Coucou, mes fidèles lectrices ! Mille fois merci de prendre le temps de me laisser ces sympathiques reviews, je les ADORE. Alors continuez, n'hésitez pas, lâchez-vous ! Je vois que l'histoire vous plaît, alors je mets en ligne dès aujourd'hui ce nouveau chapitre, le 11. Bonne lecture.
Chapitre 11
Je ne peux pas rester là, sans bouger. Il faut que je fasse quelque chose. Alors, mobilisant toute ma volonté, je commence à reculer lentement jusqu'au canapé comme si je pouvais me mettre hors de portée de ce regard posé sur moi, de ce regard que j'imagine froid et meurtrier et sans autre expression que l'intérieur du prédateur pour sa proie...
- Pourquoi... pourquoi voulez-vous me... me tuer ? je demande d'une voix que je tente de garder ferme, mais sans succès.
J'ai besoin de savoir, besoin de savoir avant de mourir...
Je ne peux pas supporter l'idée de ces yeux que je ne vois pas et qui me regardent. J'ai peur. La peur coule dans mon corps, froide, piquante.
Il ne répond pas et, à nouveau, les pas se rapprochent de moi.
Non, je ne veux pas...
Il ne parle plus... Ce silence est insupportable. Juste le bruit de sa respiration haletante.
Une main sur mon bras. Moite. Alors je ne me contrôle plus, mes nerfs lâchent. Je pousse un hurlement si fort que j'ai l'impression que mon larynx va éclater. Une main se pose sur ma gorge et serre...
Et puis autre chose. Quelque chose de froid... Un scalpel, mon Dieu... Je reconnais la lame froide d'un scalpel. Sans hésiter, il l'enfonce dans la chair de ma gorge. Ca fait mal...
- S'il vous plaît, aidez-moi ! Au secours ! Au secours ! Espèce de salaud ! Je te tuerai, salopard !
J'ai pris le risque d'appeler à l'aide, mes voisins sont peut-être là, ce soir.
J'essaie de me libérer de sa poigne, je me débats, je lance mes poings en avant pour tenter de le frapper, de le faire lâcher prise... Je touche quelque chose, son visage peut-être, j'ai l'impression de sentir quelque chose craquer sous mes poings, il pousse un hoquet et un juron, mais il me continue à me tenir fermement. Son visage est tout près du mien, je sens son haleine, il sent le tabac froid. Je déteste cette odeur, elle me soulève le coeur. Je sens la lame du scalpel s'enfoncer encore plus dans ma chair, il va toucher ma carotide, puis il retire brusquement la lame et plante à nouveau le scalpel, dans mon bras droit, puis dans le gauche, dans ma cuisse... Il l'enfonce profondément, c'est horrible, ça brûle.
Un bruit de clé dans la serrure. Une clé qui tourne et tourne encore, sans succès.
- Tempérance ? Qu'est-ce qui se passe ? Je ne peux pas entrer ! Ouvre-moi !
La voix affolée de Seeley derrière la porte. Vite, vite !
- Au secours, au secours ! je crie de toutes mes forces.
Mon agresseur pose brutalement une main sur ma bouche.
- Ferme-là ! me postillonne-t-il au visage.
J'entends des coups violents sur la porte d'entrée. Seeley est en train d'essayer de l'ouvrir à coups d'épaule.
Il va réouvrir sa blessure s'il continue comme ça...
Le type pousse un juron, puis approche brusquement sa bouche contre mon oreille. Je sens qu'il tremble contre moi. Je sens l'odeur du sang. Son sang ou le mien ?
- Encore une fois, tu as de la chance, Tempérance, tu ne mourras pas aujourd'hui, mais je reviendrai, tu peux compter là-dessus, tu es une vivante en sursis...
Il plaque un baiser mouillé sur ma joue, puis me lâche et me pousse brusquement en arrière. Je bascule et je bute dans quelque chose. Le canapé ? Je n'en sais rien, tout ce que je sais, à cet instant, c'est que je me retrouve allongée sur la moquette de mon salon. Je l'entends courir dans l'appartement et puis un fracas de verre brisé derrière moi tandis qu'un coup de feu retentit. Je devine que Seeley a dû faire sauter le verrou avec son arme de service.
- Attention, il est armé ! je lui crie alors que je l'entends ouvrir la porte d'un grand coup de pied.
- Tempérance ! Mon Dieu... Mais qu'est-ce qui s'est passé ?
- C'est lui... il est revenu... il doit être caché dans un coin...
- Ne bouge pas...
Je l'entends faire le tour de l'appartement, puis il revient vers moi.
- Il s'est enfui par la fenêtre de la cuisine, en cassant le carreau. Viens là... Ca va aller, je suis là, c'est fini, je suis là...
Il m'attire dans ses bras, me caresse le dos, m'embrasse, encore et encore, puis me relève et me fais allonger sur le canapé. Je l'entends s'éloigner dans l'appartement quelques instants, puis il revient dans le salon.
- Tiens, applique ça sur ta gorge. C'est celle qui saigne le plus.
Il glisse dans mes mains une serviette de toilette que j'applique aussitôt fortement à l'endroit où j'ai mal. En fait, j'ai mal partout. Il ne faudrait pas que je fasse une hémorragie.
- J'ai appelé une ambulance. Ca va aller.
Non, ça ne va pas aller. Il arrivera à ses fins, il finira par nous tuer. Comme il en crève d'envie.
Je sens des larmes de rage et de terreur rouler sur mes joues.
- Ne pleure pas, tout va bien maintenant, l'ambulance va arriver.
Seeley me serre à nouveau dans ses bras et me berce doucement. Je sens quelque chose de chaud couler de long de ma gorge et de mon bras.
- Ne bouge pas, tu saignes encore.
Alors, il prend le relais et compresse le saignement en appuyant encore plus fort sur ma plaie.
Sirène d'ambulance qui se rapproche. Je me sens molle, j'ai froid. Seeley passe un bras autour de ma taille pour me soutenir. Je me sens glisser, sans force, entre ses bras. J'ai sommeil. Je sens mes yeux se fermer doucement.
- Voilà l'ambulance. Tempe, reste avec moi, ouvre les yeux ! On va te soigner, et tout ira bien. Ne t'en fais pas...
Pourquoi je m'en ferais ? On se le demande.
Des bruits de pas, des voix. On me demande de m'allonger sur un brancard. J'ai envie de refuser, j'ai l'impression que je vais ressembler à ces cadavres qu'on amènent au Jefferson. Mais j'accepte car je me sens de plus en plus faible. Alors je me laisse allonger sur le brancard. On me soulève. J'ai la tête qui tourne un peu, j'ai froid.
Est-ce que j'ai perdu beaucoup de sang ? J'en ai bien l'impression, vu comment je me sens...
Des portes claquent. On me parle. On me fait une piqûre.
La voix calme de Seeley.
- Je viens avec toi, Tempérance... Ne t'inquiète pas.
Je me réveille, je suis couchée dans un lit. Aucun bruit, à part un bourdonnement sur ma droite. Une odeur de fleurs. Je dois être à l'hôpital. Mon cou me fait mal. Mon bras droit me semble lourd. Il repose à côté de mon corps. Le gauche est replié sur ma poitrine. Pourvu qu'il fonctionne encore. J'essaie de le lever, ça marche, mais ça me fait un mal de chien.
J'entends la porte s'ouvrir.
- Doucement, Mlle Brennan ! On vient juste de vous recoudre !
Cette voix, je la reconnaîtrais entre mille. Kathy ! La « charmante » infirmière qui s'est occupée de moi après mon coma.
- Je suis...
- Vous avez eu le bras droit ouvert sur dix centimètres et des entailles sur l'avant-bras gauche quand vous l'avez frappé, continue-t-elle en me coupant la parole.
Frappé ? Je l'ai frappé ?
- Pour la cuisse, ne vous inquiétez pas, ce n'était pas très profond. Vous n'aurez pas de cicatrices.
A quel moment je l'ai frappé ? Quand je me suis débattue ?
Je ne me souviens pas trop, tout est encore flou. J'ai l'impression d'être dans du coton.
Quelqu'un d'autre entre dans la chambre.
- Tu es réveillée ? Tu m'as fait si peur !
Seeley. Il est tout près de moi. Je sens une odeur de cuir. Il doit porter sa veste de cuir marron foncé, celle que j'adore et qui le rend si sexy.
Il s'assoit sur le bord de mon lit et me prend dans ses bras. Je grimace un peu car son étreinte réveille des douleurs, mais je ne dis rien. Je me sens si bien dans ses bras où je fonds littéralement. Nous restons ainsi quelques instants puis nous nous embrassons profondément. Je devine que Kathy en a profité pour sortir discrètement de la chambre lorsque j'entends la porte grincer en se refermant.
Merci, Kathy, de nous laisser profiter de ce moment d'intimité.
- Alors, mon amour, raconte-moi ce qui s'est passé ? me demande Seeley en se reculant de moi.
Il glisse une mèche de mes cheveux derrière mon oreille. Cette douce caresse me fait frissonner de plaisir. Il a cette façon de faire les gestes les plus simples que j'adore et qui m'électrise à chaque fois.
D'où tient-il ce pouvoir sur moi ?
Je pousse un soupir tremblant. Revivre la scène m'est pénible.
- Hé bien, j'étais en train de t'attendre quand j'ai entendu la porte d'entrée s'ouvrir et se refermer avec le verrou. Je t'ai appelé, pensant que c'était toi, malgré que je ne comprenais pas pourquoi tu mettais le verrou. Il s'est approché de moi et il a commencé à me taillader. Puis tu es arrivé, tu connais la suite...
Je tremble en repensant à la scène. Je ne suis pas prête de l'oublier, celle-là. Celle de ma noyade non plus. Elles vont me hanter jusqu'à la fin de mes jours. Enfin, si je survis à ça...
- Je suis désolé, Tempe, j'aurais dû être là... j'aurais dû être là pour te protéger. J'ai failli te perdre encore aujourd'hui... par ma faute... je ne me le serai jamais pardonné.
- Arrête de culpabiliser, Seeley. Tu n'y es pour rien, tu ne peux pas être partout, tu me protèges assez comme ça. Dis-moi simplement ce qu'était cette chose qui ne pouvait attendre.
Je le sens hésiter.
- Hummm... Non, je ne peux rien te dire pour le moment, c'est un secret. Mais vu ce qui t'es arrivé, elle aurait pu tout aussi bien attendre. Ta vie passe avant tout.
Un ange passe. Je le sens mal à l'aise.
- Au fait, ton équipe de fouines est là, ils attendent pour te voir.
- Où en es-tu de l'enquête ?
- Elle suit son cours. Les gars du labo ont passé ton salon au peigne fin, on aura les résultats demain. Est-ce que le type t'a parlé ?
Oh oui, pour m'avoir parlé, il m'a parlé... à sa façon cruelle.
- Il m'a juste dit qu'il était revenu comme promis pour me tuer, c'est tout. Après, il a continué à parler, mais avec les mains.
Je frissonne en repensant aux coups de scalpel.
- Il ne t'a pas dit pourquoi il voulait te tuer ?
- Je le lui ai demandé, mais il ne m'a pas répondu.
- Est-ce qu'il...
Sa voix est hésitante sur cette question. Je sens que je vais pas aimer.
- Est-ce qu'il voulait, enfin... je veux dire... est-ce qu'il a essayé d'abuser de toi ?
Ah, je comprends maintenant son hésitation.
- Non. Tout ce qu'il voulait, c'était me faire souffrir et puis me tuer. Il n'a réussi que la première partie de son plan.
Seeley serre ma main encore plus fort. Je sais qu'il est malheureux de ce qui s'est passé, qu'il s'en veut. Mais ce qui est fait est fait. Avoir des remords ne changera pas ce qui vient d'avoir lieu. Je suis en vie, pour l'instant, et c'est tout ce qui compte. Il faut que je le rassure. Je n'aime pas le savoir ainsi.
- S'il te plaît, Seeley, arrête. Ne regrette rien, je sais que tu cherches sans cesse à me protéger, mais tu ne pourras jamais me protéger complètement. Même quand nous serons mariés et que nous vivrons ensemble, nous aurons notre travail qui nous séparera à un moment où à un autre, nous ne pourrons être jamais totalement ensemble, il faut que tu t'y fasses. Tout ce je souhaite pour le moment, c'est que nous attrapions cet immonde salaud et que tu le foutes en prison pour qu'il y croupisse toute sa vie. D'accord ? Et si ma vue ne revient jamais, eh bien, j'apprendrai à vivre avec et j'apprendrai à me débrouiller toute seule, sans l'aide de personne. Sauf la tienne.
Je monte la main de mon bras valide pour caresser son visage.
Seigneur, je vous en supplie, faites qu'un jour prochain, je puisse à nouveau voir le visage de l'homme de j'aime...
- Tu sais ce qui me ferais plaisir, là, maintenant ?
- Non. Dis-moi...
- Je veux que tu m'embrasses, comme tu sais si bien le faire...
- Tempe, je t'aime tant...
Alors, nous échangeons un profond baiser passionné et nous nous séparons, essoufflés.
- Je t'aime aussi, Seeley...
- Je vais te laisser te reposer, je reviendrais demain. Je laisse la place à tes fouines.
- D'accord. A demain, mon amour.
- A demain...
Après un dernier baiser, il quitte la chambre.
- Ma chérie !
Angela ! Je sais qu'elle pleure.
- Oh mon Dieu, que j'aie eu peur ! J'ai cru que tu étais morte quand Booth m'a appelé !
Moi aussi, Angela.
Elle me prend dans ses bras et nous échangeons en silence un moment de réconfort.
- Comment te sens-tu ? me demande-t-elle en s'installant sur la chaise près de mon lit.
- Ça va, après ce que j'ai vécu. Dis-moi, Ange, comment est Seeley ? Je l'ai senti très tendu.
- Et pour cause. Il est plein de colère envers ton agresseur. Quand il m'a appelé pour me dire ce qui t'étais arrivé, j'ai senti dans sa voix toute cette rage qui le ronge. Il m'a dit qu'il allait déployer tous les moyens possibles pour le retrouver rapidement, que ça ne pouvait plus durer et qu'il craignait pour ta vie. Il a très peur pour toi.
- Et moi, j'ai très peur pour lui. Rappelle-toi que lui aussi, il est visé. Seeley semble l'oublier.
- Je sais, ma chérie, je sais, mais fais-lui confiance, il sait ce qu'il fait, c'est un ancien snipper... Zack et Hodgins sont là, mais l'infirmière ne veut pas qu'ils entrent. Elle dit que tu as besoin de repos, à cause du choc, ta tension était tombée à 8, tu étais toute pâle... Oh, je suis si contente que tu n'aie rien de grave.
Elle se penche et m'embrasse sur la joue.
Est-ce que je pleure ? C'est possible, je sens de l'humidité sur mes joues.
- Je reviendrai demain matin, repose-toi bien.
- Merci, Ange, merci d'être venue. A demain.
Elle quitte la chambre en refermant doucement la porte derrière elle.
Je pousse un long soupir. Me voilà à nouveau seule dans cette chambre d'hôpital si froide et si iinhospitalière, malgré l'odeur et la présence des fleurs.
Tiens, au fait, qui m'a apporté des fleurs ? Seeley ? Angela ?
Combien de personnes malades ou blessées sont mortes ici ?
Mince, me voilà repartie, le spleen est de retour dans ma tête. Mon bras me fait mal.
Maintenant, je me souviens que je l'ai frappé, j'ai dû le toucher au visage, au nez, peut-être. Si c'est vraiment le cas, alors j'espère lui avoir fait très mal, comme il m'a fait mal.
Oh, si je pouvais le...
Il voulait que je souffre, il aime faire souffrir. Il est cruel.
J'ai sommeil. Ils ont dû me donner un calmant. Je sens que je m'endors. Ici, je suis en sécurité. Je ne risque rien. C'est l'hôpital.
A suivre...
N'oubliez pas le petit clic, merci.
