Auteur : Jes Cullen-Malfoy
Titre : Resistance **Comme la chanson du groupe Muse**
Couple : Draco/Voldemort
Rated : M (Scènes de sexe explicites entre hommes)
Warning : Tortures mentales et violences physiques au rendez-vous.
Genres : Hurt/Comfort, Drame/Tragedy
Situation : Les tomes 1, 2, 3, 4, 5 et 6 sont respectés. Les personnages peuvent avoir, à certains moments, des traits de caractère portant vers le OOC.
Résumé : Dumbledore est mort, tué par Snape. Pourtant c'était la mission de Draco, mais il a échoué. Maintenant il doit en subir les conséquences. Comment le Seigneur des Ténèbres va-t-il le punir ? Pourquoi ? Une septième et dernière année sous un jour nouveau.
Particularité : Voir chapitre 1
Explication : *Bla bla* Fourchelangue. (Draco ne comprend donc pas)
Béta correctrice : Vivi64
Note d'auteur : Et voilà… ma dernière note d'auteur pour cette fanfic. Je ne sais pas ce que vous allez penser de ce chapitre et sachez que même si je ne trouve pas avoir réussi à faire ressentir autant d'émotions que les images dans ma tête m'ont fait ressentir, je suis assez fière, car tout est écrit comme je l'avais imaginé. Je vous souhaite donc une bonne lecture pour ce dernier chapitre qui est en plus, le plus long. Ps : Mouchoirs obligatoires.
Pps : Lounette, je te déconseille de lire, il y a surement trop de "je " dans le texte (a)
Playlist du chapitre sur Youtube : (/) watch?v=uzs8znFgfc8
Ou, plus simple, allez sur Youtube, tapez "Jes Cullen-Malfoy" puis sélectionnez :"Resistance" - Playlist Chapitre final"
MERCI à tous ceux qui ont aimé et suivi cette histoire…
Note Vivi : N'oubliez pas non plus une ou deux tablettes de chocolat pour remonter le moral. Bonne lecture ^^
Chapitre final
POV Voldemort
Un homme pouvait-il changer ?
Un homme comme moi pouvait-il réellement avoir ça ?
Je me posais cette question depuis trois nuits, depuis son « je t'aime » murmuré et oublié de lui au réveil.
Et… je me demandais ce qui pouvait bien me passer par la tête de vouloir réentendre ces trois mots, sans vouloir les dire.
Ressentant tout à coup qu'un de mes fidèles venait de transplaner au manoir, je repoussai le corps endormi du mien, malgré que le soleil soit levé depuis un moment, et m'habillai rapidement afin de me rendre en salle de réunion pour connaître la raison de cette venue.
Une fois sur place, je vis que c'était Bellatrix, à genoux au sol.
- Maître, il est dit que Potter a été vu à Gringotts. Il a… il a…
Sa voix trembla et j'eus peur. Jamais elle n'avait eu cette hésitation pour m'annoncer quelque chose. Et ce qu'elle m'avoua par la suite me donna raison. Cet avorton avait réussi, je ne savais comment, à dérober un bien que j'avais confié à cette femme, un bien très important pour moi.
Pourquoi voler cet objet en particulier ?
J'eus peur, tout en lançant un Doloris à Bellatrix, qu'il connaisse mon secret, celui de mon éternité.
Je quittai la pièce en colère et remontai à l'étage. Je pus voir Draco en alerte, assis au bord du lit, regardant la porte comme un fou. Mais je ne pouvais pas le rassurer, ni me fondre dans son corps.
- Je dois m'absenter Draco, un moment.
- Je… tu vas revenir, hein ?
J'allai à lui et le relevai, puis l'embrassai. Je murmurai ensuite, en fermant les yeux et en le sentant plus perdu que jamais :
- Je te promets de revenir. Reste dans cette pièce.
Je pris ensuite une cape et quittai le manoir en transplanant. Et plus mes visites pour vérifier que chaque objet fut bien à sa place étaient nombreuses, plus j'avais un poids dans l'estomac.
Je les énumérai donc tous, devant l'endroit où aurait dû se trouver le médaillon. Celui de cet ancêtre qui me rendait si puissant, si parfait : Salazar Serpentard. Je pus vite me rendre compte que Potter connaissait mon secret et qu'il avait détruit une bonne partie de mon âme.
Cela me rendait moins invincible mais j'avais la baguette de cet idiot de Dumbledore, je ne risquais donc rien. Mais… je ne pouvais me permettre de prendre de risques.
Je me décidai à rentrer au manoir et sans attendre, appelai tous mes fidèles, puis remontai dans la chambre.
Une fois sur place, j'invoquai un uniforme et Draco comprit et s'habilla. Son masque ensuite mis, cachant son visage, me fit mal.
Mais je fis comme si je ne ressentais rien et l'enjoignis à me suivre, ce qu'il fit, un pas en retrait.
J'étais fier de lui et le fus encore plus quand il garda la tête haute et se plaça avec les autres devant mon trône. Mais avant qu'il ne pose un genou à terre, je fis un geste de la main pour qu'il vienne se placer à mes côtés.
Puis je voulus dire à tous que nous devions à tout prix retrouver Potter quand tout dérapa au moment où un des Mangemort du poste de garde à Pré-au-Lard nous informa qu'il y avait des intrus.
Potter ! J'en étais sûr.
Je fis donc un plan de bataille avec ceux plus doués et expliquai après aux autres ce que nous allions faire. J'allais attaquer Poudlard, endroit où se rendait sans nul doute Potter.
J'envoyai un hibou au clan vampirique pour le prévenir que c'était maintenant que j'avais besoin d'eux mais aussi aux ogres que nous avions ralliés à notre cause. J'envoyai aussi un fidèle pas très utile pour la bataille afin de prévenir les Détraqueurs.
Sans plus attendre, j'envoyai ensuite tout le monde sur place, mais gardai Draco avec moi. Une fois seuls, je l'emmenai dans notre chambre et retirai son masque. Je n'avais pas beaucoup de temps.
- Draco, tu dois faire quelque chose pour moi. Tu dois aller dans la salle sur demande, là où tu réparais l'armoire. Dedans, il y a un diadème très important pour moi. Tu dois absolument me le ramener avant que Potter ne mette la main dessus !
J'avais parlé si vite que je pus voir l'incompréhension dans ses yeux. Puis les larmes coulèrent et il tomba à genoux. Il se mit à s'excuser et je pus comprendre entre ses mots prononcés que j'aurais pu tuer Potter bien des mois avant…
Je ressentis de la colère envers Draco mais en voyant son visage baigné de larmes, mon cœur se fendit.
Je me mis à genoux devant lui et le serrai contre moi, le rassurant sur l'issue de cette bataille. Il ne pouvait en être autrement.
Et même si j'avais peur de le regretter, je lui avouai l'importance du diadème et de Nagini.
La bouche volant la mienne avec cette envie me rendit heureux.
Je me laissai faire et après un temps indéterminé, il me promit de réussir et de me retrouver ensuite afin de ne plus jamais me quitter.
Nous nous relevâmes et je nous fis transplaner aux abords de Poudlard. Je n'étais pas fou au point de croire que cette école était sans défense. Je devais juste être patient. Potter allait venir à moi, peu importe ce que je devais faire pour.
OoOoOoOoOoO
Il y avait eu des morts, des deux côtés, mais j'étais à deux doigts de gagner. J'étais sûr que Draco avait réussi et était parti se mettre à l'abri comme je lui avais soufflé à l'oreille avant de le laisser partir.
J'avais demandé à Severus, directeur de Poudlard, de le faire entrer. Il n'avait pas contesté mon ordre. Bon, j'avais dû m'en débarrasser quelques heures plus tard, me rendant compte que je n'avais pas les pleins pouvoirs de la baguette de Sureau. Mais c'était réglé et j'attendais ce pauvre petit avorton de Potter dans cette forêt, lieu où il allait perdre la vie.
Je devais aussi avouer que j'étais horriblement déçu que le clan vampirique n'ait guère montré sa présence et j'espérais trouver un moyen de le détruire une fois au sommet.
Et là, j'avais lancé un message de trêve et invité Potter pendant cette heure à venir au devant de sa mort, afin d'éviter celle de ses si précieux amis.
Je pourrais très bien les utiliser comme esclaves.
Et j'attendais là, seul…
Pourquoi avoir peur alors que Nagini était aussi en sécurité et interdite de sortie pour tuer quelques élèves. Et puis j'allais enfin en finir avec ce gosse qui se prenait et se pensait plus puissant que moi.
- Tom… me voilà !
Mes yeux s'attardèrent sur lui qui était enfin là et ensuite, riant, je sortis ma baguette et le duel commença. Sorts et boucliers nous firent perdre des forces au fur et à mesure, sans compter qu'il jacassait comme une pie.
Il me faisait rire, avec son pouvoir qui me vaincrait, selon cette maudite prophétie. Que l'un ne pouvait vivre sans tuer l'autre. Sans oublier ce pouvoir horrifiant, l'Amour de ses amis.
Balivernes !
J'avais la baguette ultime et la seule raison pour laquelle il était encore vivant, c'était que je voulais m'amuser un peu avec lui avant de le tuer définitivement.
Seulement, des cris se firent entendre dans la forêt, ses cris.
Il m'appelait…
Ayant peur pour lui, pour sa vie, je lançai l'Avada sans le regretter un seul instant et Potter s'effondra, les yeux choqués.
Avait-il pensé réellement qu'il aurait pu me battre ?
Me souvenant des cris de détresse, je me mis à courir en direction de la voix et priai Merlin et Salazar qu'il n'ait rien, pas maintenant que je pouvais profiter de ma vie de Seigneur des Ténèbres.
Pas maintenant que je savais.
POV Draco (Retour en arrière)
J'étais bien heureux que Snape ait pu me faire entrer dans l'édifice précédemment, parce que maintenant que la majorité des étudiants et professeurs s'étaient rebellés face à sa demande pour que Potter lui soit donné, il n'était plus d'une grande aide. D'ailleurs, je me faisais tout petit dans la troupe des vert et argent, espérant que personne ne fasse attention à moi.
Quand tout le monde quitta la Grande Salle, j'aperçus mes deux anciens abrutis d'amis. Je les embarquai avec moi car si je croisais Potter, j'aurais besoin d'aide.
Nous fûmes vite au septième étage dans cette salle que j'avais haïe. Je commençai à la fouiller, car l'Accio n'avait pas fonctionné pour faire venir à moi ce diadème. Seulement, tout en fouillant la pièce, nous tombâmes sur Potter et ses « amis ».
- Tiens, mais qui voilà ! Potter le héros. Que faites-vous ici ? Demandai-je froidement.
- Laisse tomber Draco, tuons-le et donnons-le au Maître.
Je n'eus pas le temps de répondre que Vincent, en réponse à la phrase de son ami, lança un Expulso déjoué par le pouilleux.
- Non ! Dis-je trop fort. Le maître le veut vivant.
Tom désirait plus que tout tuer Potter lui-même et je me ferais un plaisir de lui apporter sur un plateau d'argent, en excuse à ma faute passée.
- Malfoy, pourquoi m'as-tu sauvé au manoir ? Demanda Potter sans que je ne m'y attende.
Je restai bouche bée, face à… ça. Mais je ne pus répondre, car Vincent relança un Stupéfix sur la Sang-de-bourbe.
Et il n'avait sûrement pas prévu la folie du rouquin fonçant sur nous, lançant sort sur sort. Je dus fuir pour ma vie mais une fois arrivé dans une impasse de bric et de broc, Grégory lança quelque chose de trop dangereux.
Les flammes prirent vite possession de l'endroit et je me mis à courir tout en cherchant ce satané diadème. Si les flammes le dévoraient, je pouvais perdre Tom, et ça, c'était impensable.
Seulement, debout en équilibre sur une pile d'objets et de meubles, je devais me rendre à l'évidence. J'avais échoué à ma mission et j'allais mourir. J'avais envie de pleurer, encore plus en voyant les flammes prendre mon ami et en l'entendant hurler.
J'allais abandonner tout espoir quand une main atterrit devant moi. Je la saisis et je me rendis vite compte que j'étais désormais sur un balai, derrière Potter qui tentait de nous sortir de là. Je pus remarquer que la belette avait pris Vincent et je me demandai soudain si les places avaient été inversées, aurions-nous fait pareil ?
Sûrement que non.
Quand nous tombâmes devant les portes refermant la salle, la Sang-de-Bourde les ferma et lança un sort. Je priai pour que les flammes restent à l'intérieur et soupirai de soulagement en me rendant compte que oui quelques secondes plus tard.
Le trio d'or quitta les lieux et moi, je ne savais pas quoi faire. Le diadème était détruit.
Je devais rejoindre Tom et lui dire, il pourrait ainsi mettre en sécurité Nagini.
Ma décision prise, je me mis à courir dans le couloir dans l'unique but de le rejoindre. Mais une fois arrivé au troisième étage, le plafond s'effondra et le noir m'envahit.
Je me réveillai au moment où je sentis quelque chose heurter ma jambe. Je fus tout à coup debout et ma tête tourna. Je portai la main à cette dernière et touchai une zone humide. Je jetai un œil à mes doigts et remarquai qu'ils étaient couverts de sang.
Puis Tom refit surface dans mes pensées et je savais que je devais à tout prix lui annoncer pour le diadème. Je me mis donc à courir et au fur et à mesure de mes pas, je croisais des corps… d'enfants, d'adultes. J'eus envie de vomir mais me retins. Mon cœur cogna malgré tout à une vitesse folle dans ma poitrine mais une fois arrivé dans le Hall, je pus voir le corps de Nagini, tête coupée.
Morte, elle était morte…
Je me stoppai un instant et me rendis compte que mon cœur avait eu plusieurs ratés. Je ressentis une douleur dans la poitrine, mais quand je pus entendre quelqu'un dire que Potter et Tom se battaient seuls dans la forêt interdite, je me sentis mourir.
Je repensai soudain à Tom, sûr d'être protégé de la mort grâce à ses horcruxes.
Ceux détruits…
La panique monta en moi, et prenant tout mon courage pour traverser la forêt qui m'avait traumatisé étant plus jeune, je me mis à courir à en perdre haleine. Je pus me rendre compte que ceux du camp adverse retiraient les morts du champ de bataille qui avait dévasté les lieux.
Mais je ne cessais pas de courir, malgré le nombre de personnes de mon âge, mortes, au sol. Je continuai ma course et bien trop vite à mon goût, je fus encerclé d'arbres immenses. Mais je devais être fort pour Tom. Je ne m'arrêtai donc de pas courir mais soudain mon pied se prit dans une racine. J'en perdis ma baguette que je tenais pourtant fortement et mon équilibre. J'allai me relever, quand une chose immonde se plaça devant moi.
Une Acromentule pour être plus précis.
Et d'autres suivirent et je fus vite pris au piège. Ne voulant perdre la vie de cette manière, je réussis malgré ma peur à me faufiler sous une de ces créatures et à reprendre ma baguette. Je lançai ensuite quelques sorts, mais plus j'en blessais, plus il en arrivait.
Je me mis alors à appeler à l'aide, à l'appeler. Je mettais toute ma volonté à ne pas vouloir mourir dans mes cris et bientôt une onde de magie frappa les créatures et je fus seul… avec lui.
Je courus vers lui et plaçai ma tête contre son cou. Il me serra lui aussi et murmura qu'il avait fini… que Potter était mort. J'en fus rassuré et lui avouai entre deux sanglots pour le diadème et son amie.
Il ne dit rien, mais continua de me serrer et tout disparut.
La forêt, les Acromentules, la guerre…
Il n'y avait plus que lui. Il prit mon visage en coupe et m'embrassa comme un fou. Je souris contre ses lèvres et murmurai :
- Moi aussi…
- Quoi donc ? Demanda-t-il en allant embrasser mon cou.
- Moi aussi je suis fou… fou de toi.
Je fermai les yeux et profitai du moment, alors que ses lèvres se faisaient plus douces. Il murmura mon prénom et moi le sien. Je me sentais si bien contre lui, que je ne voulais plus jamais bouger. Mais je le vis…
… puis sentis, alors que j'avais eu juste le temps de repousser Tom.
Je sentis cette chose en moi et le sang affluer dans ma bouche. Je baissai les yeux et vis que c'était une sorte d'épée que Potter, celui qui devait être mort, m'avait plantée dans le ventre.
Il avait encore ses mains sur le manche et me regardait comme si j'étais fou…
Je me laissai tomber au sol, alors qu'il reculait en marmonnant. Tom fut sur moi en quelques instants et je fus rassuré. Puis la colère envahit son visage et il lança un Expulso assez puissant pour envoyer Potter se cogner contre un énorme tronc.
Je ressentis sans m'y attendre comme un feu qui était partout sur moi, une douleur horrible. Ma vue devint floue alors que j'avais l'impression de brûler vif. Seuls ses yeux carmin que mon cœur aimait tant me retenaient.
Je levai la main et caressai sa joue, voulant me rassurer, voulant le garder.
Parce que je l'aimais, comme jamais.
POV Voldemort
J'embrassai sa main et me hâtai de retirer l'épée puis lançai immédiatement une batterie de sorts afin de refermer la plaie. Draco trembla, mais je lui caressai la joue afin qu'il ne s'inquiète pas, que tout allait bien aller.
- Ça brûle, souffla-t-il en arquant son corps.
J'allai l'embrasser et il gémit de douleur. Je regardai alors avec attention son visage et remarquai qu'il souffrait encore. J'inspectai alors son corps afin de m'assurer qu'il n'ait pas d'autres blessures. Ce qui n'était pas le cas.
Mais son corps qui tremblait encore m'alarma.
Je me relevai alors et allai empoigner le col de la chemise de cet être qui allait bientôt mourir.
- Quel poison !
Il était encore assommé, alors je lui lançai un Enervatum et il émergea. Je pouvais entendre Draco m'appeler, et Potter enfin parmi nous, je redemandai quel poison.
- Celui du basilic…
Je le lâchai, horrifié. Je courus rejoindre Draco et le pris dans mes bras.
- Tiens bon, on va te trouver une larme de phénix… Draco, tiens bon.
Je le pris contre moi et le serrai comme un fou, puis transplanai à Sainte-Mangouste. Dans le couloir où j'atterris, les gens se reculèrent et faisant fi de leur présence, je demandai en hurlant presque que l'on m'apporte une larme de phénix. Je posai aussi le corps de Draco dans une chambre vide qui était là.
Il cracha du sang et gémit de douleur.
- Draco…
- Tom… ça brûle… c'est… horr…
- Chut… tu vas guérir, tu le dois. Tu sais pourquoi ? Demandai-je en touchant son front.
Je l'embrassai ensuite et ses lèvres répondirent aux miennes. Et je sentais au fond de moi, que je devais enfin lui dire, lui avouer. Me libérer.
Je dis alors, sans une once de regret :
- Parce que je t'aime.
Son corps cessa de trembler et ses yeux gris s'ancrèrent aux miens. Il me sourit et allait répondre, mais mon cœur se fendit.
Parce que rien ne sortit de sa bouche… rien, même pas un souffle.
Ma magie s'échappa et je caressai sa joue alors que l'espace autour de nous disparaissait. Je m'entendis hurler et en voulus au monde entier.
Après un temps indéterminé, je sentis un sort m'atteindre, mais j'avais comme une sorte de bouclier. Je me retournai et tuai chaque Auror, chaque sorcier croisant mon passage, ma haine débordant.
Qu'importe le nombre qui me faisait face, la mort atteignait sa cible avec haine, rage. Jamais autant d'émotions n'avaient abrité mon corps.
Draco, mon Draco était mort… mort.
Me souvenant, une fois l'endroit dévasté, que je l'avais laissé seul dans la chambre, j'y retournai et le pris dans mes bras, avant de nous ramener dans notre chambre. Je l'allongeai sur le lit et lui lançai un sort afin qu'il reste comme il était.
Puis je me plaçai à ses côtés et le manque se fit immédiatement sentir. Je ne sentais plus son souffle, ni sa chaleur qui avait déjà diminué. Je ne ressentais plus rien, mise à part cette tristesse, cette peine au souvenir de son dernier souffle.
La peine de ne pas l'avoir entendu me dire « je t'aime ».
La peine d'être seul… là où j'aurais dû lui faire l'amour comme un fou, un homme heureux. Là où je ne tenais plus qu'un cadavre.
J'hurlai, tout en le serrant contre moi, espérant que ma magie lui rende la vie, qu'importe le prix.
POV Harry
Les gens autour de moi ne cessait de se réjouir… enfin, avec modération pour les Weasley, vu le décès de Fred.
Nous avions gagné la bataille de Poudlard… mais pas la guerre. Et Voldemort était toujours en vie, malgré la brigade d'Aurors qui avait été envoyée à Sainte-Mangouste sans que je ne sois appelé.
Mais moi, je ne cessais de me sentir coupable. J'avais tué… de mes mains. Je pouvais revoir son visage surpris puis rempli de douleur. Ses yeux me hantaient, les miens ouverts ou non.
Même mes mains sentaient encore le froid du métal.
Sans oublier que même si je n'avais rien dit de ce que j'avais fait dans la forêt interdite, ne pouvant avouer mon meurtre, je ne cessais de me dire que les vingt cinq victimes de Sainte-Mangouste étaient de ma faute. J'avais échoué à tuer Voldemort…
Et puis je n'arrivais pas à me dire que ce que j'avais vu soit vrai. Je n'arrivais pas non plus à me pardonner mon geste. Jamais je n'aurais pensé que ce serait lui qui recevrait le coup. J'avais visé le dos de Voldemort.
Mais Malfoy l'avait poussé…
La fidélité des Mangemorts allait-elle jusque-là ?
Mais je ne pouvais enlever de ma mémoire le reste. Cette caresse gravée dans ma mémoire, ce corps tenu entre ses bras.
- Hey Harry ! Tu es là mec. Viens au salon, tout le monde te demande, me dit Ron.
Je me levai de là où j'étais assis, une souche d'arbre. Une fois à l'intérieur, Ginny vint me prendre la main et une fois encore, des images de ce moment vinrent me hanter et ce fut la tête ailleurs et le cœur émietté par mon meurtre que je fis acte de présence.
…
Désormais, j'étais dans ma chambre et je me sentais comme un imposteur. Un horrible imposteur.
Je pouvais revoir chaque seconde depuis mon arrivée dans la forêt, l'énergie que j'avais donnée pour qu'il me jette l'impardonnable mortel afin de détruire le dernier horcruxe.
Ce moment une fois arrivé m'avait tellement choqué.
Après un combat acharné, il m'avait tué comme ça. Il avait fui même… enfin, c'est ce que j'avais cru à mon réveil. Puis l'épée était apparue à côté de moi et j'avais suivi la direction que m'avait indiqué mon instinct. Et je l'avais vu.
Je n'avais pas réfléchi, voulant seulement faire à cet instant ce que tout le monde attendait de moi.
Je pus sentir une larme couler alors que les images défilaient derrière mes paupières.
J'avais couru en brandissant l'épée tout en me disant en même temps qu'il m'entendrait et me tuerait pour de bon. Que là, ma vie était réellement en jeu. Mais je l'avais fait, pour mes amis, pour les personnes qui avaient perdu la vie en tentant de me sauver ou en le faisant tout court.
En pensant à Snape… cet homme le plus courageux que je connaisse.
Mais tout ne s'était pas passé comme prévu.
Il avait été poussé et l'épée de Gryffondor avait transpercé Malfoy. Un adolescent de mon âge qui m'avait sauvé la vie au Manoir, qui avait baissé sa baguette devant Dumbledore.
Malfoy qui avait aussi demandé à ses amis de ne pas me tuer dans la salle sur demande.
Malfoy que j'avais sauvé au péril de ma vie un peu plus tôt.
Malfoy qui m'avait regardé de cette façon.
Son regard… Merlin, je voulais oublier son regard.
J'avais tué… et je…
N'en pouvant plus, je me mis à pleurer comme les trois nuits précédentes, depuis la fin de la bataille de Poudlard.
Je me réveillai au son d'un hibou cognant contre une vitre. J'ouvris les yeux et remarquai que le jour se levait à peine. Je sortis du lit et allai ouvrir la fenêtre. Le hibou me laissa un parchemin et repartit. Je me frottai le visage et me décidai à aller vider ma vessie avant de lire un quelconque courrier.
Aux toilettes, je pus entrevoir mon reflet et j'aurais bien aimé changer de visage, de corps. De conscience même.
Mais je devais la garder et tenter de vivre avec mon meurtre en mémoire.
Une fois de retour dans la chambre que je partageais seul, je m'assis sur le lit et lus le parchemin.
Un seul mot était écrit.
Un sort de révélation.
Grognant, je pris ma baguette de sous l'oreiller et tout en tenant le parchemin de la main gauche, je fis un mouvement de poignet pour révéler le contenu de ce message.
Je ne m'étais pas attendu à ressentir cette sensation au ventre ni d'atterrir dans une grande pièce.
- Accio baguette Harry Potter !
Ma baguette vola vers l'inconnu, qui fut immédiatement reconnu.
Voldemort.
Alors j'allais mourir ainsi, en pyjama ?
- Suis-moi, entendis-je.
Je vis une ombre sortir de la pièce et ne désirant pas mourir, je tentai de transplaner. Je me rendis vite compte que je ne pouvais le faire et me résolus à suivre cet homme.
Je parcourus plusieurs couloirs et gravis deux escaliers avant d'arriver devant une porte entrouverte où était visible un filet de lumière.
- Entre Harry, n'aie pas peur.
Déglutissant, je poussai la porte, m'attendant à voir tous les Mangemorts qui avaient échappé aux Aurors. Mais je ne vis qu'une chambre vide… enfin, mise à part la personne que j'avais tuée et celle qui allait m'ôter la vie dans quelques minutes.
- Tu dois te demander ce que tu fais ici, n'est-ce pas ?
En réalité, je savais au fond de moi que j'étais ici pour être tué, voire même torturé avant.
Je secouai la tête, ayant peur de mourir.
- Prends place sur le fauteuil.
Je sentis quelques choses heurter mes genoux et je fus assis sur un fauteuil de cuir. Voldemort se leva du bord du lit où il était et dit, tout en venant dans ma direction, baguette pointée vers moi :
- Il est beau n'est-ce pas ? C'est un ange… mon ange.
Je ne répondis rien, ne trouvant pas que le corps cadavérique de Malfoy ressemble à l'image d'un ange. Et puis j'avais cette peur qu'il ne relève la tête vers moi et ne se mette à rire ou à me crier dessus que j'étais un monstre, un assassin.
- Il est beau… plus que je n'aurais jamais pu espérer. Vois-tu Harry, tu avais finalement raison.
- Sur quoi ? Demandai-je la voix rauque de peur.
Personne ne savait que j'étais ici, personne ne pourrait venir à mon secours. Personne.
- Le pouvoir qui était censé me tuer… Je parle de cela.
Il retourna s'asseoir et dit, comme un cauchemar tout en caressant la joue de Malfoy, comme dans la forêt interdite :
- J'ai voulu être immortel… et tu t'es trouvé sur mon chemin. Merlin que je t'ai haï Harry pour m'avoir fait vivre l'enfer pendant toutes ces années d'errance en Albanie. Puis je suis revenu à la vie avec un seul but.
Je déglutis, me souvenant comme marqué au fer rouge de chaque année où il avait tenté de me tuer, indirectement ou non.
- Mais je me suis aperçu que l'éternité seule n'est pas plaisante.
Je me tus, et le vis poser sa bouche sur le front du cadavre de Malfoy. J'eus envie de vomir, à force de le voir agir ainsi avec l'innocent que j'avais tué.
- Je ne veux plus dormir seul… je ne veux plus vivre une nuit de plus sans lui.
- Je… je ne comprends pas, avouai-je tremblant malgré tout.
Je me sentais si faible sans ma baguette.
- Tu me l'as volé. Et rien que pour ça, je devrais te torturer toute une éternité. Tu me l'as pris, enlevé. Mon jouet, mon Draco. Pourtant je…
- Jouet ? Répétai-je ahuri.
Cet homme était donc fou.
Il se leva en moins de deux secondes et me colla une gifle retentissante. Ma joue devint vite douloureuse et je crus comprendre.
- Ne parle pas ainsi de lui. Jamais plus ! Il était bien meilleur que toi.
Je serrai les mâchoires afin de ne pas aggraver mon cas et le vis repartir sur le lit, s'allongeant cette fois plus près du corps et le prenant dans ses bras.
- Tu avais raison. Je ne cesse de me repasser tout en tête, notre duel, ta mort, lui… dans mes bras. L'amour me vaincra, tu l'as dit toi-même. Je ne te demande qu'une chose en retour, ne nous sépare pas.
- Je… vous…
- Tu es bien cet idiot que je pensais. L'amour que j'éprouve pour lui me tue alors qu'il ne me sourie plus. Il ne bouge plus, il n'est plus. Je ne peux le supporter. Je ne veux plus. Tu m'as tout pris ! Hurla-t-il de colère.
Je sentis une vague de magie mais ne ressentis aucune douleur.
Je ne comprenais plus rien. Cet homme n'était pas censé aimer et ressentir des choses humaines. C'était un monstre sanguinaire, sans conscience.
- Qu'attends-tu pour me tuer ? Je suis là, ma baguette est dans ta main.
Je jetai un regard à ma main et vis qu'effectivement, elle y était.
- J'ai bien trop attendu, murmura-t-il.
Je me levai, perdu. Il me demandait de le tuer par amour pour Malfoy ?
Puis, comme si je n'étais plus là, il caressa le visage du cadavre et murmura :
- Je ne te quitterai plus mon Draco, jamais. Nous serons bientôt réunis… pour toujours.
Il embrassa les lèvres bleues et enfouit sa tête dans le cou du mort. Et moi, je tremblais et pouvais sentir couler les larmes.
C'était trop pour moi de voir ça, de voir Malfoy sans vie, de voir Voldemort capable d'amour.
- Tue-moi…
Je secouai la tête et fis un pas en arrière. Je ne voulais pas tuer, je ne voulais plus tuer. Je ne voulais pas être envahi par deux regards… c'était trop pour moi.
Je reculai jusqu'à atteindre le fauteuil où j'étais assis plus tôt et Voldemort redressa la tête et je pus voir ce que jamais je n'aurais imaginé voir sur son visage.
Il pleurait.
Je sentis ma main tenant la baguette trembler comme jamais. Puis il ferma les yeux et je compris.
J'avais du mal à y croire, mais je compris.
Je secouai la tête, ne voulant pas le faire, mais le devant. Pour libérer le monde, pour me libérer d'une tâche. Mais bizarrement, moi, je ne le voulais plus. Peut-être parce que je pouvais voir l'humain et non le monstre. Le garçon maltraité dans un orphelinat, un gamin comme moi qui avait juste pris un autre chemin.
Je compris notre lien… cette chose qui nous reliait.
La prophétie.
Et je repensais à mon père, ma mère, Sirius. Mais aussi Remus, Tonks. Et les autres trop nombreuses personnes mortes.
Je pus aussi me souvenir de la cabane hurlante, du moment où cet homme avait tué sans une trace de remords Snape.
Ma baguette levée, les yeux rouges se rouvrirent et un sourire s'étala sur ses lèvres fines. Il se recoucha ensuite et embrassa Malfoy.
Je fermai les yeux et lançai le sort qui rata. Comment tuer une personne alors qu'on ne voulait pas ?
- Tue-moi ! Hurla-t-il soudain, brisant le silence.
Je secouai la tête. Je n'avais plus la force de tuer qui que ce soit.
- Je tuerai chaque personne importante pour toi, jusqu'à ce que tu daignes me tuer Potter !
- Non, murmurai-je sentant une larme couler.
- Laisse-moi le rejoindre… tue-moi !
Je rouvris les yeux et fus surpris de le voir à quelques centimètres de moi. Il prit ma main et la plaça de telle sorte que le bout de la baguette touche son torse.
- Tue-moi comme j'ai tué ton père et ta mère…
La colère monta en moi, sans comprendre. Et tout en le regardant afin qu'il puisse lire la haine que j'avais envers lui pour le meurtre de mes parents, je prononçai les deux mots… et il tomba au sol.
Ma respiration devint saccadée, alors que maintenant, son corps reposant sur le sol, je pouvais me rendre compte que j'avais tué de nouveau.
J'étais un assassin…
Après ce moment, Harry tenta de trouver la sortie du manoir, ne pouvant pas transplaner. Une fois arrivé dans le jardin, il regarda une fois de plus le manoir et eut une boule dans le ventre, mais aussi un regret. Il regarda autour de lui et décida d'exaucer la dernière volonté de sa victime.
Il remonta alors et descendit les deux corps grâce à un sort de lévitation. Une fois tous les trois dans le jardin, il métamorphosa une pierre en pelle et creusa.
Pleurant, et pleurant encore.
Quelques heures plus tard, il pouvait regarder la tombe…
La preuve de son côté monstrueux, la preuve que son âme était entachée.
La preuve que l'Amour avait vaincu…
- Pardonnez-moi, murmura-t-il avant de quitter l'endroit.
Voilà, le dernier chapitre est publié. Il fait 16 pages, 4.772 mots
J'espère que cette suite et fin vous a plu !
J'ai pleuré comme pas possible en imaginant cette scène (celle où Draco court pour rejoindre Tom et sa mort), point de départ à ma fanfiction, et ça a été très dur de l'écrire. Ça m'attriste qu'elle soit finie, mais en même temps, je suis soulagée.
Et puis, au moins, Draco est enfin libre. Il va s'en dire qu'il n'aimait pas Voldemort... ce n'était pas de l'amour, et on peut même dire que Draco s'est perdu au moment où il a arrêté de résister. Et pour le tortionnaire, je ne pense pas qu'il était amoureux, juste fou et complètement accro à son "jouet".
Merci de m'avoir suivie et gros bisou à toutes et tous,
(^-^)
Jes Cullen-Malfoy
Chapitre final publié le 27 mai 2012
