Bonjour, bonjour =] Je tenais juste à mettre au clair quelques points... Vous n'êtes sans doute pas très nombreux à l'avoir remarqué, mais j'ai changé un nombre incalculable de fois les personnages principaux et le résumé de l'histoire.

Pourquoi? A cause de la limite du nombre de caractères qui me bloque dans la rédaction du résumé... Je ne suis jamais satisfaite, mais je ferai de mon mieux pour en trouver un correct, représentatif et définitif =)

Concernant les perso, vous avez eu droit à "Fred & OC" , "OC uniquement" "OC & Voldemort". Bon, autant être claire : Les trois sont des personnages principaux x) Que ceux qui sont venus lire à cause de Fred soient rassurés, ce n'est pas parce qu'il n'est plus

inscrit qu'il ne joue aucun rôle, loin de là. Voilà. J'étais indécise au départ, et ça m'a fait faire un peu n'importe quoi. Excusez mon manque de préparation... Je remercie tous ceux qui sont parvenus jusqu'ici (et tous les autres, même s'ils ne le verront pas ^^).

Merci pour votre passage, et bonne lecture! xP


Chapitre 11 - Conflits Internes


« Le souvenir est le parfum de l'âme »

- G. Sand


« Papa, tu dors? Pourquoi tu dors? T'as dit que tu venais me chercher… »

J'attrapai fébrilement son bras et le secouai, refoulant avec peine les larmes de terreur qui encombraient mon champ de vision. Je reniflai bruyamment et, le menton tremblant, je déviai mon regard vers le corps inanimé de ma mère. Je déglutis tout en l'appelant d'une voix timide :

« Maman…Pourquoi tu dors, toi aussi? C'est à cause du sort que le monsieur t'a jeté? Tu peux pas te réveiller, maintenant? »

J'attrapai sa main pour lui faire reprendre conscience mais retirai aussitôt mes doigts, comme si je m'étais brulée au contact de sa peau. Je battis rapidement des paupières dans un tic nerveux et sentis mon cœur se serrer quand je réalisai à quel point elle était froide. Un sanglot m'échappa et je piquai une véritable crise de nerfs :

« Maman, réveille-toi, tout de suite, ou je t'écouterai plus jamais! Je ferai plein de bêtises et je mangerai plus mes légumes! »

Mes gestes se firent plus violents et, sans m'en rendre compte, je commençai à les marteler de coups.

« Papa, s'il te plait! Je te dirai plus que tu as un gros ventre… Promis. »

Voyant qu'aucun d'eux ne réagissait, je commençai à angoisser. Je balayai la pièce du regard, espérant trouver un moyen quelconque pour arranger la situation et mes yeux se posèrent par automatisme sur la baguette de mon père qui avait été projetée un peu plus loin. Le cœur battant, je m'élançai vers elle, trébuchant à maintes reprises et l'attrapai entre mes doigts avec précaution. Je la fixai les yeux exorbités, sachant pertinemment qu'on m'avait toujours formellement interdit de l'utiliser et que, de toute manière, je n'étais sans doute pas capable de faire quoi que ce soit avec un tel objet à part bruler la maison ou autre atrocité du même genre. Le cœur au bord des lèvres, je la levai légèrement et, sans me soucier de rien, je la secouai violemment. Les sourcils froncés, j'attendais qu'un miracle se produise, sans succès bien évidemment. Au bout de multiples essais qui n'avaient aboutit qu'à de lamentables échecs, je tombai à genoux. Dans un ultime espoir, j'appelais la seule personne en qui j'avais encore confiance. Je criai à m'en déchirer les tympans :

« Papy! Maman et Papa se réveillent pas! Faut que tu viennes! S'il te plait! Je sais pas comment ça marche pour te faire venir… Mais viens quand même! S'il te plait… S'il te p… »

Des étincelles rouges crépitèrent du bout de la baguette, me faisant m'interrompre avec surprise. Je retins ma respiration, par peur que cette dernière fasse s'éteindre l'étrange lueur qui émanait progressivement de l'objet. Je fixai sans ciller les étincelles se condenser en une sphère étincelante et j'hoquetai lorsque celle-ci se précipita vers la porte d'entrée qui était toujours entrouverte. Les yeux rouges et bouffis, je m'élançai à sa poursuite tout en m'exclamant à son encontre :

« Attends-moi! Je sais pas comment ça marche! »

Je poussai violemment la porte afin de la pourchasser et m'arrêtai sur le seuil.

« Zut. Je la vois plus… »

Je regardai autour de moi, pleine d'espoir, mais il était trop tard. Je soupirai, soudainement entourée par un silence effrayant. La réalité me frappa de plein fouet : j'étais seule. Abandonnée de tous.

Je relâchai la baguette qui tomba au sol dans un faible cliquetis qui me parut assourdissant et je restai là, immobile, les yeux plongés dans le néant. Perdue dans l'immensité de ma solitude.

Les larmes s'écoulèrent, témoignant de mon malaise et je me recroquevillai en position fœtale contre le parquet. Je fermai mes yeux, ôtant de ma vue une scène bien trop insupportable et ignorai le monde m'entourant.

Les heures s'écoulèrent…

Un cri d'effroi me réveilla de ma torpeur et je sursautai, blême de terreur. Les yeux grands ouverts, j'eus le temps d'apercevoir une silhouette élancée se précipiter vers moi et la sentis me prendre dans ses bras. Instantanément, je l'identifiai et poussai un cri déchirant.

« Papy! J'arrive pas à les réveiller… J'ai essayé, je te le jure! Mais ça marche pas… J'ai pris la baguette de papa… Je sais que c'est pas bien, mais je savais pas… Je savais pas comment ça marche… C'est pas de ma faute, promis. J'ai rien fait! C'est un vilain monsieur qui a lancé un sort. »

Sa main caressa affectueusement mes cheveux et il se détacha de moi, les sourcils froncés, l'air plus sérieux que jamais. Je me fis toute petite, impressionnée. Si j'avais espéré un sourire de sa part, je m'étais trompée. Un voile brillant recouvra bientôt ses prunelles et je ne tardai pas à l'imiter, comme en proie à une étrange épidémie. Je le fixai douloureusement tandis qu'il essuyait silencieusement mes joues. Il ouvrit sa bouche, puis la referma, comme s'il valait mieux de pas me dire ce qu'il avait en tête. Il soupira longuement et je gardai mes yeux posés sur lui, attendant qu'il se décide enfin à parler. Il se décida après de lourdes secondes d'attente, et ancra ses prunelles dans les miennes. J'y décelai sans problème une douleur infinie, et je me retrouvai bientôt à trembler. Dans un murmure lointain, il me souffla :

« Serena… Prends ma main, s'il te plait. »

Je lui lançai un regard curieux mais obéis sans attendre. Ses doigts se refermèrent autour des miens avec une pression étrangement réconfortante et je lui fis un petit sourire. Ses lèvres frémirent, comme si elles avaient voulu y répondre, mais il ne se départit pas de son air sérieux. Mon sourire partit rapidement en fumée lorsqu'il commença d'une voix fébrile :

« Ecoute-moi bien… »

Je le sentis se tendre.

« …Tu te souviens de l'histoire que je te racontais l'autre jour? »

Je tentai :

« Sur le Pays des Rêves? »

Il hocha la tête et je m'émerveillai.

« L'endroit où on peut avoir tout ce qu'on veut? »

Il confirma une nouvelle fois et reprit d'une voix plus calme :

« Maman et Papa sont allés là-bas. »

Je l'interrogeai, vivement intéressée :

« Mais pourquoi quand moi je dors je peux jamais y aller? »

Il m'adressa un faible sourire et je ne pus m'empêcher de rosir de plaisir. Il me fournit la réponse d'un ton décontracté qui me rassura :

« C'est à cause du sort qui leur a été jeté. C'était une erreur… Je ne sais pas comment cet homme s'y est prit, mais c'est là qu'il les a envoyé ».

Mon visage s'illumina.

« Tu es sûr? »

Il hocha la tête et relâcha ma main, avant de m'attraper les épaules pour me placer bien en face de lui.

« Maman et Papa sont très heureux dans ce pays… Ils veulent rester là-bas. »

Je clignai des yeux sans répondre. Il insista :

« Est-ce que tu comprends ce que je veux dire? »

Je baissai la tête et fis la moue, vexée. Je ronchonnai :

« Ils vont dormir très longtemps… Mais Papy! »

Je relevai mes yeux vers lui, pleine d'espoir.

« …Moi aussi je veux y aller. Tu peux pas essayer de m'y emmener, dis? S'il te plait! Je serai sage… »

Il réprima un petit rire soulagé et m'ébouriffa joyeusement les cheveux.

« Si un jour je trouve le moyen d'accéder à ce monde où tout est possible… Je promets de t'emmener avec moi »

Je me levai brusquement et lui sautai dessus avec tant de vigueur qu'il failli tomber au sol.

« Merci, merci, merci! Tu oublieras pas, dis? Note le sur un bout de parchemin! Comme ça on est sur… »

Il me tapota doucement le dos et je me lovai contre lui, heureuse.

« Oui, oui, ne t'en fais pas… »

Je l'entendis renifler mais j'étais bien trop enthousiaste pour m'en formaliser. Il me demanda d'une voix enjouée mais légèrement tremblante :

« Dis moi. Cette petite sphère lumineuse qui est venue vrombir dans mes oreilles jusqu'à ce que je me décide enfin à la suivre… C'était de toi, n'est-ce pas? »

Mes yeux s'agrandirent et je me détachai vivement de son étreinte.

« Elle est venue te voir? Pour de vrai? Je la voyais plus alors je croyais que ça marchait p… »

Je m'interrompis brusquement lorsque je réalisai que ses yeux étaient rougis et légèrement gonflés. Il baissa rapidement sa tête, mais il était trop tard. Inquiète, je lui murmurai :

« Tu pleures? »


Une violente claque projeta ma tête sur le côté et j'heurtai violemment le sol. Déboussolée, je relevai les yeux et rencontrai l'aura meurtrière du sorcier blond que j'avais croisé précédemment. Je passai ma main sur ma joue encore humide qu'il avait frappée sans hésiter et tentai de me concentrer. La potion était d'une puissance inouïe… En plus de m'aider à retrouver certains souvenirs, elle renforçait tant leur clarté que j'avais eu l'impression de revivre l'instant. J'en frissonnais…

Je n'eus pas le temps de faire le point sur ce qu'il s'était passé que, déjà, il m'attrapait le bras pour me relever. Il me remit sur pied sans aucun tact et me jaugea du regard. Il m'interrogea d'une voix sèche et méprisante :

- Alors, est-ce que tu te souviens de quelque chose?

Je restai silencieuse, méfiante. Il ne lui en fallut pas plus pour se révolter et je sursautai lorsque son poing vint heurter le mur dans un craquement sinistre. Il s'époumona :

- Dépêche-toi de me répondre! J'ai assez perdu de temps avec toi! Te souviens-tu de quelque chose concernant ces deux dernières années?

Je me recroquevillai légèrement. Désarmée, sans personne pour m'aider, je savais que lui tenir tête était la dernière chose à faire si je voulais rester en vie. J'hochai négativement la tête, sans le regarder. Je lui révélai d'une voix hachée :

- Non… C'était… un souvenir de mon enfance.

D'un ton venimeux, il cracha :

- Comme c'est touchant. Mais inutile, vois-tu.

Je lui lançai un rapide coup d'œil et me pétrifiai. Un rictus mauvais s'empara de ses lèvres tandis qu'il pointait sa baguette sur moi. Horrifiée, je bégayai :

- Qu'est-ce que… Vous allez faire?

Il ne cacha pas son euphorie et éclata d'un rire sadique qui me fit froid dans le dos.

- Le Seigneur des Ténèbres a d'autres choses à faire que d'attendre patiemment que tu te souviennes. Etant donné que la potion n'agit que lorsque tu es inconsciente… C'est ici que j'interviens.

Mon cœur alourdit par la douleur pulsa violement et je pris une position défensive ridicule qui ne me servait pourtant strictement à rien dans un monde où la magie faisait partie du quotidien. Le Mangemort ne se priva pas et se moqua ouvertement de mon attitude :

- Tu es vraiment idiote, finalement. Je ne vois pas pourquoi le Maître s'embête à te récupérer. A sa place, je t'aurais déjà tuée.

Ses paroles me firent l'effet d'une douche froide, et je frissonnai.

- Assez perdu de temps. Tu diras bonjour à Morphée de ma part.

Sachant pertinemment que je n'avais aucun moyen de lui échapper, je fermai mes yeux et priai pour que sa méthode soit douce. A croire que je n'avais toujours pas compris la leçon…

- Endoloris!

Sous le choc, mes yeux s'ouvrirent et je tombai à genoux, poussant un cri d'agonie. Mes propres hurlements me brisaient les tympans, mais je ne pouvais les retenir. Des larmes de douleur m'échappèrent et, sans m'en rendre compte, je commençai à le supplier d'arrêter. Il refusa avec une satisfaction évidente :

- Certainement pas. Je vais continuer jusqu'à ce que tu ne puisses plus le supporter… J'espère pour toi que tu n'es pas très résistante, ou bien notre petit jeu risque de nous prendre bien plus que la journée.

- Pitié! Je ferai tout ce que vous voudrez!

- Je ne suis pas intéressé.

Le second Doloris fusa et ma souffrance redoubla d'intensité. Des étoiles dansèrent devant mes yeux et j'eus l'impression terrifiante que l'on arrachait mon âme à mon enveloppe corporelle. J'hoquetai et tombai comme une masse contre le sol.


Etalée sur le canapé, je dégustai joyeusement une boîte de dragées surprise de Bertie Crochue, suivant du regard la serpillère qui nettoyait d'elle-même le sol du salon. Envieuse de pouvoir moi aussi un jour apprécier les joies de la magie, je décidai de mettre mon plan à exécution. Je soupirai avec force pour être sûre d'être entendue puis tendis l'oreille. Des bruits de pas me parvinrent et je cachai tant bien que mal mon sourire. Il arriva à mon niveau et se pencha vers moi, sa longue barbe chatouillant mon visage.

« Papy, recule, ta barbe m'embête! »

Il me fit un sourire d'excuse et se laissa tomber dans le fauteuil le plus proche.

« Je t'ai entendu soupirer. Qu'est-ce qu'il t'arrive? »

Je me redressai, pleine d'espoir et fit mine d'être déprimée. Je lui adressai mon regard de chien battu le plus convainquant et soufflai tristement :

« Je m'ennuie… »

Il haussa ses sourcils et remonta ses lunettes en demies lunes sur son nez dans un automatisme que je lui connaissais parfaitement. Les paroles fusèrent, exactement comme je l'avais prévu :

« Peut-être pourrais-je y remédier? »

Je m'enflammai et rouge d'enthousiasme, je m'exclamai :

« Oui, tu le peux! Je sais que tu le peux! »

Il ne cacha pas sa surprise et, sans attendre, je pointai un doigt vers l'une des poches de sa robe. Il tenta :

« Ma baguette? »

J'hochai la tête si vite que j'en eus le tournis, mais j'étais bien trop excitée pour y prêter attention. Je pris un ton suppliant :

« Tu pourrais me laisser… Tu sais… »

Il soupira.

« …en acheter une, je suppose? »

« Oui! »

« C'est hors de question. »

Je ronchonnai, déçue :

« Pourquoi? »

Il se redressa, l'air sérieux.

« Tu n'as pas encore l'âge, Serena. »

Je me révoltai, animée par mon désir de pratiquer la magie.

« Mais j'aurais 11 ans dans 10 mois! »

Borné, il ne céda pas.

« C'est 10 mois trop tôt… Tu le sais. Et de toute manière, tu n'aurais pas le droit d'utiliser la Magie comme tu le désires avant d'être majeure. Je t'ai déjà expliqué les règles de notre Monde. »

« Mais Papy… »

Il se leva et se détourna de moi, impassible.

« C'est un non, Serena, et il est définitif. »

« Pffft… »

Je relevai mon menton d'un air faussement fier et fit mine de l'ignorer. J'eus du mal à ne pas tiquer lorsqu'il se retourna vers moi, un demi-sourire affiché sur son visage.

« Allons, tu peux bien pardonner le vieil homme que je suis… »

J'en oubliais momentanément mes intentions et m'exclamai :

« N'importe quoi! T'es pas vieux! »

« Si j'étais un Moldu, je peux t'assurer que j'aurai actuellement l'air totalement différent »

J'insistai :

« Je m'en fiche, je t'aimerai quand même, même si tu es tout ridé… »

Il éclata de rire, une lueur chaleureuse résidant au sein de ses iris. Instantanément, je me sentis fondre et me laissai emporter dans un véritable fou rire libérateur.

Nous fûmes malheureusement interrompus par un bruit d'explosion provenant de la cheminée. Je fis volte face et retins un hoquet de frayeur lorsqu'un visage se forma dans les braises. Je jetai un regard en biais à mon grand-père qui n'était pas le moins surpris du monde par ce genre d'intervention, et en déduis que je pouvais me détendre. Je pris néanmoins garde de rester suffisamment à distance et sursautai lorsque la voix de la femme résonna dans la pièce.

« Mr le Directeur, pardonnez mon intrusion, mais nous avons un problème au château. Sachez que je suis vraiment gênée de demander votre aide alors que les cours ne commenceront que dans quelques mois, mais vous êtes le seul que j'ai réussi à contacter jusqu'à maintenant, et je suis épuisée... »

Il hocha sa main.

« Ne vous en faites pas, Septima. Il est de mon devoir d'assurer la sécurité de cette Ecole, il est donc naturel que vous m'ayez contacté… Retournez là-bas, je vous rejoins dès que possible. »

Je les regardai à tour de rôle, intriguée, et fis un bond lorsque le visage de la sorcière disparut, comme engloutit par les flammes. Je déglutis, déstabilisée par ce revirement de situation. Timidement, je demandai :

« Qu'est-ce qu'il se passe? C'est grave, tu crois? Est-ce que je peux venir? »

Il se tendit légèrement puis refusa net.

« Je suis navré, Serena, mais je ne peux pas t'emmener. Je ne suis pas sur que la situation soit sans danger et je ne désire pas prendre de risque. Je sais que tu peux me comprendre… »

Légèrement blessée, je montai d'un ton :

« Mais personne ne peut me voir, de toute façon! Qu'est-ce que ça change? »

« C'est justement parce que tu es invisible aux yeux des autres que tu seras en sécurité, ici. »

Je déviai mon regard, agacée.

« Si déjà tu ne veux pas lever le sortilège de Fidelitas avant mes 11 ans, pourquoi je ne peux pas profiter de ma situation? »

« A Poudlard, n'importe quel sortilège peut te toucher. Un objet ensorcelé peut te nuire, même si les autres ne te voient pas… Ta situation te protège peut-être du reste du monde, mais pas de la Magie en elle-même. Tu comprends ce que je veux dire? »

J'hochai silencieusement la tête mais continuai cependant :

« Pourquoi est-ce que j'ai besoin d'être protégée, d'abord? »

Il soupira et me força à m'assoir à ses côtés. Je l'écoutai avec une attention grandissante.

« Je suis pressé, donc je vais devoir faire court… Mais promis, à mon retour, je t'expliquerai tout en détails. »

Il s'interrompit quelques secondes, puis reprit :

« Pour résumer, j'ai connu quelqu'un qui a désormais mal tourné… Très mal tourné. Et j'ai toutes les raisons de penser qu'il me considère comme un obstacle à son ascension… Etant directement liée à moi, ma famille serait une cible de choix. Tes parents en sont la preuve… »

Je déglutis difficilement, me remémorant le jour où j'avais appris la vérité. Il poursuivit, sa voix devenant un murmure :

« Nous étions tous trois conscients que tu serais un nom supplémentaire sur sa liste s'il venait à connaître ton existence… Tes parents refusaient de se soumettre à un tel sortilège. Ils désiraient se battre, et je ne pouvais me résoudre à les forcer. En revanche, tu venais tout juste de naître. Tu étais inoffensive, impuissante… Nous ne cherchions qu'à te protéger. Et je refuse de lever le sortilège tant que tu ne seras pas en mesure de te défendre. Tu ne commenceras à pratiquer la magie que lorsque tu entreras à Poudlard, l'an prochain. D'ici là, ta sécurité passe avant tout. »

Je restai silencieuse, ne sachant pas quoi lui répondre. J'arrivai à le comprendre… en partie. Il me tapota l'épaule dans un geste réconfortant et me sourit faiblement.

« C'est pour ton bien, je t'assure. »

Je fis la moue, confuse, et le laissai me prendre dans ses bras sans rechigner.

« Je sais que c'est un peu dur à assimiler… On en reparlera à mon retour, d'accord? »

A contrecœur, j'acceptai.

« D'accord… Mais qu'est-ce que je vais faire en attendant? »

« J'ai quelque chose qui saura t'occuper, je pense… »

L'air clairement amusé, il sortit un petit paquet de sa poche et me le tendit. Il était emballé dans un papier brillant et tape-à-l'œil qui me donnait à lui seul envie d'ouvrir le présent. Je lui jetai un regard interrogateur.

« Qu'est-ce que c'est? »

« J'avais prévu de te l'offrir pour Noël, mais comme tu as été sage, considère ceci comme un gage de mon affection. »

Sournoise, je lui demandai d'un air faussement vexé :

« ça veut dire que je n'aurais rien à Noël? »

Il me fit un clin d'œil amical.

« Certainement pas. J'aurai simplement besoin de te trouver un plus gros cadeau, d'ici là »

Rouge de plaisir, je le pris dans mes bras.

« Merci, merci, merci! T'es vraiment le meilleur! »

Il rosit légèrement, clairement touché par ma remarque, et me serra doucement le bras.

« Je reviens très vite… »

Il fit demi-tour et entra dans la cheminée. Avec un air béat, je l'observai prendre de la poudre de Cheminette et la jeter dans le feu. Il s'exclama d'une voix forte :

« Poudlard, Bureau du Directeur! »

J'eus tout juste le temps de lui faire un signe de la main avant qu'il ne disparaisse, me laissant seule avec mon cadeau. Toute contente, je me laissai tomber sur le canapé sur lequel j'avais été assise précédemment et ouvris avec avidité le paquet. Des étoiles dans les yeux, je sortis avec délicatesse l'objet de son emballage et le laissai tomber dans ma paume.

Je fixai avec fierté le S gravé sur le devant du médaillon et m'émerveillai lorsque je réussis à l'ouvrir. Amusée par la photo animée qui se trouvait à l'intérieur, je ne pus m'empêcher d'éclater de rire. Heureuse, j'attachai le bijou autour de mon cou et me précipitai vers le miroir accroché dans le couloir menant à la porte d'entrée pour vérifier que tout était en ordre.

Ravie, je restai là, à contempler mon reflet. Frôlant ma nouvelle trouvaille du bout des doigts, j'adressai un clin d'œil à mon double et éclatai une nouvelle fois de rire. La photo ne faisait pas que me divertir, elle me rassurait. Un peu comme s'il était toujours prêt de moi…

Plongée dans ma bulle, je virevoltai maladroitement devant la glace, bien contente que personne ne puisse me voir. Ce n'était pas le genre de comportement que j'adoptais quand j'avais de la compagnie, c'était certain. Mais comme j'étais seule…

« Seule? Dis donc, tes pensées débordent, ma mignonne. »

Mon rire se coinça dans ma gorge et je fis volte face. Horrifiée, je réalisai que la porte d'entrée était ouverte, une silhouette encapuchonnée se tenant dans son embrasure. Lorsque l'inconnu ne se gêna pas le moins du monde pour entrer à sa guise et qu'il pointa sa baguette sur moi, je poussai un cri strident.

« C'est pas possible! Tu peux pas me voir! »

Il ricana.

« Oh? Explique-moi cet étrange phénomène, dans ce cas… Peut-être ai-je un don pour voir les choses invisibles? »

Je reculai vivement, paniquée. Sur la défensive, je ripostai, tout en bégayant :

« Tu… Tu dis.. N… n'importe quoi… Tu peux pas me voir… »

Clairement agacé, il esquissa un pas dans ma direction, menaçant.

« Oh que si, je le peux. Et je le dois à ce cher Evan Rosier… »

Un éclat de folie luisit dans ses prunelles et il sembla se délecter de ses paroles :

« Nous avons attendu si longtemps… Guettant durant 5 pénibles années le moment propice pour révéler cette information au Maître et remonter dans son estime… »

Cherchant à gagner du temps comme je le pouvais, je tentai de jouer les intéressées :

« Pourquoi tu lui as pas dit toute de suite? »

Il me jeta un coup d'œil dédaigneux.

« Tu vas mourir d'ici quelques minutes, de toute manière, et comme tu es si jeune… Considère mes explications comme ta récompense. »

Emporté par la satisfaction de sa victoire, l'homme se perdit dans un discours passionné, et j'en profitai pour jeter un coup d'œil rapide vers la cheminée :

« Lorsque Rosier a découvert ton existence, c'était comme si l'occasion de se racheter de ses erreurs lui avait été offerte sur un plateau d'argent… Nous étions fourrés dans le même pétrin, lui et moi. Il m'a donc fait part de son secret. Nous nous sommes mis d'accord pour ne rien révéler au Maître avant d'être sûr que le moment soit idéal et nous ferait bénéficier des plus grands avantages. Et quelle meilleure occasion que le jour où le Seigneur des Ténèbres désigne et récompense ses plus fidèles partisans? Tous les 5 ans, le Maître choisit ceux qui restent et ceux qui mourront de sa main. Un véritable chamboulement de la hiérarchie… Il ignore encore aujourd'hui que nous lui avons caché ton existence durant tout ce temps. »

Il croisa ses bras sur son torse et s'adressa à moi sans vraiment attendre de réponse :

« Le plan idéal, ne penses-tu pas? »

Je restai silencieuse, n'ayant de toute manière absolument rien suivi à son raisonnement, et commençai à m'agiter, nerveuse. Il avait clairement finit ce qu'il avait à dire…

« Et comment, que j'ai terminé. »

Il releva sa baguette et son visage se fit dur.

« Je n'avais pas l'intention de tuer d'enfant, mais disons que tu es une exception… »

Je joignis mes mains devant moi en un signe de prière et le suppliai :

« S'il te plait… Je n'ai rien fait de mal. Je ne t'embêterai pas, c'est juré. »

Son regard se voila.

« Inutile de jouer les martyrs. J'ai reçu un ordre, je ne peux pas faire autrement. »

Sans le réaliser, je me laissai tomber à ses pieds et m'agrippai désespérément au bas de sa robe.

« S'il te plait… Je ne veux pas mourir. Je n'ai même pas encore fait de magie. Je suis jamais allée à l'Ecole… S'il te plait. »

Je n'aurais su dire si ce n'était que mon imagination, mais son regard sembla s'adoucir. Folle d'inquiétude, je m'acharnai :

« Je veux pas mourir. Pas déjà… J'ai que 10 ans, moi! »

Il tenta de se dégager mais je restai accrochée de toute mes forces à ses vêtements. Désespérée, je m'époumonai :

« PITIE! »

Il cessa soudainement toute résistance, comme si mon cri l'avait giflé au passage. Je relevai mes yeux vers lui, pleine d'espoir. Timidement, je fis une dernière tentative :

« Je suis sure que tu es gentil, en fait. Tu ne veux pas me tuer… »

Il me lança un regard vide et resta quelques instants silencieux. Je sentis mon cœur se contracter douloureusement lorsqu'il me releva soudainement. Ebahie, je le regardai pointer sa baguette vers le sol.

« Qu'est-ce que… tu fais? »

« Tais toi, je me concentre. »

Je refermai ma bouche et patientai, attentive. Une fumée noire sortit du bout de sa baguette et glissa vers le sol, avant de se condenser progressivement pour prendre la forme d'une silhouette humaine de petite taille. Stupéfaite, je vis les contours de son visage se préciser. La fumée devenait chaire, le sort devenait réalité. Une boule dans le ventre, je réalisai avec horreur qu'une copie de moi-même était en train de se former. Lorsque même les vêtements que je portais furent soigneusement imités, l'homme releva sa baguette, essoufflé. Je le dévisageai, bouche bée, et il me répondit par un petit sourire mesquin.

« La magie noire t'aura sauvée, petite… Je me demande si tu t'en rends compte… »

J'ignorai sa remarque, bien trop déstabilisée par mon double qui était allongé sur le sol, pâle et inerte. Totalement perdue, je ne luttai pas lorsqu'il attrapa ma main et me tira vers la sortie. Ce ne fut que lorsque je passai le seuil de la porte que je repris contenance. Je résistai, les pieds fermement cloués au sol. Le sorcier me jeta un regard noir.

« Si déjà je te sauve la vie, tu pourrais au moins te résigner à me suivre. »

Bornée, je rétorquai :

« Non, je n'en ai pas envie. Je reste ici! »

Il ouvrit sa bouche comme pour riposter mais fut interrompu par un hurlement déchirant qui provenait de l'intérieur de la maison. Reconnaissant instantanément sa voix, je fis volte face, prête à retourner prêt de lui. Le temps d'ouvrir ma bouche pour l'appeler n'avait malheureusement pas été suffisant. Un sortilège me frappa de plein fouet dans le dos.

« Oubliettes! »

Je battis des paupières avec lenteur, ma vue soudainement brouillée, et je me sentis sombrer, un chuchotement résonnant à mes oreilles.

« C'est pour ton bien, petite. Appartenir à la famille Dumbledore causerait ta perte. Oublie tout, ça vaudra mieux. Oublie ce monde… Oublie qui tu es… Et sois heureuse. »


- Alors, cette fois-ci, qu'en est-il?

Son timbre sec et désagréable m'arracha une grimace. Le retour avec la réalité était bien trop brutal pour que je puisse réfléchir de façon correcte. Ne pouvait-il pas me laisser quelques secondes de répits? Mes souvenirs étaient déjà assez durs à digérer comme ça, pourquoi ne pouvait-il pas me laisser souffler?

- J'attends.

J'attrapai ma tête entre mes mains et soufflai avec difficulté :

- Qu'est-ce que ça change, de toute manière? Me souvenir ne veut pas dire que je vais redevenir comme j'étais ces deux dernières années.

- C'est pourtant ce que pense le Maître. Du moins en partie.

Sa révélation me fit le même effet que si un bloc de glace m'était tombé sur le sommet du crâne. Je relevai brusquement la tête, effarée, et l'aperçus adossé contre le mur.

- Qu'est-ce que vous racontez?

Il répondit d'une voix monocorde, comme si la conversation l'ennuyait fermement.

- Ce que tu as fait ces deux dernières années était certes à cause de l'influence que le Seigneur des Ténèbres avait sur toi, mais ce n'est pas la seule raison.

- Je ne comprends pas.

Il ne cacha pas son sourire.

- Le contraire m'aurait étonné.

Je me crispai, agacée par son attitude, mais ne fit aucun commentaire. Je savais très bien que je ne faisais pas le poids contre lui. Il poursuivit avec une certaine avidité qui me mit mal à l'aise :

- Inversons les rôles… Potter, par exemple, se fait posséder à ta place. Je peux t'assurer avec une quasi certitude que la situation aurait été totalement différente.

- Je ne vois pas en quoi…

Il se redressa et s'avança vers moi, me faisant désagréablement penser à un prédateur. J'évitai son regard par automatisme et fixai avec une attention feinte le vase qui se trouvait exposé dans la pièce. Lorsqu'il arriva à ma hauteur, je me perdis dans la contemplation de la tapisserie. Il me chuchota avec délectation :

- La différence entre Potter et toi est pourtant évidente. Potter est un Saint, il ne peut pas faire de magie noire. Alors que toi… Ton cœur l'accueille sans lutter.

Je niai :

- C'est faux. N'importe qui est capable de lancer l'un des 3 Sortilèges Impardonnables.

Il sourit, clairement amusé par mon incompréhension.

- Qui a dit que je parlais de ça? Je te parle de vraie magie noire, ma chère. Celle qui dépasse l'entendement et que même le temps ne peut contrer. Celle qui permet de rendre possible l'irréalisable et qui défit les lois de la nature… Celle que seules les personnes fondamentalement mauvaises ou en passe de le devenir peuvent utiliser.

Il se passa une main dans ses cheveux, comme pour montrer sa supériorité.

- Des personnes comme moi. Le Seigneur des Ténèbres, bien évidemment… Et toi.

Mon visage se décomposa. Ce qu'il racontait n'avait strictement aucun sens à mes yeux.

- Je ne suis pas mauvaise!

- Mais tu le seras au bout du compte. C'est du moins ce que le Maître croit…

- Vous racontez n'importe quoi.

- Absurde, n'est-ce pas? Cela a bien évidemment été une véritable surprise pour nous tous… Et facilite amplement la tâche qui te sera confiée.

Je tiquai.

- Quelle tâche?

Son regard se fit dur et il ignora ma question.

- Assez bavardé pour aujourd'hui, il est temps d'avancer. Espérons que cette fois sera la bonne... Si tu ne t'es pas souvenue de la moindre petite chose de ton séjour avec nous d'ici ce soir, je suis un homme mort.

Il s'apprêtait à lever sa baguette lorsqu'on toqua à la porte. La mine clairement frustrée, il se dirigea d'un pas lourd vers la porte et l'ouvrit à la volée, furieux.

- C'est pour quoi, cette fois? Je suis occup…

Il s'interrompit, le teint soudainement cadavérique. Je me décalai légèrement afin de vérifier l'identité du nouvel arrivant mais n'en eus pas besoin. Le mangemort plongea vers le sol pour s'agenouiller mais dans sa précipitation, il termina sa course face contre terre. Son « Maître… » quasiment inaudible me parvint néanmoins et je sentis mon cœur s'arrêter lorsque le mage franchit le seuil.

Il ne se soucia pas de son partisan et posa directement ses yeux sur moi, me paralysant de terreur. Je me liquéfiai lorsqu'il me salua calmement.

- Serena.

Je restai silencieuse, incapable de m'adresser à lui et n'en ayant de toute manière aucune envie.

- Je pourrais presque être vexé…

Je me redressai, droite comme un pique, sur le qui-vive. Mon angoisse l'amusait de toute évidence toujours autant et, même si c'était frustrant, j'étais loin de m'en faire pour ça. Les révélations du mangemort me restaient en travers de la gorge.

- Celles concernant ta capacité à maitriser la magie noire?

La curiosité m'empêcha de l'ignorer et j'acquiesçai silencieusement.

- Tu n'as pas à te poser de questions. C'est pourtant simple à comprendre. Un cœur pur ne peut pratiquer de véritable magie noire…

Je ne pus m'empêcher de rétorquer :

- Mon cœur est pur!

Son sourire grandissant lui donna un air plus dangereux encore :

- C'est ce que tu aimerais croire. Mais ces deux dernières années prouvent le contraire : tu finiras exactement là où je prévois que tu seras… Tu deviendras exactement comme ce que tu espères pour le moment ne jamais être. Et, si on y pense, tu l'as déjà été… Tu comprendras mieux lorsque tu te souviendras. Tu finiras par réaliser ce que tu es réellement.

- Vous vous trompez. Je me souviendrai, et ça n'aura strictement aucun effet. Parce que je sais que mon attitude n'était pas volontaire, et quoi que vous disiez, je ne croirai pas vos mensonges.

Une lueur démentielle passa dans ses iris rouge sang et je regrettai soudainement d'avoir dit ce que j'avais sur le cœur. Sa voix claqua comme un fouet :

- Continue d'être aussi entêtée si ça te chante, j'ai tout un tas de méthodes à tester sur toi. Si je peux te briser en chemin, ça ne m'en fera que d'avantage plaisir… Au final, tu exécuteras mes ordres, et tu ne peux rien faire contre.

Sa voix se fit murmure, mais la menace pesant sur ses paroles n'en était pas moins forte :

- Mais si par malheur il s'avère que tu luttes jusqu'au bout... Tu trouveras la mort.