Bonjour bonjour ! Voici le onzième chapitre, on approche doucement de la fin ! Merci à tous ceux qui lisent et bonne lecture !

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Des pleurs déchirants brisaient le silence de la nuit. Sous le couvert des arbres, là où ne filtraient que de rares rayons de lune, une silhouette sombre était prostrée au sol, une autre l'enlaçant.

— Il va la tuer… C'est de ma faute, elle va mourir par ma faute !

Olga serrait Severus de toutes ses forces, caressant ses cheveux, embrassant parfois son front ou sa joue.

— Si vous saviez comme je regrette, jamais je n'aurais dû rapporter cette prophétie ! Elle va mourir !

Il leva vers elle ses yeux mouillés de larmes et prit ses mains dans les siennes.

— Je vous en prie Olga, intercédez auprès du Maître, s'il vous plaît sauvez-la ! Il vous écoutera !

Bouleversée de voir son précieux Severus si malheureux et habitée d'une rage sans nom envers Tom, Olga serra plus fort ses doigts entre les siens.

— Je ne peux rien faire pour toi, nous avons tous entendu la prophétie, rien ne l'arrêtera, certainement pas moi. Severus, regrettes-tu vraiment tes actes ?

— De toute mon âme. Je ne veux plus être un Mangemort, si elle survit, jamais plus je ne ferai de mal, je le jure ! promit-il.

— Alors va voir Dumbledore, lui ordonna-t-elle.

Il la regarda avec incompréhension. Olga se saisit de son bras gauche et remonta sa manche, appuyant sur la Marque des Ténèbres.

— C'est à cause de ça que ta vie a basculé Severus, c'est à cause de cette saleté que tu as perdu celle que tu aimes. Tu es encore jeune, tu as une chance de te reconstruire et de refaire ta vie. Va voir Dumbledore, demande lui sa protection.

Il ouvrit la bouche pour protester, mais elle le fit taire d'un regard et se détacha de lui.

— Va voir Dumbledore, tout de suite !

Seul un craquement dans la nuit noire lui répondit.

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Il régnait un vacarme assourdissant dans la salle d'audience. Les Grands Procès étaient publics et la foule ne se gênait pas pour insulter les prévenus, malgré les coups de marteau furieux du Bartemius Croupton supposés inciter au calme. À côté de lui, Dumbledore était égal à lui-même, parcourant tranquillement la pièce de son regard bleu, les mains sous le menton. Un jeune garçon aux cheveux de paille était traîné hors de la salle par les détraqueurs, et déjà on asseyait un nouvel inculpé sur le fauteuil des accusés. C'était une femme. On devinait un reste de prestance dans son maintien, elle avait dû être séduisante. Ses cheveux étaient gras et sales, plaqués sur son crâne par endroits elle paraissait très jeune et était vêtue de haillons, elle était maigre et ses ongles trop longs étaient noirs de crasse.

Méconnaissable, Olga n'eût pas la moindre réaction lorsqu'on l'assit rudement sur le fauteuil et que les chaînes mouvantes s'enroulèrent autour de ses membres, cisaillant sa peau. Il y avait trop de lumière, trop de bruit après ce temps passé à Azkaban sa vue était brouillée, la foule trop compacte, trop sauvage, lui vrillait les tympans, comparé au silence de la prison, parfois seulement entaché par le cri fou d'un détenu.

Lorsque enfin elle put ouvrir les yeux, elle rencontra ceux, haineux, des membres du Magenmagot. Elle se mit à s'agiter, soudainement alerte : son renvoi à Azkaban signifierait la mort, elle le savait. Elle avait survécu à Tom pendant presque quarante ans, elle refusait de se laissait abattre et oublier pour des crimes qu'elle n'avait pas commis.

— Je ne suis pas un Mangemort, murmura-t-elle.

L'audience n'avait pas encore débuté, Croupton terminant de classer les dossiers de la précédente condamnation. Personne n'écoutait Olga, bien trop occupés à lui cracher des insultes en levant le poing.

— Je ne suis pas un Mangemort, répéta-t-elle un peu plus fort.

Sa voix était sèche et éraillée d'avoir tant gardé le silence, sa langue, pâteuse. Certaines personnes riaient en la montrant du doigt.

— JE NE SUIS PAS UN MANGEMORT! hurla-t-elle enfin.

Le calme se fit instantanément, vite rompu par de nombreux rires gras. Croupton se redressa enfin et annonça le début de la séance.

— Miss Lvov, vous comparaissez devant le Conseil de la justice magique afin de rendre compte de vos actes, déclara-t-il d'une voix forte. Vous êtes inculpée pour Crime contre le Monde Sorcier, entrave au Secret Magique, et plus généralement pour appartenir à un groupuscule extrémiste se faisant nommer « les Mangemorts », sous la direction de leur chef, Lord Voldemort. Nous avons entendu les témoignages vous concernant et nous apprêtons à prononcer notre verdict. Avez-vous quelque chose à ajouter à vos déclarations avant que nous rendions notre jugement ?

Un frisson avait parcouru l'assemblée à la mention du nom du Seigneur des Ténèbres.

— Je ne suis pas un Mangemort, répéta-t-elle en vrillant son regard dans le sien, je n'ai pas la Marque, vous pouvez vérifier.

Elle tendit son bras gauche entravé de chaînes vers les jurés. Un petit sorcier replet s'approcha d'elle entouré de deux détraqueurs, et lança quelques enchantements sur son poignet avant de secouer négativement la tête en direction du Président.

— Il est aisé de dissimuler cette marque, Miss Lvov, fit durement celui-ci.

— Je n'ai jamais torturé ni tué personne, continua-t-elle fiévreusement, je suis incapable de lancer le moindre sortilège. J'ai été élevée par des moldus, je n'ai aucun préjugé sur le sang, je n'ai jamais cautionné les agissements des Mangemorts ! Si je suis restée, ce n'est que pour mes enfants… Soumettez-moi au Véritaserum si vous ne me croyez pas !

— Calmez-vous Lvov, admettez qu'avoir été la femme de Lord Voldemort ne joue pas en votre fav…

Croupton s'interrompit en sentant la main de Dumbledore se poser sur son épaule. Celui-ci se leva, amenant un grand silence dans la salle.

— Bartemius, mesdames et messieurs les jurés, je me porte personnellement garant de Miss Lvov, commença Dumbledore. Ses propos sont véridiques. Les professeurs de Poudlard et moi-même sommes témoins de son inaptitude à pratiquer la magie suite à un incident traumatique survenu dans sa jeunesse, et, par conséquent, son incapacité à lancer quelconque sortilège Impardonnable ou de magie noire. De plus, certains des renseignements que nous fournissait notre espion, Severus Rogue, venaient directement d'elle. Je suis certain que vous conviendrez des risques qu'elle a pris vis-à-vis de Lord Voldemort lui-même pour nous les faire parvenir. J'ai toute confiance en Miss Lvov, et je ne pense pas que ce tribunal soit à même de juger l'erreur d'un amour de jeunesse, aussi pernicieux soit-il devenu.

Dumbledore se rassit et quelques applaudissements retentirent. Croupton se racla la gorge et jeta un regard circulaire au jury.

— Bien, je demande aux jurés de lever la main s'ils estiment que ces crimes méritent une détention de dix ans dans la prison d'Azkaban.

Il leva lui-même la main, adressant un regard courroucé à Dumbledore. D'autres le suivirent, mais il s'agissait d'une grande minorité.

Elle était acquittée.

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Il était tard ce soir-là. Le feu ronflait dans l'âtre, éclairant d'une lumière dansante un salon étriqué aux murs habillés de livres. Confortablement installée dans un fauteuil décati, Olga fixait les flammes d'un air absent, portant de temps à autre une coupe de vin à ses lèvres. En face d'elle, Severus remplissait à nouveau la sienne, l'air pensif.

— Je sais que ce n'est pas dans vos projets, mais vous pouvez rester ici si vous le souhaitez, lâcha-t-il en essayant de dissimuler l'espoir qui se distillait dans ses propos.

Olga hocha négativement la tête, finissant son verre. Il se pencha pour la resservir.

— Le poste de professeur de runes anciennes s'est libéré récemment, continua-t-il, il y a déjà quelques candidatures mais il est certain que Dumbledore vous l'octroierait si vous demandiez la place. Je suis d'ailleurs surpris qu'il ne vous l'ait pas déjà proposé. À moins que cela ne soit le cas ?

— Non, et il ne le fera pas. Il sait parfaitement que deux anciens proches du Seigneur des Ténèbres dans son école, cela serait un petit peu trop, répondit-elle avec un léger sourire. De toute manière je ne suis pas à la rue. Le Ministère m'a rendu mes biens et je suis finalement ravie que la commercialisation de ma potion de jouvence ait été refusée, je vais pouvoir l'écouler à prix d'or sur le marché noir. Il y a suffisamment d'aristocrates prêts à débourser des fortunes en la matière pour me faire vivre pendant de longues années.

Elle posa son verre puis se leva pour prendre congé.

— Je ne te remercierai jamais assez de tout ce que tu as fait pour moi, Severus. J'ai trouvé un local à transformer en laboratoire sur l'Allée des Embrumes, rends-moi visite.

Elle l'enlaça et n'eut qu'à se hisser sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur son front. Le cœur serré, Severus contempla son visage juvénile et la serra à son tour dans ses bras, puis l'accompagna sur le pas de la porte.

— Promets-moi de l'oublier, fit-elle en se tournant une dernière fois vers lui, il y a tellement d'âmes aptes à faire ton bonheur. Je veux que tu sois heureux.

Il n'eut pas le temps de répondre que, déjà, le bruit des battements d'ailes disparaissait au loin.

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J'espère que ce chapitre vous a plu ! N'hésitez pas à laisser une review, ça fait toujours plaisir ! =DD