Peter est toujours en liberté, comment va faire la famille Lawler pour innocenter Sirius ? La vérité est ailleurs comme on dit.
Bonne lecture !
Eoline lisait un parchemin envoyé par son fils Rayan. Il lui relatait leur échec à capturer Pettigrow. La femme replia la lettre, et la rangea. Elle envoya un autre message pour une autre personne, puis attendit la réponse, qui du reste arriva rapidement. Elle vint ensuite à la rencontre de Xenos et de Sirius.
« Venez, nous nous rendons au ministère. »
« Hé ! Vous plaisantez j'espère ? » s'exclama Sirius.
« En ai-je l'air ? Il faudra en passer par là pour retrouver votre liberté. Venez. »
Eoline rentra. Xenos incita Black à les suivre. La sorcière avait préparé la cheminée pour le voyage. L'elfe lui, jeta un sort à Sirius qui modifierait ses traits à quiconque le regarderait. La femme fut la première à entrer dans le feu vert et à énoncer la destination. Xenos fit passer Sirius en second. Ce dernier prit une inspiration. La réhabilitation se trouvait de l'autre côté. Il devait y aller. L'homme entra dans le feu émeraude. La sorcière l'accueillit de l'autre côté. Xenos resta au manoir. Eoline marchait d'un pas gracieux et majestueux. Nombre de sorciers la saluèrent avec déférence, et elle leur rendit la politesse par un signe de tête. Sirius remarqua que le sort de l'elfe était efficace. Nul ne le reconnaissait.
Un peu plus loin, un homme vint à sa rencontre et lui fit un baise-main. Il tendit ensuite la main à Sirius, qui la serra avec hésitation.
« Bonjour Lady Lawler, Monsieur. Je suis Lord Byron, avocat de la famille. » se présenta-t-il.
Un avocat … la confrontation allait être directe. Mais Black était content d'avoir un homme de loi pour le défendre. Tous trois se rendirent au bureau de Fudge. Eoline fut la première à entrer.
« Oh Lady Lawler, quelle surprise ! » fit le ministre en souriant.
Il la salua selon l'usage.
« Lord Byron. » reprit Fudge.
Pourquoi l'avocat de la famille Lawler était-il là ? Cela ne présageait rien de bon. Cornelius s'était déjà prit un coup dans les dents avec cette histoire de Détraqueurs à Poudlard, ce n'était pas le moment pour une nouvelle joute.
« Nous sommes venus pour une question de justice, Monsieur le Ministre. Pour rouvrir une affaire plus précisément.» commença Eoline en prenant place sur invitation du ministre.
« Quelle affaire ? » interrogea Cornelius.
« Celle de Sirius Black. »
Un silence suivit cette requête. Fudge croisa les mains sur son bureau.
« Écoutez Lady Lawler, votre famille est des plus éminentes, pour ne pas dire la plus éminente, de notre société, cependant le criminel Black ... »
Sirius serra les poings. Criminel, alors qu'il n'avait pas eu un procès ?
« Justement Monsieur le Ministre. Je dispose d'assez de pouvoir pour créer des vagues capables de vous causer du tort. Et je suis encore en colère pour cette histoire à Poudlard. » coupa Eoline.
Elle se pencha vers lui. Ses yeux verts avaient pris une teinte qui n'augurait rien de bon. L'aura de puissance que cette femme dégageait était plus que palpable.
« Je ne saurais que trop vous conseiller d'écouter ma requête. De toute manière vous n'avez pas le choix : la presse est déjà au courant. »
Avant que Fudge ne puisse dire quoi que ce soit, un sorcier toqua une fois et ouvrit la porte à la volée.
« Monsieur le Ministre ! Nous sommes envahis par les journalistes, ils ont des questions sur l'affaire Black ! »
Fudge lança un regard à Eoline, qui s'adossa à nouveau sur sa chaise avec un sourire satisfait.
« Que fait-on monsieur Fudge ? Je leur donne ma version des faits ou on essaie de les calmer ? » demanda-t-elle.
Black était impressionné. Cette femme n'y allait pas avec le dos de la cuillère. Elle rentrait directement dans le lard du Ministre. En le mettant au pied du mur sans aucune porte de sortie, il n'aurait pas d'autre choix que d'accéder à sa demande.
« Je vous écoute, Lady Lawler. Que désirez-vous ? » fit Fudge sans enthousiasme.
« Un procès, devant la presse entière bien sûr. »
Fudge serra les mâchoires. S'il la laissait faire, il serait dans une situation pire encore que maintenant. S'il refusait cependant, elle irait droit aux journalistes leur raconter sa version des faits, ce qui n'était pas non plus préférable. Et avec sa famille si particulière, les contrarier pourrait avoir de graves conséquences. Les Lawler avaient des connexions partout, avec nombre de créatures comme de famille sangs-purs. Comme Eoline l'avait rappelé, de quoi ébranler sérieusement la société, voire de provoquer une guerre. Il était coincé. Il devait accorder ce procès.
« Entendu. »
« Maintenant j'entends. Et tâchez d'être loyal : quand on commet des erreurs, il faut savoir les assumer et la tête haute. » reprit Eoline.
« Cependant vous n'êtes pas sans savoir que Black est introuvable. » rappela Fudge.
Cela lui permettrait de gagner du temps, de trouver les bons défenseurs, de corrompre peut-être quelques jurés bref de se préparer.
« Pas pour nous. » sourit Eoline.
Elle leva le sort de Xenos, et Fudge sursauta violemment en découvrant le prévenu devant lui.
« Nous pouvons donc y aller. » conclut Lady Lawler.
Sirius darda un regard insondable au ministre. Ce dernier pesta une fois ses invités hors de son bureau. Cette maudite femme avait pensé à tout, et l'avait savamment ferré. Une fois dehors, Eoline remarqua la foule de journalistes. Elle alla aussitôt vers eux. Après avoir obtenu leur silence, elle les convia à se rendre dans la salle du jugement. Fudge arrivait derrière.
« Je vous laisse dix minutes pour rassembler un jury et un avocat de l'accusation. » lança Eoline à Fudge.
Ce dernier bouillait à présent. Les flashes des appareils photos crépitaient pendant que la femme se rendit à la salle d'audience. Fudge ne put que faire passer les instructions qu'elle avait donné, en recommandant toutefois de trouver des gens de son parti. Il ne fallait pas perdre ce procès.
Tout le monde fut rassemblé dans la salle, à présent silencieuse. Sirius était assis à l'avant, à côté de son avocat. Fudge présidait le tribunal bien entendu. Un jury avait été trouvé à la va-vite. Eoline était pour sa part assise sur le côté, dans la loge réservée aux invités de marque, dominant toute la scène. Trois coups furent frappés. Un sorcier annonça l'ouverture du procès de Sirius Black. La parole fut donnée en premier à l'accusation. L'avocat choisi s'avança au centre.
« Messieurs et Mesdames les jurés, nous sommes rassemblés ici pour juger une affaire qui je vous le rappelle, a fait trembler d'horreur et a choqué la société toute entière. Nous sommes là pour juger celui qui a permis le meurtre de héros, le meurtre de Lily et James Potter. Un drame perpétré souvenez-vous par celui qui se prétendait leur meilleur ami. »
Sirius inspira profondément mais discrètement. Devoir se rappeler de tout ceci était un calvaire. L'avocat rappela l'état de la maison après l'attaque, remémora à tous le sacrifice des parents pour protéger leur fils unique d'un dément. De quelle trahison ignoble avaient-ils été victime, d'Harry privé à jamais de sa famille et d'un avenir heureux.
« Nous avons tous été trompé par cet homme qui se trouve aujourd'hui devant vous. Un homme dit comme le bras droit de Vous-savez-qui. Les Potter n'étaient certainement pas ses seules victimes. Peut-être parmi vous se trouvent d'ailleurs d'autres victimes. Alors messieurs les jurés je vous le demande, ne laissez pas un criminel en liberté. » conclut l'avocat.
« Merci Lord Cadley. La parole est maintenant à Lord Byron, avocat de la défense. » annonça Fudge.
Il était satisfait de la prestation de son avocat. En jouant sur la corde sentimentale, il avait certainement en partie convaincu le jury de la culpabilité de Black. Byron se leva tranquillement, et vint à son tour au centre de la salle. Il se tourna pour faire face au public.
« Messieurs les journalistes, du jury … mon confrère a ici rappelé brillamment les faits, en omettant toutefois un détail capital. Personne en effet, ne connaît les motifs du prévenu, ni comment a-t-il pu tromper tout le monde. Et ce pour une raison très simple : personne ne l'a interrogé. » commença l'avocat.
Il fit quelques pas.
« Or à ma connaissance nous sommes dans un pays de justice, où tout un chacun a une chance de se voir défendu. Si un aviez une plainte à déposer, aimeriez-vous qu'on vous renvoie chez vous en disant : vous êtes responsables, débrouillez-vous ? »
Les jurés s'entre-regardèrent, puis secouèrent la tête.
« Précisément. Nous sommes une grande nation, et jusque-là même les pires criminels ont eu un procès. Ou bien alors avons-nous régressé ? Nous ne sommes pas devenus des barbares rassurez-moi ? » continua l'avocat.
Les jurés acquiescèrent à ses arguments. Fudge déglutit. Où cet homme voulait-il en venir ? Il y était à son procès non ?
« Alors dans ce cas, de quels moyens disposons-nous pour découvrir la vérité pure ? C'est très simples mes amis. Nous avons le Véritasérum -il en sortit une fiole- dont tout le monde connaît l'efficacité. Cependant, nous savons aussi que certains, très rares sorciers, sont capables d'y résister. Dans ce cas, il nous faut autre chose. La Pensine par exemple. Elle permets de montrer des souvenirs. Hélas encore, ce moyen a ses limites. Un souvenir se trafique, et je ne suis pas sûr que tout le tribunal puisse y entrer. Car tout le monde a le droit de découvrir la vérité, nos amis journalistes dont certains sont indépendants le savent mieux que quiconque. » reprit Byron.
Cornelius n'y comprenait rien, et il n'était pas le seul. Cet avocat présentait de bons moyens pour sa défense mais il les réfutait un par un. Comment prétendait-il alors faire éclater la vérité au grand jour ? Le Ministre eut un mauvais pressentiment. Sirius pour sa part, s'interrogeait également. Sans doute son avocat allait-il sortir le grand jeu, mais avec quoi ? Byron avait marqué une pause. Il cessa sa marche de long en large pour s'arrêter en plein milieu, devant le Ministre.
« Pour une affaire aussi importante, avec un prévenu qui doit certainement avoir de grands moyens de dissimulation, je n'ai qu'une solution à vous proposer, parfaitement légale et possible. Je vous propose de demander directement aux victimes de nous donner leur version des faits. Je propose d'appeler James et Lily Potter à la barre. » annonça Byron.
Un silence de mort, si l'on peut dire, suivit cette déclaration. Puis Fudge se mit à ricaner de même qu'une femme à l'allure de crapaud.
« Monsieur Byron, je vous rappelle qu'ils sont morts. Ils ne peuvent comparaître. » fit le ministre d'un ton ironique.
D'autres sourirent, moqueurs également. Mais Byron également, ce qui ne rassura pas son adversaire.
« Allons Monsieur le Ministre, dit-il d'une voix de miel, ne me dites pas que vous n'avez jamais vu de fantômes ? Il y en a ne serait-ce qu'à Poudlard. Et Lady Lawler ici présente est on ne peut plus capable de leur faire traverser le voile, ayant été initiée à certains secrets des druides dont tout le monde sait qu'ils étaient capables de communiquer avec les défunts. Merlin lui-même était un spécialiste en la matière. »
« Objection ! » fit Cadley.
« Et pour quel motif ? Ce serait même faire obstruction à la justice, étant donné les éléments non négligeables qu'ils peuvent apporter à l'affaire. » rétorqua Byron en joignant les mains.
Fudge déglutit. Coincé. Il était coincé de partout il le sentait. Il ne pouvait refuser sans un motif valable, or il n'en avait aucun. Les journalistes attendaient, avides. Byron l'avait souligné, il ne pourrait pas tous les museler comme avec la Gazette. Il découvrit même Xenophilius Lovegood, ce fou propriétaire du Chicaneur. Or une telle affaire ne serait certainement pas prise à la rigolade, quel que soit le journal qui en parlerait.
« Très bien. Lady Lawler si vous voulez bien procéder. » accorda-t-il de mauvaise grâce.
« Je vous remercie monsieur le Ministre. » répliqua-t-elle d'un ton aimable assorti d'un sourire éclatant.
Byron sourit et vint tendre la main à la dame pour l'aider à descendre les marches. Sirius ne la quittait pas des yeux. D'ici quelques instants, il verrait apparaître les chers disparus. Eoline se plaça au centre. Une aura blanche l'enveloppa, et un cercle lumineux apparut sous ses pieds alors qu'elle lançait une incantation en celtique. Un vent se mit à souffler dans la salle, pendant qu'un tourbillon enveloppait la sorcière. Un instant plus tard, deux silhouettes fantomatiques firent leur apparition. Ils prirent l'apparence des défunts. Des oooh furent chuchotés. C'était bien eux.
« James et Lily Potter, soyez les bienvenus dans ce monde que vous avez quittés. Je suis Eoline Lawler de Twalrich, et je vous ai invoqués pour aider votre ami ici présent. Sirius Black a été accusé de votre disparition. Pourriez-vous de grâce, nous raconter ce qui s'est passé ? » demanda-t-elle au fantôme.
« Sirius ? Vous faites erreur, il ne nous a jamais trahis. » commença James, suscitant l'émotion dans la salle.
« Qui donc est le responsable, vaillants disparus ? » interrogea Eoline.
« Celui à qui nous avions confié notre secret. Nous en avions changé à la dernière minute, sans en avertir qui que ce soit. Pardonne-nous Sirius. » répondit Lily.
« Non mais … » répondit le concerné d'une voix étranglée.
Les revoir ainsi lui causait une telle émotion, qu'il en pleurerait presque. James et Lily lui souriaient avec gentillesse.
« Nous avions mis notre vie entre les mains de Peter Pettigrow. Un coup de bluff, destiné à tromper Voldemort. Hélas, il était déjà dans ses rangs depuis un an. » révéla James.
La salle fut en proie à l'agitation. Les journalistes ne perdait pas une lettre de ce qui se disait, des clichés furent pris.
« C'est lui, et lui seul le responsable. Sirius est absolument innocent. » ajouta Lily.
Fudge ferma les yeux. Il avait perdu, et allait perdre bien davantage. On lui demanderait des comptes, Black le premier.
« Je n'ai rien de plus à ajouter. Nous vous remercions de votre soutien inestimables, chers amis. » fit Eoline.
Les fantômes acquiescèrent, avant de saluer Sirius et de lui souhaiter bon courage. Ce dernier voulut les appeler, leur demander de rester encore. Mais les disparus gagnèrent l'autre monde. Eoline regagna sa place sous l'agitation de la foule. Fudge réclama le silence avec un peu de hargne.
« Monsieur Cadley. Avez-vous autre chose à dire ? » demanda-t-il.
Il n'y avait rien de plus à dire, tout avait été dit. Aucune objection ni réfutation était possible. L'avocat signala donc que non. Et Fudge savait bien qu'il n'avait pas à insister, au risque de se rendre ridicule. Il demanda donc au jury de délibérer et de rendre son verdict. Or ils avaient beau être du parti de Fudge, eux non plus n'avaient pas le choix. Pas devant la presse. Et ils ne risquaient rien justement à cause de cela. Le ministre ne créerait pas de scandale ni ne s'en prendrait à eux par la suite. Car la balance ne penchait plus en sa faveur désormais.
« Monsieur le Ministre, je pense que tout le monde connaît notre réponse. Nous déclarons Sirius Black ici présent innocent et lavé de toute accusation contre lui. » fit le sorcier chargé de présenter les conclusions.
« Je pense malgré tout que mon client est en droit de demander des réparations. » lança Byron.
Fudge le fusilla du regard. L'avocat n'en eut cure du reste. Siriurs se leva, avec un regard noir pour l'homme qui l'avait envoyé en prison sans la moindre justice.
« J'exige douze mille gallions en guise de préjudice, un millier pour chaque année passée dans cette infecte prison. Ainsi que des excuses publiques. Aujourd'hui. » répondit Sirius.
« C'est un minimum, monsieur le Ministre. Chacun connaissant Azkaban de réputation, personnellement j'aurais exigé le double et demandé votre démission.. Mon client est raisonnable. » fit Byron.
L'intéressé grinça des dents et accorda la requête. La séance fut levée. Eoline rejoignit prestement Black et l'emmena avant que la presse ne lui tombe dessus. L'homme aurait besoin de calme après toutes ces émotions. Elle le ramena chez elle.
« Et voilà ! Une bonne chose de faite. » déclara-t-elle en franchissant sa cheminée.
« Fudge est dans de beaux draps, si je lis entre les lignes. » commenta Xenos, qui lisait un journal.
« Ça lui apprendra à chercher la renommée plutôt qu'à être compétent. » fit Eoline.
« Madame Lawler ... » appela Sirius.
« Qu'y a-t-il Lord Black ? Car nous allons désormais devoir vous appeler ainsi. »
« Oui euh … je ne sais comment vous remercier de votre aide. Sans vous rien de tout cela n'aurait été possible. »
« Je vous l'ai dit, c'est à Harry qu'il faut s'adresser. » répondit Eoline.
« Je voulais savoir aussi … pourriez-vous rappeler mes amis de l'au-delà ? » demanda Sirius.
« Ce n'est pas raisonnable, Lord Black. Il est plus que temps pour vous de laisser le passé là où il est et de vous tourner vers l'avenir. Ils savent que vous avez cru bien faire. Ils étaient d'accord avec vous, et effectivement cela aurait pu, aurait dû fonctionner. Ce ne fut pas le cas et vous n'y pouvez rien. » objecta-t-elle.
« Vous avez sans doute raison. J'y pense, Pettigrow est encore en vie, il faut l'arrêter. » fit Sirius.
« Lord Byron se charge de l'annoncer à la presse. Cependant, peu vous importe maintenant que vous êtes un homme libre. » précisa la sorcière.
« J'aurais pourtant voulu lui régler son compte moi-même. » argua Sirius.
« C'est inutile. Il n'est plus rien depuis longtemps. Faites face … à votre futur. »
Sirius soupira. Plus facile à dire qu'à faire. Il réalisa alors la montagne de choses qu'il allait devoir régler.
« Vous pouvez rester ici le temps de vous occuper de deux trois bricoles. Mon mari est au courant de votre présence soyez-en assuré. Et puis nous avons de la place à ne plus savoir qu'en faire. » lui annonça Eoline.
« Je vous en suis infiniment reconnaissant, Lady Lawler. » sourit Black en s'inclinant.
Le jour suivant, Styx lisait en souriant les déboires de Fudge dans la presse. Le procès express de Black faisait la une de tous les journaux, tout comme les excuses de ce dernier.
« Bien joué maman. » commenta-t-il.
Harry découvrait toute l'histoire avec émotion. Sirius que l'on avait cru venu pour le tuer était innocent, et n'avait voulu que le protéger dixit l'avocat de l'homme. Il vit surtout le moment où ses parents faisaient une apparition.
« Eh ben quelle histoire ! » fit Ron, penché à sa gauche.
« Nous sommes désolés ne pas avoir pu attraper Pettigrow Harry. » lança Laïla.
« Mais ce n'est pas de votre faute ! Vous avez fait ce que vous avez pu. » répondit Potter.
Laïla sourit doucement, quoiqu'un peu tristement.
« C'est gentil. Nous l'aurons certainement une autre fois. Je vous laisse un instant. » dit-elle.
Elle prit la direction des toilettes féminins, entra dans une cabine. Là, elle ferma les yeux un instant avant de disparaître dans un nuage de paillette.
« Laïla que fais-tu là ? » demanda Eoline en apercevant sa fille entrer dans le salon.
« Je me promène. » répondit la petite brune.
Sirius se tourna vers elle.
« Tu n'es pas censée quitter l'école, enfant. » reprit sa mère.
« Je ne suis là qu'un instant, je voulais le voir. »
Laïla s'arrêta devant Black. Ce dernier l'observa avec curiosité.
« Comment vous sentez-vous maintenant ? » demanda-t-elle.
« Bien mieux que le soir où tu m'as trouvé, petite. » sourit l'homme.
« Tant mieux mon grand. »
Sirius sourit devant son audace. Laïla fit demi-tour. Au même instant, Maelys déboula pour se jeter dans les bras de sa sœur.
« Tu es venue jouer ? » questionna la petite dernière.
« Pas du tout, je dois retourner en cours. Mais tu vois le monsieur là derrière ? » répondit Laïla.
« Hm hm. »
« Il va avoir besoin de toi. Je te le confie, prends-en soin. »
« D'accooord ! » clama gaiement l'enfant.
Heing ? Black haussa les sourcils. Merci, il savait prendre soin de lui. Laïla s'éloigna et sortit du salon. Maelys s'approcha de Sirius qu'elle observa de bas en haut les mains sur les hanches. Puis elle planta ses prunelles made in Lawler dans ceux gris acier. Il la sentit clairement fouiller dans sa tête. Déjà ? Ce genre de pouvoir n'était pourtant pas facile à acquérir, même par les adultes.
« Allez viens Monsieur. » décida Maelys en le prenant par la main.
« Je m'appelle Sirius Black. » informa le monsieur en la suivant.
« Moi c'est Maelys. »
« Et où m'emmènes-tu Maelys ? »
« Dans mon labo. »
Hé ? Cette petite de dix ans avait un laboratoire ? Maelys le fit effectivement franchir une porte avec son nom accroché dessus. L'enfant le lâcha, fouilla dans des flacons pour en retirer trois.
« Une pour bien dormir, la seconde pour apaiser l'esprit, la dernière pour tranquilliser le corps. » annonça-t-elle en les lui tendant.
« Qu'est-ce qui te fait croire que j'en ai besoin ? » s'étonna Black.
« Je sais d'où vous venez. On ne sort pas d'un endroit comme Azkaban avec un esprit serein. Alors prenez-les toutes le soir, une cuillère à soupe de chaque. La seconde peut être prise dans la journée, mais pas plus de deux fois, sinon autant fumer de la drogue. » répondit l'enfant le plus sérieusement du monde.
Sirius cligna des yeux, puis prit les flacons.
« C'est toi qui les a faites ? » demanda-t-il en tendant l'une d'elle devant ses yeux.
« Prenez-les. Je le saurais si vous ne le faites pas, et vous les ferais avaler de force s'il le faut. » répliqua Maelys.
C'était lui ou le culot était de famille ? Manquait pas d'air le pin's. Toutefois à bien y réfléchir, elle avait raison, il lui fallait un peu de soins après son enfer.
« Entendu docteur. Autre chose ? » s'enquit Black.
« Je vous fais visiter si vous souhaitez. Je vais vous prêter ma chouette pour votre correspondance. » fit la petite.
« Je te remercie. »
« Y'a pas de quoi. »
L'enfant lui demanda de la suivre à nouveau. Elle l'amena au dehors, derrière la maison. Là, elle lança un ululement. Un instant après, une chouette arriva à tire d'ailes depuis les bois, pour se poser sur un perchoir agrémenté d'un bassin, à côté de l'enfant.
« Voici Plume de lune. » annonça Maelys.
La fillette lança une suite de ululements à la chouette qui écouta avec une grande attention, avant de répondre à son tour.
« Elle est d'accord pour vous aider. Et ne faites pas cette tête : chez moi on parle aux animaux, grâce à notre sang de nymphe et notre ancêtre Twalrich. » révéla Maelys.
Sirius se sentit embarrassé sur le coup. Il n'avait pas pensé que ce puisse être un véritable pouvoir. Mais les Lawler avaient diverses créatures dans leur lignée, donc bon. Les présentations avec Plume de lune terminées, Maelys reconduisit Black à l'intérieur. Elle lui montra sa chambre, indiquant que dans le bureau se trouvait de quoi écrire.
« Merci bien Maelys. Je crois que je vais me reposer un peu maintenant. » annonça Sirius.
« Vous voulez un livre ? » proposa l'enfant.
« Mmph, pourquoi pas, ça me fera passer un peu le temps avant de commencer à gérer mes affaires. »
« Ok. »
La fillette disparut en courant. Elle revint cinq minutes plus tard avec un roman policier qu'elle lui donna, puis quitta la pièce.
« Appelez si vous avez besoin de quoi que ce soit. »
« D'accord ! »
Une fois la porte fermée, Sirius s'écroula sur le lit les bras en croix. Il avait encore du mal à croire tout ce qui était arrivé. Cela avait été si soudain ! En un rien de temps il avait eu le procès qu'il aurait dû avoir, avait été acquitté et était libre. Il pourrait réclamer la garde d'Harry conformément au souhait de ses parents.
« Mais suis-je vraiment prêt et capable d'élever un enfant ? Je ne sais pas ce dont il aura besoin. Enfin, il est grand maintenant on pourra en parler. Je dois d'abord récupérer tout mes biens avant de penser à ça. Et cela va prendre un moment. » songea Sirius.
Sans compter qu'en principe Harry ignorait qu'il était son parrain. Bref il avait du pain sur la planche, mais il en était heureux. Heureux également de savoir que James et Lily ne le tenaient pas pour responsable de leur malheur, ni ne lui en voulait. Voilà qui lui avait fait un bien fou. A leur pensée il sentit ses yeux s'emplir de larmes. Se sachant seul et en sécurité, il décida de donner libre cours à son chagrin. Il pleura en silence, mais cela lui fit du bien. Il sentit prêt pour attaquer le reste. Il s'accorda toutefois une pause pour lire un peu et réfléchir. Deux heures plus tard, il sortait en trombe de la chambre.
« Nom d'un troll ! J'ai été absorbé par ce livre et j'ai pas vu le temps passer ! Ils doivent déjà être en train de dîner, j'aurais l'air de quoi en arrivant en retard ? » pensa-t-il.
Dans son empressement, il glissa et manqua une sortie. Il se reprit et continua sa course. Hélas, ne connaissant pas l'endroit il eut tôt fait de se perdre.
« Ah ! Sirius s'est perdu ! » commenta Maelys dans la cuisine.
Elle reposa la pile d'assiette qu'elle portait, puis alla chercher le sorcier. Elle le trouva loin de la cuisine en train d'ouvrir plusieurs portes.
« Sirius ! C'est par là ! » clama Maelys en agitant le bras.
L'homme vint vers la fillette, soulagé d'avoir trouvé quelqu'un.
« Comment m'as-tu trouvé ? » demanda gentiment le brun.
« Je sais toujours où vous êtes. » répondit mystérieusement Maelys.
Elle lui tourna le dos pour le conduire à la cuisine. Décidément, quelle drôle de famille pensa Black. Une fois dans la cuisine, il s'empressa de prendre les assiettes que l'enfant portait, demandant où mettre le couvert.
« Dans la véranda là. » indiqua Maelys.
Il traversa le salon suivit par l'enfant. Durant le repas, Eoline lui demanda si sa chambre lui convenait. Sirius acquiesça, la remerciant encore une fois pour son aide. Il annonça également qu'il enverrait dès demain divers courriers pour rétablir sa situation.
Trois semaines plus tard.
Ronan Lawler avançait parmi le village indien. Il retrouva Remus Lupin, dont le visage rayonnait.
« Oh. En voilà un homme heureux. » sourit l'homme.
« Oui …. la pleine lune est passée et je ne me suis pas transformé ! » s'exclama Remus.
« Aaaah. C'est donc que le rituel a fonctionné. Ça tombe bien, Lynx d'argent m'a remis ceci. » annonça Ronan en tendant une feuille à Remus.
Le certificat attestant qu'il était guéri, signé à la fois du sorcier et du gouvernement. La preuve de sa nouvelle vie. Il regarda celui qui l'avait conduit avec une reconnaissance infinie.
« Je ne sais pas comment vous remercier. » fit Remus en pliant le certificat.
« En vous adressant à Harry tout simplement. »
Lupin arrondit les yeux. Ronan lui fit signe de le suivre. Il fallait à présent s'occuper de convaincre le gouvernement Anglais que le sorcier n'était plus une menace. Pour ce faire, un délégué aux affaires étrangères sorcières des USA les accompagna. Quelque temps plus tard, le groupe se retrouva donc au ministère de leur pays. Ronan se fit directement recevoir par Fudge, à qu'il trouva une mauvaise mine. Il sourit intérieurement, sachant parfaitement à quoi cela était dû.
« Monsieur Lawler … » lâcha Fudge, manifestement pas ravi d'avoir de nouveau affaire à cette famille.
« Monsieur le Ministre bonjour. Je sais que vous avez assez vu les miens ces derniers temps, mais j'ai juste besoin d'une petite formalité pour Monsieur Remus Lupin. Voyez-vous, il a consulté un sorcier d'Amérique du Nord qui a pu sceller le loup qui était en lui. Par conséquent, il est tout ce qu'il y a de plus inoffensif. Et voici un représentant du gouvernement américain pour attester de tout ceci. » annonça Ronan en s'asseyant devant Fudge.
Fudge releva la tête devant le document que l'homme lui présenta. L'officiel des USA se présenta à son tour, ajoutant qu'ils étaient là pour valider ce changement de situation.
« Mais ceci n'existe pas chez nous. » répondit Cornelius.
« Mais quel crétin borné. Doit-on comprendre que vous préférez être envahis de loups-garous plutôt que d'accepter la solution que l'on vous propose ? Un représentant du gouvernement américain s'est justement déplacé pour vous présenter les avantages de ce rituel. Nul doute que ce remède vous ferait également du bien en ce moment, monsieur le Ministre. » reprit Ronan non sans ironie.
Fudge contracta les mâchoires. Depuis que son épouse avait fait éclater l'affaire Black, la position du Ministre était mise à mal. Ce genre de nouveauté pouvaient peut-être lui assurer un renouveau de popularité.
« Très bien, je vous écoute. » décida-t-il.
« La chose est simple, Monsieur le Ministre. Nos sorciers indiens ont depuis longtemps trouvé comment sceller le loup-garou dans les tréfonds de l'esprit de la personne. Et ceci de manière définitive. Monsieur Lupin ici présent a passé la dernière pleine lune sans transformation. » intervint le délégué étranger.
« Vous pourrez d'ailleurs le vérifier par vous-même, avec l'accord de monsieur Lupin, bien entendu. » ajouta Ronan.
« Je suis tout à fait d'accord, si cela peut en aider d'autres comme moi. » répondit ce dernier.
« Fort bien. Nous ferons effectivement un essai, et si cela marche nous promulguerons ce rituel. Toutefois, nous devons le connaître. » accorda Fudge.
« Ce sera à Lynx d'argent de décider de vous le révéler ou non. Je lui en parlerais. » reprit le délégué.
En attendant, Fudge était à peu près d'accord pour valider le certificat. Ronan suggéra d'employer Lupin par la suite pour s'occuper de tous ceux désirant bénéficier du rituel.
« C'est une très bonne idée. » sourit Remus enchanté.
Si Fudge était d'accord, il aurait un travail au ministère. Le salaire serait certainement décent, d'ailleurs quelque chose soufflait à Remus que Ronan saurait y veiller. L'entretien se termina donc sur ces bonnes paroles. En repartant, Lupin aperçut une silhouette familière. Non … ce n'était quand même pas … ici ?
« Sirius ? » appela-t-il.
Il se tourna. Mais si c'était bien lui. Cependant il avait bien meilleure mine que ne l'aurait imaginé Remus. Black eut un léger sourire et vint à la rencontre de son vieil ami.
« Mais qu'est-ce que tu fais ici ? Aux dernières nouvelles tu étais recherché ? » lança Lupin.
« Plus depuis trois semaines. T'as vécu où pour ignorer tout le ramdam que ça a fait ? » répliqua Black un brin surprit.
« Aux Etats-Unis. Je ne reviens que maintenant. »
« Hmmm, et je vois que tu as reçu la même aide que moi. » constata Sirius en remarquant la tête du clan Lawler.
Remus suivit son regard sans comprendre. Sirius lui relata alors l'affaire en deux mots. Apprendre que Pettigrow était responsable et surtout en vie causa un choc à Remus. Néanmoins, il fut content pour son ami. Ces deux-là s'excusèrent pour leur comportement passé, ayant chacun cru l'autre coupable. Lupin apprit à son tour la bonne nouvelle à Black.
« Ah bon ? C'est possible un truc pareil ? » s'étonna le brun.
« Si je te le dis. Je n'ai pas eu un poil plus long que l'autre. » fit Remus avec un grand sourire.
« Ben ça alors, c'est vraiment génial. T'es libre comme moi, faudrait fêter ça vieux. » dit Sirius.
« Avec grand plaisir. »
Tous deux se quittèrent sur la promesse de reprendre contact avec l'autre. La roue avait enfin tourné pour eux, dans le bon sens cette fois.
