Bonjour ! Oui je mets ma note d'auteur au début du chapitre c'est parce que l'heure est grave ^^. Je suis en retard de trois jours. Le pire c'est que je me disais que j'allais être ordonnée, régulière, et BAM, raté.

Je m'en excuse. La raison est toute simple : la régularité de diffusion est incompatible avec l'irrégularité de l'écriture. Non pas que je sois particulièrement désordonnée (enfin si, mais c'est pas ça le problème), seulement avec le tournant inattendu que prend ma fic, j'ai pris un peu de retard.

J'aurais pu poster quand même, mais je privilégie la relecture pour éviter de tomber dans « l'écriture au kilomètre », j'essaie de faire ça bien, sinon ça me gâche le plaisir d'écrire, et si vous avez du plaisir à lire (espérons -.-'') ce n'est pas très cool envers vous non plus.

Sur ce, j'espère que vous allez apprécier ce chapitre. Juste une annonce : le prochain chapitre sera posté samedi de la semaine prochaine, pour que je m'organise et que je prépare tout comme il faut, j'aimerais éviter de faire une fin « queue de poisson ».

Bonne lecture !

Chapitre 11

De l'autre côté.


- J'ai peur, murmura Yuriy qui tremblait comme une feuille, toujours à cheval sur une branche instable.

- Moi aussi, murmura Naoki.

- Tais-toi Nao' ! S'énerva Kaya, les dents serrées.

Elle avait aussi peur que les deux garçons, naturellement, mais elle tentait de la cacher, considérant que son rôle d'aîné l'obligeait à garder son sang-froid.

Kiyo s'était levée sur la branche qu'elle occupait depuis la tombée de la nuit. Elle était penchée en avant afin de voir qui était leur visiteur. Elle se tenait dans un équilibre précaire : son corps était penché en avant et elle s'était dressée sur la pointe des pieds pour tenter d'apercevoir la personne qui se dirigeait vers eux. On aurait dit une ballerine, et Kaya se surprit à jalouser cet équilibre qui semblait venir si naturellement à sa cousine.

Les quatre enfants avaient peur. Ils étaient seuls pour la première fois, loin de leurs parents, loin de chez eux, loin de tout. Et Yuriy se souvenait de toutes les histoires de son père, qui avait affronté des youkais, qui en combattaient encore, parfois. Et si la personne qui marchait vers eux était un youkai, comment feraient-ils ?

Kaya avait posé la main sur la bouche de Naoki, pour l'empêcher de faire le moindre bruit. On percevait dans l'air un certain malaise. Rien à voir avec le fait que les enfants étaient objectivement terrifiés. Non. Il y avait comme un flux d'ondes négatives. Kiyo et Yuriy les percevaient plus distinctement, mais Kaya et Naoki sentaient eux aussi cet atmosphère pesant et oppressant.

Les bruits de pas s'arrêtèrent près de l'arbre où ils s'étaient réfugiés. Kiyo, toujours debout sur sa branche, tentait d'apercevoir un visage à travers l'épais feuillage. Elle distingua une chevelure argentée. Elle se retint de courir vers l'arrivant. Elle avait crue tout d'abord que c'était son père. Or il avait une aura particulière qu'elle connaissait par cœur, elle l'aurait reconnue n'importe où. Un rapide regard vers son frère lui confirma que sa réaction était identique.

L'inconnu aux cheveux d'argent leva les yeux vers eux. Malgré les feuilles, Kiyo eut la certitude de croiser un regard dont l'éclat ne lui était pas totalement inconnu. L'expression, tout du moins, lui était familière. Son cœur eut un raté.

- Vous devriez descendre. Les environs ne sont pas sûres pour des… Enfants.

Kaya et Naoki ne bougèrent pas d'un centimètre. Ils ne faisaient pas confiance à cette personne étrange.

- Qui êtes-vous ? demanda Kaya, sur la défensive.

En bas, la femme eut un sourire.

- Je m'appelle Tsukiyo.


Kagome et Rin marchaient lentement, regardant fréquemment autour d'elle. Le brouillard s'était dissipé, mais elles restaient sur leurs gardes. Elles marchaient le long d'un chemin escarpé. Elles butaient régulièrement sur des pierres, et leurs sandales avaient d'ailleurs presque rendu l'âme. De chaque côté, la montagne semblait les encercler. C'était ainsi depuis qu'elles avaient pénétré dans ce qui semblait être l'intérieur même de la montagne.

Elles avaient d'abord tenté de parler, pour dissiper la tension qui s'installait un peu plus à chaque pas.

Kagome marchait légèrement en tête. Elle ne regardait même plus devant elle, s'attendant à trouver encore un autre chemin, identique à celui-ci. La seule différence concrète était que si leur voyage s'éternisait, elle finirait par marcher pieds nus.

Elle s'arrêta au bord du chemin pour examiner ses pieds meurtris quand Rin l'interpella :

- Kagome, regarde là-bas !

La jeune femme leva les yeux. Devant elles, la lumière semblait passer à travers une sorte de porte. Ce point de lumière était le premier qu'elle voyait, depuis deux jours qu'elles erraient à travers ce labyrinthe rocheux.

Kagome se leva, et suivit Rin qui marchait déjà vers cette lumière étrange. Elles passaient outre toutes les règles de prudence en marchant vers un danger potentiel. Mais l'une comme l'autre étaient littéralement à bout de nerfs de devoir déambuler ainsi heure après heure, en ayant l'impression de tourner en ronds et craignant une attaque peut être mortelle.

Lorsqu'elles franchirent l'arche de pierre qui marquait l'entrée de ce lieu inconnue, la lumière devint moins forte, et elles distinguèrent enfin ce qui les entourait.

Alors, pour la première fois depuis ces deux derniers jours, elles se mirent à sourire.


- Seshommaru, tu sais même pas où tu vas ! Tu pourrais au moins ralentir le rythme !

Le taiyoukai se retourna vers son frère. Les jérémiades d'Inuyasha faisaient parties des choses auxquelles on ne s'habituait pas. Pourtant, depuis une semaine qu'il les entendait en permanence, Seshommaru se surprenait à être surpris lorsque le silence remplaçait les éclats de voix de l'équipe.

Ils marchaient à leur tour dans le sentier emprunté par les deux mikos, quelques « années » auparavant. Malheureusement pour eux, les années qui s'étaient écoulées avaient renforcé la protection que la montagne offrait aux jidayoukais, et le brouillard était devenu presque permanent dans cette partie du mont.

Les liens qui liaient tous les membres de cette étrange alliance se resserraient imperceptiblement. Jaken n'était (presque) plus la cible de mauvaises plaisanteries, ce dont il était soulagé. Quand à Kirara et AhUn, ils ne se quittaient pour ainsi dire plus. Kohaku et Shippô marchaient derrière les inuyoukais, et le kitsune se disait que lorsque cette expédition serait terminée, les souvenirs qu'elle apporterait vaudraient la peine de rester dans les mémoires. Une alliance entre humains, youkais et hanyôs était pour ainsi dire inédite, et personne n'aurait pu supposer que la nécessité vaincrait les préjugés.

Malgré leur sens de l'orientation très développé ; statut de youkai oblige ; aucun n'arrivait à savoir dans quelle direction ils devaient se diriger. A croire que cette montagne étrange annihilait leurs pouvoirs youkais.

- Moi, ce brouillard ne me dit rien de bon, soupira Inuyasha. Imagine que Kagome et Rin ait dû traverser ça !

Seshommaru soupira, geste de plus en plus fréquent, preuve de l'influence de son entourage.

- De toute manière, soupira Kohaku, on n'a pas trop le choix. C'est en avant ou en arrière, et c'est pas le moment de faire demi-tour.

- Kohaku a raison, s'exclama Myôga avec une mauvaise foi déconcertante, ce n'est pas le moment de faire preuve de poltronnerie.

- « Poltronnerie », Myôga ? ricana Inuyasha en repensant aux multiples fois où il avait affronté seul un youkai, soutenu, à distance évidemment, par un Myôga terrifié.

Il avait raison. A travers l'épais brouillard qui les entourait depuis leur entrée dans cette partie de la montagne, Seshommaru crû soudain apercevoir une trouée. Une faible lumière filtrait à travers le brouillard, et les guidaient jusqu'à elle. Le taiyoukai se tourna vers son frère, qui hocha la tête. Ils dégainèrent d'un commun accord leurs épées.

Ils espéraient réellement trouver les jidayoukais rapidement. Il devenait plus qu'urgent de trouver comment ramener Rin et Kagome, car rien ne garantissait qu'elles seraient encore en vie après un affrontement avec ces youkais étranges. C'est cette même crainte qui les unissaient tous, Jaken, Seshommaru, Inuyasha, Shippô, Kohaku, Myôga, et bien sûr AhUn et Kirara, qui l'exprimait à leur manière.

La troupe arriva près de l'arche de pierre. Elle était fendue en son centre, les années avaient laissé leurs marques, et il semblait qu'elle allait s'écrouler tant elle était abîmée.

Seshommaru fut le premier à la franchir. Inuyasha et les autres vinrent se placer près de lui sans un mot. Ils étaient tétanisés. Inuyasha devint encore plus pâle qu'il ne l'était si c'était possible. Seshommaru serra les poings, s'efforçant de repousser la colère qui grondait en lui.

Kagome, Rin…Pensa Inuyasha, Dites-moi que vous vous en êtes sorties…


Les quatre enfants marchaient en silence derrière Tsukiyo. Ils maintenaient une distance respectable entre elle et eux. Après tout, elle était plutôt effrayante, et le lien de parenté qu'elle avait avec Seshommaru était frappant, même si elle ne l'avait pas exprimé explicitement.

Les mêmes cheveux argentés, la même démarche, la même froideur dans le regard et dans les rares paroles qu'elles leur adressaient. Kiyo et Yuriy sentaient également une aura semblable à celle de leur oncle émaner de cette étrange youkai.

Tsukiyo avait fini par leur arracher des informations sur leurs identités. Il était du reste relativement évidemment que deux des enfants possédaient du sang de youkai. Apparemment, ils étaient les enfants du bâtard de la concubine de son époux, et de la miko arrogante qu'elle avait déjà rencontrée… Glorieuse lignée, pensa-t-elle avec hargne.

Néanmoins, elle ne pouvait se résoudre à les tuer. D'abord, parce que son fils ne le lui pardonnerait pas. Elle commençait à entrevoir les liens particuliers qui unissaient Seshommaru avec des espèces inférieurs. Elle n'approuvait pas ses relations, loin de là, mais son fils était la seule famille qui lui restait… Du moins la seule famille qui l'ait jamais accepté, et malgré l'air détaché qu'elle tentait de conserver en permanence, elle ne souhaitait pas qu'il se détourne d'elle. Du moins pas plus qu'il ne l'avait déjà fait.

La seconde raison, c'est qu'en tant que mère, Tsukiyo était désormais incapable de tuer des enfants, fussent-ils humains. C'était probablement sa plus grande faiblesse, ignorée de tous, même de son fils.

La plupart des youkais abandonnent leurs enfants, ou ne les élèvent pas. Cela leur permet de ne pas s'attendrir, devant qui que ce soit. Mais Tsukiyo avait refusé de se séparer de son fils. Elle l'avait élevé, avec froideur cependant, car elle voulait en faire un youkai puissant qui ne craindrait rien ni personne.

Mais son cœur à elle s'était adouci, en même temps qu'elle durcissait celui de son fils.

Elle avait été froide, distante, sévère. Elle ne voulait pas qu'il soit faible, et pour cela, elle avait sacrifié l'affection potentielle qu'elle aurait pu lui donner. Elle croyait, à tord, que la tendresse et la force étaient incompatibles, même si Inuyasha était la preuve vivante du contraire, puisque c'est l'amour de sa mère qui l'avait aidé à traverser les épreuves les plus difficiles.

Elle était devenue plus tendre avec la naissance de son fils. Plus tard, elle s'était refermée sur elle-même après la trahison de son mari, elle avait adopté ce masque de froideur qu'elle arborait maintenant en toutes circonstances, et que Seshommaru connaissait par cœur, pour le lui avoir emprunté bien souvent. Mais jamais elle ne pourrait tuer des enfants.

Kaya, Naoki, Kiyo et Yuriy marchaient côte à côte en silence. Ils n'osaient élever la voix, sachant que l'ouïe des youkais est bien plus fine que celle des humains, Inuyasha le leur répétait bien assez souvent.

Ils étaient rassurés, en quelque sorte. Cette étrange femme les aurait déjà tués si c'était véritablement ce qu'elle désirait. Ils ne savaient pas où elle les emmenait. Mais, curieusement, ils avaient le sentiment d'être protégés, car visiblement, cette youkai ne craignait personne. Oh bien sûr ils avaient peur, mais cette crainte n'était rien à côté de celle qu'ils avaient tous éprouvés, seuls en pleine forêt. Aussi la suivaient-ils docilement, préférant la craindre elle plutôt que craindre tout le reste.


Kagome et Rin ne parvenaient pas à détacher leurs yeux de cette plaine immense qui s'étendait devant leurs yeux. Elles avaient le sentiment quelque peu étrange d'être entrée par effraction dans un monde parallèle.

Des falaises immenses, si hautes qu'elles se perdaient dans les nuages, encerclaient de toutes parts une plaine verdoyante. Un distinguait au loin une rivière qui se perdait dans les arbres. Une forêt s'étalait un Nord, et des cavernes étaient visibles à l'Ouest, dissimulées par les replis de roches.

Il était véritablement déconcertant de se dire qu'un monde aussi… Féérique, put être habité par des personnages aussi dangereux et aussi malveillants que les jidayoukais.

Mais cela les terrifiaient. Depuis Naraku, aucun youkai connu n'aurait été capable de pareil tour de force. Si cet endroit était la création des youkais du temps, cela supposait un pouvoir immense. Plus puissant peut être que celui de Naraku. Elles n'en viendraient jamais à bout toutes seules.

Rin réprima un frisson. Elle tentait de se convaincre. Il était également possible que les jidayoukais aient trouvé refuge dans cette montagne. Cela ne signifiait pas forcément qu'ils avaient tout créé de leurs propres mains.

- On fait quoi maintenant ? interrogea Rin, car elle était véritablement perdue.

- On avance.

- Tu veux qu'on aille… Là dedans ?

Kagome se tourna vers elle.

- Ils sont sûrement ici. Quelque part dans cette vallée. De plus nous n'avons presque plus de vivres, il faut bien se réapprovisionner. Il y a sûrement de quoi manger ici.

- C'est tellement vaste… Tu crois qu'ils ont créé ça ? demanda Rin en frissonnant à nouveau.

Les deux mikos tiraient les mêmes conclusions alarmantes de cet endroit étrange.

- J'espère que non, répondit Kagome. J'espère sincèrement que non.


- Elles ne peuvent pas être ici, murmura Kohaku en pensant à ses deux amies, perdues dans cet endroit.

- Techniquement, elles ne sont pas vraiment ici, contesta Shippô, elles sont dans une époque antérieure, peut être que tout n'avait pas encore cette apparence.

L'équipe s'était arrêtée sous l'arche de pierre. Devant eux s'étalait un paysage de désolation. Tout n'était que cendre, roches. Il semblait impossible qu'aucune forme de vie put se développer dans cet endroit.

Seshommaru contemplait la plaine désolée qui s'offrait à leurs yeux. Il était abattu, le cachant comme il pouvait. Rin n'aurait pas survécu dans ce décor, avec pour seule aide une miko arrogante, et pour ennemis des youkais nombreux et puissants.

Des falaises abruptes encerclaient le lieu étrange où ils se trouvaient. Un monde dans un autre.

Shippô ne disait rien, mais il se sentait véritablement dégoûté. Avoir fait tout ce chemin pour découvrir ce lieu abject. Il n'était pas le seul à êter abattu. Tous avaient le sentiment de poursuivre un but totalement vain, le combat était perdu d'avance.

Néanmoins, Inuyasha le savait, ils devaient avancer. Ils devaient découvrir les raisons de ce cataclysme qui semblait s'être abattu sur cet endroit. Ils devaient comprendre.

Kohaku avait le sentiment étrange de revoir ses souvenirs en même temps qu'il découvrait ce lieu hostile.

Il avait vécu dans un environnement semblable durant de longues années. Entouré seulement de la présence d'une Kana silencieuse et d'une Kagura qui ne désirait que vengeance. Revoir ce genre de lieu ne lui plaisait pas, il avait l'impression de retourner en arrière, à l'époque où il était encore la marionnette de Naraku.

En résumé, aucun des membres de l'équipe présente ne s'était senti aussi mal depuis le départ de Rin et Kagome. L'espoir qu'ils avaient de les retrouver avait pris de plus en plus d'ampleur. La flamme vacillante de cet espoir semblait brusquement éteinte. Ils découvraient un lieu où personne, surtout pas deux jeunes femmes humaines, n'auraient pu survivre.

Mais ils devaient en avoir le cœur net. Aussi, lorsque Seshommaru se remit en marche avec la ferme intention de rentrer dans les terres, tous le suivirent sans protestations. Ils avaient pris un sacré coup sur la tête, néanmoins il en faudrait plus pour les contraindre à faire demi-tour. Tant que la crainte resterait une incertitude, ils continueraient d'avancer.


Tsukiyo s'arrêta brusquement, aussitôt imitée de Kaya, qui marchait en tête. Naoki, qui la suivait de près, la percuta avec un bruit mat. Il allait se mettre à crier quand elle posa une main sur sa bouche.

La youkai leur fit signe de la rejoindre. Prudents, mais curieux, les quatre enfants approchèrent. Lorsqu'ils furent arrivés à leur tour en haut de la colline où elle s'était arrêtée, leurs visages se fendirent d'un grand sourire.

En contrebas, il y avait leur village. Leur village avec ses toits fumants. Leur village avec ses champs, ses bruits rassurants. Un immense soulagement les envahit, tandis que Tsukiyo observait du coin de l'œil leur réaction.

Ils ne la voyaient même plus, heureux qu'ils étaient d'être enfin de retour chez eux. Même la punition leur paraissait encore lointaine. Ce n'était rien comparé à la peur qu'ils avaient déjà éprouvée. Pour des enfants de leur âge, cette aventure de deux jours avait très éprouvante.

Tsukiyo n'ajouta pas un seul mot, elle se détourna d'eux et se remit en marche, désireuse de ne plus les voir, car elle admettait mal cet acte de bonté.

Mais Naoki la regardait partir avec un étonnement mêlé d'incompréhension. Pourquoi semblait-elle avoir honte d'être gentille ?

- Tu vas où ?

Elle se figea, aussi étonné par le simple fait qu'il s'adresse à lui que par le fait qu'il la tutoie. Mais l'étonnement prit le dessus sur la colère qu'elle aurait pu ressentir.

Elle ne voulait même pas prendre la peine de répondre. Aussi ne se retourna-t-elle pas lorsqu'il l'interpella une nouvelle fois, se contentant de le mettre en garde, lui ainsi que ses cousins.

- Ne dites à personne que je vous ai ramené. Ni à vos parents, ni à qui que ce soit.

Elle n'avait pas besoin de proférer des menaces, le ton employé suffisait amplement à signifier que c'était plus un ordre qu'un conseil.

Naoki n'osa pas l'interpeller à nouveau. Les enfants restèrent muets, se contentant de la regarder s'éloigner. Ils étaient complètement perdus. Qui était cette femme qui voulait garder le secret sur ses bonnes actions ? Elle ressemblait à Seshommaru, mais, d'après eux, le taiyoukai ne les aurait jamais ramenés chez eux. Etrange paradoxe que cette certitude enfantine que la mère était meilleure que le fils. Ils n'avaient heureusement pas connu la youkai quelques centaines d'années auparavant. Elle était alors loin d'être aussi... "Souple".

Mais ils oublièrent bien vite leurs interrogations, et se mirent à courir pour rejoindre Miroku et Sango.

Ils ne mirent pas longtemps à trouver la hutte du moine et de la chasseuse de youkais.

- Maman ! Papa ! hurla Naoki en courant vers la maison.

Sango sortit sur le pas de la porte, juste à temps pour recueillir le petit garçon dans ses bras. Elle avait décidé de les gronder, de leur en faire voir de toutes les couleurs à leur retour, afin de s'assurer qu'ils ne referaient pas de sitôt pareille bêtise. Mais dés qu'elle sentit les bras de son fils, puis ceux de sa fille autour d'elle, elle sentit sa résolution fondre.

Elle les serraient compulsivement contre elle, placait ses mains sur leurs visages pour s'assurer qu'ils étaient bien réels. Elle souriait béatement. Miroku, arrivé à son tour aux cris de joie des enfants, se joignit à la mêlée générale. En quelques secondes, les deux parents étaient à terre, et leurs éclats de rire se mêlaient à ceux de Kaya et Naoki.

Kiyo et Yuriy restaient un peu à l'écart. Curieusement, assister à ses retrouvailles ne les rendaient pas heureux. Au contraire. Ils pensaient à leurs parents, qu'ils ne reverraient peut être pas. Ils n'osaient pas s'approcher, considérant qu'ils n'avaient pas leur place dans ce tableau de famille.

Kiyo tenait son frère dans ses bras. Il pleurait silencieusement. Elle tentait de le rassurer, comme sa mère le faisait si bien lorsqu'elle-même doutait.

Sango se rendit compte la première de l'isolement des enfants. Elle s'approcha doucement d'eux. Il n'était pas difficile de comprendre leur état d'esprit. Elle ne savait quel comportement adopter afin de les consoler.

La réponse vînt de Kaya et Naoki. Ils s'élancèrent vers leurs cousins et les serrèrent contre eux. Les quatre enfants s'étreignaient afin de se prouver qu'ils ne seraient jamais touts seuls. Kiyo et Yuriy continuaient de pleurer, mais un sourire s'épanouissait sur leurs visages.

Sango et Miroku se joignirent à leur tour aux quatre enfants. Il n'y avait pas d'intrus. Le fait que Kiyo et Yuriy ne soient pas les enfants de Sango et Miroku ne changeait rien au fait qu'ils avaient droit à de la tendresse. Et depuis le départ de leurs parents, les deux enfants eurent pour la première fois le sentiment d'être à nouveau dans leur famille.


- Maman ?

Mme Higurashi essuya rapidement les quelques larmes qui avaient coulé sur ses joues. Elle se releva et secoua la poussière déposée sur ses vêtements, depuis deux heures qu'elle était assise là.

Elle venait au fond de ce puits de plus en plus souvent ces derniers temps. Mais elle aurait préféré que son fils l'ignore.

Elle s'aida de la main secourable de Sôta pour sortir du puits. Elle composa un sourire de façade mais il n'était pas dupe.

A vrai dire, il feignait d'ignorer l'inquiétude grandissante de sa mère. Il n'avait aucune envie de lui mentir sur la situation plus que préoccupante du Japon Féodal. A l'inverse, lui dire la vérité eût été un manque de tact, et une source de tristesse supplémentaire.

Elle ne l'interrogeait pas. Elle ne voulait pas lui causer de soucis. Raté.

Ne sachant plus que faire, Sôta mit sa main dans sa poche, tatant du bout des doigts le petit fragment rose hérité de sa sœur. Clé du voyage dans le temps.

Il le sortit précautionneusement de sa poche.

- Maman. Je vais essayer quelque chose. Mais il faut que tu me fasses confiance, d'accord ?

Mme Higurashi acquiesça sans comprendre.

- Monte sur le rebord du puits.

- Pardon ?

- Fais ce que je te dis.

Elle le regarda, étonnée. Il n'avait pas l'air de plaisanter. Mme Higurashi soupira, retira ses talons, et entreprit de faire ce que lui dictait son fils.

Dés qu'elle fut debout en équilibre précaire au bord du puits, il grimpa à ses côtés.

- Donne-moi la main.

Elle s'exécuta, craignant de comprendre. Elle appréhendait ce qui allait arriver. Mais moins que Sôta. Non pas qu'il craigne que sa mère ne prenne peur dans le Japon Féodal. Seulement il ignorait si le fragment de perle pouvait transporter deux personnes dans le passé. Il ne voulait pas donner de faux espoirs à sa mère, à l'inverse, il était exclu qu'elle parte seule. Elle aurait besoin d'une présence rassurante dans ce monde inconnu. De plus, la vérité risquait de ne pas lui plaire... Et si ça ne marchait pas ? Si elle ne revoyait pas sa fille ?

Sôta secoua la tête pour chasser les questions qui encombraient son esprit.

- Très bien, annonça-t-il, à trois on saute. D'accord ?

Elle acquiesça.

- Un, deux…

Ils prirent leurs inspirations en même temps, plus par réflexe que par nécessité…

-Trois.


- Ok. Là, je le sens pas du tout.

- Je vois pas pourquoi, répondit Kagome. On a encore croisé personne. Il fait plutôt chaud, et on a sûrement de bonnes chances de trouver de quoi manger. Tu m'expliques où est le problème ?

- Justement, répliqua Rin. Il est là le problème. On a désactivée une barrière, on est entrées dans le territoire des jidayoukais, et on n'a croisé personne. Ni youkai, ni humains… Ni quoi que ce soit d'autre d'ailleurs. Tu as vu un seul oiseau, un seul animal depuis qu'on est arrivé ici ?

Kagome soupira.

- Ce monde a vraisemblablement été crée par magie. Cela semble logique qu'il n'y ait rien de vivants excepté les youkais. Tiens regarde ! s'écria-t-elle en courant vers l'arbre le plus proche.

- C'est des fruits ça ? demanda Rin, visiblement dégoutée.

La miko examinait un arbre fruitier, entouré de feuilles mortes, ce qui semblait étrange sachant que ses feuilles étaient vertes. Mais la prudence était oubliée, et toute l'attention reportée sur cette inopinée source de nourriture.

Les fruits, du moins si ça en était réellement, étaient d'une couleur violette assez soutenue. A vrai dire, cela donnait envie de tout, sauf de les manger. Mais les deux mikos étaient affamées, et faire les difficiles était tout sauf recommandé.

- Je touche pas à ça, moi ! Si ça se trouve c'est un piège ! J'ai jamais vu ce genre de fruit. Et pourtant, grâce à Seshommaru et Jaken, je connais bien les sortilèges youkais.

- Tu es trop méfiante, la réprimanda Kagome.

- Et toi, pas assez, répliqua l'adolescente.

Kagome avait détaché l'une des… Poires, et l'examinait en réprimant une grimace de dégoût.

- Je peux peut éliminer le poison, s'il y en a, proposa-t-elle.

- Tu sais faire ça ? interrogea Rin, impressionnée.

- C'est exactement le même principe que pour purifier un youkai, en plus simple.

Tout en parlant, Kagome avait froncé les sourcils et passé sa main sur la poire. Une aura bleutée de diffusait le long du fruit, mains malgré cela cette couleur violette très dérangeante persistait. Rin grimaça.

- Elle n'est pas empoisonnée, murmura Kagome en soupesant le fruit. On devrait essayer de le manger non ?

Rin ne répondit pas, sachant que son aînée avait raison. Ce n'est pas cela qui éliminait sa répulsion.

Mais, sans attendre une réponse de Rin, Kagome croqua dans le fruit à pleine dents. Après quelques secondes de silence, elle avala, puis adressa un sourire à une Rin très étonnée.

- C'est super bon. Attrape ! cria-t-elle en lançant le fruit que son amie rattrapa au vol.

Rin soupesa le fruit à son tour, puis croqua dedans du bout des lèvres. Elle sentit d'abord un goût plutôt amer, presque immédiatement remplacé par une saveur sucrée très agréable, et qui lui était totalement inconnu.

Elle releva la tête vers Kagome qui décrochait déjà les autres fruits de l'arbre.

- Rin, viens m'aider, ceux-là sont trop hauts, j'arrive pas à les atteindre !

La jeune miko se précipita au pied de l'arbre et entreprit d'aider Kagome à se hisser sur une branche pour attraper les poires trop hautes.

-Attends, j'y suis presque… Un peu sur ta droite… Encore…

Rin, qui tenait le pied de Kagome, vit soudain une corde très mince dissimulée dans le feuillage, tout près de la main de Kagome.

- Kagome baisse les bras ! N'attrape pas ça !

La jeune femme se tourna vers Rin, l'interrogeant du regard. Elle abaissa bien le bras, mais elle perdit l'équilibre, et se raccrocha instinctivement à la branche, tirant sur la corde dissimulée dans l'écorce.

Rin vit, impuissante, la corde se détendre. Puis, tout alla très vite. En quelque secondes, elles étaient toutes deux prisonnières d'un filet, suspendues au dessus du vide.

En théorie, les pouvoirs de chacune des deux mikos étaient plus que suffisants pour se dégager de ce piège, aussi Kagome et Rin ne s'inquiétèrent-elles pas outre mesure. Il serait aisé de se sortir de ce mauvais pas. Elles étaient plus préoccupées de savoir qui pouvait mettre en place un piège aussi saugrenu pour piéger des youkais. Les cordes n'étaient pas une défense très efficace.

Kagome avait son arc sur le dos, et Rin avait son sabre, mais l'espace réduit dont elles disposaient ne permettait pas leur utilisation. L'adolescente sortit alors un petit canif de l'intérieur de son kimono, à la surprise de Kagome.

- Qui t'as donné ça ? Ce n'est pas fabriqué par des humains, tu as vu le manche ?

- Jaken. Pour mes douze ans. Dans les coutumes de son espèce, on devient « adulte » à 120 ans. Pour une humaine, il a décrété que ce serait 12.

Kagome sourit tandis que Rin entreprenait de trancher les cordes qui retenaient le filet. Elles devaient agir vite, avant que quelqu'un n'arrive. Le choc qui ne manqerait pas de se produire quand elles tomberaient durement sur le sol serait sans doute un peu douloureux, mais ça ne pouvait pas être pire qu'attendre qu'on vienne les délivrer, sans même savoir si ceux qui avaient posé ce filet étaient du côté des jidayoukais ou non.

- Kagome… Ca marche pas.

- Comment ça, « ça marche pas » ?

- Le couteau ne tranche pas les cordes. En fait, il n'a aucun effet. Je crois qu'on n'est pas tombé sur un simple piège d'humains. Ces cordages sont ensorcelés.

Kagome allait répliquer quand une voix les interrompit toutes les deux.

- Qui va là ?


***