Disclaimer : Tout appartient à Mr Jeff Davis enfin presque…

SuperBêta : Encore une fois c'est Bruniblondi qui a bossé *cœur sur sa face*.

Note de l'auteuse : Hello ! Le voici le voilà, le dernier chapitre de Famille Hors-normes ! Après ça il restera uniquement l'épilogue (qui est déjà corrigé), donc si vous le voulez, vous serez prié de ne pas molester l'auteur. Merci d'avance et bonne lecture !

Ps : Pour ceux qui attendent, je n'oublie pas TS. La correction avance doucement mais ça arrive.

RAR : Merci pour ta RW juju ! Et là suite et là, tu auras enfin tes réponses ;)

Chapitre 11 : La chasse

La main de Derek se crispa sur son téléphone. Il venait de recevoir un message de Lydia. Comme Arwen s'était endormie sur ses genoux, il ne bougea pas du fauteuil, mais il put voir que John lisait lui aussi un message. Très certainement le même vu la crispation dans ses épaules. Ils échangèrent un regard entendu. Peu importait ce que Stiles leur avait prouvé ou les années passées, ils ne pouvaient empêcher l'inquiétude de les envahir. Ils partageaient la même peur, celle de perdre une des personnes les plus importantes de leurs vies.

L'ancien shérif se rapprocha de la chaise de Derek et autant pour puiser de la force que pour lui en donner, il posa une main sur l'épaule de son beau-fils.

— Tout va bien se passer.

Tous deux savaient très bien que ces paroles n'étaient là que pour se rassurer, mais le loup accepta ce mensonge. Embrassant sa fille, il se leva pour la déposer au côté de sa sœur.

— Tenons-nous près, en cas de problème.

Alors que les deux hommes se tenaient aux aguets, la porte s'ouvrit sur Melissa. Elle aussi avait dû recevoir le message. Elle rejoignit John sans attendre et attrapa sa main qui n'était pas crispé sur son ancienne arme de service.

Sentant les doigts de l'infirmière lui masser la paume, John bénit le seigneur qu'elle soit à ses côtés, aujourd'hui et tous les autres jours. Rien que lorsque Stiles était partie de la maison, il ne savait pas s'il aurait supporté ça sans elle. Se tournant vers elle, il lui embrassa ses cheveux bruns parsemées de mèches grises.

L'inquiétude à son apogée, Derek se détourna de ce spectacle plein d'amour. Lui aussi voulait pouvoir embrasser Stiles.

— Tu as intérêt à revenir entier, marmonna le loup en regardant par la fenêtre comme s'il pouvait voir Stiles d'ici.

Seulement il ne le pouvait pas. Stiles était à plusieurs kilomètres de l'hôpital. Lydia avait envoyé un message à la meute dès qu'il y avait eu déplacement suspect de leur cible. Depuis ils attendaient dans la voiture qu'elle sorte enfin.

— C'est trop long. Beaucoup trop long. Je le sens pas Lyd's.

Stiles s'agitait derrière le volant. Lui qui avait appris à garder son calme à l'école de police avait tout oublier de ses enseignements. Agacé il se tourna pour attraper quelque chose sur la banquette arrière. Lydia reconnu son uniforme. Comme si leur cerveau était connecté, elle comprit tout de suite ce qu'il voulait faire. Après qu'il eut enfilé sa chemise beige de policier par-dessus son tee-shirt, elle vérifia qu'il n'ait pas la tête de quelqu'un qui venait de passer une semaine et demi dans une voiture puis elle le laissa sortir, non sans lui rappeler d'être prudent.

Lampe torche à la main, une arme prête à être dégainée le cas échéant, il se dirigea vers la Mini. Une fois à côté de la porte conducteur, il toqua à la fenêtre comme il l'aurait fait lors d'un contrôle routinier. Seulement, personne ne lui répondit. Se penchant, il éclaira l'habitacle.

Rien.

Stiles se tourna vers Lydia et articula distinctement, qu'il n'y avait personne. Quelques gestes en plus lui dirent de rester dans la voiture pendant qu'il allait voir la maison la plus proche. Le lieu était assez reculé dans la banlieue, tellement que l'on avait presque l'impression d'être à la campagne, les maisons étaient toutes espacées d'au moins deux cents mètre. C'était pour cela que Stiles pensait que peu importe comment elle avait réussi à sortir, c'était dans cette maison qu'elle s'était rendue.

« Elle peut se déplacer plus que discrètement, elle a disparu alors qu'on ne l'a pas quitté des yeux. Restez aux aguets. »

Scott se crispa sur son téléphone avant de le ranger dans sa poche. Il venait de recevoir un deuxième message de Lydia. Ça ne lui disait rien que vaille. Si cette Strige pouvait se déplacer sans se faire voir, ça n'allait pas simplifier les choses. Il commençait sérieusement à regretter d'avoir laissé deux humains (ou presque) faire équipe. Il mourrait d'envie de les rejoindre, histoire d'être sûr que tout se passerait bien, mais Stiles avait été formel. Chacun devait rester avec sa cible en cas d'alerte. Enfin, là il semblait tout de même que c'était assez clair que Stiles et Lydia avaient trouvé le coupable.

Juste avant qu'il ne demande son avis à Kira, son téléphone vibra à nouveau dans sa poche. Déverrouillant l'écran, il lut le message qui venait de Peter.

« Je rejoins Stiles. Isaac continue de surveiller la maison Ravenne. »

Scott fut soulagé, il n'aurait pas besoin de laisser Kira seule pour la surveillance. Et surtout, il était content de constater que Peter, qui avait eu tant de mal à rejoindre la meute, le prévienne de ses actions. Le loup était resté longtemps solitaire. Un lien l'avait toujours relié à la meute, mais ni lui ni l'alpha ne l'avaient accepté. Il avait fallu que Lydia mette son grain de sel pour qu'ils s'acceptent enfin mutuellement. Ça avait été assez étrange pour eux qui avaient commencé à se connaître avec les rôles inversés, mais Scott était assez souple et Peter ferait tout pour Lydia, alors au final ils s'y étaient retrouvés.

À cet instant, Scott était sûr que tout allait s'arranger. Sa meute était soudée, elle était forte. Cette nuit Izilbeth et Raiden se réveilleraient.

À plus de quatre kilomètres de la voiture de Scott, Peter courrait, poussant ses capacités lupines au maximum. Il était beaucoup moins confiant que l'alpha. Il n'avait rien vu sur les Striges qui pouvaient se déplacer sans que l'on puisse les voir. Et c'était carrément louche, voire inquiétant. Peu importait, il devait juste arriver à temps à l'adresse que Lydia avait donnée dans son premier message.

[…]

Flottant à quelques centimètres au-dessus du sol, elle fixait son futur repas. Comme d'habitude, elle avait pris toute ses précautions. Ils étaient seuls, elle pouvait prendre son temps. Aujourd'hui elle voulait savourer.

Bougeant ses doigts qui semblait immenses à cause de ses griffes qui faisaient bien plus de dix centimètres, elle se rapprocha de son innocente petite victime. D'un mouvement ample et d'une précision chirurgicale, elle entailla la fine peau du cou du garçon roux qui dormait toujours à poing fermé. Approchant son visage à l'allure corvidé de l'entaille, elle commença à aspirer, créant un râle sourd.

Comme à chaque fois, sentir cette vitalité l'exalta et elle aspira goulûment alors que toutes les odeurs disparaissaient lentement de la pièce.

[…]

Devant la porte de la maison, Stiles testa la poignée. La porte était ouverte. Il songea une seconde à laisser un mot pour leur dire de fermer cette putain de porte, mais des pas derrière le détourna de ses pensées et il pointa son arme… sur Lydia.

— Je t'avais dit de rester dans la voiture, chuchota Stiles.

Lydia posa son doigt sur sa bouche et lui fit signe de continuer d'avancer. Ce qu'il fit. Après avoir jeté un coup d'œil dans le salon et la cuisine, il se dirigea sans hésiter vers l'étage. S'il y avait une chambre d'enfant, elle était là de toute façon. Même s'il trouvait étrange de ne pas avoir trouvé de photo jusque-là, il continua. Seulement, arrivé à quatre marches du palier, un homme charpenté dans une robe de chambre rose leur coupa la route.

— Vous vous croyez où ! Ce n'est pas parce que vous êtes de la police que vous pouvez rentrer comme bon vous semble chez les gens.

Stiles ferma les yeux, c'était raté pour la surprise. Prenant sur lui il répondit avec tout le professionnalisme dont il pouvait faire preuve.

— Monsieur, nous avons toutes les raisons de penser que quelqu'un s'est introduit chez vous pour s'attaquer à votre enfant.

L'homme bourru croisa les bras sur sa poitrine et les jugea d'un regard sévère.

— Eh bien apprenez à faire votre boulot. Je n'ai pas d'enfant.

Stiles se tourna vers Lydia les yeux ronds comme des soucoupes.

— Putain, c'est pas la bonne maison Lydia.

Ne se démontant pas, la rousse monta deux marches et d'un ton sûr qui obligerait toutes personnes à lui répondre, elle prit la parole :

— Des vies sont en jeu. Y a-t-il une maison avec un enfant entre deux et sept ans ?

L'homme fronça les sourcils surprit de l'autorité de cette jeune femme et il finit par lui répondre tout en passant une main dans sa longue barbe.

— Il y a bien les fils Campbell. Un des deux à cinq ans je crois. Ils habitent la prochaine maison en remontant la route.

Alors que les deux intrus partaient déjà oubliant même de remercier l'homme, il leur rajouta rapidement des détails ;

— Vous pouvez pas la rater, c'est la maison aux volets jaunes.

Seulement le policier et la jeune femme étaient déjà dehors. L'homme n'avait jamais vu ça, mais pour ce qu'il en avait à faire de ces gosses, il retourna se coucher sans même s'inquiéter de sa porte restée ouverte.

Dehors, Stiles et Lydia couraient dans la rue pour rejoindre la maison suivante. Reprenant leur souffle une seconde devant la porte aussi jaune que les volets, ils crochetèrent la serrure pour pouvoir ouvrir la porte.

Vérifiant rapidement le salon, cette fois ils purent voir des photos de famille accrochées sur les murs. Pressant le pas tout en faisant le moins de bruit possible, ils avancèrent dans le couloir. La maison de plain-pied laissait peu de possibilité, dans le couloir silencieux il y avait quatre portes. Et avant que Stiles n'ait pu décider la quelle pousser, Lydia lui indiqua la deuxième porte à leur gauche.

Stiles grimaça, il espérait que l'intuition de Lydia ne signifiait pas qu'ils arrivaient trop tard. Se plaçant chacun d'un côté de la porte, Stiles leva trois doigts et compta en silence.

Alors qu'il baissa son dernier doigt, la jeune femme ouvrit la porte en grand alors que Stiles entrait armes au poing. Il ne lui fallut que deux secondes pour analyser la situation.

La strige, difforme et recouverte de plumes noires, n'avait plus rien de semblable avec la maîtresse charmante qu'ils avaient connue. Et elle flottait au-dessus du petit garçon roux qui ne pouvait déjà plus se réveiller.

N'hésitant pas une seconde, Stiles tira, visant en plein cœur la bête qui le fixait de ses yeux noirs. Seulement, d'un mouvement trop rapide pour les yeux d'un humain, elle réussit à éviter la balle. Tout du moins à éviter qu'elle ne lui soit fatale, car du sang aussi noir que tout son être coulait le long de son bras. Par chance, la balle en argent semblait la faire souffrir assez pour qu'elle ne s'enfuît pas.

Stiles se laissa distraire par Lydia qui parlait derrière lui, mais il se concentra à nouveau lorsqu'il croisa à nouveau le regard de la Strige. Celle-ci se mit à rire. Un rire à vous glacer le sang.

— Quelque chose te fait rire ?! Tu vas mourir et les enfants se réveilleront !

Stiles ne supportait pas ce rire, il l'empêchait de tirer. Il ne pouvait pas tirer. Tout son instinct lui disait que même si ce rire était empli de folie il devait en connaître la raison. Et cela se confirma lorsqu'il entendit sa voix croassante.

— Il m'aime ! Il connaît votrrre meute, il me vengerrra !

— Qui ?! Combien êtes-vous ?!

Alors qu'elle partait dans un autre rire glaçant, Stiles comprit qu'elle ne dirait rien de plus. Tant pis, il en savait assez. Sans plus aucune hésitation, il tira une seconde balle d'argent béni en plein cœur du monstre. La détonation lui vrilla les tympans et il eut l'impression de voir la Strige tomber au ralenti devant lui.

Sûr ses entre fait, Peter arriva pour regarder Lydia lâcher un adolescent aux cheveux roux vifs le laissant ainsi rejoindre son petit frère totalement perdue. Le loup était arrivé juste avant que la femme qui ressemblait plus à un corbeau qu'à un vautour ne tombe. Et sa première pensée, horsmis qu'ils n'en avaient pas fini, fut qu'il sera chiant de cacher ce corps qui était bien plus grand qu'un humain normal.

Par chance, le problème se résolut de lui-même sous leurs yeux. Le corps de la femme-oiseau semblait vieillir à une vitesse fulgurante, sans doute parce qu'elle se vidait de toute sa vitalité, et finalement, la Strige finit par se transformer en un petit tas de poussière. S'il avait été seul, Peter ne se serait pas gêné pour la remercier. Il aimait beaucoup ses monstres qui pouvaient disparaître d'un simple coup d'aspirateur.

Malheureusement, il n'eut pas le temps de se réjouir que Stiles leur faisait signe, à lui et Lydia de s'approcher, tout en s'éloignant des deux garçons qui n'osaient pas bouger du lit. Il leur expliqua rapidement de prévenir Isaac et Scott et il prit lui-même son téléphone pour appeler Derek. La première tonalité n'était pas finie que Derek lui répondit.

Sa voix était basse et paniquée et il ne laissa pas le temps à Stiles de s'expliquer.

— Stiles. Elle ne se réveille pas. Izi, elle… Raiden s'est réveillé il y a une minute, mais Izi non. Quelque chose ne va pas, je-

— Derek stop. Écoute-moi attentivement. Respire. Elle va se réveiller. Seulement il y a au moins deux Striges, il faut que vous restiez sur vos gardes : ils connaissent les membres de la meute. Lydia va s'occuper des enfants ici le temps que Scott arrive pour le « ménage ».

Il fit signe à Lydia pour qu'elle écoute ce qu'elle devait dire à Scott. Puis il fit signe à Peter avant de continuer.

— Avec Peter on va fouiller la maison de Parks. On a vu personne habiter avec elle, mais on a peut-être loupé quelque chose avec Lydia. Isaac va rester en prêt à intervenir.

À l'autre bout du fils, Derek hocha la tête avant de se rappeler qu'il ne le voyait pas.

— D'accord.

Le silence s'étira quelques secondes et alors que Stiles allait raccrocher il entendit la voix de Derek l'appeler.

— Reviens vite.

[…]

Peter et Stiles n'avaient pas traîné. Après s'être assuré que Scott arrivait sous peu et que Lydia avait de quoi se défendre, ils avaient pris la Camaro pour se rendre à l'adresse de l'ancienne maîtresse des jumelles. Une fois devant la maison de brique rouge et de boiserie blanche, ils se dépêchèrent de se diriger vers la porte. À peine étaient-ils à cinq mètres à la porte, Peter arrêta le plus jeune.

— Pas la peine de rentrer, son odeur est partout. Je le reconnais très bien.

Stiles n'en revenait pas. Comment avaient-ils pu être aussi idiots. Si un loup avait été avec lui, il aurait tout de suite senti qu'il y avait deux personnes qui vivaient là. Ne voulant pas se perdre dans les « si » il questionna le bêta.

— Qui ? Tu es sûr de toi ?

Peter prit une grande inspiration et se rapprocha de la maison les yeux clos. Retournant aux côtés de Stiles, il hocha la tête.

— Ils ne reçoivent presque pas de visite. Il y a seulement deux odeurs distinctes. Ils avaient des horaires inversés, c'est pour ça que vous ne l'avez jamais croisé.

— C'est pas le moment de faire traîner en longueur Peter. Je veux un nom.

— Le Docteur Peterson.

Il n'en revenait pas. S'il ne s'était pas préparé au pire, Stiles se serait mis à hyperventiler. Ils avaient confié leur fille à deux personnes humaines. L'une était censé être la gentille maîtresse qui aurait répondu à toute leurs questions et l'autre le médecin qui était chargé de leur santé. Et les deux s'avérèrent être les monstres qui s'en étaient pris à leur fille et son filleul.

Il n'y avait pas à dire, ils avaient fait fort.

Prenant sur lui, il prit une grande inspiration avant de donner les clés de la voiture à Peter. Il ne se sentait tout simplement pas de conduire, il risquait de les envoyer dans le décor vu son état. Une fois dans la voiture il envoya un message à tout le monde avec le nom de la deuxième Strige et il s'empressa d'appeler Derek. Il attendit une sonnerie, deux, trois, répondeur, aucune réponse.

Stiles se tourna vers Peter, mais il n'eut besoin de rien dire. Le loup accélérait déjà dépassant toutes les limitations de vitesses, grillant des feux, ce qui lui valut de se faire klaxonner par les quelques voitures en ville cette nuit.

[…]

Il avait toujours su que sa gourmandise allait lui être préjudiciable. Il lui avait dit d'attendre qu'il puisse être là. Et encore une fois, elle n'en avait fait qu'à sa tête.

Maintenant il se retrouvait seul.

Seulement si elle avait cru en mourant qu'il allait la venger, elle se mettait le doigt dans l'œil et jusqu'au coude. Il n'allait certainement pas risquer sa vie pour le tas de cendre qu'il savait qu'elle était devenue. Il ne la connaissait que depuis deux centaines d'années après tout. Il n'aura qu'à chercher un autre compagnon de route. Toutefois il devait d'abord sortir discrètement de cet hôpital de malheur.

Heureusement, les repas qu'il avait passé dans cette ville, avait largement valut le risque. Il ne s'était jamais autant régalé. Voilà bien une des seules choses qui lui manquera avec Anita, elle savait chercher les endroits avec les meilleurs repas.

[…]

Dans la chambre d'hôpital occupée par la meute, tout se passa très vite. À peine Raiden s'était-il réveillé, que Mélissa était allée chercher tout ce qu'il fallait pour s'occuper de lui, pendant que Ali et le Shérif le rassurait. Derek lui était resté auprès de ses filles pour voir Izi à son réveil, mais au lieu de la voir ouvrir les yeux, il avait entendu son téléphone sonner.

Finalement, devant la piètre tentative de Derek à rester discret à côté d'Arwen, Stiles avait fini par réussir à le rassurer, mais ce fut de courte durée.

À peine le loup avait-il lâché le téléphone que Mélissa était revenue la mine inquiète.

— Les garçons, je crois qu'il y a un problème. Le docteur Peterson, il… je sais pas, mais il n'a pas eu une réaction normale quand il a compris que les enfants se réveillaient. Il est en train de partir. Maintenant !

John et le Derek échangèrent un regard, et ce seul coup d'œil leur suffit pour connaître leur plan d'action.

— Mélissa, change les enfants de chambre et même d'étage s'il le faut. On va rattraper cet enfoiré avec John.

Sans plus attendre, ils s'élancèrent dans le couloir, laissant Mélissa s'occuper des enfants. Derek avait rapidement repéré l'odeur fraîche et stressé du docteur qui s'occupait de leurs enfants. Putain, la maîtresse et le Doc, jura-t-il en son for intérieur. Lui qui avait déjà eu beaucoup de mal à laisser des inconnus s'occuper de ses filles, ça n'allait pas aller en s'arrangeant.

Suivant la piste dans l'escalier de secours, Derek dévala les marches en vitesse. Derrière lui, John était à bout de souffle et il dut appeler Derek plusieurs fois pour qu'il l'entende enfin.

— Ralentis gamin, je te rappelle que je suis celui qui sait tirer.

Derek hocha la tête mais ralentit que peu, John s'en accommoda en tenta de suivre ce rythme qui n'était plus le sien. Par chance, Derek s'arrêta au premier sous-sol. L'ex-shérif souffla de soulagement. Jamais il n'aurait cru que descendre cinq étages pouvait être aussi épuisant.

Malheureusement pour les poumons de John, l'arrêt fut de courte durée. Le loup avait déjà ouvert la porte et parcourait du regard (et du nez) le parking souterrain. Il lui fallut à peine cinq secondes pour repérer Peterson, dans le parking vide. Seulement, ou bien évidement, le Médecin l'avait lui aussi repéré et il ne semblait pas vouloir renoncer à son plan de fuite.

Poussant un grognement tout ce qu'il y avait de plus lupin, Derek opéra une transformation complète avant de filer comme le vent entre les voitures à l'arrêt, laissant John en plan. Par chance, le loup faisait démarrer les alarmes des voitures en passant à côté (ou dessus) aussi put-il facilement suivre la piste.

Derek était arrivé assez facilement jusqu'au docteur. D'ailleurs celui-ci dut se rendre compte que la fuite n'était plus possible sous sa forme humaine, car il ne tarda pas à se transformer lui aussi, mais sa métamorphose arriva trop tard. Le loup avait déjà pris de la hauteur en escaladant une voiture et prenant son élan, il fit un immense bond pour atteindre l'homme oiseau face à lui. Attaquant la gueule grande ouverte, Derek s'accrocha où il put tandis que son poids les envoyait glisser sur le sol.

D'un coup de son bras (ou ailes, Derek ne savait pas trop, car ils étaient recouverts de plumes noires), le monstre envoya Derek valser contre une voiture dont l'alarme se déclencha. Fier de la facilité avec laquelle il avait envoyé le loup valser, Peterson se redressa un air arrogant déformant ses traits aux allures de corbeau.

Même lorsque Derek se releva en s'ébrouant, il ne s'inquiéta pas. Et si sa bouche, qui ressemblait plus à bec, le lui avait permis, il aurait souri de joie. À la place il laissa échapper un croassement amusé avant de commencer à suivre les mouvements du loup qui tournait en rond en boitant légèrement.

— Le rrrepas passé à me gorrrgé de la louve mmmhm… le meilleurrrr depuis des années.

Derek grogna en entendant sa voix croassante, mais il ne l'attaqua pas. Alors qu'ils tournaient toujours, formant un cercle parfait, Peterson regarda ses doigts effiler avant d'en rajouter une couche.

— Sa vie était si… savourrrreuse.

Si son but avait été d'énerver Derek, il était arrivé à ses fins, car il ne fallut pas deux secondes mais une seule pour que le loup s'élance sur le monstre dans un grognement retentissant. Bien sûr, le monstre était prêt et il accueillit le loup avec une de ses mains griffues avant de le balancer une seconde fois contre une voiture.

Derek glapit au choc et ne se releva pas. Peterson en profita pour s'approcher prêt à se nourrir sur lui. Certes les enfants étaient meilleurs, mais il se contenterait de ce loup pour sa paix. Seulement une voix le fit s'arrêter.

— On ne vous a jamais appris à vous méfier des humains ?

N'ayant que faire de tirer dans le dos de ce monstre qui s'était attaqué à sa famille, l'ex-shérif de la ville tira deux balles en plein cœur du monstre.

Avant même que la Strige ne tombe au sol, John se précipitait déjà vers Derek. Il avait repris forme humaine lorsqu'il avait perdu connaissance et il ne semblait pas vouloir rouvrir les yeux. Cela ne disait rien qui vaille à John. Il commençait à se demander s'il allait devoir le frapper pour le faire revenir à lui.

— Gamin, réveille-toi !

[…]

Peter gara la Camaro devant l'hôpital dans un crissement de pneu. Et si ce n'était pas le moment d'en retirer de la satisfaction, tant pis. Personne d'autre que lui ne le saurait. En plus, Stiles s'était déjà éjecté de la voiture sans demander son reste.

Arme au poing, l'humain s'était mis à courir dans l'hôpital, quelques infirmières et médecin tentèrent de l'arrêter, mais aucun n'insista en voyant son uniforme. Stiles dévisageait tous les médecins qu'il croisait, sans trouver Peterson. Finalement il s'engagea dans un ascenseur pour monter à l'étage de la pédiatrie sans penser une seconde à attendre Peter qui cherchait une piste derrière lui.

Arrivé au quatrième étage Stiles cacha son arme pour ne pas effrayer d'enfant et il reprit sa course folle. Il esquivait les nombreuses infirmières qui s'occupaient des enfants qui s'était miraculeusement réveillés. Arrivé à la chambre quarante-quatre il ne s'arrêta pas et ouvrit en grand. Il ne restait plus que les chaises et un lit dans la chambre où les jumelles et les enfants de Scott auraient dut se trouver. Il sortit de la chambre et regarda des deux côtés du couloir, comme si les murs allaient lui donner des réponses.

Stiles pensait vraiment qu'il allait commencer à paniquer. Ok, il paniquait, mais il prit sur lui pour essayer de faire travailler ses méninges. Il songea une seconde à demander à Peter une piste sur les odeurs avant de se rendre compte qu'il l'avait laissé en plan et qu'il était certainement déjà loin : Entrain de suivre la bonne piste.

— Mais quel abruti !

Alors que sa vue se troublait de larme de rage, deux voix raisonnèrent dans le couloir. Ce son était comme une douce symphonie à ses oreilles.

— Daddyyyyy !

Se tournant vers elle, il tomba à genoux, les larmes de rage se transformant en larmes de joie. Ses filles étaient là, debout et elles couraient vers lui avec Melissa inquiète qui resta en retrait. Écartant les bras en grand, il accueillit ses filles en vacillant à peine malgré le choc frontal. Les enfermant dans une étreinte réconfortante, autant pour lui que pour elles, Stiles respira à plein poumon leurs odeurs.

Izi était réveillée. Ses filles étaient là, elles allaient bien.

S'écartant légèrement, il attrapa le visage d'Izi pour la fixer dans les yeux, elle semblait fatiguée et ses cheveux aux reflets roux étaient tout décoiffés, mais c'était tout. Il l'embrassa sur le front avant de faire de même avec sa jumelle. Les reprenant dans ses bras, il oublia pour quelques secondes le monde extérieur. Ce fut finalement Izilbeth qui le ramena sur terre.

— Daddy, où sont papa et maman ?

Et que pouvait-il répondre à ça ? Lydia était normalement en sécurité avec Scott mais Derek. Il n'en avait aucune idée. Jetant un regard emplit d'espoir à Melissa qui était avec Ali et Raiden, il comprit vite qu'elle n'en savait pas plus.

— Ils vont arriver bientôt d'accord ma loupiote ?

Izi hocha la tête doucement, mais de grosses larmes coulaient déjà sur ses joues. Tout le monde avait intérêt d'arriver fissa s'ils ne voulaient pas voir Stiles s'énerver. Il était hors de question que quelqu'un manque à l'appel aujourd'hui.

[…]