12 Janvier 1978
Poudlard, Ecosse.
Depuis qu'elle était revenue, elle tentait d'éviter Sirius. Peut-être qu'elle pourrait encore empêcher leur passion, mais elle en doutait. Aimer deux personnes à la fois et aussi fort ne pourrait que se terminer dans la douleur. Elle devait les préserver et achever sa mission. Rester avec Evan et ne plus voir Sirius.
18 Janvier 1978
Poudlard, Ecosse.
Elle n'arrivait pas à s'en défaire. Elle savait qu'elle ne tiendrait plus longtemps. Elle maudissait sa faiblesse. Elle maudissait son cœur pour aimer deux personnes. Elle se maudissait pour s'être créé des obstacles qu'elle n'avait pas la force de combattre. Elle ne faisait qu'esquiver et bientôt elle devrait faire face. Trajan ne pouvait pas l'aider. Elle était seule. Avec Evan et Sirius.
25 Janvier 1978
Salle désaffectée, Poudlard, Ecosse.
Il avait attendu pendant trop longtemps et c'est avec fureur qu'il lui avait pris la main et qu'il l'avait entrainé. Elle n'avait montré aucune opposition, elle s'était mise à courir avec lui. Dès qu'il l'avait touché, elle s'était senti libérée d'un poids.
Dans cette pièce délabrée, au fond d'un couloir isolé, ils se mordaient, s'étreignaient, se griffaient, se serraient, s'écrasaient. La nuit tombait et dans la pénombre envahissante elle avait l'impression de rompre l'interdit. Elle effleurait sa mâchoire, ses épaules, son dos. Il frôlait ses joues, son cou, son ventre. Elle le ressentait, elle le goûtait. Il l'éprouvait, il la savourait. Ils s'arrachaient l'un à l'autre pour mieux se fracasser. Ils se brisaient. Ils étaient tellement morcelés qu'on ne pouvait plus les séparer.
La nuit était tombée, ce serait bientôt l'heure du repas. Ils restèrent l'un contre l'autre. Il n'y avait aucun bruit, ils ne parlaient pas, seuls leurs souffles ardents se répondaient. Ils pressaient leurs mains, les unissaient. Mais ils ne pouvaient rester liés. Dans le même mutisme, ils partirent chacun de leur côté, leur fièvre réduite à de légers frissons. Ils avaient hâte qu'elle reprenne.
Le temps des choix viendrait plus tard.
« Mara!»
Sa voix résonne sur les murs délabrés de l'usine désaffectée.
« Qu'est-ce que tu as fait ?! Tu étais sensée t'éloigner ! Pas coucher avec lui !
- Je suis désolée… Ecoute, ça n'entravera pas notre tâche.
- Ca ne l'entravera pas car tu ne le verras plus Mara !
- Tu ne peux pas me juger ! Toi aussi tu te laisses aller ! Tu es devenu leur ami ! Leur ami, Trajan !
- Ca ne gêne pas la mission ! Alors que toi, si les Serpentards le découvrent…
- Ne joue pas à ça Trajan, je te connais. Tu ne les trahiras jamais !
- Alors que toi si.
- Oui.»
Trajan s'était calmé. Il ressentait la peine de sa sœur. Oui, elle sacrifierait tout. Il le savait.
« De nous deux, c'est toi qui t'éloigne de la mission.»
Il ne répond pas. Mara a peut-être raison. Elle est plus habile pour se protéger des autres. Pour se cacher. Mais elle a aussi tort.
« Tu te caches la vérité. Un jour, tout s'écroulera Mara. Ne joue pas trop avec le feu.»
14 Février 1978
Poudlard, Ecosse.
Elle embrassait Rosier. Il sentait que Sirius se tendait à ses côtés. Il aurait voulu lui dire de laisser Mara, de ne plus l'approcher. Mais il ne l'aurait pas écouté. Il aurait demandé des raisons qu'il aurait écarté aussitôt. Non, elle n'aimait pas Rosier. Non, elle ne serait pas une mangemort. Non, elle n'avait pas les mêmes idées que Voldemort. Bien sûr qu'elle partirai avec lui après Poudlard. Mais que croyait Sirius ? Mara ne lui avait donné aucune réponse. Elle avait cédé à sa passion, alors qu'elle l'abandonnerait dans quelques mois. Elle deviendrait une sbire de Voldemort, elle le bafouerait pour réussir sa mission. Trajan était persuadé qu'elle le tuerait si c'était nécessaire.
Ils s'étaient bâti une hyménée impossible. Trajan devrait la démolir. Il devrait anéantir les espoirs de Sirius et protéger Mara de ses sentiments. Mais il ne le ferait pas. Car c'était sa sœur. Car c'était son ami. Et qu'ils voulaient tous être libres. Il espérait que Mara ferait les bons choix. Lui, les ferait.
14 Février 1978
Poudlard, Ecosse.
Mara embrassait Evan. Elle savait que Sirius la regardait et ça devait être une torture pour lui. Elle ne lui avait donné aucune explication. Ils s'approchaient et se dérobaient toujours sans un mot. Elle devait le rejoindre.
Il devait être 16 heures quand elle le croisa, seul. Il était adossé à un mur et il se redressa quand il la vit. Comme si il l'attendait.
« Je te cherchais.
- Moi aussi. Tu viens ?»
Ils allèrent dans une pièce écartée des autres. Le château leur semblait vivant et mouvant. Ils découvraient sans cesse de nouvelles pièces où se terrer, caler l'un contre l'autre, dans un brasier ouaté.
Il devait être 18 heures. Elle se dégagea. Elle ancra ses yeux dans les siens.
« Tu ne poses aucune question.
- Tu y répondrais ?
- …
- Pourquoi tu sors avec Rosier alors que tu m'aimes ?
- Tu sais qui est ma famille Sirius ? Après Poudlard…
- On ne sera plus jamais ensemble, c'est ça ?
- Je suis désolée.
- Pourquoi tu ne les quitterais pas ?! Comme moi, comme ton frère ?
- Je ne suis ni toi ni mon frère. Je resterai avec ma famille.
- Je ne te comprends pas !
- C'est ce que je veux.
- Je ne te laisserai pas faire ça ! Tu es différente d'eux.»
Ils n'ajoutèrent pas un mot. Elle s'écarta de lui. Ils sortirent. Avant de se quitter, il l'interpella :
« Mara! Est-ce que tu détestes vraiment Trajan ?
- Et toi… Est-ce que tu détestes vraiment ton frère ? » Lui souffla-t-elle avant de s'éclipser.
Il avait voulu tester ses convictions sangs-purs avec sa dernière question. Elle n'aurait pas dû répondre, car lui, il aimait toujours Regulus. Mara sentait que les événements se précipitaient. Elle devait faire attention. Elle savait que bientôt, elle perdrait Sirius. Et il s'en doutait aussi.
Mais était-ce vraiment mal d'en avoir profité tant qu'ils l'avaient pu?
