Le cinquième étage est l'étage des salles de classe d'arithmancie et parfois d'étude des runes ainsi que de nombreuses autres salles de classe vides. Je sais que Poudlard est une école mais je me demande parfois la nécessité d'avoir construit autant de salle de classe, je ne suis pas sûr qu'on en utilise le dixième. Enfin bon, nous avions décidé d'en explorer les contrées les moins habitées pour commencer, décision motivée en grande partie par la découverte que le professeur d'arithmancie se trouve être Mr Funnel.
Nous interrogeons les portraits, tâtons les murs, suivons de près des vieux élèves pour piquer leur savoir et comme d'habitude, on m'envoie gérer la partie littéraire de la recherche.
Au final, on trouve dix-sept passages secrets dont aucun ne finit en cul de sac et minus un périmètre de 5 mètres autour de la salle d'arithmancie, on a fouillé tout l'étage.
-Bon ben...dit James en baissant la tête d'un air résigné.
-Voilà, voilà... je rajoute un peu nerveux.
-Reste plus qu'une pièce hein...couine Peter.
Sirius émit un bruit d'impatience.
-Arrêtez donc de pleurer, il suffit qu'on y aille de nuit. Sans compter qu'on connaît plein de passages qui vont au cinquième maintenant.
La nuit venue, nous poussons avec une prudence excessive, compte tenu qu'il n'existe qu'une très faible probabilité que Funnel passe la nuit dans sa salle de classe, la porte de l'antre maudit.
La salle est remplie de petits objets en lévitation, d'affiches présentant la symbolique des nombres et de dessin reproduisant certaines structures magiques. On s'approche instinctivement du bureau du professeur. James et Sirius se jettent dessus avec avidité et commencent à ouvrir les tiroirs.
-Les gars, c'est pas très poli…je tente faiblement.
-Et puis franchement, si vous voulez connaître sa vie il suffit d'aller lui demander, raisonne justement Peter.
Sirius nous rit au visage tout en examinant les photos qu'il venait de trouver. Je finis par laisser tomber. Après tout c'est de la faute de Funnel, il a un bureau à lui quelque part, quel besoin il a de ramener des photos personnels dans sa salle de classe.
-Tu penses que c'est sa mère ?
-Naaan, regarde comme il la tient, c'est peut être l'éleveuse de Hiboux…
-Ok, si vous me chercher, je serais en train de faire tout le boulot à votre place, je dis en m'écartant.
-Bonne idée...
Je fais un rapide tour de la salle, visant les éléments les plus anciens et les plus évidents. Comme la plupart des salles de classes, il n'y a aucun portrait, pas de tapisseries non plus. Je ne tiens pas à m'esquinter les yeux à examiner les murs dans cette pénombre alors je m'approche des petites bibliothèques disposées de part et d'autre des fenêtres. Je trouve une cache derrière l'une d'entre elles, mais rien à l'intérieure et je décide de refaire un tour. J'aperçois un élément qui m'a échappé la première fois, une petite sculpture en métal représentant un lutin clouée au mur comme crucifiée. J'essaie de trouver un mécanisme et je pousse un cri victorieux quand le nez s'enfonce et qu'un pan du mur disparaît pour faire apparaître un passage.
-Trouvé !
-Pas la peine de crier, on est juste derrière toi.
Je me retourne en sursautant.
-Quoi ? Ça fait combien de temps que vous êtes là.
-'Sais pas, cinq minutes ? Tu avais l'air de bien te débrouiller alors on a laissé faire.
Je pousse un soupir et m'engage le premier dans le passage. On marche peut-être près d'une demi-heure. Pour la plupart du temps, on ne fait que descendre au point que la pierre des murs et du plafond finit par laisser place à de la terre et du bois, comme une construction pas finie. On finit par être bloqué par un amas de roche et de sable qui bloque le passage.
-Voilà notre cul-de-sac, dit James.
-Je sais pas trop, regarde…
Je fais naviguer la lumière de ma baguette sur les structures en bois.
-On dirait que la construction a été arrachée juste à cette endroit là, je pense que c'est seulement un éboulis et que ça continue derrière.
-Oui mais si c'était déjà là du temps d'A.W., c'est peut être de ça qu'il fait référence.
-On peut toujours chercher…
Mais nous ne trouvons aucun objet ni aucune feuille de papier.
-On va s'arranger. Un peu d'explosif devrait faire l'affaire, dit Sirius.
-Ça va pas non ? Si tu veux mourir, ça sera tout seul, je lui réponds énervé.
-Allons nous coucher. On reviendra avec des outils, tempère James
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C'est ainsi que pendant plusieurs nuits, nous revenons avec pelles et pioches piquées à Hagrid pour nous frayer un chemin vers notre destin, qui est d'aller récupérer un énième objet à aller stocker dans notre dortoir et de probablement faire des trucs illicites avec. Notre skate a d'ailleurs été confisqué par McGonagall après que Sirius aie tenté de l'utiliser sur le plafond de la grande salle.
Pour être honnête, je reste moi même curieux de savoir si Sirius se serait offert un ride dans les nuages ou aurait fini coincé derrière l'illusion du plafond.
Bref nous lévitons, piochons et pellons et après une semaine d'intense travail, nous réussissons à créer une ouverture.
Haletants et suants, nous décidons de traîner les pieds sur cette nouvelle route immédiatement. Après quelques minutes de marche, j'aperçois une drôle de forme se mouvoir.
-Je rêve ou je viens de voir passer un pangolin, je m'arrête soudainement.
-Un pangolin ? Qu'est-ce que c'est que ça encore ? Tout ce que j'ai vu ces dix dernières minutes sont des asticots et un artichaut.
-Un artichaut qui bouge Sirius, précise James.
-Un pangolin donc, je continue patiemment.
-Il s'est peut-être perdu, essaie Peter.
-Probablement. Le pauvre, arrivé devant l'Oural ou la méditerranée a dû prendre à gauche plutôt qu'à droite et paf il a foncé tout droit vers l'Écosse.
Je décide de remballer mon ironie pour ce soir et je recommence à marcher lentement.
-C'est juste...que c'est curieux non ? Après le Chipekwe, un autre animal exotique…
-C'est magique le pangolin ?
-Pas à ce que je sache.
-Ne t'inquiète pas Remus, dit James en m'ébouriffant gentiment les cheveux comme on le fait avec un petit enfant qu'on va rassurer. On va le résoudre ton problème avec le méchant trafic d'animaux, je te le promet.
Et j'ai un peu honte de le dire, mais ça me rassure vraiment.
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Merlin merci, nous débouchons bien comme prévu sur une voie sans issu. Au fond du passage, une grosse boîte en fer.
-Un grille pain, je constate.
-Un pille grain, me contredis Peter en me passant le bout de parchemin qui avait été coincé dans la l'ouverture de la machine.
Je lève les yeux au ciel et les rabaisse pour lire.
Pille Grain
Je l'ai trouvé dans une décharge un jour que mon père m'emmenait sortir dans le monde moldu. Une personne qui vivait là bas m'a brièvement expliqué que c'était un ustensile de cuisine. Malheureusement il s'agit encore là d'un objet fonctionnant à l'éclecticité et je n'ai jamais vraiment pu constater de mes propres yeux la manière dont cela marche. J'ai donc charmé l'objet pour que quels que soient les aliments introduits, le pille grain vous en fabrique un savoureux mélange.
Je me demande ce que madame Pomfresh va dire quand elle va me voir revenir avec une intoxication alimentaire.
Le prochain indice est indiqué à la page 387 de l'ouvrage « 500 petits potins à propos de notre école » disponible dans notre bonne vielle bibliothèque.
-Hé regardez ! Le mur est mou ! s'exclame James.
Il s'appuie sur le mur du fond pour nous en faire la démonstration et son corps s'enfonce dans la terre comme s'il s'agissait d'une barrière en gélatine. Évidemment, il tarde trop à se dégager et nous nous mettons à trois pour essayer de le tirer de là, chose à laquelle nous échouons lamentablement quand, à notre tour, on se retrouve collés au mur. Soudain, James disparu.
-James !
Il ne fallut pas longtemps avant que je ne me sente également aspiré par la paroi et que je me ramasse la tête la première de l'autre côté.
-On est où ?
-Aucune idée, dans la suite du souterrain ?
-Noooon, tu penses ?
Autant pour moi, cette idée de ravaler mon ironie n'a pas d'avenir. Peter et Sirius atterrirent aussi gracieusement que moi à nos côtés.
-Aïe
-On est où ? Demande Peter.
-De l'autre côté du mur.
-Oh...Hé, ce serait pas une torche là bas ?
Non ce n'est pas une torche, je me dis au fur et à mesure que l'on s'approche de la source de lumière, mais plutôt une bonne centaine d'entre elles qui illuminent l'énorme salle souterraine qui se révèle à nous au fond du couloir.
Dans la salle, des dizaines de cages renferment des animaux et créatures magiques plus fabuleuses les unes que les autres. En s'approchant, je remarque qu'elles sont toutes profondément assoupies, y compris celles que je sais être des espèces nocturnes. Est-ce que le fait d'être gardées sous terre a dérangé leurs rythmes de vie ?
-Je t'avais dis qu'on résoudrais cette histoire de trafic d'animaux, dit James sortant de la stupeur dans laquelle la découverte de la salle nous avait tous plongé.
-On a rien résolu du tout, réplique Sirius, on n'a pas la moindre idée de qui est derrière tout ça.
-Il faut en parler à Dumbledore, je m'inquiète. Il doit savoir ce qu'il se passe dans son école.
Les autres me regardent ahuris.
-Ça va pas ? Dit Sirius. J'imagine bien notre conversation avec le directeur « Veuillez m'excuser professeur Dumbledore mais alors que nous enfreignions les trois quarts du règlement intérieur de l'école, nous sommes tombés sur un zoo clandestin situé plusieurs mètres sous terre. Probablement le résultat d'un trafic qui se déroule sous votre nez et votre barbe depuis des mois ».
-Pourquoi pas ? Il devrait être content non, il a déjà probablement enquêté après l'affaire du Chipekwi après tout.
-Non ! Interromps James. Cette affaire est notre affaire, NOUS allons enquêter !
-On ne peux pas laisser les animaux dans cette situation ! Je lance, essayant désespérément de leur faire comprendre la gravité de la situation.
James jette un coup d'oeil au chartier allongé à quelques mètres de nous.
-Les animaux n'ont pas l'air trop mal traités. Écoute, si d'ici les vacances on n'a pas avancé, on ira prévenir le directeur.
-C'est bien gentil tout ça, dit Peter d'une voix timide, mais vous pensez pas que la priorité serait de sortir d'ici ?
-Excellente idée, baille Sirius. Le mur mou marche dans les deux sens vous savez.
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-Je ne comprends pas l'intérêt du passage entre la classe de Funnel et la salle des animaux, je réfléchit à voix haute le lendemain matin.
-Une manière pour les trafiquants de rejoindre le château? Dit James en mangeant paresseusement son bacon.
-Impossible, le chemin était bouché !
-Il y a peut-être une déviation qu'on n'a pas vu ? Après tout, on s'est contenté de le suivre tout droit aveuglément. Dans la pénombre, on a sûrement loupé pas mal de détails. D'ailleurs maintenant que j'y pense, il faudrait retourner dans la salle…
-Pourquoi ? s'indigne Sirius qui commençait lui aussi à subir le manque de sommeil.
-Parce que, dit calmement James, ça serait pas mal de déterminer l'autre sortie. Réfléchit ! Il a bien fallut emmener les animaux dans la salle et ça n'a certainement pas pu se faire depuis le château. Non, il doit y avoir un lien avec l'extérieur.
-On ne peut pas laisser tomber cette histoire de trafic et en rester à la chasse aux trésor ? couine un Peter au bord de l'hystérie. On n'a presque pas dormis depuis une semaine, il y a des examens à préparer et il se trouve que certains d'entre nous, et quand je dis certains je parle de moi, ne sont pas des génies possédants des mémoires surdéveloppées. Sans compter que tout ça va probablement très mal finir…
Peter lutta quelques instants pour stabiliser sa respiration. J'échange un regard avec les deux autres.
-On n'abandonne ni la chasse aux trésors, ni notre enquête. Mais t'as raison, peut-être qu'on devrait laisser tomber pour un moment, dit James en me lançant un regard d'excuse.
On ne peut pas ralentir, je me convainc, on ne s'est laissé que jusqu'aux vacances de Noël.
Je ne sais pas ce qui me touche autant dans cette histoire. Bien sûr je suis sensible aux sorts de ces créatures, j'ai appris très tôt à respecter le vivant. Mais j'ai aussi ce mauvais présentiment qui me chatouille désagréablement l'estomac à chaque fois que je repense à cette situation, j'ai comme une sensation d'urgence qui ne veux pas me lâcher.
Alors ils peuvent bien choisir de ralentir, je décide. Moi j'y retourne dès ce soir.
l'arsenicl'arsenicl'arsenicl'arsenicl'arsenicl'arsenicl'arsenic
l'arsenicl'arsenicl'arsenicl'arsenicl'arsenicl'arsenicl'arsenic
Oui, oui j'abuse, un mois sans nouveau chapitre...Ne m'en parlez pas ok ? Comment ça personne ne m'en parle ? Cool !
Précisions : je n'abandonne vraiment pas la chasse au trésor, tout ça va bien finir par se remettre ensemble. (D'une manière ou d'une autre, hein, construire une histoire en marchant à l'improvisation, c'est pas toujours facile mais j'ai des idées)
Le grille pain a été inventé en 1905, un merci a l'habituel lapin en passant.
Review? Pas review ? L'humanité se pose cette question depuis bien des siècles maintenant...
