Crédits : les personnages, à quelques exceptions près, appartiennent à Maki Murakami, nous nous contentons simplement de les emprunter.
Merci à tous ceux et celles qui suivent cette histoire !
Note pour ARnoFool : merci pour ta review! Oui, c'est clair que le pairing Tatsuha/Ryûichi est plus populaire (et presque canon, faut dire) mais le Hiro/Suguru finira par obtenir la reconnaissance qu'il mérite, mouahaha! (Non? ^^' ) Quant à Tôma, il n'a pas fini de sévir mais il ne faut pas croire, Kira et moi l'aimons bien.
CHAPITRE XI
Conversation téléphonique entre Suguru Fujisaki et Hiroshi Nakano
« Allô ?
- Monsieur Nakano, c'est moi.
- Suguru ? Mais… mais bon sang, qu'est-ce qui se passe ? Où es-tu parti ? Seguchi m'a laissé un message hyper menaçant sur mon portable par lequel j'ai appris que tu n'étais pas rentré à ton lycée. Qu'est-ce que tu as fait ? Une fugue ?
- Je suis à Kyôto. Je vous téléphone de la gare, vous savez bien qu'on m'a pris mon téléphone.
- À Kyôto ? Mais… pourquoi ?
- Je vais aller voir mes parents. J'ai besoin de parler avec eux. K et moi avons eu une discussion après votre départ et il m'a fait une proposition. J'ai bien réfléchi, et je veux essayer une dernière chose avant de lui donner ma réponse. Faites-moi confiance.
- Qu'est-ce que tu comptes faire ?
- Discuter. Mes parents savent ce qui est le mieux pour moi. Je vous rappelle dès que possible. À tout à l'heure. Je vous aime.
- J'espère que tu sais ce que tu fais. Je t'aime aussi, mon cœur. Rappelle-moi vite. »
Kyôto – maison des Fujisaki
« Bonsoir, maman.
- Suguru ? Mais qu'est-ce que tu fais ici ? Ton père et moi étions morts d'inquiétude depuis que nous avons reçu ce coup de fil de Tôma. Qu'est-ce qui t'a pris de t'enfuir comme ça ? Tu es devenu fou !
- Je dois vous parler. Puis-je le faire à l'intérieur plutôt que sur le pas de la porte ? C'est très important.
- Bien sûr.
- Bonsoir, papa.
- Suguru ? Mais enfin…
- Comme je viens de le dire à maman, je suis venu jusqu'ici pour vous parler de quelque chose de très important. Je vais tâcher d'être bref mais je vous demande de m'écouter sans m'interrompre. Voilà, je préfère être honnête, ainsi nous pourrons jouer cartes sur table. Je sais que vous agissez pour mon bien, mais ce n'est pas en faisant ce que vous faites que vous parviendrez à m'éloigner de Nakano. Je l'aime. Non, laissez-moi terminer d'abord. Il ne m'a pas séduit. Il n'a joué aucun jeu avec moi. Ça s'est fait petit à petit, tout simplement. Il ne cherche pas à jouer avec moi et je lui fais confiance.
- Suguru, tu…
- Je n'ai pas terminé. Je ne veux pas être contraint de l'aimer à la sauvette, comme si ce que nous faisions était sale, honteux ou malhonnête. J'ai reçu une proposition, cet après-midi. Une très grosse maison de disque américaine est intéressée par Bad Luck, à condition que je collabore avec eux. Mon… interlocuteur a mentionné l'émancipation. Si je fais ça, je serai libre d'aller où je veux, de vivre avec qui je veux. Mais… je vais être franc, je ne veux pas en arriver à cette extrémité. Je ne veux pas couper les ponts avec vous, c'est grâce à vous et votre soutien si j'en suis là où je suis et je ne veux pas être obligé d'avoir à choisir. Bad Luck ne me détournera jamais du piano. Et je suis persuadé que Nakano ne fera jamais rien qui me soit préjudiciable. Je lui ai dit que j'allais le rappeler. Si je le lui demande, il viendra et vous pourrez vous assurer de ses intentions. Voici tout ce que j'avais à vous dire. À présent, la balle est dans votre camp.
- … Très bien. Téléphone à Nakano. S'il prend le premier train demain matin il peut être là à huit heures.
- Merci, maman.
- Attends avant de me remercier. J'ai encore à entendre ce jeune homme. Je suppose que tu n'as pas mangé avant de partir ? Assied-toi, il reste du donburi. »
Tokyo – appartement d'Hiroshi et Yûji Nakano
« Mes parents savent ce qui est le mieux pour moi… et bien j'espère, parce que moi, si j'avais écouté les nôtres…
- Tu ne veux pas te calmer un peu ? Tu me donnes le tournis…
- Comment tu veux que je reste calme ? Et s'ils ne l'écoutent pas ? S'ils décident de l'enfermer, de le garder à Kyoto, de…
- Eh bien il ne te restera plus qu'à enfiler ton armure de chevalier blanc et à voler à son secours.
- Très drôle…
- Écoute, s'il t'a dit qu'il allait convaincre ses parents, c'est sans doute la vérité, il les connaît mieux que toi.
- D'une façon ou d'une autre, Yûji, les relations homosexuelles ne sont pas admises dans la société japonaise, et surtout pas dans ce genre de milieu.
- Pourtant, Yuki et Shuichi…
- Ça, c'est un cas à part. Une histoire extraordinaire, dans tous les sens du terme.
- Qu'est-ce que tu vas faire, alors ?
- Qu'est-ce que j'en sais, moi ? »
Rapport de : Claude Winchester à : Rage, directrice artistique XMR
Alerte ! La cible SF a disparu dans la nature, et TS semble se douter de quelque chose.
Je passe à la mise en œuvre du plan B.
Conversation téléphonique
« Allô, Hiro ?
- Ah, Shu…
- Cache ta joie, surtout. Désolé de ne pas m'appeler Suguru Fujisaki.
- Non, c'est pas ça, mais…
- Hiro, est-ce que K t'a parlé d'autres projets pour Bad Luck, récemment ?
- D'autres projets ?
- Oui, comme partir aux États-Unis, par exemple.
- Non, pourquoi ?
- Parce qu'apparemment, c'est ce qu'il a derrière la tête.
- Attends, et notre contrat avec N-G ? Et… Suguru ?
- Vu les circonstances, Seguchi sera plus que content de se débarrasser de nous, et d'ailleurs c'est réciproque. Quant à ton précieux claviériste, apparemment il a trouvé une combine pour qu'il puisse venir.
- …
- Hiro ?
- Oui. J'aurais du me douter que rien n'était gratuit, avec lui…
- Quoi ?
- Non, rien. Tu lui as répondu quoi ?
- Que si c'était pour ne plus avoir Seguchi sur le dos et gagner plus de fric, je signais tout de suite !
- Et Yuki ?
- Bah il vient avec moi, pourquoi ?
- Pour rien. Attends, mon portable sonne, je te rappelle. »
Messagerie téléphonique
« Bonjour, vous êtes bien sur le répondeur d'Hiroshi Nakano. Je ne suis pas disponible pour le moment mais n'hésitez pas à me laisser un message, je vous rappellerai dès que possible. »
« Monsieur Nakano ? J'ai parlé à mes parents, et ils tiennent absolument à vous rencontrer demain, à huit heures. Ne soyez pas en retard s'il vous plaît. Et soyez convaincant… A demain, je vous aime. »
Valise
Jeans de rechange (je ne sais pas combien de temps je vais rester)
Pantalon habillé (il faut faire bonne impression)
Boîtes de chocolat (heureusement que j'avais des stocks, espérons que c'est une faiblesse familiale)
Chemise (sur le dessus pour qu'elle ne se froisse pas trop)
Cravate (euh… c'est vraiment nécessaire ?)
T-shirt (uni, faisons soft)
Brosse à cheveux (bon, ils sont toujours trop longs, mais là je n'y peux rien ; peut-être que si je les attache ?)
Pyjama (soyons optimiste et estimons que je ne vais pas me faire jeter dehors)
Brosse à dents et dentifrice
Savon à la noix de coco (Suguru a dit qu'il aimait bien ce parfum)
Livre (il faut bien s'occuper pendant le trajet en train… le prix Akutagawa, ça devrait faire assez sérieux)
Relevé bancaire (on ne sait jamais quel genre de garantie ils peuvent exiger)
Papiers d'identité
Love Note (ça pourrait servir)
Ipod
« Non, Yûji, je n'ai pas besoin de préservatifs ! Arrête tes plaisanteries d'un goût douteux.
- T'es mignon. On dirait un chevalier qui va demander sa princesse en mariage.
- Ta gueule. »
Shinkansen
Tout va bien se passer. Tout va bien se passer. Tout va bien se passer.
Aux dernières nouvelles les Seguchi n'étaient pas anthropophages.
Tout va bien se passer. Tout va bien se passer. Tout va bien se passer.
Suguru, il faut vraiment que je t'aime pour faire un truc pareil.
Tout va bien se passer. Tout va bien se passer. Tout va bien se passer.
Kyôto, maison des Fujisaki – hall d'entrée
« Bonsoir monsieur Nakano. Veuillez entrer.
- Merci. Hum, Suguru n'est pas là ?
- Mon mari et moi-même voulions d'abord vous parler.
- Je comprends. D'accord, je vous suis. »
Shu, au secours !
Kyôto, maison des Fujisaki – bureau
« Monsieur Nakano, je n'irai pas par quatre chemins : notre fils est encore extrêmement jeune, et vous comprendrez que nous ne voyons pas d'un bon œil qu'il s'engage dans une relation sérieuse avec une personne plus âgée… qui plus est un garçon.
- Oui… je comprends. Mais je n'ai nullement l'intention de lui nuire en quoi que ce soit.
- Avez-vous l'intention d'avoir des relations sexuelles avec lui ?
- … !!!
- Eh bien, répondez.
- Entre deux personnes qui s'aiment, il me semble normal de…
- Non. Ça n'est pas normal. D'autre part, votre réputation est sujette à caution.
- Si vous faites allusion à cette histoire de prostitué, la presse a fait beaucoup de bruit autour d'un incident mineur, ça ne veut pas dire que je me roule dans la débauche toutes les nuits.
- Vous avouerez qu'il est tout de même troublant que ce garçon ait autant ressemblé physiquement au nôtre. Enfin. Vous avez quitté la demeure familiale à dix-huit ans, abandonnant des études prometteuses pour suivre votre illuminé d'ami chanteur, et partagez un appartement avec votre frère Yuji, chômeur chronique et consommateur de substances illicites…
- …
- Vous comprendrez que tout cela ne nous inspire guère confiance.
- Oui. Je… je comprends. Toutefois je n'ai jamais rien fait de répréhensible, même si la vie que je mène peut sembler un peu bohème. Et si je devais… vivre avec Suguru, je ferais en sorte que tout soit irréprochable.
- Quelles garanties pouvez-vous nous donner ?
- Je… je l'aime. Je ferais n'importe quoi pour lui.
- Y compris le quitter ?
- Le quitter ? Mais pourquoi ?
- Comme je vous l'ai dit il est encore très jeune. Ce serait dommage qu'il gâche sa vie pour une simple amourette de jeunesse, à cause d'une liaison qui fera forcément la une des journaux à un moment ou à un autre.
- Mais… ce n'est pas une simple amourette ! Je l'aime vraiment, sincèrement… comme je n'ai jamais aimé personne.
- Alors que vous vous connaissez depuis quoi ? Quelques mois ? N'est-ce pas un sentiment un peu subit ?
- Non. Non, c'est faux, mais si vous refusez de comprendre ce que je ressens, alors il est inutile que je perde mon temps à argumenter.
- Vous abandonnez la partie ?
- Jamais. J'attendrai le temps qu'il faudra, mais je n'abandonnerai jamais.
- Louable persévérance. Bon, écoutez-moi attentivement : étant donné que Suguru est capable de se montrer très obstiné quand il le veut, nous acceptons de vous donner une chance. Mais, il y a des conditions.
- Oui ?
- D'abord, si le moindre scandale venait à survenir durant cette période, nous considérerions aussitôt notre accord comme caduque.
- D'accord.
- Ensuite je vous prierai d'arrêter de fumer. Je ne veux pas que mon fils soit exposé au tabagisme passif.
- Pas de problème.
- Et enfin, aucune relation sexuelle avant qu'il n'ait au moins dix-huit ans.
- Pardon ?
- Vous m'avez très bien compris. S'il s'agit réellement d'amour et non de vulgaire désir, vous saurez vous maîtriser jusque là, n'est-ce pas ?
- C'est un test ?
- Vous comprenez vite. Ai-je votre parole ?
- Ce n'est pas comme si j'avais le choix, n'est-ce pas… entendu.
- Bien. Je saurai vous rappeler cet entretien, le cas échéant. À présent il est temps d'aller rassurer Suguru. »
Conversation téléphonique entre Hiroshi Nakano et Velouria Konoe de Almeida
« Allô ?
- Salut, Vel. C'est Hiro.
- Hiro ! Comment vas-tu depuis la dernière fois ? Des progrès avec ton amoureux ?
- Ne m'en parle pas. Je suis chez lui en ce moment.
- Hé bien ! Ça avance à grands pas, vous deux !
- C'est pas du tout ce que tu crois. Imagine un peu que j'ai subi un véritable interrogatoire de la part de ses parents afin de déterminer si j'étais digne de fréquenter leur fils ! Je t'avoue que j'avais les jambes qui flageolaient. Au final, j'ai passé l'épreuve avec succès mais non sans compromis. Entre autre… il va falloir attendre deux ans avant d'aller plus loin. Tu vois un peu ? Mais bon, j'attendrai. Qu'est-ce que je peux faire d'autre ?
- Mon pauvre. Enfin, au moins vous n'aurez plus à vous cacher. Et lui, qu'est-ce qu'il en dit ?
- Il est content. C'était horrible ce matin, sa mère l'a appelé et alors que je crevais d'envie de lui bondir dessus et l'embrasser à en perdre haleine, vu que ses parents étaient là on est restés plantés face à face comme deux idiots. Bon, le reste de la journée on l'a passé ensemble dehors et surtout on a bien pris soin d'attendre d'être seuls pour nous embrasser.
- Ça se passe plutôt bien, alors. Tant mieux pour toi.
- Oui mais… c'est tout de même super frustrant. Tu n'imagines pas combien j'ai envie en ce moment même d'aller le retrouver dans sa chambre mais je suis certain que ses parents ne dorment que d'un œil.
- Au moins ils ne t'ont pas jetés à la rue. Prends ton mal en patience, mon petit Hiro.
- Merci, ta sollicitude me touche beaucoup. Hé bien… Bonne nuit, Vel.
- Toi aussi. Bye. »
Mail de Suguru Fujisaki à Shinichi Garai
Bonjour Shinichi,
Ça y est, je suis officiellement sorti de prison. Mes parents ont reconnu qu'ils s'étaient affolés un peu vite et qu'ils avaient agi sous le coup de l'émotion. Nous avons discuté sérieusement et ils ont décidé de me retirer de ce lycée sinistre. Pour l'instant, je suis donc de retour sous le toit de mon cousin qui me fait plutôt grise mine – à croire que je lui ai personnellement fait du tort. Je sais qu'il n'aime pas que l'on remette en question son autorité mais jusqu'à preuve du contraire, je suis sous l'autorité de mes parents.
Libre, donc ! Et à nouveau en mesure de fréquenter qui j'ai envie. À savoir que, en ce qui me concerne, il n'y a pour l'instant que Nakano dont j'ai envie de me rapprocher. Là encore, nous sommes parvenus à un compromis avec mes parents (ils l'ont sommé de venir dimanche, par le premier train !) à savoir que je me suis engagé à… ne pas faire certaines choses avec lui jusqu'à mes dix-huit ans. Bon, il faut savoir faire des sacrifices parfois… et puis, en deux ans, les choses peuvent évoluer. Nakano, quant à lui, est tenu (entre autres) d'abandonner ses cigarettes, ce qui n'est pas plus mal – mais je sens que ça risque de ne pas être facile pour lui sur ce point. Enfin, il a juré à mes parents qu'il allait le faire. Comme quoi…
Je ne sais pas encore de quelle manière va se poursuivre mon séjour à Tokyo. Ma collaboration avec Bad Luck n'est pas encore achevée mais vu où en sont les choses, je ne pense pas rester encore longtemps chez Tôma. Je peux me prendre un petit studio en attendant. Ce n'est pas non plus comme si Nakano et moi allions emménager ensemble, de toute façon.
Je n'ai pas donné suite à la proposition de notre manager de signer dans une maison de production américaine. Nous ne sommes rentrés à Tokyo qu'en début d'après-midi, deux jours de coupure avant une reprise musclée car à présent nous allons nous replonger dans le travail sans plus perdre de temps. Nous n'avons donc pas pu en reparler mais pour tout dire je n'ai pas envie de partir m'installer aux États-Unis, pas pour l'instant. Demain j'irai récupérer mes affaires à Otemae et tout reprendra comme avant.
Donne le bonjour à ta famille de ma part,
Suguru.
Lycée Otemae – chambre 13
« Alors Fujisaki, on nous quitte déjà ?
- Que faites-vous ici ? Il y a cours en ce moment, non ?
- Ouais… et toi tu t'es arrangé pour te sortir de là. Avoue que c'est pas juste.
- C'est ma venue ici qui était injuste, pas mon départ.
- Tu te la joues parce que tu fais partie d'un groupe, mais en fait t'es rien qu'une petite pute, hein…
- Je vous prierais de rester poli.
- Eh, ne pars pas comme ça ! Tu vois, tu t'en vas alors que nous restons coincés ici, c'est quand même injuste. Alors on s'est dit qu'on allait s'amuser un peu avant que tu partes…
- Lâchez-moi ou je HURLE.
- Tu peux hurler tant que tu veux, l'étage est vide à cette heure.
- Aïe ! Il m'a mordu, la vache, ça fait mal !
- Mais tiens-le !
- AU SECOURS !
- Sale teigne !
- Mais enfin qu'est-ce qu'il se passe ici !? »
Conversation enregistrée sur portable
« Bonjour, vous êtes bien sur le répondeur d'Hiroshi Nakano. Je ne suis pas disponible pour le moment mais n'hésitez pas à me laisser un message, je vous rappellerai dès que possible. »
« Hi… Hiro… rappelle-moi, s'il te plaît… »
