Quarantaine. Partie II.

Chapitre 4.

Après deux heures de recherche et d'analyse, Foreman avait les résultats de Cuddy...
House se précipita sur lui et lui arracha le dossier des mains.
- Pas de traces d'Ebola. Les analyses de sang ne révèlent rien d'anormal à part une légère concentration de certaines protéines...

House le fixa un instant avant de reprendre lentement ses propos :
- Une légère concentration de protéines mmh ?
- Oui
- Et ça vous parait normal ça ?

Foreman n'apprécia pas le ton de House : il pressentait une suite difficile.
Il s'efforça néanmoins de répondre calmement.
- Pour le moment, cette élévation n'est que faible, pas de quoi s'aff...s'inquiéter.
- Bordel Foreman ! Elle a 40,5 °C de fièvre, de grands frissons ! Ces fichues protéines sont la seule piste que nous ayons ! Allez refaire les analyses et apportez moi le tableau blanc que je réfléchisse !

Une toux sèche les interrompit. House se précipita au chevet de Cuddy. Elle toussait en se tenant la poitrine. Il versa de l'eau dans un verre et l'aida à boire doucement
- Greg, j'ai mal là..

Une nouvelle quinte de toux l'empêcha de continuer. Elle se tint la poitrine grimaçant de douleur.
House reprit le stéthoscope et écouta attentivement. Il n'avait pas pris le temps de réchauffer l'appareil dans ses mains et le froid en contact avec le corps brûlant arracha un petit cri à la doyenne.
- Désolé...

House, le visage déconfit, se tourna vers Foreman :
- Troisième symptôme : toux et douleur thoracique. Apportez ce fichu tableau bordel et faites des analyses supplémentaires ! Magnez-vous si vous ne voulez pas être viré !

Foreman s'apprêtait à passer le sas lorsqu'il le regarda ennuyé.
House hurla :
- Quoi encore ?
- Heu... J'ai appelé Wilson... Il sera là ce soir… J'ai pensé que...

House haussa les épaules sans rien dire et lui fit signe de partir.
Au fond de lui, il était soulagé. Il avait besoin de son ami. Il avait envie de lui raconter son aventure avec Cuddy. Il avait besoin de sa conscience.
- Greg...

Il se retourna vers la doyenne. Quelques gouttelettes de sueurs balayaient son front.
Il alla humidifier la serviette et la reposa délicatement sur elle. Il lui prit la main et la regarda tendrement :
- Lisa, tu n'as pas le virus.

Une lueur de soulagement traversa son regard. Elle fixa House et murmura faiblement :
- Merci...

Il se pencha et déposa doucement un baiser sur ses lèvres sèches, mais Lisa replongeait déjà dans le sommeil.
Il resta quelques instants à ses côtés puis se leva marcher. Il réfléchissait mieux en marchant.
Depuis son réveil, il éprouvait une faiblesse musculaire et une douleur intense à la cuisse.
Tout en la massant, il arpenta la chambre.
Forte fièvre, grosse fatigue, toux sèche, poitrine douloureuse... Augmentation de protéines dans le sang...

Il se répéta les symptômes encore et encore, sans avoir la moindre idée du diagnostic. Il sentait la migraine lui marteler les tempes.
Epuisé, il se coucha sur le second lit, non sans avoir jeté auparavant un coup d'œil à Cuddy pour se rassurer.
Il ferma les yeux et laissa ses pensées le ramener à leur première journée, dans le bureau de la doyenne.

Il sourit en repensant aux efforts impossible qu'avait fait Lisa pour lui résister.
Il sourit de nouveau : lui non plus n'avait pu résister longtemps.
Il la revit lui prendre la main et l'entraîner dans la salle de bain, s'avouant vaincue, cédant à ses chaudes pulsions.

Chaude.... Ce mot se fraya un chemin dans son esprit tortueux. Il tenta de comprendre pourquoi cela le hantait.
Il était persuadé que la réponse aux symptômes de Cuddy se trouvait dans ce bureau..
Chaud.. Elle avait chaud...
Sur ces dernières pensées, House s'endormit profondément.

Un bruit de couloir le réveilla quelques heures plus tard. La luminosité de la pièce était moindre. Les lumières du couloir étaient allumées.
Merde ! Combien de temps avait-il dormi ?

Il se leva difficilement. Sa migraine n'avait pas disparu et la douleur musculaire non plus.
Il prit deux vicodines et se dirigea vers Cuddy. Il vit le plateau repas à ses côtés.
Il réveilla sa belle et essaya de lui faire manger quelque chose. En vain. Seul le sommeil l'attirait.
Il prit un morceau de pain, le grignota et le reposa aussitôt. Lui non plus n'avait pas faim.

Il entendit la porte s'ouvrir mais ne se retourna pas. Il garda ses yeux posés sur Cuddy.
Une voix familière retentit à ses côtés et il sentit une main ferme se poser sur son épaule.
- Comment va-t-elle ?

House sursauta et vira son corps d'un bloc.
- Wilson ! Qu'est-ce que tu fous là ?
- Merci pour ton accueil... J'ai appris que mes deux amis étaient confinés et malades, je ne pouvais pas les laisser...

House se concentra sur Cuddy.
- Elle a toujours une forte fièvre, une toux et une douleur thoracique. Elle ne mange plus, dort tout le temps. Ses phases de réveil sont de plus en plus courtes.

Wilson regarda avec étonnement son ami : il parlait doucement et ses yeux tendres posés sur la doyenne témoignaient d'un attachement quasi surréaliste !
Le cancérologue se promit dans un sourire de sonder son ami le plus tôt possible.

Il le vit se passer une main tremblante sur le front.
- House, ça va toi ?
- Une fichue migraine qui ne passe pas.

Le diagnosticien se tourna vers son ami et lui sourit d'un air las.
Wilson le fixa inquiet :
- House, tu transpires... Merde ! Toi aussi tu as de la fièvre !

TBC...