Un grand merci à yoann, RUBIKA666, molly59, yaone-kami, Elysia, Aulandra17 et poufjii-xd pour leur review. Cela me fait toujours très plaisir de les lire.
Voici donc le onzième chapitre. Bonne lecture.
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Auteur : Sindie. J'ai son autorisation pour traduire son histoire.
Titre en anglais : The Moment It Began
Titre en français : Le moment où cela commença
Traducteur : DiagonAlleyParis
Disclamer : Les personnages de Harry Potter appartiennent à J.K. Rowling
Beta Reader : Molly59 qui me relit et corrige mes imperfections.
Sujet : Post HP7, et si on offrait la possibilité à Severus Rogue de revivre sa vie. Ses choix seraient-ils toujours les mêmes ? Venez le découvrir en lisant cette fiction.
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Le moment où cela commença
Chapitre 11 :
Severus passa les jours suivants à la maison avec sa mère et Lily vint les voir plusieurs fois. Plus que jamais depuis l'incident avec Eileen, Severus ne désirait pas que quelqu'un d'autre entre dans la maison. Autant il voulait le bien de sa mère, autant il commençait à ressentir sur ses épaules le poids du fardeau de prendre soin de celle-ci. Le début de la nouvelle année scolaire se rapprochait à grands pas et Severus n'était pas encore certain de ce qu'il ferait à propos d'Eileen.
Un après-midi à la mi août, Severus faisait une promenade dans le quartier car il avait besoin de faire une pause loin de sa mère. Elle dormait paisiblement et il avait protégé la maison afin d'être sûr que personne ne puisse y entrer et qu'Eileen ne puisse en sortir. Il détestait avoir à recourir à ce genre de chose mais c'était pour son bien à elle tout aussi bien qu'à lui.
Eileen n'avait pas eu d'autre épisode comme le jour où elle avait appelé Severus par le prénom de son père. Elle avait des moments de lucidité mais elle ne semblait pas faire beaucoup de progrès d'une manière générale ce qui était décourageant pour Severus. Il estimait qu'il faisait tout son possible pour l'aider et à chaque fois elle se laissait tomber dans son état amorphe et il se demandait si elle serait de nouveau bien un jour. Sa suggestion d'il y a quelques semaines de lui redonner une baguette lui semblait ridicule. Comment Eileen pourrait être capable d'en gérer une de nouveau, pouvait-on vraiment la laisser seule ?
Lorsque Severus tourna à un coin de rue, il remarqua un bus des transports en commun qui freinait et s'arrêtait pour prendre des passagers. Il avait déjà vu les bus auparavant mais il n'y avait jamais vraiment pensé, et cette fois, il se maudit lui-même d'avoir été si stupide. Alors que Lily et lui avaient recherché un moyen de transport pour l'établissement de sa mère, il existait à moins de cinq pâtés de maisons de chez lui un arrêt de bus !
Et Lily dit que tu es brillant, se moqua intérieurement Severus.
La flamme s'alluma à l'intérieur de lui. Il avait désormais un moyen de mettre Eileen dans une institution spécialisée ! Maintenant, restait le problème de la convaincre et c'était quelque chose que faisait Severus tous les jours en essayant d'en parler avec elle depuis qu'il avait abordé le sujet. La plupart du temps, Eileen ne répondait pas, non parce qu'elle ne comprenait pas mais parce qu'elle avait choisi d'agir ainsi.
Severus rentra chez lui et fit quelque chose qu'il ne faisait que très rarement. Il utilisa le téléphone pour appeler Lily.
Bien sûr, ce fut Petunia qui décrocha. Lorsque Petunia découvrit que c'était Severus à l'autre bout de la ligne, elle faillit raccrocher mais il l'exhorta à ne pas le faire en disant que c'était important. Il aurait presque pu voir ses gros yeux lorsqu'elle céda et cria pour appeler Lily. Dans la minute qui suivit, la douce voix de Lily retentit à l'autre bout du fil. « Severus ? ».
« Oui, Lily. C'est moi ».
« Pourquoi m'appelles-tu. Je veux dire, pourquoi me téléphones-tu, toi qui n'utilises jamais ce moyen de communication ? Tout va bien ? »
En entendant l'inquiétude dans sa voix, il déclara en hâte. « Non, non, tout va bien… J'ai seulement besoin de te dire quelque chose, Lily. Je pense que je sais comment nous pouvons emmener Maman quelque part pour avoir de l'aide. »
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Plus tard dans la journée, Severus était assis à la table de la cuisine avec sa mère. Ils venaient juste de terminer le dîner et Eileen avait été plus bavarde que d'habitude. Prenant cela comme un bon signe, Severus posa la question.
« Maman, serais-tu d'accord pour que nous allions quelque part où… où tu pourras recevoir de l'aide en raison… euh, de ton état ? Avant de répondre quoique ce soit essaye s'il te plait d'y réfléchir. Tu sais que quelque chose ne va pas, Maman. Père t'as détruit. Je sais que je te l'ai demandé maintes et maintes fois, mais s'il te plait… Maman, c'est important pour moi ».
Il ajouta la dernière partie de la phrase en jouant la carte de la culpabilité, ce qu'il n'avait jamais encore essayé.
Eileen fronça les sourcils. « Severus… Je sais que je ne suis pas heureuse, mais Tobias est parti maintenant. Ne peux-tu pas seulement me laisser ainsi ? Pourquoi aurais-je besoin d'aller dans un endroit autre qu'ici, je ne suis pas folle, Severus ».
« Je ne dis pas que tu l'es, Maman » dit Severus en essayant de garder le même ton, en sachant qu'elle était déséquilibrée et déprimée mais ne voulant pas le lui dire. Lui déclarer qu'elle était folle ne serait d'aucune utilité non plus. « Je vais… L'école va bientôt recommencer et je ne serai plus là pour t'aider. Je fais la cuisine et fais en sorte que tu ailles au lit depuis plusieurs semaines maintenant, Maman. Je ne peux pas te laisser seule et me demander si tu prends soin de toi. Cela ne serait pas un mal de voir quelqu'un qui est professionnel de ces questions et de voir ce qu'il en dit ».
Eileen resta silencieuse. Elle sembla réfléchir avant de répondre. Après un long moment, elle murmura en laissant tomber ses épaules. « Je sais que tu as raison, Severus. C'est juste que…l'admettre est difficile ». Elle s'arrêta puis hocha la tête lentement. « C'est d'accord ».
Severus soupira, soulagé, et se leva de son siège pour aller embrasser sa mère.
« Tu te rends compte que je fais cela uniquement pour toi » dit Eileen d'un voix sarcastique en passant ses doigts dans ses cheveux.
« Je sais, Maman. Je sais ».
Et c'était suffisant.
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Trois jours plus tard, les arrangements pris, Severus monta dans le bus avec Lily, qui était là pour le soutenir, et avec sa mère. Eileen regardait autour d'elle d'une manière incertaine, les autres passagers la rendaient mal à l'aise. Elle n'avait pas été en public depuis qu'elle avait été chercher Severus à la gare et c'était là un trajet qu'elle connaissait et par conséquent elle le gérait assez bien. Severus la saisit fermement par le bras et l'emmena jusqu'à un siège.
« Ces moldus sont un peu étranges et effrayants » marmonna Eileen, ses yeux balayant de droite à gauche. « Pourquoi me regardent-ils donc tous ? ».
Severus fixa l'homme qui était assis de l'autre côté et dit à sa mère. « Sois calme et détendue, Maman. Nous arrivons bientôt ».
Lily s'assit en silence, c'était une présence apaisante pour Severus tandis qu'il supposait ce que les autres passagers devaient penser au sujet de sa mère. Cela n'aurait pas été un mensonge si il leur avait dit qu'elle était folle. C'était certainement ce qu'ils devaient penser après avoir entendu cette femme bizarre employer le mot 'moldu'.
Ils passèrent encore une demi-heure dans le bus avant d'arriver à leur destination finale : l'institution spécialisée Sainte Catherine. Le bâtiment était vieux, petit et construit avec des briques. Des arbres entouraient l'allée qui menait jusqu'à l'entrée. Severus pensa que cela était assez accueillant et une fois à l'intérieur, le hall d'entrée l'était également. Rien sur place ne faisait penser à un enfermement.
L'employée derrière son guichet sourit et demanda. « Puis-je vous aider ? ».
« Oui » dit Severus. « Nous avons rendez-vous avec le Docteur Lukvar ».
« Ah » répondit la femme. « Je vais le prévenir que vous êtes là ».
Ils allèrent s'asseoir et attendirent. Eileen se murmura à elle-même qu'elle n'aimait pas l'endroit et qu'elle voulait s'en aller. Severus espéra qu'elle serait assez lucide pour admettre qu'elle avait besoin d'être admise ici et d'y être soignée. Si elle continuait à être cette femme marmonnant et effrayée telle qu'elle l'était présentement, le docteur refuserait et ce n'était pas deux adolescents de seize ans qui auraient leur mot à dire si quelqu'un devait être admis ou non.
« Sev » murmura Lily en essayant de le calmer. « Tout se passera bien ». Elle saisit sa main.
Il acquiesça de la tête et essaya de la croire.
Quelques minutes plus tard, ils entrèrent dans le cabinet du médecin. Le Docteur Lukvar était étranger et parlait avec un fort accent mais son anglais était bon. Il avait des cheveux marrons foncés qui avaient été éclaircis et portait des lunettes dont les verres étaient si épais que Severus se demanda comment son nez pouvait les porter sans se casser.
« S'il vous plait, asseyez-vous » leur dit-il cordialement. Ils s'assirent et il commença à poser des questions. « Alors, qu'est-ce qui nous amène à Sainte Catherine aujourd'hui ? ».
Eileen ne répondit pas. Severus ressentit le besoin de parler en son nom et dit. « Ma mère. Elle est assez malade, docteur ».
Lorsque que Severus parla, le médecin pensa qu'il ne devait pas avoir plus de seize ans. « Je vois. Vous souhaitez qu'elle soit admise à Sainte Catherine pour un traitement, Monsieur Rogue ? ».
« Oui » répliqua Severus automatiquement car c'était ce qu'il voulait.
Le Docteur Lukvar fouilla parmi les papiers et examina ceux-ci avec ses énormes yeux grossis. Severus se souvint de Sybille Talawney.
« Il est dit ici que vous êtes l'unique fils d'Eileen Prince Rogue et que vous êtes né le 9 janvier 1960. Est-ce correct ? ».
« Oui » dit Severus laconiquement sachant ce qu'il allait se passer.
« Ce qui vous fait au plus seize ans, jeune homme. Vous n'avez pas l'âge de revendiquer la responsabilité d'une tierce personne. Où est son mari ? ».
« Mon père » cracha Severus, « n'a pas pris soin d'elle. Il est la raison pour laquelle elle est comme ça ! C'était un alcoolique qui a abusé d'elle pendant des années mais désormais il est parti… il vit probablement dans la rue ».
Choqué par la petite tirade de Severus, le docteur rajusta ses lunettes et éclaircit sa voix. « Oui, bien, il se peut que… Je suis désolé, Monsieur Rogue mais à moins que ce soit Eileen Rogue qui veuille d'elle-même être admise, nous ne pouvons pas continuer ».
C'est à ce moment-là, qu'Eileen dit doucement. « Je crois que j'ai besoin que l'on m'aide ».
Severus soupira, soulagé. Eileen les fixa attentivement, ses yeux étaient complètement alertes et concentrés. Elle parla de nouveau. « Mon fils doit retourner bientôt à l'école… Il ne sera pas là… C'est… la meilleure solution ».
Le Docteur Lukvar regarda Eileen avec scepticisme puis il dit. « Très bien, mais je dois d'abord vous poser une série de questions afin d'évaluer votre état de santé. Etes-vous disposée à le faire, Madame Rogue ? ».
Eileen ne répondit pas dans un premier temps et Severus s'assit sur le bord de son siège, plein d'inquiétude. Lily lui prit de nouveau la main, ne dit rien mais il la soutint. Enfin, Eileen acquiesça.
Les questions commencèrent et Severus écouta sa mère répondre au mieux de ses capacités. Elle parla assez bien et de manière approfondie et cohérente. Après un long moment, le médecin déclara qu'ils avaient fini.
« Je vais étudier votre dossier et je reprendrai rapidement contact avec vous, Madame Rogue » expliqua t-il. « Je ne peux vous faire aucune promesse mais je crois que nous pourrions vous trouver une place à Sainte Catherine ».
Il les salua et ils sortirent. Severus sentit un énorme fardeau disparaître de ses épaules. Il tenait d'un côté le bras de sa mère et de l'autre la main de Lily fermement.
« Merci » souffla t-il à Lily.
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Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.
Rendez-vous dans deux semaines pour la suite.
Bisous.
DiagonAlleyParis
