Hello me revoilà ! Bonne lecture et à très bientôt !

Chapitre 11

Cher Harry,

Savoir où tu te trouves est une réelle consolation. Bien que je ne puisse pas te voir, rien que le fait de savoir que tu es dans un endroit fixe, un endroit que je connais, me rassure. Même si nous ne pouvons pas nous voir, même si nous sommes condamnés à vivre loin de l'autre, je reste forte. Il est dur de prôner l'indifférence quand, au fond, trône la dépendance. Tu me manque, c'est vrai, c'est un fait, j'ai besoin de t'entendre, de te voir. Ta présence me manque. Tout me manque. Cela fait près de huit mois que je ne t'ai plus vu, l'absence se fait de plus en plus ressentir. Chaque nuit en m'endormant, je songe et pars vers des horizons où il n'y a que toi et moi. Et même si ce ne sont que de futiles rêveries, cela reste le meilleur moment de mes journées. Ces rêves sont des fragments d'espoirs.

J'espère seulement que tu penses un peu à moi. Pas sans arrêt, seulement de temps en temps. Accorde-moi une pensée, une simple pensée. Juste pour te souvenir de quelques instants, de quelques fragments du passé, de quelques morceaux dépassés. Vole moi mon âme, dérobe mon cœur, fais ce qui te plairas, mais ne m'oublie pas. Pourtant, j'ai moi-même si peur de ne plus me souvenir de toi. L'absence laisse des traces. J'ai peur de ne plus me souvenir de ton odeur, d'oublier ton visage, d'effacer ton image. Promets-moi que tu reviendras…

Ton absence m'a envahie un jour et a laissé des traces indélébiles pour toujours.

Ginny

Rester cloîtré chez la Tante Muriel était loin d'être une partie de plaisir. Tous les Weasley bouillonnaient intérieurement. Molly n'en pouvait plus d'être loin de sa maison, Arthur et Charlie voulaient retrouver leur travail, les jumeaux ne pouvaient pas créer de nouveaux produits de farces et attrapes sans s'attirer les foudres de la Tante Muriel, et Ginny… Ginny voulait tout simplement retourner à Poudlard.

Bien que Poudlard fût contrôlé par les Mangemorts et qu'un climat de peur et de répression y régnait, sa place était là-bas, elle se devait de diriger l'A.D. avec Neville et d'aider les autres élèves. Lucie, par exemple, elle devait l'aider. Ginny n'avait pas pu lui dire au revoir tellement son départ avait été précipité. Elle s'en voulait, la petite avait forcément besoin d'aide. Elle avait besoin de Ginny pour l'épauler. Mais se cacher imposait des règles strictes : pas de contacts avec l'extérieur, sauf pour les membres de l'Ordre, pas de lettres, pas de rencontres, pas de sorties. C'était assez compliqué. Quand Ginny était à Poudlard, elle était soumise à de nombreuses contraintes mais elle voyait tout de même ses amis, elle assistait aux cours, elle dirigeait l'A.D., elle ne s'ennuyait pas. Ici, chez Tante Muriel, l'ennui se faisait ressentir et pour tout un chacun.

Le nouveau passe-temps de Mr et Mme Weasley était d'écouter la radio. Au début, Ginny, Fred, George et Charlie l'écoutaient aussi mais ils étaient lassés d'entendre de tragiques nouvelles… Magasins détruits, maisons explosées, meurtres, sortilèges impardonnables, rumeurs, il pleuvait des morts. Ginny n'en pouvait plus d'écouter le grésillement de la radio qui lui annonçait encore et encore que quelqu'un était mort, que sa famille souffrait, que les Mangemorts s'immisçait dans toutes les affaires. Elle n'en pouvait plus d'entendre que le ministre Pius Thicknesse faisait de plus en plus de réformes pour persécuter le plus de monde possible.

Au début, Ginny pensait qu'être avec ses frères et ses parents lui permettraient d'en savoir plus sur les plans de l'Ordre, sur ce qu'ils prévoyaient pour changer les choses, mais elle n'était au courant de rien. Elle avait appris par Bill, quand ce dernier les avait brièvement rejoints chez la Tante Muriel, qu'Harry, Ron et Hermione avaient sauvés Luna et Dean du manoir des Malefoy. Elle était rassurée pour eux, sachant qu'ils étaient désormais en sécurité. Bill leur avait aussi annoncé qu'Ollivander était avec eux mais que ce dernier viendrait les rejoindre chez la Tante Muriel sitôt qu'il sera rétabli car ce dernier avait subi plus d'un an d'emprisonnement, il était de ce fait, très fragile.

Ginny était contente de cette nouvelle, ce dernier devait arriver dans quelques jours, elle verrait enfin une nouvelle tête. Elle déplorait le fait que Luna ne puisse pas la rejoindre mais ses parents avaient convenus qu'elle était plus en sécurité chez Bill et Fleur à la Chaumière aux Coquillages. De plus, la maison de Muriel commençait à être un peu chargée. Les Weasley sont une famille bien nombreuse, chacun le sait.

Par une après-midi d'avril, Ginny était assise à la terrasse et prenait son petit déjeuner. Il faisait un bien meilleur temps chez Muriel qu'à Poudlard. Peut-être parce que chez elle, il n'y avait pas l'ombre d'un Détraqueur tandis qu'à Poudlard, ils erraient par centaines.

Elle se prélassait au soleil tranquillement lorsqu'elle entendit des bruits de cris. Intriguée et inquiète, elle regagna le salon pour voir ce qui s'y passait. Mme Weasley était furax et déversait sa colère sur Fred et George qui, apparemment, avaient des choses à se reprocher.

« … osez-vous menacer notre sécurité en envoyant et en recevant des hiboux ? hurla Mme Weasley. Vous connaissez les risques, bon sang mais quel âge avez-vous !

- Mais Maman…, tenta de s'expliquer Fred.

- Non ! Vous êtes des immatures ! vociféra Molly. On vous avait dit que vous ne deviez pas avoir de contacts avec l'extérieur vous…

- Mais c'est notre service de vente par hibou, on est obligés pour… dit George.

- Je me fiche de tout ça ! cria Mme Weasley. Votre père aussi a du arrêter son travail, vous pouvez en faire autant pour l'instant !

- Mais on ne peut pas abandonner nos clients, se justifia Fred.

- Ils ont besoin de rire ! continua George.

- Nous sommes sensés être cachés, grinça des dents Molly.

- Mais Maman… »

George fut interrompu par la Tante Muriel qui descendait les escaliers avec fureur. Malgré son âge avancé, elle marchait plutôt vite.

« Que font ces saletés d'hiboux dans votre chambre ? grogna-t-elle.

- C'est notre service de vente par hibou, répéta George.

- Comment osez-vous faire votre petit commerce de gamins ? rechigna violemment Tante Muriel. Vous n'avez aucun avenir ! Vous avez intérêt à nettoyer tout ça ! »

Ginny eut une soudaine envie de ricaner. Si Fred et George n'avaient aucun avenir, alors personne n'en avait ! Ils s'étaient, tous deux, fait leur place dans le monde sorcier et ils étaient très reconnus, tout le monde les appréciait et appréciait leur travail, mais ça, Tante Muriel l'ignorait.

Une fois qu'ils se furent tous calmés, Ginny rejoignit les jumeaux.

« Ca marche du tonnerre encore votre magasin ! s'enthousiasma Ginny.

- Oui, souria Fred. Mais si on ne peut pas mener notre commerce à bien, ça ne sert à rien.

- On en a marre d'être enfermés ici, soupira George.

- Moi c'est pareil, compatit Ginny, mais nous sommes obligés.

- Ginny, tu te rends compte que ça peut durer des années ? fit souligner George. On ne pourra pas tenir le coup ! Surtout avec cette vieille pie de Muriel…

- Une bonne Praline longue langue ça devrait lui empêcher de râler, ricana Fred.

- Si j'étais vous, je n'essaierai pas, les mit en garde Ginny, Maman est déjà assez en rogne comme ça. »

Ginny les laissa et retourna à la terrasse où elle commença à lire un livre. Elle n'était là que depuis une semaine et demie, et c'était déjà le cinquième livre qu'elle lisait. Après tout, elle n'avait rien à faire d'autre. Il lui était impossible de jouer au Quidditch, le jardin de Muriel étant trop petit, et elle ne pouvait pas non plus sortir en ville. Parfois, l'envie lui prenait se désillusionner et d'aller faire un tour, sortir, se balader. Elle n'en pouvait plus, mais elle resta sage, après tout, il en allait de leur sécurité à tous. Elle ne pouvait pas mettre sa famille en danger, alors elle tâchait d'être exemplaire.

Elle n'avait envoyé aucune lettre à Poudlard. Elle avait seulement envoyé un message aux membres de l'A.D. grâce au Gallion histoire qu'ils soient au courant qu'elle ne reviendrait pas à la rentrée.

Le jour où Bill emmena Ollivander chez la Tante Muriel fut un des jours les plus excitants du mois. Bill avait très vite fait le chemin retour mais ils n'avaient tellement rien à faire que le peu de distraction qu'ils pouvaient avoir les rendaient tout heureux. Ollivander arriva, tout sourire, s'il ne marchait pas si faiblement, on n'aurait jamais cru qu'il avait passé plus d'un an entre les mains des Mangemorts. Ce dernier portait un petit paquet qu'il transmit à Muriel.

« Bonjour Madame merci de m'accueillir dans votre demeure, dit-il poliment, on m'a chargé de vous remettre ce paquet »

Cette dernière le jaugea du regard et prit le paquet qu'il lui tendait. Elle l'ouvrit. C'était la tiare qu'elle avait prêtée à Fleur pour son mariage.

« Ah enfin ! grogna-t-elle. J'ai bien cru qu'elle me l'avait volée… après tout, elle est française. »

Bien que Ginny ne fût pas complètement fan de Fleur, elle trouvait le commentaire assez déplacé. Les français étaient ce qu'ils étaient, ils n'avaient pas l'air d'être des voleurs. Du moins, les seuls français qu'elle connaissait étaient les Delacour, ils étaient bien trop classes et snobs pour voler, peut-être en était-ce autrement pour les autres familles.

Durant le dîner, Mr Ollivander leur raconta quelques anecdotes sur son séjour chez Bill et Fleur.

« Ce sont des gens formidables, très accueillants, je me sentais très bien chez eux, dit Ollivander en souriant.

-Nous avons fait du bon travail avec Bill, acquiesça Molly chaleureusement.

- Mais je dois admettre madame, continua-t-il en s'adressant à Molly, que ce repas est délicieux. Bien que Madame Fleur cuisine très bien, cela n'égale en rien votre nourriture. »

Molly rougit jusqu'aux oreilles, comme tout Weasley qui le vaut bien.

« Je vous remercie, à vrai dire, nous restons enfermés toute la journée alors j'ai le temps de bien travailler mes recettes.

- Et c'est un résultat exquis », la complimenta Mr Ollivander.

Après avoir parlé quelques instants sur les repas de Mme Weasley, Mr Ollivander expliqua que sans Harry, Ron et Hermione, il ne serait pas là aujourd'hui.

« Ils m'ont sauvé la vie, poursuivit-il, je n'y croyais plus. Je pensais finir mes jours dans ce cachot. Ils ont fait preuve de beaucoup de courage.

- Et Ron va bien ? demanda Mr Weasley.

- Ron, oui, répondit-il, il m'avait l'air d'être en forme même s'ils ont été pas mal secoués. C'est plutôt la fille, Hermione, qui a eu quelques problèmes avec Bellatrix Lestrange… heureusement elle s'en ait vite remis.

- Elle a eu des problèmes avec Bellatrix ? s'horrifia Ginny. Quels genres de problèmes ?

- Ne vous inquiétez pas, elle va bien, la rassura Ollivander.

- Et Harry comment va-t-il » ? demanda Mme Weasley.

Ginny sourit. Sa mère considérait Harry comme son fils et elle s'inquiétait presque autant qu'elle sur ce qui lui arrivait.

« Mr Potter est quelqu'un d'extrêmement courageux et c'est quelqu'un de très bon, répondit-il. Cependant, j'étais sous l'impression qu'il préparait quelque chose... Il était très discret, très discret… souvent en train de faire des messes basses avec ses deux amis et ce gobelin.

- Le gobelin ?! s'étonna Ginny.

- Oui, le gobelin qu'ils ont sauvé en même temps que moi, le jeune garçon Dean et la chère Luna. Ah Luna ! divagua-t-il Une exquise jeune fille, elle apportait la vie dans cet horrible cachot ! Je me rappelle encore de sa première baguette, 28,9 centimètres, très souple tout comme son esprit, avec un crin de licorne, une baguette excellente pour les sortilèges. Quel dommage qu'elle ne l'ait plus… Je devrais lui en fabriquer une nouvelle pour la remercier… »

Ginny était heureuse que Luna aille bien, elle qui s'était fait tant de soucis pour elle. Elle se demandait, cependant, ce qu'Harry pouvait bien manigancer avec un gobelin. Du peu qu'elle avait écouté en Histoire de la magie, elle savait que les gobelins n'étaient pas réellement des personnes de confiance. La seule chose qui les intéressait était leurs objets de valeur. Elle chassa ses inquiétudes, se disant qu'Harry savait ce qu'il faisait. Mais comment un gobelin pouvait-il l'aider à vaincre Voldemort ? Peut-être voulait-il réunir le maximum de créatures magiques à ses côtés ? Non, cela semblait fort inutile, ce n'était pas des gobelins qui empêcheraient Voldemort d'agir.

Ginny cessa de se torturer l'esprit et entreprit d'aider sa mère à ranger la cuisine.

« Tu vois maman, dit-elle, Ron va bien.

- Oui, pour l'amour du ciel, répondit Mme Weasley.

- Ils doivent savoir ce qu'ils font…relativisa Ginny.

- Je ne sais pas, j'ai entendu Bill parler à ton père, ils ne savaient pas que j'écoutais, mais apparemment, ils ne vont pas tarder à partir de chez eux, ils veulent s'en aller, ils disent qu'ils ont encore des choses à faire…

- Mais maman, tu sais qu'ils ont une mission à accomplir, répliqua Ginny. Enfin, c'est la seule chose que je sais…

- Mais cela fait déjà des mois et des mois ! continua Molly. Combien de temps cela prendra-t-il ? Pourquoi est-ce si long ?

- Je ne sais pas mais ça peut basculer à tout moment, la rassura Ginny, peut-être que demain Tu-Sais-Qui sera mort et tout redeviendra comme avant.

- On ne peut qu'espérer… »

Ginny retourna dans sa chambre. Ou plutôt dans la chambre où elle dormait. Elle tenta de s'endormir et plongea dans un sommeil sans rêves. Le lendemain matin, elle se leva et descendit dans la salle à manger. Seules sa mère et Tante Muriel y étaient. Muriel était en train de se plaindre des jumeaux qui, la nuit, s'amusaient à faire des explosions dans leur chambre et qu'elle n'avait pas pu dormir. Ginny s'assit à table et prit des céréales. Quelques minutes plus tard, les jumeaux descendirent et s'installèrent. Muriel ne les rata pas.

« Vous deux ! Petits voyous ! aboya-t-elle. C'est la dernière fois que j'entends des explosions dans votre chambre à une heure du matin ! J'ai cent sept ans moi ! Je n'ai pas l'âge de supporter vos gamineries, je dois me reposer !

- On créait de nouveaux produits pour notre magasin ! se justifia George.

- Eh bien arrêtez ! Bande d'immatures… » grogna-t-elle, mécontente.

Ginny entendit Fred proposer à George le sortilège de l'Assurdiato pour qu'elle n'entende plus rien. Sortilège que, selon eux, Harry utilisait très souvent. Ginny sourit en les entendant parler. Malheureusement pour elle, Muriel la vit.

« Molly, dit Muriel, tu devrais surveiller Ginevra, elle risque de basculer du mauvais côté à cause d'eux, tu ne voudrais pas que ta vie devienne une… guignole !

- Tante Muriel ? appela Ginny.

- Oui Ginevra ? répondit Muriel.

- S'il-te-plaît. Ferme la. »

Muriel prit un air consterné mais ne dit rien. Cependant, en sortant de la pièce, elle l'entendit marmonner des mots comme « enfants mal élevés, idiots finis, désespérants, sans avenir » mais Ginny n'en avait rien à faire. Fred et George la rejoignirent pour l'applaudir.

« Bravo, petite sœur, s'enthousiasma Fred avec un clin d'œil.

- On aurait pas pu faire mieux, approuva George.

- C'était subtil…

- Bien placé…

- Poli…

- Mais pas trop…

- Comme un digne Weasley, termina Fred.

- Ca va, ça va me retomber dessus, soupira Ginny, à tous les coups maman va me faire un sermon.

- Mais ça valait le coup », assura George.

Après le déjeuner, quelqu'un toqua à la porte. Arthur demanda par la porte :

« Qui est-ce ?

- Remus John Lupin, je suis loup-garou et mariée à Nymphadora Tonks qu'on appelle Tonks ou Dora. J'ai été professeur à Poudlard, il y a quatre ans, je fais partie de l'Ordre du Phoénix et mon Patronus est un loup. C'est toi qui m'as donné l'adresse. Ca suffit ?

- Oui, Remus entre », dit Arthur en ouvrant la porte.

Lupin entra dans la maison. Il n'avait plus cet air fatigué qu'on lui connaissait si souvent. Son visage rayonnait et il semblait avoir rajeuni de presque dix ans. Son sourire flamboyant éclipsait l'image de sa robe usée et rapiécée.

« Tonks a accouché hier ! annonça-t-il avec joie. C'est un petit garçon. »

Ginny se sentit soudainement emplie de bonheur. « Enfin un peu de joie dans ce monde » pensa-t-elle.

« Comment vous l'avez appelé ? demanda Ginny, incapable de se retenir.

- Teddy ! Comme Ted le père de Dora, c'est un hommage qu'on voulait lui rendre.

- C'est adorable comme nom Teddy, ça sonne bien Teddy Lupin, approuva Molly.

- Teddy Remus Lupin, corrigea Lupin. Dora a insisté pour qu'il porte mon prénom en deuxième prénom. Il est adorable et devinez quoi ?

- Quoi ? demandèrent-ils tous en chœur.

- Il n'a pas hérité du gène loup-garou ! s'enthousiasma Lupin fou de joie.

- Génial ! s'exclama Ginny.

- C'est vrai qu'un bébé loup-garou ça aurait été une grosse corvée, dit Arthur.

- Je ne peux que t'approuver. Et le meilleur dans tout ça, c'est qu'il a hérité des dons de Métamorphomagie de Dora ! révéla Remus.

- Sérieux ?! s'étonna Ginny. Si tôt ?

- Oui, répondit Lupin, d'après Andromeda c'était pareil pour Dora quand elle est née.

- Et Tonks va bien ? demanda Molly. Ca n'a pas été trop dur ?

- Oui elle va très bien, elle est aux anges ! sourit Lupin.

- Maman, dit George, ce n'est qu'un accouchement, comment veux-tu que ce soit dur ? »

Ginny sut alors que c'était la chose à ne pas dire à une femme qui avait accouché de sept enfants en seulement onze ans.

« On en reparlera jeune homme, s'indigna Molly, quand tu auras sorti sept enfants de ton utérus ! Et je ne te parle pas de la souffrance que vous m'avez causée vous deux ! Déjà fœtus vous vous amusiez à me tourner en bourrique ! Pendant l'accouchement, le Médicomage disait que vous faisiez la course pour sortir le premier ! Je peux vous dire que je l'ai senti tout ça ! Et vu la taille de vos têtes, j'ai souffert ! Alors on en reparlera quand tu sauras ce que ça fait.

- Ca se voit que tu t'es jamais pris un Cognard dans les… » commença Fred mais il se tut quand sa mère le regarda d'un air mauvais.

Ginny explosa de rire vu la tournure de la situation mais elle s'empressa d'aller aux côtés de Remus qui montrait une photo de Teddy.

« Regardez, dit ce dernier, il avait les cheveux rose chewing gum comme Tonks, et sur cette photo ils sont bleus ! »

Le petit faisait des sourires sur les photos tout en agitant sa toute petite main. Il était adorable.

« Je suis allée chez Bill hier, annonça Lupin à Arthur. Pour leur annoncer la nouvelle. J'ai aussi dit à Harry qu'on voulait qu'il soit son parrain.

- Harry est un excellent choix, approuva Arthur, si jamais il vous arriverait quelque chose, tu peux être sûr qu'Harry jouera très bien son rôle.

- C'est pour ça que je l'ai choisi, c'est un homme formidable et je sens qu'il s'apprête à accomplir de grandes choses. »

Un homme formidable, c'était la définition qui convenait parfaitement à Harry, pensa Ginny en souriant. Et bien sûr qu'il allait faire de grandes choses, après tout, il en avait déjà fait plein.

Arthur proposa à Remus de rester pour le dîner mais celui-ci refusa, devant rejoindre sa petite famille.

Au dîner, Tante Muriel cracha son venin encore et encore.

« Je dois avouer que je ne comprend pas pourquoi les loup-garou se reproduisent tout en sachant qu'il y a la possibilité pour que leur progéniture devienne un loup-garou. Heureusement pour lui que ça n'a pas été le cas !

- Tante Muriel, c'est un humain comme les autres… riposta Ginny.

- A part pendant la pleine lune, ce qui n'est pas très long, continua Fred.

- Tandis que toi, tu es inhumaine pendant tous les jours du mois », termina George.

Molly les fusilla du regard mais ne dit rien, ne voulant pas créer de tensions.

Après avoir dîné, Fred et George appelèrent Ginny pour qu'ils écoutent ensembles Potterveille.

« C'est vraiment dommage qu'on ne puisse plus animer l'émission, dit Fred.

- Les émissions que vous avez animées étaient pas mal, Rongeur, sourit Ginny.

- C'était Rapière pas Rongeur ! protesta Fred. Est-ce que j'ai l'air d'un rongeur ?

- Oui, ricana George.

- C'est celui qui dit qui l'est et dans notre cas c'est vrai au sens propre ! dit Fred

- Chut ça commence ! gronda Ginny.

- Bonjour, je suis Rivière, bienvenue pour une nouvelle émission ! A mes côtés, aujourd'hui, Royal et un tout nouvel invité : Barbe Bleue ! Bonjour à tous !

- 'jour, dit ledit Barbe Bleu.

- Mais c'est Hagrid, s'enthousiasma Ginny.

- On sait, dit Fred.

- Aujourd'hui la liste des morts est courte, annonça Lee, Mary Fudge l'épouse de notre ancien ministre Cornelius Fudge a été attaqué par des Mangemorts et ne s'en s'est pas sorti, Penelope Deauclaire et son frère Philippe Deauclaire. Nous présentons nos condoléances aux familles Fudge et Deauclaire et les soutenons dans leur souffrance. Nous allons faire une minute de silence. »

Ginny baissa les yeux au sol, Penelope Deauclaire avait été la petite amie de son frère Percy, autrefois. Penser à Percy la faisait souffrir étant donné qu'ils n'avaient plus vraiment de contacts.

« Merci, dit Lee. Je tenais à vous faire part aujourd'hui, d'une tentative d'enlèvement qui a, fort heureusement, échoué. En réaction aux agissements de Neville Londubat à Poudlard, les Mangemorts ont tenté de kidnapper Augusta Londubat, la grand-mère de ce dernier.

- Ils faisaient souvent ça il y a quelques mois, dit Kingsley, enlever les enfants pour faire pression sur les parents, ils se disent que l'inverse doit marcher.

- Mais ils ne l'ont pas eu, commenta Hagrid d'une voix bourrue. C'est une battante Augusta, tout comme Neville. Il fait beaucoup pour Poudlard !

- Nous vous encourageons à suivre l'exemple de Neville, poursuivit Lee, mais tâchez d'être prudent. Pour la rubrique potins, on entend que Le Chef Mangemort en personne aurait été aperçu à Poudlard aux alentours de la tombe de Dumbledore. Un élan d'affection soudain ? La nostalgie du passé ? Quoi qu'il en soit, nous ne savons rien du pourquoi et du comment de cette visite. Une chose est sûre, il ne venait pas pour le dîner.

- Dire que ce fou entre dans l'école avec tous ces enfants… grogna Hagrid.

- Nous allons y mettre fin, très bientôt, j'en suis confiant, rassura Kingsley.

- Excellent, gardons tous l'espoir et tout ira pour le mieux ! Pour finir, nous allons passer à la rubrique « Les Copains de Potter », dîtes-moi Barbe Bleue, pensez-vous que Harry Potter prépare quelque chose ?

- J'espère bien qu'il prépare quelque chose, dit Hagrid. On peut être sûrs qu'il ne nous lâchera pas, il doit avoir un plan. Et je le soutiens, je crois en lui.

- Nous croyons tous en lui ! Et vous, chers auditeurs, croyez en vous, faites vous confiance les uns les autres et tout ira pour le mieux. A bientôt. Le prochain mot de passe sera Espoir.

- Ils font tout pour nous remotiver, dit Ginny.

- Et ils y arrivent ! approuva George.

- Ca nous donne envie de nous battre ! » conclut Fred.

Ginny sourit. Oui, elle voulait se battre, se battre pour un monde meilleur. Et elle se battrait quand le moment sera venu.