Hikari Miyako : Le dernier combat
Comme Dan l'avait prévu, les hommes revinrent très rapidement. A peine quelques heures plus tard, nous étions à nouveau sur le champ de bataille. Cependant, nous étions prêts cette fois-ci. Tous les meilleurs duellistes de l'école s'étaient rassemblés pour nous prêter main forte. Parmi eux, je reconnus celui se faisant appeler Le grec et son ami, ainsi que l'autre garçon contestant tout. Ils étaient tous les trois d'un calme impressionnant, surtout le grec. Il regardait droit devant lui avant la bataille, rien ne pouvait le distraire et à peine le combat engagé, il fonça dans le tas.
Malheureusement pour nous, nos ennemis semblaient avoir eux aussi pris leurs précautions contre Delteros.
Plusieurs fois, je crus que ma fin arrivait, mais à chaque fois, mes amis du club venaient à ma rescousse in extremis. Dan combattait seul avec son épée, plus déterminé que jamais. Il enchainait les coups, sans jamais s'arrêter, sans jamais montrer le moindre signe de fatigue. Ses adversaires ne faisaient pas le poids face à lui, même à cinq contre un.
Le soir arriva, la bataille continuait de faire rage. Denys et Julie m'avaient obligé à me retirer pour prendre du repos, mais je ne pouvais pas rester assise là sans rien faire pendant que mes camarades se battaient dehors et risquaient leur vie.
Ne pouvant plus tenir, je décidai de retourner sur le front, et c'est là qu'elle apparut. Au moment où je touchai la poignée de la porte, une vive lumière surgit derrière moi puis un bruit de pas se fit entendre. Cependant, quelque chose me disait qu'il ne s'agissait pas là d'un ennemi. Je me retournai prudemment, mais mon cœur rata un battement en voyant qui se tenait devant moi.
Il s'agissait d'une jeune fille aux cheveux roux, presque rouges et aux yeux bleus. Un halo de lumière l'entourait, mais à part cela, elle était ma réplique exacte…
-Bien le bonjour Miyako dit-elle d'une voix enjouée.
J'étais pétrifiée, incapable de réagir face à cette « personne » me ressemblant tant. Elle pencha la tête sur le côté, comme surprise de ma réaction.
-Oh, tu ne t'attendais pas à me voir ? C'est étrange, je pensais pourtant que tu savais que j'étais là…Je suis déçue franchement.
Je ne répondis toujours rien, mais ma copie continuait de sourire, inlassablement.
-Tu sais Miyako, ce n'est pas tirer une tête pareille qui va arranger les choses, alors fais un peu comme moi !
-Qui…qui es-tu ? Finis-je pas demander.
-Suis-je bête, je ne me suis pas encore présentée, je m'appelle Hikari Miyako, déléguée de la classe B, présidente du club de duel de monstre, ravie de faire ta connaissance !
-Ne te fout pas de moi, je ne suis pas d'humeur à plaisanter ! Je n'ai pas de temps pour ça ! Rétorquai-je agressivement.
-Que tu es rabat joie, je te pensais plus ouverte…Enfin, Luminion m'avait prévenue que tu n'aimais pas voir la vérité, même si elle se trouvait devant tes yeux soupira-t-elle.
-Lu..Luminion ? Répétai-je, interloquée.
-Ah, donc tu ne crois pas ce que tu vois mais tu crois ce que tu entends, intéressant…Ça tombe bien, je suis pareille que toi, n'est-ce pas formidable ?
-Je n'ai pas de temps à perdre avec des gens comme toi, j'ai des amis à sauver…
-On a toujours du temps à perdre avec soi-même, surtout quand il s'agit d'élaborer une stratégie.
Je m'arrêtai net dans mon élan. Elle venait de capter mon attention, et elle s'en rendit compte car elle continua.
-Dans l'état actuel des choses, nous ne pouvons rien faire pour sauver nos amis…
-Pourquoi dis-tu « nous » ?
-Tu voudrais que je dise quoi ? Tu ? Vous ? Ne serait-pas pas un peu bizarre de parler de soi à la deuxième personne ?
-Je ne comprends pas…
-Tu es lente ma parole, mais je vais mettre ça sur le compte de la fatigue je pense… Nous nous ressemblons, nous portons le même nom, nous avons les mêmes souvenirs, cela ne te parait-il pas étrange ?
-Je pensais que tu plaisantais…
-Oui, j'aime beaucoup plaisanter, tout comme toi, cependant, cette fois-ci, j'étais on ne peut plus sérieuse. Pourquoi me demanderas-tu ? Parce que je suis toi.
-C'est…c'est impossible, tu ne peux pas être moi, sinon, je serais toi et…
-Oula, ne pars pas dans de telles considérations s'il te plait, ça me donne un mal de crâne pas possible ! Pour faire simple, tu peux dire que je suis une partie de ton âme que tu ne peux voir, mais que Luminion a rendue visible.
-Tu penses que je vais gober un tel truc ?
-Non, je sais pertinemment que tu ne me crois pas, après tout, moi non plus je ne le croirais pas si on me le disait. C'est pourquoi, je te propose un petit duel pour te montrer que je dis la vérité.
-J'allais justement te le proposer…
-En garde Miyako !
Un disque de duel apparut comme sorti de nulle part à son poignet et nous nous mîmes en position. Cela paraissait tellement fou, je ne pouvais croire à une telle chose simplement parce qu'on me le disait. Il fallait que j'en aie le cœur net.
-Je vais prendre la main et j'invoque…
-Pollux de la constellée je me trompe ? Et tu vas enchainer sur kaus avant d'invoquer Pléiades j'imagine.
-Co…Comment sais-tu cela ? M'exclamai-je choquée.
-Je sais quand même quelles cartes je joue non ? Mais continue donc.
-Bon, et bien, puisque tu sais déjà ce que je vais faire, je vais t'épargner tout cela. Apparais Pléiades de la constellée ! Je termine mon tour là-dessus.
-C'est bien dommage que tu ne joues pas de piège pour te protéger cette fois-ci, car ce qui t'attend risque d'être douloureux. Je commence en invoquant Satellaknight Vega qui me permet d'invoquer Satellaknight Unlukalhai. Son effet s'active et j'envoie au cimetière Le Satellaknight Deneb depuis mon deck.
-J'active à présent l'effet de Pléiades pour renvoyer Unlukalhai en main !
-Grossière erreur Miyako, j'active Satellaknight Starcrossed. En renvoyant le monstre que tu viens de cibler au deck, j'invoque spécialement depuis mon deck Satellaknight Altair ! Mais ce n'est pas terminé, son effet me permet d'invoquer Deneb qui se trouve dans mon cimetière. Ce dernier va ajouter à ma main Satellaknight Asham. Invocation XYZ : Descends des étoiles et repends la justice sur terre…
Non, il ne pouvait pas s'agir de…
-Apparais Satellaknight Delteros !
La carte dans ma poche se mit à briller intensément, comme en réponse à l'invocation de ce monstre. Cette carte était censée être unique, alors comment pouvait-elle posséder la même carte que moi ? Je me mis à douter, et si jamais elle disait la vérité ? Dans ce cas, qui serait la vraie Miyako, elle, ou bien moi ?
-Tu comptes rêver encore longtemps ? Enfin, j'active l'effet de Delteros, en détachant une unité, je détruis Pléiades, et à présent, la voie est libre pour une attaque directe !
Miyako : 1500 – Miyako ? : 4000
-Je…je n'ai pas dit mon dernier mot, je reprends la main et j'invoque Sombrero de la constellée, puis, en retirant Kaus, je reprends Pollux. Le deuxième effet de Sombrero s'active, me permettant d'invoquer Pollux, mais ce n'est pas terminé, je peux encore invoquer un dernier monstre. Montre-toi, algieldi de la constellée. Je recouvre ces trois monstres pour ouvrir le réseau recouvrement. Tu n'es pas la seule à pouvoir faire ça : apparais Delteros !
-Ohoh, tout cela devient très intéressant…
-Tu connais la suite j'imagine ? Je détache un matériel de Delteros pour détruire le tien !
-Pas de chance Miyako, le deuxième effet de mon Delteros s'active, qui me permet d'invoquer spécialement depuis ma main Satellaknight Asham, tu vas donc perdre 1000 points de vie !
Miyako : 500 – Miyako ? : 4000
-Mais ton monstre va être détruit par l'attaque de Delteros. Je pose une carte face cachée, et c'est à toi.
-Tu m'as surprise, je l'avoue, mais je ne m'avouerai pas vaincue aussi facilement. Je pioche, et j'invoque Satellaknight Bételgeuse. Lorsqu'il est invoqué, je peux l'envoyer au cimetière et reprendre en main Asham. Je pose une carte face cachée, et je termine mon tour. C'est ta dernière chance Miyako.
-Je sais bien, mais je vais gagner durant ce tour ! J'active l'effet de…
-Et moi je riposte avec ma chaine démoniaque.
-Ce n'était pas prévu…Grommelai-je. Je vais donc activer mon piège : mouchard électrique, pour renvoyer ta carte d'où elle vient ! Battle, attaque là directement Delteros !
Miyako : 500 – Miyako ? : 1500.
-Je pose une carte face cachée.
-Tu sais que ce duel est terminé ?
-Je n'abandonnerai pas !
-Tu as dit également la même chose à tout le monde avant de te retrouver sur le champ de bataille.
Ses mots me firent l'effet d'un couteau en plein cœur. Co…Comment pouvait-elle le savoir ? Je n'en avais parlé à personne, pas même à Dan et aux autres. Se pouvait-il qu'elle soit réellement moi ? C'était la seule explication plausible à cela…
Je commençai sérieusement à douter de moi-même, mes mains tremblaient, je n'osais même plus jouer, de peur qu'elle ne sache également ce que je venais de poser et qu'elle le contre…C'est pourquoi, je n'activai pas ma chaine démoniaque…
-J'invoque, Satellaknight Asham, qui va t'enlever 1000 points de vie.
Miyako : 0 – Miyako ? : 1500.
-J'ai…j'ai perdu…
-En effet, mais pourquoi n'as-tu pas activé ton piège ? Grace à lui, tu aurais pu me vaincre au tour suivant, je ne comprends pas…
-Je pensais que tu avais de quoi répondre avouai-je.
-Alors c'est donc cela…
-Quoi donc ?
-Tu as peur, peur que ton ennemi soit plus fort que toi, alors tu baisses les bras avant même d'avoir essayé n'est-ce pas ?
-Non, ce n'est…
-Je vais te dire une chose Miyako : tu auras beau connaitre ton adversaire, tu ne pourras jamais prévoir totalement ses mouvements. Mais, n'est-ce pas cela qui fait l'intérêt du duel ?
Je n'eus pas le temps de répondre car la jeune fille disparut instantanément. La seconde d'après, le président du conseil des étudiants débarqua dans la salle du club, l'air furieux.
-Je le savais…Je savais que ton plan ne marcherait jamais ! S'écria-t-il.
-Comment cela ? Je ne comprends pas ? Demandai-je.
-Nous avons peut-être repoussé l'ennemi pour aujourd'hui, mais de nombreux de nos élèves ont été blessés, et que fais-tu toi ? Tu te prélasses dans ton bureau tranquillement ? Bravo !
-Qu…Quoi ? Blessés ? Qui ça ? Est-ce grave ?
-Il est un peu tard pour t'en inquiéter. A présent, laisse-moi prendre les choses en main, cela vaudra mieux pour tout le monde...
-Te…te laisser la place ? Bafouillai-je.
-Oui, tu viens de nous démontrer ton incapacité à commander cette résistance. Il nous faut quelqu'un de sévère, faisant appliquer une discipline stricte pour gagner cette guerre, et je ne pense pas que tu sois en position pour…
-Olalala, qu'entends-je ici ? Dit soudainement une voix derrière le président.
Il se décala sur le côté et je pus voir le garçon roux arrogant de l'autre jour accompagné du grec et d'une troisième personne aux cheveux rouges en épis sur sa tête. Ils avaient tous le même air moqueur dans l'œil, mais un certain sérieux se dégageait également d'eux. Ils étaient très durs à cerner…
-Si j'ai bien compris, tu penses avoir assez de skill pour diriger une armée entière ? Si cela ne tenait qu'à ça, je serais déjà chef de cette armée !
-Calme-toi un peu Hoshi, tu veux bien ? Dit le grec. Nous ne sommes pas venus ici pour chercher la bagarre, nous venons à peine de sortir d'une bataille acharnée.
-Tu es poète toi maintenant ? Ironisa le troisième garçon. Comme quoi, la guerre nous fait faire des choses bien étranges. Si seulement Sunbird était là…
-Etes-vous venus simplement pour discuter ou pour autre chose ? S'impatienta le président.
-Les deux très cher président répondit le grec très poliment. Nous étions venus discuter au sujet du rôle de leader que cette très chère Hikari Miyako endossait.
-Alors…vous aussi vous pensez que je devrais me retirer ? Dis-je tristement.
-Laisse le grec terminer avant de parler toi, tu ne sais même pas ce qu'il a à te dire ! Répliqua Hoshi.
-Merci. Nous pensons également que tu n'as pas la carrure pour être chef.
Sa phrase me poignarda le cœur. Alors comme ça personne ne me faisait plus confiance après une seule bataille ? Mais ils avaient raison. Je n'avais rien fait, rien du tout, alors que eux se battaient pour leur vie pendant ce temps-là. En y repensant, ils avaient tous entièrement raison…
-Mais, je pense également que personne ici ne pourrait diriger une telle opération termina-t-il après un temps d'arrêt.
-C…Comment ? S'étonna le président.
-J'en connais un qui a besoin de se déboucher les oreilles dit le troisième garçon. Hikari Miyako, je ne sais pas du tout de quoi tu es capable, mais fais de ton mieux. Tu as fait le serment de nous sortir de cette galère, tu nous as donné à tous l'espoir que nous n'avions pas, alors c'est à toi à présent de tenir cette promesse. Voilà que j'en deviens poète, si ce n'est pas regrettable…
Les trois garçons se retirèrent ensuite, nous laissant tous les deux dans l'incompréhension. Le président me foudroya du regard et partit sans ajouter un mot de plus. J'étais à nouveau seule dans la pièce. Cependant, à présent, je savais que je ne pouvais pas baisser les bras maintenant. Si je le faisais, personne ne prendrait ma place et nous aurions sombré dans le chaos le plus total.
Je me souvins tout à coup des premiers mots du président et je me levai d'un bond. Et si jamais mes amis étaient blessés ?
J'ouvris la porte et je me précipitai dans les couloirs à leur recherche. Les élèves, encore épuisés par le combat, s'écartaient rapidement sur mon passage, non sans protester. Je finis par trouver mes amis dans le hall assis sur un banc, tous, excepté un. Un saisissement me prit à la gorge. Non, il ne pouvait pas…
Je m'avançai prudemment vers eux. Lorsque Denys me vit, il me fit de grands signaux, comme à son habitude.
-Miyako ! Alors, où étais-tu passée ? Je pensais que tu viendrais immédiatement à la fin du combat !
-Où…où est Dan ? Demandai-je tremblante.
-Excellente question, je ne l'ai pas revu depuis la fin du combat me répondit-il. Oh, ce n'est pas bien grave après tout, il nous rejoindra quand il en aura envie !
Je fus soulagée en entendant les mots de Denys. Dan ne semblait pas blessé selon lui, c'était déjà ça. Mais à présent, il allait falloir que je prenne mes responsabilités de chef en main. Je pris donc le micro du bureau de la direction pour passer une annonce.
-Ici Hikari Miyako. La bataille a été rude, je le sais, mais il ne faut pas nous reposer pour autant, ces ennemis peuvent attaquer à tout moment, il nous faut être prêt. C'est pourquoi, nous devons organiser des patrouilles de surveillance à toute heure. Si certains se sentent capable d'assumer ce rôle, qu'ils viennent dans la salle du club.
A ma grande surprise, une foule se présenta devant la porte. Je n'aurais jamais imaginé qu'autant de personnes étaient prêtes à risquer leur vie pour les autres alors que la veille, c'était à peine s'ils ne se tiraient pas dessus. Le grec et ses amis disaient donc vrai, ils avaient espoir, ils me faisaient tous confiance désormais.
Ce système de ronde fonctionna très bien. Une nuit, alors que tout le monde dormait, le veilleur nous alerta et nous échappâmes à une attaque surprise. Il avait également ses défauts, comme tout système. Les armées ennemies commençaient à comprendre que nous les attentions et envoyait également des éclaireurs, mais dans l'ensemble, nous avions l'avantage.
Plusieurs sections d'attaque se formèrent par la suite pour riposter. La première était composée des meilleurs combattants au corps à corps, le « United we Stand », dont le grec et les autres faisaient partie. Cette section était certainement celle nous rapportant le plus de victoires.
Juste derrière eux, la section « Overlord », dirigée par le rebelle du premier jour, analysait les armes ennemies abandonnées et les utilisait à son propre avantage. Je n'aimai pas particulièrement l'idée de combattre avec de telles armes, mais pour eux, il n'y avait pas d'autre solution pour gagner.
Derrière ces deux grandes factions, il y en avait beaucoup d'autres, toutes ayant leur utilité. Yume Nikki, quant à elle, gérait et planifiait les grandes attaques. Mais une chose me tracassait plus que tout, c'était le comportement de Dan. Il semblait totalement différent de d'habitude. Pendant nos heures de pause, il disparaissait comme absorbé par ses pensées et pendant les batailles, c'était à peine s'il distinguait ennemi et allié. Je n'aimais pas le voir ainsi, mais je n'avais pas le temps de m'occuper d'un détail pareil.
Ma « moitié » comme je l'appelais désormais, apparaissait de temps en temps pour me donner des conseils dans les moments les plus difficiles. Je n'essayais même plus de savoir ce qu'elle était réellement, du moment qu'elle nous apportait la victoire, je m'en fichais.
Avec cette organisation, nous réussîmes à tenir trois semaines sans qu'aucun élève ne fusse tué. Cependant, les réserves de nourriture commençaient à se faire rares. Nous avions sous-estimé la dureté des combats et surestimé la résistance des combattants. Avec ce qu'il nous restait, nous aurions tenu encore une semaine, deux au grand maximum. La guerre devait prendre fin rapidement…
Cette dernière prit un tournant radical le jour où le groupe UWS revint en ayant réussi à dérober à l'un des assaillants un petit carnet où ses instructions étaient écrites.
J'étais seule avec Denys et Julie lorsque nous les avons lues, et heureusement car l'une d'entre elle évoquait un espion infiltré…
-C'est mauvais ça, grommela Denys. Si quelqu'un apprend cela, la panique risque de s'emparer de tout le monde…
-Et le chaos régnera comme au premier jour, oui. Mais la décision te revient Miyako. Cacher une information comme celle-ci peut se révéler fatale si quelqu'un l'apprend par inadvertance me prévint Julie.
-Je le sais bien…mais nous devons prendre le risque. Pour le moment, nous sommes soudés par un même espoir. Je ne veux pas que celui-ci s'évapore pour ça…
-Oui, je comprends. Dans ce cas, donne-moi ce carnet, je vais le cacher là où personne ne le trouvera.
-Merci Julie.
Nous entendîmes alors des bruits de pas dans le couloir, mais lorsque j'ouvrai la porte, je ne vis personne. Cela ne devait être que mon imagination.
Nous sortîmes tous les trois de la salle de club puis nous nous dirigeâmes vers le grand hall de l'école pour planifier les activités du jour, comme nous le faisions. Cependant, tout le monde était déjà réuni. Intriguée, je me rapprochai et j'entendis une voix au centre, celle du président du conseil.
-Cette soi-disant chef que vous avez élue, elle vous ment depuis le début ! Elle sait qu'un traitre se cache parmi nous !
Des cris de stupéfactions s'élevèrent de tous les côtés, y compris moi. Qu'est-ce qu'il racontait encore lui ?
-Cependant, elle préfère ne pas vous le dire pour mieux vous manipuler ! Allez-vous accepter cela ? Allez-vous…
-Assez ! L'interrompis-je.
Un silence de mort régna sur le hall et tous les regards se tournèrent vers moi.
-Quand on parle du loup, regardez qui voila ? Alors Miyako, quelque chose à dire pour ta défense ?
-Je…
J'avais soudainement perdu tous mes moyens. Je n'avais rien à répondre. Tout ce que je dirai serait contre moi, j'étais dans mon tort, je n'avais pas à cacher une telle information aux yeux de tous ! J'aurais dû écouter Julie… Je sentais la situation m'échapper soudainement. Les murmures s'élevèrent, les regards se durcirent, des groupes se formèrent petit à petit et la foule se dispersa rapidement. Ce que je redoutais arriva, chacun fini par se battre pour son propre compte. Ce que j'avais eu tant de mal à créer, notre seul moyen de défense, tout venait de voler en éclat à cause de ma décision ! Une lueur de triomphe luisait dans les yeux du président.
-Toi…
Denys se jeta sur lui et l'attrapa par le col. Il ne fit rien pour se défendre.
-Laisse-le Denys l'arrêta Julie. Le frapper ne résoudra rien.
-Je comptais le donner en pâture à nos ennemis mais le frapper, c'est bien aussi !
Je me relevai péniblement, la tête basse. C'était la fin. Nous n'avions plus aucune chance de gagner cette guerre à présent.
-Miyako, qu'est-ce que tu nous fais là ? S'exclama ma moitié dans ma tête.
-Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Lui répondis-je mentalement. C'est terminé.
-Tu baisses les bras aussi facilement ? Tout ne semblait-il pas perdu également le premier jour ? Et pourtant, tu les as tous rassemblés, tu peux recommencer !
-A quoi bon ? Tu vois comment ça a fini…
-Tu commences à m'énerver toi tu sais ? Regarde plutôt ça et dis m'en des nouvelles !
Un flash de lumière m'aveugla et quand je rouvris les yeux, je me trouvais dans une grande forteresse volante. A mes pieds, des hommes se livraient une lutte acharnée à coup d'épées et de lance. Je compris rapidement que j'avais une vision du passé. Ma moitié apparut à côté de moi.
-Ces hommes se battaient pour une juste cause tu sais Miyako, comme vous il y a encore peu. Cependant, un grand malheur les a frappés et à présent, ils se battent entre eux. Mais regarde plutôt la suite.
La forteresse sur laquelle je me trouvais descendit lentement vers la masse d'hommes qui s'arrêtèrent brusquement en l'apercevant. Quelqu'un, ou quelque chose, en sorti, vêtu d'une longue robe dorée cachant son visage, mais laissant cependant dépasser une longue barbe blanche. Les hommes s'inclinèrent devant lui.
-Seigneur Luminion…
-Misérables, qu'êtes-vous en train de faire ? Hurla-t-il en colère.
Sa voie était grave, puissante, et chacun de ses mots retentissait en moi comme une lourde vérité, comme si j'étais moi-même concernée par les mauvaises actions de ces hommes.
- Si je vous ai donné vos pouvoirs, ce n'est pas pour que vous les utilisiez de cette façon-là ! Vous deviez combattre les démons et non vous entre-tuez ! Mais j'ai eu tort on dirait, vous n'êtes pas prêts à endosser une telle responsabilité !
Il leva le bras et une lumière en jailli. Les hommes à terre des deux camps commencèrent à crier de douleur et je vis comme deux formes lumineuses s'élever et peu à peu, prendre forme. Je finis par en reconnaitre une, stupéfaite.
-Les pouvoirs de Delteros et Baxia sont beaucoup trop grands pour vous. Le pouvoir des étoiles ne peut être confié à de simples humains…
La vision s'estompa soudainement et j'étais de retour dans le hall de l'école, totalement essoufflée. Qu…Qu'est-ce que c'était que ça ? Le pouvoir des Etoiles ? Luminion ? Tout était si confus dans ma tête. Je tentais d'appeler ma moitié, mais aucune réponse ne me parvint. J'allais devoir chercher des réponses toute seule…
Le jour suivant fut un calvaire. Certains élèves s'étaient emparé de la réserve de nourriture tandis que d'autres des armes. Nous étions totalement démunis face à une telle situation, et tout cela par la faute de ce stupide président ! A trois, nous ne pouvions rien faire et nous passâmes la journée dans la salle du club à attendre. Attendre quoi ? Nous ne le savions même pas, et Dan n'était même pas avec nous pour nous guider. Nous étions totalement perdus…
C'est alors qu'on frappa à la porte et sans attendre notre réponse, le Grec et ses amis entrèrent, l'air mécontent. Nous nous levâmes d'un coup, prêts à nous battre.
-Ohohoh, c'est qu'ils sont énervés ces jeunes ! Déclara le roux toujours aussi sarcastique.
-C'est normal, Crimson Sunbird est parmi eux continua son camarade.
-Vous en avez pour longtemps ou bien je peux y aller ? Râla le grec.
-Monsieur veut parler, alors que monsieur parle ! Répliqua son ami, une pointe d'ironie dans la voix. L'autre l'ignora.
-Qu'est-ce que vous nous voulez encore ? Leur demanda Julie sur ses gardes.
-Simplement parler. Nous trouvons votre attitude déplorable.
Denys leva le point quand il dit cela mais Julie l'arrêta. Le grec ne fit même pas attention à cela et continua.
-Je pensais vraiment que tu pourrais nous guider en fin de compte, Hikari Miyako. Me serais-je trompé ?
-Bien sûr que non, tu ne te trompes jamais ! Ironisa l'homme au Sunbird.
-Tu lui as volé sa réplique rétorqua le roux.
-Quoiqu'il en soit, si tu ne peux pas assumer une rébellion comme celle-ci, mieux valait-il ne même pas commencer. Cependant, le mal est fait, et je ne peux laisser passer cela. Notre équipe s'appelait United We Stand, UWS, ce n'étaient pas que des paroles en l'air contrairement à vous, nous comptons vraiment sortir d'ici, tous ensemble, alors faites comme bon vous semble, mais nous allons réaliser ce que vous n'avez pas fait.
Le grec nous tourna le dos et partit avec une démarche confiante, suivi de ses deux camarades, échangeant des regards moqueurs. Cependant, il se retourna une dernière fois avant d'ajouter :
- Méfiez-vous tout de même, particulièrement toi Miyako, car le traitre pourrait t'être bien plus proche que tu ne le penses.
Son discours m'avait démoralisée encore plus que je ne l'étais déjà si cela était possible car il avait raison lui aussi.
Cependant ses derniers mots me laissaient un gout amer dans la bouche. Que voulait-il dire par là ? Etait-il en train d'accuser l'un de nous ? Qu'est-ce qui aurait pu lui faire penser une chose…
Je fus frappée d'un éclair d'angoisse. L'attitude de Dan était plus que bizarre ces derniers temps, se pouvait-il que…
Je me tournai vers mes deux amis qui ne semblaient pas avoir compris l'allusion et j'hésitai à leur faire part de mes soupçons. Après tout, peut-être qu'ils essayaient simplement de me faire douter de moi-même…Je l'espérai au plus profond de moi…
Les jours suivants, la faim commença sérieusement à nous tirailler tous. Nous n'avions plus d'attaques, ils devaient avoir compris que nous nous détruisions de l'intérieur. Les UWS avaient tenu leur promesse et réunissaient de plus en plus de personnes. Les Overlord également, mais dans un autre but. Ils ne recrutaient que les meilleurs, les autres étaient exclus et contraints de se débrouiller par eux-mêmes. Dan avait bel et bien disparu de la circulation, comme volatilisé, ce qui ne fit qu'augmenter mes soupçons sur lui.
Un soir, alors que j'allais me faufiler dans la cuisine pour voler de la nourriture –voilà à quoi nous en étions réduits – je vis quelqu'un d'autre entrer. Intriguée, je la suivi. Dans la pénombre, je ne pouvais pas voir son visage, mais je discernais tout de même qu'il s'agissait d'un garçon. Du bout d'un objet tranchant, il agrippa une belle tranche de viande et s'enfuit. Je le vis prendre la direction du toit et ma curiosité fut piquée au vif.
J'entendis la lourde porte s'ouvrir puis se refermer. Heureusement, je ne me séparais jamais des clés de l'endroit et je l'ouvris à mon tour.
Le voleur était là, assis par terre, dévorant son butin, une simple couverture pour se protéger du froid. Il sursauta en entendant la porte crisser mais se calma aussitôt en voyant mon visage.
-Oh, tu as finis par venir alors ?
Je…je reconnaissais cette voix ! J'étais si heureuse de l'entendre à nouveau que j'aurais pu lui sauter dans les bras, mais je me retins en repensant aux paroles des UWS. Il continua.
-Je suis vraiment désolé dit-il d'une voix lasse, comme s'il était épuisé. Je n'ai pas été là pour vous soutenir ces derniers temps…
Le vent soufflait fort en cette soirée, toujours sans étoile, comme au premier jour.
-Je ne voulais pas être un fardeau pour le club, alors j'ai préféré m'éclipser, le temps que les choses aillent mieux. Est-ce que tu m'en veux ?
-Je…
-Tu ne sais pas quoi répondre bien sûr…Répondit-il, comme résigné à accepter la vérité.
-Ce n'est pas ça ! Tu ne peux pas savoir comme on s'est inquiété pour toi, tu as disparu presque dès le premier jour !
-Parce que dès le premier jour, j'ai su que j'allais être un fardeau pour vous. J'ai vu mes limites, je vous aurais mis en danger si j'étais resté, vous auriez dû me protéger sans cesse, alors j'ai fait cavalier seul. Je suis désolé si je vous ai inquiétés…
Un long silence s'installa entre nous. D'où venait ce malaise soudain que je ressentais vis-à-vis de celui qui était autrefois mon ami le plus proche ? Lorsque je le regardai droit dans les yeux, il me semblait impossible qu'il nous ait un jour trahis. Soit les UWS se trompaient, soit je partais sur une fausse piste, mais dans tous les cas, mon ami n'était pas coupable, et je le savais.
Contre toute attente, il me proposa un morceau de son butin que je refusai poliment. Il l'avait récupéré, je n'avais aucun droit de le lui prendre…
Il soupira alors.
-Que tu es têtue Miyako ! Mais…tu n'as pas changé depuis ce jour-là…Dit-il nostalgique.
-Que veux-tu dire ?
Il rit légèrement puis me couvrit d'un regard doux.
-Tu te rappelle de notre première rencontre Miyako ?
-Notre…première rencontre ? Répondis-je, surprise qu'il évoque cela à un moment pareil.
-Oui, quel âge avions nous déjà ? Six ? Peut-être sept ans ? En tout cas, je n'étais pas quelqu'un de très recommandable à cette époque il me semble.
-Ah oui, je me souviens, tu étais Dan la terreur des bacs à sable lâchai-je en riant. Tout le monde tremblait devant ta bande et toi !
-Et pourtant, toi, tu ne t'es pas laissé démonter pour autant continua-t-il.
-Oui, je vous ai causé bien des soucis. Je refusais de faire ce que vous me demandiez, je m'interposais toujours lorsque vous alliez harceler les plus faibles et pourtant…
-Pourtant, lorsque ce fut moi le faible, tu m'as défendu également…
-Que veux-tu ? J'avais beau détester ce que vous faisiez, vous ne méritiez pas de vous faire accuser pour une bêtise que vous n'aviez pas commise !
-Mais, ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi tu as pris la faute sur tes épaules ? Tu n'avais aucune raison de le faire, tu aurais même pu te faire exclure…
-Je n'ai sans doute pas réfléchi, comme toujours, j'ai agis simplement, et je ne l'ai jamais regretté.
-Vraiment ?
-Oui, car si je ne l'avais pas fait, serions-nous en train d'en parler aujourd'hui ?
-Non, tu dois avoir raison. Mais je ne t'ai jamais remerciée pour ce que tu as fait ce jour, alors je le fais maintenant : merci Miyako.
-Ah…bah…je…je…bégayais sans savoir quoi répondre.
Sans prévenir, il me prit dans ses bras et me serra contre lui. Je me sentais bien comme ça, comme protégée par mon ami, comme à l'intérieur d'un cocon protecteur. Tout à coup, ce fut comme si les soucis autour de moi n'étaient que de simples souvenirs s'évanouissant dans un brouillard obscur.
-Tu dois être forte Miyako dit-il sans me lâcher. Sans toi, nous n'aurions pas tenus jusqu'ici, alors je t'en supplie, reconstruis ce qui a été détruit, toi seule le peut, j'ai confiance en toi, tu nous sortiras de cette guerre, comme tu m'as sorti de mon égoïsme.
-Tu mets au même plan deux choses d'ampleurs totalement différentes soupirai-je. Il est trop tard à présent, je…
Il me regarda droit dans les yeux, en fronçant les sourcils.
-Non Miyako. Arrête de croire que tu es seule car tu as faux. Beaucoup de personnes dans cette école croient encore en toi, ils attendent simplement que tu viennes à eux. Tant que nous vivons, notre espoir ne peut s'éteindre, est-ce que tu m'as bien compris ?
-Je…
-Moi en tout cas, je crois en toi Miyako. Tu vas nous sortir de là, tous, sains et saufs, comme tu l'as promis, j'en suis persuadé !
-Arrête, je…tu me mets bien trop de pression sur les épaules là…
-Ahah, désolé, mais je voulais que tu comprennes à quel point tu nous es indispensable.
Je lui souris alors, et il me rendit mon sourire. Il avait fini par me convaincre malgré moi. S'il disait vrai, je ne pouvais baisser les bras, même si un traitre se cachait parmi nous.
Je le remerciai chaleureusement et je pris la direction du bureau de direction. Il tint à m'accompagner pour s'excuser de son absence prolongée, assurant qu'il serait à présent toujours à nos côtés.
Il était encore tôt lorsque je rentrai dans la salle de direction et je fus surprise de voir que les UWS y avaient établi leur camp. Certains membres me lancèrent des regards hostiles mais les leaders eux, me regardaient sans appréhension.
-Alors Miyako, as-tu enfin fait ton choix ? Me demanda Le Grec solennellement.
-Oui, j'ai décidé de reprendre les choses en main ! Affirmai-je d'une voix se voulant confiante.
-Ohoh, voilà que notre chef bien aimée reprend du poil de la bête, je commençais à en avoir marre des ordres stupides du Grec ! Lança son camarade nommé Hoshi.
-Je n'ai que trop longtemps renié mes responsabilités et regardez où cela nous a mené ! A présent, il est temps de mettre fin à cette guerre !
-Bien, c'est tout ce que je voulais entendre acquiesça le grec. Tiens, je pense que tu es prête à reprendre ceci.
Il me tendit le micro que j'attrapai les mains tremblantes puis je le remerciai chaleureusement. Le grand moment était enfin arrivé, j'avais à présent le pouvoir de reprendre le contrôle de la situation, remettre de l'ordre dans le désordre que le président avait créé. J'inspirai un grand coup et je me mis à parler dans le micro. Ma voix résonna longuement dans le bâtiment.
-Très chers élèves et camarades de classe, ici Hikari Miyako. Je sais que nous avons vécu des choses difficiles ces derniers temps mais à présent, vous n'avez plus à vous en faire car je compte bien vous sortir tous d'ici indemnes ! Je sais que j'ai fait des erreurs par le passé, vous cacher une information aussi importante que la présence d'un traitre parmi nous n'était pas une bonne idée mais je voulais à tout prix éviter la panique. Cependant, je n'ai pas réussi et le résultat a été pire que tout ce que j'imaginais. Mais à présent, vous avez également vu que vivre chacun de son côté n'est pas la meilleure chose à faire, les faibles sont écartés, c'est la loi du plus fort qui règne. Mais lorsque nous faisons cela, qu'est-ce qui nous différencie de nos ennemis ? Rien du tout ! C'est pourquoi je vous le demande encore une fois, nous, je vous supplie de vous réunir à nouveau pour faire face à l'ennemi comme un seul homme ! J'espère sincèrement que ces paroles vous auront touché, ou au moins fait réfléchir sur votre manière de vous comporter.
Je posai le micro sur la table, encore tremblante. Comment allaient-ils réagir tous face à ma pauvre tentative pour reprendre le pouvoir ? Et si cela n'engendrait que plus de discordes ?! Je frémis à cette idée. Cependant, j'entendis soudainement derrière moi quelques applaudissements lents. Je me retournai, il venait de l'homme au Sunbird et du Grec mais ils furent bientôt rejoints par tous leurs camarades jusqu'à ce qu'un tonnerre d'applaudissements se fasse entendre.
Je n'en revenais pas. Le grec me félicita avec sa froideur habituelle, son ami Hoshi fut sarcastique mais on sentait une pointe d'admiration dans sa voix, quant à l'homme au Sunbird, il affichait un sourire sincère.
Dan me prit sans ses bras et me félicita tandis que Denys et Julie arrivèrent quelques instants plus tard puis me félicitèrent à leur tour. Ce jour-là, j'avais vraiment l'impression que tout espoir n'était pas perdu.
Dès le lendemain, UWS devint partie à part entière de Yume-Nikki. Cela encouragea de nombreux élèves à nous rejoindre. Petit à petit, notre équipe se reformait, bien qu'Overlord préférât toujours faire équipe de leur côté, mais au moins, nous n'avions plus de problèmes avec les armes et la nourriture, pour le peu qu'il restait...
Mais cette illusion de stabilité se brisa dès le lendemain. Les armées ennemies étaient de retour sur le terrain voyant notre nouvelle organisation, mais pour la première fois, nous avions réussi à capturer l'un de leurs hommes. Dan le ramena à l'intérieur avec moi et les UWS pour l'interroger sur leurs plans de bataille pour prendre l'avantage.
-Alors, parle, que comptez-vous faire ? Lui demanda Dan froidement.
-Absolument rien, nous n'avons besoin de rien faire pour vous vaincre dit-il d'une voix mielleuse.
-Ohoh, quel confiance en soi, c'est impressionnant ! Prends-en de la graine le grec ! Mais il se trouve que ce n'est pas ce qu'on te demande, alors soit tu vas parler soit on lâche Sunbird sur toi !
-Ne critique pas Sunbird Hoshi ! Protesta son camarade.
-Vous n'êtes qu'une bande de guignols incapables de voir plus loin que le bout de votre nez…Dit alors notre prisonnier.
-Sois plus clair je te prie le somma le Grec.
-Oh mais c'est très simple. Je suis simplement en train de vous dire que le traitre est dans cette pièce…ou plutôt devrais-je dire la traitresse.
Tous tournèrent les yeux vers moi, abasourdis et je fis un pas en arrière. Qu'est-ce qu'il racontait ? Moi la traitresse ? Ridicule ! Personne ne semblait le croire non plus heureusement.
-Arrête tes sornettes ! S'exclama Dan en le menaçant. Miyako ne peut pas nous avoir trahis, elle est la personne la plus honnête que je connaisse !
-Et pourtant, la connais-tu si bien que ça ? Rétorqua l'ennemi.
Je sentis sa détermination vaciller. Mon cœur s'accéléra soudainement. Et s'il disait vrai ? Si j'étais vraiment cette traitresse sans même le savoir ? Je tentais d'appeler ma moitié, sans succès, ce qui ne fit qu'amplifier ce sentiment.
-La fille de lumière est notre clé. Tant qu'elle sera en vie, nous aurons toujours une longueur d''avance sur vous. Vous ne pouvez pas gagner tant qu'Hikari Miyako sera votre chef !
Un rire grave s'éleva de sa gorge et Dan le fit taire d'un coup de poing dans le ventre avant de se tourner vers moi. Je ne pouvais plus soutenir son regard tant j'avais honte. Il tenta de me consoler, mais je m'enfuis avant qu'il ait le temps et je fonçai en plein cœur de la bataille…S'il disait vrai, il ne me restait plus qu'une seule chose à faire pour préserver la survie de mes amis…
