Et nous revoilà dans la joie et la bonheur, le champs plein de neige et d'amour coloré, d'arc en ciel et de poneys en folie qui vagabondent joyeusement et...
Johann *débarquant*: Et t'as encore fumé toi, hein ?

Alexandre *arrivant à son tour* : Mais non, mais non, Shi chan ne fume jamais. ^^ Cela dit dans une fic pareille, les arcs en ciel et les poneys...

Reever :* arrivant à son tour* Ce n'est pas vraiment le truc de la maison..
Johann : Et si cela l'était je vomirais...

Alexandre : T'en étais pas si loin au début, Jo ^^

Johann *agacé*: JE T AI CAUSE ESPECE DE BOLSKRIN ?

Komui *débarquant à l'instant* : Depuis quand son nom de famille est une insulte ?

Johann : *agacé* DEPUIS QU IL EXISTE !

Tout le monde sauf Johann : *pensé très fort mais non exprimée * C'est pas ce que tu disais avant...

Moi *innocente avant déjà oublié les conséquences que cela pourrait avoir*: Ni après d'ailleurs...

Johann : *aura sombre* Tu disais Shi chan ?

Reever *soupire devant la bêtise de Shi chan*

Komui : Qu'elle avait une belle poêle et qu'elle se demandait si tu la détestais encore après y avoir goûté..
Johann *pâlit*

Moi : * surprise* Ko..Komui !

Komui : *lui fait un clin d'oeil* C'est de mon devoir de protéger les autres.. Même ce con de Bolskrin... *se détourne et crispe le poing d'un air peu engageant*

Alexandre *frissonne*: Je ferais mieux d'y aller, si on n'a pas besoin de moi...

Johann : Oui et bon vent !

Moi : Ne vas pas trop loin, j'aurais besoin de toi bientôt...

Johann : QUOI ?

Alexandre : * ignorant l'intervention de Johann* Compte sur moi ^^

Johann *ayant peur de comprendre*: Plaît-il ?

Komui*soupirant*: Et dire que je ne peux rien.. Mais rien du tout...

Reever *rougit par anticipation*

Tous les autres : Reever ?

Reever :* à Shi chan* Je te déteste. *se barre*

Moi *smiles*: Oh je vois il sait ce qui l'attend...

Les autres : c'est à dire.. ?

Moi* les ignore*

Bon sur ce voilà la suite de cette fic ¨¨ Et voici un chapitre de transition mais assez important car mettant enfin en scène une Oc simplement mentionnée et très importante, vous verrez plus tard pourquoi...Et son titre tient du fait que dans Molière, vous avez toujours une série de personnages qui viennent embêter le héros dans la pièce et que l'on appelle les fâcheux or vous le verrez ici, ils sont au nombre de trois ou quatre... Mais pas mauvais au contraire...

Pour rappel, vu que cela fait longtemps que je n'ai pas updaté cette fic. On a découvert au chapitre précédent Alexandre changé et amoureux de Johann qui se force à ne pas contacter Jo, ignorant qu'il est devenu l'Intendant, peck qui a tenté de faire chanter Jo et qui s'est retrouvé dindon de la farce et en est du coup devenu son ennemi, la révélation de pourquoi Jo veut se faire hair de peur d'apprécier et d'être de nouveau manipulé, les première tensions scientifique-Johann, Johnny non loin de passer dans le camp de Reever en voyant fragile Jo comme il est et voulant aider le Commandant au point qu'il a failli lui révéler ce qu'il voudrait avant d'estimer que ce n'était pas encore le moment et de laisser un Johnny perplexe, le traumatisme numéro 2 de Johann avant que pour la première fois depuis longtemps il ne se laisse aller à pleurer avant de tenter de lui faire payer de l'avoir aidé et que cela se retourne contre lui avec l'intervention des amies de Komui, Elena et Shi An qu'il a aussi connu et avec qui Reever a parlé ensuite avant d'aller réconforter Jo. Voilà, fini et si vous voulez plus de précisions, relisez le ^^

Petit rappel : je ne suis pas payée pour écrire, seule l'idée m'appartient ainsi que Jo, Alexandre, Elena, Shi An, et Madame Tania et tout est à Hoshino sensei. Maintenant que le rappel est fait, voilà la suite de cette fic ^^

Chapitre 11: Les anges fâcheux

Il le savait. Il le savait depuis le début. Il savait qu'à l'instant même où ses doux mots balbutiés avec le désespoir le plus immense, comme celui d'un marin perdu au milieu d'une mer de sentiments qu'il appelle au monde comme seul moyen de le sauver, le ramener auprès de lui auraient résonné en ce monde et fait brûler son cœur et sa réaction de ce feu qui l'habite depuis tant de temps et que l'eau jamais ne pourrait effleurer. Il savait depuis le début, il le savait, se l'était promis. Et que rien, jamais ne pourrait briser l'écueil de ses sentiments que l'on éveille, appelle. Et qu'importe le reste, la fonction qu'il doit laisser, l'amant qu'il aurait du laisser ici. Il lui avait clamé son amour, il le lui avait clamé, l'avait hurlé dans ce couloir vide alors qu'il s'enfuyait au loin. Loin de lui, loin de ses yeux, loin de ses cheveux, loin de son sourire, loin de son sérieux attentif aux autres, loin de sa douceur, loin de ses airs fatigués constamment. Il n'avait pu le laisser partir sans rien dire, il n'avait pu retenir les mots qui se pressaient en son âme. Comme lui n'avait pu retenir les émotions qui l'agitaient, sa raison se consumant en un abysse dont à aucun prix il n'irait la rechercher. Il ne veut plus jamais abandonner ce goût de miel et de citron qu'il tient entre ses bras, contre lui, dans ses bras dans l'intimité de sa chambre, isolés qu'il sont mais jamais seuls si ils sont l'un avec l'autre. Il le serre toujours plus éperdument contre lui, comme un homme ayant trouvé sa raison de vivre quand lui a trouvé sa raison de rester. Il la tient entre les bras, elle qui l'avait appelé de sa voix de sirène et avec laquelle aller dans un rocher n'est pas gênant. Il peut bien couler, du moment que c'est entre ses bras, entre ses mots, entre ses est son tout, son univers,l'endroit où il se perd et se retrouve à l'infini. Un univers qui se résume en ce monde concret à l'opposé de ce monde de sensations qui naît de leurs baisers éperdus et brisés qui ont bien cru faner avant même d'éclore, à ses bras et ses lèvres qu'il tient enlacés, lui tant privées de celles-ci et qu'il n'est pas prêt le moins du monde à abandonner. A aucun prix.

Mais contre lui, il gémit un petit peu. Cela suffit à mettre fin à ce baiser passionné qui les unissait alors qu'inquiet, il se penche sur lui. Pour rencontrer son regard bleu pétillant d'une si intense joie dont il sait être le responsable qu'il en est tremblant là en cet instant face à ce regard ardent le couvant du regard alors que ses lèvres fines et délicates se fendent d'un sourire et que dans un souffle un peu erratique il murmure :

« J'ai aussi besoin d'un peu d'air, tu ne crois pas... »

Il a un petit rire à ses mots même si son rire est aussi erratique que le sien, son souffle aussi court, son regard aussi chargé de sens, son cœur autant empli de battements lourds et intenses que le sien contre lui. Ils veulent tout deux la même chose, il ne le sait que trop bien mais ils profitent encore un peu de cette union, cette vibration qui les parcourt au même diapason , cette union de sentiments, de regards plus chargés de sens que toute conversation, ces baisers plus chargés d'amour que le monde entier lui-même. Ils ont encore un peu de temps devant eux. Car le temps il suffit de s'y dérober, pour s'y perdre. Et ils n'en ont que trop conscience. Ils ont tout abandonné derrière eux. Raison, folie, altruisme,tigres blessés, monde entier. Et ils ne regrettent rien. Rien du tout alors que doucement il porte les mains aux tempes de son homme et murmure doucement :

« Moi, sans toi, je ne respire même pas. C'est de toi dont j'ai besoin plus que d'air. De ta présence, ton sourire, tes mots. »

Touché, il dépose un baiser lourds de promesse à son encontre sur ses lèvres. Un baiser qui suffit à le faire frissonner, la réponse à ses mots extraits de son cœur même. Et presque naturellement, les mots arrachés de son homme s'insinuent sous ses lèvres et il les murmure, goûtant sur ses lèvres leurs sonorités, des baisers à eux seuls :

« Je t'aime. »

Que c'est simple à présent. Que c'est simple à présent que la distance est effacée entre eux. Que ses mots lui viennent spontanément aux lèvres. Comme c'est aussi simple que sa main s'insinuant dans sa propre nuque et attirant ses lèvres vers les siennes et murmurant bas comme un secret qui ne regarde qu'eux et que le monde alentour doit ignorer que tout à l'heure à haute voix ses lèvres fines clamait :

« Moi aussi »

Il savoure cette voix pleine d'amour, vibrant d'un tendresse infinie qui appelle plus que de l'amour, plus qu'un vie, appelle son souffle de vie tout simplement, savourant la vie qui les parcourt l'un l'autre à travers ce souffle, ce psyché que leur souffle appelle et qui n'a besoin que de celui de l'autre pour exister. Et à nouveau leurs lèvres s'unissent, dans la lumière d'un soleil d'hiver qui les baigne, eux deux humains debout face à un destin contraire et qui semble approuver leurs sentiments, les baigner de sa lumière chaude, comme une union secrète dont les murs de sa chambre au loin est seule témoin. Ils ne la quitteraient sous aucun prétexte, comme ils ne quitteraient sous aucun prétexte les bras de l'autre. Car au delà, c'est l'inconnu, les ténèbres, l'absence. Il le sait d'instinct. Il connaître trop ce monde pour savoir que cette lumière n'y serait pas aussi belle, pas aussi pure, leurs sentiments pas aussi beaux et simples comme de l'eau coulant , apaisant les âmes. En dehors de ses murs, il sera seul, dans sa chair, dans ses sentiments. Et à présent, il n'est plus prêt à l'abandonner derrière lui. Il aurait fallu pour cela qu'il se taise à jamais. Mais il ne l'a pas fait. Il ne l'a pas fait.. Non ?

Il frémit à cette pensée incongrue qui nie la réalité. Et resserre presque inconsciemment son étreinte autour de lui, comme pour s'assurer qu'il se tient bien entre ses bras. Ce qui attire un léger rire de l'intéressé qui s'exclame, comme devinant ses pensées :

« Tu crois que c'est un rêve ?

Il baisse le regard sur son air amusé et ne peut retenir le sourire qui vient en retour illuminer ses lèvres alors qu'il murmure en retour :

-Et nier la réalité de tout ceci ? Plutôt mourir... »

Alors pourquoi ce doute s'insinue t-il en son esprit, à cette pensée ? Pourquoi a t-il l'impression qu'il y a une chose qui ne va pas ? Il l'ignore alors qu'il resserre encore sa prise autour de lui, pour se bercer plus encore des battements de son cœur. Et ses doutes sont balayés au loin alors qu'il sent une de ses mains s'insinuer doucement sous l'étoffe de ses vêtements, le toucher doucement du bout des doigts, l'incertitude dans ses yeux quant à sa réaction, la peur d'aller un peu trop loin. Qu'il balaye d'un sourire en s'écartant légèrement et insinuant sa main dans ses propres vêtements à la recherche de sa jumelle et l'y rencontrer, l'effleurer doucement en retour, la saisir doucement et la mener jusqu'à son cœur battant la sursaute à ce battement erratique qu'il sent contre sa main pulser et lui renvoit un sourire qui illumine son visage, un peu tremblant encore. Mais il ne veut plus voir cette hésitation, ce doute, cette peur qu'il comprend sans mot. Peur de ne pas être assez bien pour lui, peur d'aller trop loin avec celui qui était son supérieur il y a encore quelques heures. Mais cela n'a plus lieu d'être. Il n'est que lui-même. Komui. Un homme comme un ne sera plus jamais son Intendant. Ni même avec lui.

Il frémit. Mais que lui prend t-il à la fin ? Il est bien à ses côtés, il le tient bien entre ses bras, cet amour ne peut être un rêve, n'est ce pas ? Il refuse son caractère irréel, il le nie le plus fort qu'il puisse alors qu'il fond de nouveau sur ses lèvres, savourant cet abandon, cet oubli qu'est le Lethé de ses lèvres, ce Léthé de solitude que des mains tremblantes s'enlaçant autour de boutons efface plus encore alors qu'au sol s'effondre son rang même et qu'il abandonne sans aucun peur pour lui. Pour la seconde fois de sa vie. Pour le souffle de vie qui se mêle au sien sans peur mais avec hésitation alors qu'à tâtons ses propres mains, les yeux clos comme pour fuir la réalité, enlacent elles aussi les boutons, résolue à faire de l'homme qu'elles aiment un homme comme un autre. Sans classe, sans distinction autre que leurs sentiments l'un avec l'autre. Il savoure ce silence d'amour entre eux, savoure l'étoffe sous ses doigts qui s'effondre au sol, savoure la cravate qu'il dénoue à tâtons, le col qu'il écarte délibérément et l'odeur qui emplit ses narines quand il se plonge en son cou, qu'il l'embrasse, savourant sa respiration devenant de plus en plus vive, le murmure de son nom en un doux râle d'abandon alors que leur amour effondre leur stabilité qu'ils se trouvent assis à même son lit, incapable de se lâcher l'un l'autre, comme conscient l'un l'autre qu'à l'instant où ils se lâcheront, la réalité, la dure réalité qu'il fuit le rattrapera. Qu'il reviendra l'homme seul qu'il est à présent.

Et comme en écho de ses pensées, un son déplaisant emplit l'espace. Une sonnerie stridente qui rompt le silence amoureux entre eux, une sonnerie qu'il ne sait d'où elle puisse venir mais qui en tout cas l'agace. Il resserre son emprise autour de lui, cherchant à s'enfermer encore un peu dans le silence alentour, fuyant cette sale réalité qui veut le rappeler en son sein. Mais ce monde continue d'exhaler sa sonnerie comme un mourant exhale son dernier râle dans son agonie funèbre comme voulant faire le deuil de ce rêve qu'elle veut tuer. Mais il tente de l'ignorer plus encore se perdant en baisers dans son cou comme cherchant de nouveau à l'oublier, mais ce son obsédant vient le poursuivre malgré tout. Il grogne doucement à mi-voix, avec l'espoir que le son de sa propre voix pourra effacer ce son maudit. Et en retour sent subitement s'insinuer la main de son homme dans sa chevelure avant que sa voix ne s'élève, pleine de regrets, de douleur et de fatalité, des sons qu'il ne veut pas entendre en sa voix :

« Tôt ou tard, Komui.. Il faut revenir à la réalité...

-Mais non je refuse ! C'est toi ma réalité ! » s'exclame t-il se redressant admirant avec horreur et un irrépressible sentiment de nostalgie le sourire désolé de Reever alors que le son résonne encore plus fort comme un avertissement que le monde a encore besoin de lui, emplit l'espace et...

Rageur, il saisit son oreiller et le lança de toute ses forces contre son téléphone qui s'obstinait à sonner encore et encore et ce à minuit même. Et le téléphone sous le choc sur son bureau de dégringoler, chuter avec grâce comme ses rêves heureux qu'il détruisait de par sa seule présence en son rêve. Avant qu'il n'eut un soupir. Non, évidement il n'était pas le seul responsable de la destruction de son rêve. Son esprit même l'était en étant trop conscient de ce qui se produisait même en rêve. Avec un soupir atrocement douloureux comme un râle de son agonie, profitant d'une accalmie que son téléphone lui procurait en ne sonnant plus, il ramena ses jambes sous son menton, fermant les yeux sur cet être misérable qu'il était, qui ne pouvait retrouver l'homme qu'il aimait que dans ses rêves, qui n'avait rien de lui que ses souvenirs, ses rêves et quelques lettres. Il était seul, définitivement seul et Reever n'avait rien tenté pour le retenir. Voilà la vérité. Pas ces baisers dans une chambre lumineuse. Et pourtant il avait essayé mais lui, pour son malheur avait été trop cruel, n'avait pas écouté sa voix dont il ne savait toujours pas ce qu'elle voulait exprimer. Et à présent c'était bien lui qui en souffrait. Et s'il l'avait écouté après tout, qu'aurais t-il dit dans ces hésitations ? Certainement pas de l'amour.. Il s'était simplement sauvé de la tristesse d'un espoir trahi... Ce n'était pas si mauvais..D'autant qu'il était injuste, il avait tout tenté pour le retenir, sans se rendre compte que la seule chose qui aurait pu effacer sa décision était ses sentiments. Remarque, songea t-il avec ironie, même si au final c'était son amour qui avait ressorti de ces quelques mots sans sens que la détresse lui avait arraché, il n'aurait pu oublier totalement indéfiniment la réalité, n'aurait pu demander à Reever de le cacher dans sa chambre.. Non il aurait été raisonnable malgré tout... Et aurait souffert encore plus.. Non c'était là le meilleur dénouement possible.. Mais bon dieu que cela faisait mal, ce que cela faisait mal... Il s'en arracherait le cœur si cela ne le tuait pas. Et ne pousserait pas Reever à aller torturer son fantôme.. Il eut un sourire à travers sa tristesse sans larmes plus profonde qu'un lac et qui l'assaillait jour après jour sans qu'il ne puisse l'effacer, sans qu'il n'en eut même envie, d'ailleurs. Il était responsable et devait payer cette tristesse, devait toucher l'éternité dans ces rêves et le bonheur ne pouvait qu'être illusoire. Surtout si des gêneurs qui seront toujours plus nombreux venaient interrompre ses rêveries. Il eut un sourire plus intense encore et plus douloureux à nouveau.

C'est précisément ce moment que choisit le téléphone pour sonner à nouveau, comme si la personne à l'autre bout du téléphone tenait absolument à lui parler. Il eut un soupir agacé. Il avait espéré avoir la paix, mais il semblerait que le téléphone n'était pas résolu à le laisser en paix. Et comble de malheur, il était tombé au sol comme en temps normal il aurait été posé au sol. Qui que ce fut au téléphone, il allait lui faire payer ses jours de tristesse et cette rupture d'un beau rêve qu'il ne pourrait plus jamais revivre, qu'il avait tué dans l'œuf en plus de ce doux rêve qu'il faisait en réveillant cette conscience aiguë et amère de sa situation. Ce n'était assurément pas le moment de venir lui parler, non pas du tout et même si la personne n'était pas responsable de son désastre, il savait qu'elle ne pourrait que payer de l'avoir arraché aux bras toujours plus beaux des chimères que l'amère réalité. Avec lenteur, recueillant le drap de son lit et s'en drapant pour conserver le plus longtemps possible la douce chaleur bienfaisante de son lit que le fâcheux l'obligeait à quitter en plus de tout, lui qui manquait cruellement de chaleur en son cœur malgré toute l'amitié qu'il portait à Elena et Shi An mais qui ne valait pas contempler à la dérobée chaque jour l'homme qu'on aimait, lui parler, le frôler sans en avoir l'air, l'embêter, des geste anodins mais qui sont , il se rendait compte à présent, toute la beauté de sa vie avec les moments avec sa sœur et dont il n'avait plus rien à présent que le goût doux amer sur ses lèvres, ce goût de trop peu de ne pas en avoir assez profité dans sa vie, que des gêneurs qui venaient tromper ses rares moments de bonheur lui ôtaient, le seul endroit où Reever pouvait être à lui, avec lui. Et il se dirigea vers le téléphone qu'il ramassa de mauvais grâce, décrocha en s'exclamant de la voix la plus mauvaise qu'il put :

« On peut savoir à qui ai-je l'honneur d'avoir été réveillé si tôt ? »

« D'avoir été interrompu dans un bonheur certes illusoire que je détruisais moi-même comme je sais si bien faire, mais tout de même » rajouta t-il en son fort intérieur mais son interlocuteur n'avait pas besoin de le savoir, d'autant que s'il s'agissait de Johann comme il le pensait, lui montrer la moindre faiblesse serait lui donner l'occasion de le faire plonger plus bas que terre, lui qui n'aavait déjà pas pied dans sa tristesse. Il trouverait le moyen d'évoquer Reever rien que pour le blesser, comme il le faisait peut être avec Reever et son nom à lui, même s'il doutât du poids que son absence doit peser sur Reever, qu'il ne devait lui manquer que comme son meilleur ami manquerait à quelqu'un puisque selon les mots de Reever, c'était ce qu'il était à son égard. Un nouveau sourire amer se dessina à ses lèvres à cette pensée. Avant qu'une voix très différente dans le combiné de celle de Johann ne s'éleva en l'air. Une voix mesurée et froide comme toujours, la voix d'une femme qui avait souffert toute sa vie et souffrait encore à son âge pourtant encore jeune d'une quarantaine d'année. Une voix qu'il n'avait pas entendu depuis près de 6 mois. Une voix qui se faisait rare, qui n'aimait guère le contact avec d'autres mais qui pour il ne savait quelle raison a toujours apprécié parler avec lui comme seul le ton légèrement moins froid avec lui et les plaisanteries froides uniquement dirigées vers lui le trahissait. Une voix qui lui fit oublier un peu son agacement premier, le fit se figer devant son entente rarissime.

« J'avais l'espoir que le très grand ex Intendant serait encore en train de travailler.. Je me serais donc trompée...

Il resta figé dans la stupeur de l'entente de cette voix, le sens de ses mots lui échappant encore alors que son nom de ses lèvres s'échappa presque involontairement :

-Madame Tania...

-Elle-même se moqua t-elle de sa voix froide et mesurée qui avait le don de faire passer la moindre taquinerie pour une profonde moquerie. Je constate que votre cerveau même à moitié réveillé est en parfait état de marche... »

Il savait bien qu'elle ne pensait pas à mal, mais ce froid dans la voix qui l'avait toujours agacé en temps normal lui donnant l'impression de parler avec un véritable morceau de glace, lui rappelait sa propre glace en temps normal et qui le mettait hautement mal à l'aise lui habitué à parler avec des gens laissant transparaître leurs émotions ou un semblant à sa différence elle dont la voix ne se réchauffait d'un degrés que pour une seule personne. Froideur qui à son avis était la source de beaucoup de ses problèmes d'autant qu'elle s'accompagnait d'une fierté sans nom qui l'avait poussé à son extrême isolement. Mais cette fois-ci ce froid était irritant face à son cœur blessé par des émotions dans lesquelles il se réfugiait, lui qui n'avait qu'elles et savait bien que seul cela faisait de quelqu'un quelque chose de vivant, émotions qu'elle refusait en sa voix. Ses taquineries, des moqueries qu'il n'était pas en état de supporter, qui étaient comme un rappel d'à quel point il se sentait minable en ce monde sans compter qu'il aavait été arraché du sommeil et de l'oubli béni pour se faire moquer au creux de la nuit et que cela lui semblait insupportable en cet instant.

Aussi peu amène, il s'exclama, le sens de ces premiers mots lui revenant et le blessant plus encore :

« Je vous remercie de vous soucier de l'intérêt que vous portez à mon cerveau mais je n'ai aucunement besoin de vos petits réflexions mal placées et si c'est là tout, vous allez me laisser et bonsoir chez vous. Et il va pour raccrocher quand sa voix s'exclama, toujours autant dénuée d'émotions qu'à l'accoutumée, et seule trace d'émotions en elle, vibrant légèrement :

« Comment va t-il ?

-Bon sang vous êtes encore là dessus. Mais bon dieu, que cela vous coûte t-il de lui téléphoner directement pour le savoir ? » Soupira Komui agacé par cette conversation commencée mille fois et qui continuait à l'indigner face à sa vanité. Il avait beau lui dire années après années que c'était leur silence mutuel qui les tuait l'un l'autre mais aucun des deux n'était capable de faire un pas vers l'autre, et le tenter de la part d'un étranger, n'aboutirait à rien que de la froideur qui assurément ne pourrait sauver aucun d'eux, aucun d'eux que le silence et la fierté ne faisait que séparer, eux qui avaient besoin l'un de l'autre et persistaient à se rejeter par fierté et peur de la réaction de l'autre .Et la réponse, tradition immuable qui ne variait jamais d'un degrés ne tarda pas à tomber :

« Vous ne savez pas ce que c'est Lee, vous ne pouvez pas comprendre ce que cela me coûterait de le faire. Je n'ai pas à l'appeler, ce n'est pas à moi de le faire, ce serait une honte pour moi de dépendre de lui pour avoir de ses nouvelles. Il pourrait croire que je m'introduis dans sa vie alors qu'il m'a claire... »
Mais cette fois il n'a pas le cœur de la laisser continuer, de laisser cette fierté mal placée qui se cherchait n'importe quelle prétexte pour éviter la moindre blessure là où elle ne pouvait pourtant plus en avoir. C'en était la fois de trop. D'autant qu'il comprenait, n'était pas un imbécile, savait ce qu'est sa fierté mal placée incapable de reconnaître ses torts, ne supporte pas ce ton suffisant qu'en temps normal il aurait pu supporter. Mais là au milieu de la nuit quand son cœur le déchirait de la sorte d'émotions qu'elle refusait par fierté et paranoïa, supporter la morgue de la femme était bien en dessous de ces capacités. Aussi hurla t-il en retour profitant du fait que dans cette part de son aile, il était le seul résident :

« MAIS BON DIEU CELA FAIT UN MOMENT MAINTENANT QUE C EST ARRIVE ET TOUT CE QU IL ATTEND C EST UN SIGNE DE VOUS ! C EST TOUT CE DONT IL A BESOIN ! VOUS LE SAVEZ TRES BIEN EN VOUS MEME ! VOUS NE POUVEZ PAS CONTINUER AINSI, VOUS LE DETRUISEZ ET VOUS AVEC CAR PLUS QUE TOUT VOUS SOUFFREZ DU SILENCE L UN DE L AUTRE ET PENDANT QUE MADAME PAR FIERTE SE TAIT, MONSIEUR LUI SE TAIT CAR IL CROIT QUE VOUS PARLER NE FERAIT QUE VOUS AGACER ET NE FERAIT QUE DETRUIRE PLUS ENCORE VOTRE VIE ! CAR JE NE SAIS PAS SI VOUS AVEZ REALISE, MAIS CE DONT IL SOUFFRE LE PLUS EST DE CROIRE QU IL NA JAMAIS ETE QU UNE EPINE DANS VOTRE CHAIR ET VOTRE ATTITUDE NE FAIT QUE RENFORCER UN TEL SENTIMENT ! DE PLUS VOUS SAVEZ BIEN QUE VOUS AVEZ PARFAITEMENT LE DROIT DE VOUS Y IMMISCER...ALORS NE ME DITES PAS QUE JE NE SAIS RIEN, QUE JE NE COMPRENDS LA OU VISIBLEMENT JE VOIS MIEUX LE NEANT QUI VOUS GUETTE L UN L AUTRE ! BON DIEU VOUS NE FAITES QUE VOUS BLESSER MUTUELLEMENT ET VOUS CROYEZ QUE C EST NORMAL, HEIN DE SE BLESSER DE LA SORTE ? ET DEPUIS QUAND SE SOUCIER DES AUTRES EST UNE HONTE ? C EST UNE PREUVE DE VOTRE HUMANITE QUE VOUS NE DEVEZ PAS LUI REFUSER ! CAR PLUS QUE TOUT C EST CELA QUI VOUS FAIT PARAITRE INHUMAINE, FROIDE ET HAUTAINE, INACCESSSIBLE QUAND TOUT CE QUE VOUS FAITES N EST QUE VOUS PROTEGER.. DE QUOI ? DE RIEN ! LA VERITE EST QUE LE DANGER QUE VOUS VOYEZ, CRAIGNEZ N EST PLUS ET QUE BEAUCOUP D EAU A COULE DEPUIS.. ALORS QU EST CE QUE VOUS COUTE LE PREMIER PAS ?

Parler, parler enfin après toutes ses années à écouter ses jérémiades d'un air gentil et doux en tentant de la raisonner gentiment pour que ses mots ne tombent que dans le néant. Parler avec la force de ce cœur qu'elle persistait à rejeter au fond d'elle-même et qu'il savait pourtant vivre en elle bien au fond. Il l'avait déjà vu dans ses sourires fins mais pourtant là, ces plaisanteries parfois amusantes qu'elle avait, ces jeux d'esprit d'une intellectuelle rodée. Il savait qu'au fond d'elle, elle n'était pas ce qu'elle prétendait être mais ce contraste le rendait fou, et depuis longtemps. Car il lui rappelait le sien,celui qu' il affiche tout le temps, le renvoyait à sa propre impuissance, son propre interdit auquel, elle, n'était pas soumise, elle quasiment libre et qui pourtant persistait à le maintenir au lieu de se laisser vivre de nouveau et car il savait qu'il était la cause première de tant de douleur chez lui. Que ce froid avait contribué à cette distance entre eux et continuait des années après. Et tout ce qu'il voudrait enfin,c'était pouvoir les sauver l'un l'autre, empêcher ce qu'il voyait arriver sans problème et qu'ils ignoraient l'un l'autre. Il arrache les mots de son cœur les plus purs, il les hurle même comme il hurle son propre désespoir devant leur situation qu'il savait que rien de ce qu'il pouvait faire n'y changerait rien malgré tout mais qu'il aimerait qu'une fois, rien qu'une fois elle puisse comprendre. Et sa réponse arriva froide et mesurée comme à l'accoutumée, incapable de reconnaître ses torts ni même d'avancer :

« Je constate encore, des années après à quel point vous tenez nos intérêts en haute estime bien que l'on m'ait rarement parlé de cette manière et que je ne puisse tolérer de tout autre que vous un tel ton. Néanmoins, bien que vision complètement faussée de la réalité j'apprécie ce soucis que vous avez de lui. C'est de vous dont il aurait du tomber amoureux, pas de lui...Vous, vous auriez su ce qui était bon pour lui...Pas comme lui... »

Sa voix se para de mépris à ses mots. Comme à l'accoutumée quand elle l'évoquait. Mais pas en songeant au mal que tous reprochaient à cet homme, qu'il lui reprochait lui-même, comme il ne le sait que trop bien. Sa haine à elle était plus vielle encore et remontait à la seule action qu' il ait eu de bien et qu'elle voyait depuis toujours comme un mal atroce, un vol presque. Mais il ne lui avait jamais appartenu, bon sang.. Et puis le reste de ses mots.. Comme à l'accoutumée, lui parler ne sevrait à rien. Se mettre à nu, crier ce qu'il savait de la vérité, n'aboutissait qu' à une illusion de plus d'avoir cru qu'il pourrait lui ouvrir les yeux. A quoi bon lui dire à présent que ce qu'elle voyait comme une erreur était la meilleure chose qui puisse lui arriver et qu'à sa place il aurait fait de même ? Il eut un soupir torturé, portant une main à son front, épuisé, fatigué, lassé de tout et surtout écœuré de lui-même. Les mots de Johann, ceux qu'il lui avait clamé avant son départ, ses mots plein de haine et de mépris se rejetèrent à son esprit, revenant le hanter au milieu de la nuit que ses mots, sa réaction même réveillaient. « Mais vous, au contraire de pions comme le Commandant Reever, vous bouffez de l'espace inutilement en inculquant des valeurs qui ne servent à rien ici. Vous ne servez à rien de ce qu'on attend d'un Grand Intendant si vos sentiments envahissent tout au point d'avoir de la compassion indigne. Vous ne servez à rien tout court, en plus d'être responsable de la mort de tous ceux qui vous ont connu. D'ailleurs vous n'avez pas même pas réussi à protéger votre sœur de la guerre, des innocences, des hommes et surtout de la traîtrise. Même là vous n'avez servi à rien. Juste à tuer, pour son plus grand plaisir. Vous n'avez été tout le long de votre vie qu'une source de problèmes, ici et là. Et même si vous mourriez vous en resteriez une, des sources de problèmes à Dieu cette fois. »

Il avait raison, bon dieu qu'il avait raison. A quoi servait de s'agiter, chercher à sauver les autres quand il était si inutile, si impuissant, si stupide ? Si faible avec ses valeurs que l'on méprisait si facilement, ces sentiments, et auquel on n'était si insensible... Ses mots comme sa présence étaient inutiles au monde, il ne le savait que trop bien. Ses combats vains. Ses rêves vains aussi. Il n'était capable que de détruire. Encore et toujours. D'abord ses parents, puis son meilleur ami, puis sa sœur , puis ses relations avec les autres, puis son rôle cédé à un homme qu'il allait détruire à petit feux sans qu'il ne puisse rien faire. Et pourquoi au final ? Il ne s'en rappelait même plus... Il n'avait réussi ni à protéger sa sœur, ni à sauver le monde ni à protéger son meilleur ami. Pas même son propre cœur de la souffrance qui le lacérait jour après jour. Il n'avait jamais fait que causer des problèmes aux gens qui l'entouraient, n'aavait jamais été qu'une épine dans leur chair. Et c'était peut être mieux ainsi que l'on lui ai dit de se retirer de la sorte, dans ses conditions réalisa t-il subitement. Mais pourquoi en ce cas les larmes qu'au creux de cette nuit il n'avait jamais eu encore, affluaient -elles à présent en son regard, face à ce tout, ce néant qui l'assaillait et qui l'amenait à s'interroger sur le sens de tout ce qu'il avait fait jusqu'à présent, le sens de ce qu'il éprouvait ? Il l'ignorait mais il ne pouvait lutter contre elles et plus faible que jamais, il laissa ses nerfs s'abîmer dans un océan de ténèbres silencieuses, lui habitué à pleurer en silence et murmura doucement comme seule expression de son désespoir qu'il ne pouvait retenir :

« Et encore madame même ainsi je ne suis pas sûr que j'aurais pu le sauver...Je ne sais rien faire, rien que détruire... »
Ses mots à ses yeux ne pouvaient être que vrai. A quoi bon avait-il passé des mois à soigner son cœur blessé, à quoi bon avait t-il tout tenté pour le sauver de la noirceur qui le menaçait pour finalement en finir détesté et cherchant à en être détesté quand tout ce qu'il voulait était le sauver ? Non, quand même bien s'il était tombé amoureux de lui, le résultat n'aurait été que terrible plus encore, car jamais il n'aurait pu lui faire confiance, pas après lui...Et puis elle aurait fini par le détester elle aussi, car il aurait fait la même chose qu'Alexandre, l'aurait emmené au loin comme lui...Et s'il avait pris sa place dès le début, ils en seraient venu au même point la douleur en moins, mais Johann se serait détruit de la même manière, le tout à cause d'elle... Il n'aurait jamais pu se pardonner comme il ne peut se le pardonner dans ce monde et petit à petit leurs sentiments auraient dépéri de la même manière et il aurait fini seul à son tour, quoi qu'il arrivât... Il le réalisait à présent et ses larmes coulèrent plus fort encore en voyant que quoi qu'il voulait, rien ne pourrait jamais marcher tant il était impuissant, ne savait rien faire que détruire...

« Mais.. Mais qu'est ce que vous racontez Komui ? N'avez vous pas sauvé vos hommes d'une mission qui les aurait tout tué ? N'avez vous jamais fait tout votre possible pour sauver et aider les autres ? N'avez pas vous pas été à ses côtés quand il avait besoin de vous ? N'avez vous pas été jusqu'à vous livrer à cette abomination pour sauver ceux que vous aimiez ? Et vous avez toujours réussi, mon cher, mon très cher ami.. Même en partie mais grâce à vous, vos proches ne sourient t-ils pas un peu plus, ne sont-ils que déprimés ? Et ils vous ont peut être maudits un jour, mais un jour ils se rendront compte d'à quel point grâce à vous ils peuvent continuer à sourire en se rappelant des moments que vous y avez tracé avec votre folie en étant lié à ce lieu maudit. Et sûrement que dans ce lieu quelqu'un aura un jour la force de se battre pour vous comme vous vous battiez pour les autres. Vous n'avez jamais détruit quoi que ce soit, vous êtes l'espoir en lequel tous veulent croire et en lequel tous déposent les leurs consciemment ou non, notre bouée qui a la force de ressentir pour nous quand nous n'en avons pas le temps. Et personne ne s'y trompe et c'est parce que vous portez l'espoir en votre sein qu'il aurait pu être sauvé quand ce gamin lui ne portait que graines du désespoir car fruit de celui-ci tout juste bon à reproduire le schéma dans lequel il a vécu. Alors ne dites pas cela, je vous en prie.. Surtout pas...

-Comment pouvez-vous savoir cela ? Personne ne peut savoir cela, n'est au courant du complot...s'exclama t-il, incrédule effrayé à l'idée subite que quelqu'un eut parlé, réduit en plus de tout à néant son sacrifice, ne l'avait ainsi rendu totalement inutile, cet acte dont il se rappellait subitement avoir fait en cet instant. Et la voix de Madame Tania avec sa rigueur habituelle mais un peu gênée en cet instant d'évoquer des sentiments :

-Parce...Parce que je connais votre cœur et sait très bien que vous n'auriez jamais abandonné votre place pour le plaisir, vous qui n'avez jamais eu de cesse que de sauver les gens qui vous entoure de la froideur, parce que je savais que plus que tout vous sacrifieriez pour ceux que vous aimiez. »

Stupéfait, il se redressa au milieu de ses larmes à ses mots maladroits un peu gênés ayant perçu son murmure, à ses mots sincères et non résolus à le laisser s'enfoncer plus encore dans les ténèbres, ses mots qui au contraires des autres montrent qu'ils ont compris son cœur perdu, savent ce qu'il a fait, lui donnaient l'espoir que d'autres puissent comprendre un jour, vainquant pour lui la surface et laissant entrevoir en partie les sentiments de la personne à l'autre bout du fil qui lui témoigne de manière maladroite et mais touchante son amitié. Et qui au lieu de dire qu'il ne comprenait rien, qu'il se trompait en tout point de manière hautaine comme à l'accoutumée avait tenu à lui faire voir tout ce qu'il avait oublié. Le visage souriant de sa Lenalee, les rares sourires de Johann, la volonté de Reever de se battre pour lui qu'elle évoque sans se douter d'à quel point elle a raison expliquant enfin la raison de tant d'acharnement de sa part, la raison qui l'a poussé à abandonner l'homme qu'il aime, ses folies et leurs buts, tous les moments passés à tenter d'apaiser les tourments de Johann et ce que pour elle, il est vraiment, la lumière. La lumière que des ténèbres éteignaient en partie et qu'elle tente de chasser, elle fâcheuse au début et qui à présent par ce qui est vraiment elle devient un ange. Et un lent sourire se dessine sur ses lèvres à ses mots qui lui redonnent un peu de force, un peu de joie, repoussent l'impression d'être inutile qui avait embrasé son âme. Pas la douleur liée à Reever. Mais elle reprenait un sens à présent, elle qui en avait perdue dans sa douleur. Il se rappelait à présent la raison pour laquelle il souffrait de son absence, l'avait perdu. Et tout cela par le biais d'une femme en proie à des douleurs qu'elle ne parvenait pas à dépasser. Et doucement il murmura à voix basse, touché de ce soutien inattendu un peu tiède mais bien là :

« Merci...

-Mais de rien mon cher Lee, le seul véritable ami que je puisse avoir, la seule personne sincère que je connaisse ici et dont il ne me viendrait jamais à l'idée de me méfier. C'est normal de vous aider après tout ce que vous avez fait s'exclama sa voix froide et mesurée comme à l'accoutumée mais sa froideur n'était plus pesante et paraissait à présent comme ce qu'elle était en temps normal, un moyen de de se dissimuler du monde. Un peu comme lui, d'ailleurs.. Mais déjà sa voix reprit en s'exclamant avec un étrange soupir :

« Au vu de l'état dans lequel vous vous trouviez, il n'est guère présomptueux de ma part de supposer que vous n'avez guère plus de pouvoirs, pas même des miettes...

A ces mots ce sourire que des même mots de cette femme avait allumé se fana, lui rappelant brièvement l'état dans lequel il était réduit et dans un soupir douloureux se rappelant de la distance entre leurs deux mondes à Reever et lui, les fonctions qu'il avait abandonné il murmura doucement, une part de lui s'étonnant de ces constats et n'en voyant pas le but :

-En effet...

Pour recevoir en retour un soupir tout aussi douloureux avant que la voix de Madame Tania ne s'éleva à nouveau en un murmure plus proche de la confidence à son esprit que de la discussion :

-Enfin il valait mieux essayer que ne rien faire.. Tant pis...

-De quoi parlez vous ? S'exclama Komui surpris, étrangement pris d'un mauvais pressentiment, écarquillant les yeux dans la nuit sombre alentour qui reprend son caractère sombre, elle qui semblait briller d'autres éclats en réveillant en lui l'espoir dont il était soit disant le porteur, alors qu'un étrange froid le parcourt comme pressentant le pire de ce qui l'a incité à téléphoner.

Et la réponse ne tarda pas à arriver, froide, concise, précise comme elle :

« Je l'ai appris tout à l'heure, mais la personne que l'on m'assigne à protection à présent que vous n'êtes plus l'Intendant, c'est lui. Bolskrin. Vous vous rendez compte ? Ce salopard qui me déteste et que je déteste cordialement. Il ne me protégera jamais, il me laissera crever plutôt vous imaginez...»

Mais il n'écoutait plus sa voix. Il avait perdu le fil de celle-ci à ce nom maudit, la seconde cause de tant d'horreur dans le cœur de Johann, qui l'avait brisé, foulé au pieds sans ménagement et l'aurait fait encore longtemps sans son intervention. Il relava le regard incrédule, son esprit réalisant avec horreur ce qu'elle lui disait et voyant déjà es conséquences terribles qu'aurait cet acte pas seulement sur elle, mais surtout sur Johann sa voix murmurant pour lui-même :

« A quoi tu joues Luberrier ? Tu veux le détruire plus vite... ? S'il le sait, tu ne sais que trop bien quelle sera sa réaction et te connaissant, tu vas lui dire en personne... Mais il n'est peut être pas trop tard... Et si c'est moi qui le le lui dit, la réaction n'en sera que peut être moins violente...

-Komui ? S'exclama la voix de Madame Tania le ramenant à la réalité. Mais il savait à présent ce qu'il devait faire et la manière de procéder. Et il eut un sourire. Il savait qu'il allait en souffrir un peu mais au moins cela pourrait peut être le sauver de tant d'inhumanité que Luberrier lui aurait. Et doucement il s'exclama à l'intention de Madame Tania :

-Je suis désolé Madame Tania mais je dois mettre un terme à cette conversation.

-Ah l'attrait de votre lit est plus fort que tout s'exclama t-elle de sa voix froide en ces plaisanteries proches des moqueries qui étaient bien souvent les siennes. Mais à présent, il ne pouvait que les voir comme elles étaient, son cœur apaisé en partie et il sourit doucement en s'exclamant avant de raccrocher :

-Non c'est l'attrait de l'espoir qui sur moi a toute sa force. »

Il sourit doucement avant de fermer les yeux, de prendre une profonde inspiration appelant à lui le masque laissé là bas pour se protéger de tous les coups bas qu'il lui lancera à coup sûr. Mais sa voix sera toujours mieux que la sienne, il ne le savait que trop bien. Et doucement, s'emparant de son téléphone, profitant du long fil, il l'emmène avec lui pour s'asseoir sur son lit, gardant encore un peu les yeux fermés, pour rappeler le plus possible la glace de son cœur ou du moins les débris qui se reformaient à présent en partie, ceux que les mots de Johann et des officiels avaient brisé et qui grâce aux mots de Reever mais surtout de Madame Tania, elle extérieure à tout, une alliée non concernée par la situation initiale, réparaient en partie. Masque qui devait protéger son âme de ses mots dévastateurs, faire écran et ne rien laisser paraître des coups qu'il allait assurément prendre mais il valait mieux que ce soit lui qui les prennent que d'innocentes victimes alentour qui pourraient finir par le détester comme ce qu'il voudrait vouloir pour devenir le salaud qu'il croyait être. Il se répéta à mi-voix, les mains jointes en supplication muette au Seigneur, que les mots qui lui échapperait n'était pas la réalité, qu'ils ne devaient avoir aucune prise sur son âme. Et se sentant enfin prêt, comme auparavant, les jours où il se levait Intendant, où avant de quitter sa chambre, il réveillait son masque, se le déposait sur son visage, se sentant prêt à encaisser le moindre coup sans frémir comme auparavant, il va pour décrocher le téléphone lorsque subitement venant de derrière la porte s'éleva la voix furieuse d'Elena qui le fit tressaillir une demie seconde alors que la porte s'ouvrait à la volée sur une Elena a l'air particulièrement décoiffée et à la mine patibulaire de quelqu'un de réveillé dans son sommeil:

« ON PEUT SAVOIR KOMUI A QUOI TU JOUES A CETTE HEURE CI CRETIN ? LA NUIT C EST FAIT POUR DORMIR PAR POUR TELEPHONER A JE NE SAIS QUI ET TU VAS ME FAIRE LE PLAISIR DE RACCROCHER DE SUITE ! IL Y EN A QUI VOUDRAIENT DORMIR ET PARDON DE M ETRE INCRUSTE MAIS COMME JE SAIS QUE TU VAS PAS BIEN ET FAIT N IMP CES DERNIERS TEMPS ON SEST DIT SHISHI ET MOI QU ON DEVAIT S INCRUSTER ICI EN TOUTE IMPUNITE !

Il ne put retenir un rire touché à ces mots en voyant à quel point elles se souciaient de lui, à quel point il n'était pas seul, oubliant sa frayeur première que l'usage de son nom aurait pu renforcer, elle ne l'usant qu'en cas d'extrême urgence. Et d'intense colère dévastatrice comme elle avait le secret. Avant de désigner le téléphone raccroché en s'exclamant, le plus sérieusement du monde retenant un rire à cette situation qui n'était déjà plus :

-C'est déjà fait.

A ses mots la jeune femme tressaillit, surprise, sa colère mourant subitement comme un feu étouffé en son sein avant qu'elle ne reprit d'une voix plus calme, mais d'apparence seulement :

-Ah bon. Pardon alors. MAIS ALORS POURQUOI CE TELEPHONE EST ENCORE A COTE DE TOI ? TU AS L INTENTION DE RECOMMENCER ? MAIS TU NAS AUCUNE PITIE POUR NOUS ESPECE D ANIMAL NOCTURNE ?

-Exactement comme le monde n'a aucune pitié pour un Intendant de 24 ans et dont je suis le seul espoir à présent de lui apprendre de manière décente une mauvaise nouvelle. Je pense que cela vaut la peine de perdre quelques minutes de sommeil, tu ne trouves pas ? S'exclama t-il ne se laissant ni prendre par le ton hystérique qu'elle avait toujours à moitié réveillée ni par ses supplications, quitte à se faire détester provisoirement d'elle, car il la connaissait trop bien pour savoir qu'elle était incapable de faire la tête durablement à quelqu'un.

Et en retour la jeune femme frémit, sa colère subitement définitivement éteinte comme son sommeil en lâchant presque involontairement un :

-Oh.

Réaction qui ne put que le faire sourire avec douleur avant qu'il ne répliqua, pourvu de ce misérable sourire de quelqu'un qui sait qu'il va faire souffrir quelqu'un :

-Comme tu dis. Mais, promis je ne m'énerverais pas, ne crierai pas, vous ne m'entendrez pas une seule seconde, toi et ta femme. Vous pouvez dormir tranquille, promis. Tout ira bien.

Il tenta de sourire avec chaleur, dissimuler les coups qu'il s'apprêtait à recevoir par avance. Résolu à la rassurer comme à se rassurer lui même. Persuadé que la jeune femme allait retourner bien tranquillement dans son lit. Et pas à ce qu'elle fit. A savoir se laisser tomber à côté de lui sur le lit avant de s'exclamer, plongeant son regard à même le sien en s'exclamant :

-En ce cas, je reste avec toi.

-Quoi ? Mais je croyais que tu étais fatiguée ? Tu sais tout ira bien.. Pas la peine de t'inquiéter.. Pense d'abord à ton propre sommeil... Protesta Komui surpris de par sa réaction, elle qui se disait fatiguée. Mais elle se fendit d'un sourire avant de prendre doucement ses tempes en s'exclamant avec un air légèrement grondeur de mère disputant son enfant :

-Parce que tu crois sincèrement que je peux te laisser affronter seul le tigron ? Que je peux dormir comme cela en te sachant seul aux prises avec lui et ses mots durs d'autant que toi, à moitié encore endormi te défendra forcément moins bien à son contraire ? Je ne sais que trop bien que tu vas en souffrir et que dans ton état actuel cela pourrait être très dangereux pour ton esprit même. Et je veux être là mon petit cœur, malgré mon propre état comateux pour défaire de suite l'emprise de ces mots de ton cœur en même temps que j'admire ton dévouement pour Jo. Je veillerais sur toi, dusse je en perdre le sommeil mille ans pour que tu n'aies qu'un bref sourire comme celui qui en train de naître sur tes lèvres au moment où je parle.

Et en effet sur ses lèvres se dessinait un sourire touché et ému du soutien de celle qui à ses yeux est une amie si chère et qu'encore une fois il bénit pour se mêler de choses qui ne la concernaient pas ai qui chassaient déjà un peu la douleur qu'il attendait et pensait devoir recevoir en silence et dont personne ne viendrait le délivrer pour qu'au final un ange lui soit envoyé en la présence de son Elena un peu mal réveillée, avec un caractère de chien mal léché pour l'instant, mais avec sa sensibilité, sa gentillesse , sa joie et sa perspicacité qui pouvait venir à bout des mots les plus mauvais, révélant sans cesse ce qui derrière se cachait comme à l'accoutumée. Une amie qui depuis qu'elle connaissait ses problèmes, faisait tout pour leur en briser leur influence, elle si joyeuse. Et doucement il murmura, pour la seconde fois de la journée, heureux, ayant perdu cette impression d'être seul dans le noir et de devoir souffrir sans que personne ne puisse l'aider à surmonter cela :

« Merci du fond du cœur Elena.

Et elle de sourire en retour avant de lui claquer un baiser sonore contre sa joue en son attitude enfantine habituelle le faisant sourire plus encore devant celle-ci et ce signe de continuité entre le passé et ce jour, ce non rejet, ce renouvellement d'amitié à son égard avant de s'exclamer de ce ton mélodramatique dont elle s'était fait experte années après années :

-Mais de rien Komuichou. Même si parfois je me demande ce que tu ferais sans ton Elena...

-Rien du tout, Elena, rien du tout » rit-il. Mais son rire cachait là son sérieux, ses véritables pensées. Sans elle, qui savait comment il aurait pu effacer les mots de Johann dans son esprit quand il suffit à la jeune femme d'en plaisanter, pour détruire leur parfum empoisonné ? Et touchée à son tour, devinant l'implicite dans les mots de son Komui, elle embrassa doucement son front en murmurant, ne cherchant pas même à savoir ce qu'il devait lui annoncer, devinant à l'air torturé au fond de son regard qu'il ne s'agissait pas là d'une chose facile à annoncer et qu'en parler à un intermédiaire le blesserait une première fois déjà :

« Alors dans ce cas, je t'ordonne oh preux chevalier d'aller sauver le prince du malheur... »

Et elle eut la satisfaction en plus de tout, de l'entendre pouffer à sa pitrerie de plus, repousser encore un peu plus au loin les ténèbres assaillant son cœur avant qu'il ne s'empara du combiné et ne commença à s'entretenir avec l'opératrice pour qu'elle le renvoie à la personne à appeler sous ses yeux attentifs et prêts à lutter contre toute vague noire supplémentaire... Comme toujours, pour lui. Tout simplement. Après tout pour elle, il était aussi cher que le fils qu'elle n'aurait jamais et qu'elle protégerait jusqu'au bout, elle qui auparavant n'avait pu le faire et tentait depuis de rattraper du mieux qu'elle le pouvait. Et qu'envers et contre tous, elle continuerait de le protéger et le soutenir. Car depuis longtemps l'opposition n'était plus un problème. Grâce à Shishi. Elle eut un sourire fugitif en songeant à la femme qu'elle aimait, restée profondément endormie dans son lit malgré tout le vacarme, elle au sommeil de plomb avant de songer à l'amoureux de Komui se demandant en cet instant ce qu'il faisait de son côté et si lui aussi au loin déprimait autant que Komui. Avant d'adresser une légère prière muette au Seigneur, le suppliant de protéger ses deux amoureux comme il les avait protégé elles deux et de ne pas les abandonner comme le monde le faisait déjà, eux qui ne méritaient que le bonheur et les bras de l'autre alors que dans l'air entrait le son d'un téléphone sonnant encore à vide mais plus pour longtemps elle le savait déjà...

Avant que subitement un bruit sec ne résonna. Le bruit que quelqu'un venait de décrocher. Surprise que cela aille si vite, la jeune fille retint son souffle attendant cette voix alors qu'hésitante, tendue à présent malgré sa présence ne s'élevait la voix à côté d'elle de Komui qui l'incita à prendre sa main et à la serrer dans l'espoir de l'apaiser :

« Allô Johann ? »

Mais la voix qui s'éleva en retour tout aussi hésitante et même surprise en un souffle ne fut pas celle de Johann. Et fit sourire la jeune femme. Qui finalement avait tort de s'inquiéter...

OoO

Il regardait les alentours sans vraiment les voir. Que voyait-il en réalité ? Il n'en savait à vrai dire rien. Cela devait bien faire un quart d'heures qu'il observait la lente danse de la neige dehors sans même la voir. A quoi songeait-il ? A rien, non à rien du moins en apparence. A rien de ce qui n'était son quotidien depuis quelques jours. Ses pensées replongeant dans le moindre de ses souvenirs où il y vivait encore embrasant cet endroit de sa joie et sa pensées tournées vers lui avec tendresse. Se demandant ce qu'il faisait s'il enterrait son cœur à nouveau dans de la paperasse, s'il dormait paisiblement et se demandant même s'il rêvait de lui. A ses pensées impossibles Reever esquissa un sourire amer. En quel honneur rêverait-il de lui ? Ce n'était pas parce que c'était arrivé une fois que cela se reproduirait un jour.. Il ne devait pas se faire d'illusions. Jamais il ne rêverait de lui de la manière dont lui en rêvait à présent, dont le rêve de ce matin constituait l'évolution à laquelle il s'attendait et qu'il savait très bien irait en s'augmentant devenant de plus en plus intense, lui donnant de moins envie de se réveiller. Ces rêves deviendraient de moins en moins innocents à présent que ses sentiments étaient réveillés et de baisers ils passeraient à autre chose, à n'en pas douter à mesure que l' absence se ferait toujours plus présente. Il eut un soupir torturé. Les jeux étaient fait d'avance, de toute manière. Et puis ne lui avait-il pas dit d'emblée qu'il y avait une personne à laquelle il tenait tout particulièrement et à qui il devait lui dire un jour ? Il soupira plus encore douloureusement. Avant de se morigéner intérieurement. Ce n'était pas parce que les jeux semblaient déjà faits, les apparences contre lui qu'il n'y avait rien à faire. Il n'y avait qu'à se battre, une fois de plus. Mais dans ce grand combat que l'on lui imposait déjà, la perspective de se battre à nouveau lui semblait si vaine.. Et puis tout ne pouvait être qu'apparence, Komui étant passé maître des apparences dans sa vie, maître de la dissimulation. Il pouvait en réalité très bien éprouver tout cela.. Mais il ignorait dans ses conditions pourquoi se serait-il tu aussi longtemps...

En tous les cas, il lui manquait de plus en plus, c'était un fait. Il sentait toujours sa présence partout en le moindre lieu qu'il traversait, comme à cette fenêtre où il s'était installé en penseur triste observant le monde en le dominant décrétant une accalmie avant d'aller affronter le tigron dans son bureau qui à force d'être doux avec lui serait certainement glacé aujourd'hui pour qu'il en vienne à le détester. Il savait avant même d'y aller ce qui l'attendait. Mot glacés, méchancetés qu'une partie de son âme reprouverait et s'en excuserait plus tard, celle refusant de se faire haïr, qui le trouvait attachant. Il savait ce que le monde lui réservait comme à l'accoutumée en cette triste routine que seul la mauvaise humeur de Johann rompait. Travail, tristesse, rêve, réalité. Voilà à quoi à présent se résumait le monde en lequel déjà il étouffait, manquant de cette joie, cette vie, cette folie qui faisait Komui et que les murs ont déjà laissé échapper. Ne laissant plus trace que de froideur, comme si en son sein il était mort, que son souvenir même s'était éteint avec son départ, que le monde s'était endormi en le présent morne d'auparavant et que seul le sourire de Komui, ses inventions étranges pouvait l'en tirer. Que déjà il n'était plus alors que son départ n'était pas si loin.. Il ne restait plus rien, ni des Komulin, ni de sa folie, ni de ses sourires, ni de ses rires et déjà les gens qui sillonnaient les couloirs de la Congrégation riaient moins volontiers, se sentaient oppressés par les poids des murs alentour empli d'un vieil âge passé et que le rire de Komui en avait chassé le caractère trop solennel et impersonnel et qui à présent revenait, en chassait la moindre chaleur, rendant les alentours glacés comme la nature le matin quand ils se levaient et qu'ils l'entrevoyaient par la fenêtre, rendant à ces lieux un sérieux devenu parasite qui n'incitait qu'à laisser les âmes mourir sous le poids des documents et plus ni à rire ni à vivre, ni à comprendre les autres. A présent ce lieu ne faisait qu'effacer les souvenirs de temps heureux où le cœur vibrait que chaque être avait connu que ce soit dans ce lieu ou ailleurs et en perdait jusqu'à la chaleur. Que seul dans ses souvenirs dans des instants qu'il créait comme à présent il pouvait librement retrouver. Mais parfois comme en cet instant le sourire se perdait dans l'amertume quand il confrontait le passé avec la réalité, se rappelant de l'air rêveur de Komui à cette même fenêtre en regardant au loin qu'il n'avait pu comprendre et qu'avec ironie aujourd'hui il comprenait, réalisant que ce qu'il observait au loin c'était le passé comme lui même le faisait en cet instant. Ce passé béni, pas assez chéri, qui les avait uni, tous ses moments manqués, ces instants de complicité, infinis et doux comme le vent. Ces moments qui lui échappaient, lui à présent loin de lui et desquels il en était réduit à les imaginer en tristesse au loin. A se prendre à espérer n'être en réalité aussi léger et inexistant qu'un flocon de neige qui viendrait danser sous ses fenêtres pour perdre son regard sur ce qu'est sa vie sans lui à présent. Voir de ses propres yeux les cicatrices qu'exhalait son cœur, si elles étaient semblables aux siennes. A espérer être aussi glacé que celui-ci plutôt que ce cœur douloureux au possible enfermé dans le passé sans pouvoir avancer. Par peur d'abandonner tout le reste. Il eut un soupir à nouveau douloureux.

Et que ce serait-il passé, avait-il envie d'hurler à la neige si je les avait hurlé mes sentiments au lieu de me taire ? Serait-il resté ? Aurais je eu une chance de le tenir un jour entre mes bras, le serrer contre moi ? Ces questions le hantaient sans cesse et ce depuis ce jour où hésitant ces mots s'étaient perdus en ses lèvres sans arriver à s'élancer clairement en l'air alors qu'il partait. Et il n'arrivait pas à s'en défaire, pas à en trouver la réponse, à la craindre même car le rendant responsable lui de n'en avoir pas assez fait malgré la force de ses sentiments. Car ce n'était plus de l'amour qui le parcourait à présent, pas un simple amour banal et sans force, mais un amour sans faille, dévastateur, passionnel, entier dont la moindre absence de l'autre était une flèche enflammée dans son cœur éploré. Et plus les jours passaient, plus il s'en rendait compte. Plus les souvenirs remontaient en traversant les lieux, en parlant avec Jeryy comme ce matin même, et plus ce sentiment, cette solitude face à un présent qui veut vivre et un cœur figé dans sa détresse qui le refuse le blessait et se renforçait. Plus les jours passaient, plus son absence se faisait sentir, plus il rêvait, plus il l'aimait, plus il avait envie d'arracher lui-même son cœur ou tout plaquer et fuir loin. Mais il savait que Komui ne lui pardonnerait pas d'abandonner tout, de tout plaquer, même pour lui. Lui qui avait tout fait pour éviter que le « meilleur commandant de la scientifique » ne soit ôté de son poste ne pourrait le tolérer. Il ne pourrait voir cela que comme un refus de son sacrifice, une impression d'avoir été une fois de plus il ne voulait pas se sauver pour de l'autre côté blessé l'homme qu'il aimait. Non jamais.

« Comment vais-je faire pour pouvoir tenir encore Komui ? » Murmura t-il doucement, les yeux tournés vers le ciel alors qu'il remonte contre lui les jambes de manière à plus de ce qui soit lui ne touchât le sol, qu'il rêvât tout entier perdu dans ses pensées. Il savait qu'il devait s'accrocher encore et encore, attendre son heure mais cela devenait de plus en plus dur. Il avait peur aussi, peur qu'au fil du temps, sa mémoire et son cœur finissent aussi par se rappeler du présent sans lui, à ce qu'il se fasse à son absence comme l'habitude pouvait mener le meilleur des hommes doté de la plus pure des intentions. Et qu'attendait-il déjà ? Excellente question. Quelque chose qu'il avait l'impression ne viendrait jamais. Peut être que ce à quoi il s'accrochait de toutes ses forces, ramener à la Congrégation à la fois l'homme qu'il aime mais son espoir, sa joie de vivre était vain. Que personne n'en voulait vraiment plus, n'était pas capable de voir tout ce qu'il leur avait apporté. Peut être que cette froideur leur convenait, après tout...Avant qu'il ne secoua la tête avec vivacité, se pinçant de toutes ses forces pour y avoir pensé. Il ne devait pas sombrer dans le défaitisme, garder la tête froide et haute. C'était ce qu'il se répétait déjà ce matin et que Jeryy lui avait répété, alors qu'ils avaient discuté à sa pause déjeuner qu'ils avaient prise ensemble en cuisine bien après que Johann eut mangé pour éviter qu'il n'ait des soupçons (ce qui n'était pas difficile, Johann allant en général manger soit vers 11 heures du matin soit vers 13 heures après tout les autres). Et là il lui avait parlé presque librement omettant quelques détails sur Johann, ayant étrangement l'impression de le trahir s'il révélait à quel point il souffrait . Et Jeryy avait convenu avec lui qu'en réalité de bourreau c'était plutôt une des victimes de ce complot qu'autre chose avant de le regarder étrangement comme comprenant ce qu'il lui cachait avait de s'exclamer doucement que s'il cachait quelque chose il pouvait comprendre car de ce qu'il lui avait dit à présent il ne pouvait plus le haïr totalement et que sa douleur n'avait pas besoin de trop d'émotions, qu'il devait en effet le laisser venir à lui puisque non voulant être haï naturellement avant de le mettre en garde contre Peck, s'exclamant que ses derniers temps, quand il lui amenait son repas il le voyait de plus en plus avec des dossiers sur Johann, comme semblant à la recherche de quelque chose. Mais il ignorait l'endroit d'où provenait ses dossiers ni ce qu'ils contenaient, mais qu'en tout cas il devait préparer quelque chose.

Mais quoi...Là était une question de plus dans l'abîme de questions alentour. Enfin peut-être cherchait-il en vain ? Du moins était-ce son espoir. Il ne voulait pas que l'on enfonçât encore plus un jeune homme que le monde brisait déjà et pour lequel par la force des choses, en découvrant la gentillesse qu'en réalité il cachait ainsi que sa folie, sa pureté mais aussi pour sa douleur, il commençait doucement mais sûrement à apprécier, son cœur qu'il cachait derrière son masque gelé de salaud. Et puis même si c'était le cas, qu'il trouvait quelque chose de suffisamment compromettant, que ferait-il lui ? Irait-il jusqu'à le descendre en flèche pour rendre son poste à Komui ? Il sursauta piqué au vif devant l'horreur de la situation. Comment ? Comment pourrait-il faire une chose pareille, même penser une chose de ce genre ? Enfoncer un jeune homme qui se noyait déjà en lui-même et dont il commençait à n'être que le salut ? S'il le trahissait à son tour, jamais au grand jamais il ne pourrait un jour reprendre confiance en le monde et se laisser apprécier. Jamais réaliser que ce qu'il refusait, les sentiments , n'était pas aussi mauvais qu'il le pensait. S'allier avec ce salopard de Peck ? Plutôt crever sous les coups d'un Komulin résolu à lui faire la peau tout spécialement à lui pour avoir trahi l'ami de Komui. D'autant qu'il était en train lentement mais sûrement au fur et à mesure qu'il en apprenait sur lui de devenir son ami à lui aussi malgré tout. Et que toutes les tentatives de Johann pour détruire ce sentiment aboutiraient au néant, il ne le savait que trop bien. Car comme Komui son amitié était immuable, d'autant qu'il commençait à connaître son objet et savait que tout ce qu'il voulait était pousser le monde à le haïr par peur d'apprécier quelqu'un et d'être à nouveau trahi. Et qu'il se faisait un devoir personnel de lui prouver que le monde n'était pas aussi corrompu qu'il n'y paraissait. Que contrairement à ce qu'il pensait, lui qui se croyait impur et sans avoir le droit de rien avait aussi le droit d'être apprécié et d'apprécier, de vivre, tout simplement.

Il eut un sourire devant la force des choses qui l'avait amené en si peu de temps à apprécier quelqu'un qu'il ne voyait au début que comme un imposteur, un voleur quand en réalité cet homme était aussi victime d'un complot que celui à qui il avait ôté son poste, le dernier rempart pour maintenir un semblant d'humanité. Et il fallait avouer que même si les rires avaient diminué, la froideur augmenté, l'humanité n'avait pas disparu en intégrité, ne serait-ce que par le biais du couple que Johann avait formé, maladroit mais touchant à choix qui instantanément faisait sourire et émouvait les gens autour. Et il savait très bien par les confidences de Johann et que la manière de Komui de le présenter qu'il était le dernier rempart d'humanité entre eux et les gens inhumains juste derrière eux, du moins s'il pouvait tenir jusque là. Il eut un soupir à nouveau douloureux avant de se pincer devant tant de défaitisme. Il ne devait pas se laisser penser cela. Car il ferait tout pour ne pas en arriver là. Malgré tous les coups qu'il pourrait prendre en retour. Et qu'il avait l'espoir qu'il ne resterait pas à cette fonction trop longtemps pour qu'elle le brise. Mais quand donc se présenterait l'occasion de le destituer sans le blesser et comment ?

Là était toute la question et tant qu'il était en son cycle destructeur, le pouvoir lui semblant le meilleur moyen de se détruire, jamais il ne le laisserait et l'évacuer avec une violente révolution ne ferait que le blesser plus encore, lui donnerait ce qu'il souhaite, la preuve ultime que le monde ne pouvait que le mépriser car étant un salaud d'autant que tout le monde ne le méprisait pas encore...Il eut un soupir déchiré. Si Johann avait été détestable de bout en bout, la révolution n'aurait pas été si atroce à imaginer mais là... Il se rejeta, calant définitivement son dos contre le mur encadrant l'embrasure de la fenêtre, profitant encore des quelques minutes de silence et de pensées mornes qui doucement étaient revenues vers le présent comme sentant le moment où la réalité devait rejoindre son âme. Il ferma les yeux, préférant néanmoins encore fuir un peu la réalité, voyant le passé, ses nombreux jours où il s'était tenu à côté de Komui complètement inconscient de ce qu'il éprouvait à son égard et que son esprit revoyait tel qu'ils étaient à présent, revoyant son sourire, goûtant à nouveau la délicate odeur qui l'entourait, revoyant ces nombreuses fois où s'était lui qui l'avait réveillé et les bribes de rêves qu'il attrapait parfois et dont il lui donnait les mots.. A ces souvenirs sur ses lèvres se dessina un sourire nostalgique et triste en songeant à tous ses moments dont on l'avait privé...

« Commandant ? »

A cette voix il sursauta, rouvrit les yeux brusquement quittant sa position contemplative, reposant un pied au sol, l'air halluciné, n'en croyant pas ses sens. Non cela ne pouvait être possible.. Cette voix, ici.. Son cœur se serra de bonheur à lui en faire mal mais il en appréciait la douleur alors qu'il...entrevit Johnny. Sa joie gela et se brisa en milles éclats en son cœur alors qu'en son esprit la voix froide de la raison s'exclamait avec ironie qu'en effet, c'était impossible.. Avant qu'un rire dur ne s'échappa de ses lèvres, ce rire se moquant de lui-même qui surprit Johnny, jusqu'alors gêné et se sentant vaguement coupable de l'avoir dérangé et qui le poussa à s'exclamer, inquiet à présent :

« Commandant ?

-Ce n'est rien, Johnny, rien du tout.. Je me moque juste de moi-même.. Car il vaut mieux en rire qu'en pleurer.. ».s'exclame t-il en retour dans un souffle quand son fou rire s'apaisa. Car en effet, il pourrait pleurer de ses sens qui le trahissaient à présent, lui donnant à confondre les rêves et la réalité, la sombre réalité.. Il commençait à perdre pied , à mélanger les deux.. A entendre Komui alors que bien au loin... Il baissa les yeux, les larmes non loin dans ses yeux à présent, son rire n'ayant pas suffi à les éloigner définitivement avant de murmurer comme pour lui même:

« Tu es définitivement pathétique, mon cher...

-Que dites vous, Commandant ? » s'exclame Johnny de plus en plus inquiet se rapprochant de lui à présent.

Il eut un sourire voulu rassurant. Ce n'était pas la peine d'inquiéter le plus sensible de ses hommes. D'autant qu'assurément il ne pourrait comprendre sa peine, ni comprendre ce qui se passait. Lui qui comme les autres voyait bien qu'il n'allait pas bien et à qui il avait failli parler deux jours de ce qu'il fallait, oubliant en lui le fait que s'il voyait que ce poste allait détruire Johann, il ne voyait pas encore ce que Komui avait amené à cet endroit.. Et que depuis il fuyait.. Pour au final, se retrouver auprès de lui. Son sourire se teinta d'ironie. Et voilà où l'avait mené son errance.. Mais il était peut être encore temps de s'en sortir...Il lui suffisait de se dérober sous le voile du travail.. Là il était certain que Johnny ne ferait rien pour s'interposer et essayer de comprendre ce qui n'allait pas, ce qu'il cachait au plus profond de lui et qu'il n'était pas encore temps voire jamais (pour ses propres sentiments) de révéler sous peine de réduire à néant le sacrifice de Komui et le rendre vain en plus du fait que si personne ne comprenait sa nécessité, il ne parviendrait qu'à se raquer le monde contre lui et ne jamais pouvoir remplir sa promesse. Car il savait depuis le début que la seule chose qui pourrait le ramener serait une révolte complète de tous de manière à ce qu'ils aient tellement de gens à excommunier qu'il ne restât plus que Luberrier et les cadres. Et une telle solution ne pourrait leur être que fatale et les amènerait à céder.

Tout cela fit qu'il s'exclama, se redressant de toute sa hauteur, se levant, récupérant le dossier laissé au sol qu'il devait amener à Johann avec un sourire voulu chaleureux et absolument crée pour qu'il croit qu'il ne tentait pas de le fuir :

« Que ma pause avait assez duré et que je devais retourner travailler. Tout simplement. Je ne saurais trop vous conseiller de faire de même. J'ai cru comprendre que notre nouvel Intendant n'aimait pas les gens qui lui rappelait de près ou de loin Komui par leur attitude. Il vaut mieux lui montrer tout votre sérieux. Et vous ne devriez pas le décevoir...»

Il eut un sourire fier de lui. Arriver à évoquer Johann sous le nom d' Intendant sans avoir le cœur au bord des lèvres, prononcer le nom de l'homme qu'il aimait sans frémir et s'effondrer, le tout pour se faire croire partisan de la nouveauté régnante, épris du présent comme les autres.. Il pouvait être fier de lui, lui qui n'arrivait à rien de tout cela depuis un moment, surtout après avoir cru entendre sa voix... Et Johnny ne pourrait être que trompé face à cela, cette attitude un peu empruntée à Johann en tentant de le culpabiliser.. Qui sur le coup le culpabilisait un peu aussi d'user cela de lui sur Johnny mais qu'il savait utile pour la bonne cause. Et à laquelle il n'eut que le silence que satisfait il goûta, faisant quelques pas vers son bureau, pensant qu'il l'avait écouté. Satisfait, il eut un soupir soulagé. Cela avait été relativement simple tout compte fait. Il fit encore quelques pas lorsque :

« Vous mentez Commandant. Vous tentez ce que vous pouvez pour faire croire que votre départ est naturel, mais en fait vous me fuyez. Pourquoi ?

La voix de Johnny dans son dos. Qui au final n'était pas parti. A grande peine, il retint un frisson ce n'était assurément pas le moment de se trahir. Il devait aussi ne pas faire attention à cette impression d'être mis à l'écart qu'avait sa voix. Et bien que se sentant vaguement coupable, il s'exclama en pivotant vers lui et lui adressant un sourire :

-Pas du tout, Johnny. Ce n'est qu'une impression.

Mais lui plonge son regard dans le sien, étrange flamme tremblotante pour il ne sait quelle raison avant qu'il ne s'exclama :

-J'ai parlé avec Jeryy. »

Reever à ses mots retint de justesse un tressaillement qui pourrait le trahir. Dans ses yeux, il y avait comme qui dirait un balbutiement, comme si c'était là un coup de bluff pour l'amener à lui parler librement de choses qu'il faisait semblant de con naître par cette allusion à Jeryy qu'il avait bien vu plus proche de lui que jamais et qui en a tir des conclusions. Et il ne devait pas se trahir, pas de de suite, non pas maintenant. Aussi hocha t-il les épaules en s 'exclamant :

« C'est une bonne chose. Après le départ de Komui, le pauvre doit en effet se sentir seul. Je vous remercie de ne pas l'abandonner vous non plus. Sur,ce, je dois remettre ce dossier, si vous n'y voyez aucun inconvénient. »

Faire semblant de ne pas comprendre où il voulait en venir. Cela lui semblait si simple, mais aussi blessant envers cet homme qu'il appréciait grandement mais qu'il devait tenir à l'écart à tout prix. Du moins pour le moment... Et de nouveau il se détourna de lui, fit quelques pas, avant que ne s'éleva de nouveau la voix de Johnny, emplie de tristesse cette fois-ci :

« Commandant.. Vous savez, je ne fais pas tout cela pour vous blesser.. Je ne supporte juste pas de vous voir enfermé dans vous même, souffrir le martyr sans que rien ni personne ne puisse rien... A vous voir comme cela, je repense à Komui à toujours souffrir en silence..
-Alors que vous voudriez l'oublier comme tous les autres ? » Lança t-il plein d'une aigreur sans même se retourner, refusant de regarder les yeux de l'homme en derrière lui et d'y voir ce constat que cette fois-ci il ne parvint pas à retenir, une aigreur fruit de sa tristesse et de son manque, que l'ingratitude que ses mots rappelés à son esprit réveillaient. Oublié sa détresse, son soucis de lui qui dans d'autres circonstances l'auraient touché, poussé à le remercier de ce soutien silencieux, oublié le rappel douloureux dans ce qu'avait son homme de plus terrible. Ne restait que cette évocation que l'amertume de sa voix attaquait.

En retour il n'attendait que cette fois où déjà il avait interrogé ces hommes et obtenu des réponses de ce genre. Que tout serait mieux sans lui. Qu'ainsi il serait mieux de l'oublier vite. Il n'attendait que des constat fait avec innocence de sa part à lui, sans malice qui tueraient son amertume et que pour éviter de blesser il fuirai en se maudissant d'avoir laissé transparaître un seul instant son amertume. A présent il attendait l'instant où il pourrait fuir. Pas à ce qui se produisit. Pas au doux rire qui échappa à Johnny aussi chargé de douleur que le sien au début avant qu'il ne souffla tout bas :

« Oublier ? Ce que je voudrais oublier est à quel point il est absent d'ici. »

A ces mots, stupéfait,ne s'attendant pas à une telle réponse, si différente de la réponse à laquelle il s e serait attendu, à ce oui franc et massif sincère comme lui-même, pas à cette phrase subtile et douce qui semblait induire que son absence le blessa aussi, il pivota vers lui, pour le trouver, le regard perdu dans le décor alentour, la main plaquée contre le carreau comme cherchant à attraper ses souvenirs qui par son absence étaient déjà au loin avant qu'il ne tourna son regard vers lui comme l'ayant senti avant de lui sourire d 'un air un peu gêné face aux propos qu'il s'apprêtait à dire avant de murmure en un autre souffle :

« Ce que je vais vous dire va vous sembler stupide, mais pourtant.. Quand je pense au temps que j'ai passé à maudire Komui, à l'empêcher de détruire la Congrégation un nombre incroyable de fois et que pourtant malgré tout, que ne donnerais-je pas aujourd'hui pour ne voir ne serais-ce qu'une de ces horreurs, pour le revoir et l'entendre faire le pitre ? J'ai l'impression qu'en s'en allant, plus que son sourire et sa folie il a aussi emmené la joie et l'espoir qu'il était et que nous avions tous oublié venir de lui. J'ai l'impression de ne pas reconnaître le lieu dans lequel j'avance, qu'il est mort et que c'est sur son cadavre que nous marchons jour près jour. Pourtant je ne déteste pas Johann. Il a pris la place de Komui mais je ne le déteste pas. Mais.. Il n'est pas Komui...Mais je sais aussi que la fonction le détruira rapidement, qu'il souffre et repousse les autres pour je ne sais quelle raison et que vous êtes peut être bien la seule personne qui pourra le sauver. Qu'il travaille du mieux qu'il peut, n'a pas détruit totalement l'humanité, l'a juste dissimulé derrière des apparences de froideur chez lui. Cela pourrait être encore pire, j'en ai parfaitement conscience. Comme j'ai aussi conscience d'avoir été ingrat avec Komui pour ne m'en être rendu compte plus tôt d'à quel point ici il était si je pouvais lui parler, si j'avais son adresse, ce que je voudrais c'est m'excuser sincèrement à son sujet pour l'avoir si mal récompensé de ses efforts. Et si seulement c'était possible, mais c'est tellement ridicule, puisqu'il est parti de lui-même, je crois que je voudrais vraiment qu'il le redevienne un jour. Je suis pathétique, n'est ce pas Commandant ? »

Transi et saisi d'une vive émotion, il ne put que le contempler muet, touché au plus profond de lui-même en réalisant qu'il en était arrivé au même point que lui.. Que sa sensibilité l'avait amené à cela.. Que ce en quoi il espérait n'était pas si vain...Que Komui pouvait aussi manquer à d'autres que lui.. Même s'il se fourvoyait encore un peu, croyant que tout était de son fait, lui qui n'avait pu voir les larmes de Komui... Ce chemin sur lequel il s'engageait, en cet instant de ne pas en douter, le remettre en question, par ces mots ne lui semblait finalement avoir été qu'une chose en laquelle il avait eu raison d'y croire et aurait eu tort de s'être laissé aller à douter. Il sourit doucement à présent empli d'un sentiment d'espoir que cet importun rallumait en lui, lui qui commençait à en douter avant de s'exclamer, résolu à le rassurer :

« Non. Pas du tout. Et n'est ce pas toujours quand on manque de quelqu'un que l'on mesure à quel point on tenait à lui ? Pourquoi cela ferait-il de vous quelqu'un de particulièrement méprisable ? Et je connais peu de gens qui auraient été capable de s'avouer s'être trompés. Cela fait de vous quelqu'un de plutôt admirable, du moins à mes yeux. Et puis ne vous faites pas de reproches, Johnny. De l'époque où Komui est arrivé dans la Scientifique, je suis la seule personne qui y était bien avant, ait connu la Congrégation bien avant qu'elle ne portât son empreinte. Vous êtes tous arrivé après, quand il avait déjà répandu son être au point que cela vous semblait naturel et ne pas dépendre de lui. Comment auriez-vous pu vous douter que son absence instantanément créerait une grande différence ? C'était impossible et même si je vous avait prévenu, vous ne m'auriez pas cru.

-Bien sûr que si ! Protesta Johnny son visage subitement éclairci à ses mots et touché de ceux-ci comme lui même l'avait été des siennes sans qu'il n'en sachât pas à quel point de son côté, à quel point cela ravissait son cœur, l'agitait avec émotion, le remuait profondément jusqu'au tréfonds de son âme. Et que cette confiance inébranlable en lui et ses mots fit sourire plus encore alors qu'affectueusement il ébouriffa ses cheveux retenant un sourire à ses lèvres à présent, se sentant mieux à présent que l'on lui montrait un espoir réveillé, une lumière allumée en le cœur d'un de ses proches alors qu'il n'était plus que dans les ténèbres avant de s'exclamer :

« Ce n'était pas une chose qui pouvait s'exprimer avec des mots. Uniquement se vivre.

-Est ce que c'était parce que vous vous sentiez seul à le savoir que vous en souffriez autant, Commandant ? » Souffla Johnny en retour, ses yeux plongés dans les siens, à la recherche d'une réponse et en même temps gêné de la demander et de son audace, ayant le pressentiment au fond de lui de toucher l'un des cœurs du problème et le pressentiment qu'il ne s'agissait pas là de sa seule raison de souffrir, probablement. Question qui flétrit son esquisse de sourire instantanément, le renvoyant à l'absence de l'homme qu'il aimait et que personne ne pouvait comprendre et qu'il savait être l'autre cœur du problème, de son mal être mais qu'il ne pouvait celui là en aucun cas révéler, pas même à Jeryy qui, de toute manière devait s'en douter au fond de lui-même. Et la réponse échappa presque involontairement à ses lèvres en un souffle qu'il ne put retenir :

« En partie. En partie Johnny. Mais...

-Mais ? » S 'exclama Johnny incrédule, l'air suspendu à ses mots, comme attendant sa réponse. Et sa réaction lui fit réaliser subitement ce qui se passait, ce qui était en train de se jouer. Et sursautant, il recula, se maudissant d'avoir laissé en partie voir l'extrême complexité de sa douleur avant de s'enfuir en courant.

Que lui avait-il donc bien pris ? N'aurait-il pas pu de contenter de confirmer au lieu de se perdre en méandres de douleur ? Il ne devait en parler à personne.. Car personne ne pourrait le comprendre, personne mis à part Johann.. Il eut un sourire ironique à cette pensée en songeant que la seule personne qui pouvait le comprendre était celle qui pouvait jouer de cette absence pour essayer de s'en faire détester. Et avec tout cela, il avait trouvé le moyen d'intriguer plus encore Johnny.. De l'inquiéter plus encore, là où il voulait le rassurer. Sa course s'arrêta subitement dans le couloir alors qu'un sourire ironique et douloureux se dessina sur ses lèvres. Et doucement, comme à lui-même, il murmura avec le secret espoir que quelqu'un pourrait l'entendre et le lui dire à sa place, apaiser les inquiétude que sa fuite avait du allumer en son cœur comme un feu destructeur dont il avait tout sauf besoin :

« Je suis désolé, je ne voulais pas vous inquiéter pour quelque chose contre lequel vous ne pouvez rien ni même comprendre...Pardonnez-moi, pardonnez moi de ne pas avoir réussi à être de glace dès le début, à ne pas me contrôler au point auquel Komui se contrôlait...

Il eut étrangement l'impression subitement que ses mots ne tombaient pas dans le vide. Il avait même l'impression étrange et tenace d'être observé Comme si Johnny l'avait suivi.. Impression qui se confirma lorsque reprenant la voix de Johnny s'éleva en l'air un peu hésitante dans son dos :

-Vous ne pouvez et n'avez pas à être de glace, Commandant ni à vous taire tout comme Komui n'avait pas à le faire... Et je suis sûr qu'en parler pourrait vous aider...

Il eut un sourire un peu navré dans la naïveté de Johnny bien que son sincère soucis le touchait avant de murmurer doucement en se tournant vers lui et lui souriant :

-Si seulement, Johnny, si seulement mais ce sont des éléments qui ne se disent pas et qui font souffrir dans le noir. Et il n'y a rien à faire mis à part une chose, une chose que je m'efforcerais de faire mais il faudra du temps, beaucoup de temps.. Mais ça ira, je le jure..

Et Johnny en retour de lui sourire d'un air non convaincu, comme persuadé qu'être seul ne l'y aiderait pas, et en cela ne se trompant pas, mais le seul moyen qu'il avait trouvé pour l'apaiser avant qu'il ne s'exclama l'air de se sentir un coupable de le laisser seul :

-Je dois vous laisser, mais si jamais vous avez besoin de parler, n'oubliez pas, je suis là. Parce que je suis sûr que je pourrais comprendre malgré tout et que je n'aime pas l'idée de savoir que vous souffririez.

-Je saurai m'en souvenir » Sourit Reever en retour touché devant la ténacité de ce scientifique résolu à l'aider malgré tout. Et après lui avoir souhaité la bonne journée, il reprit sa route, le cœur bien plus léger qu'auparavant. L'espoir rallumé en son âme, bien qu'encore un peu maigre, mais bien là, présent dans un sourire maladroit et gêné d'un homme d'une sensibilité sans nom et qui encore une fois lui avait prouvé à quel point il était fiable et humain. Dont il ne pouvait qu'être fier de le connaître et dont son soutien en lui-même suffisait déjà à l'aider. Mais c'était son secret, pour le moment encore. De toute manière comme il le connaissait, il aurait tôt fait d'aller voir Jeryy pour savoir ce qu'il ignore encore et que Jeryy lui donnerait. Il n'avait pas s'en inquiéter, non pas du tout. L'avenir qui à présent se traçait ne lui semblait pas si sombre et ce en quoi il croyait bien moins vain. Il sourit plus encore, conscient que qu'au final il n'était pas aussi si seul qu'il ne l'avait cru et que peut être là haut quelqu'un veillait sur lui... Et il imagina un bref instant ce que dirait Komui dans sa lettre en apprenant la nouvelle, en se sentant à son tour moins seul.. Sûr que la chose vaudrait le coup d'œil tant il se sentait abandonné, peut être même aurait t-il le droit à des remerciements de sa part pour y avoir cru et surtout pour Johnny, des réactions d'émotions et des insultes qu'il aura le droit de lui faire pour ne pas y avoir cru et qu'il laissera prononcer, un fin sourire au lèvre démontrant qu'il ne les pense pas vraiment. L'espace d'un instant ce en quoi il rêvait ne lui apparaissait plus si impossible et qu'il en avait commencé à sillonner le long chemin. Il ne peut retenir un léger éclat de rire à ces douces pensées en visualisant la chose dans son esprit. Peut être même leurs retrouvailles, si cela se passait toujours comme cela...

En cet instant il n'avait plus envie de songer que tout ne pouvait être aussi facile. Il voulait simplement se soucier de rêves, oublier le réel comme il oubliait cet étrange son obsédant qui lui parvenait venant non loin de là. Un son de téléphone étrangement. Un son qui s'obstiner à raisonner non loin de lui sans que personne n'y mit fin. Surpris, il reprit pied avec la réalité, cherchant la direction d'où venait le son. Pour se rendre compte qu'elle venait de la pièce juste devant lui. Le bureau du Grand Intendant. A la porte fermée. Pris d'un mauvais pressentiment, craignant une nouvelle crise d'angoisse, sans même frapper, il se rua sur la porte qui s'ouvrit sans grande résistance.. Sur un bureau vide sans aucun Johann ni même de papiers, une chose à laquelle il ne s'était pas encore habitué. Il eut un soupir soulagé auquel se substitua vite une toute autre angoisse. Car il savait que le jeune homme ne s'absentait de son bureau qu'en cas d'extrême urgence. Et à moins que subitement il n'ait eu une envie de classer les archives même si ce n'était absolument pas son travail, ou que Luberrier l'ai appelé dans son bureau pour une quelconque raison ou en train de régler un autre problème...En tous les cas, aucune de ses solutions n'était une bonne chose.. Car si il était aller cherché un travail autre que le sien était qu'il tentait de fuir quelque chose le connaissant lui ayant tendance à se se noyer dans le travail pour oublier, Luberier avec son légendaire tact trouverait un moyen de le blesser et la situation d'urgence en elle-même était déjà assez inquiétante pour ne pas qu'il s'y perdît plus en y songeant... Et puis tenta t-il de s'apaiser, peut être qu'en réalité, il ne s'était déplacé que pour une raison minime... Pourtant un étrange mauvais pressentiment en lui persistait à penser que la réalité n'était absolument pas reluisante.

Néanmoins, ce n'était pas cela qui décrocherait le téléphone d'autant que le coup de fil pouvait être très important et et que s'il le manquait sous prétexte de chercher quelqu'un qui pourrait être dans n'importe quel endroit de la Congrégation, Johann ne lui pardonnerait jamais de l'avoir préféré, lui se croyant un salopard à la guerre environnante. Aussi décrocha t-il le téléphone et porta le combiné à son oreille, son regard se perdant distraitement sur le bureau désespérément vide et d'une propreté affolante après le joyeux chaos qu'il avait connu et qui le blessa un temps. Avant que...

« Allô Johann ? »

Sous le choc, ses jambes se dérobèrent, le faisant s'écrouler dans le fauteuil le plus proche, ses yeux s'écarquillant sous la surprise, n'en revenant pas d'entendre cette voix un peu hésitante, cette voix qu'il connaissait par cœur, qu'il n'avait plus entendu depuis deux jours mais qui suffisait à lui manquer tant il avait été habitué à entendre sa voix tous les jours. Mais c'était impossible, il devait être près de minuit chez lui, il devait dormir à cette heure-ci, ce ne pouvait être qu'une hallucination de plus.. Non ce n'était pas possible, pas cette fois.. On devait se moquer de nouveau de lui, il ne devait pas laisser cette joie secrète remontée pour être à nouveau trahie, comme tout à l'heure.. Pourtant dans un souffle,malgré sa raison qui lui criait de se taire de peur de faire une énorme bêtise et de paraître à nouveau ridicule, il ne put retenir son nom et d'une voix hésitante craignant d'être détrompée, il s'exclama :

« Ko..Komui ? »

Il n'eut qu'un lourd silence en retour. Il eut un sourire douloureux. Évidemment, il n'avait pu écouter sa raison quand elle lui disait de se taire. Et avec un soupir il va pour s'excuser , déçu au plus profond de lui-même mais pas surpris tant elle est logique lorsque subitement en un souffle s'éleva de nouveau cette voix tant chérie en un souffle tout aussi surprise et incertaine que la sienne, comme ayant elle aussi peur d'avoir mal entendu :

«Co... Commandant ?

-Que... ? Mais comment ? » S'exclama t-il éperdu, sous la surprise n'arrivant pas à retenir les questions oppressant son esprit à présent, se jetant avec violence en son esprit vivement au point qu'il ne sentait plus les larmes d'émotions qui à ses yeux s'étaient jetés et s'écoulaient librement, ne sentait plus cette joie qui brûlait son cœur en s'accrochant au moindre mot prononcé de cette douce voix, en tentant de se persuader, esprit qui doutait encore jusqu'alors, lui déjà trompé avant...

A ces mots Komui eut un petit rire à l'autre bout du fil mais un rire étrangement peu fort, l'air aussi remué, perturbé que lui même l'était avant qu'il ne reprit d'une voix étrangement basse et émue comme la sienne comme... si il lui manquait autant qu'à lui, mais non ce n'était pas possible, non cela ne pouvait être qu'un de ses rêves à lui, il ne devait pas s'y fier, pas cette fois :

« Je pourrais en dire autant de vous, Commandant. »

A ses mots il ne put à son tour retenir un rire devant la véracité de la situation qu'il lui révélait être en tout point semblable à la sienne. Et ce rire chassa de lui ce doute qui jusqu'alors l'habitait, le laissant seul en proie à cette joie simple d'entendre la personne que l'on aimait quand on ne l'attendait pas qu'elle était au loin, laissant cette joie simple brûler son cœur de l'intérieur, faire battre son cœur la chamade au point d'en être douloureux et lui donner l'impression qu'il allait exploser et ce même dans un étrange contexte inexpliqué.. En plein milieu de la nuit chez lui..Et demandant Johann.. A ces pensées il se redressa, de nouveau saisi d'une angoisse sourde, se doutant que s'il appelait en plein milieu de la nuit chez lui était parce qu'il avait une bonne raison. Probablement pas pour avoir de ses nouvelles quand ils s'écrivaient fréquemment...

Et au même moment, Komui s'exclama après un soupir qui lui semblait un peu douloureux comme peu désireux de retrouver la réalité de son côté aussi, sa voix se teintant elle aussi d'une certaine mesure, d'une certaine appréhension, comme redoutant la réponse :

« Je suis désolé, ce n'est pas que je n'aime pas parler avec vous , c'est plutôt le contraire mais... Johann n'est pas dans la pièce ? »

Le début de la phrase ne put que le toucher, lui donner l'espoir que comme lui, il appréciât sa compagnie. La fin beaucoup moins avec ce rappel cruel à la réalité qui tua l'émotion en son sein, y ramenant l'anxiété à son comble, redéployant en son cœur les ailes d'un papillon funeste,sentant venir une chose assez horrible et dont Komui allait être le messager et dont il allait devoir détromper ses espoirs. Et d'une voix douloureuse, triste à l'idée de briser ses attentes :

« Non en effet, pourquoi ? »

Et la réponse de Komui de le stupéfier, elle tant inattendue de la part de l'homme qu'il connaissait souvent maître de lui, sa voix se parant d'une étrange rage sourde et semblant un peu angoissé en même temps et qui ne fit qu'accroître sa propre angoisse alors qu'un bruit de choc résonna non loin de lui révélateur de ce que faisait Komui, à savoir frapper le mobilier :

« Merde, merde et merde !

-Je pourrais lui transmettre le message, vous savez et LAISSEZ CE MOBILIER TRANQUILLE SI VOUS NE VOULEZ PAS EN RACHETER ! Commenta Reever un peu inquiet face à ce sentiment un peu disproportionné et résolu à l'apaiser face à cette rage qu'il devinait infinie et qu'il ne pouvait comprendre, qui ne faisait qu'accroître sa propre peur que son cri commença à traduire sans qu'il n'y put rien et craignant en plus pour lui qu'il ne se blessât en même temps qu'il lui rappela avec douleur les moments où Komui faisait n'importe quoi et était avec lui, ces moments qui lui manquaient tant.

-Tu as entendu mon petit cœur, sois sage. Laissez tranquille ce pauvre lit qui ne t'a rien fait. Ce n'est pas lui le responsable de tes problèmes. Pour rappel c'est l'endroit où tu les fuis. Et puis Parle d'or peut bien faire la commission, ce n'est pas gênant. Que ce soit toi ou lui de toute manière la personne en retour sera quand même blessée. Mais cela vaut toujours mieux que de l'apprendre de Luberrier. »

A l'entente de cette voix étrangement raisonnable, Reever ne put que se figer. Il reconnaissait cette voix.. Celle de l'amie de Komui, Elena...Et qui donc au milieu de la nuit se tenait aux côtés de Komui, comme se doutant de combien serait compliquée la chose et était probablement là pour le soutenir.. Il ne put que sourire apaisé de savoir qu'il n'était donc pas seul et que si Johann avait été là, Elena l'aurait aidé et ses mots ne l'auraient pas plus blessé qu'il n'était déjà... Et étrangement savoir qu'elle était là rendait la perspective un peu moins inquiétante grâce à ses mots, ces surnoms absurdes et sa manière de présenter les choses malgré les circonstances plutôt dramatiques ainsi que sa joie de vivre dont il avait eu un avant goût la dernière fois et qui ici avait un léger accent endormi, comme si elle avait été tirée du lit peu avant. Tout cela fit qu'il s'exclame à son intention, ne pouvant retenir à ses lèvres un petit sourire en l'entendant et qui rien que par sa présence apaisait déjà un peu son âme que l'angoisse de Komui touchait :

« Bonsoir Elena.

-Oh ! Il m'a reconnu ! Il a retenu mon nom ! Définitivement toi, je t'adore ! Komui, t'as entendu ? S'écria t-elle enthousiaste le faisant rire devant la joie qu'exhalait ce feu follet ambiant, le touchant et le gênant aussi par sa spontanéité, et repoussant un peu plus encore par là ses angoisses des par son attitude vive et sa vivacité. Avant que ne vint la réponse de Komui où se lassait transparaître un sourire :

-Tu sais je ne suis pas sourd, Elena... Et mon lit n'est PAS quelque chose sur lequel on peut sauter librement. N'est ce pas toi il y a quelques minutes qui me disait de respecter le mobilier ?

-Nan ça c'est mon petit rossignol. Tu deviens gâteux, Komui ?

-Très drôle.

-Je suis hilarante, tu ne le savais pas encore ?

-Je me demande parfois qui m'a donné une amie pareille...

-Sauf ton respect, toi-même, Ko chan.

-..C'est bien le problème.

Reever ne put retenir un rire franc et massif à cette dispute à moitié simulée comme si Elena percevait son inquiétude et la combattait à sa manière en essayant d'effacer par le même biais l'angoisse de Komui qui à présent sous ce faux agacement où perçait malgré l'affirmation du contraire son affection pour la jeune femme semblait s'être effacée en partie ou du moins éloignée. Mais aussi comme si il était distrait. Ce que remarqua Elena comme il le comprit au ton inquiet qu'elle prit:

« Komui... Ça ne va toujours pas, hein ? J'ai beau faire cette fois, ça ne marche qu'à demi...

-J'en suis le premier désolé ma belle. Mais je sais trop ce que cela signifie pour.

-Me dis pas...

-Tu le connais comme moi. Il ne déserterait son poste que s'il avait appris une mauvaise nouvelle. Et il se pourrait très bien que j'arriverai trop tard...

-Quelle mauvaise nouvelle , Komui ? »S'écria Reever de nouveau terrifié devant ce pressentiment que les mots de Komui rallumaient en son âme, ramenaient du tréfonds de son âme,cette lassitude d'un homme habitué à échouer si près du but ainsi qu'un fort sentiment de culpabilité à l'idée de n'avoir pas été sassez rapide que sa voix avait en cet instant, comme si ce n'était pas la première fois qu'il échouait en cette soirée et qui l'inquiétait encore plus que tout car si inhabituelle, lui faisant réaliser subitement à demis mots, par ce ton de voix inhabituel chez lui à quel point les mots de Johann avaient eu de l'impact sur son âme. Et qu'il refusait d'entendre en sa voix, le refusant de céder aux ténèbres et qui le poussa à s'exclamer à son intention avant qu'il ne put répliquer :

« Et il n'est peut être pas trop tard. Avec un peu de chances, ce que vous craignez n'aura pas l'impact que vous vous attendez sur lui ou alors ce serait une autre raison qui le pousse au loin. En tout cas je suis sûr que vous avez fait tout votre possible.

Rallumer l'espoir en son sein. Chasser ces sentiments stupides. Lui montrer toute sa confiance inébranlable. Voilà tout ce qu'il voulait. Le sauver de lui-même et sa propre impuissance, s'il le pouvait. Il prit une grande inspiration suppliant que ses maigres mots pussent suffire à l'aider lorsque soudain...
-Il a raison, tu fais ce que tu peux, Komui. Pour rappel quelle la première chose que tu as faite après avoir appris la nouvelle par téléphone, après avoir été réveillé en sursaut par ce même coup de fil et être préparé mentalement et avoir reçu mon soutien ? »

Elena... Il eut un sourire devant le soutien qu'elle lui apportait, comme se doutant de ce qu'il voulait faire et lui apportant son aide tout en lui précisant les circonstances du premier appel, comme lui montrait qu'auparavant il veillait sur lui et avait choisi la chaleur de son lit, ne s'était pas tué à l'ampleur d'une tâche administrative pour noyer une souffrance d'être loin de tous. Et tous ceci amena Komui à pousser un soupir, mais celui-ci semblait moins douloureux, comme un peu plus soulagé. Comme si ses mots avaient suffi à l'aider au fond de lui-même. A cette pensée son cœur s'emballa un peu plus tandis qu'une douce félicité se répandit en lui en songeant que même au loin il l'avait aidé alors que Komui s'exclama en retour :

« Vous avez raison Commandant je m'emballe peut être pour rien. Et j'espère honnêtement que je m'emballe pour rien. Mais il n'a laissé aucun mot n'est ce pas ?

-Pas la moindre trace, en effet. Et je me demande bien où il a pu aller... »Commenta Reever après un rapide regard à son bureau, sa propre anxiété bien que tentant de l'effacer revenant se jeter à son âme malgré ses propos à la fois néanmoins tendue de Komui. Comme ne croyant qu'à demi ses propos, tentant de s'y raccrocher de toutes ses forces.

Et en retour, il eut un soupir douloureux. Très douloureux. Qui ne fit augmenter son mauvais pressentiment Avant que de nouveau ne retentit la voix de Komui à son égard mais cette fois-ci plus raffermie, proche de sa voix d'ancien Intendant, de l'homme sûr de lui et sachant ce qu'il faisait :

« Si malgré tout, il le sait, il ne pourra qu'être dans un seul endroit. Le terrain d'entraînement.

-Mais pourquoi ? S'exclama incrédule Reever à ses mots si sûrs d'eux, qui ne semblaient pas douter un instant d'eux et qui en plus de tout l'inquiétait, lui faisant présager le pire.

-Parce qu'il ne connaît qu'un seul moyen pour exorciser la douleur liée au souvenirs qu'il a d'Alexandre. La violence envers lui-même. Il va tenter de s'entraîner, lui tirer dessus fictivement jusqu'à épuisement complet de son corps, qu'il soit en sang. C'est sa manière d'expier le crime selon lui qu'il a eu de lui faire confiance, de se dire que c'est sa faute et de s'en punir. Il fait cela depuis longtemps. Depuis leur rupture. Je l'ai trouvé à faire cela un nombre incroyable de fois et j'avais beau tenter de le raisonner, rien n'y faisait.Même si je n'ai jamais pu comprendre et qu'il n'a jamais tenu à m'expliquer pourquoi la violence était autant lié à ses souvenirs de lui...

-C'est...C'est... »Bredouilla Reever horrifié, portant la main à sa bouche, choqué au plus profond de lui-même médusé devant tant d'horreurs qu'il s'infligeait de lui-même en plus de celles déjà vécues, imaginant sans peine Johann en sang à s'obstiner à tirer, l'air brisé et d'un fou, enfant qu'un pervers avait détruit de l'intérieur et qui tentait de détruire son emprise sur son âme en vain en invoquant une autre douleur. Entrevoyant sans peine les souvenirs sanglants qu'il tentait d'exorciser, les cicatrices sanglantes à travers les échos du passé qui le maculaient. Et que Komui ignorait qu'il possédait se rappela t-il subitement blême, d'après ce que lui avait dit Johann le jour où il les avait découvertes sur son torse. Par peur de faire de lui un assassin se souvint-il juste à temps, avant qu'il ne put lui en parler. Ces marques qui expliquaient le lien entre la violence et leur amour et encore plus son silence à ce propos. Et la violence qui lui semblait le seul moyen d'oublier la violence passée. Cette violence comme moyen de se punir, pour expier ce crime de lui avoir fait confiance.

Avant qu'il ne réalisa subitement... En quelles circonstances le souvenir de Bolskrin serait revenu le hanter pour en arriver là ? Pourquoi tout spécialement aujourd'hui ? A moins que la mauvaise nouvelle ne soit directement liée à Bolskrin.. Horrifié, il va pour le demander lorsque le prenant de cours résonna un soupir douloureux de Komui qui à lui seul exprimait le déchirement et la déploration intense de celui-ci face à des telles horreurs et son impuissance à les chasser:

« C'est atroce, oui. Terrible même. Mais envisageable, très envisageable. Maintenant vous comprenez pourquoi cela m'inquiète tant.

Muet, il ne put qu'acquiescer avant de se rappeler que Komui ne pouvait en aucun cas le voir. Mais Komui sembla comprendre ce qui se passait car de suite il s'exclama :

- Et si vous voulez l'arrêter, il faudra être plus fort que lui. D'âme. Car il n'aura de cesse de tenter de vous blesser et à la moindre faille, vous pouvez être sûr qu'il vous tombera dessus.

-Ça ne change pas de d'habitude vous savez.. Soupira Reever avec douleur en songeant aux actes auquel la détresse allait mener le jeune homme et qu'il regretterait probablement ensuite.

Pour avoir une réponse courte et précise qui glaça son sang.

« Ce sera pire. Trois fois pire. A l'instant où vous entrerez dans la pièce, sa cible ce ne sera plus une cible ou lui-même mais vous. Jusqu'à ce que ces nerfs craquent face au contraste de calme et d'agitation qu'il ressentira en lui. Là il devrait s'effondrer et vous pourrez considérer que la crise est passée.

-Et qu'est ce qui a bien pu le mettre dans un tel état... ? Murmura t-il saisi d'effroi en voyant ce à quoi on allait devoir le pousser, à être d'acier voire même un peu rude pour l'aider et se posant de plus en plus sérieusement la question et la laissant enfin s'exhaler de ses lèvres. Tout d'abord il n'y eut qu'un lourd silence puis un soupir tout aussi douloureux. Avant que Komui ne reprit douloureusement :

-Une personne à laquelle tient énormément Johann va être protégée par Bolskrin. En sachant qu'il le déteste, que Bolskrin déteste cette personne et que cette personne le déteste aussi et que Bolskrin a tendance à beaucoup moins protéger les gens qu'il n'apprécie pas. Et si cette personne venait à mourir, je ne suis pas sûr que Johann s'en remette un jour.

-Et cette personne est très liée au passé de Johann, n'est ce pas ? Commenta d'une voix blanche Reever à cette nouvelle pour le moins mauvaise, comprenant à présent mieux l'implication de Bolskrin dans ce qui pourrait arriver à Johann, comprenant mieux les enjeux si à en croire Komui, la mort de cette personne dévasterait cette fois-ci entièrement Johann et se doutant fort bien que Komui ne lui en dirait pas plus sur son passé mais consentirait au moins à lui donner confirmation de ce qu'il soupçonnait.

Et Komui de confirmer en s'exclamant de trois mots fermes et précis qui semblaient appeler à ne pas trop chercher au delà :

« Oui. Très liée.

Pourtant il ne put retenir, malgré l'avertissement dans la voix de Komui la question que tout ceci amenait spontanément à ses lèvres :

-Jusqu'à quel point ?

Et pour t'obtenir de lui qu'un soupir douloureux comme culpabilisant à l'idée de ne pouvoir lui dire grand chose avant de rajouter :

-Très très liée. C'est tout ce que je peux vous dire sans vous révéler toute sa vie...

-C'est déjà mieux que rien...Soupira Reever. Si seulement il n'était pas si compliqué.. Rajouta t-il dans un souffle.

-Si les personnes qui l'entouraient lui avait permis d'être normal, on n'en serait pas là plutôt Soupira en retour Komui résolu à le détromper et corriger ses mots et lui en révélant ainsi plus, bien que pour Bolskrin, il le savait déjà... Et ainsi donc autour de lui il n'avait jamais eu des gens qui lui avaient permis de vivre normalement... Dans ces conditions, il n'y avait rien d'étonnant à ce qu'il agisse aussi étrangement...

Et subitement la voix énergique d'Elena reprit subitement, résolue à chasser leurs tourments :

-Allez haut les cœurs les enfants ! Le passé est le passé et avec deux amis comme il a, le tigron devrait s'en sortir ! Et toi mon petit cœur, que je vois s'agiter un air coupable dans les yeux ne me dit pas que c'est vain parce que d'abord si cela l'était vraiment, depuis tout ce temps tu l'aurais déjà abandonné et ensuite c'était vain parce que tu étais sel mais à présent tu ne l'es plus.

-Et si je peux l'aider, je le ferais. Renchérit Reever. C'est même l'un de mes principaux souhaits. Ça et.. »
Il n'acheva pas, ne put pas, l'émotion lui coupant la parole gardant enfermé au plus profond de lui-même ces quelques mots. « Ça et te ramener auprès de moi ». Les mots lui semblaient étrangement fades en son âme pour exprimer ce à quoi il se raccrochait de toute ses forces pour trouver encore la force de se lever tous les matins, pour exprimer toute la force de son manque, ce à quel point il tenait à lui. Il ne put que se taire gêné en retour. Lorsque subitement :

« Vous me manquez atrocement, aussi, Commandant »

Un murmure. De sa voix douce. Vif comme ayant peur d'être rabroué, mais délicat comme un souffle devenu si léger qu'il pourrait tout aussi bien avoir mal entendu. Et qui fit tressaillir son cœur, le remplissant d'une étrange chaleur bienfaisante, alors qu'il sentait ses joues le brûler alors qu'un sourire touché se dessinait sur ses lèvres heureux de ce bonheur simple, de savoir que la personne qui lui manquait le plus au monde manquait aussi de lui avec autant de force. Que cette personne avait compris les mots qui se cachaient derrière son cœur, son immense manque de lui.. Et avaient peut être lu au delà.. Il tressaillit à cette pensée, pétrifié subitement sous la gêne et l'afflux de questions telle que se demandant si c'était le cas ou non avant que ne reprit la voix de Komui un peu embarrassée :

« Je n'aurais jamais imaginé que la Congrégation me manquerait autant... »

Il eut un soupir déçu au plus profond de lui-même. Ah...C'était donc cela... Par ce vouvoiement, il voulait dire l'ensemble de la Congrégation, pas lui en particulier...Pourtant, l'espace d'un instant dans ce ton ardent qu'avait eu sa voix, et ce même dans la gêne restée à présent, il avait vraiment eu l'impression que ses mots ne le concernaient que lui, comprenaient ce même sentiment que le sien.. Il semblait qu'il s'était trompé, avait pris ses désirs pour des réalités une fois de plus.. il eut un sourire ironique.. Décidément...A moins qu'il ne jouait de l'ambiguïté car par peur de le dégoûter en étant trop clair comme le chuchotait une part d'espoir liée à ses sentiments et qui avait la très nette impression de ne pas s'être trompée d'impression. Et l'écoutant un bref instant un fin sourire sur ses lèvres se dessina.. Ah, et bien dans ce cas, lui aussi allait en jouer et on verrait bien ce que cela donnerait...

« Et moi qu'elle serait si vide sans vous... Sur ce je vous laisse en vous souhaitant une bonne nuit »Avant de raccrocher, pour renforcer son effet cherché...

Verrait-il le message qui se cachait derrière ses mots ? Peut être.. En tout cas, si message caché par la gêne se terrait peut être dans les mots de Komui, il savait que le sien,lui n'était pas innocent.. Il sourit plus encore à cette pensée et cet appel qui lui avait redonné de la force rien qu'en entendant sa voix et en ayant la joie d'Elena comme soutien comme pour lui prouver qu'il n'était pas seul de son côté. Et de la force, à l'en croire il en allait avoir besoin. Il prit une profonde inspiration avant de braquer son regard sur la porte du bureau prêt à s'élancer à nouveau en le monde. Espérant secrètement que Komui se trompât. Mais déterminé, quoi qu'il arrivât.

Et à des milliers de kilomètre de là, une femme riait aux éclats sous l'air gêné et rougissant d'un homme incrédule, n'en revenant pas de ce qu'il avait entendu, se demandant si comme pour lui la gêne avait choisi une manière dérobée d'exprimer les même sentiments que lui. Avant que cette même femme s'exclama :

« Comment il t'a eu avec tes propres armes ! Il n'a pas volé son surnom, moi je dis !

Il eut un soupir. Il ne fallait pas qu'il s'accrochât trop à cet espoir, de peur d'être déçu. Pourtant, ces mots coupé à ceux d'Elena ne tenaient que réveillé cet espoir qu'il savait vain. Et comprenant ce soupir, elle tourna son regard rieur vers lui en s'exclamant :

-Tu soupires mais je suis sûr qu'il a joué ton jeu, ton jeu con, si tu veux mon avis...

-Je sais que j'ai été stupide.. mais j'ai eu un mouvement de gêne.. J'ai eu peur de sa réaction si j'avais laissé les choses ainsi soupira Komui avec douleur et résignation face à cette confusion qu'il laissait dans ces mots et dont il avait cru l'espace d'un instant percevoir ce même vide qu'il éprouvait en son absence...

Et Elena de sourire doucement, laissant ses moqueries mourir face à l'affliction de son petit cœur et de le prendre en ses bras, résolu d'une étreinte les apaiser et d'embrasser son front en murmurant :

-Allez fais confiance à ton Elena Komui.. Et tu verras tout ira bien...

-Mais je te fais confiance déjà Protesta Komui en ses bras sans résister à son étreinte, comme en ayant besoin et ne se le niant pas.

Et elle resserra ses bras autour de lui, posant son menton sur le sommet de sa tête murmurant doucement avec une affection qu'elle ne tenta pas de nier:

-Oh je le sais, mon petit cœur.. Mais crois en mes mots aussi, Komui... Et tout ira pour le mieux, je te le promets...

-J'aimerais tellement avoir ton optimisme..Soupira Komui en retour.

Et elle de sourire plus encore en déposant en un baiser de mère avec son enfant sur son front en murmurant :

-Mais tu l'as déjà mon optimisme...Il a été endormi par la guerre alentour et les mots de Jo et la vielle bique mais il est là et je te promets qu'il se réveillera...Je ferai tout pour et je ne suis pas la seule, tu sais.. »
Et elle rit aux joues de Komui prenant une teinte écarlate alors qu'il lui jetait un regard noir qui eut pour effet de la faire rire à nouveau avant qu'elle ne déposa un baiser sur sa joue, doux et tendre. En promesse complice. Confiante en ce Seigneur qui ce soir leur avait permis de se retrouver un temps, en écoutant sa prière. Confiante et sans peur en l'avenir. En promesse silencieuse à l'avenir pour le rendre plus précieux encore que le présent et le passé. Bonheur de lumière qu'elle commençait à entrevoir quand son protégé était encore dans les ténèbres et dont elle appréciait déjà la chaleur. Pour lui.

OoO

Tirer. Recharger. Tirer. Recharger. Briser le monde comme il l'avait brisé. Lui faire payer chacun de ses coups. Lui faire payer l'audace de remettre sous ses yeux celui qui l'avait déjà tant blessé. Dont il voulait oublier jusqu'au nom..Non ? Il poussa un cri de rage. Et tira avec d'autant plus de rage dans la vitre alentour éclatant le carreau sans même y attention ni même aux bouts de verre qui vinrent égratigner sa peau. Qu'ils détruisent donc son air d'ange, il n'en avait absolument rien à faire. Car il savait bien qu'il n'avait rien d'un ange. Et au vu de ce qui était arrivé, de ce qui lui arrivait encore, même le ciel ne s'y trompait pas. Il était un salaud, il méritait ce qui lui arrivait. Point. Alors pourquoi ne pouvait-il donc pas se résigner, abandonner ? Là était la question. Il eut un soupir lassé, au milieu de sa douleur. Tout serait plus simple s'il n'éprouvait rien. Avant qu'il ne sursauta. C'était déjà ce qu'il était, non ? Il n'éprouvait rien. Rien du tout. Il ne devait rien éprouver. Que le vide qu'il créait. Alors pourquoi, pourquoi malgré tout, s'obstinait-il à penser de telles choses, à avoir mal de cette manière ? Son passé était mort et enterré. Et pourquoi, que lui prenait-il de nier ce qui était la vérité ? Qu'il ne voulait plus entendre parler de lui... Il leva un regard rageur vers le ciel en murmurant comme pour lui-même :

« Tu vas me pourrir encore longtemps la vie, Alex ? »

Déjà qu'il l'a lui avait brisé.. et on lui donnait l'occasion de recommencer.. Il ne le permettrait pas.. pas cette fois.. et comme il n'éprouvait rien, cela ne lui ferait rien... Et bon sang pourquoi donc cela sonnait-il si faux ? Pourquoi en songeant cela les visages de Komui et de Reever venaient spontanément à ses yeux ? Il ne les appréciait pas. Il ne savait pas ce qu'était l'amitié. Ne devait pas en avoir. Il était un salaud. Qui ne ferait que les blesser, même sans rien faire en ce sens. Il devait sans rappeler, se rappeler de cela. C'était pour cela qu'il devait les détester. Autant par peur qu'ils ne l'appréciât et qu'il se mette aussi à les apprécier de peur que ce monde de nouveau n'usât contre lui de ses relations, qu'il ne méritait pas d'amitié, que parce qu'il savait bien qu'il aurait tôt fait de les détruire comme il avait détruit de par sa seule existence ses proches, mué par ce destin impur qui était le sien. N'étais ce pas pour cela au début,en plus de tout qu'il s'était éloigné de Komui ? Bien sûr que si... Ce n'était pas la seule raison mais c'en était une... Que faisait-il avec Reever ? Pourquoi donc tardait-il à la détruire de la sorte ? Pourquoi à chaque fois qu'il voulait la détruire un étrange pincement serrait son cœur ? Pas qu'il ne l'avait jamais depuis quand était-il assez fort pour l'empêcher de tuer sa sympathie à son égard pour une part qui de lui en plus n'existait pas ? Il n'y avait pas de Johann gentil. Il n'y avait qu'un masque trompeur auquel il se laissait avoir. Il n'y avait qu'un lâche comme les autres transi de peur, et salaud. Qui ne savait que blesser...Pour éviter d 'être blessé en retour. Personne ne devait le comprendre, personne jamais. Alors pourquoi donc laissait-il ce Reever s'approchait plus près que n'importe qui, même plus près que Komui encore ? Pourquoi donc ce sourire chaleureux qu'avait leurs moments joyeux commençait à lui devenir précieux alors qu'il n'y avait pas le droit ? Non , tout cela n'allait pas. Il fallait tuer ce Johann faible, l'épuiser pour mieux retrouver ce masque qui était le sien et avoir enfin le courage de détruire enfin ces liens qui les unissait.. Oublier Alex et sa violence...Ne pas écouter cette voix qui gémit en lui à cette pensée.. Comment pourrais t-il encore être attaché à ce salaud ? Il aurait fallu qu'il ait changé et encore.. Il ne devait s'attacher à personne, et encore moins à lui... Rageur, il tira à nouveau en l'air, comme il aurait visé le cœur de ce salopard, résolu à le détruire, comme il l'avait détruit, à lui faire payer même fictivement la moindre blessure. Même si ce n'était d'aucun soulagement, n'apaisait pas sa douleur le moins du monde, n'effaçait pas ce qu'il savait inéluctable et qu'il refusait d'y penser sachant qu'à l'instant où cela arriverait, il s'effondrait comme un être pitoyable et faible qu'il croyait avoir détruit. Un être pourvu de faiblesse et de sensibilité qui n'était que brume en son cœur simulant une vie qu'il n'avait plus depuis longtemps. Ne devait plus avoir. Depuis qu'il l'avait blessé et qu'il...

C'est alors qu'il l'entendit, la porte s'ouvrant derrière lui... Il eut un mauvais sourire. Voilà qui s'avérait plus intéressant que tirer sur une pièce à présent dévastée...Et la personne en question allait payer de le déranger de la sorte... Et alors qu'il s'apprêtait à sortir une pique venimeuse, une voix coléreuse s'exclama dans la pièce le faisant se figer :

« MAIS ON PEUT SAVOIR CE QUI VOUS PREND ? BON SANG REGARDEZ VOUS ! VOUS ALLEZ VOUS TUER A CE RYTHMNE !

Sa voix. Celle de Reever. Remplie d'un soucis qu'elle ne devrait pas avoir. Jamais. Et qui le livrait sur un plateau d'argent pour détruire enfin ces liens qui les unissait définitivement. Mais pourtant.. la perspective de le blesser.. lui faisait étonnamment atrocement mal.. Pourtant il ne devrait pas en éprouver de regrets.. Il ne faisait que se protéger et le protéger de lui-même, lui épargner de croire en quelque chose qui n'était pas lui... Alors pourquoi son cœur se serrait-il à cette pensée quand pour tant d'étrangers cela l'indifférait ? Il n'était pas trop tard, il devait le faire.. Tant que Reever ne l'appréciait pas encore trop fort, tant qu'il le pouvait encore...

« FOUTEZ MOI LE CAMP WENHAMM ! VOUS AVEZ BIEN D AUTRES TRUCS A FAIRE COMME... JE NE SAIS PAS MOI ALLER REVER DE VOS AMOURS QUE VOUS COMPLIQUEZ COMME PAR ENVIE DE SOUFFRIR !

Pourquoi ? Pourquoi bon dieu ces mots ne sonnaient-ils en son esprit que comme un avertissement ?

Pourquoi crier cette saleté le blessait t-elle comme si c'était lui qu'on insultait ? Reever devait fuir, s'éloigner, vite.. Se protéger de ses mots durs...Sauver leurs liens.. Il sursauta à cette pensée. Non, définitivement, il faisait et disait n'importe quoi. Il se retourna vers lui, cherchant dans son regard la moindre trace de blessure sur laquelle l'attaquer plus encore. Le moindre signe que son avertissement n'avait pas été vain, qu'il s'en tirerait à bon compte...Pour ne rencontrer qu'un regard blessé à son encontre, dévisageant avec peine et douleur voire un peu d'horreur mais si bien dissimulée qu'à peine visible en voyant ses multiples blessures. Horrifié, il recula, hurlant :

« NE ME REGARDE PAS COMME CELA ! DEGAGE BON DIEU, BON DIEU DEGAGE ! JE NE MERITE PAS TA COMPASSION, JE NE MERITE QUE CE QUI M ARRIVE !

Il ne devait pas le regarder de la sorte, surtout pas.. Pas avec ce regard qui souffrait autant pour lui.. Pas ce regard.. qu'aurait eu un ami pour un autre en le voyant se détruire.. Ce regard peiné qu'avait eu Komui...

Il s'avance vers lui, lui tendant la main retenant la peine qui luit dans ses yeux aux horreurs qu'il lui dit sans cesse et la peine qu'il lui fait de se blesser de la sorte et lui murmure avec un sourire voulu rassurant :

« Viens Johann, s'il te plaît.. »

Un supplication en sa voix.. Une blessure intense autant par ses mots que le voir ainsi. Mais si cela le blesse, qu'il aille voir ailleurs...Et en quoi vaudrait-il mieux que les autres ? Il est des leurs, il est des leurs, de ceux qui les auraient séparé...De ceux qui ne peuvent comprendre, qui ne savent pas tout... Avant qu'il ne sursaute en lui-même.. Que lui prend t-il de penser de telles horreurs ? Il sait tout ce qu'i savoir sur lui, il ne veut que son bien, il le lui prouve tous les jours depuis leur rupture, il est toujours là à veiller sur lui.. au point d'en oublier sa propre vie... pour lui, il est en train de tout foutre en l'air.. Et il n'est pas prêt à l'admettre. Il hurle en retour résolu à faire cesser ce regard douloureux qui le rend honteux au fond de lui de le blesser et de paraître faible,cette faiblesse qu'il commence à trouver insupportable en lui, résolu à la blesser pour qu'il ne souciât plus autant de lui, ne tentât plus de tenir éveillé son cœur qui le faisait tant souffrir, et cessa de ne se soucier que de lui :

« PARCE QUE TU ME PROTEGERAS MIEUX QUE TU N AS PROTEGE TA SOEUR, HEIN ? REGARDE COMME TU AS ECHOUE ! ET QUI SERAIT ASSEZ FOU, OUI QUI SERAIT ASSEZ FOU POUR VOULOIR DE TOI ? TU NES QU UN SALE MENTUER QUI JOUE LES RASSURANTS MAIS QUI EN REALITE NE SAIT RIEN …..

Il ne frémit pas à ses mots durs qu'il sait injuste,qu'il réalise abominables au fond de le mal est déjà fait et c'est tant mieux si cela peut aider. Il baisse la tête.

Et sent deux bras l'enlacer et le serrer très fort tandis que dans son oreille une voix frémissante d'émotion murmure :

« C'est vrai je n'ai pas pu sauver ma Lenalee, mais toi, je peux...Et je ferai toujours tout ce que je peux pour t'aider, te sauver..

-JE N AI PAS BESOIN DE TON AIDE ! Hurla t-il en retour, effrayé de voir que ce où quoi le menait à ses mots, à se soucier autant de lui au point de faire cette promesse. Espérant qu'un cri suffira à le repousser au loin. Mais cela ne sert qu'à renforcer son étreinte alors qu'il murmure doucement :

-C'est précisément parce que tu ne m'as rien demandé que je suis là, Jo. Parce que tu es mon meilleur ami. Et que rien n'y changera , rien de ce que tu feras. Jamais.

-Idiot, idiot, tu ne sais pas ce que tu fais ... murmure t-il en retour, ne pouvant empêcher à présent ses larmes de couler d'émotion face à ces promesses qu'il sait sincère, face à cette amitié qu'il lui offre sans rien attendre en retour et qu'il sait très bien ne pas mériter. Et Komui de murmurer doucement, la voix légèrement riante :

-Je sais exactement ce que je fais, Jo, sinon je ne fais rien. Tu dois le savoir depuis le temps...»

Il sourit dans ses bras, conscient de ce fait. Et lui rend un peu timidement l'étreinte.

Mais il ne devait pas laisser cela se reproduire, jamais. Ne plus jamais laisser son cœur reprendre une telle importance, comme à l'époque. Ne pas laisser Reever atteindre son cœur comme Komui avant. Il ne devait pas redevenir ce jeune homme qu'il pouvait soigner. Il ne devait pas lui laisser adresser un tel regard, une telle amitié naître et qui cette fois-ci ne pourrait être repoussée comme Komui.. Car lui à sa différence ne savait pas encore à quel point il avait été faible... N'était pas si impliqué dans ce passé qu'il repoussait de toutes ses forces.. Lui n'appartenait que si peu au passé.. Il avait été avant d'exister sous ses yeux, l'espoir que Komui recommençait à vivre que son éloignement lui redonnait la vie, ne l'avait pas détruit...Mais il ne se résumait qu' à un sentiment, devait s'y résumer et il ne devait avoir aucun scrupule à s'en faire détester...Qu'il n'était même plus sensé ressentir.. Il les détestait, point.. Il le devait. Il devait ignorer les mots qui s'exhalaient à présent de son âme, son doux sourire qui lui rappelait celui de son amant, le faire taire à tout prix, le blesser, détruire son amitié et vite avant qu'il ne lui soit trop lié, qu'il ne sache tout de lui, qu'il se sentit son ami avec lui, par peur de le blesser en devant le rejeter plus tard mais aussi parce qu'il ne le méritait pas et surtout une personne comme Reever aussi formidable, par peur qu'il ne puisse admettre qu'en réalité les sentiments n'étaient peut être pas si mauvais sous son influence, par peur qu'il ne l'appréciât lui par ricochets lui si faible :

« C'est encore à moi de décider qui la mérite ou non. Et à mes yeux tu la mérites. Parce que tu es..
-TAIS TOI ! Hurla t-il horrifié voyant se former sur ses lèvres ses mots maudits qu'il voulait éviter, reculant encore, comme pour le fuir. Essayer d'échapper à son regard. Le fuir, fuir cette amitié. NE DIS PAS DE CONNERIES JE T EN SUPPLIES ! JE NE SUIS QUE TON ENNEMI RAPPELLE TOI ! »

Pourquoi donc n'arrivait-il qu'à se défendre, pas à attaquer comme il savait si bien le faire ? A supplier comme un faible ? A reculer ? Et pourquoi avait-il l'impression en contemplant ses yeux bleus posés sur lui brillant d'une douceur et d'une bienveillance qu'il n'avait vu d'égale que dans les yeux de Komui couplée à une horreur proportionnelle à son état, en voyant son sourire rempli de gentillesse, que quoi qu'il fit, C ETAIT DEJA TROP TARD, QU IL LUI ETAIT DEJA TRES CHER ? Non cela ne pouvait être, ne devait être.. Désespéré, il ramassa des bouts de verre et commença à les lui jeter en sa direction dans l'espoir de voir se ternir cette amitié parasite en son regard, cette amitié à laquelle il n'avait pas droit et qui réjouissait coupablement quelque chose au fond de lui. Mais il se contenta de les éviter souplement en s'exclamant avec un petit sourire moqueur comme résolu à le faire sourire lui aussi en lui rappelant la fois où il avait trouvé ce message de Komui et lui avait jeté des plumes :

« Toujours aussi peu doué pour viser, à ce que je vois...

-DEGAGEZ ! BON DIEU DEGAGEZ.. OU JE TIRE ! S'exclama t-il de plus en plus horrifié, terrifié devant la force de cette amitié qui jamais n'abandonnait en le voyant se rapprocher de lui avant que pris d'un impulsion il ne s'empara de son pistolet et le visa en désespoir de cause, qu'il le crut capable d'une telle chose. Espérant détruire en un instant son amitié pour lui par un tel geste. Il le vit marquer un arrêt surpris. A cette vue, il eut un sourire. Et retrouva son ancien aplomb.

« Ne croyez pas que j'hésiterais une seconde, Wenhamm. Vous commencez à devenir une sacrée épine dans mon pied et le jeu ne m'amuse plus.

-Je ne te crois pas.

La réponse tomba nette et précise, froide et déterminée et détruisit un instant son aplomb, le laissant incertain, ne comprenant pas d'où pouvait venir un telle certitude. Avant qu'il ne se ressaisit et s'exclama moqueur :

-Et qu'est ce qui vous fait dire cela ? Vous ne savez pas de quoi je suis capable, Wenhamm.

-J'en sais assez pour savoir que vous n'êtes pas un meurtrier Greimbaum. Que blesser, vous ne le faites pas par plaisir. Que vous n'êtes pas un pervers. Pas comme lui. Que vous valez mille fois mieux que lui. »

Pas un pervers. Pas comme lui. Pas un pervers. Pas comme lui. Mais il ne valait pas mieux à menacer quelqu'un qu'il voulait protéger.. Fut-ce de lui-même... Il ne méritait pas cette confiance qu'il déposait en lui, il ne méritait pas cette impression que l'on le croyait pur, il ne le méritait pas.. Il en laissa tomber son arme sans même y prêter attention, murmura doucement :

-Je ne vaux pas mieux, Reever, je ne vaux pas mieux.. Tu ne devrais pas t'attacher à moi, surtout pas. Je ne saurais que te blesser...Et moi je ne devrais pas avoir envie...Pas avoir envie de...»

Pas avoir envie de quoi ? Si seulement il savait.. Il ne se comprenait plus, ne comprenait plus son propre cœur qui était pourtant mort non.. ? Alors pourquoi donc avait-il cette impression qui continuait de serrer son cœur à l'idée d'avoir pu le blesser, pourquoi ses larmes coulaient -elles le long de ses joues ? Que voulait-il au fond ?

Avant que la réponse ne s'imposa claire à son esprit. Lui fit relever le regard qu'il avait baissé, les mots lui échappant des lèvres sous le choc :

« Je n'ai pas envie que tu.. me détestes.. Je n'ai pas envie que tu me détestes...Mais je.. ne.. Je ne dois pas...Je.. Je n'ai pas le droit... »

Avant que l'instant d'après quelqu'un ne l'attira contre lui subitement sans qu'il ne songea à se débattre, hébété devant le poids de cette révélation à son esprit, ce fait simple qui pourtant expliquait le moindre de ces pincements, la moindre de ces réticences à se faire détester, la moindre de ces hésitations. Mais où, comment un sentiment avait-il pu se réveiller en son âme ? Il les avait tué, il les avait tué non ? Ou bien s'était il réveillé à force de faire la même chose ? Peut être qu'il en avait assez de lutter contre cela.. Mais il ne devait pas s'arrêter, sinon le monde le briserait à nouveau... Il le briserait, il n'avait pas le droit à ce sentiment d'être compris, pas le droit à ses mots gentils qui voulait l'apaiser.. Mais il n'avait pas la force de le repousser, le détruire comme tant d'autres.. Pas lui.. Komui avait raison depuis le début.. Il ne pouvait pas le détruire... Pas lui...Même pour se faire haïr de Komui il ne le pouvait...Pas alors qu'il avait autant confiance en lui, savait ce qui se cachait en grande part sous son masque, savait ce que Komui ignorait pour le protéger... Pourtant il devait le haïr, le rejeter..

Car il savait trop bien ce que signifierait se lier d'amitié avec lui.. Il était apprécié, bien trop apprécié de ses hommes pour que leur amitié n'est pas une conséquence.. Soit sur lui, soit sur Reever.. On pourrait croire si le Commandant l'appréciait qu'il n'était pas une si mauvaise personne alors qu'il était le pire salaud au monde, ou alors on pourrait croire que Reever en réalité n'était qu'un horrible homme.. Et il ne pouvait supporter l'idée que quiconque le blessât. Il devait le protéger et se protéger car par cette nuée de gens qui se diraient qu'il n'était pas mauvais, tous seraient dans le faux en plus de ne pas mériter leur amitié et il y aurait des gens qui verraient qu'il avait été faible et en avait gardé quelques traces bien que n'étant qu'un masque et en jouerait. Pourtant il avait envie de se laisser aller, de parler, de laisser son cœur s'exprimer, ce cœur qu'il croyait mort et qui continuait de le faire souffrir. Il avait ENVIE de cette amitié, de pouvoir enfin parler à quelqu'un, se laisser aller.. Même si cela ne pourrait jamais être que provisoire,tant qu'il ne saura pas tout, ne saurait quelle infamie couvrait son front et qu'il ne ferait pas comme Komui qui l'avait accepté malgré cette infamie, l'une des autres raisons qui faisaient qu'il le rejetait avec la peur de se laisser apprécier et d'apprécier, la peur de le blesser et l'envie de le protéger de lui-même, l'impression de ne pas le mériter. Il n'avait jamais eu autant envie de quelque chose de sa vie.. Quelque chose qu'il ne méritait pas, n'avait pas le droit...Il le savait bien. Il devait le rejeter avant que cette envie ne l'emplit tout entier, il devait la combattre de toutes ses forces, le tenir à l'écart puisqu'il ne pouvait le détruire, n'en avait pas la moindre envie. Oui, il le devait.. Pour leur bien...Mais pouvait-il tenir à distance quelqu'un qui n'était pas en danger encore par sa présence ? Peut être avait-il le droit lui aussi à chasser un peu sa solitude.. Peut être était-ce pour cela que l'on le lui envoyait auprès de lui...Peut être avait-il aussi le droit à un peu de chaleur, peut être pouvait-il la laisser imprégner un peu son être...Il releva le regard hésitant empli de cette lumière intérieure d'espoir enfermé dans la boîte de Pandore de sa vie vers Reever qui lui sourit doucement et murmura :

« Ne réfléchis pas. »

Pas de vaines promesses qui pour lui n'étaient que des colifichets inutile et superficiels. Pas de promesses de veiller sur lui, qu'il serait toujours en sécurité, lui qu'il aurait tôt fait de rejeter, de ne pas croire lui qui se méfiait de tout être au monde, connaissant trop bien le caractère volage du monde. Non simplement ces mots qui l'invitaient à ne plus se poser de questions pour le moment, de lâcher prise sur son âme, d'abandonner quand la douleur était aussi forte, de laisser ses sentiments prendre le dessus au lieu de réfléchir, ces mots qui semblaient comprendre sans peine le dilemme qu'il vivait. Et il abandonna toute question, reposa la tête sur son épaule cessant de combattre les larmes que par fierté il cachait, passant ses bras dans son dos, s'accrochant de toutes ses forces à Reever, devenu sa seule bouée en cet instant et que peut être bientôt il regretterait quand il aurait assez de conscience du monde et non résolu à se taire après quelques minutes où il laissa ses larmes couler laissant son désespoir l'emporter au loin avec pour seule compagnie les mots apaisants de Reever, il ne retint plus sa détresse en sa voix qu'il avait cherché à exorciser dans cette pièce sans succès :

« Il revient...ici.. Et je ne veux pas le voir.. Non absolument pas.. Mais c'est ma punition...Pour avoir...

-Pardon ? » S'exclama Reever incrédule en retour et horrifié contre lui.

Il eut un sourire. En effet, il ne pouvait pas savoir quelle était le châtiment de Luberrier.. Et pourtant son horreur était étrange , comme si il attendait comme chose de sa violente crise, une autre raison terrible elle aussi. Cela glaça son sang mais il n'eut pas le courage de la demander, pas alors que la première chose était aussi terrible pour lui...Il releva le regard et le plongea dans le sien, à la recherche de son soutien sans aucun autre intermédiaire espérant aussi trouver la réponse à sa question muette qu'il n'osait exprimer sans qu'il n'ait à l'interroger sans rien trouver dans les orbes bleues :

« Pour avoir aidé Komui à rentrer plus tôt, Luberrier m'a condamné à passer une soirée entière avec ce pervers de Bolskrin qui revient de mission pour s'en voir confier une autre.. Et rien que l'idée de le revoir, l'entendre.. Il est capable de tout, et il m'en veut certainement à mort.. Pour être le seul à l'avoir quitté quand c'est lui qui larguait tous les autres...Et sans Komui jamais je n'y serais arrivé.. J'étais faible et... »

Il ne put retenir un frisson, ni empêcher les horreurs de revenir à son esprit.. Les coups qu'il aurait de nouveau, les sourires pervers, les paroles pleines d'une douceur trompeuse, les allusions qu'il était toujours aussi beau, les avances qu'il lui ferait sans doute et qu'il devrait supporter en silence, les regards qu'il jetterait aux autres et qui à chaque fois seraient un coup de poignard pour lui.. Non, tout cela était fini... Cela devait l'être... Il ne voulait plus les voir, ne plus le voir, oublier jusqu'à son nom, son sourire qu'il arborait lui qui ne lui avait fait faire que les pires décisions de sa vie... Et puis de quel droit se permettait-il de révéler sa faiblesse passée ? Heureusement qu'il s'était arrêté à temps.. Et contre lui il sentit le frisson d'horreur de Reever à ses mots, comme si l'horreur de la situation le saisissait autant que lui, voire qu'il se sentait coupable de la situation puisque étant celui pour lequel il avait fait cet acte. Il eut un sourire touché de sa compassion, de son impression de le comprendre et face à celle-ci, les images qu'il entrevoyait en son esprit s'atténuèrent, le ramenant à la réalité et il se laissa aller doucement dans son étreinte, profitant encore un peu honteusement de ce soutien accepté sans penser en terme de bien ou de mal ou d'impureté. Lorsque subitement tranchant le silence béni après toutes ses horreurs qui étaient parvenus à son esprit et dans laquelle la voix de Reever s'était frayé un chemin pour l'apaiser :

« Je vais prendre ta place, Johann. »

Hein ? Quoi ? Que voulait-il dire ? Non, il ne voulait pas dire cela...A ces mots, il sursauta et se dégagea violemment ayant peur de comprendre pour plonger son regard dans le sien cherchant à comprendre ce qu'il voulait dire par là...Et à sa réaction, Reever eut un léger sourire et murmura doucement :

« Ce sera moi qui la passerait avec lui cette soirée. Tu n'as vraiment pas besoin de t'infliger ce supplice, pas après tout ce que tu as vécu. »

Non.. Il refusait cela.. Il allait le blesser, lui faire du mal.. Et par ricochet, il en paierait ensuite les conséquences pour s'être dérobé au châtiment auquel il devait déjà rire, avoir impatience.. Et puis si Alexandre le trouvait à son goût.. Il ne verrait rien, ne saurait rien avant que le piège ne soit renfermé sur lui.. Et il ne pourrait rien faire et une fois de plus il lui échapperait.. Non, cela ne devait avoir aucune importance... Surtout pas...Il ne pouvait pas le laisser subir cela, se faire attraper de la sorte. Épouvanté, terrifié, il attrapa les deux bras de Reever et hurla terrorisé pour lui d'avance :

« TU NE SAIS PAS CE QUE TU DIS NI CE QUE TU FAIS ! TU TE JETTERAIS DIRECTEMENT DANS LES PATTES D UN RENARD QUI TE MANIPULERA DU DEBUT A LA FIN SANS QUE TU N EN SENTES LE MOINDRE SOUFFLE ! IL TE BLESSERAIT ENCORE PIRE QUE MOI PARCE QUE LUI NE FAIT CELA QUE PAR PURE PERVERSITE PARCE QUE CELA L AMUSE ET SI TU AS LE MALHEUR DE LUI PLAIRE JE N OSE MEME PAS IMAGINER LES DEGATS QU IL FERAIT...IL NE FERA QUE TE DETRUIRE ET TU EN REDEMANDERAS TANT IL TE TIENDRA...IL TE TIENDRA DES DISCOURS QUE TU CROIRAS SANS FAILLE ET QUI NE SERONT QUE MENSONGES SANS MEME QUE TU LE SOUPCONNNE. IL TE SEMBLERA CHARMANT DU DEBUT A LA FIN SANS QUE TU NE VOIS SA DUPLICITE. D AUTANT QU IL EST LOIN D ETRE STUPIDE ET VERRA DE SUITE LA SUPERCHERIE ET S EN PLAINDRA ET COMME LUBERRIER L APPRECIERA TU EN PAIRAS LES CONSEQUENCES ET APRES CE SERA MOI MAIS CELA JE M EN FICHE ! JAI SURTOUT PEUR DE CE QU IL TE FERAIT A TOI ! RIEN QU Y PENSER, JAI LA NAUSEE.. JE PREFERE PAYER MOI , PARCE QUE MOI, JE SAURAIS A QUOI M EN TENIR, PAS TOI ET ASSUREMENT IL NE TE DETRUIRA ET JE NE VEUX PAS QU IL... »

« Qu'il te blesse à son tour. Qu'il te fasse subit ce que j'ai subi. Qu'il te trompe comme moi auparavant. Et tu seras comme moi dépendant de ce type. Ce sale type... » Sa voix se brisa face à sa terreur en imaginant ses horreurs se reproduire, voir son sourire de conquérant se tourner vers lui en l'emportant au loin, en blessant l'homme le plus important au monde pour Komui à présent, son espoir de vivre, en l'imaginant comme lui prisonnier de ses discours...Personne n'avait le droit de le blesser et surtout pas lui...En brisant le seul.. Non, il devait fuir ce terme, car le jour où il le prononcerait en son esprit alors de nouveau il devrait réfléchir...Et dans sa panique, subitement il la sentit. La main qui se posa sur son épaule, ainsi que le sourire teinté de sadisme et aussi d'un peu d'émotions de Reever qui ne fit que le surprendre, le pousser à s'exclamer, décontenancé :

« Reever ?

A quoi donc pouvait-il bien penser.. Qu'est ce que signifiait ce sourire... ? Il ne comprenait absolument plus rien... Et percevant sa confusion, Reever esquissa un sourire plus large encore et s'exclama doucement :

-Johann, Alexandre a bien peur de Komui ?

-Une peur panique. Je me rappelle les rares fois où je l'ai vu, il a suffi que Komui apparaisse derrière moi pour qu'il prenne la fuite sans se retourner mais je ne vois pas en quoi.. Protesta Johann de plus en plus surpris.

Et le sourire de Reever s'agrandit plus encore en même temps que ses joues prirent une légère coloration écarlate.. L'espace d'un instant il le regarda sans comprendre. Avant de réaliser subitement où il voulait en venir. Il rit doucement avant de s'exclamer à mi voix n'en revenant pas,:

-Non me dis pas que...

- Si...Je vais me faire passer pour son petit ami.. Et avec cela je le met au défi de tenter quoi que ce soit... »

Il était vrai que dans ses conditions, il n'oserait jamais tenter quoi que ce soit.. Autant par la peur de Komui que par la peur des représailles du fait de sa jalousie très connue...D'autant que de par leur manière de se tourner autour, il n'en étaient pas bien loin.. Que cela pourrait peut être accélérer même le phénomène... Mais pourtant, i ne voyait pas en quoi cela ne l'empêcherait pas de se plaindre à Luberrier sans compter qu'il devait avoir peur au fond de lui de la réaction de Komui.. Et comme captant ses interrogations dans son regard, il s'exclama avec un petit sourire en coin :

« Komui ne m'en voudra jamais pour cela.. Surtout pour me protéger d'Alexandre, lui qui a été jusqu'à me fournir ses fameux dossiers bleus..Que je vais user contre lui s'il tente quoi que ce soit. Mais directement aux grands maréchaux si Luberrier est son allié...Et il s'en tira moins bien,beaucoup moins bien...
-Non, c est toi qui les a ? S'exclama Johann incrédule. Et il te les a donnés ? Mais alors...

Alors.. alors il savait déjà tout de son passé.. Alors pourquoi le faisait-il à parler de la sorte.. ? Cela ne rimait à rien.. et il savait tout, et l'appréciait quand même.. Non, cela ne devait pas avoir lieu.. Il devait le haïr... Le...

Reever eut un sourire rassurant avant de s'exclamer, malicieux :

-Comme quoi contrairement à ce que tu penses, il m'avait fourni de quoi me protéger.. Et oui, je savais déjà pour ce qu'était Bolskrin. Mais Komui a pris soin d'enlever les feuilles sur son passé. Il ne voulait pas que tu me détestes d'emblée, je suppose.

-Et tu as bien pris soin de me laisser étaler ma vie, Wenhamm.. Malin.. Ricana Johann soulagé au fond de lui-même à cette nouvelle en se redressant incrédule réalisant qu'il l'avait laissé déblatérer son discours sur les dangers d'Alexandre qu'il connaissait déjà et qui l'avait poussé ainsi à révéler tout ce qu'il lui avait fait subir...Mais il ne lui laisserait pas une nouvelle fois exposer sa faiblesse... Pas cette fois...

Surpris par ce ton et ce nom de famille, Reever le regarda se redresser. Il eut un sourire. Il l'avait surpris, c'était à son tour...

-Je ne tenterai plus de te détruire. Mais si tu marches sur mes plates bandes, je serai sans pitié. Ne t'avises pas d'essayer de mieux me comprendre ou de toucher à mon image ou de me sauver encore une fois où tu le paieras... Tu peux te considérer comme mon ami mais je ne te considère pas comme tel de mon côté. Je ne veux juste pas que tu me haïsses. Sur ce, j'ai du boulot... »

Car après tout s'il ne voulait pas qu'il le détestât, ne pouvait détruire son amitié pour lui, il pouvait très bien ne pas avoir envie d'être son ami...Et comme un imbécile il avait confondu les deux, ne pas vouloir être haï et vouloir être apprécié... Et des liens, s'ils ne pouvaient se détruire du jour au lendemain pouvaient se fatiguer et se rompre... Il pourrait toujours par petites touches les affaiblir...Il le fallait car s'il se rapprochait encore trop de lui, il en viendrait à être obligé de le haïr et lui faire payer de connaître cette faiblesse qui était sienne, mais aussi le protéger de sa nature destructrice et impure, en plus de ne pas avoir le droit à son amitié qui en plus ne pourrait être factice puisque n'ayant plus aucune émotion...Il devait le protéger de lui, devait faire en sorte qu'il ne s'attachât pas à ce qui était une illusion de lui-même...Il n'avait pas le droit à cet espoir en lequel il avait cru tout à l'heure.. Ou alors épisodiquement... Ou voilà cela devait être épisodique... Petit tigre refusant de s'admettre la vérité, se cherchant des termes pour fuir la réalité, fuir ce désir encore embryonnaire d'être relié au monde comme tout autre, d'être apprécié...Et avant que sa résolution ne faiblisse, il fit quelques pas avant que subitement ne reprit la voix de Reever derrière lui sûr d'elle.

« Ce n'est qu'un masque, Johann. Le vrai toi c'est celui qui se cache sous cette glace. Et c'est pour lui que l'on peut t''apprécier...

-Alors le monde n'est qu'un imbécile... » Murmura t-il éperdu, le cœur au bord des lèvres, pour s'en convaincre lui-même. Car ayant le goût amer et étrange en la bouche QU IL AVAIT RAISON. Mais comme à l'accoutumée, lui si doué pour refouler, prit une grand inspiration comme pour chasser ses mots et les émotions fortes qui l'assaillaient. Mis à part une. Qu'il ne réussit à repousser, elle trop grande pour. Qui le poussa à interpeller, en quittant la pièce un Reever qui sans mot dire le regardait partir et s'enfermer à nouveau dans son cocon de pierre :

« Hé, Reever...

-Oui ?

-Merci tout de même même si ce n'est qu' au masque que tu as parlé... Et surtout n'attend pas de moi un traitement de faveur devant les autres. Devant les autres je tenterai de te blesser comme à l'accoutumée que ce soit bien clair..

-Je m'y attendais tu sais, Jo. Et moi je sais bien à qui j'ai parlé.. Comme Komui avant le savait...Sourit avec une douleur qui lui était insupportable Reever. Qui l'agaçait, comme si à son avis il était en tort quand il savait faire la meilleure chose pour lui. Mais il choisit de passer outre. Car elle était toujours là, au fond, cette lueur. Cette lueur de culpabilité qu'il avait vu dans son regard. Qu'il savait être l'une des sources de sa décision de le protéger d'Alexandre.

-Et puis dis toi une chose... Ce que j'ai fait pour Komui, malgré les conséquences, je ne le regrettes pas un seul instant. Alors si tu te sens coupable pour, je te jure que je te casses les dents une à une et les donne à mes plantes carnivores. Ce serait comme si tu niais mon sacrifice.. Et cela je ne puis le tolérer d'autant que c'était pour TOI , que ce soit bien clair...»

Il n'arrivait pas à être naturel, à ne pas le menacer...Va savoir pourquoi, il n'y arrivait pas.. Et ses mots, ses mots qu'il voyait grandioses à son esprit.. Lui apparaissaient si maladroits, si emplis de sentiments, si faibles, à présent...Il se sentait minable et faible et cela il ne pouvait le supporter, preuve que son masque n'était pas de nouveau en place, masque qu'il refusait de voir en train de s'effondrer et qui commençait à faire admettre que ses bienfaits étaient bien fait pour lui... Et ses mots entraînèrent un léger rire de Reever semblant soulagé du moins en partie avant qu'il ne s'exclama :

« Message reçu. Bien que je doute que tu le fasses un jour...

-Tu veux parier ? »s 'exclama Johann en retour le défiant du regard. Pour voir à nouveau cette confiance inébranlable en lui, et la révélation qu'il savait que ces menaces n'étaient plus que du vent. Alors il lui sourit agacé et lui tira la langue, n'arrangeant pas son hilarité. Et Johann lui même finit par sourire. Tigre aveuglé qui ne voit pas que dans sa propre attitude la glace est en train de se dégeler par lassitude et amitié naissante...

OoO

« Il n'est donc pas là ? » Murmura Krory, en lui même très fortement déçu mais n'osant guère trop l'afficher lui devant être très prudent. Cela faisait seulement deux jours qu'il était ici mais pris par sa mission sans qu'il n'ait vraiment le temps de souffler ces deux premiers jours, il n'avait pu lui parler, ni même le chercher. Mais à présent que l'innocence détectée était bien localisée et qu'il savait qu'il ne pourrait la récupérer qu'à minuit car elle se manifestait uniquement à ce moment, il avait le temps de se poser un peu et de tenter de lui parler sans se faire trop remarquer mais s'il n'était pas là... Cela ne l'arrangeait pas, pas du tout même. Et encore moins au vu du service que l'on lui avait demandé, profitant de son envoi en Chine. Il devait le voir, essayer de comprendre sans se faire trop remarquer, son commanditaire ayant été très clair, se doutant bien qu'il y avait là des choses que l'on tentait de cacher et certainement pas pour rien, commanditaire qui essayait de voir les aspérités que l'on cachait s'il y en avait.. C'était de la plus haute importance. Pour comprendre ce qui s'était passé... Autant pour les Exorcistes que pour ce commanditaire...Et pour qui il devait revenir vivant de cette mission initiale de routine qui était la sienne... Mais cette fois-ci non plus sa quête ne serait pas vaine.. Il eut un soupir douloureux.. Dieu qu'Eliade lui manquait...Et qu'un rien suffisait à la lui rappeler. Il suffisait que ces étranges deux hôtesses échangeaient de ces longs regards qui en disaient trop pour être innocents mais qui devant lui n'osaient se toucher pour il ne savait quelle raison pour se rappeler de ces longs moments en son château avec elle.. Mais leur retenue, il ne se l'expliquait pas. Comme si elles savaient pour Eliade et lui et qu'elle ne voulaient pas raviver une douleur déjà vive que la Saint Valentin et la mission tombée dedans, comme pour l'empêcher de ressasser sa tristesse avaient déjà ravivé en partie. Mais qui aurait pu leur dire ? Là était la question...

Et alors qu'il se posait sérieusement la question, la jeune femme aux cheveux d'un roux qui semblait capter la lumière apparente et l'élancer en l'air sous la forme d'un brasier d'une chaleur pour le moins envoûtante et aux yeux vairons d'ambre et de vert et qui s'était présentée de manière énergique sous le nom d'Elena et avait d'emblée décidé de l'appeler Kro comme le disparu Lavi déposa un regard d'une douceur qui faisait étrange contraste avec la joie de vivre qu'elle lui avait semblé exhaler ainsi qu'au fond de son regard un étrange air de soucis qui plissait son beau visage :

« Ce n'est pas ce que j'ai dit, Kro. J'ai juste dit qu'aujourd'hui, ça risque d'être compliqué. Komui n'a pas vraiment passé une bonne nuit et il est en train de récupérer et je ne t'apprend rien, j'imagine en te disant qu'il a un sommeil très lourd... Et hier il a eu assez d'émotions fortes pour que ce soit cruel de le réveiller...»

Il eut un sourire. En effet, elle ne lui apprenait rien. Combien de fois était-il entré dans son bureau pour le trouver endormi et incapable de se réveiller mis à part en parlant de Lenalee ? Trop pour qu'il put les oublier..Et ne voulait les oublier... Il ne détestait pas Jo mais il ne comprenait tout simplement pas pourquoi donc Komui avait-il tout abandonné quand sa sœur finirait par revenir et pour en plus reprendre son aile de soutien et pas partir à sa recherche. Et il n'était pas le seul...Mais le reste des propos de la jeune femme était assez inquiétant et lui donnait envie de poser de plus amples questions, d'autant qu'au regard qu'elle déposait sur lui, il voyait qu'elle semblait mourir d'envie de répondre à ses questions, de trahir ce secret qu'il sentait latent quand elle le regardait. Elle, le second problème, d'une réserve étrange, elle aux cheveux noirs et aux yeux de jade et qui lui donnait l'impression de lire jusqu'au tréfonds de son âme et que Elena nommait Shishi et qui lui avait appris s'appeler Shi An. En cet instant, elle le regardait avec ce mélange de curiosité et cet air de savoir ce qu'il pensait et faisait là en plus de sa mission pour l'innocence. Et ce regard le perturbait au plus haut point car lui donnant l'impression qu'elle aurait tôt fait de tout savoir et tout dire. Elle, qui par ce regard, semblait l'inciter à la plus grande prudence car elle cherchait des signes extérieurs de ce qu'elle ne faisait que soupçonner. Et le tout sans se départir de ce petit sourire mystérieux de quelqu'un qui savait.. Mais il décida de l'ignorer une fois de plus comme il le faisait depuis le début de la journée tant elle était perturbante, reprit une gorgée de thé avant de s'exclamer :

« Je vois...

Pour que la jeune femme retrouvant son aplomb subitement vint lui entourer les épaules, le faisant sursauter en lui criant sans se rendre compte de ce qu'elle faisait dans les oreilles et vrillant sa tête au passage :

-Mais t'inquiètes pas, t'auras certainement d'autres occasions, Kro chan !

-Elena tu sais, tu n'es pas obligée de lui crier dans les oreilles, il entend très bien.. Commenta d'un air amusé et un peu blasée comme habituée à son excentricité qui n'était pas sans lui rappeler Komui et Lavi de par leur camaraderie et leurs excès de joie étrange, la trop rare voix de la Chinoise. Et sur le coup, il eut envie de remercier cette étrange femme alors que la jeune femme dégageait ses épaules et protestait vivement, un étrange combat dans ses yeux, comme hésitant pour il ne savait quelle raison :

« Mais Shishi...

Et elle de lever un index et de l'agiter en signe de négation refusant ce surnom affectif en lui souriant avec l'air torturé de quelqu'un qui doit se tenir à distance de la personne qu'elle aimait et que cela lui semblait assez dur. Et ce fut plus qu'il ne put en supporter et il s'exclama en retour :

-Vous n'avez pas à vous tenir à distance l'une de l'autre pour moi. Je saurai le supporter..
« Du moins je l'espère... »

A ces mots, les deux jeunes femmes écarquillèrent les yeux. Avant qu'Elena heureuse ne lui sauta dessus à nouveau enlaçant joyeusement à nouveau ses épaules en s'écriant :

-Un autre tolérant ! Décidément cette Congrégation qui nous a volé mon petit cœur vaut quelque chose...

Un autre ? Que voulait-elle dire ? La question brûlait ses lèvres. Mais au sourire qui se dessinait sur les lèvres de Shi An, sa question mourut de suite sur ses lèvres alors qu'elle s'exclamait :

-Un sensible...Je n'en attendais pas moins d'un ami de Komui...

-Je ne suis pas vraiment un ami de Komui » ne put s'empêcher de préciser avec gêne Krory. Car malheureusement, il s'en rendait compte à présent, il n'avait jamais pris le temps de parler avec lui d'autre chose que de travail...Et à présent, il le regrettait maintenant qu'il était au loin, lui qui avait toujours été d'une très grande gentillesse avec lui. Il s'en rappelait encore le jour où il s'était réveillé de son coma...C'est pour cela que sa seconde mission lui tenait encore plus à cœur...

Mais à ses mots il y en eut une qui ne put rester de glace et qui rompit son air mystérieux, esquissa un sourire surpris et s'exclama :

« Ah bon ? Alors dans ce cas là, cela doit être simplement Komui qui vous voie comme tel...

-Ouais c'est surprenant Renchérit Elena avec un air un peu méfiant à présent alors qu'il s'étonnait du fait que Shi An tenait un tel discours, alors qu'il nous a précisé que tu avais eu une histoire compliquée avec une femme et nous a demandé faire attention à ne pas raviver de douloureux souvenirs. C'est une attention d'amis,ça non ?

-Il..Il a fait cela ? » Bredouilla Krory éperdu, surpris, les larmes venant spontanément aux yeux. Autant de l'attention qu'il découvrait venir de lui directement en plus du fait touchant d'avoir présenté Eliade comme une femme quand elle n'était qu'un akuma, surtout pour lui... Et ce fait acheva de raviver ses souvenirs de la femme akuma à la recherche de l'amour qu'elle avait été.. Il s'effondra en larmes sur la table du petit déjeuner en murmurant le nom de la femme qu'il avait tant aimé et qui lui manquait tant, la raison pour laquelle il s'accrochait en ce monde sans elle là où il aurait eu envie de se suicider pour la rejoindre, où il s'accrochait à la vie pour donner une raison valable à son meurtre.

« Crétin arrête de te morfondre et fais pas regretter que l'on t'ait confié une mission d'une telle importance. Toi à qui personne n'a jamais fait confiance, fais pas tout capoter, imbécile pour ma mort... »

Cette voix.. Cette voix un peu agacée mais remplie d'affection comme à l'accoutumée...Celle d'Eliade.. Qui à chaque coup dur était là.. Qui était très certainement des imaginations de son cerveau pour se délivrer de toute blessure... Mais comme à l'accoutumée d'une pensée il la remercia de lui rappeler tout ceci, d'être là pour lui en continuant à lui clamer son amour. Sans obtenir de réponse comme à l'accoutumée. Mais il y était habitué depuis le temps...

Avant de sentir une main tapoter son épaule en soutien qui le ramena un peu à son présent avant que la voix de Shi An d'un air désolée de s'exclamer :

« Et dire que l'on faisait tout pour vous éviter de souffrir et qu'au final...

Il releva le regard vers elle et voulut lui adresser un sourire voulu rassurant face à cet air sincèrement contrit qu'avait la jeune femme lorsque la voix d'Elena s'exclama :

-Bon dieu ce qu'on est nulles, Shishi et moi.. Je me demande bien en quoi on peut être utile si on est même pas capable de respecter cela...

-Vous êtes indispensable à cet endroit les files et sans vous, je ne sais même ce que je deviendrais...

A cette voix un peu fatiguée mais qu'il aurait reconnu entre mille, il se figea et se retourna lentement. Pour découvrir dans son dos la personne qu'il attendait d'arrache-pied. Komui Lee. Mais il n'était pas comme il se rappelait de lui dans ses derniers souvenirs. Bien moins joyeux, bien moins excentrique, d'apparence. Beaucoup plus calme, beaucoup plus posé, comme le renforçait ses vêtements conventionnelles, d'un costume d'homme avec cravate et gilet beige crème avec ces cheveux mi long attachés en une légère queue de cheval par un ruban beige lui aussi, un air de dandy un peu trop emprisonné dans des conventions bien rodées pour être libre. Mais l'air de souffrir bien plus qu'auparavant, un air d'intense souffrance dissimulée croyait-il soigneusement dans ses yeux qu'il avait à nouveau choisi de dissimuler derrière des lunettes, dans les replis de son sourire de circonstance et qu'il ne pouvait dissimuler à quelqu'un qui souffrait comme lui. Pas l'air de quelqu'un heureux de son choix, non assurément. Mais il n'eut guère le temps de se poser de plus amples questions, de mieux l'observer qu'Elena se jetait dans les bras de Komui qui eut un air surpris mais la réceptionna dans ses bras alors qu'elle s'exclamait :

« Mon petit cœur... Tu n'étais pas obligé de te lever enfin ! J'avais pris soin de t'annuler ton rendez vous chez Trottwood, alors ne me sors pas que c'était ça ton prétexte.. Regarde toi, la seule chose que tu veux de toute tes forces est ton lit... »

Il ignorait qui était ce Trottwood, mais il se doutait au fond de lui que ce n'était pas une chose qui lui importait pour son affaire. Non le plus important était cette peine qu'il tentait de dissimuler sans y parvenir totalement, cette légère fatigue qu'il semblait repousser pour il ne savait quelle raison, et ce sourire rassurant qui en réalité était faux, il le savait du plus profond de son âme. Et doucement en la serrant contre lui il eut un petit rire avant de s'exclamer:

« Mon lit ne m'était d'aucun secours...

Mais étrangement ce petit rire avait quelque chose de douloureux qu'il ne s'expliquait pas. Et qui ne trompa pas la jeune femme non plus. Qui se dégagea et l'embrassa sur le front, le faisant fermer les yeux et profiter de ce baiser maternel alors qu'elle murmurait doucement :

-J'en suis désolée...

-Tu ne pouvais pas savoir... Murmura Komui avec un sourire rempli de douleur, que.. Avant de s'interrompre et de sembler se rappeler de sa présence et que sur ses lèvres se dessina un sourire voulu chaleureux. Mais il voyait toujours brûler dans son regard sa peine alors qu'il s'exclama d'un air poli :

« Bonjour Krory. J'espère que vous vous portez bien et que votre chambre vous convient...Si jamais vous aviez quelque problème avec celle-ci, signalez le moi ou à Shi An et Elena et nous nous ferons un plaisir d'y remédier. »

Ce n'était pas bon, pas bon du tout. Trop professionnel pour être naturel, trop dépourvu de ses propres sentiments pour. Semblable à l'homme qu'il avait connu lors des plus grandes tragédies, l'homme d'un sérieux inquiétant, l'homme de glace pas l'homme qui vivait ici, aurait du aller mieux après être parti de son propre chef ou qui peut être regrettait sa décision, mais de cela, il était quasiment sur que ce n'était pas le cas. Et spontanément il s'exclame décontenancé de ce sérieux, ce professionnalisme glacé qui lui rappelait ses heures noires et le nouvel Intendant:

« Et vous, vous allez bien ? »

Il eut un sourire en coin, l'un de ces fameux sourires qu'il avait parfois auparavant, qui montrait qu'il savait quelque chose que le monde ignorait encore avant de s'exclamer dans un souffle avant de s'asseoir à côté de lui et semblant rappeler à lui sa joie de vivre en buvant son café comme pour le détromper de ce qu'il ressentait:

« Pas trop mal ».

Mais il eut beau faire, tenter de sourire, il savait à présent. Il savait à présent qu'il y avait bien anguille sous roche. Et il allait découvrir quoi.

Et voilà ce chapitre déjà fini en 6 jours Ouah clap clap *s'applaudit puis se sent stupide à être seul * Et voilà un chapitre de taille humaine (36 pages). Après avoir écrit des chapitres d'environ 100 pages chacun, ça va du changement je vous le dis.. comme de repasser du présent à l'imparfait.. croyez moi ce la ne s'est pas fait sans couac. Et ce texte en porte peut être encore trace involontaire...Excusez m'en à ce propos...

Et voilà, chacun se tapait une petit déprime et a été réconforté.. Et chaque perso de ce texte a été un moment donné un fâcheux (mis à part Johann qui a décidé d'arrêter de l'être, de ne pas l'apprécier.. alors qu'en fait c'est déjà le cas XD)...Et ce chapitre m'a permis d'introduire deux persos essentiels pour la suite : Madame Tania et Krory. Je n'uses presque jamais de Krory, ce qui fait que je ne maîtrise pas tellement ce personnage, excusez m'en si je fais des conte sens sur lui, mais aujourd'hui je profite du fait qu'il a une mission là bas dans ma fic pour l'user (je crois vous l'avoir déjà dit, mais ma fic n'est pas écrite en tous détails en mon esprit et peut évoluer et ceci en est issu). Et il est donc au service de quelqu'un qui a des doutes.. Et qui n'est pas Johnny, autant le dire de suite... Qui ? Ah ah.. Une question qui trouvera réponse dans...le chapitre 18 (donc environ le 19 sur fanfiction) et oui ! Donc vous avez le temps d'essayer de trouver qui c'est.. Un indice ? Quelqu'un qui n'ait apparu qu' un tout petit peu dans la fic, mais un tout petit peu seulement...

Quant à Madame Tania vous avez le temps de le savoir quelle est son importance... Et je suis comme Komui. Je l'aime autant que je la déteste. Elle m'énerve et est devenue plus peste que ce que j'avais prévu en plus... Elle a commis des boulettes et voilà le résultat... Enfin, pas grave... N'empêche ce qui m'amuse au plus haut point dans l'écriture de cette fic, est que régulièrement quand j'écrivais du point de vue de Komui ou des scènes Reever et lui, la chanson que j'écoutais par hasard en plus était Te quiero de Stromae.. Réjouissant quand on connaît le texte pour leur amour...XD Mais cela ne se passera pas comme dedans...Promis ^^

Et donc Johnny en sait un peu plus à présent, mais ignore encore la majorité du truc et le saura plus tard (oui à présent beaucoup de chapitre vont jouer en échos d'autres autant prévenir de suite) , Johann commence à changer sans s'avouer qu'il veut être ami avec lui au fond, Alex revient et Reever va prendre la place de Johann après de lui sans se douter qu'il a changé tandis que Krory tente de savoir ce qui s'est passé.. Voilà donc tout à un programme... Et voilà une preview du chapitre préfiguré par celui-ci :

Retour d'Alexandre, révélation d'un élément du passé de Johann un des trucs qui le font souffrir, une discussion Komui-Krory qui va le mener à faire une chose au chapitre 13 et vous verrez quoi...

En espérant que ce chapitre vous ait plu et review en vous souhaitant une bonne année à nouveau ^^ (allez une petite review de bonne année.. Non, bon tant pis...*abandonne*