Merci pour vos commentaires :D
La petite folle: j'ai oublié de te répondre. C'est vrai que la mort de RJ a été rapide, mais je voulais montrer que ce n'était qu'un homme qui a trop joué et qui n'était pas invulnérable. Et il n'est pas le plus important dans l'histoire ;)
Hila, Sarah sera dans ce chapitre :) Quant à Jane... tu verras bien !
Ssssssy: tu auras la réponse dans ce chapitre et le prochain ;)
Merci encore de votre fidélité. Voici la suite.
POV de Lisbon
Deux semaines venaient de s'écouler depuis la mort de Red John et le départ de Jane. Deux semaines pendant lesquelles l'enquête interne avait été menée et avait finalement déclaré que j'avais agi en légitime défense. Deux semaines où mon lit me semblait vide, où ma vie n'avait plus le même goût. Sarah était au courant de ce qui s'était passé ce jour-là, elle avait l'air elle aussi plus taciturne, se renfermait sur elle-même.
Lorsque Cho et Van Pelt était revenus de la maison de Mc Allister, leur mine sombre m'avait aussitôt alertée. Grace s'était immédiatement mise à son ordinateur, et avait affiché les photos prises par la scientifique. Aucun de nous n'aurait pu imaginer que le shérif soit capable de toutes ces horreurs, et pourtant… les clichés parlaient d'eux-mêmes et faisaient froid dans le dos.
Cependant, j'avais remarqué qu'ils me cachaient quelque chose. Leurs regards étaient fuyants, et le silence avait comblé la pièce depuis leur arrivée.
- Qu'est-ce que vous ne me dites pas ? C'est au sujet de Jane ?
Silence. Ils s'étaient regardés, Cho se décidant enfin.
- On a trouvé ces images dans sa chambre, avait-il fait en cliquant sur la souris.
Si je connaissais les premières qui avaient défilé― Angela et Charlotte, telles qu'elles avaient été trouvées, entre autres― les autres m'étaient inconnues, c'était…moi. Il y en avait presque une dizaine, toutes prises à mon insu, ce qui m'avait fait frémir était la personne présente à mes côtés sur tous ces clichés. Jane. La plupart provenait de lieux d'enquête.
Ainsi il avait eu raison une fois de plus, j'avais failli être la prochaine victime de Red John. Malgré cela, malgré ses précautions, Red John avait réussi à nous traquer.
Deux semaines. Deux semaines sans son sourire, sans sa présence, sans ses remarques horripilantes.
Deux semaines. 14 jours. 336 heures. 20160 minutes. 1 209 600 secondes. Il me manquait tant que j'en étais venue à compter les secondes. Pathétique. Ce n'était pas la première fois qu'il partait, et il était revenu, il ne pouvait en être autrement cette fois-ci.
Demain serait la veille de Noël, et j'espérais ardemment qu'il soit présent lors de la soirée que j'avais organisée avec l'équipe et Sarah. C'était une raison de plus pour croire en son retour.
POV de Sarah
Noël approchait, et j'avais pris conscience que ce serait le premier sans Maman. Le départ de Jane m'avait bouleversé. Teresa m'avait expliqué la raison de sa fuite, car oui pour moi c'était une fuite, et m'avait dit qu'il reviendrait. Je me demandais si elle essayait de se convaincre ou si elle y croyait vraiment. L'air de rien, j'avais tenté d'en apprendre plus sur le passé de Jane auprès de Grace. Elle avait été dubitative au départ, puis avait compris quand je lui avais expliqué ne pas très bien cerner cette histoire de Red John. Par peur, je lui avais demandé de ne pas en parler à Teresa, prenant l'excuse de la douleur que celle-ci ressentait depuis le départ de Jane. Grace était une femme sentimentale, et toucher la corde sensible était la seule manière d'obtenir ce que je voulais sans que Maman ne sache quoi que ce soit.
Ainsi, ce soir, je n'allais pas chez Kate comme je le lui avais annoncé. Un bout de papier dans la poche, un sac plastique en main, je pris note des horaires de bus, montai dans l'un d'eux, et descendis à l'arrêt qui m'intéressait. A vrai dire, j'avais longuement hésité à venir, et finalement, je me retrouvais là, face à cette bâtisse.
Anxieuse, je frappai à la porte, et attendis quelques secondes. Je m'apprêtai à toquer de nouveau quand la porte s'ouvrit sur celui que je venais voir.
- Sarah ? S'étonna-t-il.
- Salut Jane, contente de te revoir, fis-je dans un sourire timide. Je peux entrer ?
Il jeta un coup d'œil aux alentours, puis me fis signe d'entrer.
- Ce n'est pas spacieux, mais ça me convient, dit-il d'un air détaché.
- C'est assez froid et vide comme endroit, notai-je ce qui eut le mérite de le faire sourire.
- Lisbon a eu la même réflexion. Alors, que me vaut l'honneur de ta visite ? S'enquit-il en m'indiquant un siège. Et comment as-tu su que j'étais ici ?
- Ce n'était pas très difficile, j'avais le choix entre trois endroits : le grenier― mais personne ne t'avais vu t'y rendre―, ta maison à Malibu― mais après ce qui est arrivé, je me doutais que tu n'y resterais pas― et enfin, ici.
Il secoua la tête tout en souriant. Quelque chose avait changé chez lui, il paraissait plus serein, moins torturé, et je remarquai soudain qu'il ne portait qu'une chemise sortie de son pantalon. Qu'était devenu le Patrick Jane que je connaissais ? Peut-être avait-il finalement pris un tournant décisif dans sa vie.
- Tu es douée, mais ça ne me dit pas pourquoi tu es ici.
- Pour refaire la déco de ta chambre.
Haussement de sourcil de sa part, légère trace d'inquiétude dans les yeux.
- Je plaisante Jane ! En fait, je me suis dit qu'il te fallait de l'aide pour retrouver une vie plus « normale », dis-je en mimant les guillemets avec mes doigts, alors voilà…
Posant mon sac sur la table, j'en sortis le mini lecteur CD que j'avais acheté.
- Ce n'est pas grand-chose, repris-je, mais cela te permettra de te remettre dans l'ambiance de Noël avec ce CD. Sinon, il y a les chaînes de radio, à toi de choisir.
Il ne dit rien, restant là à fixer ses cadeaux.
- Pourquoi ? S'enquit-il finalement.
- Parce que nous sommes une famille, répondis-je comme une évidence. Tu as besoin d'aide Jane. Et je voulais que tu saches que nous étions là pour toi.
- Je n'en ai jamais douté.
- Alors pourquoi es-tu parti ? Tu t'es enfui alors que Maman, l'équipe et moi ne pensions qu'à t'aider !
Ce n'était pas une critique, juste un constat. Il l'avait bien compris.
- J'avais besoin de solitude. Je ne pouvais pas… Cette quête venait de prendre fin et j'ai eu besoin d'espace.
- Tu n'es pas très convaincant.
- Sarah…
- Je sais Jane. Je crois que tu as eu peur de l'après, et je connais ça. Quand Maman est… morte, je… tu as réussi à m'apprivoiser d'une certaine manière. Je voulais être seule parce que j'avais peur. Pour moi tous ceux qui m'approchaient finiraient par m'abandonner ou par me faire du mal tôt ou tard. Pourtant, quand je t'ai vu, j'ai ressenti quelque chose, ta douleur peut-être, je ne saurais l'expliquer. Je savais que tu n'étais pas comme les autres, et Teresa non plus. Je t'ai fait confiance sans vraiment le vouloir, même si cette envie de solitude était toujours présente. Je pense que c'est un moyen de se protéger. En étant seul, on évite le risque de souffrir un jour.
Je sais que tu crois que l'équipe a pitié de toi. Maisc'est faux, ajoutai-je après une pause.
Sourire en coin de sa part et petit regard me disant « Vraiment ? »
- Bon d'accord, ils ont peut-être un peu pitié, mais ils veulent seulement t'aider à prendre un nouveau départ.
- Pourquoi es-tu venue, Sarah ? Demanda-t-il. Je doute que ce soit juste pour me faire la morale ou me prendre par les sentiments.
- Ce n'est pas drôle, tu devines toujours tout, rétorquai-je dans une moue boudeuse qui le fit rire.
- Alors ?
- Alors quoi ?
- Tu veux vraiment jouer à ça ? Lança-t-il moqueur.
- Bon d'accord, inutile que tu rentres dans ma tête. Demain c'est le réveillon de Noël. Maman a invité l'équipe pour l'apéritif et je sais qu'elle aimerait que tu sois là. Ces derniers mois ont été difficiles pour elle.
- Sarah, je… je ne suis pas sûr de pouvoir faire ça. Je ne fête plus Noël depuis que…
- Oui je suis au courant, mais tu peux essayer. Red John est mort, tu ne dois plus y penser !
A cet instant, je sus que j'avais fait une erreur. Son regard changea, me transperça, et l'homme souriant laissa place à un homme détruit par la douleur.
- Ne plus y penser ? Mais c'est là tout le problème ! Comment veux-tu que je tire un trait sur ce qui est arrivé ce soir-là ?! Comment oublier que les personnes auxquelles je tenais le plus sont mortes à cause de moi ? C'est impossible ! Tout simplement impossible !
Il n'avait pas vraiment crié, il n'y avait pas non plus de réelle colère dans sa voix, surtout de la souffrance, de l'impuissance. Red John était mort mais sa culpabilité injustement ressentie ne s'était pas éteinte.
- Tu n'es pas responsable, Jane. Et aujourd'hui, tu as la chance d'avoir des gens qui tiennent à toi, qui ont besoin de toi. Je ne te demande pas d'oublier, juste de faire une place dans ta vie à ceux qui sont encore là pour toi.
Voyant qu'il ne répondait pas, je m'approchai finalement de la porte. « Si jamais tu changes d'avis, la soirée commence à 19 heures » lançai-je sans me retourner, et sortis.
