Chapitre 10
« Sans déconner ? Tu penses ? Tu penses vraiment me connaître Itachi ? Permets-moi de douter. Tu sais, si tu me connaissais vraiment, tu serais déjà en train de me tuer, non mieux ! Tu m'aurais tué quelques secondes après notre rencontre. »
Madara recula, fixant le visage d'Itachi. Ses yeux étaient plissés. Comme s'il cherchait quelque chose, une chose invisible.
« Itachi. Je crois avoir compris…En fait, tu as déjà gagné le jeu, hein ? Laisse-moi t'apprendre que je ne… »
Madara sourit.
« Connais pas… »
Itachi eut un geste de recul.
« L'échec. »
Tu as perdu, Madara, s'exclama une voix derrière eux.
Madara se retourna.
Naruto-kun, souffla Itachi.
Naruto était sublime. Brandissant son TMP en direction de Madara, sa robe légère bougeait au vent, tout en lenteur. La brise chaude était parfaite, Surpris par l'apparence particulière de son homme, Itachi ne bougea plus. Il était armé et tenait l'individu étrange en joue. Il crut rêver, mais très vite, il se résolut à croire ce qu'il vivait.
Qu'est-ce que tu fais ? demanda aussitôt Itachi.
Enfin, ce fût au tour de Naruto de ne plus croire en ce qu'il voyait. Lentement son étreinte sur la puissante mitrailleuse se desserra. Il reconnut Itachi et Madara fut presque amusé de la situation. Il se retourna vers Itachi, et son sourire était encore plus éclatant, plus fourbe encore.
Ça alors ! s'exclama-t-il de sa voix théâtrale et grandiose, on dirait qu'on se retrouve tous… Vous n'êtes pas venus ensemble, on dirait…
Tais-toi, dit Naruto en reprenant ses esprits.
Son TMP était encore pointé en sa direction. Madara jeta un regard vers Naruto.
Itachi-sama, continua Naruto, ne bouge pas. Je vais tuer cet homme qui a détruit nos vies.
Le rire tonitruant de Madara résonna dans le parc silencieux, comme mort. A cet instant, les lèvres d'Itachi s'étaient entrouvertes. Il fixait l'homme à ses côtés. Leurs regards se croisèrent.
Il se souvenait.
-Madara ? Bonjour.
-Bonjour, répondit-il en souriant.
Il croisa les bras, et s'avança lentement dans le bureau, d'un pas confiant. Il s'approcha d'Itachi. Il avait toujours ce putain de regard. Personne n'arrivait à le décrypter. Et Itachi encore moins. Quoique.
(…)
Madara parut surpris. Puis, il décrocha un sourire éclatant et vicieux. Il s'approcha de lui, et porta ses mains à sa chemise. Il la tira lentement à lui, et leva les yeux vers ses deux cernes creusés et pâles.
-Tu dis que ça rapportera à l'entreprise ? demanda Itachi.
Madara hocha vivement la tête.
-La crédibilité en plus. On va avoir une demande d'emploi croissante. Tout le monde va nous envier, Itachi. Et nous, on va être tellement au-dessus de tout ça.
(…)
-Madara, dit Itachi, qu'est-ce que tu es en train de faire ?
-Je te laisse deviner, Itachi.
(…)
Il se dirigea vers Naruto. Il tendit le bras vers lui, pour le saisir à son cou et à ce moment-là, Itachi, comme secoué d'un courant électrique se leva brusquement du fauteuil.
-Ne le touche pas, cria-t-il.
Madara se stoppa net.
(…)
-Laissez-moi là, hurla Madara en se faisant emporter par les policiers, laissez-moi, un capitaine ne quitte pas son navire en naufrage !
Les cris de Madara.
Itachi fit face à Madara.
Qu'est-ce qui t'arrives, Itachi, t'as perdu ta langue ? Naruto-kun va tuer un innocent…
Naruto s'était approché. Il tendit l'arme vers Madara mais Itachi avait empoigné le cou de Madara et serrait. Madara était figé, le regard terrifié et terrifiant. Il scruta le visage de son agresseur, les traits angoissés. Les forces de Madara l'abandonnèrent.
Naruto assistait à la scène en silence.
« Pourquoi est-ce que tu fais ça ? »
« Pourquoi me laisses-tu ? »
« Itachi… »
Madara tomba au sol lorsqu'Itachi cessa d'exercer son agressive emprise sur lui. Il toussa violemment, les mains caressant son propre cou meurtri par l'asphyxie partielle dont il venait d'être victime. Itachi tourna les yeux vers Naruto qui levait son arme une fois de plus vers la chevelure de Madara, secouée de tremblements.
Non.
Le temps s'était arrêté. Itachi venait de poser la main sur le canon du TMP et l'avait baissé. Le regard profond d'Itachi avait pénétré l'éclatant bleu de Naruto.
Ne lui accorde pas ce plaisir. Il souffre déjà assez.
Naruto trembla.
Ne le laisse pas briser nos vies. Il n'en a jamais été capable jusque-là.
Madara rampa sur quelques mètres. Il se redressa, chancelant. Il marchait en direction du grand bâtiment, fumant. Le hall était encore intact, mais le reste des lieux avait littéralement explosé. Il ne se retourna pas, le visage dénué d'expressions il se traîna jusqu'aux marches. Il les monta, pas à pas sans s'essouffler. Tout en lenteur il vint sous le dôme doré et balaya la salle du regard. Elle fumait encore, et les corps jonchaient le marbre parfait. Madara s'avança, de sa démarche fine et unique. Il baissa les yeux vers le corps de Kisame. Ses yeux étaient grands ouverts. Il le scruta, méprisant avant de s'allumer une cigarette. Il saisit un siège et s'assied, indifférent.
Madara saisit la bouteille de vin.
Il fit couler le liquide contre le cristal, le contempla.
Les gyrophares atteignaient ses sombres pupilles.
« Très bien, Itachi. »
Il huma le raisin. Les forces de l'ordre débarquèrent, et il entendit même distinctement un hélicoptère qui tournait, au-dessus. Il leva les yeux au ciel, toujours assis, une main dans la poche.
« Tu as presque gagné. Je quitte la scène, car je l'ai voulu.»
Police de Bangkok. Interpol est avec nous. Madara Uchiwa, vous êtes en état d'arrestation. Veuillez mettre vos mains… »
Madara but le breuvage, esquissant un bref sourire.
« Game Over… »
Madara tomba de sa chaise, lentement. Ses grands bras minces se baissèrent, et les mèches d'un noir presque bleu passèrent devant ses paupières. Il se posa au sol avec grâce, comme la neige atteint le sol en silence. Sa pâleur. Sa beauté. Son regard cessa d'être. Comme une lueur éteinte, ses yeux obscurs se perdaient dans le néant. Le vide. La mort avait emporté Madara Uchiwa.
La présentatrice aux cheveux roses s'éclaircit la gorge.
Antenne dans trois secondes Haruno, s'exclama une voix.
La jeune femme hocha la tête.
« Mesdames, messieurs, bonsoir. Nous nous excusons d'interrompre vos programmes pour une alerte d'information spéciale. L'auteur du massacre d'Uchiwa Cie, l'attentat de Shinjuku, Madara Uchiwa a été retrouvé mort hier soir à vingt-trois heures, dans une salle des fêtes de Bangkok. Les forces de l'ordre sont intervenues après que de violentes explosions aient secouées le bâtiment situé à l'extrême sud de la ville. Les policiers, escortés par Interpol y ont fait d'incroyables découvertes. »
Hélicoptère. Cadavres.
« L'organisation illégale mafieuse de l'Akatsuki avait déjà aidé Madara lors de l'attentat d'Uchiwa Cie. Souvenez-vous : les experts avaient retrouvés sur les lieux quatre corps, ceux d'Hidan, Konan, Peine et Kakuzu, quatre hors la loi venus de Thaïlande, membres de l'Akatsuki. Madara, pôle financier du monde à l'époque constituait pour eux la chance de dominer les secteurs majeurs de la société. Après sa fuite, Madara s'est rendu au siège même de l'Akatsuki, rejoignant ses derniers membres, Zetsu et Kisame. Leurs corps ont été identifiés hier aux côtés de celui de Madara. L'Akatsuki est orpheline, le complexe anéanti. »
Des photos de leurs visages.
« Itachi Uchiwa, président de la compagnie Uchiwa Cie, récemment sorti d'un coma de huit mois a subi d'importantes amnésies temporaires. A l'heure actuelle, l'homme a recouvré la mémoire et a refusé de s'exprimer au sujet de la mort de son ex-partenaire. »
La présentatrice scruta la caméra, d'un air grave.
« Considéré comme la catastrophe humaine la plus importante du pays, l'attentat de Shinjuku reste dans les mémoires. Le décès brutal du leader, Madara alors en cavale met un terme aux souffrances des survivants endeuillés. Ayant écopé la peine capitale, les funérailles de l'homme se tiendront demain en fin d'après-midi à Kyoto, sa ville natale. Restez sur notre chaîne pour plus de détails sur l'affaire. »
L'écran s'éteint.
« Je ne veux pas de votre argent. »
Oh ? s'étonna Orochimaru en croisant les bras.
Oui.
Pourtant cet argent est à toi. L'Akatsuki est dissoute. Madara, mort. C'était ta mission.
Je n'ai pas tué Madara.
Orochimaru soutint le regard de Naruto.
Mais sans toi, il courrait toujours.
Il glissa la mallette sur son bureau.
Peu importe, dit-il en tournant les talons, j'ai gagné la partie. J'ai eu la plus belle des récompenses.
Ah ? s'étonna Orochimaru en buvant une gorgée de whisky.
Je l'ai retrouvé, lui.
Naruto sourit.
Il passa la porte du bureau, prit la main d'Itachi, tendue vers lui.
Ils sortirent tous deux du club et ce fût tout.
Ici s'achève le mythe d'Uchiwa Corporation.
