Hello … Il est peut-être temps de lever le voile sur le cliffangher du chapitre précédent, non ? !
Arches pense que oui moi j'aurais bien attendu encore un peu …
Bonne lecture
Y&A
Chapitre 11
Laredo, Texas, Mardi 16h00, grotte aux abords du lac Casablanca, propriété d'Alvaredo
Neal bondit et John se maudit d'avoir ainsi été surpris comme un vulgaire débutant. Il porta la main à sa taille, mais un des hommes de main d'Alvaredo apparut à ses côtés, arme braquée sur eux.
Alvaredo s'approcha du masque, tel un prédateur, tout en regardant autour de lui.
"J'ai bien peur qu'il vous faille reporter l'achat de votre île, M. Caffrey. Il semblerait que mon aïeul ait dépensé tout son or…"
Il fit un signe de la tête à son garde du corps qui, d'un geste de son arme, invita Neal et John à s'écarter du piédestal. Ceux-ci se déplacèrent lentement.
Alvaredo caressa le masque du bout des doigts, absolument fasciné par l'objet.
"Vous avez lu les documents, M. Caffrey. Vous connaissez les pouvoirs de cet objet, n'est-ce pas ?"
Son regard se durcit. "J'imagine que c'est à ce moment que vous avez décidé de ne pas remplir votre part de contrat."
Il se tourna vers John.
"Quant à vous, qui que vous soyez, toutes mes félicitations. Je suis rarement dupé aussi facilement. M. et Mme Delmott avaient l'air tellement réel. Je ne sais pas qui a créé vos profils mais c'est du grand art. Du même calibre que mes propres équipes déjà exceptionnelles, apparemment même supérieur..."
Face au silence de l'homme en face de lui, Alvaredo prit enfin le masque entre ses mains, puis leva les yeux vers Neal.
"Le déverrouillage de la porte du mur d'enceinte a mis les gardes en alerte, elle n'est que rarement ouverte," commença-t-il. "Le bon code ayant été utilisé, ils ont tout d'abord pensé que l'un d'entre d'eux, parti faire une ronde, avait voulu vérifier son bon fonctionnement. Malheureusement pour vous, aucun garde n'était présent dans ce secteur."
"J'ai connaissance, bien évidemment, de votre spectaculaire évasion d'une prison de haute sécurité, je connais vos talents. J'ai donc immédiatement demandé à un garde de vérifier si vous étiez bien là où votre émetteur vous plaçait. J'avoue n'avoir guère été surpris quand on m'a informé qu'il n'y avait aucune trace de vous dans le bureau."
"Si vous pensiez qu'il vous suffirait de pirater votre émetteur pour que je perde votre trace..." Il secoua la tête, comme dépité par l'erreur. "C'est d'ailleurs ce qui vous a trahi."
Perdu dans la contemplation du masque, il poursuivit ses explications. "Je m'en suis donc remis à des méthodes plus conventionnelles. Vous avez fait preuve de malchance, M. Caffrey. Un des gardes vous a vu partir en quad. Vous retrouver n'était ensuite pas bien difficile. Doutez-vous vraiment que tous les véhicules de ma propriété ne soient pas équipés de GPS ?"
Neal ne put s'empêcher un grognement. Aucun d'entre eux ne l'avait effectivement envisagé après tout, les quads étaient destinés à un usage interne à la propriété. Pourtant, étant donnée la paranoïa du mégalomane, il allait de soi qu'absolument tout était sous surveillance.
"Au final, Neal, vous aurez tout perdu. Pas d'or comme espéré et surtout, vous allez mourir dans cette grotte car un traitre ne mérite que la mort. Nous avions un accord vous et moi, vous avez failli à votre part du contrat."
Neal ne fut pas surpris par l'annonce d'Alvaredo mais il ne céda pas à la panique et lui posa une dernière question en toute décontraction, un sourire aux lèvres.
"Vous m'accorderez bien une faveur alors, juste pour satisfaire ma curiosité. Rachel Turner. Pouvez-vous m'en dire un peu plus ? J'ai vu son dossier dans votre tiroir. J'avoue ne pas comprendre…"
"Elle a récupéré pour moi de nombreuses œuvres à travers le monde, elle était particulièrement talentueuse. N'importe qui, même un agent du MI-5, est prêt à vendre ses services pour peu que l'on sache y mettre le prix. La dernière mission que je lui avais confiée était de résoudre l'énigme de Mosconi pour trouver le diamant rose. Encore un trésor que très peu ont eu la chance de voir. Je ne vous ai pas caché ma passion pour ces pièces…"
"Votre aide a été précieuse mais elle a commis une erreur fatale : être tombée réellement amoureuse de vous." Alvaredo le balaya du regard avec un léger rictus, comme s'il se demandait ce que Rachel avait bien pu voir en lui. "Cela l'a rendue vulnérable et l'a fait échouer. Son arrestation est la seule raison pour laquelle elle est encore en vie. Je n'accepte pas l'échec, M. Caffrey. Melle Turner savait très exactement ce que j'envisageais pour elle dès lors que vous l'aviez piégée."
Focalisés sur Neal et John, les deux hommes n'avaient pas vu qu'une troisième silhouette se cachait dans un coin de la grotte. Aussi silencieuse qu'une ombre, Shaw s'approcha et frappa l'homme de main d'Alvaredo avec la lance, ramassée sur le sol. Un coup partit et un troisième homme posté à l'extérieur se précipita. Il portait une arme automatique de gros calibre et la rafale qu'il tira fit pleuvoir des dizaines de morceaux de roche des parois de la grotte.
Au-dessus d'Alvaredo, une stalactite fut touchée sur une faille, tout un pan du plafond se décrocha et lui tomba dessus, entraînant derrière lui d'autres pans de roche. Toute la grotte semblait vouloir s'effondrer.
"Non !" hurla Neal se précipitant pour sauver le masque.
"Neal, arrête !" John essaya de l'arrêter mais ses doigts purent à peine effleurer l'épaule de l'ancien voleur.
Faisant le dos rond pour se protéger des impacts de roche qui continuaient à pleuvoir, Neal parvint à arracher le masque de la main d'Alvaredo.
Seul son buste et ses mains dépassaient de l'amas de pierre qui avait recouvert son corps. Sa vie ne tenait plus qu'à un fil mais il trouva encore la force de regarder Neal avec un sourire narquois. Il eut juste le temps de prononcer un énigmatique "à très bientôt" avant qu'une pluie de morceaux ne le recouvre entièrement
Neal eut le temps de voir qu'Alvaredo tenait dans son autre main la télécommande de son émetteur et fut satisfait de ne pas sentir de décharge dans sa jambe avant d'être lui-même violemment frappé par une roche et de perdre l'équilibre.
De son côté, John avait dégainé son arme et explosé les deux genoux du deuxième garde du corps ; quant au premier, il gisait inconscient aux pieds de Shaw.
"Cet endroit va s'effondrer comme un château de cartes. Il faut sortir d'ici," cria Shaw pour se faire entendre par-dessus le bruit de l'éboulement.
John se précipita vers Neal qu'il attrapa par les épaules et poussa sans ménagement vers l'extérieur. Ils avaient à peine fini de passer l'ouverture quand tout le plafond s'écroula, les couvrant sous un immense nuage de poussière.
Ils restèrent au sol le temps que l'air s'éclaircisse, la poussière les faisant violemment tousser. Shaw fut la première à se relever, en s'appuyant sur la lance. Etant plus proche de l'ouverture, elle avait pu s'éloigner plus rapidement.
Leurs lampes tombées au sol lors de l'altercation étaient restées sous les gravats, l'obscurité régnait dans le couloir. Elle sortit son téléphone portable et actionna la commande de la lampe intégrée.
"Et bien comme ça au moins, il est enterré sur les terres de son ancêtre…", fit-elle en balayant du faisceau l'ouverture à présent obstruée.
John se releva à son tour et alluma également son portable pour les éclairer un peu. Il s'approcha alors de Neal qui gisait au sol et n'avait toujours pas bougé.
"Neal ?" appela-t-il en posant une main sur son dos.
Caffrey serrait toujours le masque contre lui. Il toussa une nouvelle fois et poussa un grognement de douleur.
"Tu es blessé ?"
Neal grimaça en se déplaçant lentement. "Donne-moi une minute."
Il se releva péniblement sur les genoux, ne relâchant pas son emprise sur le masque. Il gémit en fronçant les sourcils.
"Caffrey !" insista John, prenant conscience que quelque chose n'allait pas.
"Je me suis bousillé l'épaule," se plaignit Neal.
John passa sa main sur le bras pour identifier le problème et Neal poussa un cri.
"Bon sang, John. Je t'ai dit que j'avais mal !"
"Désolé," s'excusa John bien qu'il l'ait à peine effleuré. "Neal, ton épaule est démise."
"Super, de mieux en mieux…"
"Je te la remets en place ?"
Neal pâlit, s'écartant inconsciemment.
"Je ne vais pas te mentir, ça va faire mal. Mais la laisser en l'état ne va faire qu'empirer les choses."
L'informateur avala sa salive et ferma les yeux. John avait raison, bien sûr. Ca ne rendait pas la chose plus facile. Il n'était pas une mauviette, mais étant donnée la douleur qu'il ressentait déjà, il ne voulait même pas imaginer ce que cela pourrait être quand l'ex-agent s'en occuperait. Il souffla par la bouche lentement.
"D'accord," murmura-t-il.
John tendit la main pour prendre le masque. Neal s'écarta inconsciemment protégeant toujours le trésor. Reese leva un sourcil amusé, l'informateur répondit d'une grimace et lui tendit l'objet, gémissant une nouvelle fois quand le geste raviva la douleur à son épaule.
John tendit le masque à Shaw et Neal la regarda d'un air inquiet.
"Du calme, Caffrey. Je ne crois pas au pouvoir de cet objet. Et quand bien même, il n'y a que les hommes pour vouloir être maîtres du monde !" s'exclama-t-elle d'un air dégouté. Elle glissa le masque sous son bras et éclaira les deux hommes pour faciliter la tâche de John.
L'aidant à s'assoir, John écarta le polo pour regarder l'épaule de plus près, non sans que Neal ne blanchisse visiblement.
"Bon… Détends-toi. Respire," dit John lui posant une main sur l'épaule, le touchant à peine. "Je compterai jusqu'à trois. Donc pour le moment, essaie de te détendre… bien… respire profondément…"
Il passa sa main sur le bras.
"Un… oui, c'est bien, reste détendu," encouragea-t-il quand il sentit Neal se relâcher quelque peu. "Deux…" D'un mouvement vif, John tira sur le bras et remis l'os en place.
Neal hurla, sa main droite allant d'un geste instinctif à la rencontre du bras de John. Les yeux plissés, il gémit en essayant de reprendre son souffle.
"Respire…. Lentement. Inspire et expire doucement," lui indiqua John tout en lui frottant l'épaule droite pour distraire son attention.
Peu à peu, la respiration de Neal revint à la normale.
"Tu m'as menti… Tu as dit à trois…" se plaignit-il.
"On peut recommencer si tu préfères …" rétorqua John le plus sérieusement du monde.
Neal grimaça un sourire et ouvrit les yeux pour le regarder. "Merci."
Il eut tout à coup l'impression que son sang se liquéfiait et il ferma les yeux, son corps s'affaissant. John le gifla sans ménagement.
"Neal, non. Tu ne vas pas t'évanouir maintenant ! Neal, reste avec moi."
Au prix d'un effort visible, Neal parvint à rouvrir les yeux. "Aucune intention de filer…"
"J'espérais plutôt le contraire. On a un bateau pas loin, ça te dit ?"
Neal lui adressa un sourire grimaçant et posa sa main au sol pour se lever. John l'arrêta.
"Attends," fit-il en regardant autour de lui.
En entrant dans la grotte, Neal avait jeté son foulard en coton sur le sol. John tira pour le dégager des roches qui l'avaient en partie enseveli. Un bruit de tissu déchiré s'éleva.
Neal ne put retenir un gémissement en le voyant faire.
John fronça les sourcils. La douleur aurait dû commencer à réduire. "Neal ?"
"J'espérais juste devoir la laver. Tu sais combien coûte ce bout de tissu ?" grogna Neal.
Reese secoua la tête atterré par la remarque.
"Je demanderai au tailleur de Finch de t'envoyer une écharpe, d'accord ?"
"Il a un vrai tailleur anglais ?"
"Le meilleur de la ville."
"Ca, je n'en doute pas. J'ai vu ses costumes…" répliqua Neal le regard rêveur.
John passa la boucle autour du cou de Neal et y glissa le bras. "Alors ?"
"Mieux, merci."
Neal poussa un long soupir, essayant de contrôler les tremblements de son corps.
"On m'a tiré dessus il y a environ deux ans…"
John leva un sourcil se demandant pourquoi Neal lui parlait de cela maintenant.
"L'agent du FBI qui me cherchait ne se préoccupait pas trop des procédures. Et quand j'y pense, le médecin non plus…"
"Neal ?" s'enquit John.
"Collins m'a tiré dessus de sang froid pour s'assurer que je ne pourrai pas m'enfuir. Puis le docteur qui m'a traité n'a pas jugé utile de gaspiller un anesthésiant pour retirer la balle et recoudre la plaie."
Reese eut une grimace compatissante. "Ouais… je suis passé par là, douloureux."
"Oui, bien sûr tu es passé par là … Je veux dire, j'étais là…"
"Neal, pourquoi me racontes-tu cela ?" Reese n'arrivait pas à suivre la logique de ses pensées.
"J'essayais de savoir si ceci était plus douloureux…"
John fronça les sourcils, toujours aussi perplexe.
"Tu sais, comparer froidement des faits pour oublier la réalité de la situation…"
"D'a-ccord," répondit Reese lentement. Caffrey avait une méthode de gestion de la douleur tout à fait personnelle. "Et si nous te changions les idées en déguerpissant ?"
Neal se releva, acceptant la main tendue de John.
Quittant la grotte, ils se dirigèrent vers le lac à toute vitesse. Alors, qu'ils s'installaient à bord, ils entendirent des moteurs. Les gardes d'Alvaredo arrivaient à fond de train. Neal jeta un regard inquiet à John.
"Je suppose que le troisième garde a appelé du renfort avant d'intervenir," fit John avec une grimace.
Il démarra le bateau et poussant le moteur au maximum espérant que les gardes ne se lanceraient pas immédiatement à leur poursuite. Il n'y avait pas de bateau sur la berge, ils avaient un peu de temps d'avance.
John contacta leur pilote.
"Dirk, êtes-vous au Falcon ?" demanda-t-il.
"Moi non, mais Jay est à l'aéroport, pourquoi ?" répondit Dirk.
"Combien de temps pour être prêts à décoller ?" enchaîna John.
"Moins d'une heure, je pense," répondit Dirk. "Le plein a été fait hier soir."
"Demande à Jay de préparer le décollage et passe récupérer Finch à l'hôtel. On se retrouve au Falcon, soyez éventuellement prêt à un décollage d'urgence," conclut John.
Après une traversée rapide du lac, les deux ex-agents et Neal traversèrent tranquillement le Country Club. Leurs vêtements couverts de poussière firent lever quelques sourcils, mais personne ne les intercepta. John se mit au volant de la BMW de location et ils prirent la direction de l'aéroport.
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Laredo, Texas, 16h30, Propriété d'Alvaredo
Dans un bureau situé au sous-sol de la propriété, Steve, le secrétaire, venait de lancer un appel en visioconférence.
"Que se passe-t-il pour que vous rompiez le protocole ?" demanda son interlocuteur visiblement agacé.
Ne s'embarrassant pas de mots inutiles, le secrétaire alla droit au but de son appel.
"Alvaredo poursuivait une chimère – un masque de Shaman permettant soi-disant de voir l'avenir. Cette étrange lubie vient de lui coûter la vie. Il avait enlevé un certain Neal Caffrey pour l'aider dans cette tâche mais apparemment, il est tombé sur plus fort que lui."
"Je ne sais pas si ce masque existait vraiment ou non, mais les gardes viennent de m'informer qu'un éboulement s'est produit dans l'une des falaises proches du lac. Alvaredo a été enseveli. Nos hommes ont vu un bateau quitter les lieux alors qu'ils arrivaient après qu'un garde les ai appelés. Neal Caffrey s'est enfui avec un certain Delmott."
Steve enchaîna.
"Nous sommes encore en mesure d'arrêter les responsables mais je crains de trop nous exposer. Je voulais…"
Son supérieur l'interrompit.
"Vous avez raison. N'entamez pas de poursuites. Effacez toutes les traces de l'existence d'Alvaredo à Laredo, cela inclut également Madame Alvaredo."
"Je m'en occupe," répondit froidement Steve.
"J'aimerais néanmoins savoir à qui nous avons eu à faire. Avez-vous des images de ces personnes ?"
Steve se tourna vers l'opérateur qui était avec lui dans la salle. Celui-ci lança une recherche dans les systèmes et ce qu'il découvrit, le laissa sans voix.
De l'autre côté de l'écran, l'homme aux cheveux blanc s'impatientait. "Alors ? J'attends toujours une vidéo de ces personnes pour les identifier !" insista-t-il.
"Nous n'avons plus rien, Monsieur. L'ensemble des vidéos de la maison et des extérieurs viennent d'être effacées sur une durée de cinq jours y compris sur les disques de secours," bredouilla Steve d'une voix mal assurée. "C'est impossible, ce système est inviolable…"
"Et sur le réseau de la Police ?" demanda agacé, l'homme à l'autre bout de l'appel.
"Tout le réseau de caméras vidéos de la ville est hors service !" s'exclama l'opérateur. "Tous les enregistrements ont également disparu sur la même durée," poursuivit-il avant même que son supérieur ne lui demande.
"C'est encore plus grave que vous ne le disiez ! Débranchez immédiatement l'ensemble du réseau de Laredo, vous avez été compromis. Je pense malheureusement savoir d'où est venue cette attaque. Détruisez tous les systèmes, ne redémarrez plus rien. Faites le ménage et rentrez à New York immédiatement."
"A vos ordres, Monsieur Greer," répondit Steve avant de couper la communication.
Sur l'écran de l'ordinateur, s'afficha une dernière fois le symbole des Illuminati.
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Laredo, Texas, Mardi 17h00, aéroport
La voiture conduite avec dextérité par Reese venait de franchir l'entrée de l'aéroport lorsque Finch les contacta.
"Où êtes-vous ?" demanda-t-il d'un ton sec. John décela une inquiétude peu courante dans la voix.
"Nous serons au pied de l'appareil dans trois minutes," répondit John. "Pourquoi ?"
"Juste, dépêchez-vous," répliqua Finch.
Reese sentit sa tension remonter d'un cran, ce qui n'échappa pas à Shaw, qui l'interrogea du regard. John leva une épaule hésitante lui indiquant qu'il n'en savait pas plus qu'elle.
Une fois le véhicule arrêté non loin de l'avion, Reese aida Neal à monter dans l'appareil. Son visage laissait clairement voir qu'il luttait contre la douleur de son épaule.
Avant même que les derniers arrivants ne furent assis, Finch leva les yeux de son ordinateur et prit la parole.
"Etes-vous suivis ou pouvons-nous rester quelques minutes de plus au sol ?"
"Nous n'avons vu personne jusqu'à présent mais je ne peux certifier que cela va durer," répondit John pendant que Shaw se postait en haut de la passerelle surveillant les environs, arme au poing.
John enchaîna, irrité, "Bon sang, Finch, allez-vous nous dire ce qu'il se passe à la fin ?"
"Nous avons un problème de dernière minute," répondit Finch, tout en retournant à son clavier.
Entre temps, Neal s'était assis non loin de Finch et attendait avec inquiétude la suite des explications, ne voulant pas intervenir.
John s'approcha de l'ordinateur face à son employeur et ce qu'il vit ne laissait rien augurer de bon. Un compte à rebours était affiché sur l'écran, il ne restait plus que trois minutes à décompter.
"Finch ?"
"Neal, sentez-vous quelque chose au niveau de l'émetteur placé dans votre cuisse ?"
John fronça les sourcils en entendant Finch utiliser le prénom de l'informateur. Ce n'était guère courant et ne faisait qu'accroître son inquiétude.
Plus préoccupé par son épaule qui le lançait horriblement, Neal avait complètement oublié son émetteur. Il fit un effort pour se concentrer sur sa cuisse.
"Non, rien de particulier. En tout cas, je ne ressens pas les lancements qui m'avertissent que j'ai franchi mon rayon autorisé," dit Neal plus rassuré.
"Ce qui est tout à fait normal puisque l'aéroport est dans le périmètre," fit remarquer Finch. "Rien d'autre, vous êtes sûr ?" insista-t-il.
Neal fronça les sourcils, essayant d'ignorer son épaule.
"Maintenant que vous le dites. En effet, j'ai une impression de chaleur intense dans la cuisse," s'exclama Neal surpris, tout en posant la main sur sa cuisse.
Il fronça les sourcils en la regardant. La douleur lancinante de son épaule avait jusque-là masqué la chaleur diffuse qui s'étendait sur sa cuisse. Mais depuis qu'il lui avait accordé de l'attention, elle devenait de plus en plus forte.
John s'approcha et toucha la jambe. "Neal ! Ce n'est pas le moment de nous cacher des choses. Ta cuisse est brûlante !" Il se tourna vers son employeur. "Finch, que se passe-t-il ? Je croyais que vous aviez pris le contrôle de l'émetteur ?"
Finch tapait à une vitesse hallucinante sur son clavier mais cela ne l'empêcha pas de répondre aux interrogations de son associé.
"Pendant que vous étiez dans la grotte, quelqu'un a déclenché un compte à rebours. Je n'avais pas terminé d'étudier toutes les ramifications du fonctionnement de l'émetteur avant que le pilote ne vienne m'arracher à la chambre d'hôtel. Depuis, j'ai découvert qu'une triple impulsion sur le bouton de la télécommande l'a enclenché il y a une quarantaine de minutes. Arrivé à son terme, il actionnera une mini explosion dans les composants de l'émetteur. Vu son emplacement dans la cuisse cela va complètement sectionner l'artère fémorale. Tous les talents de Melle Shaw ne pourront pas arrêter l'hémorragie."
Neal pâlit d'un coup, se souvenant d'une scène dans la grotte.
"Alvaredo... C'est Alvaredo qui l'a déclenché. Il avait la télécommande dans la main juste avant de mourir. Il m'a dit 'à très bientôt'…" dit-il la voix éteinte, le visage blafard.
John prit la parole.
"Finch, ne me dites pas que vous n'êtes pas capable d'arrêter ce processus."
"Je fais ce que je peux !" rétorqua sèchement Finch perdant son calme habituel, lançant un regard furieux à John.
"Tout le système vient d'être mis hors d'usage, comme si les serveurs avaient été détruits. J'avais fort heureusement pris la précaution de dupliquer le programme de contrôle sur mon propre ordinateur. J'ignore encore tout de la moitié des commandes liées à cet émetteur..." grommela-t-il.
Shaw tourna la tête vers eux. Elle avait bien sûr entendu toute la conversation et n'aimait le sentiment d'être totalement impuissante.
S'activant sur son clavier, Finch finit par trouver une commande et s'apprêtait à appuyer sur la touche entrée.
Il se tourna vers John avec un regard attristé, puis murmura, presque pour lui-même "si vous croyez aux prières, c'est sans doute le moment… Ceci est notre seule chance…"
Il restait moins d'une minute au décompte. Il actionna la touche.
Finch et Reese avaient les yeux rivés sur l'écran.
Le décompte s'égrenait toujours inexorablement. Il ne restait plus que trente secondes...
Neal avait fermé les yeux et essayait de revoir une dernière fois les visages de ceux qui lui étaient chers. Mozz, Peter, El, Clinton et Diana. Sa famille de New York. Il retint sa respiration.
La chaleur s'amplifia dans sa cuisse et il ne put retenir un gémissement.
"Finch…"
A suivre
Je rigole ….. encore un petit cliff ….! A la prochaine …
