Hop ! C'est du rapide ! Aller savoir pourquoi l'inspiration pointe le bout de son nez à deux heures du matin quand on se sent le plus fatigué.

Je vous souhaite une bonne lecture !


]Chapitre Onzième[

POV Roy

Je rentrais chez Maes avec dépit. Non pas parce que j'allais chez lui, mais parce que la situation était au plus mal. Les heures passées avaient été un vrai calvaire. Qu'est-ce qui se tramait dans notre dos ? Ce pressentiment était vif. J'avais peur pour Edward. J'avais peur pour cette fille. Mais je ne me laisserais pas déstabilisé si facilement bien qu'il fallait avouer que ma discussion avec le blondinet n'avait pas arrangé les choses...

"- Edward ? ... Tu es réveillé ?

Un rire glauque me répondit, puis sa tête bascula en avant comme s'il ne c'était jamais réveillé.

"- Edward !"

Il se redressa subitement. Je m'autorisais un regard en direction du surveillant qui semblait transpirer à pleines gouttes. Des choses il en avait vu, c'était certain, mais emprisonner un alchimiste d'État pour cause de menace imminente, on ne lui aura jamais fait celle-là. Sauf éventuellement s'il a déjà croisé Kimblee.

"- Tu vas mourir..."

Était-ce bien la voix d'Edward que j'entendais là ? Je me retournais vers lui.

"- Tu vas mourir... Tu vas mourir... Tu va mourir... Tu..."

Je souhaitais simplement brûler ce souvenir de mon esprit. Ce soir-là, nous discutâmes beaucoup Maes et moi. C'était un moment précieux car depuis quelques temps j'avais l'impression qu'il était devenu le meilleur ami d'Edward et non le mien.

"- Cette histoire semble irréelle, lui confessais-je assis sur son canapé (mon lit) alors qu'il nous apportait deux verres de whisky"

Là, je reconnaissais bien mon meilleur ami. J'entamais mon verre à grande lampée. Il me regardait faire sans broncher.

"- Est-ce qu'il t'a dis qu'il t'aimais ? me demanda t-il de but en blanc"

Je m'étouffais quelques secondes avec le liquide ambrée, devenant par la même occasion rouge tomate. Quand je repris possession de mon oxygène, je put enfin me tourner vers lui;

"- Comm...Que... Bon... Oui.

- Et alors ?

- Et alors quoi ?!

- Tu en penses quoi ? répliqua t-il tout aussi calme"

Le pauvre dormait dans une prison pendant que je buvais et parlait ragots avec mon meilleur ami.

" - J'en pense que tu n'a pas à savoir."

Maes pencha la tête sur le côté et esquissa un sourire qui me fit fulminer.

"- Quoi ?

- Non rien, répondit-il, c'est plutôt étrange que tu ne l'ai pas envoyé balader.

- Comment tu sais ça, toi ?"

Il marmonna un petit "je sais tout" avant de plonger ses lèvres dans son verre. Pour autant, je ne répondais pas. Cette histoire était apparue au second plan depuis l'attaque du macchabée dans mon salon. Si je devais me poser la question encore une fois du pourquoi je ne l'avais pas envoyé balader, la réponse m'apparaissait tout aussi clairement. J-E N-E S-A-I-S P-A-S.

Je n'avais pas eu envie de le repousser car je ne voulais pas le voir brisé en deux. Je ne l'avais pas repoussé non plus car bizarrement, je trouvais ça plutôt amusant de pouvoir... Jouer de ça ? Tourner autour ? Comment ça s'appelle déjà ? De la drague. Je n'ai jamais vraiment dragué des hommes car ma réputation était déjà toute faite. Cela m'est déjà arrivé à deux ou trois reprises mais c'était resté sobre et timide. Je me sentais plutôt à l'aise avec des femmes.

Je ne l'avais pas repousser car je trouvais ça attendrissant. Je ne parle pas d'amour, non, car d'amour je n'ai pas. Si un jour une personne arrive à me faire croire à ça... Je démissionne ! Parole de scout ! Je ne juge pas l'amour des autres. C'est une matière unique et propre à chaque personne. Mais je suis un orphelin élevé à la dure et pour moi, l'amour n'existe pas. Excepté celui que j'ai pour ma mère adoptive, ainsi que pour mes amis, mes collègues. L'amour avec un grand A, je le vis dans mon lit avec une belle femme d'un soir qui me fera croire que chaque secondes passée avec elle sont éternelles. Le fait d'imaginer qu'un jour Edward me fasse croire cela ne me déplaisais pas. Il était attirant. Majeur.

Je me surpris à lever le doigt à cette constatation et Maes me grilla aussi vite;

"- Quoi ? A quoi tu penses ? me demanda t-il d'une rapidité surhumaine"

Je soupirais en ricanant.

"- A rien, sinon tu va m'emmerder toute la nuit."

Maes rigola franchement avant de me tapoter l'épaule;

"- Tu peux bien le dire car je te lâcherai pas en si bon chemin. "

Et j'en était parfaitement conscient. Je but doucement une autre gorgée de whisky et me tournais vers lui, mystérieux.

"- Je pensais que... Ce serait amusant. Avec Edward."

Maes s'enfonça dans le dossier du canapé en soupirant de lassitude;

"- Tu es incorrigible. Décidément on ne te change pas, toi. Par pitié, oublie cette idée. Je préfère que tu l'envoie balader plutôt que tu joue avec ses sentiments"

Qui parle de jouer avec les sentiments ? Je m'enfonçais également dans le dossier de mon lit de fortune pour lui répondre;

"- Je ne joue pas. Je cherche la personne idéale."

Maes tourna vers moi un regard paternel;

"- Et tu parsème ton chemin de tristesse et de pleurs après avoir briser des cœurs... Jusque là je ne me préoccupe pas de tes histoires d'amour mais étant donné que Edward est venu m'en parler et qu'en plus je t'ai lancé des fleurs... Je t'interdis de faire ça."

A ces mots, je trinquais contre son verre;

"- Mais tu n'es pas mon pèèèèère, chantonnais-je avant de me racler la gorge"

Je bus une énième gorgée avant de poursuivre, dubitatif;

"- Qui plus est, je ne peux pas réellement aimer une personne sans la draguer. Si ça marche et bien... Ce serait bien la première fois. Et si ça marche pas... Bah..."

Maes me tapota l'épaule et me regardait comme si j'étais une bête de foire.

"- Un jour, tu comprendras, me dit-il tout à fait sérieux"

Il me souhaita bonne nuit et s'enfonça dans le couloir comme une ombre. Seul. Enfin seul.

Merde.

C'est pas bon ça.

Seul. Et insomniaque.

Je reposais mon verre contre la table basse et m'allongeais dans le canapé. Je repensais à cette envie qui me martelait la poitrine. Envie de savoir. Je veux savoir si cette personne avec qui je pourrais vivre serait Edward. Mais...

Tu vas mourir...

Je tressaillis. Actuellement, on ne pouvait pas dire qu'on était sur la bonne voie. J'espérais vraiment que demain, il irait mieux et qu'il pourrait rentrer avec moi. Je voulais absolument qu'il revienne à la maison afin de garder un œil sur lui. Son état était vraiment inquiétant et je n'avais pas vraiment envie qu'il essaye réellement de me tuer mais... Le laisser en prison me fendait un tout petit peu plus le cœur.

Mais juste un petit peu plus.

Et pendant que les mots se formulaient dans ma tête, je me surprenais à replier mon index contre mon pouce et d'observer mon verre à travers l'espace entre les deux.

Juste un petit peu plus...

C'est fort de cette conclusion que je m'endormais. L'alcool aidant. Evidemment.


Le lendemain je m'occupais de formuler des hypothèses sur la disparition des alchimistes ainsi qu'à développer des unités pour retrouver la jeune femme disparue. Mais j'étais surtout très impatient d'être ce soir afin d'aller chercher Edward. Je n'eus pas besoin d'attendre jusque là car mon téléphone sonna sous le coup des onze heures du matin.

"- Colonel Mustang à l'appareil.

- Mon Colonel, je suis Monsieur Elley. Je suis gardien de prison à Central. Je vous appelle car votre subordonné, le Major Elric, et bien... Il est..."

Toutes les idées traversaient mon esprit pendant que j'attendais la fin de sa phrase qui ne venait pas.

"- Il quoi ? insistais-je

- Il est très étrange... Il a réussit à enlever les liens qui entravaient ses mains et nous sommes actuellement en train de le tenir en joue."

Je rêvais, ce n'était pas possible autrement !

"- Ne tirez pas ! J'arrive tout de suite !"

Je raccrochais sans sommation et attrapais mon manteau dans la volée. Riza avait peut-être bien fait finalement...

Quand je fut arrivé dans la prison, tout les gardiens m'ouvrirent les portes en m'observant mystérieusement. Ils devaient sans doute se demander si j'allais les sauver ou les enfoncer encore plus. C'était à voir car je ne savais même pas ce qui m'attendais au fond de se couloir. Quand je fus arrivé au bout, le surveillant pointait son arme en direction des barreaux de fer mais aucune personne ne semblait faire face.

"- Où est-il ? demandais-je"

Le gardien pointa le doigt en direction de la prison mais je ne voyais rien. La pièce était dans la pénombre la plus totale. Je me risquais à m'approcher.

"- FullMetal ?"

Pendant quelques secondes, il n'eut aucune réponse. Puis soudain, il apparut devant moi. Il attrapa le col de ma chemise et me colla contre les barreaux.

"- Arrête-toi ! hurlait le surveillant derrière mon dos"

Edward se mit à rire plus fort qu'il ne hurlait. Quand le silence retomba, le blondinet tourna son visage vers moi et passa sa main de chair sous mon menton. Je le regardais, effrayé par son visage. Ce n'était pas le sien. Cette expression là n'existait pas sur son beau visage...

Un sourire méprisant étirait son visage. Il passa sa langue sur ses lèvres supérieures avant de caresser mon menton. Le surveillant derrière moi s'approcha un peu plus;

"- Les mains en l'air ! cria t-il à l'attention d'Edward"

Je m'empressais aussitôt de le faire même si ça ne m'était pas destiné et soufflait;

"- Ne tirez pas."

Edward ne semblait pas se rendre compte du tapage qu'il provoquait et observait calmement les contours de mon visage. J'avais l'impression d'être un bout de viande qu'il se préparait à manger.

Tu vas mourir...

Edward se dandinait en souriant comme s'il venait de trouver un jouet super drôle. Il pencha la tête sur le côté et sembla observer quelque chose derrière moi. Je me risquais à faire de même et put voir que le prisonnier en face nous regardait avec insistance. Edward lui envoya un regard charmeur avant de mettre son majeur dans sa bouche et de le ressortir lentement. Le prisonnier sembla comprendre et fulminait de rage.

Moi, je ne comprenais plus rien.

"- Edward ? tentais-je"

Il me refixa de nouveau et je ne savait pas si c'était bien ou mauvais.

"- Ce n'est pas toi, lui murmurais-je, ce n'est pas toi."

Je sentait sa main droite descendre le long de ma hanche. Il semblait hésiter. Mais soudain je compris.

Mon flingue !

Trop tard ! Il attrapa mon pistolet qu'il arracha de son écrin et recula dans sa cage. Tout en s'enfonçant dans l'ombre, il ricanait.

Le surveillant à mes côtés s'enflamma aussitôt et pendant que je reculais, lui s'approchait;

"- Lâche ça ! Lâche ça tout de suite ou je tire !

- Non répliquais-je !"

Le silence retomba pendant que je tentais de percevoir quelque chose au fond de la cage. Mais rien. Soudain, une respiration haletante nous parvint aux oreilles.

Nous restâmes interdis et silencieux. Les mains en l'air, je me rapprochais.

"- Edward ?"

Je le vis sortir de la pénombre, les yeux exorbités et le pistolet maladroitement tenu dans sa main gauche. Il me fixait avec effroi.

Est-ce que j'ai fais du mal à quelqu'un ?

Sans le quitter des yeux, je demandais sèchement;

"- Ouvrez la porte.

- Hors de Question !

- Ouvre-là !"

Mon ton mais surtout mon grade eut raison du gardien qui tourna difficilement la clé dans la serrure. Il s'écarta aussitôt et je pris place devant l'ouverture. J'avançais doucement mon bras vers le pistolet sans cesser de regarder le blondinet en face de moi. L'arme en main, je la replaçais doucement dans son écrin avant qu'Edward ne me tombe dans les bras. Mécaniquement je le serrais contre moi mais aussi parce que je n'avais jamais eu aussi peur pour lui.

"- Qu'est-ce qu'ils t'on fait ?! Putain !"

J'avais envie de taper dans quelque chose au plus grand malheur de la chevelure d'Edward dans laquelle j'entrais mes doigts pour les serrer aussi sec. Edward nicha sa tête dans mon cou et étouffa un cri de soulagement. Je sentis quelque chose de chaud couler le long de ma clavicule pour s'écraser dans ma chemise. Il pleurait.

"- Vous devez partir, Mon Colonel, fit le surveillant derrière moi"

Je posais mon menton sur la tête d'Edward tout en observant le mur qui me faisait face. Gris. Terne.

"- Non, répliquais-je, il vient avec moi."

Je ne le laisserais pas une minute de plus ici. Même si je savais au plus profond de moi que cette idée n'était clairement pas bonne. Mais j'avais le pouvoir de le faire sortir... Et j'avais très envie de l'utiliser. Au son de ma voix mais surtout de ce que j'avais répondu, je sentit les épaules du blondinet s'affaisser. Il était soulagé.

Que t'on t-ils fait ? ...


Je trouve ce chapitre constructif. Je suis assez fière de moi et j'espère que vous l'aimez aussi. A la suite =)