Disclaimer : Les personnages de White Collar ne sont pas à moi.

Précision : cette histoire se situe en gros après la fin de la saison 4, vu que je n'ai aucune idée de ce qu'il va advenir dans la saison 5.


Chapitre 10) Appel à la patience

Peter termina sa conversation avec la femme qui venait de le contacter le moral au plus bas. Elle avait comme de juste refusé de donner son nom et son adresse, avait téléphoné d'un téléphone intraçable, ce qui faisait qu'il avait peu de chances de la retrouver. Mais ce n'était pas là ce qui minait autant Peter. Elle était une simple cliente, elle ne l'intéressait pas. Non, ce qui désespérait Peter c'était les informations qu'elle lui avait fourni, entendre le nom d'Anatoli Kirdan était la pire des choses pour lui. Si vraiment Neal était entre les mains de cet homme le récupérer serait tout sauf facile, Kirdan était un malin qui savait défendre ses intérêts, nul doute que si le moindre uniforme ou groupe suspect faisait mine de se rapprocher de la villa grecque dont avait parlé la femme il ferait évacuer Neal vers une autre de ses planques.

Il devait pourtant en informer Hughes. Autant ne pas perdre trop de temps. Il se rendit aussitôt dans le bureau de son supérieur et lui exposa ce qu'il venait d'apprendre.

Comme il le pensait Hughes ne se montra pas ravi des informations qu'il avait obtenu.

- En Grèce ? Navré Peter, mais nous ne pouvons pas intervenir sur le simple témoignage d'une femme dont nous ne savons rien. Ce n'est ni notre juridiction ni notre domaine de compétences.

- Je sais, mais si cela était vrai, si Neal était bien là bas ?

- J'en serai désolé pour lui. Anatoli Kirdan est un trop gros poisson pour le moment.

Peter comprenait fort bien la situation. Hughes avait les mains liées, la dernière évasion de Neal, même si elle avait des causes pardonnables les mettaient tous dans une position très délicate.

- Et si Neal permettait la capture de Kirdan et le démantèlement de son réseau ? se risqua t'il à demander.

Hughes fronça les sourcils.

- Soyez sérieux Peter, vous avez déjà eu beaucoup de chances lors de la précédente évasion de Caffrey, s'il ne s'était pas trouvé qu'un criminel très recherché avait élu domicile sur cette île vous n'auriez rien pu faire. Kirdan n'est pas dans la liste des criminels qui sont assez haut dans le collimateur de la justice.

- Il s'y trouve cependant. Aider à sa capture serait un plus pour Neal. Sans compter qu'il n'est vraiment pas parti pour son propre compte, n'importe qui se penchant sur son dossier le réaliserait.

- Et réaliserait également qu'il nous file entre les doigts comme un rien, vous êtes vraiment prêt à prendre ce risque ?

Peter hocha la tête. Pour Neal il était prêt à beaucoup de choses, même à prendre des congés sans solde afin de partir pour la Grèce pour le chercher. Sans Neal il serait toujours en prison pour le meurtre du sénateur, il n'allait pas le laisser tomber. Il n'allait certainement pas le laisser entre les mains d'un proxénète. Hughes n'avait aucun mal à deviner le sens de ses pensées, il fronça les sourcils.

- Je vous demande de bien réfléchir à ce que vous allez faire agent Burke. Dit il d'un ton sec. Cela fait plusieurs fois que vous mettez votre carrière en danger pour cet individu.

- Et je pense que j'ai bien fait Monsieur, il nous a montré plus d'une fois qu'il nous était d'une aide précieuse. Vous ne sauriez le nier. C'est en partie grâce à lui que nous avons retrouvé nos postes vous et moi.

- Je ne cherche pas à le nier agent Burke. Votre consultant s'est montré fort utile à nos services, mais il me semble qu'il perturbe également beaucoup mon meilleur élément et cela ne me plaît pas.

Peter hocha la tête, le compliment lui aurait plu s'il n'avait pas été à la limite de l'avertissement.

- J'en prends note Monsieur, donc nous ne ferons rien pour sortir notre consultant de l'emprise d'un proxénète notoire où il s'est précipité pour éviter un drame ?

Il affronta le regard contrarié de Hughes.

- Pas pour le moment, moi aussi j'ai étudié le dossier de Kirdan agent Burke et je sais parfaitement qu'il ne garde jamais ses éléments dans les lieux où il organise les ventes, or il m'apparaît clairement que l'adresse fournie par la soi disant cliente que vous avez eu au téléphone est l'adresse d'un de ces lieux de vente. Quand bien même vous vous y rendiez, celui que vous voulez retrouver n'y sera pas.

Peter capitula, les propos de Hughes étaient l'expression du bon sens. Il se retira sans insister malgré l'envie qu'il en avait.

Jones et Diana évitèrent de lui poser des questions. Ils avaient parfaitement décrypté son expression lorsqu'il était sorti du bureau de Hughes, et elle indiquait clairement qu'il n'était pas temps de l'interroger. Il n'y aurait pas d'intervention pour le moment.

Le soir venu Peter regagna son domicile avec le sentiment désagréable de n'avoir servi à rien ce jour là.

Bien sur il avait fait son travail, comme il le faisait toujours, mais il n'arrivait pas à se défaire du sentiment qu'il faisait défaut à Neal, plus encore maintenant qu'il avait des infos sur l'endroit où se trouvait le jeune homme.

Elizabeth compris que quelque chose n'allait pas rien qu'à la façon dont il ferma la porte d'entrée. Elle laissa ce qu'elle était en train de faire pour venir à sa rencontre.

- Dure journée ? demanda t'elle doucement en déposant un baiser au coin de ses lèvres.

- On peut dire cela ainsi en effet. Une femme a téléphoné pour avoir des informations sur Neal, elle affirme qu'elle a passé dix jours avec lui à Cannes. Il est entre les mains d'un proxénète.

Les yeux d'Elizabeth s'écarquillèrent de surprise.

- Oh...

- Oui, oh comme tu dis, et bien sur nous ne pouvons rien faire, pas notre juridiction, pas notre domaine de compétence, en gros que Neal se débrouille tout seul pour s'en sortir. Le FBI ne fera rien pour lui pour le moment.

Elizabeth noua ses bras autour de sa taille et posa sa joue sur son épaule.

- Je suis désolée chéri, ce n'est pas bon pour Neal n'est-ce pas ?

- Pas bon du tout en effet.

- Que vas tu faire ? En parler à Mozzie ?

- Certainement pas ! se récria Peter horrifié par cette perspective.

Elizabeth soupira.

- Chéri, je sais que tu ne l'aimes pas trop, mais il est très lié à Neal et il a beaucoup de ressources.

- Illégales. maugréa Peter.

- Efficaces. souligna Elizabeth doucement.

- Je préfère passer par des voies légales, surtout considérant la situation de Neal justement. Je ne mets pas en doute les capacités de Mozzie, je sais qu'il pourrait parfaitement sortir Neal de sa mauvaise passe, mais si je le laissais faire il entraînerait à nouveau Neal dans une mauvaise voie. Si Neal échappe à Kirdan de manière illégale soit il devra recommencer à fuir et à se cacher, soit il retournera en prison.

Elizabeth soupira et caressa la joue de Peter.

- Ne te tourmente pas tant mon chéri. Je suis certaine que tu trouveras un moyen de le sortir de là sans enfreindre les règles.

- J'espère que tu as raison.

- Viens manger en attendant. sourit Elizabeth.

Peter la regarda s'éloigner.

- Je me douche rapidement et j'arrive. lança t'il en se dirigeant vers l'escalier.

- Prends ton temps, je n'ai pas fini.

Elle profita du fait qu'il soit à l'étage pour faire disparaître les magasines qu'elle s'était procurée, des magasines où elle avait découvert des photos de Neal. Elle pensait les montrer à Peter, que ce serait peut être utile à ses recherches, mais vu la tournure des événements elle préférait les cacher. Elle pourrait toujours les ressortir si les choses changeaient.

En Grèce Neal regagna la villa et sa chambre avec un sentiment mitigé.

Il avait conscience de s'en être vraiment bien sorti pour une première vente. Il se demandait ce que lui réservait l'avenir. Il se demandait aussi ce que Monica avait fait des informations qu'il lui avait fourni, si elle avait réussi à joindre Peter, si ce dernier avait pris au sérieux son appel, si elle lui avait fourni des informations sur l'endroit où elle l'avait vu et qui le détenait.

Il avait un peu de regret d'avoir cédé à l'envie de parler à Monica, craignait que cela ne mette Peter et les autres en danger si Benjamin en avait connaissance. D'un autre côté il pensait qu'il y avait peu de chances pour que Benjamin en soit informé, donc peu de risques à redouter. Pourtant, malgré ses efforts de logique il continuait à éprouver une crainte imprécise.

Il était partagé entre l'envie d'être sorti de là et la crainte que cela n'ait de très fâcheuses conséquences.

- Quel est la suite du programme ? demanda t'il à Boris pour se distraire de ses pensées.

- Pour le moment repos et poursuite de l'entraînement. Je vous dirai lorsque vous aurez un nouvel engagement en vue. Au fait, vous allez devoir bronzer nu à partir de demain, les clients n'aiment pas les marques de bronzage.

- Et cela ne va pas choquer le voisinage ?

- Ne vous souciez pas du voisinage, ne pensez qu'à soigner votre apparence, cela ne devrait pas être trop difficile pour vous.

Neal regarda Boris avec surprise. Le ton de son garde du corps était à nouveau froid et distant.

- Quelque chose ne va pas ?

- Rien qui vous concerne ! aboya Boris en se dirigeant vers leur chambre.

Neal hésita puis le rejoignit. Il s'assit sur son lit et regarda Boris qui lisait dans son fauteuil préféré.

- Parfois cela fait du bien d'en parler. dit il doucement.

- Et parfois non. répondit Boris sans le regarder.

- Aussi. admit Neal.

Le silence retomba.

Neal ne savait pas comment relancer la conversation, puis il songea au fils de Boris.

- Comment va Alexis ?

Il vit les mains de Boris se crisper sur le livre, le garde du corps prit une profonde inspiration, posa le livre et se leva de son siège, il s'approcha lentement de Neal et le saisit à la gorge, le maintenant fermement mais sans serrer.

- Je vais vous donner un bon conseil et je vous suggère de ne pas l'oublier. Ne parlez plus jamais de mon fils, ne prononcez jamais plus son nom.

Il le relâcha ensuite et quitta la chambre.

Choqué Neal reprit son souffle avec peine et se frotta la gorge. Boris n'avait pas serré et il n'aurait pas de traces, mais il venait d'avoir très peur. Son esprit se focalisait à présent sur une nouvelle interrogation. Qu'était il arrivé à Alexis pour que Boris se mette dans une telle colère à sa seule mention ?

A suivre