exaspérant. Lui arrivait-il d'enlever son fichu balais magique de ses petites fesses arrogantes?
- Je me demandais ce que tu faisais là toute seule, dit-il posément tout en s'approchant d'un pas de loup.
- J'essaie d'étudier, dit Aradia en fermant d'un coup sec le grimoire et glissant son carnet dans sa poche.
- Pour quel devoir ? Je peux peut-être t'aider ?
- ça concerne mes cours de rattrapage, donc non, tu ne peux pas.
La vert et argent n'était plus qu'à quelques pas d'elle. Un fin sourire étira ses lèves.
- Si j'étais une mauvaise langue, je dirais que tu tiens à ne pas ce que l'on te surprenne ici?
- Toi? Une mauvaise langue? Oh non... Une langue de vipères par contre...
Et toc ! S'il pensait que sa camarade se laisserait faire... Il garda le silence tout en laissant ses yeux vagabonder sur les livres étalés à terre.
- Qu'avons-nous là? Le guide des herbes médicinales d'europe ? Lit-il sur la fausse couverture.
- J'adore les plantes figures-toi ! Hé!
Il attira d'un geste sec de poignet le-dit livre sans que la Serdaigle puisse contrer le sort. Elle détestait quand il faisait ça! Furieuse, la jeune fille se leva d'un geste brusque.
- Rends-moi ça, Jedusor !
- Hé bien, hé bien... ça ne ressemble pas à des herbes de soins.
Il se tourna de dos lorsque sa camarade voulut le lui reprendre afin de pouvoir tourner plusieurs pages et se donner une idée de son contenu
- Je ne pensais pas que tu t'intéressais à ce genre de magie, Grindelwald.
Les joues rouges, le visage fermé et les bras croisés en signe de défis, la concernée fusillait du regard le Serpentard.
- Tu aurais put me demander de l'aide...
Murmura Tom en la fixant de ses yeux noirs. - Tu rigoles j'espère ?
- Je t'ai moi-même fait confiance lorsque je t'ai demandé de me fournir ton aide sur le passage sur lequel je butais...
- Tu n'avais pas le choix Jedusor ! Et la magie noire ne m'intéresse pas si c'est ce que tu sous-entends!
- Qui te parle de magie noire ? Fit Tom faussement surpris. Les livres que tu as emprunté à la réserve peut-être?
- Tu m'ennuies, dit-elle simplement en récupérant enfin son bien.
La jeune fille remballa le reste de ses affaires et se dirigea vers la porte, Tom sur ses talons.
- J'ai peut-être trouvé ce que je cherchais, dévoila-t-il enfin.
Aradia, dont la main avait attrapé la poignée s'arrêta dans son geste.
- Tu veux dire... La Salle Perdue de Salazar ?
Jedusor ne répondit pas, se contenant de l'observer attentivement. Ce qu'il allait lui dire n'était pas quelque chose à faire à la légère. Ses recherches avaient énormément avancé. Il était si proche du but qu'il devait se faire violence pour ne pas partir sur l'heure.
- Je ne dirais rien sur tes petites recherches, qui te vaudraient sans doute une retenue digne des annales de cette école. En échange je compte sur ton silence, dit-il en jouant de sa stature en s'approchant d'elle.
Bien que loin d'être lâche, Aradia ne pût qu'hocher vigoureusement la tête. Tom dans certains instants lui faisait peur. Vraiment peur. Elle comprenait pourquoi les autres Serpentard le craignaient ; Une confidence de Walburga. Mais quelques fois il pouvait se montrer tout ce qu'il y a de plus charmant et avenant. Séduisant. Depuis qu'ils se fréquentaient pour leurs études, les deux jeunes gens n'avaient cessé de se rapprocher. Tom aidait Aradia dans ses cours pratiques, principalement en Sortilèges ou en DCFM. Il corrigeait ses postures, laissait courir ses mains sur le corps de sa camarade dans ce sens. Une sensualité qui avait plus d'une fois émoustillé la jeune fille.
Jedusor l'avait forcé à reculer, désormais dos au mur et lui le visage à quelques centimètres du sien. A quoi jouait-il?! Se dit-elle en tentant de calme son souffle érratique. Le dos de sa main droite vint frôler avec douceur une des joues de sa camarade. Aradia avait beaucoup de mal à respirer normalement, sentant son petit coeur s'accélérer de manière exponentielle.
- Je veux t'aider Aradia..., Souffla le jeune homme de sa voix la plus sensuelle possible.
- M... M'aider?!
- La magie que tu vises ne s'acquiert pas ici... Seule tu n'y arriveras jamais...
La Serdaigle comprenait bien où le Serpentard voulait en venir. La moitié de son esprit était en mode "off", obnubilé par leurs deux corps qui désormais se touchaient outrageusement. Jamais encore il n'avait eu ce genre d'attitude avec elle. Lui qui d'ordinaire s'appliquait à ne rien dévoiler de ses sentiments, s'était une première. Quel était son but? La séduire? L'intimider? Les deux peut-être? Aradia l'ignorait.
- Sauf... Sauf si on décide d'allier nos forces ? Réussit-elle à articuler.
- Exact... Tu es... A part. Ces quelques mois me l'ont prouvé.
- Et que veux-tu de moi maintenant ? Demanda-t-elle en baissant son regard ses ces lèvres qui la tentaient affreusement.
- Ton aide... Ton soutient... Toi. A partir de maintenant... Ici, dit-il en approchant encore plus son beau visage de celui de sa camarade pendant que sa main venait enlacer sa taille pour la maintenant contre lui.
La jeune fille était totalement prise au dépourvu du comportement de celui qu'elle pensait, à tord, commencer à appréhender. Sans qu'elle ne s'y attende, les lèvres des deux jeunes gens se rencontrèrent. Aradia n'osa pas y répondre tout de suite, tentant d'analyser ce qu'il lui arrivait. Son premier baiser. La pression de Tom sur son corps se fit plus ardent; Une pression à laquelle elle se mit à répondre favorablement, abaissant sa réserve et ses doutes. La sorcière passa sa main dans la chevelure du vert et argent, savourant cette première véritable étreinte. Faisait-elle une grosse bêtise en s'abandonnant ainsi à lui? Tom ne faisait jamais rien par hasard. Etait-ce préparé? Ou le fruit d'une envie soudaine et irrépréssible? Dans tout les cas, se fût lui qui arrêta leur échange. Rouge pivoine, Aradia se racla la gorge tout en se dégageant. Jedusor restait silencieux, se contentant de regarder sa camarade ramasser son sac sans rien ajouter. Tout deux se regardèrent un long moment avant qu'il ne désigne la porte d'un hochement de tête. La jeune fille acquiesça encore sous le coup de l'émotion.
Une fois dans le couloir, Tom lui dit:
- Je pense avoir trouvé ce que je cherche... Si tu veux m'accompagner lorsque le moment viendra...
- Je... Je viendrais, confirma Aradia.
