Merci à vous Roselia001 et Lune !

Salut Maia ! Oui, Crystall a du répondant. Je voulais justement éviter de tomber dans le cliché des Poufsouffles patients, gentils voir un peu niais.


Joyeux anniversaire Crystall

Jeudi 16 février 1978 : assise sur une fenêtre dans un couloir

Je viens de ressortir du bureau du professeur Chourave. La dernière fois que je m'y étais trouvée, c'était pour l'entretient d'orientation en 5ème année. Ça n'est pas plus mal. La directrice de notre maison a transformé son bureau en une petite serre et je n'ai pas osé m'asseoir histoire de pouvoir détaler plus rapidement si une des plantes qui s'y trouve décide soudainement qu'elle a faim et que je suis un repas tout à fait acceptable.

- Les délégations des différentes écoles de formations post – Poudlard vont bientôt s'installer au 7ème étage, m'a dit Chourave. Ils vont organiser des réunions de découverte et répondre aux questions que vous pourriez éventuellement avoir. J'ai remarqué que vous ne vous étiez inscrite sur aucune des listes mise à votre disposition dans la salle commune. Nous avons besoin de savoir combien vous serez pour nous organiser.

Les fameuses listes ont été épinglées la semaine dernière sur les tableaux d'affichage de toutes les salles communes. Chaque élève a l'obligation de s'inscrire sur au moins l'une d'elle. Mais parmi la petite vingtaine, rien ne m'a intéressé. Je ne vais pas assister à une réunion qui ne me dit rien, quand même ? Greg s'est inscrit pour un métier dans la recherche botanique, pour entrer chez Gringotts et en archéologie. Anna en psychomagie, Kathie pour la réunion à propos des guérisseurs, Tobias l'indécis s'est inscrit à 6 ou 7 réunions différentes.

Je sais que les quatre Maraudeurs ont choisi les mêmes réunions. Auror et dresseur de troll. Le premier parce que James et Sirius ont vraiment envie d'y entrer, le second pour rigoler. Remus aimerait bien enseigner, d'après ce que j'ai compris. Mais il ne se fait pas beaucoup d'illusion : un prof loup – garou ne trouvera jamais de boulot. C'est vraiment injuste que sa condition, à laquelle il ne peux rien, l'empêche de faire ce qu'il veut.

- Je n'ai rien vu qui m'intéresserait Professeur Chourave, ai –je répondu.

- Vous n'avez donc pas la plus petite idée de ce que vous allez faire en sortant de Poudlard ?

Si, me trouver un petit job qui me permettra de vivre et dénicher un logement pour que je ne sois pas à la rue.

- Quand bien même, ça ne changerait rien, je n'ai pas d'argent pour entrer dans une quelconque école.

- Vous pourriez essayer de décrocher une bourse.

- Avec mes notes ?

Il lui a fallu une bonne minute pour trouver mon dossier. Elle a dû enlever la terre qu'il y avait dessus avant de le lire. A mon avis, elle ne doit pas beaucoup se pencher sur le cas de ses élèves. Nous sommes de braves petits soldats en général. On nous dit qu'on doit s'inscrire sur une liste, on le fait. Je suis le mouton noir.

Elle a parcouru mes derniers résultats des yeux. Et est restée muette. Qu'aurait –elle pu dire ? Je n'obtiendrais jamais d'assez bonnes notes aux ASPICs pour décrocher une bourse où que se soit. Ma meilleure note reste un A en rune. J'aurais pu obtenir un E en sortilège si Flitwick avait noté les incantations, mais il ne l'a pas fait. J'avais autrement des P partout. Je me débrouille toujours pour avoir des A aux examens de fin d'année parce que je ne veux pas redoubler. Mais ça s'arrête là. Oui, je suis loin d'être une bonne élève. J'ai cessé de faire des efforts en première année après que mes parents m'aient clairement fait comprendre que c'était Queenie qui devait avoir l'air la plus intelligente des deux. Et l'année en année, je n'ai jamais récupéré mon retard.

Au final, je me suis inscrite pour la réunion des guérisseurs, là où Kathie va. Je ne suis pas intéressée par le métier. Aider les gens alors que j'ai la sociabilité d'un caillou, c'est un peu trop me demander. Mais bon. Il fallait bien choisir quelque chose. Il y a beaucoup de Poufsouffle inscrits sur cette liste, alors je peux décemment croire que c'est aussi le cas dans les autres Maisons. S'il y a beaucoup de monde, je pourrais ne pas m'y rendre sans que ça se remarque.

Samedi 18 février 1978 : dans le parc

J'avais raison, la salle où se déroule la conférence à propos du métier de guérisseur est bondée. Tellement, qu'il y avait des élèves debout. Je suis entrée pour signer la liste de présence et je suis ressortie en prétextant que je devais aller aux toilettes. Toutes les réunions n'ont pas lieu en même temps et de toute façon, ça ne concernait que les 7ème année. Alors personne ne m'a demandé pourquoi je n'étais pas à ladite réunion.

La neige a complètement fondu. Cette année on aura pas pu patiner sur le lac. Dommage. J'aurais bien voulu, vu que c'est le dernier hiver que je passe ici. Le bonhomme de neige que j'ai fait avec Remus est encore là, en revanche. Le sort qui le faisait bouger s'est épuisé et il commence à être trop fondu pour qu'on puisse encore le qualifier de bonhomme de neige, mais il est encore là. L'hiver s'en va déjà. Ça veut dire que bientôt, il faudra quitter l'école. Je n'en ai vraiment pas envie.

En passant de hall, j'ai vu qu'il y avait une nouvelle sortie à Prés – au – Lard de prévue le 18 mars. Ce sera l'avant dernière de l'année. Peut être la dernière si on compte que les ASPICs ne sont plus très loin et que je n'irais peut être pas à celle qui aura lieu aux alentours de mai.

*Dans mon lit*

Je viens encore une fois de rentrer à une heure pas possible. Les Maraudeurs sont peut être des trublions sans foi ni loi, mais quand ils veulent quelque chose, ils sont intraitables. J'avais beau essayer de m'échapper de leur entraînement à l'occlumancie, ils n'ont rien voulu entendre. On reste dans cette maudite Salle sur demande à se triturer l'esprit plusieurs soirs par semaines et je commence à être crevée. Demain, je ne me lève pas avant midi, même si c'est la fin du monde.

Sirius a réussi à maîtriser à peu près la légilimancie alors il a fallu qu'on reprenne tout le début de l'occlumancie pour James qui s'y mettait à peine. Il a du mal. Moi, je perfectionne de plus en plus ma technique. Mais ça n'est vraiment pas encore ça. James a réussi à entrer dans ma tête. Quelle sensation désagréable. J'avais l'impression qu'on me grattait le cerveau avec des ongles. Ça me fait encore frissonner en y repensant. Il n'est pas allé bien loin mais quelle expérience déplaisante. J'ai l'impression de ne pas être en sécurité dans ma propre tête. N'importe quel légiliman pourrait y entrer à n'importe quel moment. Je ne suis pas rapide pour mettre en place ma protection.

En fait, leur volonté me porte. Sans eux, je ne serais jamais arrivée là. Je ne suis pas persévérante. J'ai tendance à vite abandonner quand je n'arrive pas à quelque chose. Avec eux quatre qui me harcèlent, je n'ai pas le loisir de laisser tomber. Sans eux, je n'aurais de toute façon jamais entrepris d'apprendre l'occlumancie et la légilimancie. Mais je suis contente d'avoir commencé. Tant qu'ils continueront à me soutenir, je commence à croire que je pourrais atteindre un niveau correct.

Je leur ai quand même demandé pourquoi ils s'acharnaient comme ça. Ils se plaignent que ça prend trop de temps. Ils voudraient progresser plus vite. Je ne comprenais pas pourquoi. C'est vrai, pour moi c'était juste une option, une nouvelle expérience, un petit plus. Pas une question de vie où de mort.

- Tu – Sais – Qui est un légilimen d'un niveau extrêmement élevé, m'a appris Sirius. Si on veut s'opposer à lui, il faut qu'on soit capable de se protéger. Dans un duel contre un légiliman, c'est toujours lui qui gagne parce qu'il peut voir dans ta tête quel sort tu vas utiliser.

- Vous voulez combattre le Seigneur des Ténèbres ? me suis –je épouvantée.

Et je le suis encore. L'idée de croiser un Mangemort me donne envie de cacher dans le premier trou venu. Mais alors leur chef suprême ? On raconte tellement de choses sur lui… Et ses partisans font tellement de choses terribles que je suis prête à croire tout ce que j'ai entendu. Qu'ils pensent seulement à se battre contre lui m'a terrifiée alors même que je ne suis pas concernée. D'un côté, j'aurais pu m'en douter. Sirius et James veulent devenir aurors.

- Oui, a férocement dit Sirius. On va entrer dans l'Ordre du Phénix et on va le tuer.

L'existence de l'Ordre est hypothétique. On en parle un peu partout, mais personne n'a vraiment confirmé qu'un tel regroupement de sorcier existait. Mais s'il est réel, je pense qu'il y a moins de personne qui rejoignent l'Ordre du Phénix que les Mangemort. Tu – Sais – Qui est terrifiant et il a la main basse sur toute l'Angleterre. Il faut être ou extrêmement courageux, ou suicidaire, pour vouloir intégrer l'Ordre.

- Tu as dit "Seigneur des Ténèbres", a relevé Remus. Seuls ses partisans l'appellent comme ça, non ?

- Je suis désolée mais toute ma jeunesse je n'ai entendu que cette manière de le désigner. Avant d'arriver à Poudlard, je ne savais même pas qu'on le nommait aussi Tu – Sais – Qui. Parfois, j'oublie. Je ne suis pas une de ses adeptes.

Mes parents trouvent les idées de Celui – dont – on – ne – doit – pas – prononcer – le –nom extrêmement intéressantes. Je sais qu'ils ont donné de l'argent pour sa cause. Même les mages noirs ont besoin de fric. Ils espèrent sans doute que l'un de leurs enfants, Oliver où Aileen deviendra un Mangemort. Et ils vont marier Queenie à l'héritier Black qui est une famille connue pour le soutenir activement.

- Je n'en ai jamais douté, je trouvais juste ça bizarre, m'a rassuré Remus.

- Tu comprends pourquoi c'est important qu'on soit vite au point ? m'a demandé James, la détermination se lisant dans ses yeux bruns. On quitte Poudlard d'ici quelque mois. Il faut qu'on soit prêts.

Je me suis contentée de hocher la tête. Je ne voulais pas poursuivre cette discussion. J'étais suffisamment effrayée comme ça. Je le suis encore. Ils sont peut être doués, mais je ne peux m'empêcher de me demander combien de temps ils vont réussir à survivre une fois qu'ils auront clairement affiché leur position. Je les trouve complètement fous. On est à peine majeurs !

Mais d'un autre côté, je comprends leur empressement. Si on me disait que dans moins de 6 mois je risquais de me trouver face à face avec le Seigneur des Ténèbres, je me dépêcherais aussi d'apprendre un maximum de choses et avec le plus d'efficacité possible. Je sens que je vais faire des cauchemars cette nuit.

Lundi 20 février 1978 : devant le bureau du directeur, en train d'attendre qu'il veuille bien nous recevoir, Gregory et moi.

Merlin, si on m'avait dit que je rencontrerais les parents de Greg dans une situation pareille, je ne l'aurais pas cru. C'est une journée qui a commencé comme un lundi normal. Tout le monde pestait parce qu'on devait se lever pour 3 heures d'Histoire de la Magie et tout le monde a dormi pendant le cours en question.

A midi, on parlait du cours de potion de l'après midi où il faudrait rendre notre composition pour la potion nécessaire à la mise en fonction d'une pensine et chacun s'apercevait avec angoisse qu'il avait quelque chose de différent du voisin. J'étais en train d'argumenter avec Anna et Tobias quand le courrier est arrivé. Greg a reçu la Gazette du Sorcier, comme tous les jours. Vu qu'il n'éprouvait aucun besoin de se joindre aux conversations qui l'entouraient, il s'est mis à lire le journal. Rien de bizarre jusque là.

Il a fallu que Kathie demande à mon ami s'il allait bien pour que je ne me retourne et vois qu'effectivement, il y avait un problème. Il avait perdu toutes ses couleurs. Je n'avais jamais vu quelqu'un d'aussi blanc. Il avait le regard vissé sur le journal. Je me suis penchée pour regarder ce qu'il lisait.

Coventry, nouvelle cible préférée des Mangemorts ?

Durant la semaine passée, les attentats portant la trace des adeptes de Vous – Savez - Qui se sont multipliés dans la ville de Coventry. Le Bureau des Aurors a fait déplacer ses employés, sans aucun succès, puisque la dernière attaque en date d'hier s'est soldée par la mort d'une famille de moldue et l'absence de capture des coupables. La présence d'inferi a également été signalée.

« Ils sont à la recherche de quelque chose. Il suffit de trouver quoi pour arriver à les neutraliser » a déclaré très doctement Alastor Maugrey, directeur du Bureau des Aurors quand nous l'avons interrogé avant de claquer la porte de son service au nez de nos journalistes. Après 8 attentats recensés durant les trois dernières semaines, la population sorcière est en droit de se questionner quant à l'efficacité des employés du Bureau des Aurors et à leur capacité à enrayer la crise. Le Ministre de la Magie n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet.

J'ai immédiatement vu le problème. Gregory évite de crier sur tous les toits où habite sa famille parce qu'il a peur que les élèves de Serpentard partisans de Tu – Sais – Qui décident de rendre une petite visite à ses parents pour s'amuser. Mais moi je sais qu'il habite à Coventry. Et cet article laissait supposer que ses parents pouvaient très bien compter au rang des victimes. Personne chez les moldus ne pourrait le contacter pour l'avertir. Greg a tourné son regard horrifié vers moi.

- Il faut que j'y aille.

- Ça marche, viens.

Je n'ai pas hésité un seul instant. Il a dit qu'il devait y aller, alors il allait y aller. C'était aussi simple que ça. Il est mon meilleur ami. Je ne connais pas sa famille, mais ce qui est important pour lui l'est pour moi. Je me suis levée et il m'a emboîté le pas. Je me suis dirigée vers la bibliothèque.

- Où tu vas ? s'est –il inquiété. Notre dortoir est de l'autre côté.

- Je sais. Je vais à la bibliothèque.

- Pourquoi ? Crystall c'est…

- Tais toi Greg. Tais-toi et contente toi de me suivre.

Et sa nature étant ce qu'elle est, il s'est exécuté. Je sais qu'il a en moi une confiance aveugle. C'est un fardeau, mais je préfère que ça soit sur moi que ça tombe plutôt que sur quelqu'un d'autre. Moi, je sais que je ne le ferais pas souffrir. Ou du moins pas intentionnellement. Il a pris son mal en patience quand j'ai cherché dans les rayonnages le bouquin que je voulais et quand je l'ai emprunté sous le regard suspicieux de la bibliothécaire qui croit qu'on va faire un feu de joie avec ses précieux ouvrages dès qu'on en emprunte un. Quand on est ressortis de la bibliothèque, je lui ai attrapé la main.

- On va aller voir Dumbledore pour lui dire qu'on va chez toi. On ne peut pas disparaître de la circulation comme ça. Après, on va sortir de l'enceinte de l'école et je nous ferais transplaner jusqu'à Birmingham. De là, on prendra le Magicobus jusqu'à chez toi.

- D'accord. C'est quoi ce livre ?

- "Charmes et Barrières". C'est un livre qui traite de toutes les protections que l'on peut appliquer à un lieu ou à une personne. Il couvre un large domaine d'action. Comme on va aller chez toi, autant en profiter pour apposer des protections autours de tes parents et de votre maison.

- On ? Tu viens avec moi ?

- Oui, je viens.

On est arrivés devant la gargouille qui garde l'escalier menant au bureau de Dumbledore. Par chance, il était déjà déployée alors on a pu monter dans l'antichambre du bureau sans user du mot de passe que je ne connaissais pas. Dans le cas contraire, on aurait dû passer par un prof et à cette heure – ci ils se rendent tous dans leurs salles de classe. Il aurait été difficile de les convaincre de nous donner le mot de passe, d'autant plus qu'on va sécher les cours. J'ai supposé qu'il y avait déjà quelqu'un avec le directeur et le déranger alors qu'il est en rendez-vous ne m'a pas paru une bonne idée, alors on allait devoir patienter. Après tout, on vient l'informer qu'on va partir. Et pour moi, ça implique avec ou sans son consentement.

- Ça pourrait être dangereux pour toi, m'a dit Gregory une fois qu'on a été assis.

- Pour toi aussi. Pas question que tu y ailles seul. Pas la peine d'essayer de m'en dissuader.

- Merci, s'est –il contenté de dire en posant la tête sur mon épaule. Je ne sais pas ce que je ferais sans toi.

Je n'ai pas répondu, parce que je n'ai pas de réponse. J'ai juste posé ma joue sur ses cheveux. Greg n'est pas quelqu'un qui prend des décisions. C'est un suiveur, pas un meneur. Si je n'avais pas été là, il aurait certainement encore été en train de paniquer à table. J'espère que Dumby va un peu se bouger le cul. Ça fait bien une demi-heure qu'on est là.

*Dans le Magicobus*

C'est pas facile d'écrire dans cette merde de bus. Je me rappelle maintenant pourquoi je déteste le prendre. Le pire, c'est que le chauffeur, Ernie il me semble, est un petit nouveau. Il nous secoue encore plus qu'on ne l'est déjà d'ordinaire. C'est une grande première pour Greg. Il ne savait même pas qu'un tel mode de transport existait chez les sorciers. J'ai l'impression qu'il se retient de vomir.

Dumbledore nous a reçu après 40 minutes d'attente. C'était Hagrid qui était à l'intérieur. Je me demande de quoi ils ont bien pu parler pendant autant de temps… Bref, toujours est –il qu'on est entrés dans son bureau.

- Que puis –je faire pour vous ? Vous devriez être en cours à cette heure – ci.

- Vous avez lu la Gazette ? lui ai –je demandé.

- Non, pas encore.

- Il y a eu de nombreuses activités de la part des Mangemorts à Coventry. Gregory habite là bas. Ses parents sont des moldus et on va aller chez lui pour apposer des protections autours de sa maison. Nous reviendrons le plus tôt possible.

J'ai parlé avec toute la conviction dont j'étais capable. Le regard bleu du directeur nous a transpercé pendant de longues minutes. Mais je l'ai soutenu. Il n'était pas question que je change d'avis !

- Très bien, Miss Etwhistle. Faites comme vous l'entendez. Je préviendrais vos professeurs.

- Merci, ai –je soupiré avec un soulagement palpable.

J'ai immédiatement saisi Greg par le bras et j'ai couru avec lui jusqu'à notre salle commune. Pas question de lui laisser l'occasion de changer d'avis. J'ai fourré dans mon sac de cours le livre que je venais d'emprunter, quelques vêtements au cas où, et surtout de l'argent sorcier. Greg avait des pièces moldues sur lui. On a ensuite dévalé la colline sur laquelle se trouve l'école jusqu'à se retrouver sur le quai de la gare de Prés – au – Lard. De là, il était possible de transplaner.

Je connais Birmingham. Il est toujours plus facile de transplaner vers un endroit qu'on connaît que vers un endroit inconnu. Si on ne connaît pas précisément sa destination, on peut atterrir à des endroits où il aurait mieux valu ne jamais poser le pied. Gregory voulait servir de guide pour qu'on transplane de Birmingham à devant chez lui, mais je n'ai pas voulu. Il a passé son permis de transplaner, mais ça n'est pas vraiment son fort. C'est triste à dire, mais je ne lui fais pas confiance pour guider notre transplanage. Il n'a jamais fait ça auparavant et ça n'est pas le moment de prendre des risques. On est la prochaine destination que va rallier le Magicobus. Je suis contente de descendre de là.

Lundi 20 février 1978 : dans la chambre d'ami de chez Gregory

Sa mère a failli faire une crise cardiaque en nous voyant sur le pas de sa porte. Avant même qu'elle n'ait compris que c'était son fils à qui elle venait d'ouvrir, il s'est jeté sur elle pour l'étreindre. Il avait vraiment cru que le pire était advenu. C'était la première fois que j'entrais dans une maison moldue. Elle est plutôt grande, et bien différente des bicoques que mes parents me montraient toujours pour illustrer l'infériorité des moldues par rapport aux sorciers. Sa famille n'est pas pauvre. Ils habitent en périphérie de Coventry, alors ils ont un grand jardin et même une piscine.

Sa mère avait les mêmes cheveux blonds que Greg et on retrouvait des similitudes frappantes dans leurs traits. Ils ont le même sourire. Quand Gregory lui a dit qui j'étais, son visage s'est illuminé et elle m'a serrée dans ses bras comme si on se connaissait depuis des années déjà. J'ai jeté un regard incrédule à mon ami qui s'est contenté de me sourire en retour. A moins que ça ne soit le soulagement qui le faisait sourire.

- Je suis enchantée de vous rencontrer Madame, lui ai –je dit.

- Pas Madame. Appelez moi Elisabeth, je vous en prie. Gregory nous a tellement parlé de vous que j'ai l'impression de vous connaître depuis des années ! Venez, entrez. Ne restez pas sur le palier !

Elle avait l'air ravie de ma présence. A peine a t –elle fermée la porte d'entrée qu'un chien, un labrador comme me l'a précisé Greg, s'est précipité sur moi. Il remuait la queue, alors je suppose qu'il ne voulait pas me manger, mais la mère de Gregory l'a quand même saisi par le collier pour qu'il ne me saute pas dessus. Il s'appelle Scouby. Ça ne m'évoque rien comme nom, mais apparemment il provient d'un "dessin animé".

Mon ami a dû remarquer que je ne savais pas ce qu'est un "dessin animé". Pendant que sa mère allait faire du thé il m'a tiré dans le salon et j'ai été présentée à un curieux objet appelé "télévision". C'est une boite rectangulaire sur laquelle apparaît des images mouvantes quand on l'allume. Elle fonctionne avec de … léclectricité je crois. Franchement, je comprends rien à comment ça marche.

J'ai aussi découvert comment les moldus s'éclairent la nuit. Ils appuient sur un "interrupteur" et une "ampoule" devient lumineuse. J'étais complètement perdue. Je le suis toujours d'ailleurs. Greg m'a regardé m'émerveiller de choses qui lui sont totalement familières et sa mère paraissait ébahie. En fait, j'ai la même réaction que celle qu'aurait n'importe quel moldu en entrant pour la première fois dans le monde de la magie. En tout cas, s'il y a bien une chose dont je suis sûre, c'est que les moldus sont extrêmement ingénieux. Ils n'ont pas de magie, mais ils réussissent très bien à palier ce manque.

- Alors, dites-moi ce qui vous amène ici ? nous a demandé Elisabeth une fois que j'ai cessé de me comporter comme une gamine et que nous étions autours d'une tasse de thé.

- La Gazette du Sorcier a rapporté qu'il y a eu beaucoup d'activités Mangemort en ville, a déclaré en toute simplicité Gregory. On est venus pour vérifier que vous allez bien et jeter quelques sorts de protections.

J'ai été étonnée qu'il expose les faits aussi simplement. Mais encore plus que cela inquiète sa mère qui n'a pas eu l'air un seul instant de se demander de quoi il parlait. Apparemment, il tient ses parents bien au courant de la situation dans le monde des sorciers. C'était un peu embarrassant qu'ils soient au courant de notre incapacité à gérer un tel problème alors qu'on a la magie.

- Crystall est plus douée en magie que moi, alors elle va m'aider. Nous repartirons après, a conclu Gregory.

- Pas tout de suite, j'espère ? s'est inquiétée Elisabeth. Ton père sera ravi de connaître ton amie. Faites donc ça demain.

- Non, on va commencer tout de suite. Mais on ne repartira sans doute pas aujourd'hui, non ? a demandé mon ami en se tournant vers moi.

- Exacte. Si ce n'est pas abuser de votre hospitalité, Elisabeth, je pense que je passerais également la nuit ici.

- Mais non voyons, vous êtes la bienvenue sous mon toit. Vous êtes aussi polie que Gregory nous l'a dit.

Je n'ai pas relevé quand elle a dit « polie ». Sérieusement, je crois que je suis l'une des Sang – Pure au langage le plus fleuri. Je ne vais pas me mentir : je jure comme un charretier.

- Il vous a parlé de moi ?

- Bien sûr. Depuis la première année je n'arrête pas d'entendre parler de vous tout le temps ! Il nous parle rarement d'autres élèves, mais dès qu'il est question de magie, votre nom revient toujours.

J'ai jeté un regard à mon ami qui a détourné le sien en rougissant. Je n'ai pas pu m'empêcher de trouver ça mignon. Je me doutais qu'il m'avait déjà évoqué de nombreuses fois devant ses parents, mais pas à ce point là. A vrai dire, si j'avais eu des parents qui avaient toléré une amitié avec un né – moldu, je leur aurais aussi rabâché les oreilles avec Gregory. Mais ça, il ne le sait pas.

Après le thé, Greg m'a fait faire le tour de la propriété. Scoubi était sur nos talons tout le long. J'ai laissé mon sac dans la chambre d'ami. La seule pièce qui détonne, dans cette maison, c'est la chambre de Greg. Il a un grand poster représentant l'équipe de Quidditch des Harpies de Holyhead en plein vol. Les joueuses se succèdent à tout de rôle au premier plan. Au pied de son lit se trouve un panier énorme pour Dragon, son chat. Il pourrait en mettre trois dedans.

Sur sa bibliothèque, il a aligné soigneusement tous les livres de cours qu'il a acheté durant ses 7 années à Poudlard en plus de ceux que je lui ai offert où qu'il s'est acheté lui-même. De vieux exemplaires de la Gazette étaient empilés dans un coin et un scrutoscope traînait sur sa table de nuit. Il l'a emmené à Poudlard un jour mais il ne cessait jamais de siffler, si bien qu'un de ses camarades de dortoir s'en est traîtreusement débarrassé en essayant de le noyer dans le lac. Greg l'a récupéré et réparé tant bien que mal, mais il ne l'a plus jamais ramené à l'école. Sur son bureau il y a un cadre avec une photo de lui et moi côte à côte. Elle ne bouge pas, et elle date un peu, mais j'ai été touchée qu'il l'ait gardée. J'en ai aussi un exemplaire et je l'ai collée dans un de mes carnets pour être sûre de ne pas la perdre.

On s'est installés à la table de la cuisine et on s'est penchés sur le bouquin que j'ai emprunté à la bibliothèque avant de partir. Nous devions choisir quels sorts nous allions utiliser. Il fallait que la barrière entoure la maison et résiste aux attaques magiques, mais pas qu'elle empêche les gens d'entrer dans le jardin, tout en arrêtant les mangemorts. Franchement, une fois toutes les conditions que nous devions réunir exposées, il ne restait pas beaucoup de choix quant aux protections. Un seul sort convenait parfaitement en fait. Et ça n'était pas le plus simple du livre. Je pensais qu'on allait pouvoir l'appliquer dès ce soir, mais il va nous falloir quelques essais avant de le lancer correctement. Apparemment il y a un terrain inoccupé et isolé pas très loin d'ici. On s'y rendra demain, Greg et moi, pour nous entraîner sans risquer de faire des dégâts.

Son père est entré aux alentours de 19h. Il n'est pas aussi grand que son fils (je me demande d'ailleurs d'où Gregory tient sa taille) mais ils se ressemblent indéniablement. Ils ont les mêmes yeux bleus et ils respirent tous les deux la bonne humeur. Ils font parti de ces gens avec qui on se sent tout de suite à l'aise. Il a aussi été enchanté de me rencontrer car il estimait qu'il était tant qu'on soit présentés. Il a aussi insisté pour que je l'appelle par son prénom, Richard. Il a dit qu'il m'aurait vu beaucoup plus impressionnante après tout ce que Gregory a raconté à mon sujet. Je n'ai pas su si c'était une blague où si je devais le prendre au sérieux et me vexer. Dans le doute, j'ai choisi d'en rire. Je me demande quand même quelles âneries il a pu dire sur moi durant toutes ces années.

Le dîner n'a ressemblé à rien de ce que j'avais l'habitude. Chez les Entwhistle, les repas de famille se font en silence et suivant l'étiquette stricte de la noblesse sorcière. Là, ils plaisantaient, parlaient de leur journée, donnaient leur avis sur ce qui passait à la télévision allumée… Ça ressemblait à un joyeux fatras, mais c'est le repas le plus chaleureux que j'ai jamais pris.

Je me suis sentie à l'aise parmi eux et j'avais l'impression de réellement faire parti de leur famille. On a regardé un "film" à la télévision après. Je n'ai pas suivi l'histoire parce que j'étais trop occupée à essayer de comprendre comment ils arrivent à faire tenir des personnes dans cette boite carrée. Il y a même des voitures qui roulaient dedans. Gregory m'a dit avec un grand sourire qu'un jour il m'emmènerait dans un endroit appelé "cinéma". Vu son expression, je ne suis pas sûre que je vais apprécier l'expérience.

Une fois seule dans ma chambre, j'ai quand même actionné la lumière plusieurs fois. C'est stupéfiant. Ça marche à chaque fois immédiatement. Je n'aurais jamais pensé dire ça un jour, mais le monde des moldus est tout bonnement fascinant.

Mardi 21 février 1978 : en attendant que Gregory fasse ses adieux et ses dernières recommandations à ses parents

Tôt ce matin, nous sommes allés sur le terrain vague dont m'a parlé Greg hier. C'était un endroit idéal. Il n'y aurait pas de témoin s si jamais tout ne se déroulait pas parfaitement. Je peux te dire, Journal, que ça n'a pas été une mince affaire que de maîtriser le sort que nous avons utilisé pour protéger sa maison. On a sué toute la matinée. Pendant nos quelques moments de pause, je regardais les avions dans le ciel. Comment les moldus peuvent –ils bien arriver à faire voler ces grosses boites de métal ? Gregory m'a assuré qu'il n'y avait rien de magique dedans, ce que j'ai beaucoup de mal à croire.

Nous avons appliqué la barrière magique durant l'après midi, tout en veillant à ce que personne ne nous voit. J'ai lancé un sort (inoffensif, cela va de soit) sur la maison pour la tester et ça l'a neutralisé. Je suppose donc qu'on a réussi. Richard est rentré plus tôt de son travail pour nous saluer avant notre départ. J'ai été invitée à revenir. Apparemment me connaître n'a pas déprécié ma petite personne à leur yeux. Je suis contente. Gregory et moi nous allons transplaner directement à la gare de Prés – au – Lard pour le retour. On pourra manger à Poudlard ce soir.

*De retour dans mon dortoir et mon lit*

Le directeur a tenu à savoir comment s'est déroulée notre mission. Il a eu l'air content quand on lui a répondu que tout c'était passé à merveille. C'est difficile de deviner ses sentiments avec cette énorme barbe qui cache la moitié de son visage. J'espère que les cours que nous avons loupés ne seront pas trop longs à rattraper.

Anna, Kathie, Tobias et les autres Poufsouffles qui ont bien entendu remarqué notre absence ont voulu savoir où on était. Mais on est restés motus et bouche cousue. J'ai entendu une rumeur bizarre qui disait qu'on s'était enfuis pour aller se marier. Et ça n'était pas la plus extravagante. Il y en a aussi une qui a prétendu qu'on était allé foutre une raclée aux Mangemorts. Sérieusement, je me demande d'où partent toutes ces rumeurs insensées. La personne derrière elles doit avoir une imagination plus que débordante.

Mercredi 22 février 1978 : à la bibliothèque

J'ai aussi eu le droit à un interrogatoire des Maraudeurs quant à ma disparition de 24 heures. Je me suis étonnée qu'ils s'en soient rendus compte et Sirius m'a fait remarquer que la dernière fois qu'ils n'avaient pas fait attention à ma présence où à mon absence, je leur avais fait la gueule. Il n'a pas tord.

Ce soir, entraînement dans la Salle sur Demande. Je les ai déjà prévenus que je ne viendrais pas pour la simple et bonne raison que je dois rattraper une journée et demie de cours et que le fait qu'on les ait loupées pour une bonne cause n'a fait ni chaud ni froid aux profs. On pourrait pourtant s'attendre à un peu plus de compassion de leur part !

Dimanche 26 février 1978 : dans les tribunes du stade de Quidditch

C'est le premier entraînement de notre équipe depuis décembre dernier. Notre dernier match de la saison sera contre Serpentard et aura lieu mi mars. Et il y a du boulot. On dirait que les fêtes de Noël ont rendu tous nos joueurs gros, gras, paresseux et lents autant dans leur geste que dans leur réflexion. C'est un peu malsain de ma part, mais je dois avouer que j'adore les engueuler.

L'hiver tire vers sa fin, on le sent. Le vent n'est plus glacial et les joueurs ne protestent plus quand ils doivent enfourcher leurs balais.

Mardi 28 février 1978 : dans mon lit au réveil

Avec ce dernier jour de février est arrivé mon anniversaire. Si seulement je pouvais décider de rester dans mon lit aujourd'hui. Je sens que la journée va être pourrie. Déjà, il y a une espèce brouillard déprimant qui recouvre tout à l'extérieur. Même le temps semble contre moi. Le mardi est la journée de la semaine où j'ai cours le plus longtemps en extérieur... J'ai deux heures de soin aux créatures magiques ce matin et deux heures de botanique cet après midi.

*Dans la salle de bain des préfets*

Je n'arrive pas à croire que depuis ma dernière visite le mot de passe n'ai pas changé. Pour le cours de botanique, la prof a décidé que nous irions barboter dans le lac. On est restés pendant presque deux heures avec de l'eau jusqu'aux genoux et les pieds enfoncés dans la vase à tel point qu'on avait du mal à faire un pas. Mais apparemment, c'est la période idéale pour récupérer une plante aquatique utilisée pour préparer de nombreux remèdes dont celui destiné à accélérer la guérison des blessures magiques. Ces plantes ne fleurissent que durant une semaine par an. Chourave a ajouté qu'il fallait absolument que nous en trouvions un maximum parce que Madame Pomfresh a besoin d'un nouveau pot de cette pommade. On cherchait de toutes petites fleurs jaunes. Elles sont jolies à regarder, mais dès qu'on les sort de l'eau elles dégagent une odeur épouvantable. La même que la pommade que j'ai volé à l'infirmerie pour Sirius.

C'est un mécanisme de défense très efficace. Chourave a beau avoir prévu le coup en mettant à notre disposition des bassines d'eau où déposer nos échantillons, ça n'a pas servi à grand-chose. Je n'ai trouvé qu'une seule de ces plantes et mes mains puent comme de la bouse de troll. Le bout de mes doigts est coloré de vert. Et ce peu importe le nombre de lavage que j'ai pu faire.

A la fin du cours, plus aucun élève ne sentait ses pieds. La prof s'est alors étonnée qu'aucun de nous n'ait eu l'intelligence de se jeter un sort pour nous préserver du froid de l'eau. Moi, je suis plutôt étonnée qu'elle ne nous en ait pas parlé avant.

Je suis donc en ce moment en train de prendre un bain de pied dans la salle de bain des préfets en compagnie de Gregory qui en est encore à se demander comment je peux connaître l'endroit. Ça fait bien 10 minutes que nos pieds barbotent dans l'eau bouillante. Ils commencent à me faire moins mal, mais je ne sens toujours pas mes orteils.

Gregory m'a souhaité un joyeux anniversaire dès ce matin, mais il n'a pas voulu me donner mon cadeau. Il a dit que je devrais attendre ce soir pour ça. Il n'a jamais exigé une telle chose jusque là. Du coup, je me demande ce qu'il a bien pu me choisir comme cadeau cette année. Il est le seul à m'en faire.

*A la bibliothèque*

Ai –je déjà mentionné que j'adore Lily Evans ? Tout à l'heure, elle est passée en vitesse et elle m'a donné un mouchoir imprégné d'essence de rose. En frottant le mouchoir sur mes doigts, non seulement la couleur verte à disparue, mais en plus l'odeur s'est évanouie comme par magie. Elle a aussi eu le droit à la cueillette de ces plantes à la con hier et la prof leur avait précisé à eux comment se débarrasser de l'odeur et de la couleur. Du coup, la fille qui avait un parfum à la rose chez les Gryffondors s'est faite dévalisée.

Haa, c'est tellement relaxant pour mon nez de ne plus sentir cette odeur immonde. A midi j'ai été obligée de me jeter un sort pour que je ne sente plus aucune odeur. Mon repas en est devenu insipide, mais au moins je n'avais pas envie de vomir à chaque fois que j'approchais ma fourchette de ma bouche.

*Dans mon lit*

Je retire ce que j'ai dit ce matin. La journée a mal commencée, mais elle n'est pas aussi pourrie que je l'ai pensé. Ha, je suis encore toute excitée et j'ai tout sauf envie de dormir.

Après le dîner, j'avais prévu de rentrer au dortoir pour aller me coucher tôt et en finir rapidement avec cette journée. J'avais à peine retiré mon uniforme pour passer un pyjama qu'Anna m'a prévenue que Greg voulait me parler. Comme les garçons ne peuvent pas monter dans les dortoirs des filles, j'ai dû redescendre jusque dans la salle commune. Il m'a demandé si je voulais bien l'accompagner jusque dans la salle de sortilège où il avait oublié son manuel.

Ça ne m'a pas paru bizarre comme demande même si je ne me rappelais pas avoir vu un livre traîner. Je lui ai fait remarquer qu'il pourrait y aller avec Tobias qui était encore habillé, mais ce dernier a soudainement semblé très occupé. Je ne savais pas que Greg avait dit à tout le monde que c'était absolument moi qui devait l'accompagner. Les Poufsouffles ne se déplacent jamais seuls dans les couloirs après le dîner. C'est le moment où les futurs Mangemorts cherchent des divertissements pour la soirée. Comme si la nuit les rendait plus créatifs.

Le couvre feu n'était pas encore passé, alors il y avait encore plein de monde dans les couloirs. Des élèves qui allaient en salle d'étude, d'autre qui profitaient leur soirée pour participer à différents club où simplement flâner.

- La salle de sortilège n'est pas par ici, lui ai –je fait remarquer au bout d'un moment.

- Ah oui.

C'est là que j'ai commencé à me douter que quelque chose. Parce qu'il n'a pas pour autant changé de direction. Je lui ai jeté un regard interrogateur, mais il y est resté joyeusement indifférent. Comme je lui fais confiance, je n'ai pas fait de nouvelles remarques. Mais j'étais quand même sur mes gardes. On entendait des rires qui résonnaient dans le couloir et on est entré dans la salle d'où ils provenaient. Je me suis figée.

Il y avait une grande banderole qui disait « Joyeux Anniversaire » et les rires venaient des Maraudeurs et de Lily. Je suis restée ébahie, et je me suis vraiment demandée ce que c'était que tout ça. Lily s'est jetée sur moi et m'a serrée contre elle en me souhaitant un bon anniversaire.

- Ferme la bouche, ça n'est pas très élégant, m'a t –elle fait remarquer avant de s'écarter.

- Qu'est ce que vous faites là ? me suis –je enquis.

- A ton avis banane, qu'est ce qu'on fait là ? m'a demandé James en s'approchant.

- Ouais, après une journée, on va enfin pouvoir t'engueuler de ne pas nous avons dit que c'était ton anniversaire, a renchéri Sirius.

- Ça a vraiment de l'importance ? Je ne connais pas vos dates d'anniversaire non plus.

- 27 mars, m'a dit James.

- 6 juin, a poursuivit Sirius. Alors maintenant tu es obligées de nous offrir quelque chose !

Remus c'est le 10 mars et Peter le 27 octobre. Voilà, je n'ai pas d'excuse si jamais j'oublie leur anniversaire, comme ils me l'ont fait remarquer. On était en train de plaisanter (je n'en reviens toujours pas qu'ils aient préparé une petite fête rien que pour moi), quand on m'a tapoté l'épaule. Je me suis retournée et j'ai dû baisser les yeux pour me retrouver face à Oliver. Je ne l'avais même pas vu. Je ne m'attendais pas non plus à ce qu'il soit là. C'est sa présence à lui qui m'a le plus fait plaisir.

Mon petit frère est le seul membre de ma famille qui continu à me fréquenter. Aileen, ma petite sœur qui a 10 ans, ne m'a jamais adressé la parole. Elle avait à peine 3 ans quand j'ai été mise en disgrâce. Pour elle, je n'existe pas. Quant à mes parents et à Queenie… Tu sais ce qu'il en est, Journal. J'ai serré Oliver contre moi avec un grand sourire. Il n'est pas resté, il a dit qu'il était juste venu pour me souhaiter un joyeux anniversaire et qu'il avait encore du travail. C'est bien un Serdaigle.

C'est le premier anniversaire digne de ce nom auquel j'ai droit depuis des années. Je me disais que ça n'avait pas d'importance, mais j'ai quand même été très contente. J'en avais complètement oublié que j'étais censée recevoir un cadeau. C'est Gregory qui me l'a tendu. Il s'agissait d'un petit écrin qui devait forcément contenir un bijou.

- On s'est cotisés tous les 6 avec ton frère pour te l'acheter, m'a précisé Remus avec un sourire.

Il s'agissait d'un collier. Au bout d'une chaînette finement ouvragée d'or blanc pendait une pierre transparente en forme de larme. Et au milieu de la larme, il y avait une volute bleue mouvante comme si l'intérieur du pendentif était liquide. Ce qui n'est absolument pas le cas. Là je peux vous dire que je suis restée sur le cul.

- Ça n'est quand même pas un cristal de Brandwyn ? ai –je demandé d'une voix qui m'a paru suraiguë.

En réalité, il ne s'agit pas d'un cristal, mais on lui a donné ce nom à cause de l'apparence cristalline que cette pierre a. Et Brandwyn est le nom de famille du sorcier l'ayant découvert. A ma connaissance, l'extraction de cette pierre magique a cessé depuis plus d'un siècle quand la seule mine où on la trouvait a été colonisée par toutes sortes de créatures attirées par la magie qui se dégageait du filon. Se déplacer dans les galeries devenait suicidaire.

Ces pierres sont extrêmement rares et on leur prête beaucoup de propriétés magiques sans qu'aucune n'ait jamais été démontrée. Mais elles sont magnifiques et coûtent extrêmement cher. Je n'ai même pas envie de savoir combien leur a coûté un morceau aussi minuscule. Certainement plus que le raisonnable.

- Si, m'a confirmé Sirius visiblement très satisfait de ma réaction.

- Gregory nous a dit que tu n'as jamais reçu de bijou à ta majorité, a poursuivi James très sérieusement. Nous qui venons de familles de sorcier, on sait très bien quelle est l'importance de cette tradition. On ne pouvait décemment pas laisser ça comme ça.

Cette tradition d'offrir une montre aux sorciers et un bijou à une sorcière à sa majorité est si vieille qu'aucun historien n'a réussi à en trouver l'origine. Elle est quelque peu tombée en désuétude avec le nombre de né – moldu toujours croissant qui arrivent dans la société sorcière et qui ignorent tout de ça. C'est l'une des raisons pour lesquels ils sont méprisés par les familles qui suivent encore ces coutumes vieilles comme le monde. Mais disons qu'un né - sorcier qui ne reçoit pas ce présent de sa famille est … Hé bien, il vaudrait mieux pour lui se suicider, selon certains des sang – purs les plus extrémistes.

Que mes amis m'offrent un tel présent avait aussi une autre signification : ils décidaient de me tenir lieu de famille. Seuls les membres d'une famille peuvent faire un cadeau pour cette occasion. Pour Gregory, ça ne m'a pas étonné, après tout je lui ai offert sa montre pour son 17ème anniversaire. Mais venant des autres, ça m'a choquée. J'ai cependant décidé que ça n'avait pas d'importance. Pourquoi me compliquer la vie alors que j'étais contente ? L'instant n'aurait pas pu être plus parfait.

Alors j'ai simplement serré tout le monde dans mes bras et j'ai déposé un bisou sur leur joue. Sans réserver pour Greg, Lily, James et Remus. J'ai à peine touché Peter. C'est celui des Maraudeurs pour lequel j'ai le moins de sympathie et il ne m'aime pas tellement. Je crois que je l'effraye un peu. Je dois avouer que j'ai un peu hésité devant Sirius, sans que je ne comprenne vraiment pourquoi. Je m'en suis rappelée au moment où il a tourné la tête pour que mes lèvres rencontrent les siennes au lieu de sa joue. J'ai immédiatement bondi en arrière, quelque peu déboussolée et j'ai lutté pour ne pas rougir. Je ne m'y attendais pas et ça n'a pas été désagréable. Avant que j'ai pu décidé quelle attitude j'allais adopter, il m'a souri et a dit :

- C'était un cadeau supplémentaire.

Je ne sais pas pour les autres, mais lui j'étais certaine qu'il avait remarqué mon embarra et que ça l'amusait beaucoup. J'ai fermé les poings, décidant que la colère était toujours une réaction de secours correcte (hors de question que tout le monde se rende compte de ma gêne) et j'ai déclaré :

- Ne me dis pas que tu as vraiment fait ça.

- Si.

J'ai compté dans ma tête jusqu'à 5, mais j'aurais très bien pu aller jusqu'à 10 000 que je ne me serais pas calmée maintenant que j'avais délibérément choisi d'être en colère.

- Sale vermisseau putride, tu vas regretter le jour de ta naissance une fois que je t'aurais chopé !

Je n'ai finalement pas réussi à l'attraper, mais j'y serais arrivée si Lily et Greg ne s'étaient pas alliés pour me retenir. Sirius a fait ses excuses, mais comme il était mort de rire, je n'arrive pas à croire qu'il ait un instant été sérieux. J'ai eu des envies de meurtre. Mais j'ai fini par laisser tomber. Mon nouveau collier (que je me suis promis de ne jamais quitter) autour du cou, j'ai passé une excellente soirée. McGo qui avait apparemment été mise au courant pour cette petite fête improvisée est venue nous chasser gentiment de la salle de classe quand l'heure est devenue indécente selon elle.

Avec ce collier, j'ai un peu eu l'impression qu'on m'a rendu ma dignité et que je peux de nouveau marcher la tête haute. Je vais faire un peu de méditation avant de me coucher, histoire de me calmer. Dans mon état, je ne pourrais jamais fermer l'œil.


A suivre...