Debout, les bras croisés devant l'entrée de sa demeure, Toneri attendait patiemment Hinata. Quand celle-ci avait appelé pour lui dire qu'elle acceptait finalement dîner avec lui, il s'était senti revivre. Étrangement, cette femme lui apporter quelque chose qui lui manquait et dont il avait besoin.

Il vit la voiture passer le portail et se garer. Il s'y précipita pour ouvrir la portière arrière, offrant sa main à la jeune femme. Dieu qu'elle était délicieuse !

- Ouah ! S'écria-t-il en l'aidant à descendre. J'ai toujours su que vous étiez belle mais là vous êtes étourdissante.

Hinata sentit le rouge lui monter aux joues et son cœur redoubler de battements.

- Merci, vous n'êtes pas mal non plus !

Toneri esquissa un sourire radieux devant la gêne de la jeune femme.

Ce fut main dans la main, qu'ils se rendirent dans le salon où brûlait une magnifique flambée dans la cheminée.

Toneri l'entraîna vers une table magnifiquement dressée, et il tira la chaise pour qu'elle y prenne place. Tel un gentleman, il repoussa sa chaise.

Le dîner se passait à merveille. Ils discutaient si facilement. Hinata s'était même mise à sourire à plusieurs reprises.
- Comment en êtes-vous arrivé là ? Enfin… Je veux dire comment avez-vous réussi votre carrière.
- Et bien, j'ai accumulé les diplômes et ensuite j'ai bâti mon entreprise et maintenant je suis un milliardaire accompli, et déterminé.

Elle le trouva en train de la regarder de nouveau, presque en train de la dévorer du regard. Elle reporta ses yeux sur son assiette.

- Et vous Hinata ?
- Moi ? Pas grand chose à vrai dire. J'ai travaillé comme femme de chambre pendant des années, j'ai par la suite suivi une formation pour devenir secrétaire.
- Vous n'avez pas fait d'étude ?
- Si. Des études littéraires, mais à la mort de mon père, j'ai abandonné mes études pour m'occuper de ma sœur.
- En gros, vous vous êtes sacrifiée pour elle.
- C'est ça. Et je n'ai aucun regret, aujourd'hui elle a un poste haut placé dans une grande société. Je suis très fière de ce qu'elle est devenue.

Il hocha de la tête pensivement avec un faible sourire en coin.

- Vous savez, vous me faîtes penser à ma mère, lâcha-t-il.
- Ah bon ?
- Oui, elle aussi a fait beaucoup de sacrifice pour m'apporter une bonne éducation.
- Mais qu'en est-il de votre père ?

Soudain, elle regretta d'avoir posé cette question. Se souvenant des paroles crus qu'il avait tenu lorsqu'ils avaient parlé de lui.

- Mon père aimait coucher avec les femmes. Ma mère travaillait comme domestique chez lui. Elle est devenu sa maîtresse, mais dès qu'elle est tombé enceinte. Il l'a quitté en l'accusant de mentir. Des années plus tard, j'ai trouvé qui il était et je suis allée le rencontrer. Il m'a dit la vérité et m'a jeté comme un déchet c'était comme si il voulait que je disparaisse de sa vue.

Elle en eut la chair de poule, mais sentit aussi son cœur se serrer. Cet homme avait dû vivre des choses inimaginables et pourtant il avait réussi à s'en sortir.

- En tout cas, votre mère doit être très fière de vous, déclara-t-elle en prenant une bouchée de son plat.

Il ne dit rien, se contentant d'un simple hochement de la tête et ne la quittant pas du regard, ce qui accentua son trouble. Elle n'était pas sûre de pouvoir survivre à ce dîner.

Le dîner terminé, ils se promènerent dans l'immense jardin où trônait un magnifique arbre de Noël. Ce dernier était sans contestation le plus beau qu'elle n'ait jamais vu.

- Cet arbre est vraiment magnifique, s'extasia-t-elle en s'avançant pour le toucher.

Toneri, lui ne bougea pas, préférant la contempler. Il comprenait à présent pourquoi Naruto était tombé amoureux d'elle car il lui arrivait la même chose en cet instant.
Il aimait la voir rougir, et il aimait sa voix angélique, captivante, douce comme un murmure.

- Tout est vraiment beau, on se croirait dans un rêve, ajouta-t-elle en se retournant vers lui.
- Vraiment ? Demanda-t-il en s'approchant dangereusement d'elle jusqu'à combler l'espace entre eux.
- O... oui.

Sans crier gare, sa main se logea contre sa joue et agrippa quelques mèches de ses cheveux.

- Vos yeux m'hypnotisent, Hinata...

Incapable de résister à ses pulsions Toneri se pencha et posa ses lèvres sur les siennes. Elles étaient d'une précision parfaite. Si douce et sucrée, enivrante et hésitante en même temps.
Hinata résista un court moment puis pressa timidement ses lèvres contre les siennes pour enfin les ouvrir pour lui.
Quand leur baiser s'était approfondi, telle fut la surprise de la voir se reculer brutalement les joues colorées tout en cherchant à vaincre sa prise sur ses joues. Toneri se recula à contrecœur et se redressa instantanément en gardant le goût de ses lèvres sur les siennes.

- On n'aurait pas dû faire ça je...
- Au contraire, il y a longtemps que je voulais t'embrasser et je n'y tenais plus.

Perturbée par le tutoiement qu'il avait subitement employé avec elle, Hinata ne savait plus comment réagir.
Ainsi il la désirait ! Et ne cherchait même plus à s'en cacher !

- Quels homme, intransigeant et aussi puissant dans le monde rêverait d'avoir une femme enceinte dans les pattes !

Il fronça des sourcils comme si ce qu'elle venait de dire était dérisoire et absurde.

- Moi.

Elle cilla plusieurs fois des yeux. N'osant pas croire ce qu'elle venait d'entendre.

- Toneri je ... je suis désolée mais que je ne veux pas me lancer dans une relation autre que amical avec vous. Je ne suis pas prête.
- À cause de Naruto ? Parce-que tu attends son enfant ?
- Non... c'est juste que je sors d'une rupture douleureuse. Alors il me faut du temps.

Elle se pinça la lèvre visiblement mal à l'aise.
Toneri inspira lentement.

- Très bien, approuva-t-il. Mais je ne me m'excuserais pas de t'avoir embrasser.

Il plongea son regard dans le sien.

- Je ne m'excuse jamais pour les choses que je ne regrette pas.

Quelques minutes après, Toneri l'accompagna jusqu'au hall. Avant qu'elle ne parte, il se retourna pour se saisir d'un paquet.

- C'est pour toi...

Elle le prit d'une main hésitante.

- Il ne fallait pas.
- C'est un cadeau de Noël, j'espère qu'il te plaira.

Dans l'ombre d'un sourire courtois, elle le regarda, les joues colorées.

- Joyeux Noël Hinata.

Quand elle releva ses yeux saisissants dans les siens, Toneri en fut bouleversée. Elle était si belle !

- Joyeux Noël Toneri.

Quand elle se retourna complètement, il saisit son coude pour la retenir.

- Saches que je ne lâche pas si facilement Hinata...

Au lieu d'attendre sa réponse, Toneri quitta le hall d'un pas vif, dans l'espoir que ce petit commentaire l'aide à réfléchir.

- Konohamaru, je suis ton frère, dis-moi la vérité. Exigea Naruto en tapant du poing sur le bureau de celui-ci.
- Tout ce que je peux te dire c'est que hier soir, elle était incroyablement belle. Et que si elle était avec un homme et bien celui-ci avait beaucoup de chance.
- Tu le fais exprès !

Naruto le foudroya du regard. Mis au courant par Shizune, que Hinata avait passé la soirée en dehors de la Villa. Il s'était précipité dans le bureau de son frère cadet afin d'avoir des réponses.

- Je ne te comprends pas Naruto. Où est le problème si Hinata voit un autre homme ? Vous êtes divorcé.
- Non pas encore, le divorce n'a pas été prononcé.
- Et alors ? " Elle n'est plus ta femme ", c'est toi-même qui le lui a dit quand tu la quitté.

Durant un long moment, Naruto resta silencieux. Lui-même ne savait trop comment expliquer son besoin ardent de savoir avec qui Hinata avait passé la soirée.

- Dis-moi Naruto, reprit Konohamaru. Est-ce que par hasard tu aurais toujours des sentiments pour elle ?
- Quoi ? Bien sur que non ! Qu'est-ce qui te prend de me demander ça ?!

Konohamaru leva les mains en signe d'excuse.

- Calme-toi je disais cela juste pour savoir, car tu agis de la même manière que moi lorsque je vois un homme s'approcher de trop près d'Hanabi. Poussant un juron, Naruto faisait les cent pas, marchant comme un fou entre deux réflexions.
Konohamaru le suivit du regard, pour lui il était clair que son frère ressentait encore des choses pour Hinata, même s'il le niait. La preuve, il réagissait comme un mari jaloux.

- Quant est-il de tes recherches ? Lui demanda-t-il pour changer de sujet.
- Toujours rien, répondit Naruto. Mais Gaara est sur le coup.
- Il ne va pas tarder à le trouver. J'en suis certain.

Konohamaru prit un dossier sur son bureau et le lui tendit.

- Nous sommes désormais propriétaire d'un site exceptionnel de dix hectares en bord de mer.

Naruto consulta le documents et écarquilla des yeux en voyant le nom de l'ancien propriétaire.

- Comment as-tu fait pour le convaincre ? La dernière fois que j'ai négocié avec lui, il m'a clairement fait comprendre que si je ne sortais pas avec sa fille et que je ne la prenais pas pour épouse, il ne me vendrait pas son terrain.

- Carrément ? Rit Konohamaru.
- Je te jure. Ce type se croit au XVIIIème siècle.