Cet avertissement perturba Arizona autant qu'il accentua son sentiment d'insécurité. Nul doute que la personne qui le lui avait envoyé cherchait à la déstabiliser, peut-être même à l'éloigner de Callie mais il était vrai qu'elle ne connaissait rien de la femme en qui elle avait porté toute sa confiance, pas même son prénom. Cette photo n'était visiblement pas le résultat d'un montage alors que faisait-elle près de la tombe de son frère ?

Sofia : C'est la méchante dame !, s'exclama Sofia en pointant du doigt le cliché.

Arizona : La méchante dame ?, l'interrogea sa mère en refermant la porte derrière elles.

Sofia : Oui, elle est venue à la maison quand t'étais en prison.

Arizona : Elle n'est pas méchante, elle faisait simplement son travail.

Arizona rangea la photo dans un coin. Sa fille restait sa priorité. Elle s'évertua à agir naturellement avec elle et répondit à ses nombreuses questions. Sofia craignait de nouveau de lui être arrachée. Cette angoisse de la séparation ne la quittait plus et se traduisait par un besoin continuel de rester en contact physique avec sa mère. Arizona ne chercha pas à freiner cette abondance de marques d'affection mais les lui rendit. Finalement, cette épreuve furtive n'avait fait que renforcer le lien qui s'était créé entre elles depuis la naissance de la petite fille. Au moment du coucher, Sofia sélectionna un livre et s'installa avec sa mère qui l'attendait sur son lit. Une fois qu'elle fut emportée par le sommeil, Arizona cessa sa lecture et réfléchit à la manière dont elle allait lui annoncer les décès d'Alex et Izzie. Elle aurait aimé lui épargner une nouvelle souffrance mais l'absence prolongée d'Alex finirait par l'alerter. Elle caressa ses cheveux et déposa un baiser sur sa joue. Elle se détacha doucement d'elle et remonta les draps sur elle. Elle éteignit la lumière et quitta la pièce en laissant la porte entrouverte.

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Callie confia quelques tâches à ses collègues puis retrouva son domicile situé dans le secteur de Lake View. Chaque soir, son rituel était le même. Après une douche relaxante, elle se préparait un encas en guise de dîner quand elle n'était pas tentée de se faire livrer un repas. Sa vie de célibataire lui avait toujours convenu, c'était un mode de vie auquel elle n'avait encore jamais renoncé pour quiconque. Les relations à long terme n'avaient jamais eu sa préférence. Son métier était son seul amour et rares avaient été les personnes qui étaient parvenues à comprendre les exigences qu'impliquait cette fonction. L'idée de passer au second plan avait fait fuir bon nombre d'entre elles et Callie n'avait pas cherché à les retenir. Elle privilégiait désormais les relations sans lendemain mais sa rencontre avec Arizona lui faisait revoir ses positions. Un jour avait suffi pour qu'elle s'habitue à sa présence et maintenant sa vie lui paraissait bien terne. Des scènes de vie quotidienne en sa compagnie traversèrent son esprit et lui laissèrent une agréable sensation. Elle avait toujours fustigé ces films à l'eau de rose où les protagonistes s'amourachaient dès le premier regard et pourtant elle était en train de découvrir que cette attirance foudroyante était possible. Devenait-elle soudainement trop mielleuse ou était-elle plus sensible au charme de cette femme du fait de leur lien ? Aucune de ces suppositions ne correspondaient à la réalité. Elle s'autorisait simplement pour la première fois à aimer et cette nouvelle aventure l'excitait autant qu'elle l'angoissait. Elle déposa les restes de son sandwich dans son assiette et céda à ses pulsions.

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Assise sur son canapé, Arizona serrait un oreiller contre elle. La télévision ne dissipait ni sa tristesse, ni son angoisse et comblait encore moins le manque qu'elle ressentait depuis qu'elle et Callie s'étaient quittées au cimetière. Elle finit par éteindre l'appareil et vérifia que la porte était bien fermée à clé. Elle glissa la photo dans son sac et ouvrit ensuite la fenêtre pour s'y accouder. Son regard se promena le long des buildings illuminés qui dominaient le lac puis balaya la rue où se situait son immeuble. C'est alors qu'elle remarqua que ce n'était plus deux officiers qui assuraient sa surveillance mais Callie. Malgré la mise en garde qu'elle avait reçue, cette présence la rassurait et si elle n'avait pas eu ces maigres soupçons, elle l'aurait invitée à monter. Arizona se rendit à l'étage et passa vérifier le sommeil de sa fille avant de rejoindre sa chambre. Sa douche prise, elle attrapa son ordinateur portable et s'installa dans son lit afin d'effectuer quelques recherches. Elle entra le nom de son désormais ennemi dans un moteur de recherches et lut les pages qui rapportaient les quelques faits le concernant mais bien vite, elle orienta sa recherche sur une toute autre personne : Détective Torres. Son prénom ne fut alors plus un mystère et se révélait à ses yeux aussi sexy que celle qui le portait. Elle lut avec intérêt les récits de ses arrestations les plus médiatisées. Aucun élément de sa carrière ne permettait de remettre en cause l'honnêteté de Callie envers elle. Pourtant, le doute persistait. Au-delà de toute cette affaire, il y avait ces sentiments naissants à apprivoiser et elle ne pouvait se permettre de se tromper encore une fois. Cette rencontre lui donnait envie d'offrir une nouvelle chance à l'amour mais devait-elle se lancer ?

Une petite voix sollicita soudainement son attention.

Sofia : Maman ? Je peux dormir avec toi ?, ajouta Sofia lorsque sa mère releva la tête vers elle.

Arizona lui sourit tendrement et mit fin à ses recherches.

Arizona : Oui, viens, l'autorisa-t-elle en posant son ordinateur au sol.

Soulagée par cette réponse, la petite fille grimpa sur le lit avec son ours en peluche et se glissa sous les draps. Elle avait besoin de sentir sa mère près d'elle. La peur s'était emparée d'elle lorsqu'elle s'était réveillée seule dans son lit. Sa mère avait-elle été de nouveau éloignée d'elle ?

Arizona : Mais c'est exceptionnel, la prévint sa mère en l'enlaçant lorsqu'elle se blottit contre elle.

Sofia hocha la tête mais ses yeux s'étaient déjà refermés. Arizona embrassa le sommet de sa tête et câlina ses cheveux. Oui, cette fois-ci, elle ne laisserait personne blesser de nouveau sa fille, quitte à devoir renoncer à une relation qu'elle espérait.

La nuit ne fut bénéfique ni à Arizona qui connut un sommeil agité, ni à Callie qui ne quitta son poste de surveillance sous aucun prétexte et refusa d'être relevée. Elle consulta sa montre lorsque les premiers rayons du soleil baignèrent la ville. Le besoin de caféine commençait à se manifester. Sofia n'avait école que dans deux heures, Arizona n'avait aucune raison d'apparaître avant. Elle s'absenta le temps de s'acheter un café puis retourna dans son véhicule. Lorsqu'Arizona sortit de son immeuble avec sa fille, elle jeta un regard en direction de Callie et se força à lui sourire légèrement. Toute la nuit, elle avait tenté de trouver une explication à la présence de Callie près de la tombe de son frère mais aucune raison ne lui était parue suffisante. Après avoir déposé sa fille à l'école, elle entra dans un magasin qui lui vaudrait sans aucun doute des remontrances de la part de la Détective.

Callie : Bon sang, mais qu'est-ce qu'elle fait !

Enervée, Callie descendit de son véhicule et traversa la rue afin de rattraper Arizona lorsque celle-ci quitta un magasin dédié à la vente d'armes.

Callie : Je peux voir votre sac ?, la somma la Détective d'un ton péremptoire en saisissant l'objet.

Arizona : Mais vous n'avez pas le droit !, protesta-t-elle en finissant par lâcher prise.

Callie : Qu'est-ce que vous comptez faire avec cela ?, la questionna Callie en sortant l'arme que la jeune femme venait de se procurer.

Arizona : Rien, je cherche simplement à me protéger et je vous rappelle que c'est un droit qui m'est garanti par la Constitution.

Callie : Soyez raisonnable, je suis persuadée que vous ne savez même pas vous en servir ! Vous avez pensé à votre fille ? Vous croyez que c'est une bonne idée de garder une arme chez vous ? On est là pour veiller à votre protection Arizona.

Arizona : Qui me dit que je dois avoir confiance en vous ?

Callie : Il me semble que je vous ai suffisamment prouvé que j'étais de votre côté depuis deux jours.

Arizona : Expliquez-moi alors ce que vous faisiez près de la tombe de mon frère !

Callie : Quoi ?

Arizona présenta à Callie le cliché à l'origine de sa tourmente. La jeune Détective lut le mot qui remettait en cause son intégrité.

Callie : Où avez-vous eu ça ?

Arizona : On l'a glissée sous ma porte. Je l'ai trouvée hier soir en rentrant chez moi.

Un seul nom vint à l'esprit de Callie. Décidément, Shake ne manquait pas d'habileté. Il semblait se fier au vieil adage diviser pour mieux régner et en tout état de cause, il avait eu raison. La défiance d'Arizona à son égard lui était insupportable.

Callie : J'ai simplement recherché des informations sur vous et j'ai appris pour votre frère. Je n'ai fait que mener mon enquête. Ecoutez Arizona, laissez-moi veiller sur vous. Je peux même vous apprendre à vous défendre si vous le souhaitez mais ne jouez pas en solo sur cette affaire, vous ne savez pas à qui vous avez à faire.

Arizona : Je le sais parfaitement. Finn Dandridge, plus connu sous le nom de Shake. Il est à la tête d'un des plus grands réseaux de drogue de la ville et est soupçonné de malversations diverses. S'il n'est pas encore derrière les barreaux, c'est parce qu'aucune preuve n'a encore pu être apportée contre lui et que je persiste à dire qu'un grand nombre de flics de cette ville reste corrompus.

Callie : Vous êtes vraiment têtue !, s'exclama Callie avec amusement. Comment êtes-vous au courant de tout cela ?

Arizona : Mon frère m'en avait touché quelques mots. Il menait une enquête sur lui et était persuadé de pouvoir le faire tomber.

Callie : Vous savez comment ?

Arizona : Non, tout ce que je sais c'est qu'il avait réuni suffisamment de preuves et que c'est ce qui lui a coûté la vie.

Callie : Vous savez où elles sont ?

Arizona : Non...

Callie : Arizona, je vous promets que je suis de votre côté, vous devez me faire confiance, l'implora-t-elle en posant une main sur son bras. Je ne laisserai personne vous faire du mal. Ni à vous, ni à votre fille.

Arizona prit le temps d'étudier ses options. Elle était déterminée à reprendre l'enquête de son frère et de part son métier, Callie se révélait être un atout majeur. Elle avait accès à des informations et des moyens qu'elle ne pourrait espérer en volant en solo. Cependant, elle ne pouvait totalement se fier à elle pour le moment. Si elle acceptait cette protection, elle serait amenée à lui cacher une partie de ses activités. Elle était tiraillée entre ses sentiments et la promesse faite à la mémoire de son frère. Si elle échouait par manque de vigilance ou parce qu'elle s'était laissé distraire par une relation qui n'avait peut-être pas d'avenir, elle ne se le pardonnerait jamais.

Arizona : C'est d'accord mais dans ce cas, vous me permettez de vous aider. L'investigation, ça me connait et puis avouez que vous m'aimez bien.

Ce dernier argument fit sourire Callie. Elle l'aimait plus que bien.

Callie : Est-ce que je dois vous rappeler que vous restez soupçonnée du meurtre d'Izzie Stevens ?

Arizona : Ca resterait entre nous. J'ai décidé de terminer le reportage de mon frère. J'irai jusqu'au bout avec ou sans vous mais comme vous l'avez dit, mieux vaut que vous soyez à mes côtés.

Callie : Vous vous rendez-compte que je risque ma carrière si mes supérieurs le découvrent ?

Arizona : Vous n'êtes plus à une entrave près... Vous étiez bien censée trouver des preuves contre moi, non ?

Le risque était considérable, Callie en avait bien conscience mais pour la première fois, sa carrière n'était plus au centre de ses préoccupations. La collaboration qu'elle convoitait tant lui était enfin acquise et lui offrait la possibilité de se rapprocher de celle qui était parvenue à s'imposer dans son cœur. Son choix était évident. Son désir de vengeance était intact. Peu importe les répercussions, elle était prête à prendre tous les risques pour l'assouvir, y compris celui de perdre son travail, sans compter qu'il était hors de questions de laisser Arizona se mettre en danger seule.

Callie : Très bien j'accepte mais vous ne tentez rien sans mon approbation.

Arizona accueillit cette réponse d'un sourire et récupéra son arme.

Callie : Je vous la rends mais je vous préviens, je ne veux pas que vous vous en serviez avant que je ne vous ai appris à vous en servir.

Arizona : D'accord, lui promit-elle en la rangeant dans son sac. J'aurais besoin que vous me laissiez entrer dans l'appartement d'Alex. C'est lui qui s'est occupé des affaires de mon frère après sa mort.

Callie : C'est pour ça que j'ai retrouvé son portefeuille sur les lieux lors de la perquisition.

Arizona : Je n'avais pas le courage de le faire et il m'a proposé de s'en charger. J'aimerais récupérer l'agenda de mon frère, je pense qu'il pourrait nous être utile.

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Callie brisa les scellés et ouvrit la porte. Arizona avança avec appréhension dans l'appartement dévasté. Lorsqu'elle entra dans le salon, son regard s'orienta naturellement sur la silhouette tracée au sol.

Callie : Ca va aller ?, lui demanda Callie en caressant son dos.

Arizona : Oui... C'est juste que je n'aie toujours pas dit à Sofia pour Alex et Izzie et je ne sais absolument pas comment m'y prendre. Elle a déjà perdu son oncle il y a si peu de temps...

Callie : Elle les connaissait bien ?

Arizona : Oui, surtout Alex. C'était son parrain et son dernier repère masculin après Timothy. Je ne sais pas comment je vais pouvoir l'élever sans eux.

Callie : Arizona, je ne vous connais que très peu mais ce que j'ai vu de vous me fait dire que vous êtes une excellente mère et je suis certaine que vous allez très bien vous en sortir, lui affirma-t-elle d'un tendre sourire.

Arizona : Merci...

Arizona se rendit dans la chambre et chercha du regard les affaires appartenant à son frère. Le tiroir contenant ses effets personnels était à terre. Arizona le ramassa et inspecta ce qu'il restait de son contenu. Un boitier bénéficia particulièrement de toute son attention. Elle l'ouvrit et découvrit un splendide solitaire en diamant. Les deux femmes échangèrent un regard déconcerté.

Callie : Vous saviez que votre frère s'apprêtait à faire une demande ?

Arizona : Non... mais je savais qu'il était très amoureux, lui confia-t-elle d'un sourire ému. Je ne connaissais que le prénom de sa petite amie.

Arizona referma tristement l'écrin qui symbolisait l'avenir que n'aurait jamais son frère. Elle se promit de retrouver la femme qu'il aimait et de lui remettre cette bague qui lui était destinée.

Arizona : Je peux le garder ?

Callie : Bien sûr.

Le portable de la Détective se mit à sonner et lui permit de dissimuler l'émotion qu'avait provoquée cette énième découverte. Jamais elle n'avait pensé que cet amour dont elle avait connaissance également était aussi fort. Elle s'excusa auprès d'Arizona et s'éclipsa dans le séjour pour prendre l'appel. Arizona se remit de ses émotions et profita de l'absence de Callie pour poursuivre ses recherches. Elle fouilla discrètement le bureau et trouva dans un des tiroirs restant le trousseau de clés qui était la véritable raison de sa venue. Elle le glissa dans la poche de sa veste et se mit à la recherche de documents précis. Lorsqu'elle eut enfin trouvé la feuille qui l'intéressait, elle la plia et la glissa dans son sac juste avant que Callie ne refasse son apparition.

Callie : Je vais devoir retourner au poste. Vous avez trouvé l'agenda ?

Arizona : Non...

Callie : Peut-être qu'Alex s'en est débarrassé.

Arizona hocha la tête. Premier mensonge. Elle savait parfaitement où le trouver. Maintenant qu'elle disposait de tout ce dont elle avait besoin, il ne lui restait plus qu'à échapper à la surveillance de Callie. Elles quittèrent l'appartement et montèrent dans l'ascenseur.

Callie : Alex Karev et Izzie Stevens étaient bien amants, n'est-ce pas ?

Arizona lui lança un regard intrigué.

Arizona : Amants ? Vous voulez dire alors qu'elle était en couple avec Archer ?

Callie : On a retrouvé une photo d'elle et lui dans le portefeuille d'Alex.

Arizona : Alex et Izzie n'étaient pas amants, du moins pas à ma connaissance. Avant de rencontrer Archer, Izzie est sortie avec Alex durant six ans et il ne s'est jamais vraiment remis de leur séparation.

Callie : Pourquoi se sont-ils séparés ?

Arizona : Quand Meredith a commencé à sortir avec Derek, il y a quatre ans, Izzie a fait la connaissance d'Archer. Petit à petit, ils se sont rapprochés. Il faut dire qu'Archer la couvrait de cadeaux. C'est comme ça que les Montgomery fonctionnent, ils croient que tout s'achète.

Callie : Vous pensez à votre ex en disant ça ?

Arizona soupira, s'en voulant d'avoir parlé ainsi de son ancienne conquête.

Arizona : Non, Addison n'était pas comme ça. Je ne lui pardonne simplement pas d'avoir fait souffrir Sofia. Pour en revenir à Izzie, elle, ça lui plaisait tout ce luxe et elle s'est laissée avoir. Elle a quitté Alex et a fini par sortir avec Archer.

Callie : Alex devait lui en vouloir, non ?

Arizona : Non, c'était un brave type. Il a essayé de la retenir bien entendu mais il s'est contenté de la mettre en garde contre ce genre de types, tout comme moi. Archer est un homme sûr de lui qui croit pouvoir obtenir tout ce qu'il veut jusque parce qu'il est riche et selon lui, beau.

Callie : Vous pensez qu'Archer aimait réellement Izzie ?

Arizona : En tous cas, elle, elle l'aimait.

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent. Une fois dans la rue, les deux femmes patientèrent jusqu'à l'arrivée de deux collègues de Callie.

Callie : Voici les deux officiers qui vont veiller sur vous. Ils ont pour consigne de ne pas vous quitter des yeux dès que vous quittez un établissement. N'oubliez pas, pas d'initiatives personnelles.

Arizona : Je serai sage comme une image, lui assura la jeune femme d'un sourire mutin.

Callie s'assura que ses officiers avaient bien compris leur mission. Elle n'était pas à l'aise avec l'idée de remettre la sécurité d'Arizona entre les mains d'une toute autre personne qu'elle. Elle leur donna une série de recommandations avant de consentir à les laisser partir avec Arizona.

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Les regards se braquèrent sur Arizona lorsqu'elle fit son entrée à l'étage de sa rédaction. Elle choisit de les ignorer et se dirigea vers le bureau de sa supérieure qui ne s'attendait pas à la voir après les récents évènements dans lesquels elle avait été impliquée.

Bailey : Arizona, qu'est-ce que vous faites ici ?

Arizona : Je cherche simplement à fuir la protection de la police. Maintenant que je les ai amenés ici, ils vont croire que je vais travailler, ce qui me laisse quelques heures de liberté devant moi mais j'ai une faveur à vous demander.

Bailey : Laquelle ?

Arizona : J'aimerais reprendre l'enquête de mon frère. Il était sur le point de faire tomber Finn Dandridge. Je sais que le journal risque de subir des représailles si jamais je parviens à mettre la main sur les preuves qu'avaient rassemblées mon frère et qu'on les publiait mais je vous demande au moins de me laisser travailler dessus.

Miranda Bailey fut une nouvelle fois admirative devant l'initiative de sa journaliste. Le travail de la jeune femme lui avait toujours donné entière satisfaction. Tout comme elle, elle n'était pas du genre à se laisser impressionner par les grands de ce monde et produisait des articles de qualité où seule la vérité importait. C'était cette audace qui selon elle était la clé de sa réussite. Elle aimait que ses journalistes s'investissent pleinement dans leur travail et les poussait régulièrement à prendre des risques. Elle les considérait tous comme ses enfants mais Arizona restait sa plus grande fierté.

Bailey : Vous avez carte blanche. Ce n'est pas le premier risque que prendrait le journal.

Arizona la gratifia d'un sourire et s'empressa de débuter le reportage qui serait peut-être le plus important de sa vie.

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Assise dans son fauteuil, Callie prenait connaissance du rapport d'autopsie que venait de lui faxer Lexie. Les détails du meurtre d'Alex Karev se révélaient conforme à la méthode employée habituellement par les hommes de Shake. L'intervention de celui-ci auprès d'Arizona avait contrarié ses plans. Ce n'était plus qu'une question de jours avant qu'Arizona ne découvre la vérité. Comment allait-elle réagir ? Devait-elle prendre les devants et lui révéler elle-même le lien qui les unissait ?

Son questionnement fut interrompu lorsque Cristina frappa à la porte.

Cristina : Tu vas bien ?, s'enquit-elle en découvrant l'air soucieux de sa supérieure.

Callie : Ouais, lui répondit Callie en soupirant. Tu as du nouveau ?

Cristina : J'ai vérifié la liste des appels reçus et passés par Alex Karev comme tu me l'as demandé. L'un des appels provient d'une cabine téléphonique situé à quelques mètres du domicile d'Izzie Stevens.

Callie : L'appel date de quand ?

Cristina : Deux jours avant sa mort.

Callie saisit la feuille et examina le relevé.

Callie : L'appel n'a pas duré longtemps, ça pourrait être pour fixer un rendez-vous, avança-t-elle en attrapant l'emploi du temps qu'elle avait reconstitué. Peut-être qu'elle était avec lui la matinée qui a précédé son meurtre. Arizona m'a dit qu'ils avaient été en couple avant qu'elle ne rencontre Archer.

Cristina nota un changement chez sa supérieure. Elle ne manifestait plus le même entrain auquel elle l'avait habitué et semblait en pleine réflexion lorsqu'elle était entrée.

Cristina : Callie, qu'est-ce qu'il y a ?, l'interrogea son amie en s'asseyant sur le rebord de son bureau.

Callie reposa les documents sur son bureau et s'adossa à son fauteuil.

Callie : Je crois que je suis en train de tomber amoureuse, lui avoua-t-elle d'un léger rire. Ca craint, hein ?

Cristina avait redouté cette conversation. Celle-ci lui était pourtant apparue inévitable au vu de ces derniers jours, aussi s'y était-elle préparée. Malgré ses sentiments pour Callie, elle n'avait pas l'intention de vilipender sa rivale, au contraire.

Cristina : Non, c'est humain. Je sais à quel point ton métier compte pour toi, c'est aussi ma raison de vivre mais je sais aussi qu'il y a des soirs où je n'ai pas envie de rentrer chez moi parce que je sais que personne ne m'y attend. Ce métier, c'est ce que nous sommes aujourd'hui mais un jour, il ne sera plus qu'un lointain souvenir et qu'est-ce qu'il nous restera alors si on continue à repousser toute personne qui souhaite faire parti de notre vie ?

Callie : Wow, je t'ai jamais vue aussi philosophique, la railla-t-elle gentiment.

Cristina : Dis lui, peu importe l'enquête, on sait toutes les deux qu'elle est innocente et ça serait dommage qu'elle n'ait pas l'occasion de te connaître alors que tu en vaux la peine.

Callie : Tu penses vraiment que je pourrais la rendre heureuse ?

Cristina : Aucune relation ne marche sans concession. Ce n'est pas parce que tu as un métier accaparant que tu n'as pas le droit à une vie privée. Je sais que tu feras les efforts nécessaires pour que cette relation marche, j'ai le sentiment qu'elle aussi se montrera compréhensive. Jusqu'ici, tu as laissé les personnes partir car tu ne tenais pas à elles mais aujourd'hui, je vois dans ton regard que c'est différent. C'est certainement la bonne alors ne la laisse pas te fuir cette fois-ci...

Sur ce dernier conseil, Cristina se retira sous le regard mélancolique de Callie. Elle savait combien cette conversation avait du être douloureuse pour elle et s'en voulut presque de lui avoir confié ses états d'âmes amoureux. Cristina avait néanmoins su trouver les mots justes pour la faire réagir. Il était temps qu'elle mette un terme à sa vie de célibataire endurcie et qu'elle s'investisse pleinement dans une relation. Cette nouvelle résolution comportait plusieurs étapes. La première était d'innocenter Arizona. Elle ne pouvait décemment pas envisager d'entamer une relation avec une femme suspectée de meurtre. Callie emprunta pour ce faire l'itinéraire décrit par Arizona lors de son interrogatoire. Photo en main, elle interrogea les commerçants dont la boutique se situait sur le trajet. Aucun ne se souvenait de l'avoir vu passer. Alors que le désespoir commençait à la gagner, son regard tomba sur un élément déterminant. La joie irradia son visage. Elle venait de trouver le moyen d'innocenter Arizona.

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Après avoir échappé à la vigilance des policiers en empruntant la sortie de secours, Arizona déplia la feuille qu'elle avait récupérée chez Alex et se rendit à l'adresse qui y était inscrite. A l'aide de la clé, elle ouvrit le box loué par Alex et se fraya un chemin à travers les affaires qui y étaient stockées. Elle repéra des cartons marqués au nom de son frère et se mit en quête de l'agenda de celui-ci ainsi que de son ordinateur. Lorsqu'elle mit la main dessus, elle les emporta avec elle et prit soin de tout refermer.

De retour à la rédaction, elle s'installa derrière son bureau et alluma l'ordinateur de son frère. Sa collègue, April Kepner, lui apporta un café. Arizona la remercia et en but une gorgée.

April : Il paraît que tu comptes reprendre l'enquête de ton frère.

Arizona : Oui, j'espère que Timothy a conservé une sauvegarde de ses recherches.

Un mot de passe était nécessaire. Ses premières tentatives se soldèrent par un échec. Elle prit un instant pour réfléchir et entra la date de naissance de Sofia. La session s'ouvrit. Lorsque le fond d'écran s'afficha, Arizona se redressa sur sa chaise et fixa l'écran avec stupeur.

Arizona : Oh mon Dieu !