Bonjours, bonsoir, bonne nuit tout le monde !
Alors, voici le chapitre 11, puisque vous voulez que je continue ^_^
D'ailleurs, un grand merci à ceux qui ont répondu à mon « coup de gueule », cela m'a remotivé ! Merci beaucoup ! Grâce à vous, cette fic ne sombrera pas dans le fond d'un tiroir.
Alors voilà, je vous laisse déguster votre chapitre, vous l'avez bien mérité. Car après tout, c'est pour et grâce à vous que cette histoire existe !
Petite note : ce chapitre est séparé en deux, car sinon il atteignait les 11 000 mots. Ca aurait fait un peu lourd à lire en une fois. Donc vous aurez la suite la semaine prochaine. Voilà
Bonne lecture !
Chapitre 11 : Se taire...
Il était six heures moins deux, ce qui signifiait concrètement que le réveil allait sonner dans deux minutes, mettant ainsi fin à ce long calvaire qu'avait été cette nuit. Altaïr n'avait pas réussi à fermer l'œil. Il était allongé sur le côté, fixant les minutes qui s'égrenaient sur le radioréveil. Il sentait le souffle de Malik dans son dos, il avait enfoui son visage dans le creux de ses omoplates, comme chaque nuit. D'habitude, il aimait cette sensation, ça lui donnait réellement l'impression d'être un couple (ou du moins, d'avoir une chance de le devenir un jour), avec de la tendresse. Mais depuis la veille, c'était différent. Tout était différent ! Les choses avaient changé. Plus rien ne serait comme avant, il en avait la certitude, et ça le rendait malade.
Six heures moins une. Bon sang, le te temps passait vraiment trop lentement. Il avait envie d'entendre le son désagréable de la sonnerie du réveil. De cette manière, il pourrait enfin se lever, et fuir (oui, c'était bien le mot) Malik. Il ne savait pas comment gérer ces émotions. Il y avait trop de chose qui se bousculaient dans sa tête à l'heure actuelle. Qu'allait-il dire et faire, à propos de son aventure avec Lucy ? Il y avait réfléchit toute la nuit à s'en filler la migraine, mais n'avait pas encore trouvé de réponse satisfaisante. Peu être valait-il mieux dire la vérité, non ? Ce serait dur, mais Malik serait plus enclin à lui pardonner que s'il découvrait d'une autre manière. Quoi que, la dernière fois qu'il s'était senti trahi par lui, le cadre ne lui avait plus adressé la parole pendant six ans… Alors que faire ?
Six heures ! Le radioréveil se déclencha sur une musique barbare. De la techno, sembla-t-il à Altaïr. Enfin, il n'eut pas vraiment le temps de le savoir, puisque sa main tomba sur le bouton d'arrêt quasiment dans la seconde qui suivit. Malik bougea dans son dos en émettant un son étouffé, et lança un « bonjour » encore à moitié ensommeillé.
-Salut ! lança un peu trop prestement l'autre en se dégageant des draps pour sortir du lit. Je vais faire le café.
-T'es bien matinal, fit son compagnon en se redressant un peu sur son oreiller, ouvrant un œil juste attend pour le voir traverser la pièce en caleçon, ses habits sous le bras, et sortir.
Le responsable marketing alla se placer dans la cuisine et enclencha la machine à café s'accrocha au bord de l'évier pour ne pas tomber. Avec la fatigue, il s'était relevé trop vite et eut durant un court instant un voile devant les yeux avec la tête qui tourne. Vive la pression artérielle songea-t-il ironiquement un instant plus tard, remis, en tirant du placard deux capsules en aluminium. Un déca pour Malik, et du bien noir pur arabica pour lui. Il risquait d'en avoir besoin, fatigué comme il l'était. Pendant que le café se coulait, il tira du frigo le jus d'orange et les œufs et prépara rapidement le petit déjeuner pour l'autre. Pour sa part, il allait se contenter de sa tasse de caféine et d'un verre d'eau. Il avait l'estomac tellement noué de s'imaginer bloqué au boulot entre son amante (ou sa terrible erreur blonde de la veille, comme son subconscient l'appela instinctivement) et son petit-copain, qu'il ne pourrait probablement rien avalé d'autre. Il glissa la poile dans le lave vaisselle, s'envoya son café cul-sec avec deux cachets contre les mots d'estomac et prépara son sac pour le boulot pendant que Malik sortait de la chambre pour venir prendre place pour déjeuner, s'asseyant sur un des tabourets de bar.
-Tu pars déjà ? demanda-t-il, un peu étonné. Sans déjeuner ?
-J'ai beaucoup de travail en retard pour la campagne que Léo m'a demandée, et je dois lui rendre le projet ce soir sans faute, répondit Altaïr en enfilant la sangle de sa sacoche sur son épaule, sans regarder directement l'autre. Je mangerais quelque chose aux bureau à la pause.
Malik le fixa intensément durant un instant, l'air sérieux, puis se détendit et lâcha avec un petit sourire.
-Je suis soulagé, on dirait que tu vas bien mieux que hier soir. Ça fait plaisir de te voir aussi énergique.
- Je te l'avais dit, c'était juste un peu de fatigue (et maintenant je suis mort de fatigue ! cria-t-il intérieurement). Ca va mieux.
-Ok, à tout à l'heure alors.
-A toute…
Le jeune homme lança un bref regard par-dessus son épaule pour saluer son compagnon, puis sortit de l'appartement. Malik en fut stupéfait, il était vraiment bizarre depuis hier après-midi. C'était-il passé quelque chose ? Avait-il lui-même fait ou dit quelque chose ? Il n'en savait rien, mais il tirerait cette histoire au clair, un peu plus tard. En attendant, il attaqua son œuf au plat frustré de ne pas avoir eu son…
-Merde, le baiser du matin ! s'exclama Altaïr lorsqu'il fut déjà dans l'ascenseur, se frottant les yeux d'une main, adossé à la paroi.
oOoOoOo
Léonardo termina de boucler sa ceinture, encore torse nu, sous le regard espiègle de Cesare, nu sous les draps, les bras sous la tête.
-Tu es sûr que tu dois déjà y aller ? lui lança-t-il du ton de celui qui attendait quelque chose.
-J'aimerais beaucoup, répondit le blond en enfilant une chemise propre. Malheureusement, j'ai une boite à faire tourner. Et toi aussi, tu as une banque à gérer.
-Lucrezia peut parfaitement s'occuper de la direction sans moi, répondit avec un sourire le noiraud. En réalité, c'est elle qui dirige, et moi je suis là pour l'image.
Le peintre fit une sorte de moue, s'approcha du lit et se pencha pour l'embrasser. Ce fut un baiser plutôt doux, tendre, rien à voir avec ceux de la veille.
-C'est très réducteur, tu as bien d'autres utilités, lui souffla-t-il en rompant l'étreinte.
-Vraiment ? Et à quel genre d'utilités penses-tu exactement, interrogea le Borgia, sentant son organisme s'accélérer.
Léo lui sourit et l'embrassa encore une fois avant de se redresser et de se diriger vers la porte de la chambre, lâchant d'un ton audacieux :
-Je ne sais pas encore très bien, je vais y réfléchir.
Il s'apprêtait à sortir de la pièce, lorsque l'autre l'interpella :
-On déjeune ensemble ?
-J'ai une réunion à 13 heures, répondit avec déception le blond, faisant une moue étrange. Mais je peux passer te chercher à ton bureau ce soir, et on ira manger au San Lorenzo ?
-Entendu, je finis à 18 heures.
-J'y serais, bonne journée !
Et le peintre quitta la pièce, laissant son amant seul dans l'appartement. Cesare resta un moment allongé, un sourire satisfait illuminant son visage, puis se décida à se lever. Il allait aller prendre une douche, se changer, et retournerait au bureau de la banque centrale de Fasmay Hill, dont sa famille s'occupait depuis 150 ans. Mais avant, il attrapa son téléphone portable et sélectionna le numéro de sa sœur pour lui demander de faire l'ouverture. Il allait surement avoir un peu de retard. Et il voulait aussi lui raconter ce qui c'était passé avec Léonardo, et l'en remercier. Après tout, c'était grâce à elle qu'il avait enfin réussi à séduire le beau blond.
-Allô ? fit la voix de Lucrezia à l'autre bout du fil.
-Frangine, c'est moi, fit Cesare d'une voix triomphante.
-Ha, Cesare ! Alors ?
-Tu avais raison, ça a marché.
-Tu vois, je te l'avais dit ! Léo est bien trop prévisible. Je savais que si tu jouais les mecs larmoyant, il te tomberait dans les bras.
-Oui, merci pour le conseil Lucrezia.
-De rien. Alors, raconte, c'était comment ?
-Je te raconterais ça en détail tout à l'heure petite sœur, répondit Cesare. Au fait, je vais avoir un peu de retard, pourrais-tu t'occuper de l'ouverture s'il te plait.
-Comme toujours frérot ! Bien, alors à tout à l'heure.
-A plus.
Il raccrocha, jeta le cellulaire sur le lit, et alla se doucher, son sourire s'effaçant quelque peu. Il avait enfin eu ce qu'il voulait. Du sexe avec Léonardo. Certes, sa tactique n'était pas très louable, mais ce qu'il avait servi comme explication au peintre était en grande partie sincère.
Alors pourquoi se sentait-il coupable ?
oOoOoOo
Au même moment, à Seattle, un hélicoptère transportant Aveline et Desmond se posait sur le toit du Grace Hospital. Une petite femme au regard autoritaire et un jeune homme à l'air prétentieux les attendaient pour les accueillir. Sitôt Aveline descendue de l'appareille, la petite femme s'approcha d'elle et lui tendit la main avec courtoisie, hurlant à moitié pour couvrir le vacarme des hélices qui n'étaient pas tout à fait arrêtées.
-Dr DeGrandpré, je suis le Dr Miranda Bailey, enchantée de vous rencontrer !
-Le plaisir est pour moi, lui répondit Aveline avec un sourire chaleureux. Je suis heureuse de pouvoir vous aider !
-C'est nous qui vous remercions de vous être déplacée. Le Dr Webber est actuellement au bloc et s'excuse de ne pas pouvoir vous accueillir lui-même, il m'a chargé de vous assister.
-Je vous en remercie Dr Bailey !
Elles s'avancèrent vers l'ascenseur, puis la chirurgienne se souvint en apercevant Desmond qui se tenait à côté d'elle en silence, visiblement intimidé.
-Ha, est avant que je n'oublie, fit-elle, attirant l'attention de Miranda. Voici Desmond Miles. C'est un étudiant en médecine de dernière année, je l'ai en quelque sorte pris sous mon aile. Il vise la spécialisation en chirurgie et envisage son interna ici. J'ai pensé qu'en l'amenant, il pourrait se faire une meilleure idée de ce qui l'attend.
-C'était une bonne idée, approuva Bailey en considérant le jeune homme d'un air étrange.
-Je ne voudrais pas être une gêne, déclara timidement l'étudiant en détournant quelque peu le regard.
Aveline eut un sourire et lui envoya une forte et chaleureuse tape dans le dos pour le rebooster.
-Ne sois pas timide ! (elle se tourna ensuite vers Miranda). Avec la procédure qui nous attend, serait-il possible que quelqu'un d'autre s'occupe de lui faire visiter ?
-Evidemment, approuva la petite femme avant de se tourner vers le résidant qui l'accompagnait et restait muet depuis tout à l'heure. Karev, tu t'en occupe ! ordonna-t-elle d'une voix autoritaire.
oOoOoOo
Rebecca gara la voiture de Lucy sur le parking de la DaVici Incorporation et coupa le moteur avant de se tourner et de lancer d'une voix exaspérée :
-Tu comptes rester prostrée en boule sur le siège arrière toute la journée, ou tu viens bosser ?
Ce fut un gémissement étouffé qui lui répondit et elle leva les yeux au ciel en soupirant. Elle était énervée contre sa meilleure amie. Pas directement contre elle, non. Plutôt contre ses réactions de gamine. Sitôt qu'un problème se dressa face à elle, elle se mettait à faire n'importe quoi.
Elle ratait ses examens de premier cycle : elle finissait à l'hôpital avec une crise de foie au chocolat.
Elle était en manque de sexe : elle sautait sur un homme sans chercher à savoir s'il était marié.
Son copain partait à l'armée : elle s'envoyait le petit-ami de son meilleur ami.
En temps normal, Rebecca l'aurait surement soutenue une fois de plus, mais avec les hormones de sa grossesse, elle était juste agacée et fatiguée de devoir chaque fois la rattrapé. Parce qu'en plus, avec cette idiote blonde, c'était qu'elle culpabilisait après coup et se faisait limite une dépression. Là, depuis qu'elle s'était confiée la veille, elle était restée prostrée dans un coin. Réussir à la faire sortir de l'appartement n'avait pas été une sinécure, et maintenant, elle s'était recroquevillée sur la banquette arrière, une couverture posée sur ses épaules malgré la chaleur déjà palpable de cette matinée de septembre.
-Vas-y sans moi, gémit-elle, la tête enfouie dans le creux de ses jambes.
-Ca c'est absolument hors de question ! s'exclama Rebecca en sortant de la voiture, claquant sa portière, juste avant d'ouvrir celle de derrière, ordonnant d'un ton autoritaire. Tu vas sortir de cette voiture et aller faire ton job !
-Comment veux-tu que je fasse mon travail en me concentrant si je suis bloquée entre eux deux, réagit Lucy en relevant le visage, la regardant d'un air effaré. T'imagine ?! Si jamais Malik vient à apprendre pour Altaïr et moi, qu'est-ce que je vais lui dire ?
-Ca ma grande, fallait y penser avant de coucher avec son copain ! rétorqua la noiraude d'un ton cinglant. Maintenant, sors et assume !
Elle se pencha dans la voiture, saisit la blonde par les épaules et l'attira hors du véhicule avec autorité. Contre toute attente, la blonde se laissa faire et se retrouva debout, l'air piteux, pendant que son amie verrouillait les portières et lui rendait ses clés.
Elle avait les yeux rougis et humides des pleures incessants de la nuit passées. Elle semblait vraiment mal, et cela ranima chez Rebecca l'envie d'être gentille et compatissante. C'était sa meilleure amie, et elle avait besoin d'elle en cet instant. Lucy avait été là, à lui tenir la main, à la soutenir tout le temps de son deuil. Elle devait lui rendre la pareille.
Soupirant, la noiraude lui posa une main sur la tête et la caressa un instant avec tendresse, lui adressant un sourire compatissant.
-Allez, ça va aller, lui promit-elle en lui prenant la main. On va y aller ensemble, et tout ce passera bien, tu verras.
Lucy hésita un instant, mais finit par la suivre. Elles entrèrent dans le bâtiment, empruntèrent l'ascenseur, et se séparèrent pour regagner leurs boxe respectif. En se dirigeant vers le siens, Rebecca passa devant celui d'Altaïr, constata que ce dernier s'y trouvait déjà, capta son regard au travers de la cloison vitrée, remarqua son trouble évident (il devait se demander si elle était au courant et paniquer, sans doute) et lui fit un petit signe de la main avec un grand sourire narquois avant de retourner à son poste.
oOoOoOo
Assia, assise à son bureau d'accueil, se prépara un cachet d'aspirine et l'avala cul-sec. Elle avait un mal de crâne monstrueux depuis qu'elle s'était levée. Il fallait dire qu'elle avait un peu forcé sur l'alcool, la veille, avec Claudia. Et les trois petites heures de sommeil qu'elle avait dormi ne lui donnait pas l'impression de l'avoir beaucoup reposée. En d'autre terme, elle avait la gueule de bois, et se jura de tuer Claudia et sa manie de recommander sans son autorisation dès qu'elle la croiserait. Mais pour l'instant, elle s'occupait de paperasse administrative ennuyeuse, en tâchant au mieux de se concentrer, serrant les dents.
Elle jeta un coup d'œil à sa montrer et eux un soupire de soulagement en constatant qu'il était déjà 11 heures. Comme ce jour était un samedi, ils finissaient tous à 14 heures. C'était une des règles mise en place par Léo qui ne lui avait jamais semblée utile (tant qu'à se lever pour bosser, autant le faire toute la journée), jusqu'à aujourd'hui. Elle n'avait qu'une seule hâte, rentrer, s'allonger dans le noir total et essayé de dormir. Elle lâcha un soupir de lassitude, qui se mua en bayement, et se replongea dans sa paperasse.
Son mal de tête était en train de diminuer, lorsque la porte de l'ascenseur s'ouvrit et que Malik traversa le hall d'un pas vif, l'appelant d'un ton tonitruant, visiblement en colère et inquiet, donnant l'impression à la jeune femme que son cerveau allait exploser.
-Assia !?
Faisant un effort monstrueux pour sourire, elle se tourna vers lui et demanda d'une voix fatiguée :
-Oui, qu'y a-t-il Malik ?
La cadre s'arrêta devant le bureau et la considéra un instant d'un air pensif, puis lui demanda :
-Tu as une petite mine, ça va ?
-Gueule de bois, répondit-elle sans honte avec un nouveau sourire qui lui fit mal au crâne.
Elle pouvait bien le lui dire. De toute façon, n'importe qui l'aurait compris à son teint pâle, ses cheveux mal coiffés, ses cernes de dix mètres et son air affalé. Autant être honnête. Le jeune homme tiqua de la paupière, lui fit un sourire léger, et posa sa main sur la sienne, sur le bureau. C'était tendre. Durant une seconde, sa bienveillance ranima en elle le souvenir du temps où elle le désirait, mais elle se redit compte qu'elle n'éprouvait plus ce sentiment pour lui. Il était redevenu un simple ami, et un collègue. Après un instant, elle lui demanda :
-Tu voulais quelque chose de particulier ?
-Heu, oui ! fit-il en se reprenant, son front se plissant un peu. Clay n'est toujours pas là, et je n'arrive pas à le joindre. Est-ce que tu pourrais…
-…Essayer de le joindre ? trancha le jeune femme en approuvant d'un hochement de tête. Ça marche, je m'en occupe.
-Merci, répondit Malik en se détournant pour retourner vers l'ascenseur.
Il s'arrêta toutefois à mis chemin, se retourna vers elle et lui précisa :
-Tu devrais boire du thé vert… ça aide.
Elle lui lança un sourire en attrapant le téléphone et consultant la liste des numéros téléphoniques des employés.
-Merci Malik.
Il appuya sur le bouton de l'ascenseur, rentra à l'intérieur, et lui fit un signe de main avant que les portes ne se referment. Assia composa le numéro du portable de Clay, attendit plusieurs tonalité, et tomba finalement sur son répondeur.
Salut, vous êtes bien sur le portable de Clay Kackzmareck, je ne peux pas vous répondre pour l'instant mais laissé moi un message si c'est urgent, sinon je vous recontacterais…
Soupirant, elle raccrocha, et recommença.
oOoOoOo
-Je vais acheter de quoi manger, tu veux que je te prenne un truc ? demanda Malik en entrant dans le bureau de Lucy.
La jeune femme sursauta vivement et fit tomber le rouleau de tissu qu'elle transportait. Celui-ci ce dévida sur le sol. Après une seconde à fixer Malik, le cœur battant à lui en faire exploser les veines, elle s'accroupi pour le récupérer, son ami l'imitant dans l'intention de l'aider.
-Ca va Lucy ?
-Tu m'as fait peur ! rétorqua-t-elle d'un ton presque agressif, sentant la panique monter en elle.
Surpris, Malik s'immobilisa une seconde, clignant plusieurs fois des yeux, puis balbutia :
-Désolé…. Tu es tendue ?
Lucy, ferma les yeux en se relevant et pris une profonde inspiration, tâchant de se calmer le plus possible. Il fallait qu'elle reprenne contenance, sinon, son ami allait comprendre qu'il y avait un problème, ne tarderait pas à trouver que c'était lui, et finirait par découvrir le pot-aux-roses. Et elle n'avait pas besoin de ça en plus de tout le reste. Surtout connaissant le cadre comme elle le connaissait, s'il apprenait sa trahison honteuse, il ne lui pardonnerait jamais. Et c'était précisément maintenant qu'elle avait besoin de son meilleur ami. Décidément, sa vie était un enfer. Et le pire, c'est qu'elle l'avait façonné elle-même. Après s'être un peu ressaisie, elle rouvrit les yeux, et le regarda en face, sans oser toutefois le fixer droit dans les yeux.
-Oui, je suis navrée, il y a tellement de choses en ce moment, je suis un peu stressée.
Elle fut étonnée elle-même de la crédibilité de sa phrase et du ton employé, et s'en félicita. Elle aurait sans doute fait une super actrice. Malik la considéra un moment, puis lui fit un grand sourire et lui caressa la tête de sa main valide (son autre bras le tiraillant affreusement aujourd'hui).
-Ne t'inquiète pas, je comprends.
Une nouvelle vague de tristesse envahit la jeune femme. Ce geste affectueux de la part de l'autre – qu'il avait l'habitude de lui réserver depuis la fac – la faisait culpabiliser bien plus. S'il apprenait la vérité, il ne lui pardonnerait jamais, et plus jamais il ne lui caresserait la tête. Cette pensée était affreusement douloureuse, mais elle réussi à ce contenir, et lui adressa un sourire à son tour. Pour le moment, il ne savait pas, et elle pouvait encore profiter de son amitié. Aussi lui demanda-t-elle :
-Tu es au courant pour Connor ?
Malik soupira, son sourire s'effaçant. Il reprit cet air sérieux qui lui allait si bien et déclara :
-Oui. Léo me l'a dit, Connor a donner sa démission hier en début d'après-midi.
-Il n'a pas perdu son temps, marmonna la blonde en baissant les yeux au sol, sentent la tristesse l'envahir.
-Je suis vraiment désolé Lucy, répondit l'autre en la prenant dans ses bras. Si tu as besoin d'en parler, où que j'aille lui casser la figure (à ces mots, la blonde eut un petit rire, plus nerveux qu'autre chose), tu peux compter sur moi.
Lucy tressaillit, elle sentait que si elle restait plus longtemps dans les bras de son meilleur ami, si elle se laissait aller, elle allait éclater en sanglot, et tout lui avouer. Elle adorait Malik, parce qu'il était doux, gentil, attentionné, toujours à l'écoute, toujours présent. Mais en cet instant, elle le détestait également pour ces mêmes raisons. Parce qu'elle se sentait tellement coupable que si l'étreinte durait, elle allait tout avouer. Parce qu'il était gentil, et qu'il méritait de connaître la vérité… mais pas maintenant, pas comme ça.
Elle se dégagea des bras de son ami, puis le regarda en déclarant :
-Merci Malik. Mais pour le moment, tu ne peux rien faire.
-Je sais… mais je suis là si jamais.
Lucy sourit et lui tapota l'épaule amicalement, en ajoutant.
-Poulet-curry et salade de pommes de terre s'il te plait.
D'abord surpris, car cette réplique rompait le fil de ses pensées, Malik acquiesça en se tournant vers la porte, lâchant un « ok » à peine audible. Alors qu'il allait sortir de la pièce, Lucy, en le regardant ainsi s'éloigner de lui, sentit une nouvelle vague de culpabilité l'envahir, et sentit sa bouche s'ouvrir, et les mots sortir sans qu'elle n'ai pu réellement se contrôler :
-Malik !...
Le cadre s'arrêta sur le pas de porte, et se tourna vers elle.
-Oui ?
Elle sentait son cœur battre à nouveau à mille kilomètres heures, mais réussi de justesse à ne pas dire l'impardonnable. Pourtant, comme elle l'avait interpellé, il lui falait absolument trouver quelque chose à ajouter, sinon, il allait deviner le problème.
-…Tu peux me prendre une eau gazeuse en plus, s'il te plait ? Je suis un peu rebouillée avec tout ça.
-Très bien, je reviens dans dix minutes.
Il partit enfin, et la blonde le regarda s'éloigner au travers de la cloison vitrée de son bureau. Quand il eut disparu dans l'ascenseur, elle poussa un grand soupir en fermant les yeux. Mais qu'avait-elle fait ?! Et qu'allait-elle faire maintenant ?
Sans réponse, l'esprit complètement encombré de soucis, elle se laissa tomber dans son fauteuil, et se prit la tête entre les mains, les coudes reposant sur sa table de bricolage.
oOoOoOo
Altaïr avait bossé comme un forcené toute la matinée pour boucler son projet, mais aussi pour s'occuper l'esprit le plus possible, A présent, il devait aller soumettre sa maquette à Léonardo et Claudia, sa cousine « adorée », qui valideraient respectivement le projet et le budget.
Comme il avait un peu d'avance, il alla se faire un café à l'air de repos, près de la baie vitrée donnant sur la rue. Il observa l'avenue calme, et les passants aux airs sereins. Il soupira. Dire que ce quartier de la ville n'était qu'un terrain vague lorsqu'il était parti de la ville, six ans plus tôt. Il n'y avait que deux baraques et le bâtiment où se trouvait le bar de Mario. Tant de choses avaient changé en son absence : la ville, les gens, Malik, lui…
Il soupira à nouveau en songeant à son compagnon. Quand il se remémorait tout le chemin qu'ils avaient parcouru, les épreuves qu'ils avaient endurées et traversées tous deux, il songeait que ce qu'il avait fait la veille était vraiment abominable, impardonnable même. Il se demanda si Malik aurait suffisamment de force cette fois pour lui pardonner. Puis, il se résonna en se disant que s'il avait réussi à lui pardonner la mort de son frère et la perte d'un de ses bras, le cadre parviendrait probablement à passer au dessus de cette petite trahison. Peut-être même qu'il comprendrait la raison de cet écart de conduite. Après tout, ils n'étaient que des humains, remplis de défaut, dont un, le plus gros, s'appelait les pulsions sexuelles…
Il jeta un coup d'œil à sa montre, termina son café, posa la tasse dans le lave-vaisselle – persuadé que Malik allait sûrement passer (accompagné de ses TOC) et la laver à la main – et monta l'escalier en verre menant à la passerelle. En gravissant les marches, il se jura de dire la vérité à son petit-ami. Il ne voulait pas d'une relation basée sur le mensonge et le non dit.
Il arriva devant la salle de réunion, vit au travers de la vitre que Léo et Claudia y étaient déjà, visiblement en train de discuter à vives voix, apparemment en colère tous deux, et frappa à la porte, avant d'entrer.
Les deux autres s'étaient figés et le regardaient, furibond. Altaïr sentit une tension presque palpable dans la pièce, se sentit mal-à-l'aise, et demanda :
-Si vous préférez, on peut repousser à plus tard pour que vous puissiez finir votre…heuuu… discussion.
-Non, c'est bon, entre ! répliqua Léonardo d'un ton vif en reprenant un peu contenance, foudroyant toutefois la jeune femme du regard. Prend seulement place.
Ils s'assirent tous trois, le responsable marketing sentant toujours la tension entre les deux autres, puis leur tendis à chacun un dossier assez épais, et commença son petit exposé.
oOoOoOo
A Seattle, le Dr DeGrandpré entra dans la salle d'opération où la petite fille était déjà endormie. Elle s'approcha de la table, salua chacune des personnes présentes, leur rappela qu'on n'était pas là pour rigoler, puis s'arrêta un instant, regarda la patiente, et ferma les yeux. Cette gamine devait avoir quoi, neuf dix ans, et elle avait déjà besoin d'une greffe. Elle avait horreur d'opérer des enfants. Ca augmentait son taux de stresse avant l'intervention. On n'avait jamais envie d'avoir la mort d'un enfant sur la conscience, c'était pour cela qu'elle n'avait pas fait pédiatrie.
Enfin, elle était l'une des meilleures chirurgiennes cardiaques du pays, formée ici même, dans ce bloc précis. Elle se rappela un instant, avec un sourire derrière son masque, la première fois que Richard lui avait laissé tenir un bistouri.
Elle ferma les yeux, levant les bras au dessus de sa tête en pliant et repliant les doigts, prit une grande respiration, et éloigna toute pensée extérieur au bloc de son esprit. C'était comme cela qu'elle se concentrait le mieux, une sorte de rituel grigri avant d'ouvrir un être humain. Elle savait que beaucoup de chirurgien faisait cela.
Elle sentit le calme la submerger, et ouvrit enfin les yeux. Elle jeta un rapide coup d'œil au moniteur cardiaque, qui affichait un rythme normal et jugea qu'il était plus que temps. Elle allait retirer le cœur endommager, et replacer le cœur sain qui se trouvait dans la boite thermos prévue pour les organes, juste sur la petite table d'à côté.
-Très bien, allons-y ! ordonna-t-elle d'une voix calme en levant les yeux vers la galerie où beaucoup d'interne, quelque résidants, un ou deux titulaire, et son jeune étudiant fétiche l'observait attentivement. Lame de 7 !
Au-dessus du bloc, dans la galerie, Desmond expliqua à son chaperon et à quelques autres – surpris que la chirurgienne utilise une lame de 7 alors qu'il était recommandé pour une thoracotomie d'user d'une lame de 9 – que sa mentor préférait toujours se servir d'une lame de 2 millimètres de moins qu'indiqué par les procédures standardisées. Durant une seconde, il se sentit très fier d'avoir Aveline pour enseignante, et se dit durant une seconde que la cardiologie serait peut-être une spécialisation qu'il apprécierait, lorsqu'il faudrait en choisir une. Mais pour le moment, il était fasciné par l'intervention en cour. Ce n'était pas tous les jours qu'un simple étudiant avait la chance de pouvoir assister en direct à une transplantation cardiaque, sur une enfant, en plus. Il était en admiration.
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Federico, assis sur le canapé de son bureau, contemplait la photo d'un jeune enfant, un petit garçon de huit ans qui souriait à l'objectif, entouré de trois adolescents, une fille, un garçon, et lui-même. Il s'agissait de ses frères et sa sœur. Il était l'ainé des quatre, et avait 19 ans lorsque la photo avait été prise, douze ans plus tôt.
A chaque fois qu'il l'observait, il sentait divers sentiments contradictoires se manifestés, tous en même temps. De la colère, de la haine, de la culpabilité (énormément), de la tristesse, mais aussi de la mélancolie, de la joie, et le bonheur du souvenir de la journée d'été où avait été pris la cliché.
Soupirant, il calcula rapidement dans sa tête l'âge que devait avoir chacun des membres de sa famille aujourd'hui. Son frère cadet avait 25 ans, sa sœur 24, et le benjamin aurait eut vingt ans en octobre, s'il était encore de ce monde.
Le jeune homme sentit la culpabilité et la colère ressurgir en lui, posa la photo en se massant les tempes, les yeux fermés, et soupira encore, plus profondément. Il chassa de toutes ses forces les souvenirs qui rejaillissaient du tréfonds de sa mémoire. Heureusement pour lui, on toqua à la porte, ce qui lui permit de sortir du cercle malveillant de la culpabilité.
Il se leva, prit son porte feuille dans sa poche, y glissa la photo pliée en deux (car il aimait la garder toujours sur lui), le rangea et alla ouvrir la porte. Il savait qui allait se trouver derrière, et cela le rempli sans qu'il ne sache pourquoi d'une grande joie. Un sourire apparu sur son visage alors qu'il ouvrait la porte à sa consultation de 16 heures.
-Mademoiselle Crane, ravit de vous revoir, lança-t-il en tendant la main à la jeune femme.
Celle-ci lui rendit son sourire, et accepta la main qu'il lui tendait.
-Le plaisir et pour moi Dr Grayson.
Toujours avec le sourire, il la fit entrer, et la laissa s'installer sur le canapé, avant de prendre place dans le fauteuil d'en face, de l'autre côté de la table basse. Il attrapa son bloc-notes, et s'aprétait à lui expliquer comment allait ce dérouler les séances, lorsqu'elle tourna la tête vers le mur au dessus de la porte, eut l'air surprise, et demanda :
-Vous savez que votre horloge est bloquée à une heure ?
-Je sais, répondit-il avec un sourire malicieux. C'est moi qui l'ai arrêtée, j'ai toujours eu horreur du tic-tac, ça me stress, et ça oppresse les patients.
-D'accord, fit Rebecca en hochant la tête d'un air dubitatif.
Il y'eut un court silence, puis Federico parla :
-Bien, alors commençons !
oOoOoOo
La réunion était maintenant terminée et la pendule annonçait dix-sept heures. Claudia ferma le dossier, le rangea dans sa serviette et se leva d'un bond.
-Merci pour ces explications très cher cousin, j'étudierais attentivement ta demande budgétaire et je te redirais lundi si nous pouvons la valider.
Altaïr soupira profondément. Il savait très bien qu'elle connaissait déjà par cœur les fonds disponibles, au centime près, et avait calculé dix fois au cours de la réunion le budget nécessaire. S'il la retenait et la poussait un peu, elle aurait très bien pu répondre maintenant, sans aucun problème, mais il se doutait qu'elle ne le faisait pas pour emmerder Léonardo. Vu le regard qu'ils se lancèrent à cette instant précis, et le sourire satisfait et hautain de sa cousine, il comprit qu'il avait tout juste. Il ne savait pas ce dont il discutait avant qu'il n'arrive, mais il n'allait pas tarder à le savoir. Claudia se dirigea vers la porte et lança :
-Une bonne soirée et un bon weekend à toi, cher cousin (elle adressa un sourire à Altaïr, presque naturellement, puis se tourna vers le PDG et fit d'un ton plus sec) Adieu Léo !
Elle sortit en claquant la porte. Léonardo poussa un soupire de soulagement et de consternation mêlée, tout en s'étirant. L'autre resta assis un moment, silencieux, puis demanda :
-Je peux savoir ce qui l'a mise dans cet état ?
-Rien, c'est juste une sale fille à papa pourrie gâtée ! réplica le blond en se levant pour aller se couler un café à la machine posé sur une commode, derrière lui.
-Léo, même si je ne m'entends pas avec elle, je connais bien ma cousine. Tu as forcément dû dire ou faire quelque chose qui l'a fâchée. Même si c'est une peste, elle ne se met pas facilement dans un état pareil. Que c'est-il passé ?
Le peintre soupira encore et s'adossa contre le mur, prenant une gorgée de café, puis expliqua :
-Elle est venue me voir pour me demander un jour de congé supplémentaire exceptionnel la semaine prochaine. Et comme j'ai refusé parce que ça ne m'arrange pas ce jour là, elle m'a pété un plomb, et a refusé de me répondre lorsque je lui ai demandé le motif de sa demande…
Altaïr tiqua un peu. Un congé supplémentaire, la semaine prochaine ? Un doute l'assaillit, et il demanda d'une voix blanche :
-Quel jour ?
-Pardon ?
-Elle t'a demandé quel jour en sup ?
-Heu… jeudi, me semble-t-il.
Jeudi, le 5 septembre donc. C'était bien ce qu'il avait semblé au responsable marketing. Il soupira profondément d'exaspération et de consternation en fermant les yeux. Comment le blond pouvait-il avoir été en couple avec Ezio durant neuf ans et ne pas réaliser l'importance de cette date pour les membres de la fratrie Auditore, ainsi que pour lui et Desmond, en un sens.
-Léo, sérieux ! s'exclama-t-il à moitié, énervé à son tour.
-Quoi ?! interrogea l'autre d'un ton pincé, ayant ressentit l'énervement dans la voix de l'autre.
-Le 5 septembre, Léonardo ! Ca ne te dit rien ?! s'énerva calmement Altaïr en se levant, rangeant ses documents.
-Quoi le 5 septembre ?! Je suis censé connaître la signification de chaque date ?
-Celle-ci, oui ! trancha sèchement le responsable marketing en levant les yeux pour toiser l'autre. Si tu t'étais un petit peu intéressé à quelque chose d'autre que « le magnifique corps d'Apollon » de ton ex-copain, tu t'en serais sûrement aperçu tout seul !
Léo resta bouche-bée. Le brun venait-il réellement de l'attaquer directement sur le sujet qui fâche ?
-Je ne te permet pas de… ! tenta-t-il de répliquer, sans en avoir le temps.
-Laisse tomber, souffla Altaïr. Si tu ne sais pas, alors je ne peux rien pour toi.
-Attend Altaïr ! Je ne…
-Bon weekend Léo, fit le jeune homme sans lui laisser le temps de finir, quittant la pièce en y plantant le peintre, qui resta tétanisé de colère.
Le responsable marketing traversa la passerelle à pas lourds, dévala l'escalier, et se dirigea vers le bureau de Claudia. Comme il pouvait s'y attendre, elle n'y était pas, mais son sac à main oui. Elle n'avait pas encore quitté la bâtiment. Il réfléchit un instant à l'endroit où il allait bien pouvoir la trouver, puis réalisa qu'il n'y avait en fait qu'un endroit où il pouvait la trouver. Là où tous les employés allaient s'enfermer quand ils avaient un problème : la réserve. Il slaloma entre les bureau, et atteignit la porte de la pièce qui servait de boudoir. Il plaqua l'oreille contre le panneau, et entendit en effet du bruit à l'intérieur. Il ouvrit la porte, entra et referma directement derrière lui. Claudia faisait les cents pas dans l'espace confiné, allant d'une étagère à une autre, la mâchoire serrée, les yeux humide de larmes contenue. Lorsqu'elle le vit, elle s'arrêta, le dévisagea vivement et lui souffla :
-Tire-toi Altaïr ! Je ne suis pas d'humeur.
Altaïr ne bougea pas, se contentant de la regarder sans parler. Après un moment à se fixer qui dura dieu sait combien de temps, il finit par lui demander :
-Ca va aller ?
-Evidemment que ça va aller ! rétorqua-t-elle en se détournant, reprenant son petit ballet de va-et-vient. Pourquoi ça n'irait pas d'ailleurs ?!
-Parce que Léo est un imbécile.
Claudia eut un rire nerveux, qui ressemblait d'avantage à un spasme.
-Je te le fais pas dire !
-Tu voulais le jeudi en congé, à cause de Petruccio, c'est ça ?
Claudia tiqua et lui fonça dessus, l'air furibond. Elle plaqua avec force ses mains contre la porte de chaque côté de son cousin, le tenant ainsi prisonnier. Elle le regarda droit dans les yeux, lançant des éclairs avec les siens et lui souffla :
-Je t'interdits de prononcer son nom.
-Claudia, il faudra bien qu'un jour tu accepte d'en parler.
-Ferme-la Altaïr ! Tu sais pas de quoi tu parle ! hurla-t-elle, les larmes commençant à apparaître aux coins de ses yeux.
-Claudia, soupira doucement Altaïr. Il faut que tu accepte que Petruccio est…
-Ne le dit pas ! cria-t-elle en le giflant violement.
Son cousin encaissa la baffe, puis redressa la tête et la regarda droit dans les yeux avec un mélange de pitié et de colère (due à la douleur qui irradiait sa joue). Claudia recula de deux pas, visiblement déstabilisée, une larmes coulant enfin le long de sa joue, et elle tomba à genoux, comme si ses jambes ne la portaient plus, et commença à sangloter. Altaïr resta debout, immobile, un instant, puis fut appitoyé par la détresse de la jeune femme de sa famille, et s'agenouilla à son tour, la prenant dans ses bras.
-Lâche-moi, laisse-moi ! ordonnait-elle tout en sanglotant, sans aucune conviction dans sa voix cassée.
-Chut, lui murmura son cousin. Laisse-toi aller.
C'était une situation assez étrange, songea le brun. Claudia, qui paraissait toujours forte et orgueilleuse, était à nouveau en cet instant la jeune femme sensible et fragile qu'elle était avant le drame. Et dans un sens, bie qu'il ait préféré cette ancienne Claudia, Altaïr se rendait compte que c'était cruel de souhaiter la revoir. Si elle s'était refermée, c'était pour survivre.
A la douleur. Au chagrin.
A toutes ses choses tristes et horribles qui avaient frappés sa famille. Face au pire, on survivait comme on pouvait, quitte à enfermer son cœur dans une boite et se déconnecter des sentiments.
Ou alors on sombrait.
Il n'existait aucun juste milieu…
Voilà !
Alors, votre avis ?
Ce chapitre vous a-t-il plu ? ou non d'ailleurs, n'hésitez pas à me le dire.
Y –t-il des choses que vous souhaiteriez voir développées, approfondie, ou au contraire évitées ou édulcorées ?
Au passage, les passage avec Desmond et Aveline à Seattle corresponde au chapitre 24 de ma fic sur Grey's Anatomy :Karev Anatomy.
Les scènes sont les même, mais racontée du point de vu des personnage de ce cycle au lieux des chirurgien de Seattle.
Voilou !
Merci d'avoir lu et à la semaine prochaine pour la suite ^_^
