Le lendemain matin, William se réveilla le premier. Il sourit constatant que Julia était exactement dans la même position que la veille, à la différence près que cette fois-ci elle était nue. Il l'observa, elle dormait tranquillement, sa tête sur son épaule et sa main sur son torse. Lui aussi, comme la veille, la maintenait tout contre lui et cette fois-ci, il l'attira encore plus à lui pour l'embrasser, doucement.

Elle ouvrit les yeux, un peu surprise de sa position, puis se remémorant la nuit qu'ils venaient de passer, le regarda en lui souriant tendrement et lui dit :

- Bonjour mon amour.

Seulement, ils ne pouvaient plus s'attarder, il faisait beau, le soleil dehors l'attestait et il devait déjà être tard dans la matinée vu son rayonnement intense. Les secours arriveraient bientôt or William ne voulait pas que Julia soit surprise dans une position critiquable.

Ils se nettoyèrent en respectant l'intimité l'un de l'autre et s'apprêtèrent du mieux qu'ils purent, rangèrent la cabane, rassemblèrent leurs affaires. Parfois, en se croisant, ils s'accordaient un répit en s'embrassant. Julia crut constater un moment que William était triste même s'il le cachait merveilleusement bien en s'affairant :

- William, cette nuit a été fantastique mais ce ne sera pas la dernière...

Il s'arrêta et la regarda attentif, elle continua :

- Vous verrez...

Il esquissa un léger sourire qu'elle ne réussit pas à déchiffrer et il changea de sujet :

- Nous devons partir maintenant.

La cheville de Julia lui permettait à présent de prendre appui sur son pied mais c'était encore très douloureux, il dut encore lui prêter son bras pour l'aider.

Ils sortirent de la cabane et William alla chercher dans la remise une petite luge qu'il avait remarquée. Trop petite pour porter Julia, elle serait bien utile pour y mettre leurs deux sacs, celui de Georges et le coffre.

Ils allaient pour partir quand Julia le stoppa :

- Attendez William, j'ai oublié quelque chose.

Elle fouilla dans sa sacoche et en sortit un petit scalpel. Elle pénétra dans la cabane et elle s'agenouilla près de l'entrée. Il comprit au bout de quelques instants, qu'elle était en train de graver un message dans le bois. Il s'approcha, curieux de voir ce qu'elle inscrivait : "William et Julia, pour un beau Noël". Julia vit que William releva un sourcil en signe de surprise, il la regarda et lui dit :

- Ca ne va pas Julia, donnez-moi votre instrument...

Il barra "un beau " et grava à la place "le plus beau des"

- C'est mieux ainsi, conclut-il, fier de lui.

- Vous avez raison, approuva-t-elle en rigolant doucement.

Elle se releva et se serra contre lui, les mains sur la nuque de William, ses doigts jouant dans ses cheveux. William passa ses bras autour de la taille de Julia et ils s'embrassèrent encore avec douceur.

- Je n'arrive pas à m'arrêter William, lui dit-elle entre deux baisers.

- Nous allons devoir pourtant, il nous faut partir, lui affirma-t-il en l'embrassant à son tour tendrement. Il continua et l'attira un peu plus à lui.

Elle s'amusa de son attitude et lui demanda :

- Nous ne devions pas partir ?

-Si, conclut-il, avec un sourire amusé. Puis il déposa un nouveau baiser sur ses lèvres.

Julia s'écarta et ils rigolèrent doucement, heureux de la complicité qu'ils partageaient. Ils repartirent enfin, William tirant d'une main la luge et de l'autre la soutenant. Ils avançaient doucement, la neige fraîche entravant leur progression. De toute façon et malgré le froid mordant, tous deux n'avaient pas envie de se presser , profitant de ces derniers instants l'un contre l'autre.

Ils parlèrent encore de l'affaire et William confia qu'il était pressé d'en connaître tous les détails.

- Quand même, dire que vous ramenez un trésor avec vous ! s'exclama Julia.

- En effet, je ramène un trésor... il la regarda, amusé et continua :

- et un coffre remplit d'or...

- William... lui répondit-elle gênée. Ses joues se mirent à rougir et William s'arrêta, il l'attira doucement à lui et l'embrassa une dernière fois, y mettant tout son amour... il profita longuement de cette dernière étreinte. Il posa la main sur sa joue et la fit glisser sur les cheveux de Julia. Maintenant sa tête il lui murmura :

- Je vous aime.

- Moi aussi William... lui répondit-elle sur un ton très doux.

Ils se remirent en marche silencieusement. Au bout d'une demi-heure, ils se trouvèrent sur le chemin menant à la route et ils aperçurent au loin quatre personnes qui se dirigeaient vers eux.

- Voilà nos secours je crois...

- Alors notre Noël prend fin William ?

- On dirait bien...

Ils se regardèrent intensément une dernière fois et William vit des larmes dans les yeux de Julia :

- Julia, il y en aura peut-être d'autres, lui affirma-t-il en souriant. En attendant, si jamais un jour vous avez un doute, remémorez-vous tout ce que j'ai pu vous dire cette nuit.

Julia esquissa un triste sourire et cessa de le regarder, se concentrant sur les personnes qui s'approchaient.

Ce regard échangé par les deux amants n'avait pas échappé à la perspicacité d'un certain docteur...

- Vous avez vu Georges ?

- Quoi docteur ?

Emily se rapprocha de son oreille pour ne pas que les deux agents à leurs côtés entendent et précisa :

- Le regard qu'ils viennent d'échanger.

- Non désolé, dit-il un peu crispé.

Emily détecta le stress de l'agent Crabtree :

- Georges ne vous inquiétez pas, c'est pour la bonne cause. Et si ça se trouve, il sera tellement heureux de ces deux jours qu'il ne vous reprochera rien.

- Vous ne le connaissez pas assez docteur...

- Je vous soutiendrai Georges, ne vous en faites pas.

En tout cas Emily n'en perdait pas une miette. Elle observa le moindre des gestes du couple tentant de trouver des indices d'un éventuel rapprochement.

Ce fut Georges qui entama la conversation :

- Bonjour docteur, inspecteur, heureux de vous retrouver !

Il se saluèrent tous et Georges enchaîna rapidement, ne voulant pas donner la possibilité à l'inspecteur de le sermonner :

- Comment va votre cheville docteur ?

- Ca va aller Georges ne vous inquiétez pas.

- Le docteur Grace m'a accompagné pour vous soigner.

Julia regarda Georges et Emily incrédule :

- Ce n'était pas nécessaire, je devrais pouvoir le faire seule, dit-elle amusée.

Le docteur Grace prit à son tour la parole :

- C'est ce que je lui ai dit madame, mais il était tellement inquiet qu'il m'a affolée et je me suis sentie obligée de venir à votre rencontre.

Georges regarda Emily, offusqué et elle lui lança à la dérobade un regard d'excuse, il fallait bien qu'elle justifie sa présence ici !

C'est vrai qu'il lui avait pourtant bien dit que ce n'était pas une bonne idée mais elle était trop curieuse pour le laisser y aller tout seul.

Le matin même elle l'avait appelé au poste - il était encore d'astreinte - et elle lui avait demandé de relater l'entretien téléphonique avec le docteur Garland. Ce dernier avait apparemment bien pris la chose, comme un gentleman qu'il était et elle était un peu déçue. Elle avait envie d'avoir une bonne nouvelle le jour de Noël quand même ! Que leurs efforts payent... une fois convaincu Georges de l'accompagner, elle avait laissé sa famille en plan prétextant une affaire urgente au travail ! Comme c'était pratique...

Et elle était bienheureuse parce que leurs plans n'avaient apparemment pas été vains ... Emily détaillait le docteur et l'inspecteur très minutieusement. L'inspecteur avait l'air particulièrement éreinté, alors oui, il était mal rasé, mais ce n'était pas que cela ! Les cernes sous ses yeux témoignaient d'une fatigue corporelle importante. Elle passa à Julia : elle aussi avait l'air fatigué même si c'était moins décelable chez elle...

Elle décida de poser une question qui lui semblait très à propos :

- Ca a été, pas trop éprouvant ?

- Non... plutôt... reposant, nous n'avons pas pu faire grand chose à cause de la tempête de neige, se justifia l'inspecteur.

Julia vint à sa rescousse, feignant le désaccord :

- Enfin William, vous avez tout de même résolu une bonne partie de cette enquête !

Il acquiescça et il commençèrent à relater leurs découvertes.

- Mais je vous raconterai tout cela au poste de police, il fait encore très froid et Julia a besoin de soins.

Il consentit à la lâcher, jusque là elle était toujours contre lui, à son bras - ce que remarqua bien entendu le docteur Grace - et les agents l'aidèrent à s'installer sur le traineau apporté pour l'occasion. William chaussa quant à lui les raquettes que lui tendit Georges.

- Je suis heureux de voir que vous allez bien Georges...

L'agent soupira, sentant l'orage arriver. L'inspecteur ajouta :

- Nous nous sommes inquiétés pour vous.

- Oui monsieur, je m'en suis douté mais je me suis surestimé, j'ai pensé que j'arriverais plus vite à la route. Une fois sur place, nous avons estimé les agents et moi qu'il était dangereux de revenir vous chercher. Ils m'ont expliqué qu'il y avait tout ce qu'il fallait pour survivre un petit moment dans la cabane et vu que vous aviez également mon sac je me suis laissé convaincre, se justifia-t-il.

William fut étonné par le discours de l'agent, il l'avait énoncé d'une traite, comme préparé à l'avance. Mais l'inspecteur ne lui en voulait pas, grâce à lui il avait vécu une aventure merveilleuse avec Julia.

- Bon, l'essentiel est que vous alliez bien et que la blessure du docteur n'était pas très grave.

- Oui c'est sûr ! approuva l'agent avec beaucoup de soulagement.

Georges était stupéfait de ne pas recevoir de sermon, il regarda discrètement le docteur Grace avec un sourire entendu et lui fit un petit clin d'oeil. Elle plissa les yeux avec un sourire énigmatique.

Ils se mirent alors en route. Julia demanda au docteur Grace de s'approcher :

- Avez-vous fait prévenir mon mari ?

- Oui et ne vous inquiétez pas, il a compris, Georges lui a expliqué que ce n'était qu'un fâcheux concours de circonstances.

- En effet...lui concéda Julia en la regardant avec une lueur inquisitrice dans les yeux.

- Quelque chose ne va pas madame ?

- Non pas du tout Emily, mais ne m'aviez vous pas dit que l'inspecteur Murdoch n'était pas d'asteinte ?

- Si, mais je me suis trompée apparemment, lui répondit-elle avec beaucoup d'aplomb. Et elle ajouta :

- Pourquoi, cela pose un problème ?

- Non, non bien sûr... conclut Julia, rougissante.

Emily jubilait intérieurement, elle avait vu la gêne de Julia et pour elle, c'était un indice de plus... Elle profita du moment pour essayer d'en savoir un peu plus :

- Vous avez passé un bon réveillon sinon ?

- Oui et vous ?

Julia changeait vite de sujet et cela conforta Emily dans son idée.

- Excellent madame !

Elle la regarda de ses beaux yeux bleux perçants, Julia lui sourit poliment et regarda au loin signifiant que la conversation était terminée.

Le retour à la route se fit en grande partie dans le silence, chacun étant perdu dans ses pensées.

Arrivés à la calèche, les agents chargèrent les bagages. Emily et Georges firent semblant d'avoir d'importantes choses à se dire pour que William soit obligé d'aider Julia à descendre du traîneau et à intégrer le véhicule.

Seule Emily observa la scène pour ne pas réveiller la méfiance du couple. Elle constata la prévenance de William quand il l'aidait à marcher et son regard tendre envers elle. Pour la faire monter, il attrapa une de ses mains et positionna l'autre sur ses reins afin de la pousser. Une fois assise, Julia croisa le regard de William. La position d'Emily fit qu'elle voyait sa collègue de face.

Emily en fut sûre : il s'était passé quelque chose, le regard de Julia était celui d'une femme très éprise et jusque là elle ne s'était jamais permis de le regarder comme ça...

Georges vit à l'attitude d'Emily qu'elle avait détecté quelque chose, il l'interrogea :

- Que se passe-t-il ?

- Je vous expliquerai, murmura-t-elle, venez dans la calèche, plaçons-nous de manière à ce qu'ils soient en face l'un de l'autre...

Elle l'attrapa par le bras et il la suivit en levant les yeux au ciel, décidément elle le menait un peu par le bout du nez ! Mais elle le faisait de façon tellement charmante qu'il se laissait faire, amusé.

Dans la calèche, par un heureux hasard... William et Julia était en face l'un de l'autre. Ils prirent bien soin de ne pas se regarder sauf quand l'un ou l'autre parlait. Finalement ils n'attendirent pas d'être au poste pour évoquer l'affaire, l'inspecteur voulant éviter de parler à tout prix de leurs conditions de vie dans la cabane.

Il expliqua donc en détails l'intégralité de leurs découvertes. Mais il restait encore de la route, le retour, avec la neige, étant un peu plus compliqué. Il enchaîna donc sur les questions sans réponse :

- Georges avez-vous pu enquêter sur les relations et la famille du défunt ?

- Oui monsieur, concernant sa famille, il n'en avait pas : un orphelin abandonné sur les marches d'une église. Parmi ses amis, il y avait un groupe de lutteurs québécois assez peu fréquentables. Et l'un d'entre eux est décédé de la même façon... J'ai réussi à contacter son médecin qui m'a confié n'avoir jamais vu bactéries si virulentes. J'ai pu obtenir de lui d'autres informations sur le corps de la victime : un tatouage représentant une tortue luth et des marques de fer aux chevilles. Cela tend à confirmer que cet homme était le fameux bagnard de Saint-Laurent du Maroni. Et il semblerait que cet homme soit bien celui qui ait été en contact avec notre victime des bois.

- Oui mais pourquoi et comment la victime des bois a récupéré le trésor et à qui était-il destiné ?

- Pour la première question je ne sais pas mais pour la deuxième, j'ai bien une petite idée monsieur.

L'agent ne continua pas, attendant que son auditoire le prie de le faire. William, commençant à connaître son collègue, s'en amusa et entra dans son jeu :

- Allez-y Georges, nous sommes suspendus à vos lèvres...

Georges s'éclaircit la voix avant de répondre :

- Le message étant dans la cabane, celui à qui il est destiné va forcément venir et d'après moi, vu le magot, il ne devrait pas tarder !

- Bien vu Georges...

Julia s'agita quelque peu à sa place et elle lança un regard furtif à William qui n'avait pas l'air de comprendre le problème : elle pensait au message qu'ils avaient laissé, si Georges s'occupait de cueillir le destinataire du trésor, il trouverait forcément leur inscription... et puis, elle entendit de nouveau la petite voix qui l'accompagnait parfois lui dire : "Et alors ?". Elle réfléchit et pensa que la petite voix n'avait peut-être pas tort... le fil de ses pensées l'amena à se dire qu'elle avait trop envie de retrouver les bras de William, il fallait donc agir : " Regarde-le Julia, tu ne tiendras pas longtemps sans l'embrasser. Tu dois tout faire pour que ta rupture avec Darcy soit rapide et propre. Tu as trop perdu de temps.". Elle regarda William tendrement et il avait l'air de ne pas comprendre son revirement de comportement : de gênée elle était passée à très à l'aise, il s'inquiéta et constata qu'il avait bien raison puisqu'elle affirma souriant doucement :

- Je partage, c'est une très bonne idée Georges, vous verrez, il y a de magnifiques cieux le soir si vous avez la chance d'y aller une nuit où c'est dégagé.

William la regarda héberlué, à quoi pensait-elle encore ? Il pensa ironique : "l'avantage avec Julia c'est qu'elle est pleine de surprises, un autre de ses nombreux charmes... mais là, je n'y comprends rien !". Ce regard, cette évocation, c'était se mettre en danger inconsidérément !

- N'est-ce pas William ? ajouta-t-elle presque sérieusement.

Il fut déstabilisé qu'elle tente en plus de l'inclure dans l'histoire et un instant il ne sut pas quoi répondre pourtant il le devait, constatant les regards interrogateurs de ses collègues dans la calèche :

- Oui... oui c'était fantastique Julia...

Le docteur Grace exultait, elle venait d'avoir la confirmation de ses soupçons : Julia qui se laissait aller : "La magie de Noël ?" se demanda-t-elle, rigolant intérieurement. Et la gêne de William était également très révélatrice. Georges était visiblement d'accord vu le regard entendu qu'il venait de partager avec Emily.

Georges enfonça le clou et Emily admira le courage du jeune homme - ou peut-être sa témérité... - car il demanda :

- Mon sac vous a-t-il servi monsieur ?

- Oui agent Crabtree, merci, répondit l'inspecteur avec un sourire poli mais néanmoins crispé qui semblait vouloir dire : "Surtout n'insistez pas !" mais, soit l'agent ne l'avait pas compris soit il voulait braver l'inspecteur puisqu'il continua :

- Avez-vous goûté à l'eau de vie qu'il contenait ?

Les yeux de l'inspecteur lançèrent des éclairs à l'agent :

- Oui Georges. Je vous la remplacerai d'ailleurs. William sentit que Julia allait ajouter quelque chose et il s'empressa donc de parler avant qu'elle ne le fasse, craignant une intervention irréfléchie :

- C'était très fort... mais... nous l'avons mélangée avec des confitures pour l'adoucir.

- Oh oui monsieur c'est effectivement très fort et souvent cela vous met dans des états pas possibles, j'espère que vous n'en avez pas trop bu ? s'enquit-il avec un petit sourire innocent.

William et Julia parlèrent en même temps, il affirma "non" pendant qu'elle dit "si"... Julia rigola doucement et continua :

- Mais nous avons bien pris soin à ne pas en abuser Georges, ç'aurait été dommage de ne pas profiter pleinement de notre réveillon en ingérant trop d'alcool...

Les sous-entendus de ses paroles n'échappèrent pas à William qui leva discrètement les yeux au ciel en frottant son front comme atteint de fatigue. Il ne savait plus comment réagir.

Heureusement ils étaient pratiquement arrivés, ils parlèrent de cette neige providentielle pour Noël et William en profita pour regarder à la dérobée Julia et lui montrer son incompréhension. Julia n'avait pas l'air inquiet et lui sourit tendrement. Il avait encore plus de questions dans la tête...

Arrivés au poste, William aida Julia à descendre pendant que les agents s'occupaient des bagages, aidés par Emily qui en savait assez désormais. Elle considérait qu'il fallait les laisser tranquilles à présent.

- Merci William.

- Je ne comprends pas Julia, lui dit-il discrètement une fois celle-ci sur le sol ferme. Il lui proposa son bras et elle lui murmura à l'oreille :

- Moi non plus...

Il la regarda interloqué mais n'insista pas, le moment était mal choisi. Il constata juste que Julia avait une lueur de bonheur dans les yeux et il aurait voulu qu'elle la conserve toujours.

Mais... il était sûr à ce moment qu'elle devait l'avoir perdue. Son mari, le docteur Garland, avançait vers eux et il sentit Julia se raidir. Il les rejoint très rapidement.

- Comment vas-tu Julia ? dit-il sur un ton plus poli qu'inquiet.

- Ca peut aller...

- Pardon, je manque à tous mes devoirs : bonjour inspecteur.

La façon dont le docteur Garland salua William était tout sauf amicale, il continua :

- Je vous remercie d'avoir pris soin de ma femme. Je savais pouvoir compter sur vous, j'ai eu raison n'est-ce pas ? lui dit-il attendant une réponse affirmative de l'inspecteur qui ne vint pas.

- Bonjour docteur Garland, répondit-il tout simplement.

William lâcha le bras de Julia et se tourna vers elle :

- Maintenant que vous êtes en bonne compagnie Julia, je dois vous laisser, j'ai encore du travail sur cette affaire. Soignez votre cheville.

- Oui je vais tacher de me remettre sur pied, dit-elle tentant un trait d'humour qui ne dérida pas Darcy, William quant à lui se sentit obligé de sourire mais ce sourire tentait de cacher une certaine tristesse. "Bravo Julia... bien placée cette blague" se sermonna-t-elle.

Son mari lui proposa son bras et elle le prit, elle était étonnée, elle pensait être morose quand elle quitterait son amant mais pas du tout. Elle savait maintenant qu'elle allait bientôt retrouver William.

William lui, ne pouvait connaître l'état d'esprit de la femme qu'il aimait et c'est donc la machoire serrée qu'il la vit partir au bras d'un autre. Il en était jaloux même s'il savait qu'il n'avait pas le droit...

Emily arriva alors auprès de lui, elle avait détecté sa détresse. Son intention n'était plus guidée par la curiosité puisque c'était clair pour elle maintenant. Cependant, elle avait un peu mal au coeur pour lui :

- Ca va inspecteur ? s'enquit-elle.

William inspira un grand coup et lui répondit :

- Oui merci docteur, juste un peu de fatigue. Je crois que je vais rentrer chez moi, faire un brin de toilette et ensuite venir travailler.

- Si vous voulez, avec les agents d'astreinte, nous avons décidé de faire un petit repas de Noël improvisé, cela vous tente de vous joindre à nous ?

William réfléchit, il avait envie de se retrouver seul mais ce n'était pas une bonne idée, il risquait de se morfondre dans son coin. Il regarda Emily, reconnaissant et lui répondit :

- Ce sera avec grand plaisir docteur Grace.

Emily afficha un grand sourire.

La journée fut bien sympathique au poste de police et William ne regretta pas de participer au repas de Noël entre collègues, cela lui permit de penser à autre chose que Julia.

L'après-midi ils travaillèrent et décidèrent que Georges irait bien à la cabane pour attendre le destinataire du coffre. Il devait y rester trois jours maximum.

A suivre...

Le prochain chapitre sera le dernier...