Bonsoir, voici le nouveau chapitre ! Celui-ci est un peu cours, mais c'était difficile de couper plus tard sans que le chapitre soit beaucoup plus long que tous les autres, alors j'ai coupé comme j'ai pu, bonne lecture

Malefoy était à bout de nerf, le maitre se faisait de plus en plus pressant. Il voulait que le vieux fou tombe au plus vite. Voldemort n'en montrait rien, mais la puissance de cet homme lui faisait peur, c'était la seule raison pour laquelle il pouvait se montrer si impatient. Malefoy repensa dédaigneusement au directeur. Ce vieux fou n'était pourtant pas si impressionnant, complètement fêlé, batifolant avec Potter et compagnie. Si cela ne tenait qu'à lui, le vieux serait déjà interné à Sainte Mangouste.

Malheureusement, il avait pour mission de tuer le plus grand sorcier de tous les temps, pour citer Potter. Et il fallait le dire, le vieux n'était pas des plus faibles, et bien qu'il ne soit pas si mauvais que ça en magie, il ne se voyait pas du haut de ses 16 ans, provoquer en duel le sorcier. Une fois qu'il serait mort, il n'y aurait plus de retour en arrière, sa marque serait plus cuisante que jamais. Celui lui en coutait de le dire, ou plutôt de le penser, mais il ne ressentait pas un grand plaisir à l'idée de tuer le vieillard.

Il jeta un coup d'œil à la Gryffondor qui partageait ses appartements. Elle était encore plongée dans l'un de ces innombrables ouvrages barbant et barbare. Elle le désespérait parfois. Il aimait pourtant ces moments où il pouvait la dévisager sans qu'elle ne s'en rende compte, trop obnubilée par sa lecture. Il jeta un coup d'œil à sa montre. Il était temps qu'il s'en aille, il avait rendez-vous avec le Lord, et seul Merlin savait qu'il ne fallait pas être en retard avec cet homme, si tant est que l'on puisse encore le qualifier ainsi. Il ferma son esprit, comme son père lui avait appris dès son plus jeune âge pour résister aux intrusions, et quitta la pièce sous le regard discret d'Hermione.

Hermione se demandait où il pouvait bien disparaitre ainsi, bien qu'elle en ait une vague idée, tout cela devait avoir un rapport avec Voldemort, mais elle ne lui posa pas la question. Il n'y répondrait pas, se mettrait probablement en colère et le semblant de complicité qu'ils avaient retrouvé s'évaporerait aussitôt. Elle joua un peu avec la chaine qui pendait à son poignet. Elle ne l'avait plus brûlé depuis l'épisode chaotique avec Ron. Elle vérifiait régulièrement si Malefoy portait parfois son cadeau, comme elle le faisait avec le sien, et elle avait été surprise de le voir avec la montre tous les jours sans exception. Il n'avait pas fait une seule remarque sur son cadeau, rien de désobligeant, ni rien de gentil, mais cela était un début. Il ne dénigrait pas tout ce qui venait d'elle.

Lasse de lire son livre sur l'herbologie avancée de niveau III, elle décida d'aller rendre visite à Harry dans la salle commune des Gryffondor. Elle n'avait pas du tout envie de croiser Ron et appréhendait de croiser Harry avec l'objet de ses cauchemars.

- Eh, toi là, interpela-t-elle un première année qui sortait de la salle commune. Est-ce que tu sais si Ron Weasley est avec Harry.

Il la regarda avec un air interloqué, sans comprendre pourquoi la préfète en chef l'interpelait ainsi au beau milieu du couloir pour une information pareille. Il secoua négativement de la tête et partit en courant. Elle jeta un œil à son reflet dans un petit miroir de poche. Elle ne faisait pourtant pas si peur que cela. Elle entra dans la salle commune, l'esprit tranquille. Harry semblait s'arracher les cheveux sur un devoir de potions et il bénit l'arrivée d'Hermione, bon prétexte pour arrêter ce devoir et le reporter au lendemain.

- Hermione ! Je suis content de te voir.

- Moi aussi. Tu n'es pas avec Ron ? demanda-t-elle innocemment en le cherchant du regard.

Le regard du brun s'assombrit. Il chercha un point imaginaire par la fenêtre, et se recula dans son siège. Ils se trouvaient tous deux dans une petite alcôve avec une table de travail, à l'abri des regards et des oreilles.

- On s'est disputés. Je lui ai parlé de ce qu'il s'était passé avec toi, il a tout nié en bloc en rejetant la faute sur toi.

- Non… Je ne veux pas que vous vous disputiez à cause de moi, se désola Hermione.

- Ce n'est pas à cause de toi. Tu crois que ça ne me révolte pas quand je l'entends dire des mensonges sur toi ? Ron a toujours été buté, il n'assume pas ses erreurs et je lui ai dit que ce n'était pas la peine de venir me parler tant qu'il ne s'excuserait pas auprès de toi, et qu'il ne me dirait pas la vérité.

Harry semblait profondément en colère. Ron l'avait hors de lui, et cela lui rappelait la quatrième année, lorsque Ron ne l'avait pas cru lorsqu'il lui avait assuré ne jamais avoir mis son nom dans la Coupe de Feu. Harry et Ron s'étaient fait la guerre, sans merci. Harry gardait toujours une légère rancœur de ce moment, où son meilleur ami ne l'avait pas cru.

Elle ne put que sourire chaleureusement à son ami qui s'adoucit aussitôt. Hermione avait envie de le serrer de toutes ses forces dans ses bras. Son ami lui manquait profondément, mais elle ne s'en rendait compte que lorsqu'ils se voyaient. Avec le retour de Voldemort, Harry était très occupé dans son apprentissage avec Dumbledore pour gagner la guerre. Et Hermione… Hermione passait beaucoup de temps, recluse dans ses livres, et était beaucoup moins présente depuis qu'elle ne dormait plus dans le dortoir des Gryffondor. Bientôt, il dut la quitter pour suivre l'une de ses leçons d'occlumancie. Ce n'était plus le Professeur Rogue qui lui administrait cet enseignement, mais le professeur Slughorn, et cela se passait beaucoup mieux. Hermione alla prendre quelques petits encas à manger dans la Grande Salle, et remonta pour prendre son diner devant un bon vieux livre.

Son morceau de pain lui tomba de la bouche lorsqu'elle aperçut Malefoy. Il était livide et un voile couvrait son regard gris si saisissant d'habitude.

- Malefoy ?

Il ne lui répondit pas, ses doigts se crispèrent sur l'accoudoir du fauteuil.

- Malefoy ? répéta-t-elle.

Cette fois, son regard se releva vers elle, saisissant et brut. Effrayant.

- Que s'est-il passé ?

Elle savait que lorsqu'il partait quelques heures, il se prêtait à des activités peu recommandables, mais il n'en revenait jamais si marqué… profondément.

- Je ne remplis pas ma mission suffisamment vite pour le Lord, apparemment, dit-il amer.

Hermione se figea. Il ne lui parlait jamais de ce genre de choses d'habitudes. Et elle n'avait pas envie de les entendre, pas envie de se rappeler que Drago Malefoy était quelqu'un de terriblement mauvais qui jouait contre elle. Qui se battait pour qu'elle ne soit plus qu'une moins que rien, pour qu'elle meure. Elle ne voulait pas savoir qu'il torturait sans doute des gens pareils qu'elle en tout point, des sangs de bourbe. Elle voulait ignorer qu'il était un Mangemort et qu'un jour, ils devraient se battre l'un contre l'autre.

Mais Malefoy n'était pas de cet avis, il lui parlait. Il voulait lui faire exploser en plein visage les horreurs qu'il faisait subir à des êtres humains. Il voulait qu'elle voie exactement ce dont il était capable, qu'elle se rende compte qu'il était dangereux, qu'elle devrait le regarder avec effroi et pas avec cette chaleureuse empathie dont elle l'entourait quand elle le regardait avec son doux sourire.

- Il t'a fait du mal ? demanda Hermione.

- Evidemment, Granger. Tu pensais qu'il allait me jeter des fleurs en me disant « ce n'est pas grave, tu feras mieux la prochaine fois » ?

Elle ne répondit pas. Elle attrapa doucement la main de Malefoy, incertaine. Parfois il se montrait plus doux lorsqu'elle faisait preuve d'initiative, lorsqu'elle le surprenait. Ses doigts tressaillirent à ce contact, mais il ne retira pas sa main.

- Tu ne devrais pas rester.

- C'est toi qui ne devrais pas rester, renchérit Hermione. Tu le laisses te blesser, te faire du mal et te forcer à faire des choses dont tu n'as pas envie.

- Qu'est-ce qui te fait croire que je n'en ai pas envie ? s'énerva Malefoy.

Elle resserra son étreinte, le jaugeant avec gravité.

- Pourquoi tu te mettrais dans tous tes états si cela te réjouissait ?

Parce qu'elle en était sûre. Malefoy buvait comme un trou pour une seule raison, il préférait oublier ses problèmes. Il préférait les renfoncer tout au fond de son cerveau en le noyant d'alcool. Boire lui permettait de ne pas réfléchir aux conséquences de ces actes, oublier ce dont il était capable, oublier ce qu'il avait pu faire. Pourquoi lui disait-il aussi souvent qu'elle ne devrait pas rester aussi près de lui ? Qu'elle devrait l'éviter, le fuir ? Hermione était sûre d'elle, elle avait toujours été très intelligente et empathique. Malefoy était mal dans sa peau. Il n'était pas à sa place parmi les mangemorts, mais ne l'était pas non plus dans le camp des gentils.

- Peut-être que cela ne me réjouit pas, mais je n'ai pas le choix. C'est l'héritage familial, soupira-t-il.

Hermione se releva, fronçant les sourcils, et lâcha sa main. Jamais elle ne l'avait trouvé si lâche qu'à cet instant présent.

- On a toujours le choix, Malefoy. Ce n'est que par lâcheté que tu n'oses pas braver ton père.

- Tu ne sais même pas de quoi tu parles, siffla-t-il en la retenant.

- Alors explique-moi ! s'époumona Hermione.

Malefoy ouvrit la bouche, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Il semblait assailli, comme tiré de toute part.

- Tu ne vois pas ce que je suis devenu, Granger ? Tu sais comment j'ai passé mes vacances d'été ? J'ai torturé, j'ai brûlé, coupé et trituré des dizaines et des dizaines de sorciers. Voilà ce que j'ai fait, sans jamais personne pour venir me parler de quelque chose de normal, quelque chose dont on parle à 16 ans. On me parlait seulement de sang, d'horreur et de douleur. 16 ans que je baigne dans la terreur familiale, dans l'univers de Voldemort. Et tu crois que je ne suis pas un pauvre détraqué ? Alors arrête de me regarder avec ces yeux de merlan frits, plein de pitié, plein de bons sentiments. Tu me donnes envie de vomir. Avec ton petit sourire niais, putain.

Ses paroles se mélangeaient, si haineuses et pourtant si douces. Pleine de rancœur, mais débordant de remerciements du supplice qu'elle lui faisait vivre. Il dispensait un discours tellement contradictoire, tellement désespérée qu'Hermione ne savait plus que penser, se rapprochant doucement de ce garçon l'air brisé, alcoolique, torturé autant que ses victimes, et désespéré.

- Mais de quoi tu parles, Malefoy ?

Elle l'attrapa doucement dans ses bras, dans une étreinte maladroite. Elle prenait Malefoy avec des pincettes, il était instable et perturbé. Ce qu'il lui disait, elle ne l'ignorait pas. Elle le savait même très bien, et en était d'autant plus prudente. Il se laissa aller dans ses bras, poussant un long soupir, droit commun piquet, les bras ballants, il semblait pétrifié. Malefoy n'avait pas l'habitude des effusions d'amour, il ne savait pas comment réagir face à cela, et pourtant il se sentait extrêmement bien. Rarement, il s'était senti si léger, si libre.

- C'est de ça, dont je parle.

Elle relâcha son étreinte et s'éloigna.

- Tout le monde peut être sauver, Malefoy.

Et elle partit, rejoignit sa chambre, repensant aux paroles de Dumbledore qui ne lui avait jamais paru si sensées. Le vieux professeur n'était pas si fou que tout le monde le prétendait. Elle entendit Malefoy ouvrir sa porte quelques heures plus tard, et elle fit mine de dormir. Il s'approcha à pas de velours et elle sentit à peine le matelas s'affaisser quand il s'assit. Il caressa doucement sa joue et elle dut retenir de toutes ses forces un frisson qui la parcourait.

- Il n'y a bien que toi pour voir quelque chose à sauver chez moi, petite chose.

Et sur ces mots, il s'en alla.