Chers lecteurs et lectrices,
Vous vous êtes inquiétés pour la Marque de Severus (à votre place j'aurais fait pareil^^), mais je ne peux rien dire. Tout ce dévoilera au moment opportun... L'histoire n'est pas classée en "tragedy" comme je l'ai dit à Eileen, et je crois que c'est un bon indice.
Je voudrais dire merci à tous ceux et toutes celles qui suivent cette histoire ça me fait très plaisir. :D Et merci à celles et ceux qui prennent le temps de donner leur avis.
Je l'annonce à l'avance, le 100ème lecteur ou la 100ème lectrice qui laissera une review aura une petite surprise. Bon, si la personne n'est pas identifiée ou si elle ne laisse pas son adresse, je prendrai la personne suivante. Pour laisser une adresse dans les reviews, il ne faut pas écrire le "" et/ou le point, sinon l'adresse n'apparaît pas. Voilà, c'est dit !
amber1994: Je ne peux pas te dire le nombre de chapitres, puisque j'écris au fur et à mesure mon histoire. En gros je peux dire entre 20 et 30, peut-être plus, je ne sais pas trop... merci pour les idées de couples.
BEA: Lucius est un espion, mais il a beaucoup moins d'importance que Severus. Il donne des informations quand il en trouve.
Je redis encore une fois que rien ne m'appartient, tout est à une dame blonde qui a eu une formidable idée.
Bonne lecture!
Chapitre 11 : Dispute
Severus Rogue faisait les cent pas dans son bureau. Comment avait-il pu ne pas reconnaître cette potion ? C'était insensé, il avait fabriqué la potion commandée par le Seigneur de Ténèbres plus de vingt auparavant. Un jour, le mage noir lui avait fourni des ingrédients et la liste des opérations à effectuer, mais il ne connaissait pas le titre de la potion. Comme d'habitude il n'avait pas jugé utile de lui préciser à quoi servait le breuvage. Le maître des cachots se massait les tempes pour se calmer. Il passait et repassait dans sa tête des ingrédients pour fabriquer l'antidote. Il le faisait même s'il savait que c'était totalement inutile. Le grimoire indiquait que la potion nommée Horcruxem Protego n'avait pas d'antidote. Elle servait à protéger un Horcruxe et provoquait des hallucinations et des douleurs mortelles à la personne qui la buvait.
Hermione Granger était assise contre son lit. Elle ne travaillait pas, elle réfléchissait. Si seulement Dumbledore était là pour les aider ! Il saurait quoi faire pour détruire le médaillon, pour sauver Rogue. Et tous ces Horcruxes, où allaient-ils les trouver ? Il lui avait donné un livre de contes, mais elle n'avait pas vu le rapport avec la chasse aux Horcruxes. Elle ne savait pas si Harry cherchait à savoir quels étaient les autres Horcruxes. Elle repensa au moment passé dans les cachots la veille. Elle avait vu Rogue sans son masque, il était tellement plus humain. Elle avait aimé cette conversation, elle avait aimé prendre le thé avec lui. Pour une fois, elle avait eu l'impression de ne pas être qu'une horripilante « Je-Sais-Tout ». Maintenant qu'elle avait découvert l'homme qu'il pouvait être quand il abandonnait son masque, elle ressentait de la peine. Il pouvait mourir d'un moment à l'autre et elle n'aurait peut-être jamais la chance de connaître le véritable Severus Rogue. Elle ne savait pas vraiment comment expliquer cette soudaine empathie, elle se disait que cela venait sans doute de son tempérament de Gryffondor.
Drago Malfoy se mortifiait dans son appartement qui touchait celui d'Hermione. Il savait qu'il avait fait le bon choix en étant aux côtés de l'Ordre. Il avait assez vu les ravages de ce mégalomane à tête de serpent. Il torturait ses fidèles serviteurs pour son plaisir personnel, il tuait pour s'amuser. Il ne voulait pas faire comme son père. Il espérait que Dumbledore ferait tout pour l'aider et qu'il ne serait pas marqué. Son père le soutenait dans le choix, Severus l'aiderait sans doute. Mais il était dans les mauvaises grâces de son parrain depuis qu'il avait lancé ce maudit Sectumsempra à Granger.
Severus Rogue corrigeait des copies pour oublier la visite des Lions. Encore Granger, ça passait, mais le rouquin et Potter étaient carrément insupportables. Il soupira, il ne lui restait plus que vingt minutes avant leur arrivée. Il annotait les copies de commentaires désobligeants et sarcastiques, il déversait toute son appréhension dans ses corrections. Les T et les D volaient, peu de copies trouvaient grâce aux yeux de l'impitoyable maître des Cachots. « Un verracrasse aurait fait mieux » fut le dernier commentaire qu'il barra sur une copie de Poufsouffle. Le Trio d'or frappait déjà à la porte, ils étaient ponctuels, se dit Severus.
Il ne leur proposa pas de s'asseoir, tandis qu'il s'installait confortablement derrière son bureau avec un sourire perfide.
- J'ai trouvé le nom de la potion. Il s'agit d'Horcruxem Protego. Celui qui la boit est plongé dans un profond coma et il ne se réveille que si celui qui a créé les Horcruxes est détruit. Nous ne disposons que d'un an, passé ce délai pour tuer le Seigneur des Ténèbres et les Horcruxes, sinon il mourra.
- Qui a pu fabriquer une potion pareille ? demanda faiblement Harry
- Moi. Le Seigneur des Ténèbres m'avait donné les instructions sans me donner le nom de la potion ni l'utilité, dit-il dans un murmure.
Voyant que le Trio allait répliquer, il poursuivit.
- Bien, j'ai enfin appris ce que faisait le Directeur avec Monsieur Malfoy, dit-il en prenant son temps. Comme son père, il espionne pour le compte de l'Ordre.
Un long silence suivit cette déclaration. Les joues de Ron et d'Harry s'empourprèrent. La respiration du Survivant devint irrégulière, ses poings étaient serrés.
- Rogue ! rugit-il, vous vous fichez de nous ?
- Vous croyez que vous pouvez nous mener en bateau parce que Dumbledore n'est pas là ? continua Ron.
Hermione regardait la scène avec ébahissement, Rogue ne mentait pas son instinct le lui disait.
- Potter ! Weasley ! Tout ne vous est pas permis ! siffla Rogue.
- Vous n'êtes qu'un menteur ! Malfoy ne sera jamais de notre côté et encore moins son père ! hurla Harry en pointant sa baguette sur Rogue.
Ron s'était aussi redressé et affichait un air méprisant, il leva aussi sa baguette sur Rogue
- Espèce de sale bâtard graisseux ! marmonna-t-il.
Hermione était interdite, les yeux du professeur lançaient des éclairs, ils brillaient de rage. Il sortit enfin sa baguette, tandis qu'Harry s'apprêtait à lancer un sort.
- Expelliarmus ! cria la lionne.
Les trois baguettes arrivèrent dans ses mains, elle était furieuse.
- Vous avez perdu la tête ? Agresser un professeur !
- Mais Mione, dit Ron d'une petite voix, c'est la vieille chauve-souris !
- Ronald Weasley, tais-toi ! cracha la rouge et or
- Mais il se joue de nous, plaida Harry, c'est un Mangemort, on ne peut pas lui faire confiance !
- Harry James Potter ! Tu devrais avoir honte de parler comme ça !
Rogue voyait ce petit bout de femme qui hurlait sur ses meilleurs amis, comme si elle était leur mère. Elle le défendait.
La jeune fille lança un Assurdiatio excluant Severus de la bulle de silence.
- C'est un professeur, vous vous rendez compte de ce que vous venez de faire ?
- Calme-toi Mione ! dit Harry.
- Tu veux que je me calme ? Alors que vous agissez comme des enfants !
- Mione, écoute-nous, supplia Harry.
- Non c'est vous qui allez m'écouter. Tous les alliés sont les bienvenus, Malfoy a beaucoup changé ces derniers temps, il m'a présenté des excuses et ne me traite plus de « Sang-de-Bourbe ». Il traîne moins avec ses gorilles. Quant au professeur Rogue, il n'a pas fait exprès de fabriquer cette potion, ce n'est pas de sa faute.
Alors qu'elle semblait plus calme, elle reprit plus fort :
- Vous n'êtes que des ingrats, il nous a sauvé la vie pendant des années, il a fait preuve d'une extrême loyauté et vous le remerciez comme ça ?
- Tu ne peux pas arrêter de toujours défendre les Professeurs, tu fais ça pour avoir des points, pour être bien vue ! De toute façon on va se débarrasser de la chauve-souris graisseuse un jour où l'autre! Voldy s'en chargera, mort ou vivant! exulta le rouquin.
Severus Rogue voyait Hermione s'agiter, ses cheveux étaient devenus encore plus indisciplinés. Potter regardait ses souliers tandis que Weasley lui tenait encore tête. Elle était effrayante, elle était aussi délicieusement belle pensa Severus. Les traits d'Hermione étaient crispés, sa magie se libéra, décuplée par la colère et le chagrin. La bulle de silence se fissura et explosa.
- Pourquoi ne peux-tu pas être comme tout le monde ? Sortir avec des garçons, t'amuser, au lieu d'être enfermée dans cette satanée bibliothèque ? poursuivit Ron, Si tu étais normale, tu verrais que tout le monde s'attend à ce qu'on sorte ensemble ? Mais non c'est trop futile pour la grande et égoïste Hermione Granger, imbuvable Miss-Je-Sais-Tout !
De toutes ses forces, elle mit une gifle au rouquin.
- Sombre imbécile ! Je ne sortirai jamais avec toi, tu es vraiment trop bête ! Et pour ta gouverne je ne suis pas égoïste, j'ai des parents et j'ai peur de les perdre chaque jour !
Elle précipita vers la sortie, les yeux remplis de larmes et elle balança la lourde porte des cachots à la manière de Rogue.
- Partez ! siffla-t-il et ne cherchez pas à la rattraper.
Les deux garçons s'en allèrent, penauds. Ils retournèrent à leur Salle Commune sans un mot. Ron maugréait, il ne comprenait pas la réaction d'Hermione. Il venait de se faire éconduire d'une horrible manière et devant la chauve-souris graisseuse.
Hermione était partie se réfugier en haut de la tour d'astronomie. Elle pleurait à chaudes larmes, pestant contre ses meilleurs amis. Ron avait été détestable et Harry avait agi sans réfléchir comme d'habitude. Elle n'en voulait pas vraiment à Harry.
Severus était parti à la recherche de la Gryffondor. Il avait fait le tour du lac, il était entré dans plusieurs pièces du château sans la trouver. Il monta dans la Tour d'astronomie pour vérifier. Elle était recroquevillée, ses bras entouraient ses genoux. Il entendait de gros sanglots.
- Belle imitation de moi, murmura-t-il.
Il se tenait sur la dernière marche de l'escalier en colimaçon, la main droite posée sur le mur en pierre. Il lui faisait un léger sourire. Elle le regarda avec une profonde incompréhension.
- Pour claquer la porte des cahots, souffla l'homme en noir.
Il s'approcha d'elle et lui tendit un mouchoir blanc, elle le prit en reniflant.
- Allons, ne restez pas là Miss.
- Je ne sais pas où aller, je ne veux pas voir Ronald.
- Mes appartements ?
Elle hocha la tête et se releva misérablement. Elle le suivit jusque dans les cachots. Machinalement elle s'assit sur le canapé comme la veille. Il commanda un thé et lui servit une tasse. Nerveusement elle tortillait sa robe de sorcière et évitait le regard de Rogue. Comme Hermione ne semblait pas se calmer, il alla chercher un petit flacon dans son bureau. Il revint vite et lui donna. C'était de la Potion calmante, il n'avait rien trouvé de mieux pour faire cesser ce flot de larmes. Il ne savait pas trouver des mots réconfortants, il avait encore moins l'habitude de consoler des adolescentes larmoyantes. Il réalisait qu'il ne savait être que sarcastique. En dehors des moqueries, il était strictement incapable de prononcer une phrase pour calmer la jeune étudiante. Même Minerva qui avait toujours un air pincé savait comment faire devant de gros chagrins. Il n'était pas vraiment blasé, non, il était touché devant ce spectacle. La Gryffondor, n'avait jamais été pleurnicharde comme certaines fille de Poufsouffle, elle avait été formidablement courageuse face aux épreuves. Même après avoir affronté un troll des montagnes à onze ans, elle n'avait pas pleuré. Il avait conscience qu'il devait faire ou dire quelque chose, mais rien ne sortait. Rien ne devait sortir. Le masque devait rester en place, personne ne devait le connaître. Il avait tué tous ceux qu'il aimait. Il avait tué celle qu'il aimait. Il avait tué Lily.
- Merci, murmura-t-elle. Elle s'était enfin calmée.
Hermione goûta un biscuit et avala une gorgée de thé.
- Je suis désolé pour votre rupture, mais ce Weasley est encore plus stupide qu'il en a l'air.
Severus fut étonné d'avoir prononcé des excuses, mais il n'essaya pas de reprendre son masque de froideur. C'était sans doute la première fois qu'il trouvait des mots de réconfort. Il pouvait bien laisser son masque de côté, rien que pour quelques heures.
- Il n'y avait rien à rompre puisqu'il n'y avait rien, siffla la brune. Il a osé dire que j'étais une "imbuvable Miss-Je-Sais-Tout" ! s'énerva-t-elle.
- C'est parce que vous m'avez défendu ?
- Sans doute, répondit-elle avec négligence, vous n'avez qu'à regarder.
- Dans votre esprit ? demanda Rogue qui n'était pas sûr de comprendre le sens de sa dernière réponse
Elle acquiesça. Il la regarda dans les yeux et lança le sort. Il vit d'abord différents souvenirs. Il vit le moment où Hermione écrivait à ses parents d'être prudents, il vit aussi la conversation à la bibliothèque, mais elle le bloqua avant qu'il ne voie le contenu de la découverte d'Harry. Elle arriva enfin à se concentrer pour lui montrer ce qu'il désirait voir. Elle avait la désagréable sensation qu'on fouillait dans sa tête.
Quand il rompit le sort, elle avait mal à la tête à cause de cette intrusion dans son esprit. Severus se massait les tempes, il gardait la tête baissée. Merlin, il n'avait jamais vu un tel plaidoyer en sa faveur. Lily l'avait souvent défendu, mais pas avec cette ardeur.
Il réfléchissait, il ne comprenait pas certains éléments. Elle avait cherché à lui cacher un souvenir dans la bibliothèque et cet affreux rouquin avait parlé de sa mort.
- Qu'entendait Weasley quand il a dit que le Seigneur des Ténèbres s'en chargerait vivant ou mort ? demanda-t-il sèchement.
La lionne devint rouge comme sa cravate et resta muette.
- Cela a t-t-il une relation avec la découverte de Potter à la bibliothèque ?
Un sanglot bruyant s'échappa de la gorge d'Hermione, les larmes recommencèrent à couler. Elle se leva pour partir. Severus maudissait son manque de tact. En agissant ainsi, il n'apprendrait rien. En moins d'une heure il avait réussi à faire pleurer deux fois une élève. C'était un record personnel !
- C'est que … que… je ne peux rien dire, marmonnait la brune, c'est trop dur.
Les sanglots reprirent plus fort que lors de la dernière crise. Severus s'approcha d'elle. Il lui tapota maladroitement le dos. Elle se rapprocha un peu et posa sa tête sur son épaule. Severus se figea à ce contact, mais il ne la repoussa pas. Elle enroula ses bras autour de son dos, comme elle l'aurait fait avec ses amis s'ils n'avaient pas été aussi désagréables. Il l'imita, faisant disparaître la distance entre eux. Ils ne bougeaient pas pour ne pas rompre cet équilibre fragile. Hermione sentait la chaleur apaisante des bras puissants qui la serraient. Elle retrouvait l'odeur épicée de la cape de l'homme en noir. Il respirait le parfum délicat qui s'échappait des cheveux d'Hermione, une odeur de fraises et de vanille. Instinctivement, il commença à dessiner des cercles imaginaires dans son dos. Après un long moment, les sanglots diminuèrent, des larmes plus rares perlaient encore. Elle le lâcha d'une main pour se moucher et il crut qu'elle avait repris ses esprits, compris qu'elle était dans les bras de la terreur des cachots. Alors il enleva ses mains de son dos. Hermione grogna comme une lionne insatisfaite. Sans attendre un rugissement supplémentaire, il la reprit contre lui.
Elle était petite, sa tête n'arrivait qu'à la hauteur de l'épaule de Severus. Elle était frêle, avait un seul bras il entourait son dos. Il caressa lentement la masse de cheveux d'Hermione. Ils étaient doux comme de la soie. Perdu dans sa rêverie, il ne remarqua pas qu'elle ne pleurait plus. Il entendit sa respiration, elle était régulière. Elle s'était endormie.
Il eut un sourire en pensant qu'il allait encore devoir la raccompagner jusqu'à sa chambre. Il la souleva pour la porter. Elle se réveilla brusquement et ouvrit un œil.
- Rendormez-vous, Miss, souffla-t-il.
Il n'eut pas besoin de lui répéter, il dormait déjà. Il emprunta le réseau de Cheminette et arriva dans sa chambre. Comme la veilla il métamorphosa ses vêtements en pyjama et il sa glissa dans le lit à baldaquin. Il alla chercher sur le bureau d'Hermione de quoi écrire.
Miss Granger,
Mes appartements doivent avoir des propriétés soporifiques, j'ai pris la liberté de vous raccompagner dans votre chambre. Je vous laisse de la Potion de Sommeil sans Rêves si vous vous réveillez.
Severus Rogue.
Il posa la fiole sur le parchemin. Il borda la jeune fille et déposa, sans trop savoir pourquoi, un léger baiser sur le front de la rouge et or.
" Bonne nuit Hermione", murmura-t-il.
Arrivé dans ses appartements il travailla un peu sans arriver à se concentrer. Il se coucha en repensant à ce moment extraordinaire. Ce soir quelqu'un lui avait fait confiance, la première personne depuis Lily. Dumbledore lui faisait confiance, mais c'était différent, c'était toujours intéressé. Là c'était de la confiance gratuite. Il ne croyait plus que c'était possible. Mais il se sentait misérable, il ne se sentait pas digne de cette confiance. Pourtant il s'endormit avec l'image récurrente des bras d'Hermione autour de son dos et l'odeur enivrante de ses cheveux. La Je-Sais-Tout s'effaçait pour laisser place à Hermione.
A suivre…
