Yo,

Réponse à la review:

Trolocat: Ah toi aussi tu en as envie ! Nous verrons ce que l'avenir leur réserve... Bonne lecture à toi et merci !

Voici le chapitre 11. Bonne lecture à tous !


Trois jours. Cela faisait trois jours qu'il était ici. Mais c'était un mal de compter : les jours se ressemblaient depuis qu'il était emprisonné dans la demeure d'Aizen et l'ennui avait eu raison de lui.

Le premier soir, pendant le dîner, Aizen avait énoncé des règles à son nouveau quotidien : interdiction d'aller dans son bureau personnel ou d'entrer sans frapper, interdiction de manquer un repas, interdiction d'aller au sous-sol, interdiction d'user d'une quelconque violence. Le plus jeune avait pesté intérieurement, se sentant comme un enfant ou un animal en cage.

Ces premiers jours lui avaient servi à mieux s'orienter dans cette maison, ou plutôt ce manoir, afin d'en apprendre le plan. La demeure était entourée d'un jardin et se divisait bien en deux étages, excepté l'étage des domestiques que l'on accédait par un escalier en bois, craquant et vieilli, caché à l'abri des regards.

Mais une fois l'intérieur traversé et le jardin bien empiété, surveillé de près par des gardes plantés à plusieurs endroits de la demeure, telles des statues antiques, Ichigo en avait conclu qu'il serait bien difficile de sortir de là. Il ne voyait personne à part les domestiques et ces fameux corps musculeux immobiles et muets. Mais aucun ne pourrait trahir Aizen pour l'aider à sortir de là : les premiers étaient des fanatiques au service de leur maître, les seconds de véritables bulldogs.

Pendant ces trois jours, Ichigo avait donc eu tout le temps de découvrir Aizen à chaque fois qu'il paraissait. Et, à son plus grand étonnement, ce dernier se comportait véritablement comme un gentleman respectable : toujours impeccable dans ses habits, des gestes comme des mots toujours polis et choisis avec soin, des yeux doux et une voix mielleuse très loin du pervers narcissique psychopathe qu'Ichigo avait imaginé.

Mais les paroles de Renji ravivaient en lui une certaine prudence. Il s'assurait pour autant de ne pas tomber dans la paranoïa et d'imaginer un monstre des plus terrifiants. De ses regards chaleureux et ses sourires charmants, Ichigo s'efforçait d'y voir un homme. Certes, dangereux. Peut-être en train de jouer un double-jeu. Mais un homme quand même. Et de ce fait, si un humain ordonnait cette demeure, elle ne pouvait pas être totalement impénétrable pour lui.

Il avait trouvé l'entrée majestueuse qui ne s'ouvrait que pour le maître des lieux et, à supposer, de potentiels invités. Comme une porte d'apparat dont l'unique but était de magnifier la demeure, elle était d'une hauteur majestueuse et deux gardes aux bras épais la gardaient pour l'ouvrir et la fermer depuis l'extérieur. Dehors, le manoir était entouré d'un haut mur de pierre à l'extrémité barbelée et Ichigo imaginait déjà qu'une milice attendait derrière, de l'autre côté.

Aizen rentrait le soir et ils dînaient ensemble. Ichigo préférait rester silencieux car méfiant, mais les manies bienveillantes de son kidnappeur et son air toujours doucereux, presque faux, l'énervaient assez.

« Ichigo, si tu sors demain dans le jardin, demande un manteau et un parapluie, il va pleuvoir et je n'aimerais pas que tu attrapes froid. »

« Que penses-tu d'un onsen après le thé ce soir ? Rien de tel pour détendre les muscles ».

« Nous pourrions passer à la bibliothèque Ichigo si tu le veux, je pourrais te conseiller quelques lectures. »

Toujours comme si tout était normal. Comme si tout allait de soi. Pas de mention à son passé, un silence total sur ses affaires, sur le monde extérieur. Quand Aizen parlait, Ichigo se sentait comme enfermé dans la bulle qu'il créait pour eux deux, ressentant d'autant plus sa volonté de le garder pour lui tout seul.

Il suivait les directives, hochait la tête, restait respectueux et ravalait toute sa rage. Mais au fond de lui, il cultivait l'envie de quitter ces lieux au plus vite.

Et ce fut au troisième jour, en allant aider Hinamori à porter les draps à la buanderie qu'il trouva le moyen. Après avoir offert de son temps pour les tâches ménagères et alors qu'Hinamori s'occupait à trier le linge, il avait pris le temps d'observer la petite pièce du rez-de-chaussée. C'était l'une des seules à être en piteux état, preuve de son utilité toute domestique. Comme chaque buanderie, pour éviter la surchauffe de la pièce ou un surplus d'humidité, un système de climatisation avait été mis en place. Au-dessus d'un des quatre murs de la pièce confinée, un ventilateur immense tournait relativement lentement derrière une immense grille carrée. Le modèle paraissait ancien et en mauvais état. Tout à coup, en gardant les yeux fixés sur la grille, il vit une tache noire apparaître tout doucement. Il plia les yeux et l'instant d'après la tache noire s'était envolée. Une mouche.

Ichigo sourit discrètement. Il avait trouvé.

OoOoOoOoOoOoOo

Soir, 20h

Grimmjow sentit l'ascenseur s'arrêter alors qu'il venait de s'assurer que ses armes étaient bien prêtes. Un grognement lui fit baisser les yeux. Sa panthère faisait la tête, agacée par la petitesse de l'ascenseur. Grimmjow sourit et la laissa devancer sa marche quand les portes s'ouvrirent sur le garage de sa tour building.

Renji arriva bientôt, éternellement habillé de noir, du pantalon à multiples poches au polo moulant à manches longues jusqu'aux gants et aux rangers de cuir. Il portait lui aussi un holster ainsi qu'une ceinture garnie et un petit sac dans le dos en cuir tout aussi noir. Ses cheveux rouges -encore plus éclatants par sa tenue- étaient attachés en une haute queue de cheval. Il avançait d'un pas assuré et viril.

— Tout est prêt, patron, et le flic vient d'arriver.

— Qu'il quitte sa voiture, on va se faire remarquer sinon.

Renji fit un geste au commissaire qui descendit hâtivement. Un instant plus tard, il saluait d'une main ferme Grimmjow alors qu'il marchait toujours droit devant lui.

— Je ne savais pas que vous profiteriez de cette nuit pour promener votre animal de compagnie, Jaggerjack; fit-il en admirant l'animal à quelques mètres.

L'intéressé eut un rire sec. L'humour de ce flic lui plaisait bien. Il arriva devant une Audi noire à la fois modeste et élégante -pas besoin de sortir les grands modèles quand il valait mieux rester discret- et ouvrit la portière arrière pour laisser entrer sa panthère..

— Elle me permet d'économiser au moins cinq hommes et elle est de bien meilleure compagnie; sourit Grimmjow; Renji, tu montes à l'arrière et je conduis.

Stark déglutit. Cet animal était massif, tout en muscles, élégant dans sa robe blanche albinos magnifique et soyeuse mais aussi terrifiant par ses crocs acérés. Son calme et sa docilité étaient impressionnants. Stark fut bien content de s'asseoir à l'avant, tandis que Renji se trouva difficilement une place à côté de la bête qui ne lui accorda qu'un regard furtif.

Aussitôt installés, Grimmjow lança le moteur et se dirigea vers la sortie du garage.

— Renji, les hommes sont installés ?

— Oui autour du périmètre du Shinigami depuis cette après-midi. Rien à signaler, quelques allées et venues de petites frappes mais aucune violence.

— Bien.

Le chemin d'une dizaine de minutes se fit en silence. Grimmjow pensait de plus en plus à Ichigo. Il ne faisait nul doute maintenant qu'Aizen l'avait kidnappé tant pour son plaisir personnel que pour l'enrager et le mener dans la gueule du loup en voulant le sauver. Qu'importe. Il le sortirait de là avant qu'Aizen n'en fasse son pantin.

Il se gara un peu à l'écart et Renji posta les deux hommes de la surveillance près de la voiture une fois qu'il les trouva aux alentours.

— Sortez vos armes, qu'on en finisse vite, j'ai pas envie d'avoir des blessés sur les bras; fit Grimmjow sèchement en ouvrant la marche près de sa panthère pour s'engouffrer dans une ruelle.

La nuit était tombée depuis plus d'une heure et les réverbères diffusaient une épaisse lueur orangée pour éclairer le trottoir noirci. L'air était froid, le bitume mouillé –d'eau, de sang ou d'urine- Grimmjow ne préférait pas savoir et marchait sans y penser.

Ils s'approchèrent alors d'une vieille bâtisse délabrée à deux étages, dont le toit de tôle était à moitié effondré. Les tags s'étaient accumulés, la porte à deux battants avait été défoncée et les vitres étaient toutes brisées. Le repère fantôme n'avait absolument rien d'accueillant. On aurait pu dire qu'il allait s'écrouler d'une minute à l'autre. Grimmjow souhaita intérieurement que jouer les explorateurs de lieux abandonnés servirait au moins à quelque chose. Néanmoins, il voyait en Stark un regard déterminé et même une pointe de tristesse dans le reflet de ses yeux. Il y avait bien quelqu'un là-dedans.

Soudain, à quelques centimètres de passer la porte pour s'engouffrer dans le noir complet, la panthère se mit à grogner, les crocs serrés. Grimmjow s'arrêta tout de suite.

— Renji, la lampe-torche. Éclaire-nous.

Renji décrocha de sa ceinture sa lampe qu'il put accrocher à son arme à feu qu'il tenait à bout de bras, pointée sur l'entrée, depuis que l'animal était sur ses gardes.

Le groupe découvrit alors les restes d'un bar-restaurant complètement détruit aux fauteuils éventrés et tables renversées ou réduites en morceaux. Tout y était passé. Le bar était encore debout, mais les étagères de boissons derrière s'étaient complètement affaissées. Tout était recouvert d'une couche de poussière de verre et de béton, plongeant l'intérieur dans un oppressant brouillard grisâtre qui fit tousser Stark. Grimmjow regarda son animal. Elle reniflait silencieusement et conservait une position de défense.

— Alors…; commença Grimmjow; il est où ce contact ?

— Il devrait déjà être là à cette heure. Mais… cela fait un moment que je ne suis pas venu ici.

— Tss… On continue.

Le groupe s'avança prudemment. Chaque pas cassait un peu plus de verre et frottait le sable du ciment détruit. Un silence pesant entourait les trois hommes. Renji, avec sa lampe, tentait de garder un regard perçant pour sonder la salle. Stark en faisait de même avec sa lumière. La pièce principale avait deux portes détruites qui menaient ailleurs, aux deux extrémités. Mais alors qu'ils allaient traverser l'une d'elle dont il ne restait que le chambranle, Renji sentit puis vit le temps d'une seconde une ombre passer de l'autre côté de la pièce, vers l'autre encadrement.

— Là-bas ! cria-t-il instinctivement.

Aussitôt, les deux autres se tournèrent, et Renji braqua sa lampe mais il était déjà trop tard, la lumière ne révéla qu'un monceau de poussière dans l'embrasure d'une porte.

Pourtant, le félin rugit tout à coup et se lança exactement dans le coin où Renji avait vu l'ombre passer. Grimmjow prit les devants et se mit à faire de grandes enjambées entre les débris accumulés pour la suivre.

Il arriva derrière la porte détruite dans une petite salle confinée remplie d'étagères en bois vidées. Un escalier très pentu aux marches parfois manquantes se présentait à lui. Sa panthère gronda à nouveau, au sommet. Grimmjow s'élança dans l'escalier, restant tout de même prudent sur chacune des marches grinçantes, portant son arme dans la direction indiquée par sa panthère qui continuait de grogner. En passant à côté d'elle, il la caressa légèrement d'une main sur son crâne.

— Chuut, Pantera…

L'endroit était plongé dans l'obscurité et le silence. Grimmjow ne savait même pas jusqu'où s'étendait cette pièce dans laquelle il se trouvait. Il garda son arme pointée en direction des recoins les plus sombres.

— Renji, ramène-toi ! Et toi, peu importe où t'es, j'te conseille de pas bouger, j'ai une arme braquée sur toi; dit Grimmjow à l'intention de l'ombre de tantôt qui s'était forcément engouffrée ici.

Renji arriva bientôt, gravissant les marches, Stark derrière lui assurant ses arrières. La lumière du bras droit jaillit alors et illumina au départ maladroitement une pièce entièrement délabrée, remplie de différents objets quotidiens et de couvertures. Sûrement un squat.

Enfin, la lumière éclaira un bout de peau blanche qui tenta de fuir le rayon.

— Arrête-toi maintenant ! cria Grimmjow.

Il n'y eut plus un bruit, et Renji chercha à nouveau où était passée la personne. Grimmjow saisit rageusement la lampe en la décrochant du revolver de son subordonné et rangea son arme, s'avançant ainsi, suivi de sa panthère comme pour le protéger. Il trouva enfin, coincé derrière une table ronde redressée à la verticale, un jeune homme, les jambes recroquevillées, la tête repliée sous ses bras. Pantera voulut sauter sur lui mais un claquement de la langue de Grimmjow la retint. Le bleuté s'avança encore un peu, écrasant des bouts de bois, de porcelaine ou de verre déjà brisés, puis saisit le bras de l'inconnu. Aussitôt, ce dernier se débattit férocement en gémissant, surprenant Grimmjow qui ne s'attendait pas à une telle énergie. N'ayant qu'une main pour le tenir -l'autre portant la lampe-torche- il cria entre deux coups de poings que le garçon lui envoya :

— Stark, j'ai besoin de vous là ! clama-t-il en tentant de raffermir sa poigne sur le squatteur.

Stark se détacha de l'escalier pour venir saisir lui aussi le jeune homme qui paraissait bien petit et maigre mais d'une force improbable.

— Ulquiorra ! Ulquiorra… c'est moi… calme-toi…

Ce dernier s'arrêta soudainement de bouger et releva deux yeux verts immenses et brillants vers le policier.

— Commissaire ? Que… Qu'est-ce que vous…

— On ne te veut aucun mal, ces hommes sont là pour te poser des questions, on a besoin de ton aide; expliqua Stark plus posément, tenant le plus jeune aux épaules.

— Qui sont-ils ?! ragea-t-il en se défaisant de la prise de Stark et en s'assurant plus de sécurité en reculant d'un pas.

— Je m'appelle Grimmjow Jaggerjack et Renji est mon bras droit.

Les yeux verts le fixèrent, comme pour juger le faux du vrai. Dans un certain clair-obscur, il perçut tout de même l'allure solennelle des deux inconnus. La panthère aussi, après l'avoir tant effrayé en montrant ses crocs, paraissait maintenant plus mesurée. Les yeux plongés dans ceux de l'homme aux cheveux bleus, il cracha :

— Que voulez-vous savoir ?

— Pas ici. J'ai pas envie de rester plus longtemps dans ce quartier pourave. On te ramène.

Mais alors que Grimmjow entamait un demi-tour, il s'arrêta bien vite quand Renji hurla un « Patron ! » suivi d'un « Non ! » de Stark.

Il eut assez de temps pour tendre le bras et, comme il le prévoyait, saisir le poignet d'Ulquiorra qui allait s'abattre sur lui. Un regard en arrière et il vit le poignard peu aiguisé et abîmé que le plus petit avait sorti de sa manche ainsi que son visage, rempli d'une colère défigurée par la peur.

— Une attaque dans le dos ? Quel courage…; ironisa Grimmjow.

— J'ai rien à vous dire, et je ne tiens absolument pas à vous suivre gentiment. Quittez ce lieu.

Grimmjow se retourna entièrement et envoya d'un coup habile son « adversaire » ramper sur le sol poussiéreux. Ulquiorra se releva avec peine, restant sur ses gardes, saisissant le couteau qu'il avait lâché dans sa chute.

— Je ne crois pas t'avoir laissé le choix; déclara sereinement le bleuté, reprenant son arme en main.

— Je sais qui vous êtes. Et ça ne m'intéresse pas de faire affaire avec vous. Partez maintenant !

— Ulquiorra…

La voix de Stark retentit plus près il s'était approché du duo, illuminé par la lampe de Renji.

— Ulquiorra… Cela concerne Aizen…

— Évidemment que ça concerne Aizen ! C'est pour ça que vous êtes déjà venu, vous, non ?! J'ai rien d'autre à vous dire…

— Tu as le devoir de renseigner les personnes qui pourraient l'arrêter. Tu es le seul à t'être échapper vivant de son emprise.

À ces mots, Grimmjow tiqua. Le seul ? Ce jeune homme remontait dans son estime, il devait en avoir réellement bavé… Il imaginait par ailleurs le nombre de personnes qui, comme Urahara, s'en était sorti de manière éphémère quelques heures de liberté avant une mort certaine.

Ulquiorra aussi avait écarquillé les yeux à ces mots. Il n'aimait pas qu'on le rappelle. Il n'aimait pas qu'on lui reparle de son passé. Il détestait qu'on lui demande quelque chose sur ce…

— Il n'y a rien à faire. Il ne peut pas tomber.

— Laisse-nous en décider et viens nous aider; reprit Grimmjow.

— Vous avez pas entendu ?! Ça se peut pas ! fit-il avant de lancer dans un geste presque désespéré son poignard en direction de Grimmjow.

Ce dernier l'évita aisément et s'avança plus rageusement d'Ulquiorra qui ne cessait de reculer, les yeux humides. Stark sentit que la situation allait dégénérer. Il faillit intervenir quand Grimmjow saisit le col du tee-shirt miteux du plus jeune d'une main ferme.

— Laissez-moi tranquille… C'est tout ce que je souhaite…

— De la tranquillité ?! T'inquiète pas, si je te troue le cerveau, tu vas en avoir pour un bon bout d'temps de la tranquillité ! lança Grimmjow, exaspéré.

Quand Ulquiorra releva la tête, il découvrit alors le canon de l'arme du bleuté à quelques millimètres de son front. Plus aucune larme ne tomba le long de ses joues tant il fut surpris.

— Jaggerjack, baissez votre arme, il n'a jamais été question de le menacer de mort pour le faire parler ! rappela à l'ordre Stark d'un ton sec et ferme.

— Je ne le menace pas ! plaisanta Grimmjow avec une ironie froide et mordante ; je lui offre un ticket d'entrée pour une autre vie pleine de tranquillité ! 'Savez quoi ? Je commence sérieusement à douter de votre indic, co-mmi-ssaire…

Stark eut un mouvement de recul. Ce Grimmjow Jaggerjack, un flingue braqué sur un homme et un sourire démentiel dessiné sur le visage était terrifiant. Tout à fait différent de celui qu'il connaissait. Loin de l'homme calme et réfléchi. Il était bel et bien enragé. Le commissaire se mit alors à espérer que le bleuté ne tire pas.

— Alors, le SDF ? On saute le pas ? continua Grimmjow en se reconcentrant sur Ulquiorra, resté tétanisé.

— Vous ne le feriez pas…

— Tu veux que j'te montre ?!

Sur ce, Grimmjow enleva la sécurité. Stark pesta à nouveau mais il l'ignora. L'agitation et le stress rendait la panthère, resté sur le côté, plus attentive et nerveuse encore. Elle grognait sur Stark.

— Tu sais, je crois même que tu attends que ça, hein ? reprit Grimmjow en observant Ulquiorra de près; T'y as souvent pensé, au long repos que permet la mort… à en juger par tes cicatrices qui ne trompent pas, n'est-ce pas ?

Ulquiorra se sentit découvert, à nu, encore plus mal…

— Tu dis que tu sais qui je suis; continua l'homme d'affaire face au silence; mais t'as pas vraiment l'air au courant de ce que je veux faire, sinon tu serais déjà en train de m'aider.

— Je vous ai dit que mon aide ne servirait à rien. Aizen est imprévisible et intelligent, je n'ai jamais su le cerner.

— J'te demande pas de jouer les fins stratèges de groupe mais juste de me donner un ou deux tuyaux, ça doit bien être dans tes moyens, non ?

Soudain, après quelques secondes de silence, un bruit de détonation retentit. Ulquiorra sentit la balle siffler dans son oreille gauche et atterrir dans le mur, le perçant entièrement.

— Jaggerjack ! Stop ! cria Stark.

Pantera rugit un coup.

— Oups ! J'ai la détente facile, tu m'excuseras ! C'est pas passé loin ! Ça doit être ton silence qui m'énerve ! déblatéra Grimmjow en grattant à l'aide du bout de son arme encore fumante les mèches bleues retombées sur son front.

Ulquiorra ne comprit pas bien les mots des deux hommes, leurs voix furent comme étouffées, assourdies par le bruit strident du coup de feu qui résonnait encore dans ses oreilles. Mais, en reprenant pleinement conscience, il remarqua que sa vue était également brouillée. Le coup l'avait-il si apeuré qu'il en pleurait ? Son cœur battait à tout rompre, près à sortir de sa poitrine, et son souffle était court, coupé depuis l'instant du choc.

Grimmjow reprit en secouant une fois encore Ulquiorra pour raffermir sa poigne et en braquant à nouveau l'arme sur lui:

— Allez, on y va pour de bon, cette fois, okay ? Tu dis cheese et l'oiseau va sortir !

À peine remis du premier coup, le brun tremblait maintenant, le regard figé dans celui de son vis-à-vis. Allait-il vraiment mourir ?

— Ça suffit ! Ce jeu a assez duré ! fit Stark en abaissant le bras de Grimmjow d'un geste précis.

Il continua en s'adressant à Ulquiorra d'une voix ferme:

— Tu veux bien t'impliquer, rien qu'un peu ? Le gamin qu'on cherche n'est pas plus âgé que toi quand tu as aussi été enlevé. Et les autres que tu as laissés derrière toi ? Leur sort t'est si égal ?

Ulquiorra parut réfléchir quelques temps, reprenant contenance. Puis il posa sa main sur celle de Grimmjow qui tenait encore son col tout en baissant la tête. Il acceptait.

— Ne nous ralentis pas comme maintenant, Ulquiorra; déclara Grimmjow en insistant sur son prénom pour être clair; j'ai besoin de ta mémoire, pas d'ta peur.

Grimmjow fit à nouveau un demi-tour mais poursuivit cette fois sa marche jusqu'à l'escalier, aussitôt suivi par Pantera. En passant à côté de Renji, il lui demanda de prendre Ulquiorra avec lui et de monter dans une voiture avec les deux hommes de la surveillance. Ils rentraient.