Et voilà un autre chapitre traduit par mes pitits soins pour me faire pardonner de ma longue absence et vous prouver que je ne vous abandonnerai pas !

De plus, je tenais à vous remercier concernant les nombreuses reviews sur mon travail de traduction. Oui parce que je le rappelle mais certains continuent à penser que c'est moi qui ai imaginé cette merveilleuse histoire ^^

Précédemment :

Lorsque le cours fut terminé, il prépara un lot de scarabées noirs à écraser en poudre pour Potter durant sa retenue du soir même, avec des explications explicites écrites, puisqu'il ne serait pas là pour la superviser. Étonnamment, il savait qu'il pouvait faire confiance au garçon pour faire sa retenue comme convenu.

Lorsque Harry arriva au bureau de Snape pour sa retenue, à sept heures le vendredi soir, il n'y eut pas de réponse lorsqu'il frappa et un court test de la poignée lui confirma que la porte était fermée. Puis il remarqua la pièce de parchemin accrochée au mur, à côté des heures de présnece de Snape et le « Ne Pas Déranger Sous Peine de Flagellation ». Les initiales de Harry étaient sur le parchemin, donc il arracha le message de la porte. L'écriture à l'intérieur était étroite, revêche et oblique, et Harry eut de la peine à la déchiffrer.

Monsieur Potter,

Votre travail pour ce soir est écrit dans ma salle de classe. J'ai temporairement changé le mot de passe pour vous laisser y avoir accès, nommé d'après l'infusion que vous sembliez ne pas connaître ce matin. Cependant, maintenant, vous le connaissez. En retour, je m'attends à retrouver le travail fait et propre.

Ne me décevez pas.

S. Snape

Etrange, pensa Harry. Mais il n'y pensa pas plus longtemps et se dirigea vers la classe de Potions, qui s'ouvrit après prononciation du mot « Armoise », le laissant entrer. Sur une table près du premier rang, il y avait un pot de scarabées, quelques petits flacons de verre, et un mortier et un pilon. Des instructions sur la méthode pour broyer les scarabées et combien allaient dans chaque flacon étaient sur un autre morceau de parchemin posé près du pot, avec la petite écriture du Professeur.

Avec un soupir, Harry se mit au travail. Utilisant une petite cuillère, il déplaça les scarabées depuis leur contenant initial jusqu'au mortier puis attrapa le pilon avant de les réduire en poudre puis de les mettre dans les flacons. Il fallait trois pleines cuillère de poudre pour remplir chaque flacon à moitié, comme ordonné, et Harry se perdit bientôt dans ce travail répétitif et monotone.

Ses pensées dérivèrent vers les derniers jours passés, et les hauts et les bas de son premier jour à l'école. Du fait d'avoir failli être expulsé jusque cette session avec Flint sur le terrain de Quidditch, où le grand Préfet lui avait d'abord expliqué les différents rôles dans l'équipe, puis l'avait regardé, bouche grande ouverte, alors que Harry attrapait le Vif d'Or encore et encore. A l'heure du dîner, Flint donna même une tape dans le dos à Harry lorsqu'il atterrit après son dernier essai, et lui a souri pour la toute première fois.

« Très bien, Potter. Cette Coupe sera à nous pour sûr cette année. »

Toujours aussi heureux au dîner, il faillit oublier qu'il avait une retenue juste après, et dût se dépêcher pour arriver à l'heure. Puis le professeur avait été si bizarre, en le regardant hacher ces dégoûtants vers... les Veracrasses, c'était ça ? D'où sortait ce nom ? L'intérieur de ces créatures était plein de la gélatine la plus écœurante que Harry avait jamais eu la malchance de toucher. Malgré tout, son livre de cours disait qu'ils étaient utiles pour épaissir les potions, donc il supposa qu'il allait devoir s'y habituer. Si possible.

Snape l'avait étudié alors qu'il travaillait il avait senti ses yeux noirs sur lui pendant toute la retenue. Et puis, lui demander si c'était un chef cuisinier, et dire que Harry avait été affamé par les Dursleys...

Comme s'il en avait quelque chose à faire.

Et toute cette polémique avec Draco, et comment utiliser l'information contre lui. Comme si ça faisait quoi que ce soit à Harry que Draco avait peur de son père. Ce n'était pas comme si Harry ne pouvait pas comprendre que quelqu'un pouvait avoir peur des adultes. On ne pouvait pas faire confiance à un adulte, il savait ça. Mais il n'allait pas utiliser quoi que ce soit contre Draco, peu importe combien Draco savait à propos des Dursleys ou combien de fois Harry était allé à l'infirmerie. Ce n'était juste pas fair-play.

Mais il pensait que Draco n'était pas un idiot, et avait espéré qu'ils puissent être amis. Ils s'étaient plutôt bien entendus dans l'ensemble, excepté pour cette course avec le Rapeltout, donc ça lui faisait du mal de penser que Draco s'était moqué de lui en classe aujourd'hui, lorsqu'il ne pouvait pas répondre aux questions de Snape. Comme s'il avait ne serait-ce qu'une idée de l'existence de toutes ces choses. Il avait eu ses livres au Chemin de Traverse avec Hagrid et avait à peine eu la chance de les déballer, avec tous les regards et les reniflements des Dursleys jusqu'à ce qu'ils le larguent à King's Cross. Il avait lu ce qu'il pouvait depuis qu'il était arrivé à Poudlard, mais avec toutes ses retenues, plus l'habitude à prendre du château, des classes et de la magie, il avait à peine eu le temps de respirer certains jours, donc de là à apprendre un texte de potions...

De plus, Teddy lui avait dit plus tard qu'aucune de ces choses n'étaient dans le premier tiers du livre, et donc personne ne pouvait s'attendre à ce qu'il sache la réponse. Comment Miss Granger savait tout ça était l'interrogation de tout le monde. Teddy avait quelques théories, la plupart ayant trait à sa possible habitation dans la bibliothèque, avec des livres pour oreiller, lit, couverture, et même des toilettes... Ces derniers étant réservés aux livres d'histoire de la magie, bien sûr.

Harry fut reconnaissant envers Teddy, et il évita Draco pour le restant de la journée. Il avait noté que Crabbe et Goyle avaient ricané avec Draco, de même pour Zabini et Pansy Parkinson. Mais pas Millicent, pas Teddy, et ni Neville Longdubat ou encore Ron. A la place, le roux avait sembla presque en colère contre Snape, et ce au nom de Harry ! Cette pensée éclaircit son humeur, qui était plutôt au trente-sixième dessous depuis que Snape s'était fichu de lui devant tout le monde. Il aurait pensé que l'homme serait juste il disait qu'il n'avait pas de favoris, pas vrai ? C'était la chose la plus décevante qui avait eu lieu de tout le cours, après tout. Et il avait attendu avec impatience les potions.

Regardant dans le pot, Harry se rendit compte qu'il avait fait plus de la moitié de son travail en à peine une heure. Peut-être qu'il aurait la chance d'étudier cette nuit finalement avec son groupe, plutôt que d'avoir à se lever tôt et à faire son travail dans son lit. Demain, on était Samedi, cependant, donc peut être qu'ils quitteraient le groupe plutôt et feraient à la place des batailles de Cartes Explosives ou d'Echecs Magiques.

Il était juste passé neuf heures lorsqu'il finit enfin, les flacons de scarabée pilé alignés précisément sur la table, cette dernière essuyée. Il ferma la porte, incertain de s'il devait la refermer, ou de si ça allait se faire automatiquement, et décida finalement de la laisser fermée comme ça, se disant que Snape lui aurait dit s'il avait à faire quoi que ce soit de spécial en partant.

Il s'en retourna vers la Salle Commune de Serpentard, passant à travers plusieurs couloirs tordus sur le chemin. C'était facile de se perdre ici. Plus facile que dans le reste du château. Les torches – ensorcelées pour brûler éternellement – ne diffusaient pas autant de lumière que ce à quoi on s'attendait, en marchant dans des cachots, et la lumière vacillante pouvait faire apparaître des ombres à des endroits bizarres, donc parfois on pouvait même rater un tournant.

Harry y était presque habitué à présent, mais ses pensées étaient toujours en train de courir loin de lui avec tout ce qui lui était arrivé ces derniers jours, et il ne réalisa pas jusqu'à ce qu'il se retrouve dans une impasse qu'il avait dû rater un tournant quelque part.

Retournant sur ses pas, il se retrouva face à face avec... le visage transparent du Baron Sanglant.

Du sang d'argent couvrait les mains et vêtements du Baron, et son visage, aussi éclaboussée d'une giclée d'argent, était toujours d'une expression de grande peine. Un trou béant dans sa poitrine laissait s'échapper un flot incessant de sang argenté, qui en fait disparaissait avant même de toucher le sol. Les chaînes enroulées autour du torse du fantôme grinçaient lugubrement, malgré le fait qu'il flottait juste en face de Harry.

« Harry Potter », dit le fantôme.

Harry avait vu pas mal de spectres de Poudlard cette semaine là, mais pas le Baron Sanglot, pas depuis le festin. Il avait senti le fantôme l'étudier ce soir là, mais il avait été si nerveux à propos de tout le reste qu'il l'avait presque oublié. « Oui, monsieur ? »

La bouche du fantôme se tordit, s'ouvrant plus comme un rictus que comme un sourire. « Vous étiez la dernière personne que je m'attendais à recevoir dans ma Maison. »

Avec un soupir presque impatient, Harry dit, « Ouais, on me le dit souvent. »

Le surprenant, le Baron rejeta sa tête en arrière et rit, un son tellement plein et joyeux que Harry recula un peu. « Ah, Monsieur Potter, merci, » dit le Baron alors qu'il se calmait. « Je n'ai pas trouvé autant d'amusement depuis l'âge de pierre. »

« Euh, de rien. » Harry jeta un œil à travers le fantôme pour voir le couloir derrière lui, et se demanda en même temps si c'était considéré comme étant impoli. « Vous pourriez, euh, me dire où je suis ? Il semblerait que je me sois perdu. »

« Je vois ça. »

Harry était quasiment sûr que le Baron Sanglant ne parlait pas seulement du moment présent, mais il ne se sentait pas d'entamer une discussion philosophique étrange avec un fantôme, donc il ignora cette remarque et dit, « Je suis censé retourner dans ma salle commune, maintenant. Pour un groupe d'études. »

« Bien sûr, » dit le Baron Sanglant avant de le fixer dans les yeux. Les yeux du fantôme étaient des trous noirs, comme l'entrée d'une cave où quelque chose d'à peine vivant avait respiré et attiré des victimes inattentives.

Un sentiment de froid prit Harry des orteils jusqu'aux oreilles. Il frissonna et recula jusqu'à ce qu'il soit acculé contre le mur. « Qu'est-ce que vous voulez ? »

« Ce que nous voulons tous, Monsieur Potter. » Les caves noires s'étrécirent, piégeant le danger à l'intérieur. « La paix. »

Après ça, le fantôme flotta à travers Harry, lui causant la chair de poule et le faisant se sentir exsangue et épuisé, comme s'il avait participé à une bagarre et l'avait perdue. Mais avant que Harry puisse faire quoi que ce soit, ou l'appeler pour qu'il s'explique, le Baron avait disparu à travers le mur derrière lui.

Harry s'appuya contre le mur pendant un long moment, récupérant sa respiration. Utilisant la pierre froide comme support, il força ses pieds à bouger, l'un après l'autre, jusqu'à ce qu'il soit loin de ce cul de sac. Cela prit des années, lui sembla-t-il, avant qu'il retrouve un endroit qu'il connaissait. Toujours un peu pantelant et ayant toujours une sensation de froid dans ses poumons lorsqu'il respirait, il avait cependant presque complètement récupéré lorsqu'il rejoignit la salle commune – enfin, le plus possible après avoir été attaqué par un fantôme. Il se dirigea tout de suite vers la table que son groupe d'études utilisait chaque soir – mais personne n'était là.

Et la salle commune était étrangement calme, aussi, surtout pour ce premier vendredi. Juste quelques étudiants plus vieux qui traînaient dans les coins, incluant un couple s'embrassant dans les ombres près des dortoirs des filles. Harry s'était attendu à beaucoup plus d'activité. Tout le monde ne devrait-il pas être heureux de la fin de la première semaine d'école ? Teddy lui avait dit que ce serait comme ça, pourtant...

Regardant l'heure sur le manteau de la cheminée, cependant, Harry fut choqué, mais comprit pourquoi personne n'était dans la salle commune. Comment, pour l'amour de Merlin, pouvait-il déjà être deux heures du matin ?

C'était le Baron Sanglant, il en était sûr. Quelque chose d'étrange était survenu lorsqu'il était passé à travers lui. Mais il ne se souvenait de rien...

« Potter ! » dit une voix derrière lui, et Harry sursauta, se retournant vivement pour la deuxième fois cette nuit, mais cette fois-ci pour faire face à quelqu'un qu'il avait peu envie de voir. Cette fois, la personne était bien vivante, et bien, bien en colère. Snape continua, « Pour l'amour de... » avant de s'interrompre brutalement, ses yeux s'étrécissant. « Venez avec moi, » ordonna-t-il, puis tourna des talons et marcha à travers le mur et le couloir jusqu'à son bureau.

Plus épuisé que ce qu'il avait jamais été, Harry soupira simplement et le suivit, à travers les couloirs sombres, et à travers la porte qui s'ouvrit avec fracas pour les laisser entrer.

Snape pointa du doigt la chaise devant son bureau. « Assis. » Harry le fit, regardant alors que Snape ouvrait la porte derrière son bureau qui menait à sa réserve personnelle. Il revint quelques minutes plus tard avec tout un lot de potions qu'il plaça devant Harry sur un bord du bureau. « Enlevez votre chemise. »

« Monsieur ? »

« Faites le maintenant, Potter. Vous êtes couvert de sang. J'aimerais savoir s'il y en a du vôtre. »

Harry baissa les yeux sur lui-même pour la première fois depuis que le Baron Sanglant l'avait traversé. A son grand dégoût et sa grande horreur, le devant de sa robe était souillée de sang, et la chemise en dessous aussi. Il enleva les deux de sa peau, grimaçant alors que la chemise collait à lui et qu'il dût la décoller.

« Qu'est-ce que vous avez encore fait ? » demanda Snape alors que Harry enlevait sa robe et la laissait tomber sur le sol. Ses doigts tremblèrent lorsqu'il retira les boutons de sa chemise, et puis il vit qu'eux aussi – non, ses mains entières ! - étaient rouges et poisseux.

« Je... Je ne sais pas, monsieur, dit-il, commençant à trembler alors que l'odeur du sang parvenait à son nez et que les battements de son cœur se mettaient à résonner dans ses oreilles. Il pouvait presque le sentir dans ses veines. Bom bom. Bom bom. Ce ne fut que lorsque sa chemise fut ouverte qu'il vit le grand trou dans sa poitrine, et qu'il réalisa qu'au moins un peu du sang était à lui. Puis la douleur frappa, et quelque part dans son esprit une petite voix lui dit qu'il avait été en état de choc et que c'était pour ça qu'il n'avait rien senti, mais la seconde suivant, il regarda Snape dans les yeux, secoua la tête d'incompréhension, et s'effondra comme une pierre alors que le monde devenait noir.

A suivre...

Je sais que je vous laisse sur un cliffangher impardonnable, mais le prochain chapitre arrive bientôt, je commence à le traduire ce soir !