Bonjour à tou(te)s !

Comme toujours, un grand merci à vous pour vos reviews, alertes et favoris ! Et tout simplement, merci de me suivre ! Je suis toujours étonnée de voir le nombres de visiteurs pour mes histoires !

Tous vos commentaires me font vraiment plaisir ! Certains ont, en prime, le mérite de me faire rire ! Vos propositions de tuer ou torturer Alec sont tentantes mais j'ai encore besoin de lui pour l'instant !

Pour la petite info, j'ai terminé d'écrire cette fic entièrement ! J'ai hâte de lire vos réactions pour certains chapitres !

Bref, j'arrête mon blabla ! Voilà la suite ! On poursuit toujours cette soirée, loin d'être terminée !


Chapitre 11

Bella :

Alec sort, laissant entrer mes collègues de travail. Linda s'approche, inquiète

L « Ça va ? »

B « Très bien … Je vais prendre une douche … »

Je leur tourne le dos mais sens les regards sur moi, des regards que je déteste, des regards pleins de pitié … Elles se doutent toutes de quelque chose mais une seule sait qui je suis réellement, une seule connait ma vraie vie … Alec a toujours voulu cacher nos liens aux yeux des autres … Aucune de Clara ou de Bella ne porte son nom. Pour la vie civile, j'ai gardé mon nom de jeune fille. Pour la scène, il s'agit d'un pseudonyme, le vrai n'étant pas assez sexy à son gout. Au tout début, selon Alec, c'était juste pour paraître plus disponible. Il paraît qu'un homme marié est moins vendeur dans ce milieu … L'idiote que je suis l'a cru. Pour les collègues, je ne suis donc qu'une employée de plus et un punching ball à mes heures perdues. Jane est une personne de confiance, je sais qu'elle ne me trahira pas, elle n'a jamais rien révélé.

J'échappe enfin à leurs yeux en fermant la porte de la salle de bain. Je me déshabille et m'engouffre sous l'eau chaude de la douche. Je ne dispose que de très peu de temps, elle sera rapide. Impossible de m'y détendre cette fois. J'en profite tout de même pour tenter d'examiner les marques qu'Alec a laissées. Lui qui me promettait de ne jamais laisser de traces ... Je ne marque pas facilement mais vu la douleurs que je ressens, je ne serais pas étonné d'être décorée de jolis hématomes demain !

Je sors de ma douche, m'enroule dans une serviette chaude et file choisir mes tenues pour la fin de soirée, la nuit et le lendemain. Connaissant Alec, il vaut mieux ne pas tenter le diable ! Si je mets un ensemble sobre … je ne préfère même pas penser à sa réaction ! Je porterais donc une robe noire, sexy mais jolie … Pour une fois elle me plait ! Je me sèche les cheveux, me maquille légèrement, enfile mes bottes et c'est parti.

Devant la porte, j'angoisse. Impossible d'avancer, des nausées s'emparent de moi, je ne peux pas … Je ne pourrais pas le faire … Je connais les conséquences de ma décisions mais c'est au dessus de mes moyens … Je recule, tant pis … A la limite de la crise de nerf, je cherche n'importe quelle excuse … Alec entre, arborant un sourire de vainqueur.

A « Prête ? »

B « Non »

Il me regarde et rit

B « Je suis sérieuse Alec, je ne peux pas … Je ne me sens pas bien, je ne pense pas pouvoir assurer sur ce coup là … »

A « Garde tes excuses ! Tu y vas point barre ! Tu veux peut-être que je te ré-explique les choses à ma manière ? »

Je baisse les yeux, murmure à peine

B « Je ne peux pas ... »

Il m'attrape le bras, le serrant très fort, me forçant à le suivre.

A « Il t'attend de l'autre côté et il a suffisamment patienté ! »

Sur ces dernières paroles, il ouvre la porte et me jette dans la fausse aux lions. Je regarde partout autours de moi, n'osant pas lever les yeux sur le pervers que je vais devoir supporter cette nuit. Ma respiration s'accélère, mes mains deviennent moites et commencent à trembler. Si j'ai appris à cacher mes émotions, je n'ai toujours pas réussit à les contrôler !

A « Voilà Mr Cullen, elle est à vous jusqu'à demain. Vous ne serez pas déçu ! Bonne soirée à vous ! »

Je me triture les mains, je n'ai toujours pas levé mon regard, je n'ose pas …

E « merci »

Oh mon dieu cette voix ! Dans un sursaut, je relève la tête et tombe sur les prunelles émeraudes de celui que je considère à cet instant comme mon sauveur. J'observe Alec sortir afin de nous laisser seuls et me tourne immédiatement vers Edward, un sourire reconnaissant dessiné sur mes lèvres.

B « Je n'espérais plus te … »

E « Tu te rends compte de ce que tu me fais faire ? »

Je ne m'attendais pas à une réaction aussi rude. Mais je dois reconnaître que je lui en demande beaucoup alors que je ne lui explique rien … Il semble très mal à l'aise, gêné. Je tente de le rassurer

B « Edward je sais que... »

E « Non tu ne sais pas ! Je ne suis pas comme ça moi ! Je ne sais pas à quoi tu joues mais la prostitution c'est pas mon truc ! »

B « Edward je t'assure que je ne joue pas … Ce n'est pas du tout ce que tu crois … »

E « Alors tu as intérêt à avoir de très bonnes explications ! »

Je baisse les yeux. Je comprends sa réaction, mélange de colère et de malaise. Inutile de tenter quoi que ce soit, il n'est pas apte au dialogue dans l'état où il est … Mieux vaut sortir d'ici, un endroit neutre sera plus adéquat pour discuter. Je lui dois des explications, je le sais. Et pourtant je ne me sens pas encore prête à lui révéler mes secrets … Le peu de confiance que j'avais en sa présence semble s'évaporer, je le vois lointain, distant, amer...

E « On sort d'ici »

B « Je te suis ... »

L'air frais de la nuit me fait du bien, m'aide à reprendre une fréquence respiratoire normale. Pourtant, je suis toujours mal à l'aise, Edward l'est encore plus. La tension est palpable, mes angoisses me reprennent. Arrivés à sa voiture, il m'ouvre la porte et monte à son tour. Installé derrière le volant, il met le contact et attend.

B « Où va-t-on ? Chez toi ? »

E « Certainement pas … Tu connais un endroit calme, discret où on pourrait boire un café ? »

B « Le black coffee... C'est à trois minutes sur le boulevard … »

E « Ok »

Ces trois minutes me paraissent interminables, Edward ne dit toujours rien, l'ambiance est pesante, je le vois en colère, énervé, … Sa conduite est brusque. Je suis habituée à ce genre de comportement et cela commence à me faire peur. Je ne suis plus du tout rassurée. Les jambes croisées et les bras repliés autours de ma taille comme pour me protéger, je patiente et crains le moindre geste …

Edward :

Depuis mon arrivée dans les loges, je ne cesse de me poser des questions... Mon cerveau est en ébullition, je me repasse en continue les moments passés avec Bella, nos soirées au bar, nos discussions, nos fous rires, notre complicité, ce baiser échangé... Je ne peux m'empêcher de les comparer avec ce qu'il s'est passé ce soir. Certes, on ne se connait que très peu mais là, à cette instant, elle me semble n'être qu'une inconnue … C'est ça, je ne la reconnais plus … Ce n'est pas la jeune femme que je voyais secrètement … Ce n'est pas la jeune femme qui m'attire … Ce n'est pas la jeune femme que j'ai tant désiré … Elle est autre et je ne la comprends pas …

Je n'arrive pas à mettre un nom sur le sentiment que j'éprouve à cet instant … Une foule m'envahit, un mélange de colère, de mal-être, d'amertume, de tristesse, de déception et même … de dégout …

Tout ce que je veux, c'est comprendre. Comprendre pourquoi elle a joué avec moi … Était-ce pour être sûre d'obtenir un client de plus ? Je ne pense pas... Elle semblait trop spontanée pour que ce soit un rôle … J'essaie de me remémorer ses gestes et surtout ses paroles, à la recherche de la moindre incohérence, d'indice, pouvant m'aider à la cerner. Autant que je m'en souvienne, elle a toujours été évasive sur ses motivations, son entrée dans ce milieu … Elle avait de l'ambition mais visiblement pas celle de danser dans un bar !

Des bribes de phrases me reviennent telles des flashs. Puis ses paroles, les interrogations que j'avais déjà deux semaines en arrières … Sa réaction lorsque son patron est entré ce soir là … la peur dans ses yeux, la frayeur dans sa voix, dans ses gestes … Elle me suppliait presque de ne pas sortir. Pourquoi se cacher ? Pourquoi craindre autant la réaction de son patron ? La phrase qu'elle a prononcé le premier soir me revient subitement : « si mon patron l'apprend je suis bonne pour … ». Je revois alors leurs regards après l'altercation avec le client de tout à l'heure. Lui, mauvais et noir ; elle, paniqué … Je n'ai pas compris tout à l'heure … Et si elle n'avait réellement pas le choix ? J'ai peur de comprendre une partie des choses …

Je jette un œil vers elle et ce que je vois m'inquiète. Elle est là, fragile, presque recroquevillée, se servant de ses membres comme de barrières, ses mains tremblent, ses yeux la trahissent. Elle a peur. Elle semble à l'affut de tout, s'est renfermée depuis que je lui ai parlé... C'est de moi dont elle a peur à présent, de mon comportement, de mes gestes... Non … Je décide de vérifier si mes craintes sont fondées. Je pile en plein milieu du boulevard …

Bella :

Toujours à demi plongée dans mes pensées, m'imaginant les scenarii les plus sordides, je sens son regard se poser sur moi. Je n'arrive plus à me calmer. Je me déteste dans ces moments là. Je me déteste de ne pas être plus forte, de ne pas parvenir à surmonter le trop plein d'angoisse. Je commence à étouffer. Heureusement nous sommes bientôt arrivés, j'aperçois l'enseigne du café. Quelque part, cela me rassure de savoir que nous ne serons pas seuls … c'est une …

B « Ah ! »

Edward vient de piler net ! Je le regarde, et par réflexe, attrape la poignée de la portière, prête à sortir s'il tente quoi que ce soit.

Edward :

J'avais raison … Malheureusement … Je tends une mains vers elle. Elle se rue sur la poignée et tente de sortir, effrayée. Mon cœur se ressert, j'ai mal de la voir ainsi …

E (rassurant) « Tu n'as pas à avoir peur de moi ... »

Elle me fixe, toujours de la même façon mais dessert ses doigts lentement... Elle hoche la tête pour me faire croire qu'elle a compris … Ses yeux la trahissent encore une fois … Je sais qu'elle panique toujours autant …

E (doux) « Bella … C'est moi … tu sais que tu ne crains rien … »

B (balbutiant) « J'ai besoin de prendre l'air »

E « ok, je me gare et on va faire le reste à pieds »

J'ai à peine le temps de couper le moteur qu'elle descend déjà et commence à marcher. Je la rejoins mais elle ne semble pas vouloir que je l'approche. Elle croise ses bras, un frisson la parcourt.

E « Tu as froid ? »

B « un peu »

E « mets ça, tu auras plus chaud »

Bella :

Il accompagne ses mots en me tendant sa veste. Cette petite attention me fait sourire légèrement. Je décide pourtant de décliner son offre

B « non merci, on est bientôt arrivé, ça va aller. »

Je sais qu'il ne me veut pas de mal. Pourtant je n'arrive pas ... je n'arrive plus à me défaire de la vision négative que j'ai des hommes. Après tout, pourquoi serait-il différent ? Non … Il n'est pas comme eux, il n'est pas comme ça … Je n'arrive même plus à avoir un jugement clair, la peur m'aveugle. C'est un homme avant tout … J'ai tout misé sur lui alors que je ne le connais pas … Et après le numéro que je lui ai fait, à quoi puis-je m'attendre de toute façon ?

E (tenant la porte)« Après toi »

B « merci »

Nous sommes arrivés. J'entre et me dirige instinctivement vers le fond de la salle, histoire d'être tranquilles. Nous nous installons et Edward commande deux cafés. Il y a très peu de monde vu l'heure tardive … Au moins nous ne serons pas dérangés. Je ne sais quoi dire et l'ambiance devient pesante. Edward brise ce silence dérangeant et essaye de me rassurer. Sa voix est douce, son regard est tendre …

E « Je suis désolé pour tout à l'heure, je ne voulais pas t'effrayer »

J'esquisse un sourire et essaye de me contrôler, de canaliser mes émotions. Je tente de me rassurer en me remémorant les instants passés en sa compagnie. S'il était mauvais, violent ou s'il avait voulu profiter de moi, il l'aurait déjà fait bien avant … C'est quelqu'un de bien … Quelqu'un qui a su me faire sourire. Quelqu'un qui a su me faire rire. Quelqu'un qui a su m'apprivoiser le temps d'un instant. Quelqu'un qui m'a respecté. Quelqu'un avec qui je me suis sentie bien. Quelqu'un à qui j'ai donné ma confiance. Alors pourquoi douter maintenant ? Il a fait ce que je lui demandais, sans poser de question, sans chercher à comprendre … Et moi je le crains alors qu'il y a quelques minutes je le considérais comme mon sauveur … Il faut que je me reprenne … Avec lui, il ne m'arrivera rien.

B « Et moi je suis désolée de réagir comme ça. Je te fuis alors que tu m'aides...Ta réaction était totalement logique, la mienne par contre, était disproportionnée. Excuses-moi … »

E « C'est rien … »

Le silence refait surface. Je crois que, ni l'un ni l'autre, nous ne savons par où commencer. Le serveur nous apporte enfin nos cafés. Je m'empare de la cuillère et touille mon café, les yeux rivés sur le liquide noir … Edward fait de même puis se lance, timide

E « Ça fait longtemps que tu fais ça ? »

B « Que je fais quoi ? »

E « la prostitution… »

B (choquée) « Mais je ne me prostitue pas ! »

E (agacé) « Ah oui ? Une femme qui vend son corps tu appelles ça comment toi ? »

B « Si je t'ai demandé de m'acheter c'est justement pour ne pas avoir à en arriver là ! »

E « Arrête tu n'es pas logique là ! Honnêtement, tu joues à quoi ? »

B (énervée) « Mais enfin réfléchis deux minutes ! Tu crois que si je me prostituais je t'aurais donner l'argent pour m'acheter ? »

E « Mais de quoi tu parles ? »

B « De l'argent que j'ai glissé dans ta poche pendant la danse ! »

Il fouille dans sa poche

E « mais j'ai rien dans ... »

Il sort la liasse de billets, apparemment il ne s'était pas rendu compte qu'ils était là …

B « Tu ne t'en es pas servi ? »

E « Bah non … Je ne n'avais pas vu …"

Il esquisse un sourire gêné,

E " Enfin j'étais un peu perturbé par autre chose... »

Je souris puis le fixe, étonnée

B « Tu es vraiment allé voir Alec pour m'acheter alors ? »

E (timide) « tu me l'avais demandé … »

Je reste interdite, je ne sais plus si je dois m'en réjouir. L'a-t-il fait pour me rendre service ? A-t-il pensé que je voulais aller plus loin ? Avec les 400 dollars que je lui ai donné, il aurait pu avoir quelques heures. Pourquoi avoir demandé à m'avoir jusqu'au matin ? Malgré toutes mes questions, je ne peux m'empêcher de penser que cela est positif. Qu'il l'a fait pour moi, qu'il a voulu m'aider encore une fois … Je veux juste en être sûre ...

Je reprends, hésitante

B « Pourquoi tu as accepté ? Et pourquoi aussi longtemps ? »

E « Je ne sais pas … Quand tu me l'as demandé, je n'ai pas réfléchi ... Je me suis dit qu'il fallait que je le fasse … Et pour la durée, et bien, tu ne m'avais rien dit alors j'ai pris le maximum. »

B « Combien tu as payé ? »

E « Ce n'est pas important »

B « ça l'est pour moi. Combien ? »

E « Pourquoi tu tiens tant à savoir ? »

B « Pour te rembourser »

E « Laisse tomber »

B « hors de question. Combien ? »

E « Écoute, je ne veux pas jouer les riches blasés mais … Enfin je veux dire... ça change pas grand chose pour moi … »

B « Mais pour moi ça change tout … Edward, si je ne te rembourse pas... Alors ça veut dire que tu as réellement acheté ma compagnie … Et ça fait de moi … »

Je soupire, n'arrivant pas à finir ma phrase. Je ne voudrais pas qu'il se méprenne, et je ne trouve plus les bons mots … Il me regarde, semble désolé et baisse les yeux.

E « Excuses-moi … Je n'avais pas vu les choses sous cet angle... »

B « Alors dis-moi combien tu as payé. »

E « Ok … En enlevant ce que tu as glissé dans ma poche tu me dois encore 1600 dollars. »

B « quoi ? Mais tu es fou d'avoir dépensé une somme pareille ! »

Il rit et hausse les épaules

E « Bah t'es marante toi ! Je connais pas les tarifs ! »

Nous rions de bon cœur tout les deux. Moi qui suis constamment sous pression, ça me fait un bien fou ! Je reprends tout de même mon sérieux … Tenant à ce qu'il me comprenne, je prends mon courage à deux mains...

B « Edward… Il faut que tu saches que je … Je ne décide pas de tout ça … Je veux dire... Je n'avais pas le choix pour ce soir … »

Je souffle, je n'arrive pas à poursuivre. Je stresse. Et s'il ne me croyait pas ? S'il prenait peur face à mon histoire ? Et si je le faisais fuir ? Je lève les yeux vers lui, espérant trouver le soutient nécessaire pour parler. Il me regarde, intensément, m'incite à continuer mais paraît inquiet. Je ne pensais pas que ce serait si dur d'en parler, je ne sais par où commencer. Je secoue légèrement la tête et souris nerveusement. Je n'y arrive pas.

E « Qu'est-ce que tu essaies de me dire ? »

B « Que ... »

Mon portable sonne au mauvais moment …

B « Excuse-moi … »

Il me sourit signe que ça ne le dérange pas. Je saisis mon téléphone et lis ce qu'il affiche. 1 nouveau message de : Alec « Si tu foires je te promets que tu vas morfler ! ». Encourageant …

E « Il y a un problème ? »

Les yeux toujours rivés sur l'écran, je réponds

B « Oui … euh non ! Non non tout vas bien … »

Je tente de rattraper le coup en souriant. Mais quelle idiote ! Je soupire

B « Bon ! Qu'est ce qu'on disait ? »

E « Tu allais me parler de ton patron qui d'ailleurs vient tout juste de t'envoyer un message... »

Je le fixe, incrédule. Comment a-t-il su ? Il me regarde, me perturbe totalement. Je ne comprends plus rien, je suis déroutée… Je l'interroge du regard, il se lance

E « Bella … Je ne suis pas bête … C'est flagrant que tu en as peur … »

B « Non je … »

E « Ne me mens pas s'il te plait... C'est lui qui t'oblige à faire ça ? »

Je suis désemparée, incrédule, choquée qu'il puisse ainsi deviner les choses … Je soupire, ferme les yeux et me cale contre le dossier de ma chaise. Je ne veux plus lui mentir, je veux qu'il sache.

B « Tu es très perspicace … »

E « Non... Observateur c'est tout … Alors j'ai raison ? »

B « Oui …c'est lui … »

Edward :

Mes craintes étaient fondées … A cet instant, calées contre ce dossier, la tête et les yeux baissés, elle paraît fragile, perdue. Je n'ai qu'une envie, celle de la prendre dans mes bras, de l'enlacer, de lui montrer que je suis là, que je veux l'aider et la protéger. Pourtant je n'ose pas. J'ai peur qu'elle le prenne mal, que ce ne soit pas le bon moment. Alors je poursuis, timide

E « Qu'est-ce que tu attends de moi Bella ? Tu veux que je te sorte de là ? »

Elle me fixe, le regard triste

B « non… je n'attends rien de toi Edward... »

Je soupire, commençant à perdre patience

E « Alors pourquoi tu m'as demandé de t'aider ! Pourquoi moi ? »

elle semble mal à l'aise, continue néanmoins

B « Tu ne peux rien pour moi. Et si je t'ai demandé c'est parce que ... »

Elle souffle, semblant vouloir gérer le trop plein d'émotion qui l'envahit,

B « Parce que je ... »

Elle baisse les yeux,

B « Je … »

Presque agacé, je lui lance, sec

E « Parce que quoi ? Tu quoi ? Explique-moi ! »

Elle sursaute, crie presque sa réponse

B « Parce que je pensais que tu étais différent ! »

Elle se reprend puis continue, la voix tremblante,

B « Je … Avec toi j'ai enfin l'impression d'être quelqu'un. J'avais la sensation d'être appréciée… J'étais enfin respectée… Alors je… J'avais peur Edward ! Je ne voulais pas faire ça alors … Je … Je voulais juste passer une bonne soirée avec toi … Je savais qu'au moins toi tu n'essaierais pas de profiter de moi ! Je voulais juste être moi et … Il n'y a qu'avec toi que je peux l'être ! Auprès de toi je me sens bien … »

Sa phrase fut à peine audibles et pourtant ces derniers mots raisonnent dans ma tête "auprès de toi je me sens bien"... La voix tremblante, elle s'est lâchée, s'est confiée … Je crois que jamais je n'avais entendu autant de détresse… Sous sa carapace de femme forte, se cache en faite un être fragile, à bout de souffle, à bout de force … Visiblement torturé psychologiquement...

Je reprends, compatissant et tendre

E « comment fais-tu pour supporter tout ça ? Pars tant qu'il en est temps ! Je suis là je peux t'aider ! »

B « non … tu ne peux pas … Je ne peux pas lui échapper Edward … »

Elle baisse les yeux, semble étrangement résignée

E « Je ne comprends pas … Pourquoi tu … »

Bella :

Il ne finit pas sa phrase, il baisse les yeux un instant puis me regarde tristement. Il se doute de quelque chose et attend désormais ma réponse

B « Parce que c'est mon mari … »

Il reçoit la nouvelle comme un choc. Il me regarde, déçu, puis ferme les yeux, passant ses mains dans ses cheveux. Il respire profondément. Je me sens mal … vraiment mal …

B (chuchotant) « je suis vraiment désolée ... »

Il ouvre les yeux mais ne me regarde pas. Sa mâchoire est serrée, et il joue nerveusement avec sa petite cuillère. Bizarrement, je ne le sens pas en colère. Il est nerveux, triste, déçu. A quoi pouvais-je m'attendre ? Je ne veux pas le perdre. A cet instant j'ai besoin de lui, de sa présence réconfortante. Je crains sa réaction, je ne veux surtout pas le faire fuir.

B « Je sais que je n'aurais pas dû te le cacher mais … Je ne voulais pas te faire fuir. Je suis sincèrement désolée Edward … »

Il lève enfin les yeux vers moi, l'espace d'une seconde. Une seconde suffisamment longue pour me permettre d'y déceler l'inquiétude. Il semble perdu, aucun son ne sort de sa bouche

B « Dis quelque chose je t'en prie ... »

E « Tu l'aimes ? »

Je sais qu'il connait la réponse à sa question. Mais il est décontenancé, il cherche une confirmation. Comment pourrais-je aimer une ordure pareille ? Comment peut-on aimer un être aussi abjecte ? Je le regarde droit dans les yeux, tentant de faire passer mes émotions de l'instant.

B « Le seul sentiment que j'éprouve encore à son égard c'est le dégout ! »

E « Alors pourquoi tu ne le quittes pas ? »

B « Ce n'est pas si simple ... Tu ne le connais pas … »

E « J'en ai eu un aperçu. Tout à l'heure quand je suis allé le voir … J'avais l'impression de marchander du bétail ! »

Je souris, émets un petit rire nerveux

B « Oui c'est tout lui ça ! »

E « comment fais-tu pour vivre comme ça ? »

B « Je ne vis pas … Je survis … »

Je le regarde et hésite à poursuivre. Son regard est tendre, empli de compassion. Je reprends, les yeux baissés

B « Ce ne sera pas toujours comme ça … Je m'en sortirais, il le faut. Mais pour l'instant je ne peux pas, j'ai pas de solutions. C'est impossible. »

E « Tu sais si c'est une question de finance je peux … »

B « non ! Crois-moi ce n'est pas cet aspect qui me retient ! Ça en fait partie certes mais ce n'est pas prioritaire … »

Son regard est tendre, plein de compassion. Pourtant, je devine facilement que mon union est un obstacle. Ses yeux laissent passer toute l'inquiétude qu'il ressent. Je veux le rassurer, apporter des réponses à ses interrogations. Lui prouver que je suis toujours celle qu'il a rencontré il y a quelques semaines... Ma timidité reprend place, je ne sais comment l'aborder

B « Edward ... »

Ses prunelles couleur de jade me fixent, je m'y noie. Je sens ma peau se consumer sous son regard. Une chaleur m'envahit, une sensation de bien-être. Il est tendre, doux. Je peine à repousser mes pulsions qui me guident vers ses bras. Je veux retrouver cette complicité, ce désir, cette douceur et même ce bonheur qui caractérisaient nos rencontres. Je veux le retrouver, lui, là où je l'ai quitté il y a deux semaines. Plongée dans ses yeux, je trouve le courage nécessaire au balbutiement de quelques mots

B « Edward … Je veux que tu saches que … A part de la haine, il n'y a plus rien entre Alec et moi. Depuis longtemps, depuis des années. Je ne sais même pas s'il y a réellement eu quelque chose un jour. Alors … Je sais que le fait que je sois mariée pose problème mais... C'est juste un bout de papier dans notre cas... Je t'assure qu'il n'y a rien d'autre. »

Il semble s'apaiser petit à petit, pourtant je n'arrive pas à savoir ce qu'il pense. J'aimerais tellement déceler ne serait-ce qu'un indice. Au fond de moi, j'espère qu'il a saisit le message de mes paroles. Message qui dit simplement que mon cœur est libre malgré les apparences, et que s'il le veut, il peut le conquérir … j'attends une réaction, une parole, même opposée à mes attentes car son silence devient lourd et pesant. J'attends... Mais en vain... Il ne dit mot. Je soupire et baisse les yeux. Je m'y prends décidément très mal !

E « Ils n'attendent que nous pour fermer et il est très tard. On devrait y aller. »

B « Ok »

Je me lève, m'empare de mon sac à main et le jette sur mon épaule. Nerveuse, je devance Edward afin de sortir de cet endroit devenu étouffant, l'air frais emplit enfin mes poumons. La température a encore baissé depuis tout à l'heure, je frissonne et entame des pas en direction de la voiture garée plus bas. Visiblement, il veut qu'on se sépare maintenant, la soirée a été très éprouvante pour lui. Je lui ai demandé beaucoup et je comprends qu'il ait besoin d'assimiler tout ça. Je sais que nous nous reverrons, de toute façon je compte bien m'acquitter de mes dettes ! Mais quand ? Une autre question me taraude : où vais-je aller ? Il m'est impossible de rentrer, Alec se douterait de quelque chose. Il faut que je trouve un hôtel.

Un frisson me parcourt, je tremble de froid maintenant. Je ressers mes bras autours de ma taille pour tenter de me réchauffer, en vain, quand je sens une douce chaleur puis une divine odeur s'emparer de mes narines. Edward apparaît à mes cotés, un sourire doux dessiné sur ses lèvres. Il vient de poser sa veste sur mes épaules. Ce contact était tellement inespéré que je suis touchée, émue de l'attention …

B (timide) « Merci … Mais toi ? Tu vas avoir froid »

Je tremble encore malgré l'étoffe, il se rapproche et passe son bras autour de moi. Je frissonne et me laisse faire, je laisse sa chaleur m'envahir, me transporter. Je me colle à lui, m'imprégnant de son doux parfum. Son étreinte me berce, je m'y sens bien. Sa voix me parvient, suave et délicieuse.

E « Ne t'inquiète pas pour moi … Merci de m'avoir fait confiance … »

Je me sépare à regret de lui afin de le regarder, contrairement à ce que je redoutais, son regard ne reflète aucune pitié. Je n'y vois que de la compassion et une sincère tendresse. Je lui souris, pose ma tête sur son épaule et susurre

B « Merci d'être là... »

Nous arrivons à sa voiture et nous détachons l'un de l'autre. Il m'ouvre la portière puis s'installe derrière le volant en me gratifiant d'un sourire dont lui seul à le secret.

E « Où veux-tu que je te dépose ? »

B« Tu connais un hôtel où je pourrais passer la nuit ? »

E « Ouvert à 3h00 du matin, sans réservation et juste pour une nuit … ça risque d'être dur... »

B « ça doit pouvoir se trouver … Peu importe le prix c'est pas grave … »

Il réfléchit un instant

E « Si ! J'en connais un très bien ! Très confortable, très chaleureux et en plus il paraît que le petit déj est plutôt pas mal ! »

B « Génial ! Alors je te laisse m'y conduire. C'est où ? »

E « A une petite demie heure d'ici à l'ouest de la ville »

B « Ah ? Et quel est le nom de l'hôtel ? »

Il rit, semble fier de lui

E « Cullen's hôtel ! »


Comme je vous le disais, la soirée est loin d'être terminée !

Comme toujours, n'hésitez pas à me faire part de vos avis/impressions/spéculations sur l'histoire et / ou les personnages !