Attention: chapitre peut-être bouleversant ! J'espère que vous avez pris en compte le rating pour cette histoire. Un moins de 15 ans n'a rien à faire à lire une histoire aussi dure :S Respectez les ratings, s'il vous plait !


Ciel Qui Pleut Devient Neige Dans Ton Cœur

Des journées harassantes s'étaient succédées. Sasuke Uchiha finissaient par ressentir plus d'ennui que de fatigue. Il était las, et le peu de sommeil auquel il avait eu droit avait finalement effacé tous ses troubles récents, nettoyé toutes ses peines, fait partir toute la rancœur qu'il éprouvait. Il se sentait vide, mais cela ne le soulageait aucunement. Il était vide et abattu de l'intérieur, gardant bonne figure à l'extérieur, se contentant d'agir en fonction de ce que l'on attendait de lui. Il avait oublié sa volonté, et avait fait place à un pantin qui servait l'ANBU fidèlement.

- Quand on lui accorda le repos, une fois la majorité des préparatifs finis au Bastion, il ne comprit même pas les mots qui lui étaient destinés.

- B-Bien. Dans ce cas, je me retire. Vous avez fait du bon travail.

Même Kotetsu, son fidèle ami des champs de bataille n'avait rien soupçonné, le laissant perdre son éclat pour mieux rentrer dans le moule des capitaines. Lors du voyage le ramenant chez lui, il eut une brève pensée pour son frère, avant de se contenter de regarder le jour se coucher. Des nuages gris furent effacés par le noir nocturne d'un ciel étoilé, comme si des milliers de diamants s'étaient accrochés à la voute céleste. Le spectacle émut l'Uchiha quelques minutes, avant que son regard ne se porte sur le vide. Il arriva au milieu de la nuit au manoir Uchiha, et renvoya un majordome aussitôt arrivé, désirant être seul.

Ses pas le conduisirent alors vers la chambre de son second. Il ne se souvenait plus de la dernière fois où il avait vraiment adressé la parole à Sai, ni la dernière fois où celui-ci s'était départit de sa courtoisie pour l'appeler par son prénom. En ouvrant la porte de la chambre du brun, il sentit le froid le prendre au corps. Un pas, puis deux. Une rapide inspection. La chambre de son protégé était totalement vide, rangée, comme si Sai n'y avait pas été depuis plusieurs jours. Un malaise se créa, et une boule obstrua la gorge de Sasuke. Il pensa une seconde à la notion d'abandon, avant de se ressaisir.

- Je suppose que tu es encore fourré avec le maoh.

Poursuivant son chemin, il arriva devant la porte du prisonnier. La main sur la poignée, il stoppa son geste. De l'extérieur, aucun son, aucune parole ne lui parvenait. Soudain, son esprit sembla se réveiller, et revenir paresseusement à la normale. Ses sourcils se froncèrent alors qu'il ouvrait la porte de la pièce, avançant rapidement jusqu'au lit tout aussi vide que le précédent.

- Ils ne sont pas là.

Cette simple constatation suffit à remettre Sasuke dans son état normal. Il paniqua aussitôt, se demandant si quelque chose n'était pas arrivé à Sai, avant de se dire qu'il était stupide que le maoh ait pu trahir son second du jour au lendemain. Il lui était évident que le garçon aimait le brun, assez pour le laisser l'approcher. Assez pour lui avoir confié son prénom. Essayant de rassembler ses souvenirs pour voir s'il avait manqué une parole de Sai lui disant qu'il quitterait temporairement le manoir, le brun fut alors pris d'une douleur lancinante au crâne. Une image apparut l'espace d'une demi-seconde : le maoh était en danger, dans une chambre sombre. Sa respiration s'accéléra. Il ne comprit pas ce qui venait de se produire, ni si cette image n'était qu'une illusion, ou le reflet de la réalité. Il la traita comme un signal, et courut pour sortir du manoir. La nuit était chaude.

- Viens par là. A deux, on saura peut-être où l'on va.

Prenant un cheval à la robe noire dans l'écurie, Sasuke reprit plaisir à l'équitation l'espace d'une demi-seconde alors qu'il montait l'animal, avant de se précipiter hors de son domaine, se laissant guider pour la première fois par son instinct.

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Naruto arriva, mal en point, au pied d'un manoir. Celui-ci était divisé étrangement, comme s'il n'était pas qu'une seule et même demeure, mais un regroupement de maisons collées les unes aux autres pour former une villa immense.

'C'est là…ughhh…Je le sens…'

Il avança d'un pas, avant de se stopper net. Ses jambes tremblaient, et il ne savait même pas bien comment il avait pu atterrir ici, ni combien de temps il avait marché à l'aveuglette dans la nuit. Ses vêtements du soir lui collaient à la peau, et son corps était bouillant. Il subissait une nuit lourde, moite, comme avant un orage. Il pouvait sentir de fines gouttelettes de sueur couler le long de ses tempes, et dans son cou. Son état empirait, et il avait l'impression que la fièvre ne passerait pas cette fois-ci. Il entra donc, résolu, dans cette étrange demeure, cherchant la source qui l'avait attiré ici. Il se balada maladroitement dans les couloirs, hésitant souvent, mais s'arrêtant peu. Il vacillait trop pour prendre une pause, de peur de tomber là, inerte, sans avoir compris la cause de son mal.

'Vas-y….Naruto…Encore…un peu…' s'encouragea-t-il mentalement.

Agité de vagues de frissons causés par la fièvre, il parvint près d'une porte menant à des appartements privés. Plusieurs familles devaient vivre ici. Ou plutôt, ceux qui avaient perdu leur famille, leur clan, s'étaient rassemblés en un même endroit.

La main sur la poignée, il pria intérieurement pour que la porte soit ouverte. La poignée tourna, et la porte s'ouvrit silencieusement. Naruto soupira, avant de se rendre compte que, plus il approchait, plus ses battements de cœurs s'intensifiaient et s'accéléraient dans sa poitrine. Il l'entendait marteler sa cage thoracique comme un diable furieux. Dans un hall, il fut confronté à trois portes différentes. Suivant encore son instinct, il ouvrit une porte accédant à une chambre spacieuse. Les rideaux n'étaient pas tirés, laissant la lumière nocturne filtrer par la fenêtre. Il reconnut alors sur le lit des visages vus auparavant. Deux corps nus, entrelacés, reposaient parmi les draps chiffonnés. L'un deux attira son regard. Ce n'était plus une surprise, il se doutait déjà bien de la personne à l'origine de son état.

- Haku…

Sa voix sortit avec peine de sa gorge, alors que des fourmis engourdissaient ses membres et le paralysaient presque sur place. Sur le point de tomber, il se rattrapa à une commode, faisant tomber au passage un encrier. Le bruit mat de l'objet atterrissant sur le tapis donna au blond l'envie de pleurer, sans qu'il ne puisse l'expliquer.

- Mmm…

Le deuxième corps bougea légèrement. Le capitaine qu'il avait vu au Bastion semblait plus grand que dans ses souvenirs. Alors qu'il se retournait vers lui, dormant encore, son expression apaisée choqua le blond qui, dans sa mémoire, l'avait retenu comme assez effrayant. Les yeux du capitaine s'ouvrirent lentement, découvrant le blond qui se retenait désespérément au meuble, considérant avec crainte le réveillé. Zabuza contempla le maoh maladif qui se tenait devant lui sans faire aucun commentaire. Il s'appuya simplement sur son coude, se redressant légèrement. Puis, sans un mot, il se retourna, et secoua doucement son Second.

- Haku… Je crois que ta surprise est arrivée… grogna l'homme.

Le capitaine lâcha un petit rire, laissant le brun à la chevelure de jais émerger à son rythme. Haku bailla, avant d'ébouriffer ses cheveux déjà bien mis à mal. Sa main passa dans le dos de son capitaine qui lui faisait face, l'aidant à se hisser pour voir derrière sa hanche. Les yeux à peine ouverts, il posa sa tête arborant une bouille endormie sur le corps de son amant, regardant d'un air bougon le blond. Puis, lorsqu'il sembla réveillé, un sourire éclaira son visage d'enfant.

- Oh ! C'est toi !

Aidé par Zabuza, Haku se leva, quitta le lit, avant de récupérer Naruto qui s'accrocha à lui pour ne pas tomber par terre. Le blond était passablement énervé, ce qui étonna légèrement Haku qui s'attendait à le voir aussi docile qu'au premier jour. Le maoh planta ses ongles dans les brasdu brun afin pour se maintenir debout, mais aussi par colère.

- Tu m'as l'air en forme ! rit Haku, nullement gêné.

- C'est vrai qu'il a l'air plus musclé. Cette fièvre en moins, il doit être remarquablement beau, commenta Zabuza avant de bailler allègrement.

Naruto fronça les sourcils, laissant la rage l'habiter un instant. Il tenta de réunir ses forces, avant de prendre la parole.

- C'est toi…Qui m'as fait ça… Qu'est-ce que tu m'a fais ? Dis-le-moi !

- Ooooh, ta voix en colère est plutôt excitante !

Haku se jouait du blond, absolument ravi de l'entendre parler. Ses yeux gourmands lorgnèrent sur la gorge découverte du garçon qui laissait entrevoir le début de son torse finement sculpté. Il approcha son visage, avant de souffler sur celui du blond. Celui-ci eu un brusque secouement qui lui fit lâcher prise, alors que le brun le tenait toujours.

- Je vois, ce truc marche vraiment bien ! Qui aurait cru que les vieux sortilèges marchaient réellement ? Je t'en dois une, maoh !

- Qu'est-ce-que…Qu'est-ce que j'ai ?...

Le ton de Naruto était plus faiblard, comme s'il allait bientôt s'évanouir. Haku pouvait lire le désespoir dans les deux orbes bleus qui le fixait. Sa gorge était nouée. Le brun décida que la plaisanterie était finie, et qu'il valait mieux passer aux choses sérieuses.

- C'était pour que tu viennes à moi, tu comprends ? Tu nous as horriblement manqué ! Il faut dire qu'on ne s'amuse pas beaucoup ici. Je ne connais pas la situation chez vous, mais de mon côté, j'ai l'impression d'être entouré d'adultes austères et les yeux rivés sur la bataille glorieuse qui leur prendra la vie…. C'est d'un ennui…

- Qu'attends-tu de moi ! supplia Naruto, exténué.

- Un peu de plaisir… En échange, je te retirerai ce que je t'ai fais. Ce doit être assez douloureux… Alors ? Que dis-tu de nous offrir un peu de compagnie pour ça ?

Soudainement effrayé, Naruto hocha la tête sans s'en rendre compte, donnant son accord. Le rire fluet d'Haku lui parvint alors que sa vue se brouillait à nouveau. Il le sentit lui embrasser le front, avant que le contact avec le sol ne se rompe. Sous lui, il sentit bientôt le lit moelleux des amants, puis le poids d'Haku sur son corps. Il sentait son souffle chaud contre sa gorge. Une seconde plus tard, le blond dû serrer ses dents aussi fort qu'il le pouvait.

- Hmmmm…

La douleur était insupportable, faisant se contracter chaque muscle de son corps. Dans son cou, la langue d'Haku passait d'une façon atrocement lente sur la marque soi-disant laissée par un insecte. Le corps de Naruto se réchauffa d'un coup, lui laissant l'impression que sa peau était en train de brûler vive. Puis, lorsque le brun finit par un simple baiser sur son cou, la morsure du feu s'arrêta progressivement, laissant place à une sensation de plénitude. Libéré de sa douleur, le blond sentit chacun de ses membres se détendre.

- Aaahhh…

Relevant la tête, Naruto s'empourpra. Sa voix avait pris une teinte aigue nouvelle, rendant ce soupire de bien-être totalement déplacé. C'est à ce moment précis qu'il se rendit compte de la présence du genou d'Haku dans son entrejambe. Le brun pressa un peu plus, tandis que son aîné se rapprochait également du corps du blond, étendue en travers du lit.

- Haannnmmm…

Le son s'était échappé tout seul. De la douleur insupportable ressentie quelques secondes auparavant, une nouvelle fièvre était née, laissant une fois encore Naruto incapable de contrôler ses actions. Un peu fatigué, le blond se laissa tomber dans cette douce transe qui lui tendait les bras. Ses yeux voyaient sans voir, comme des spectateurs inactifs. Cotonneux, il se sentit soulevé, pour arriver dans les bras de Zabuza, face à face avec Haku qui le regardait en souriant, presque ému. Les mains du géant brun vinrent frôler sa cuisse, le faisant expirer fortement d'appréhension. L'aidant, Haku tira sur le vêtement, alors que Zabuza débarrassait Naruto de son pantalon. De ses yeux mi-clos, le maoh vit le second passer lentement ses mains sous ses jambes, partant des chevilles pour s'arrêter derrière ses genoux. Sensuellement, il releva les jambes du blond pour les laisser se détacher du matelas, laissant ses pieds seuls au contact de la couette. Haku regarda le blond déglutir lentement, inconscient de son abandon, dans les bras de Zabuza qui rabattit tout aussi lentement un tissu sur les yeux bleu fiévreux afin de les bander. Au-dessus de son épaule, Naruto sentit Haku s'approcher de Zabuza. Les deux bruns s'échangèrent un baiser passionné, entourant son corps par les leurs, le réchauffant de façon bien plus agréable.

- Je pense que tu as eu une bonne idée, souffla Zabuza à son jeune amant.

Naruto, patient, ne tarda pas à sentir Zabuza déboutonner sa chemise avant de parcourir de ses mains son torse encore moite de sueur. Son épiderme réagit automatiquement, alors qu'Haku recommençait à l'embrasser, commençant par son front. Il baisa ensuite son cou, puis sa clavicule, et descendit ainsi, écoutant les faibles soupires du blond. Le maoh découvrait pour la première fois le désir, le désir que ce moment ne s'arrête pas, que les deux hommes continuent à le toucher comme si, dans le cas contraire, il allait tomber, nullement retenu par les mains puissantes qui s'étaient saisies de ses hanches, ni celles plus fine qui s'étaient appuyé sur ses cuisses. Il put clairement sentir les cheveux d'Haku lui chatouiller les jambes. Chaque baiser qu'il lui avait donné laissait encore des sensations papillonnantes sur sa peau. Haku déposa un autre baiser sur le bas-ventre du blond dont la poitrine se souleva, alors que ses reins se creusaient, arquant son dos.

- Aaaahhhh…

Un mélange entre la chaleur et la moiteur humide laissèrent le blond basculer plus encore dans une transe délicieuse et floue malgré son sens du toucher accru. Haku passaient sa langue sur son entre-jambe, le léchant et le prenant bouche, pour finalement déposer des petits baisers. Naruto était dur à cet endroit, alors que le reste de son corps était désespérément mou, abandonné au bon vouloir des deux hommes. C'était maintenant Zabuza qui goûtait la saveur de sa peau, partant de ses omoplates à ses clavicules, jouant avec son lobe d'oreille avant de simplement contempler Haku réveiller le désir charnel du maoh. Soudain, la présence de la bouche du brun quitta l'entrejambe de Naruto qui sentit le souffle du Second revenir au niveau de son oreille.

- Ton sexe est délicieux, souffla le brun, avant de prendre en main l'entrejambe de Naruto.

Le blond ne put que gémir, comme si le choc causé par les paroles prononcées par Haku s'était déjà enfui dans le lointain. Il quitta finalement le lit. Reposant comme un enfant accroché au cou de Zabuza, il se sentit transporté, alors qu'il entendait Haku chercher quelque chose au pied du lit. Alors qu'il était encore soutenu par le capitaine, il sentit ses bras être tirés au-dessus de sa tête, puis attachés à l'un des poteaux du lit. Loin de paniquer, Naruto se sentit excité par le simple contact de la corde autour de ses poignets. Zabuza le lâcha un instant, le faisant se tenir debout, avant de saisir ses jambes pour les croiser derrière son bassin. Naruto s'agrippa d'instinct, serrant le géant. Contre son propre membre, il sentait celui bien plus imposant du brun. Des mains saisirent son fessier, écartant la voie. Puis d'un coup, lui coupant le souffle, il sentit le capitaine s'engouffrer en lui, douloureusement, déchirant son corps.

- Aaah…mmm…

Des larmes coulaient de ses yeux, mouillant le bandeau qui les lui cachait, alors que la violence de ce contact retentissait encore dans sa cage thoracique. A l'intérieur de lui, il sentait cette autre présence qui déchirait son intimité, progressivement, sans bouger. Ses gémissements redoublèrent quand il sentit Zabuza commencer à se déhancher.

- Hmmmm…ahhh…Il est…

Zabuza étaient en prise avec son plaisir, ne se souciant pas du blond qui commençait à perdre connaissance, ayant trop mal pour rester éveillé. Naruto s'était entièrement contracté, subissant plus fortement la présence en lui, souffrant encore plus, ayant l'impression de devenir fou. Il sentait son propre sang couler le long de ses jambes, éclaboussant le début de ses cuisses à chaque coup porté par le capitaine dont les râles ne cessaient que pour expirer bruyamment.

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Soudain, Naruto sentit à nouveau ses bras être pris. On les lui relevait au-dessus de sa tête, collant son dos à l'un des pieds de lit. Paniquant, il tenta de se défaire de l'emprise de Zabuza, hoquetant. Ce qu'il venait de ressentir n'était que le futur qu'il avait entraperçut pendant quelques courtes secondes.

'Cela va se produire ! Non ! Non ! Non !'

Il devait empêcher la suite des évènements de se produire à nouveau. Revenant à ses esprits, il s'agita, surprenant Zabuza, et empêchant Haku de lui lier les mains.

- Pitié, pitié, non ! Pitié !

Haku regarda Naruto se débattre, parfaitement réveillé, avant de jeter un regard d'incompréhension à Zabuza qui le lui rendit. A ce moment, le maoh poussa un hurlement de peur à moitié étranglé. Zabuza n'eut que le temps de distinguer deux lumières bleues perçant à travers le bandeau du blond. Un grand fracas retentit, et il tourna son visage en direction de la porte de la chambre qui venait de voler en éclat. Le pied levé, Sasuke Uchiha se tenait sur le seuil de la porte, et entra, suivit de son second, Kotetsu, qui se stoppa net en découvrant la scène. Une fraction de seconde plus tard, une onde puissante les projetait tous sur le mur opposé au lit. Haku tomba derrière Zabuza, amortissant sa chute alors qu'il se prenait le mur en pleine tête, l'assommant. La vague ne s'arrêta pas, les plaquant contre le mur. Des ondes bleues s'échappaient du corps à moitié dévêtu du blond, grondant comme le vent violent d'une tempête. Le maoh était tombé au sol, les jambes repliées sous lui, la tête légèrement levée, le regard dirigé vers le plafond. Malgré le vent lui fouettant le visage, Sasuke en distingua assez pour comprendre les intentions qu'avaient eues les deux hommes sournois. Il se redressa, à quatre pattes, à l'aide de toute sa force, et fit face au blond qui, même derrière son bandage, semblait ne pas avoir conscience de ce qu'il faisait, s'étant juste défendu instinctivement. Le brun savait que, s'il ne le stoppait pas, le maoh pourrait mourir d'utiliser une telle puissance avec l'anneau qu'il portait à la cheville. Il s'apprêta à se relever, quand sa tête devint lourde. Chacun des quatre hommes à terre se prirent la tête dans les mains. Au fond de leur esprit, une voix s'élevait celle de Naruto.

« Toutes tes fautes ne sont que de la loyauté que tu regrettes amèrement. Mais tu n'es pas fautif, et, un jour, tu trouveras la force de le lui dire… Ne laisse pas ce qui est non-avoué détruire votre relation, car cette peur de la découverte te rongera toute ta vie. Son pardon t'attend, tu n'as qu'à lui dire ce que tu penses devoir lui dire… » Kotetsu et Zabuza grognèrent, ne comprenant pourquoi ces mots résonnaient dans leur esprit. Zabuza ouvrit un œil, constatant qu'Haku semblait lui aussi entendre quelque chose de son côté.

- Haku…murmura le capitaine, peiné.

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Plusieurs jours à avoir galopé dans la neige avaient épuisé l'enfant qu'il tenait serré contre lui sur son cheval. Zabuza savait qu'il avait peut-être fait une erreur. Avoir pris cet enfant perdu au milieu des cadavres de sa famille n'avait été qu'une pulsion, alors qu'il s'était rappelé du spectacle de sa propre famille assassinée. Il avait vu cet enfant, l'air hagard, attendant la mort comme il l'avait lui-même attendue. Mais qu'allait-il faire d'un enfant, alors qu'il arrivait à peine à survivre seul, caché, errant loin de toutes ces demeures qui prenaient feu, de tous ces cris de gens attaqués par des assassins sortant de nulle part.

- Faim…

L'enfant avait déjà prononcé ce mot une dizaine de fois, sans qu'il ne trouve le courage de lui répondre. Il avait été trop troublé pour calculer le nombre de jours écoulés. Pour revenir à son repaire, il lui restait encore un jour, peut-être deux. Mais le garçon était transit de froid. Ses lèvres étaient bleues, et ses petites mains avaient rougi.

Pourquoi s'était-il encombré de ce garçon perdu ? Zabuza ne le savait pas, pas plus que la raison qui l'avait poussé à l'embrasser comme un fils… Mais, étrangement, puisqu'il s'était attribué lui-même la tâche de le sauver, il sentait au fond de lui qu'il ne devait pas y manquer, et qu'il devrait s'occuper de l'enfant.

Quand il arriva finalement à son repaire, sa nouvelle demeure cachée dans la forêt pour échapper au regard de ces assassins qui se feraient un plaisir de terminer le travail, il paniqua. L'enfant était inconscient, et sa peau était glaciale. Des jours durant, il attisa la flamme du feu près duquel il avait déposé l'enfant emmitouflé de peaux de bêtes pour lui tenir chaud. Il n'était qu'un adolescent, pas encore tout à fait adulte, mais il avait déjà dû apprendre à chasser par lui-même pour survivre à cet hiver. Et cette rage de vivre, il la transmit à l'enfant, le nourrissant dès qu'il prenait connaissance, le faisant boire des soupes frugales dans le seul but de le réchauffer, veillant à ce qu'il n'attrape pas de fièvre.

Les jours passèrent et le garçon recouvra la santé, ne pouvant guère se déplacer, mais pouvant s'exprimer quand il en ressentait le besoin. Son sommeil maladif avait été remplacé par d'effroyables cauchemars desquels Zabuza le réveillait avant de le prendre dans ses bras pour qu'il se rendorme tranquillement.

- Je m'appelle Haku…

Zabuza n'apprit que plus tard le prénom de l'enfant. Celui-ci ne le quittait plus, dormait systématiquement avec lui, et le suivait silencieusement lorsqu'il partait chasser pour les nourrir. Il mangeait sur ses genoux, ne souriait qu'en le voyant rentrer de sa toilette, et faisait tout pour ne lui causer aucun problème. L'adolescent était touché par un tel comportement, mais également inquiet de sa promesse. Pour l'instant, il arrivait à veiller sur lui, mais serait-ce toujours le cas ? Au fond de lui, il l'espérait. Il ne voulait plus se retrouver seul. Il souhaitait que cette présence auprès de lui ne disparaisse jamais. Haku avait également apaisé ses propres nuits, et lui avait donné un interlocuteur à qui parler pour ne pas devenir fou au milieu de tous ces arbres morts.

Il ne se rappelait pas vraiment la première fois où Haku l'embrassa avant de se blottir contre lui pour dormir. Peut-être cet enfant avait pensé le geste naturel, et cela devint un rite, Zabuza n'y voyant aucune objection. Ils ne dormaient plus côte à côte mais enlacés dans les bras l'un de l'autre. Lorsqu'il se réveillait, Zabuza regardait Haku dormir, caressant ses cheveux qui poussaient à une vitesse fulgurante. A cause de sa phobie des objets tranchants, le garçon avait toujours fuit les propositions de l'adolescent de lui couper les cheveux. Il avait finalement abandonné, le laissant faire comme bon lui semblait. Ses cils étaient longs, et son visage fin. Il en ressemblait presque à une fille. Et lorsque ses yeux s'ouvraient paresseusement, ils s'éclairaient à la simple vision de Zabuza le regardant. Haku avait finit par instaurer également le rite du baiser le matin. Ils restaient tous les deux dans leur couche, profitant de la chaleur de l'autre, parlant à voix basse, et parfois, l'adolescent embrassait son compagnon d'infortune sur le front, avant de lui sourire gentiment.

Leur relation évolua, et Zabuza commença à ne plus savoir s'il vivait avec une jeune fille, ou bien le garçon qu'il avait sauvé. Son esprit s'embrouillait à cause de l'apparence d'Haku qui agissait de façon très tactile avec lui, comme un petit poussin le suivant partout, voulant tout le temps être dans ses bras. Les baisers qu'ils échangeaient n'avaient plus rien avoir avec de chastes baisers de salut, et devenaient progressivement plus approfondis, plus excitants. Lorsque leurs langues jouaient ensemble, Zabuza caressait toujours les longs cheveux d'Haku, alors que celui-ci s'accrochait à son cou. Leurs mains se promenaient, les faisant frémir sous le contact.

- Zabuza…

- Hm ?

- Est-ce-que…toi aussi…parfois, tu as envie…

Le garçon ne termina jamais sa phrase. Son regard troublé toucha Zabuza qui par réflexe l'embrassa. Ne pouvant se détacher l'un de l'autre, ils firent pour la première fois l'amour. Haku s'endormit aussitôt après, son air angélique pleinement satisfait, alors que l'adolescent le regardait, rongé par le remord. Les mois passèrent éventuellement, et, même s'il avait décidé de garder Haku auprès de lui, il n'avait absolument pas prévu que les choses tourneraient ainsi. Son visage efféminé faisait battre son cœur à tout rompre, alors que son ventre se nouait de ressentir de telles sensations.

Mais comme à chaque fois, il ne put pas résister au garçon. Ils recommencèrent deux jours plus tard. Haku souffrait, alors que lui ne pouvait s'arrêter. Il le rassurait maladroitement. Epuisés, ils s'endormirent, nus, seulement couvert d'une couverture épaisse. Zabuza se réveilla quand il sentit une lame froide contre sa gorge. Levant ses yeux apeurés, il vit un homme le contempler, méfiant.

- Avez-vous perdu votre famille, vous aussi ?

- Nos… nos familles… Nous ne sommes pas frères… balbutia-t-il.

L'homme parut surpris qu'Haku ne soit pas une fille, mais ne fit pas de commentaire. Il s'éclaircit la gorge.

- Nous avons mis fin aux batailles. Vous devez tous les deux nous suivre.

- P-Pourquoi ? Qu'allez-vous nous faire ? demanda Zabuza, protégeant Haku de son bras, craintif. Qui êtes-vous ?

- Mon nom est Fugaku Uchiha. Ne t'inquiète pas, nous sommes là pour vous aider. Suivez-nous. Vous ne pouvez pas vivre ici, livrés à vous-même.

Lorsqu'Haku se réveilla, il était dans une véritable maison, avec des murs de pierres. Dans la pièce où il se trouvait, il aperçut Zabuza, l'air songeur, assit sur un fauteuil.

- Zabuza ! s'écria le garçon.

Aussitôt, l'adolescent accourut vers lui pour le prendre dans ses bras.

- Où sommes-nous ? Pourquoi n'est-on pas à la maison ?

- Chut… Tout va bien… Des hommes nous ont sauvés, tout va bien…

- Il... Il ne va rien nous arriver ? On ne nous séparera pas ?

- Bien sur que non… Calme-toi, tout vas bien…

Haku pleura le plus silencieusement possible, s'accrochant de toutes ses forces aux vêtements de Zabuza.

- Je ne veux pas te quitter… Jamais… Je-Je t'aime…

Le garçon sentit le brun se raidir brusquement. Zabuza était choqué par les paroles d'Haku. L'aimer ? Bien sûr que non, il était son protégé. Malgré ce qu'ils avaient fait ensembles, ils ne pouvaient pas s'aimer. Ce n'était pas possible. Décrochant le garçon de son torse, il le regarda droit dans les yeux, le regard sévère.

- Ne dis pas n'importe quoi. Ce n'est pas de l'amour… Ce ne sont que des pulsions qu'on a assouvies… Ne redis jamais ça !

Brusqué, Haku laissa une dernière larme couler avant d'acquiescer, signe qu'il avait bien comprit. Retournant dans les bras de Zabuza, il s'empêcha de pleurer à nouveau, restant là, abattu. L'adolescent, lui, se sentait mal à l'aise. Non. Il n'aimerait plus jamais, parce qu'on lui avait enlevé tout ceux qu'il aimait. Et cela ne se reproduirait jamais. Il ne perdrait plus jamais quelqu'un qu'il aimait.

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L'onde s'étant légèrement affaiblie, Sasuke saisit l'occasion pour se relever et se mettre sur pieds, toujours plié en deux. Il avança prudemment, mais le blond sentit sa présence, et relâcha encore plus d'énergie, poussant un cri de douleur.

- Aaaarghhh !

Luttant contre ce courant mystérieux, l'Uchiha s'avança encore, marchant en direction de Naruto, une main devant le visage pour protéger ses yeux. Il arriva laborieusement près du blond, désemparé, totalement contrôlé par ce flot d'énergie coulant de son corps librement. Sasuke s'accroupit, avant d'avancer le buste du garçon pour le décoller du lit. Comme au premier jour, il maîtrisa le maoh, le frappant dans la nuque pour lui faire perdre connaissance. Le flot diminua, s'atténua, avant de disparaître totalement, relâchant les trois hommes encore à terre. Kotetsu avait l'air mal à l'aise, mais se releva pour faire face à Zabuza dont les yeux laissaient couler des larmes amères. Kotetsu frappa l'homme s'approchant vers lui, le mettant à terre, alors qu'Haku se dressait aussitôt entre eux, protégeant de son corps son capitaine, le regard courroucé, alors que du sang perlait sur son front.

- Vous ne toucherez pas à un seul de ses cheveux, cracha-t-il.

Une lutte verbale commença entre les deux hommes, alors que Zabuza restait au sol, en état de choc. Sasuke en profita pour trouver le pantalon du blond afin de le couvrir un peu plus. Accordant un regard au torse découvert à cause de la chemise ouverte du maoh, il remarqua que sa carrure était bien plus robuste qu'avant. Néanmoins, n'ayant pas le temps de se poser de questions, il s'empressa de défaire le bandeau du blond. Celui-ci avait les paupières fermées, alors que des larmes s'échappaient encore d'entre ses cils dorés.

En voyant la scène, Haku se tourna vers Naruto, une expression coupable vers le visage. Il souffla un rapide « merci » avant de chasser Kotetsu et l'Uchiha qui embarquait Naruto dans ses bras.

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Dans ses bras, Naruto était toujours inconscient, sa tête ricochant contre son torse. Sasuke chevauchait le plus rapidement possible pour s'éloigner de la demeure de ces deux tordus qui avaient enlevés le maoh. Ce qui l'inquiétait désormais était la disparition de Sai. Pourtant, il imaginait mal Zabuza se débarrasser du brun. Ils étaient spéciaux, utilisaient visiblement des sortilèges anciens et interdits, mais ils n'étaient pas des meurtriers. Ils avaient beaux se réjouirent de la mort des hommes de la Racine, les combats ne les intéressaient que peu en dehors du champ de bataille.

Arrivé à son manoir, il conduisit le maoh épuisé et encore un peu fiévreux dans sa chambre. Il fut surpris de constater que ce dernier était resté aussi léger, alors que cela sautait aux yeux qu'il n'était plus aussi maigre. Un doute s'installa dans son esprit : Les maohs avaient-ils la régénération si facile qu'ils reprenaient leur force musculaire en mangeant ? Cela semblait pourtant bien absurde.

- Que s'est-il passé depuis mon retour au Bastion… ?

Secouant sa tête, l'Uchiha chassa ces pensées de son esprit. Il envoya Kotetsu partir à la recherche de Sai, avant d'aller chercher un linge et une large coupelle d'eau. Il devait faire baisser la fièvre du blond s'il désirait savoir ce qu'il s'était passé. L'énergie qu'il avait employée avait dû pomper dans ses forces, alors qu'il avait besoin que le maoh reprenne connaissance pour lui expliquer la situation. Il revint bien vite à la chambre du prisonnier, et ouvrit la porte. Il tomba alors nez à nez avec le blond, debout, le front en sueur, son poignard laissé par mégarde dans la chambre en main, pointé vers son propre cœur. Des larmes coulaient à nouveau sur ses joues. En entendant l'Uchiha arriver, Naruto releva sa tête. Son regard désabusé jaugea le brun. Il ouvrit la bouche, laissant un temps de suspense.

- Un fardeau en moins pour vous, je suppose…

Puis, il esquissa le début de son mouvement, s'apprêtant à se poignarder en plein cœur. Le corps comme électrisé, Sasuke se rua sur le blond, le faisant basculer à terre pour arrêter son geste. Son cœur s'était comme stoppé, alors qu'il se retrouvait sur le blond, nez à nez avec les orbes bleus grand ouvert. Le regard du brun descendit, jusqu'à sa main, qui tenait fermement celle de l'adolescent. Le poignard s'était enfoncé profondément dans la chaire. Sasuke écarquilla les yeux, avant de constater avec soulagement que la lame s'était plantée non pas dans le cœur du blond mais en dessous, évitant ses organes vitaux. Pourtant, la seconde main du blond vint recouvrir celle de Sasuke, alors qu'il faisait pression pour déplacer le poignard.

- UhhhAAAAAAAHHHHHH

Dans la manœuvre, le blond souffrait le martyr, luttant contre la force de Sasuke. La douleur était atroce, et il ne souhaitait qu'en finir. Sasuke, lui, ne comprenait pas l'acte du garçon. Il devait trouver au plus vite quelque chose pour le distraire.

- Rend-moi mon poignard… grogna-t-il.

- Uhhhhhrrgh… A …Hmm… a quoi bon ?... C'est… Ce que vous souhaitiez…N'est-ce-pas ?

- Je ne crois pas… T'avoir autorisé à t'ôter la vie…

Sasuke réussit à reprendre la main de ce combat des millimètres gagnés. La main de Naruto fut si faible que le poignard trancha plus bas, lui arrachant une grimace de douleur. Sa tête bascula en arrière, alors qu'il retenait un cri. Ses jambes s'agitèrent. Le brun fit peser son poids sur celui du maoh pour l'empêcher de bouger.

- Abandonne… Je ne te laisserai pas mourir…

- Et si…AAAAHHH

Naruto parvint à faire remonter le poignard, l'enfonçant plus profondément encore dans son torse.

- Et si vous me… Laissiez disposer de ma vie… ?

- Ca ne tient qu'à toi… Alors ne tente pas… de disposer de ta mort… Car ça, je ne le permettrai pas !

Sous Sasuke, le blond fondit en larme, criant rageusement. Il tenta de faire basculer l'Uchiha de sur son torse, sans succès. Son regard désespéré et meurtrit plongea dans celui, sombre, du brun.

- N'avez-vous pas… tous… assez piétiné mon corps… Et ma vie… ? Quand… Uhhh…Quand en aurez-vous assez… ?

Les paroles du maoh paralysèrent Sasuke. Il était souffrant, et se battait encore farouchement pour la seule délivrance qu'il pouvait s'octroyer. Le brun savait que ces mots étaient vrais. Lui-même, ignorant tout de sa race, avait agit comme les autres, et l'aurait laissé se tuer si Shikamaru n'avait pas été là pour lui ouvrir les yeux. Sa vie avait basculé en quelques jours, et tout avait changé pour lui. Mais rien ne changeait pour le garçon qui le suppliait en gémissant de le laisser mourir. Ses plaintes et ses pleurs perturbaient l'Uchiha qui ne savait plus comment agir pour le faire s'arrêter. La douleur n'atteignait même plus le blond. Toutes ses forces l'abandonnaient, alors qu'il maudissait Sasuke, fermant amèrement les yeux pour retenir ses larmes, la gorge nouée et sèche à la fois.

Lentement, très lentement, sa main glissa de sur celle de Sasuke, pour rejoindre le sol. Pris ou dépourvu, Sasuke bougea encore le poignard, faisant s'écouler plus de sang, éclaboussant ses propres vêtements. Il regarda le maoh qui avait tourné la tête vers le côté. Douloureusement, le blond prononça ses derniers mots.

- Vous ne m'empêcherez pas… de quitter ce monde…maudit…

Le corps du blond devint inerte. Sa deuxième main, toujours autour du poignard perdit sa poigne. Les yeux furieux et désespérés de Naruto s'étaient refermés presque calmement. Sasuke ne savait même pas s'il était toujours vivant. Le bruit du galop d'au moins deux chevaux retinrent son attention. Se levant, Sasuke se claqua les joues afin de se reprendre en main. Débarquant dans le couloir en même temps qu'arrivait Sai, toute la colère de Sasuke revint en trombe. Le temps pressait, et il ne pouvait même pas se soucier de ce qu'avait bien pu faire Sai qui ne semblait pas du tout relié à l'enlèvement du maoh.

- Capitaine…Je… lança précipitamment Sai, inquiet, voyant son maître couvert de sang.

Sasuke s'approcha à grandes enjambées, les pupilles étrécies dans l'obscurité. Fermant les yeux à son approche, le Second s'attendit à être frappé, mais, à la place, l'Uchiha lui saisit fermement le bras, l'entraînant sans ménagement à sa suite. Sai le suivit, abasourdi, les yeux rivés sur ses vêtements ensanglantés, ne sachant même pas comment lui annoncer la disparition du maoh dans la nature.

- C'est…

Sai fut étonné de voir que c'était justement dans la chambre de Naruto que son maître le conduisait. Sasuke l'y jeta, le mettant face au lit. Déconcerté, Sai découvrit le blond, poings et pieds liés, un poignard planté dans le buste. Horrifié, il se tourna vers son maître, le considérant un instant. L'Uchiha comprit sa pensée, et le poussa pour le rapprocher du lit.

- Il a tenté de se suicider, expliqua-t-il, énervé.

Le second tomba au pied du lit, les poings serrés autour des draps, alors que ses yeux déversaient des larmes brûlant ses joues.

- Il ne pourra pas guérir grâce à son énergie propre. J'irai demander l'autorisation d'obtenir la clé de son fichu anneau demain. Tu t'y connais mieux que moi. Débrouille-toi pour enlever mon poignard de là. Kotetsu te racontera.

L'Uchiha sortit sans un mot de plus. A l'extérieur de la chambre, il entendit clairement Sai pleurer et s'affairer de façon paniquée. D'un geste du menton, il fit signe à Kotetsu qui était à l'extérieur d'entrer. Il marcha alors en direction de sa chambre, n'ayant pas remarqué la dernière personne présente. Devant la porte de ses appartements, son corps s'affaissa au sol. Deux mains puissantes vinrent le relever, alors qu'il apercevait le visage soucieux de Shikamaru derrière son épaule.

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Sai avait passé tout le reste de la nuit, et toute la matinée auprès du blond, sans dormir ni manger. La seule solution qu'il avait trouvée pour que la cicatrisation se fasse fut de retirer, progressivement, millimètre par millimètre, la lame du poignard, laissant la chaire du maoh guérir au fur et à mesure. Il n'avait alors qu'éponger le sang de Naruto, ruminant le récit de Kotetsu qui était reparti chez lui. A chaque fois qu'il baissait les yeux pour voir le bas de la chemise du blond mal boutonné, et son pantalon défait, il maudissait Haku et Zabuza. Ses remords le faisaient pleurer aussitôt qu'il parvenait à retenir ses sanglots.

- Je suis désolé… Naruto… Je suis désolé de ne pas avoir pu te protéger… Je t'en pris, ne meurs pas… Je suis…désolé… de n'avoir rien vu…

Sai savait que Naruto s'était rendu de lui-même pour une raison inconnue auprès des deux hommes. Il n'avait pas été enlevé. Ce n'est qu'en rassemblant ses souvenirs qu'il se souvint de détails marquants qui lui avaient échappé. Le front en sueur du blond le matin. Sa piqûre qui ne disparaissait pas alors qu'elle avait hier soir été absente sur sa peau lorsqu'il avait été retrouvé. La première rencontre avec Haku. Ses chuchotements avant de laisser partir Naruto.

Se frottant les yeux, Sai s'imagina les cernes visibles sous ses yeux. Il était épuisé, mais n'osait s'endormir. Voir le blond attaché, et ce poignard presque retiré de son corps l'effrayait. Il voulait effacer cette nuit de sa tête, comme un mauvais souvenir, mais il s'en voulait trop pour ça. Pleurant de plus belle, il ne put que poser sa tête sur le lit, près de la main de Naruto, le regard rivé sur le poignard, près à le retirer une bonne fois pour toute.

Un peu plus loin, Shikamaru qui avait eu le temps de s'entretenir également avec Kotetsu avant son départ, tenait compagnie à un Sasuke bouleversé. Jamais il n'avait vu son ami aussi perdu. Le brun n'avait pas dormi de la nuit, restant un long moment dans les bras du stratège, le regard perdu dans le vague. Midi approchait, et son expression n'avait pas changé. Pour une fois, le Nara était incapable de saisir ce à quoi pensait quelqu'un. Sasuke était une tombe qui semblait ruminer plusieurs choses à la fois. Il doutait que le seul fait que le maoh ai manqué de se faire violer puis de se suicider était les seuls évènements hantant le visage du brun comme une ombre sinistre qui recouvrait ses yeux d'habitudes si fiers et si confiants.

- Sasuke…

Aucune réponse. Shikamaru posa sa main sur l'épaule de son ami, le secouant gentiment.

- Me diras-tu pourquoi tu as décidé de sauver Naruto hier soir ?

Les lèvres de Sasuke tremblèrent légèrement. Il regarda les yeux grands ouverts Shikamaru, tournant sa tête lentement, comme un zombie. Il sembla se réveiller, cligna des yeux, et regarda plus sérieusement le Nara. Son regard était grave. Il avait quelque chose à annoncer au Nara, et celui-ci l'écouterait sans rien dire, prenant comme à chaque fois le temps d'analyser la situation sans juger.

- Shikamaru… Il m'a…

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Bonjour !

Un nouveau chapitre d'Ange Déchu, yay ! J'ai trouvé un moyen de contourner le système pour poster mes chapitres plus facilement: le classique changement de navigateur hahaha !

Que vont devenir Haku et Zabuza ?

Quel secret Kotetsu cache-t-il ?

Qu'on entendu Sasuke et Haku dans leur tête ?

En réponse au commentaire d'Une inconnue: Ce n'est peut-être pas évident à deviner, mais l'ANBU a déjà eu faire à des maohs, en a tué. La différence, c'est que Sasuke a réussi à en capturer un, chose que ses prédécesseurs n'avaient même pas envisagé. De plus, si l'on prend en compte les conditions de captivités de Sakura et Gaara, alors Naruto devait être aussi mal en point en quittant la Racine. Dernier point, lorsqu'il est sous l'influence du sceau, il ne réfléchit pas, il n'est qu'un instinct meurtrier, alors il peut se faire berner, bien sûr. Mais le point principale reste que Sasuke est un très bon guerrier :)

En réponse au commentaire de Guest: Vraiment ? Guest ? Hahaha je plaisante, j'ai usé des pseudos comme ça lorsque je n'étais pas encore inscrite. :P Aww tu aurais dû partager tes prédictions avec moiiiii :P (Et je viens tout juste de décider du sort d'Ino xD) Shikamaru et Neji sont littéralement un accident de parcours. Mais un accident que j'aime beaucoup au final ^^" Merci d'avoir laissé un mot, ça me touche ! Plein de bonheur et toute ma reconnaissance :3

A la prochaine !